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interviewBFMTV· 2 avril 2025 20 min

L'interview en intégralité d'Éric Ciotti (UDR) deux jours après la condamnation de Marine Le Pen

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Éric Ciotti. Bonjour. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes député des Alpes-Maritimes, vous êtes président du parti que vous avez créé, l'Union des droites pour la République. On est peut-être en démocratie finalement ?

0:15
Éric Ciotti

Il y a des interrogations. Elles se posent, je les ai posées à l'Assemblée nationale. Disons qu'il y a 24 heures, vous disiez on n'est plus en démocratie.

0:22
Présentateur

La France est-elle encore une démocratie ?

0:24
Éric Ciotti

Il y avait un point d'interrogation, donc ça laisse encore de l'espoir.

0:27
Présentateur

Est-ce que vous enlevez le point d'interrogation ?

0:29
Éric Ciotti

Non, je ne l'enlève pas parce qu'il y a des inquiétudes. Ces inquiétudes, elles ne datent pas du jugement à l'encontre de Marine Le Pen. Et on va sans doute en parler. Pour moi, et je l'ai dit hier à l'Assemblée nationale, j'ai été extrêmement choqué. Je l'ai souvent souligné ici même devant vous, par le traitement par exemple qui a été réservé à François Fillon. Une enquête ouverte le vendredi soir, une mise en examen le lundi matin, alors qu'il était le candidat donné largement favori, quasiment élu. C'était un traitement qui a beaucoup choqué et qui rétroactivement choque encore, d'autant qu'il y a eu des révélations ensuite sur les pressions qui ont été exercées par le parquet général.

Éric Ciotti, il y a 48 heures. Ça fait deux élections présidentielles majeures, celles de 2017, celles de 2027, si la procédure se poursuit avec ses dérives, qui pourraient être perturbées. On a vu la fermeture de chaînes de télévision. Mais c'est la faute de qui, Éric Ciotti ? C'est, je crois, la faute d'un système qui veut se maintenir en place. C'est la faute de personnes qui s'arrogent des droits, qui ne relèvent pas de la souveraineté du peuple. Mais pouvez-vous encore tenir ce discours ce matin ? La démocratie, c'est le peuple qui décide. Ce n'est pas une élite, quelle que soit sa compétence ou son talent. Ce n'est pas une caste, ce n'est pas une corporation. C'est le peuple.

Pour moi, c'est la démocratie, c'est l'élection.

2:01
Présentateur

Pouvez-vous encore tenir ce discours ce matin, alors que la justice a annoncé hier le parquet qu'il y aurait effectivement une rouverture, c'est-à-dire un procès en appel, qui se tiendrait avec célérité, c'est-à-dire de manière très rapide, et qui permettrait que le jugement soit énoncé avant l'été 2026 ?

2:25
Éric Ciotti

Nous verrons bien la date. Ça veut bien dire que les juges, en tout cas,

2:27
Présentateur

ne veulent pas empêcher sciemment Marine Le Pen de se présenter.

2:31
Éric Ciotti

Vous préjugez de leur décision.

2:35
Présentateur

Mais en tout cas, ils n'ont pas le souhait d'empêcher, a priori.

2:38
Éric Ciotti

Moi, quand je lis l'attendu du jugement, on peut porter des considérations sur la forme, c'est sur le fond du dossier. Les avocats de Marine Le Pen l'ont fait. Je ne suis pas avocat. Je suis élu, je suis parlementaire. Quand je vois que les motivations quant à l'application de l'exécution provisoire, qui est une infamie, qui prive un justiciable de la possibilité d'une voie de recours effective, parce qu'en matière électorale, si vous ne pouvez plus vous présenter à une élection, et notamment à l'élection essentielle, élection présidentielle, on vous prive d'un droit fondamental, celui de faire appel, celui qui est une deuxième décision.

Et là, dans la motivation de l'exécution provisoire, c'est ça qui me choque profondément. On dit quoi ? On dit que la candidature de Mme Le Pen à l'élection présidentielle constituerait un trouble à l'ordre public. Donc tout est dit. La motivation, elle n'est pas juridique, elle est politique. C'est cela qui traduit une dérive profonde, et qui motive d'ailleurs ce que nous allons faire à l'Assemblée nationale pour corriger cette dérive.

3:51
Présentateur

Vous voulez déposer une proposition de loi qui supprime l'exécution provisoire pour l'inéligibilité. Éric Ciotti, lorsque vous dites que ça prive et ça empêche de faire appel, ça n'empêche pas de faire appel. Simplement, l'appel n'est pas suspensif de cette mesure-là, mais dans la mesure, pardon, j'y reviens, dans la mesure où la Cour d'appel de Paris annonce que le procès en appel de Marine Le Pen et du RN se tiendra rapidement, que le jugement sera rendu avant l'été 2026, ça veut dire précisément qu'ils tiennent compte du calendrier, qu'ils ont su s'adapter.

4:23
Éric Ciotti

Ils pourraient à nouveau appliquer l'exécution provisoire. Ah bah oui, ça c'est le principe de la... Ils pourraient appliquer à nouveau l'exécution provisoire. On ne sait pas ce que déciderait le procès en appel. de se présenter si c'était la même décision. Vous savez, il y a une forme... Ce que je regrette aussi, moi je ne fais pas de procès d'intention aux juges, nous devons restaurer le lien de confiance entre les Français et la justice. Mais aujourd'hui, la justice...

4:54
Présentateur

Vous ne faites pas de procès d'intention aux juges, mais vous avez tout de même eu cette phrase, vous avez parlé d'un gouvernement des juges.

4:58
Éric Ciotti

C'est un risque, c'est une menace. Le gouvernement des juges, dans la constitution voulue par le général de Gaulle, il y a des pouvoirs. Il y a un pouvoir exécutif, il y a un pouvoir législatif, qui tirent leur légitimité du peuple, du vote. Et si le général de Gaulle, qui a ciselé de façon très précise notre constitution, et qui s'est trompé sur pas grand chose, n'a pas voulu conférer un pouvoir au juge, il savait ce qu'il faisait. Il a donné un caractère d'autorité judiciaire. Le juge ne peut pas se substituer à l'électeur. Le juge ne doit pas faire de la politique.

Et vous savez, en 2014, il y a quelque chose qui me choque aussi, c'est la politisation d'une partie de la magistrature, d'une part, et d'autre part, un réflexe corporatiste, où quelque part, on ne peut pas regarder, on ne peut pas critiquer, on ne peut pas dénoncer certaines dérives. quand, en 2014, j'avais posé une proposition de loi, organique ou constitutionnelle, pour interdire la syndicalisation dans la magistrature. Parce que quand il y a des phrases, comme celle du syndicat de la magistrature, le 11 juin dernier, qui appelle à faire barrage à ce qu'ils appellent l'extrême droite, c'est une prise de position politique honteuse.

Quand Éric Dupond-Moretti, vous ne pouvez pas penser que c'est un ami politique, est nommé, et que l'union syndicale de la magistrature dit que c'est une déclaration de guerre, nous ne laisserons pas faire. Ça veut dire qu'un syndicat choisit qui doit être son ministre. Qu'un syndicat veut choisir qui est président de la République. C'est une dérive, qu'il faut aujourd'hui corriger.

6:54
Présentateur

Mais alors, Éric Dupond-Moretti, comment expliquez-vous que ces mêmes juges qui, d'après vous, sont dans une motivation politique, aient accepté, et c'est rare, d'accélérer ainsi le calendrier pour que le jugement soit rendu à temps pour que Marine Le Pen puisse ou non être candidate ?

7:12
Éric Ciotti

Un délai de plus d'un an pour faire appel. Enfin, vous savez que c'est bien moindre aux habitudes. Vous pensez que c'est un privilège ? Là, en l'occurrence, c'est un peu un privilège. Parce que regardez François Bayrou, il n'a toujours pas la date de son procès en appel. On nous dit au conditionnel, à l'été 26. Donc, ça peut nous amener jusqu'au 21 septembre 26. L'été, ça veut dire quoi ? C'est aujourd'hui plus de 15 mois. Bon, est-ce que c'est un privilège absolu ? Personnellement, je ne le crois pas. Il faut quand même qu'on respecte une forme de procédure.

7:49
Présentateur

C'est un engagement qui ne vous paraît pas être une bonne réponse ?

7:53
Éric Ciotti

Ça va dans le bon sens.

7:55
Présentateur

Marine Le Pen, elle n'hésite pas, elle dit que c'est une très bonne nouvelle.

7:57
Éric Ciotti

Ça va dans le bon sens, mais je préférerais que cette affaire scandaleuse d'exécution provisoire en matière d'inéligibilité soit supprimée. Ce sera tout le sens du débat que nous allons porter à l'Assemblée nationale dans notre journée d'initiative parlementaire, ce qu'on appelle les niches, le 27 juin prochain. Donc, le 27 juin prochain devra et pourra se prononcer.

8:21
Présentateur

Qu'allez-vous proposer ? Le 27 juin prochain, vous allez proposer une proposition de loi qui vise donc à supprimer l'application immédiate de l'inéligibilité.

8:31
Éric Ciotti

L'inéligibilité, elle restera et elle doit rester dans la loi si une formation de jugement, que ce soit en première instance ou un appel, le décide, confirmée éventuellement par la Cour de cassation. C'est un principe fondamental. Il a été appliqué. On dit que ça relève de la loi Sapin 2, mais ça relevait bien avant des textes qui existaient. C'était parfaitement possible avant, ça n'était pas forcément automatique. L'injupé, par exemple, en 2004, a été condamné à de l'inéligibilité. Il en avait tiré les conséquences. Il était parti au Canada. Donc, ça existe et c'est normal que ça existe pour sanctionner des faits. Vous ne supprimez pas l'inéligibilité, vous supprimez l'exécution immédiate.

L'exécution immédiate, c'est une peine de mort politique parce que si on ne peut pas se présenter à une élection et qu'après, par exemple, la Cour d'appel ou la Cour de cassation vous innocentent, le dommage sera irréversible, irréparable. Quand on ne s'est pas présenté à une élection, on ne peut pas y revenir. Si Marine Le Pen était empêchée de se présenter à l'élection et qu'elle obtenait justice après l'élection présidentielle, le dommage qu'elle aurait subi, elle, mais ce qui est peut-être encore plus grave, c'est le dommage qui aurait été commis à la démocratie française, serait irréparable.

C'est pour cela qu'en droit, il faut respecter l'état de droit et le fait qu'il y ait un procès équitable, eh bien, il faut aller dans ce sens. Et j'appelle tous les groupes parce que je crois que ça doit dépasser les clivages politiques. C'est une question de bon sens aujourd'hui.

10:07
Présentateur

Vous appelez tous les groupes à voter pour cette proposition de loi qui pourrait dans ce cas être adoptée. Avez-vous commencé à échanger avec d'autres groupes que le vôtre depuis hier ? Et est-ce que vous avez une idée de la possibilité ou non que ça soit adopté ?

10:20
Éric Ciotti

Non, on n'a pas encore échangé, mais je vais le faire. Et j'espère que ce texte sera un vecteur pour abolir ces clivages et ne pas faire un débat politicien.

10:33
Présentateur

Pourrait-il s'appliquer à Marine Le Pen ? C'est-à-dire soit être rétroactif sur le jugement qui vient d'être prononcé, soit s'appliquer au jugement en appel.

10:41
Éric Ciotti

Oui, je le souhaite. Et en tout cas, il s'appliquerait au jugement en appel puisqu'il y a un principe, vous le savez, en matière de loi pénale. C'est la loi la plus douce qui systématiquement s'applique lorsqu'il y a un conflit de textes législatifs en matière de calendrier.

10:58
Présentateur

François Bayrou vous a répondu hier, il s'est montré plutôt ouvert à l'idée. L'exécution provisoire fait que des décisions lourdes et graves ne sont pas susceptibles de recours. François Bayrou, plutôt soutien de votre proposition de loi ?

11:13
Éric Ciotti

Il a exprimé son trouble, voyez bien les... Son trouble face au jugement, il l'a fait savoir par son entourage. Et il a raison, et c'est légitime, il faut sortir de certaines postures. On ne peut pas rester dans cette situation. On ne peut pas avoir un jugement avec des motivations politiques pour priver une candidate qui est en tête dans tous les sondages, qui est donnée favorite, dont la formation politique, avec laquelle la mienne était alliée. Vous étiez, vous êtes toujours ? Toujours, et plus que jamais. Nous avons obtenu 11 millions de voix. Et on viendrait priver cette candidate de la possibilité de se présenter.

Ensuite, et je ne veux pas bimisser dans le jugement, mais quand même, de quoi s'agit-il sur le fond ?

12:06
Présentateur

La condamnation... D'un détournement de fonds de 4,5 millions d'euros, peut-être ?

12:09
Éric Ciotti

Est-ce que, Mme Apolline de Maillère, est-ce qu'il y a un euro mis en cause pour de l'enrichissement personnel ?

12:16
Présentateur

Non, il n'y a pas d'enrichissement personnel, mais il y a du détournement de fonds.

12:18
Éric Ciotti

Il n'y a pas d'enrichissement personnel. Donc, ce n'est pas grave ? Est-ce que les personnes qui sont mises en cause ont travaillé ? Est-ce qu'il y a été dit dans le jugement...

12:27
Présentateur

Pas forcément travaillé aux tâches pour lesquelles ils étaient payés ?

12:32
Éric Ciotti

De quoi s'agit-il, pour que vos auditeurs comprennent ?

12:34
Présentateur

On est bien d'accord, il s'agit de tâches pour lesquelles ils n'étaient pas payés.

12:37
Éric Ciotti

Les députés européens sont élus sur des listes présentées par des partis politiques. C'est une élection politique. Ils recrutent des collaborateurs. Et le Parlement européen vient leur dire que ces collaborateurs ne peuvent pas faire de politique. Alors que c'est dans la séparation... Vous contestez donc le fait lui-même ? Je conteste le fait sur le fond. Sur le fond, il s'agit de la séparation des pouvoirs. Un parlementaire, il est élu par le peuple, il doit gérer son mandat comme il le souhaite, tant naturellement qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel, tant qu'il n'y a pas de dérive. Mais là, on est dans une interprétation.

Ce matin, c'est exactement ce qui a justifié, aux yeux des juges, d'exécuter de manière immédiate l'inéligibilité. Parce qu'il y avait déni, dit-il, de la faute. Est-ce que ça vaut 4 ans de prison, au-delà de l'exécution provisoire ?

13:34
Présentateur

Est-ce que la loi, Éric Ciotti, elle a été votée par les députés ? Est-ce que les agressions... Elle a été votée par les politiques ?

13:40
Éric Ciotti

Ce n'est pas les juges qui l'ont inventée ? C'est les juges qui décident l'application de la loi. Ah bah oui, mais c'est les politiques qui la font, la loi. Non, la loi, elle permet de sanctionner un détournement de fonds publics. Et notamment la loi Sapin 2, qui ne s'est pas appliquée là, d'ailleurs. Mais elle a été votée après l'affaire Cahuzac. Donc, c'était un détournement personnel. Il y avait un enrichissement personnel, évidemment. C'était un enrichissement personnel, une fraude fiscale personnelle. Éric Ciotti. Là, on est dans une interprétation. Est-ce que l'assistant parlementaire de tel ou tel député... Parce que je vous ai entendu depuis ce matin.

...le matin travaille pour le Parlement européen, et l'après-midi ne pourrait pas travailler dans la circonscription à contribuer à ce que le député européen soit récaturé un peu ?

14:26
Présentateur

Éric Ciotti, quand le garde du corps de Jean-Marie Le Pen se retrouve avec une fiche de paye d'assistant parlementaire, vous, ça vous paraît réglo ?

14:33
Éric Ciotti

Mais il peut y avoir des interprétations. Il peut y avoir des interprétations. Il peut participer au travail du parlementaire, parce qu'il faut se faire élire aussi.

14:45
Présentateur

Depuis 8h32, je vous ai entendu Éric Ciotti dire, je ne sais même pas combien de fois, le mot « choqué ». Extrêmement choqué, très choqué, super choqué,

14:55
Éric Ciotti

mais alors ça, par contre, ça ne vous choque pas ? On n'est pas des technocrates nommés. On n'est pas des fonctionnaires de Bruxelles. On est élus par le peuple. Et pour se faire élire, il est normal de participer à la vie politique. Ce n'est pas honteux.

15:08
Présentateur

Je ne suis pas sûre que vous rendiez service à Marine Le Pen en maintenant cette défense-là.

15:13
Éric Ciotti

Ça s'appelle la démocratie. Ça s'appelle la démocratie qu'il y ait des partis politiques et qu'ils participent à l'expression du suffrage.

15:21
Présentateur

Éric Ciotti, enquête ouverte pour menaces à l'encontre des magistrats. Est-ce que vous condamnez les menaces qui ont été exprimées et proférées ?

15:28
Éric Ciotti

Je les condamne totalement et j'apporte, bien sûr, mon soutien à ces magistrats. Et j'espère que les auteurs de ces infamies seront sanctionnés et le plus lourdement possible. Et eux, ils méritent des sanctions, comme les trafiquants de drogue qui ont très rarement la lourdeur des peines qui ont été prononcées. Il faudrait qu'on retrouve un peu le sens de l'équilibre et du bon sens. Ce qui inquiète les citoyens français, c'est la violence dans la rue. C'est la gangrène du trafic de drogue. Et là, il y a un sentiment de façon globale d'impunité qui se propage. Donc, retrouvons le sens de la hiérarchie des valeurs et des peines.

16:10
Présentateur

Éric Ciotti, reprise du dialogue entre la France et l'Algérie. Le président de la République qui dit avoir eu un long échange avec le président Tebboune. Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères, se rendra à Alger le 6 avril. Gérald Darmanin, également, pour reprendre le dialogue sur la question aussi de l'application des peines de justice. Est-ce que c'est une bonne nouvelle ?

16:32
Éric Ciotti

Manifestement, dans ces déplacements, il y a un absent. Vous l'avez noté, c'est M. Rotaillot. Ça veut dire que nous sommes dans la continuité de l'humiliation dont parlait M. Rotaillot. Si ce n'est que désormais, c'est lui qui subit cette humiliation. La France s'est couchée. La France s'est couchée devant le diktat algérien. M. Boalame Sansal est toujours pris un otage par l'État algérien. Nous délivrons toujours des visas aux Algériens. Et les Algériens ne reprennent toujours pas les OQTF. Je ne comprends pas cette faiblesse coupable à l'endroit de l'Algérie.

17:14
Présentateur

Et si ce dialogue permettait précisément de pouvoir libérer Boalame Sansal, est-ce que vous l'applaudirez ?

17:23
Éric Ciotti

Je souhaite, bien sûr, et ardemment, et nous nous battons pour, on a posé beaucoup de questions à l'Assemblée nationale pour cela, la libération de Boalame Sansal. C'est un otage aujourd'hui. C'est un otage. Mais ceux qui prennent des otages sont des États dictatoriaux, sont des États voyous. Et céder à ce chantage, je le redis, est une forme d'humiliation pour notre pays. Et encore plus pour le ministre de l'Intérieur, qui avait donné des coups de menton, et qui aujourd'hui se tait, ne dit plus rien. Il a perdu les arbitrages, il a perdu la bataille. Qu'est-ce que ça dit ? Ça dit qu'aujourd'hui, ce gouvernement est dirigé toujours par M. Macron. Que c'est un gouvernement macroniste.

Et que mes amis de LR, qui se sont fourvoyés dans cette alliance avec les macronistes, se sont trompés. Et qu'ils auraient mieux fait de me suivre dans une vraie alliance à droite. Parce que si nous étions au pouvoir dans cette alliance, jamais nous n'aurions accepté cette humiliation algérienne.

18:31
Présentateur

Éric Ciotti, François Bayrou, qui dit qu'il ne faut pas stigmatiser nos 9 millions de compatriotes musulmans, et qui donc estime qu'il n'y a pas forcément d'urgence à reprendre à l'Assemblée nationale la loi adoptée au Sénat sur l'interdiction des signes religieux, et notamment du voile dans les compétitions sportives. Est-ce que vous l'entendez ?

18:50
Éric Ciotti

C'est une forme de lâcheté à nouveau. Chacun a droit à croire et à prier pour le Dieu qu'il souhaite. Et je dis mon respect pour toutes les religions, et y compris pour la religion musulmane. Je ne fais pas partie de ceux qui disent que la religion musulmane est contraire au principe de la République. Je ne dirai jamais cela, et je respecte toutes les religions. Mais il y a aujourd'hui, on le voit bien, des avancées, qui sont celles de l'islam politique, qui sont celles de la conquête des âmes et des territoires, que nous ne pouvons pas accepter.

Ces incommandements raisonnables dont parlait Édouard Philippe, qui sont en fait de vraie lâcheté, qui sont le parcours que Michel Houellebecq décrivait dans « Soumission ». Eh bien, il commence par là. Donc, pas de voile dans le sport. Jamais. Nous devons respecter ces principes de laïcité. Et il faut le faire. Et ne pas légiférer, oui, c'est faire preuve de lâcheté.

19:53
Présentateur

Merci Éric Ciotti d'avoir répondu à mes questions ce matin. Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes et à la tête de l'Union des droites pour la République. Il est 8h52 sur RMC et BFM TV.