Covid-19 : "Bien sûr que Dupont-Aignan et Philippot ont des morts sur la conscience" - Robert Menard
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:50OuverteRéponse directe
J'ai dit malaise, vous partagez ce sentiment ?
- 2:24OuverteRéponse directe
Votre soutien au pass sanitaire et au pass vaccinal, vous fait qu'on se déchaîne contre vous ?
- 4:02FerméeRéponse directe
Ça, ce sont des positions sur lesquelles vous affichez un désaccord complet.
- 4:52OuverteRéponse directe
S'opposer, pour s'opposer, sur ce sujet-là, vous estimez que là, c'est une faute ?
- 6:13FerméeRéponse directe
La question qu'on vous a posée hier, est-ce que les antivax comme Philippot ou Dupont-Aignan ont des morts sur la conscience ?
- 7:05OuverteRéponse directe
Vous avez pris un risque, là. Philippot, il vous attaque, non ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:25Invité politiqueChiffre
« Hier, il y avait sept personnes qui étaient en réanimation, les sept étaient non vaccinées. »
- 10:41Invité politiqueChiffre
« ça flirte autour de 30% »
- 13:50Invité politiqueChiffre
« quand il y a 62% des Français qui pensent que vous êtes une menace pour la démocratie »
- 17:36Invité politiquePromesse
« La retraite à 60 ans, personne ne le fera, alors pas plus elle que qui que ce soit, personne ne le fera, c'est mentir aux gens. »
- 18:03Invité politiqueChiffre
« on va arriver de nouveau à des chiffres de 400 000 personnes comme en 2019, chaque année »
Temps de parole
- Invité politique74 %
- Présentateur26 %
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Bonjour Robert Ménard.
Bonjour.
Merci beaucoup d'être ce matin sur LCI. Maire de Béziers, soutien de Marine Le Pen, toujours soutien de Marine Le Pen.
Oui, je lui apporterai mon parrainage. Je lui ai dit, je le ferai.
Pas d'état d'âme sur ce sujet, on va y revenir.
Ceci là, aucun.
Après avoir plaidé le rapprochement entre Zemmour et Exemmour et la candidate RN, c'est vous qui aviez encouragé, finalement ça ne s'est pas fait. La guerre est déclarée, semble-t-il, entre les deux camps. On y reviendra dans quelques instants. Mais d'abord, ce malaise devant les images de ce groupe d'antivax qui accule un député LREM à Perpignan, Romain Gros, devant sa permanence samedi à Perpignan. Encore une fois, les images étaient quand même assez frappantes. J'ai dit malaise, vous partagez ce sentiment ?
En plus que malaise, crainte. Enfin, vous avez vu, on l'a vu à un autre à Saint-Pierre-et-Niclon. Il y a une violence d'une partie, en l'occurrence des antivax, qui est un vrai problème, qui est une violence injustifiée, inqualifiable. Moi, il a toute ma sympathie, ce député, comme tous les députés, qu'ils soient de droite, de gauche, du milieu, et toutes les personnes qui se font attaquer pour leurs idées. Il n'a rien fait d'autre qu'émettre, en l'occurrence, il a voté pour le pass vaccinal. Mais vous savez, moi, je n'en fais pas état, mais j'ai encore porté plainte avec Emmanuel Ménard, donc ma femme qui est députée.
On a porté plainte cette semaine, parce qu'on a été menacé de mort, avec des lettres insultantes, mais menaçantes. C'est hors du rire, hors du rire. Évidemment, eux, les gens qui font ça, sont responsables. Mais aussi, pardon de l'ajouter, ceux qui, dans la classe politique, trouvent des excuses à ces campagnes haineuses des antivax, ont aussi une part de responsabilité. Il y a l'abruti qui vous fait, derrière son écran, vous savez, en tout anonymat, qui vous insulte et qui vous menace. Là, c'était pas... Enfin, c'était évidemment plus grave. Et puis, il y a ceux qui trouvent des excuses à ces gens-là.
Oui, quand même, c'est attentatoire à nos libertés, que sais-je encore, c'est un apartheid, c'est bêtise, ces bêtises-là, et qui, d'une certaine façon, sont responsables de ce climat d'agressivité.
Bon, beaucoup de choses dans tout ce que vous avez dit. Vous-même, donc, vous êtes menacé, menace de mort par courrier, depuis d'abord longtemps, ou est-ce qu'il y a eu une accélération sur ce sujet du vaccin ?
Sur ce sujet du vaccin.
Votre soutien au pass sanitaire et au pass vaccinal, je crois qu'on peut le dire comme ça, vous fait qu'on se déchaîne contre vous ?
Oui, et encore plus, parce que je suis dans un camp politique, à la droite de la droite, où il y a, par rapport au pass vaccinal et avant au pass sanitaire, plus que des réticences. Je suis un des seuls, peut-être le seul, à avoir dit, écoutez, là, sur ce sujet-là, ce sujet-là, pas surtout sur ce sujet-là, M. Macron a raison. Mais vous savez, on est dans une folie, folie politique. Vous dites que quelqu'un qui n'a pas vos idées, qui n'est pas sur le même positionnement politique, vous dites qu'il a raison ? Moi, j'ai reçu des messages, traite, salaud, Judas. Judas de... comment il s'appelle ? De Gilbert Collard. J'étais un Judas parce que j'avais dit... Non, parce que j'avais salué...
Oui, parce que j'avais salué Macron. Enfin, il faut arrêter avec les bêtises. Je veux dire, il y a une part de responsabilité de la classe politique, mais de tous les bords, qui n'a de haut le cœur que quand c'est leurs propres amis, et qui quand c'est les autres, ils s'en foutent. Je vous rappelle, pardon, je vous rappelle que moi, il y a quelques années, on m'avait cassé la figure à côté de Bordeaux par des militants de la France insoumise. Mais personne n'a trouvé ça problématique, parce que peut-être je suis pour eux à l'extrême droite. C'est dégueulasse, c'est des comportements incroyables. Donc, je suis aux côtés du député des Pyrénées-Orientales.
Très bien. Jordan Bardella, qui était à votre place vendredi dernier, président du RN, a réaffirmé que le pass vaccinal, il est l'hyperticide, et que dès le 24 avril, Marine Le Pen le supprimerait. Ça, ce sont des positions sur lesquelles vous affichez un désaccord complet.
Total, total. Je pense qu'aujourd'hui, vous savez, ça m'a appris beaucoup, le Covid, ce qui s'est passé là depuis deux ans. Pardon, là encore, tu es responsable ou tu n'es pas responsable. C'est peut-être parce qu'une bonne partie de mes amis, non, ne sont jamais à la tête d'exécutif. Quand tu es député dans l'opposition, tu peux dire ce que tu veux. Quand tu es maire, moi je suis maire d'une ville de 80 000 habitants et président d'une agglomération. Pardon, madame, ce que je vais vous dire là, il faudra bien que je le défende tout à l'heure à baiser. Donc, je ne dirai pas n'importe quoi. Et puis, peut-être que j'apprends à diriger.
Je dirige quelque chose avec le pouvoir de faire ou de ne pas faire quelque chose. Vous savez, quand vous êtes dans l'opposition, vous pouvez dire, faire le malin. Moi, je l'entends sur 50 sujets.
S'opposer, pour s'opposer, sur ce sujet-là, vous estimez que là, c'est une faute ?
Écoutez, moi, j'ai assez critiqué M. Macron. Je pense qu'il y a une arrogance du côté de M. Macron dans l'histoire du Covid. Rappelez-vous, le nombre de certitudes a avancé comme si c'était évident. Des mensonges. Moi, je me souviens, quand je suis allé chercher, c'était en Espagne, des masques. Vous vous rappelez, au début, les masques, c'était inutile, nuisible, disait le représentant, le préfet chez moi. Je suis allé les chercher, pardon, je l'ai critiqué, c'était irresponsable de dire ça. Mais en même temps, quand il met en place, là, le pass sanitaire, le pass vaccin, écoutez, moi, je suis même pour la vaccination obligatoire. Pas parce que j'aime ça, parce que c'est la seule solution.
Mais c'est une maladie de la démocratie, de ne pas pouvoir, sur certains points, en France, être d'accord avec son adversaire
sans être insulté par son propre corps. Parce que la France est comme ça. Parce que le jour où vous êtes obligés de reconnaître, oui, c'est vrai que le ciel est bleu et que mon ennemi a dit que le ciel était bleu, tout de suite, vous ajoutez, mais, mais, mais, de façon à bien faire sentir que, quand même, vous n'êtes pas dans l'autre camp. Moi, je ne suis pas dans un camp ou dans l'autre. J'ai des idées que tout le monde connaît, je suis très à droite, et en même temps, je suis réaliste, réaliste. Aujourd'hui, j'espère qu'on va sortir de cette histoire-là. C'est tout.
Alors, vous êtes réaliste, et vous n'avez pas peur des mots. La question qu'on vous a posée hier, est-ce que les antivax comme Philippot ou Dupont-Aignan ont des morts sur la conscience ? Vous n'avez pas hésité à répondre oui. Donc, ils ont des morts sur la conscience.
Mais bien sûr. Quand vous dites, quand vous dites, madame, que le vaccin, ce n'est pas utile, vous venez à Béziers, dans l'hôpital, je vous y amène. Hier, il y avait sept personnes qui étaient en réanimation, les sept étaient non vaccinées. Moi, je ne joue pas aux professeurs de médecine. Je ne suis pas professeur de médecine, je n'y connais pas plus sûrement que vous, avant la crise. Aujourd'hui, vous avez plein d'élus qui savent tout là-dessus. Je constate simplement que chez moi, quand vous êtes en situation de mourir, de mourir, c'est que vous n'êtes pas vacciné. C'est tout ce que je constate.
Alors, comme j'aime les gens, pardon, c'est une bêtise, ça ne veut pas être naïf et tout, j'aime les gens, je suis soucieux d'eux, je me dis qu'il vaut mieux être vacciné, même si ce n'est pas miraculeux, même si ça ne règle pas tous les problèmes. Mais ça vous met à l'abri des formes les plus graves.
Vous avez pris un risque, là. Philippot, il vous attaque, non ?
Mais qu'il m'attaque. Enfin, d'abord, c'est des effets de manche et de Twitter. J'attends un procès, on s'expliquera. Enfin, attendez, entre quelqu'un qui explique quoi ? Que la France est une dictature, que c'est un véritable apartheid, enfin, comment vous pouvez croire des bêtises pareilles ?
Mais alors, le discours anti-vax, d'une part, tous les adversaires du pass vaccinal et du pass sanitaire, donc, votre propre camp, enfin, le RN. Et puis, ceux qui se laissent aller dans le débat public ont une espèce de violence verbale aussi. Ça existe. On peut même dire, Macron, quand il dit « je veux emmerder les non-vaccinés », c'est une forme de violence verbale. Tout ça, est-ce qu'ils ont une responsabilité
dans la dégradation du rapport entre les Français et les élus ? Vous vous rappelez, M. Macron, il avait dit que les Français avaient un droit à une vie paisible.
Il l'a dit récemment, à propos de la sécurité.
Attendez, honnêtement, honnêtement, quel échec de ce côté-là ! Quel échec ! Mais on peut dire de M. Macron qu'il a fait des promesses qu'il n'a pas tenues, que sur un certain nombre de questions...
Mais moi, je vous demande, la responsabilité dans la dégradation du rapport entre les élus ? Quand on agresse un élu, est-ce que tout ça s'ajoute ?
Quand il dit, quand il emploie le mot « emmerder », et pas au détour d'une discussion comme ça, si vous le receviez, mais après avoir lu une interview, accepter de voir le même mot trois fois en trois livres, bien sûr qu'il porte une responsabilité dans l'hystérisation du débat. L'hystérisation du débat. On est dans une démocratie où on ne peut pas parler un tout petit peu plaisiblement. Moi, j'ai appris depuis que je suis maire au moins ça. Honnêtement, je reviens de loin là-dessus, parce que dans le genre « je ne pèse pas mes mots, je le fais ». J'essaye de parler, franchement, directement, de répondre à vos questions, mais en même temps de ne pas jeter de l'huile sur le feu.
Ce pays n'en a pas besoin. Notre pays n'en a pas besoin.
Et quand l'URN est antipasse vaccinale et antipasse sanitaire, en le disant jour après jour, lui aussi il met de l'huile sur le feu dans ce cas.
Mais bien sûr, et il se trompe. Mais moi, je l'ai dit, « Attendez, vous avez dit tout à l'heure, vous avez rappelé que j'apporterai mon soutien à Marine Le Pen ». Ça ne m'empêche pas de lui dire « tous mes désaccords ». Et il faut accepter ça. Moi, je ne suis pas un compagnon de route ou le fan club de Marine Le Pen. Je suis juste un maire qui essaye de voir qui, dans l'offre politique, est le mieux pour mon pays. Et je pense que c'est elle aujourd'hui.
Dernière question sur ce sujet, parce que c'est un sujet grave, la violence contre les élus. Est-ce que vous, vous êtes maire de Béziers, vous avez une solution ?
Non, je n'en ai pas. Je n'en ai pas. Bien sûr que je n'en ai pas. Il y a plein de sujets où je n'ai pas de réponse. Je constate une montée de la violence. Je constate qu'un certain nombre de gens, par ailleurs raisonnables, sur cette affaire de Covid, disent n'importe quoi, vont jusqu'à dire des imbécilités totales et que ça crée ce climat-là. Comment y répondre ? Je n'en sais rien. Mais moi, je ne veux pas me promener dans ma ville avec des policiers. Je ne l'ai jamais fait. Je ne le ferai jamais. Et je m'expliquerai avec eux. Il y a des manifestations tous les samedis, chez moi comme ailleurs. Je suis allé discuter avec eux quand ils m'ont demandé. Il faut discuter avec les gens.
Ça, c'est vrai qu'il ne faut pas les insulter. Il faut discuter avec eux.
Alors, un sujet sur lequel on vous attend, parce que vous les connaissez, et l'un et l'autre, la guerre est déclarée entre Marine Le Pen et Zemmour ?
À le moins qu'on puisse dire, c'est que oui, à part de le nier. C'est une catastrophe. C'est une catastrophe pour notre camp. Notre camp, cette droite qui est à droite des Républicains. On est en train de tout faire pour rater cette élection. C'est incroyable. Attendez, aujourd'hui, vous ajoutez les uns les autres, ça flirte autour de 30% et on pourrait ne pas se retrouver au second tour. Mais enfin, ils jouent avec quoi ?
Déjà, il y avait cette division qui menace effectivement les chances réelles pour eux de se qualifier au second tour. Et puis, il y a ces ralliements. Après Jérôme Rivière et Damien Rieux, Gilbert Collat, manifestement, vous avez de bonnes relations avec lui, rallient le corps adverse. Zemmour, le RN minimise. Vous, vous n'êtes pas prisonnier des éléments de langage d'un parti. C'est ça qui rend précieux, d'ailleurs, votre parole. Est-ce que c'est préoccupant pour Marine Le Pen ?
Bien sûr que c'est une mauvaise nouvelle. Attendez, vous plaisantez ? Vous pouvez dire chacun, vous pouvez vous rassurer d'abord en les insultant, en disant c'est des traîtres, honnêtement, il faut arrêter avec ce langage de guerre civile. Non, ils ont choisi un autre camp. Vous pouvez vous rassurer comme ça de dire, ah oui, mais comment chacun pèse et tout ? Je ne sais pas d'abord qu'est-ce qui pèse les uns et les autres. Mais surtout, il y a une dynamique là qui n'est pas favorable à Marine. Marine Le Pen, bien entendu. Et je pense, alors il y a évidemment les éléments de langage, non, tout ça ne pèse rien. Gilbert Collat, c'est vrai que Gilbert Collat, moi, il me fait rire.
Alors, c'est pour dire les choses, il a ce talent-là. Non, mais attendez, il a de l'humour, il a du talent comme un bon avocat et tout ça qu'il est. Mais évidemment, accumuler, c'est un vrai problème. Et si jamais ça continuait, parce qu'il y a des prises de guerre, si j'ose dire, pour prendre un vocabulaire, que je n'aime pas, qui pourrait être plus important que ça.
Vous avez des noms en tête ?
Tout le monde pense au même. Si demain, Marion se rangeait du côté d'Éric Zemmour, ce serait pour ce camp-là et pour le Rassemblement national d'une autre ampleur. Vous la connaissez bien,
c'est Marion, Marie-Charles Le Pen.
Oui, en fait, il y a longtemps que je ne lui parle pas parce qu'on ne se parle plus parce qu'on n'est plus tout à fait d'accord.
Mais elle a été un chantre de l'Union des droites. Oui, bien sûr. Donc vous connaissez bien. C'est vraisemblable ?
Je n'ose pas l'imaginer. Je ne le crois pas. Vous savez, parce que la vie, ce n'est pas que la politique et les idées. C'est aussi des liens avec les gens. Je vous rappelle que c'est sa tente, que Marine l'a élevée en partie à un moment donné, que c'est difficile de fermer les yeux sur ça. Je ne crois pas. Mais en même temps, il y a elle, il y a d'autres gens qui pèsent dans ce parti et qui pourraient tenter de le quitter. Dites-nous, ça traduit quoi quand même ?
Parce que la dynamique sondagière, en tout cas, elle est plutôt du côté de Marine Le Pen, alors qu'Éric Zemmour, il a reflué. Et alors, pourtant, il leur gisse des ralliements et ça n'est peut-être pas fini. Pourquoi est-ce qu'il attire encore ? D'abord, parce qu'il incarne quoi par rapport à elle ?
Parce qu'il dit un certain nombre de choses, de convictions que vous pouvez ne pas partager, mais il les dit avec des mots forts, il attire les militants. Regardez, qui aujourd'hui, comme il était plus de 4 000 à Cannes, et qui est capable aujourd'hui de réunir autant de militants en dehors de lui ? Je ne crois personne. Donc il y a cette force militante, et dans les appareils politiques, il est vraiment, écoutez, je dis dans les gens hyper politisés, comme le sont les militants, il y a ça, il y a, il me semble aussi, comment vous dire, une espèce de calcul de la part d'un certain nombre de gens.
Je ne crois pas que tous, tous ceux qui rallient aujourd'hui et Éric Zemmour, se disent, il va être président de la République. Enfin, attendez, ça paraît peu crédible, quand même, pour dire...
Vous n'y croyez plus du tout ?
Écoutez, quand il y a 62% des Français qui pensent que vous êtes une menace pour la démocratie, c'est compliqué d'en réunir 50%, dans tous 50% dans 3 mois, je n'y crois pas beaucoup. Mais je crois qu'aucun d'entre eux n'est naïf au point d'y croire. Mais tous savent que dans tous les cas de figure, dans tous les cas de figure, ce sera après la présidentielle, une espèce de chamboulement dans la droite, dans la totalité de l'Europe, et chacun se positionne par rapport à ça.
Donc ils font un calcul. Ils pensent que Marine Le Pen ne peut pas gagner, peut-être qu'Éric Zemmour non plus, mais celui qui ramassera la mise, ce sera quand même Zemmour pour recomposer la droite. C'est ça, leur calcul ?
Ils se disent qu'est en train de se produire là un basculement qui va faire que les cartes vont être abattues et que dans ce jeu-là, chacun se dit, mais ce n'est pas des calculs minables, se dit, peut-être que je vais pouvoir faire peser mes idées à un autre niveau, différemment. Et puis, il y a des règlements de comptes personnels à l'intérieur du Rassemblement national. Attendez, Gilbert Collard, il y a un moment qu'il s'engueule avec Marine Le Pen. Jérôme Rivière, il espérait avoir des postes qu'il n'a pas. Il y a aussi toutes ces dimensions, mais je ne veux pas réduire ça à ça. Je crois qu'à droite, il y a aujourd'hui une révolution en cours.
Mais vous dites, c'est aussi des questions de conviction. Éric Zemmour, peut-être qu'il dit les choses de façon aujourd'hui plus directe et plus radicale que Marine Le Pen. J'ai une question à vous poser parce que beaucoup, effectivement, observent l'adoucissement du discours de Marine Le Pen. Elle a abandonné une conviction historique du RN et du FN. C'est l'interdiction, la suppression de la double nationalité. Elle a dit la semaine dernière, j'ai évolué sur la binationalité alors qu'elle demandait en 2017, je leur demande de choisir ceux qui sont binationaux. Ça, d'abord, est-ce que vous êtes d'accord ? Est-ce que c'est une bonne décision ?
Bien sûr. Bien sûr que c'est une bonne décision. En plus, c'est stupide comme demande. Prenons le Maroc. Le Maroc, vous ne pouvez pas perdre la nationalité marocaine. C'est impossible. C'est constitutif du royaume marocain. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que même si vous demandez à un marocain, un franco-marocain d'abandonner sa nationalité marocaine, il ne peut pas. Premier exemple. Deuxième exemple, aujourd'hui, il y a une partie minoritaire, peut-être, mais une partie de la communauté juive qui a la double nationalité française et israélienne. Vous allez leur dire quoi ?
Que parce qu'ils ont choisi Israël, qui est quand même l'endroit, le pays qui a été créé pour abriter les Juifs au lendemain de la Shoah, vous allez les sommer de choisir entre les deux ? Bien sûr qu'elle a raison. Et c'est pour ça que je la soutiens. Parce qu'elle a compris une chose, comment se fait-il que nos idées sur l'immigration, sur l'école, sur la sécurité, sur l'Europe, elle a changé. Mais sur ces idées-là, comment se fait-il qu'elles sont majoritaires dans les Français et qu'on n'obtienne pas la majorité des votes ? Il faut rassurer les gens.
Elle renonce à tout, petit, petit,
c'est ce que disent des militants. Elle renonce pas. Elle a raison de couper avec un certain nombre de totems, de tabous de la droite ou de l'extrême droite qui sont autant de boulet à ses pieds et qui font qu'on perd systématiquement les élections.
Elle le fait sans avoir demandé l'avis du parti.
Mais elle a raison. Le parti était encombrant. Mais attendez, mais je lui ai dit, dès 2017, j'ai dit à Marine, il faut que tu démissionnes et réellement de la direction de ton parti pour pouvoir avoir une liberté de parole que tu n'as pas. Elle a eu raison de le faire. Elle prend un certain nombre de positions différentes de son parti. J'espère que sur d'autres thèmes, sur les questions économiques, on en a parlé sur le sein de la santé, il faut arrêter de tout promettre, il faut arrêter de faire une course à l'échalote.
Une mesure, la retraite, les salaires ?
La retraite à 60 ans, personne ne le fera, alors pas plus elle que qui que ce soit, personne ne le fera, c'est mentir aux gens. Et les gens, ils savent bien que vous mentez quand vous dites ça. Mais alors du coup,
le pénisme, c'est du pragmatisme ? Non,
c'est un pragmatisme avec des idées essentielles sur ce qui est essentiel aujourd'hui, le pouvoir à chasse, c'est-à-dire défendre les plus pauvres sans faire une course à l'échalote. Attendez, l'immigration, on va arriver de nouveau à des chiffres de 400 000 personnes comme en 2019, chaque année, ce n'est pas possible. Il n'y a pas d'immigration zéro, mais il faut limiter l'immigration. C'est des points essentiels et là-dessus, les Français.
Elles ne risquent pas de se dissoudre dans des prises de position finalement assez répandues ou en tout cas partagées par d'autres candidats ?
Pardon, partagées de façon récente par un certain nombre de candidats qui ont bien compris que les Français, sur les questions de sécurité ou d'immigration étaient trouvés insupportables les propos tenus par ceux qui disaient « ce n'est pas un problème ».
Robert Ménard, est-ce qu'elle peut gagner cette présidentielle face à Emmanuel Macron ou Valérie Pécresse ?
C'est un trou de souris. C'est un trou de souris. Ce sera difficile. Mais Marine, aujourd'hui, Marine Le Pen, aujourd'hui, en se voulant rassurante, en restant stable sur ce qui est le fondement de la droite nationale, donc quelques-unes de nos convictions, et en arrêtant de dire n'importe quoi sur un certain nombre de sujets, et on était les spécialistes de ça, sur ça, je pense que oui, elle avance. Et puis, attendez, honnêtement, elle a changé. Elle est moins cassante, plus à l'écoute des gens, plus près, elle accède, par exemple, que je dise ce que je dis là, sans dire, tu es un traître, et je pense que c'est une autre chose. Elle ne va pas vous téléphoner
juste après. Elle n'est pas dans le champ de l'humanisme, disait Richard Ferrand, pour finir, hier, dans le Paris.
Et lui, il est dans le champ de l'humanisme. C'est quoi, l'humanisme ? C'est quoi ? Qu'est-ce que vous croyez que je suis plus dans...
Elle aime les chats, ce serait mieux d'aimer toute la diversité de l'humanité, dit-il.
C'est minable. Vous voyez, ces petites phrases, ces petites phrases sont minables. C'est aussi minable que quand Éric Zemmour dire, oh, elle aime les chats et moi, j'aime les livres. C'est le même mépris de classe de l'un et de l'autre.
Du mépris de classe. En tout cas, elle peut gagner, mais vraiment, un trou de souris. Oui, mais c'est comme ça. C'est possible, mais pas le plus probable.
C'est comme ça, la politique. C'est possible, mais c'est pas le plus probable. Bien sûr que non. Mais elle le sait, on le sait tous, mais il faut se battre.
Merci d'avoir été ce matin sur LCI avec votre fougue. Bonne journée à vous.