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interviewRMC — Face à Face· 7 novembre 2023 21 min

Face à Face : Bruno Le Maire - 07/11

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Bruno Le Maire

Vous écoutez RMC, face à face.

0:08
Présentateur

Apolline de Malherbe. Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Bruno Le Maire.

0:13
Bruno Le Maire

Bonjour Pauline de Malherbe.

0:13
Présentateur

Vous êtes le ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique. Merci de répondre à mes questions ce matin. Elles sont nombreuses sur les prix bien sûr, sur le volet économique de la loi immigration. Inflation d'abord, est-ce que c'est derrière nous ?

0:26
Bruno Le Maire

Oui, la crise inflationniste est derrière nous, je vous le confirme. Nous avons une crise inflationniste qui a démarré fin 2021. Qui ensuite a explosé avec la guerre en Ukraine. On a atteint des niveaux d'inflation de plus de 6%. Aujourd'hui, l'inflation vient de repasser à 4%. Et elle devrait retomber à 2,6% en 2024. Qu'est-ce que ça veut dire ? D'abord, ça veut dire que malgré tout, ça reste difficile pour beaucoup de nos compatriotes. Les prix alimentaires continuent à rester élevés. Il y a encore une inflation sur les produits alimentaires qui reste élevée. Même si elle ralentit, elle est freinée comme je l'avais promis.

La deuxième chose que ça veut dire, c'est que nous avons réussi à sortir de cette crise inflationniste en deux années. Là où dans les années 70, il avait fallu 10 ans. Donc nos politiques économiques, françaises et européennes, ont été efficaces. Et la troisième conclusion qu'il faut tirer de cette crise, c'est que là où le niveau des prix a été le plus bas dans tous les pays européens, c'est en France. Donc les décisions qui ont été prises par le président de la République, par le gouvernement, pour amortir le choc inflationniste, elles ont été particulièrement efficaces, notamment grâce au bouclier sur le prix du gaz et le prix des crises.

1:33
Présentateur

Il y a plein de choses dans ce que vous dites. Pour autant, effectivement, la vraie question, c'est que quand est-ce que les prix vont baisser, ou en tout cas vont arrêter de monter ? On va y revenir, mais il y a quand même un mot que vous avez dit. Vous avez dit, comme je l'avais promis, enfin vous l'aviez quand même promis un peu plus tôt, parce que je me souviens, vous nous aviez un peu déjà fait le coup, pardon, mais vous nous aviez dit que le pire de l'inflation serait en juin 2022.

1:53
Bruno Le Maire

On peut toujours chipoter sur les dates. Moi, ce que je constate, c'est un, en deux ans, nous avons réussi à maîtriser la crise inflationniste la plus grave depuis les années 70. C'est un succès national et européen. Deux, aucun pays en Europe, aucun, n'a plus protégé ses compatriotes que la France. Deux, nous n'avons pas été exposés à des taux d'inflation de 16, 20 ou 25%, comme ça a été le cas dans d'autres pays européens. Et trois, nous sortons, comme je m'étais engagé à l'automne, de la crise inflationniste. Nous sommes passés de 4,9 à 4% de niveau d'inflation, 2,6 l'année prochaine. Mais pour autant, on ne relâche pas notre effort.

Regardez le projet de loi que nous venons de faire adopter, 149.3, avec Olivier Grégoire, à l'Assemblée nationale et au Sénat, qui anticipe d'un mois les négociations commerciales. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que la baisse des prix de gros sur le blé ou sur l'huile pourra être répercutée plus tôt sur les prix alimentaires. Donc, je vous rassure et je rassure nos téléspectateurs, avec Olivier Grégoire, avec l'ensemble des ministres concernés, nous continuons à nous battre pour faire baisser les prix le plus vite possible pour le consommateur.

2:59
Présentateur

Alors, rentrons un peu dans le dur, effectivement, et dans cette guerre des prix. Vous le disiez, ça fait quelque temps que vous en promettez, que vous le négociez, y compris avec les parlementaires. Hier, l'Assemblée nationale et le Sénat se sont mis d'accord. On s'en souvient maintenant, on connaît par cœur comment ça fonctionne, y compris avec la grande distribution. En gros, pour fixer les prix, il y a une négociation. Cette négociation commerciale entre les grands industriels de l'agroalimentaire et la grande distrib, normalement, c'est le 1er mars, la date butoir. Vous l'avancez de 29 jours ?

3:31
Bruno Le Maire

L'avance d'un mois, c'est important. Un mois de hausse des prix. On ne peut pas me dire d'un côté que lorsque les prix alimentaires augmentent de 7 ou 8% sur un mois par rapport au mois de l'année précédente, c'est dramatique. Et puis me dire de l'autre qu'on n'est pas à un mois près si les consommateurs, les ménages sont à un mois près.

3:47
Présentateur

On est à un mois de près.

3:48
Bruno Le Maire

Si votre paquet de pâtes, votre litre d'huile ou vos produits alimentaires peuvent baisser plus vite, même d'un mois, eh bien moi, je prends ce mois et je me bats pour ce mois.

3:58
Présentateur

Non, mais on est bien d'accord qu'on ait un mois près. Mais le problème, c'est est-ce que ce sera un mois près de baisse ? Est-ce qu'on est sûr que ça va rentrer des baisses ?

4:05
Bruno Le Maire

Je vais être très clair et très précis. L'objectif, c'est bien de faire baisser le prix d'un certain nombre de produits. Ce n'est pas revenir au prix d'avant. Soyons très clairs, on ne va pas revenir au prix d'avant la crise inflationniste. Pourquoi ? Parce qu'entre 2021 et 2023, vous avez les prix de production qui ont augmenté, les coûts de l'énergie qui ont augmenté, les salaires qui ont augmenté aussi. Donc ça se répercute forcément sur les prix que vous avez dans les rayons.

Mais l'objectif, c'est que par rapport à aujourd'hui, vous ayez sur les pâtes, sur les huiles, sur les volailles, sur un certain nombre de produits alimentaires, sur les produits pour animaux, l'alimentation pour les animaux, que vous ayez des baisses qui correspondent à la baisse sur les marchés.

4:47
Présentateur

Tous les tarifs que nous recevons pour entamer ces négociations sont à la hausse. Voilà ce que dit Michel-Édouard Leclerc. Il dit que 8 groupes de l'industrie alimentaire sur 10 leur demandent des prix à la hausse. Et ils demandent entre 6 et 10% de hausse. Je ne vois pas du coup comment mécaniquement vous arrivez à la baisse.

5:05
Bruno Le Maire

Vous connaissez beaucoup de négociations qui commencent par un accord. Non, ça commence par un désaccord. C'est de la négo. C'est normal, c'est de la négo. Donc le distributeur va dire... Donc Danone arrive et il dit

5:14
Présentateur

je te vend mon yaourt 10% de plus. Et puis le père arrive et il dit bah non, ce sera 2.

5:19
Bruno Le Maire

C'est leur sujet, c'est à eux de négocier. Et c'est à eux de répercuter sur les prix des produits, les baisses que l'on constate sur les marchés. Moi, je n'ai aucun doute qu'au bout de cette négociation, il y aura effectivement des prix qui vont baisser et qui baisseront plus tôt grâce à l'action d'Olivier Grégoire, grâce à l'action des parlementaires. Et au passage, je me félicite que sur des sujets qui sont d'intérêt général, baisser les prix, lutter contre l'inflation, on soit capable de dépasser les querelles politiques et nous soyons capables de trouver facilement un accord à l'Assemblée nationale.

5:49
Présentateur

Il y a beaucoup de questions qui demeurent sur la constitution du prix, sur la question de la transparence, je vais y revenir. Mais je voudrais d'abord que vous écoutiez la question de Nadia Zian. Elle est directrice consommation pour Familles Rurales, l'association de consommateurs. Et précisément, elle était mon invitée sur RMC ce matin. Elle savait que vous viendriez. mais elle estime qu'il y a encore beaucoup trop de marge. Écoutez.

6:08
Invité

Aujourd'hui, on sait, ce n'est pas nous qui le disons, c'est l'autorité de la concurrence, c'est le FMI, que la crise a profité à certains géants industriels, notamment, qui ont réalisé des profits excessifs. Dans le même temps, on a un consommateur sur deux qui aujourd'hui renonce à certains produits, faute de moyens. Donc, ce qu'on dit au ministre, c'est taxons ces produits excessifs pour permettre le financement, pourquoi pas, d'une allocation alimentaire qui permettrait à ces familles qui sont aujourd'hui exclues d'une alimentation saine de pouvoir de nouveau remplir leur panier conformément aux préconisations de santé publique.

6:43
Présentateur

Envisageable ?

6:44
Bruno Le Maire

Non, parce que les marges excessives, on les récupère déjà, on les a récupérées sur les énergéticiens, on les a récupérées sur toutes les grandes entreprises dont on estimait qu'elles avaient fait des surprofits qui étaient liés à l'inflation. Mais taxer, taxer, taxer, ça n'est pas la bonne solution parce que si vous taxez, ça tombe l'entreprise, les produits aussi vont être plus chers et tout le monde sera perdant.

7:04
Présentateur

Du côté, justement, de la transparence, parce que c'est une autre question qui est portée par les associations de consommateurs, ils disent qu'il faudrait imposer une transparence, qu'on sache vraiment d'où vient la hausse. Est-ce que ça vient du prix du départ, de la production, ou est-ce qu'en fait ça vient de la marge ? Pourquoi vous ne demandez pas cette transparence totale ?

7:20
Bruno Le Maire

Mais la transparence, nous la faisons. Moi, j'ai toujours dit que j'étais prêt à faire la transparence et que nous la ferons sur les niveaux de marge qui peuvent être faits. Vous avez un office qui s'occupe de la transparence sur les marges. Nous avons demandé de le faire sur les produits agricoles parce qu'ils sont évidemment fondamentaux pour nous et fondamentaux pour nos agriculteurs. Moi, je suis tout à fait favorable à la transparence, favorable à ce qu'on s'assure que les marges restent raisonnables.

Mais au bout du compte, quand vous avez une crise inflationniste, que les prix du gaz, du pétrole, l'électricité flambent, que pour les PME, c'est très difficile, que ça devient très coûteux de produire, forcément, ça se répercute sur le prix. Et ma responsabilité de mise de l'économie a été pendant deux ans de revenir à un niveau d'inflation raisonnable. Nous y sommes. Donc le contrat, j'estime qu'il a été rempli par l'ensemble des pays européens. Il ne faut pas relâcher la pression. Et tant qu'on ne sera pas autour de 2% d'inflation, on ne sera pas satisfait.

8:12
Présentateur

Et je précise d'ailleurs qu'il y a eu aussi le témoignage ce matin sur l'AMC Dédit, qui est boulanger dans la Saône-et-Loire, et qui disait que les prix de la production ont baissé au départ sur la matière première. Oui, lui, il fait une économie cette année de 3 000 euros sur le prix du blé, sur le prix de la farine. Mais les prix d'électricité ont augmenté de 15 000 euros pour lui, pour sa seule boulangerie. Donc effectivement, l'équilibrage est difficile.

8:33
Bruno Le Maire

Je dis bien que l'équilibre est à trouver entre le producteur, le consommateur, la PME, l'agriculteur. Donc c'est trop facile de dire qu'au bout du compte, il faut que le prix soit le plus bas possible pour le consommateur. Oui, il faut que les prix soient répercutés à la baisse, c'est mon combat. Mais oui, il faut aussi que les producteurs puissent vivre, que le boulanger puisse vivre, que l'agriculteur qui produit du lait ou qui fait de la viande puisse vivre de son travail. C'est cet équilibre-là qu'il faut trouver et dont je suis le garant.

8:57
Présentateur

Après, il y a deux points que je ne comprends pas du tout. L'un d'abord, c'est pourquoi vous interdisez les super promos sur les produits d'hygiène ?

9:04
Bruno Le Maire

Comment on va ? Vous connaissez ma position. C'est un choix qui a été fait par le Parlement, à l'unanimité.

9:11
Présentateur

Non, mais pas par le Parlement, par votre famille politique,

9:13
Bruno Le Maire

par renaissance. C'est un choix qui a été fait à l'unanimité par le Parlement. Moi, je respecte le Parlement. Ça s'appelle la proposition de loi des crozailles, pour être tout à fait précis, qui limite les promotions, pour être là aussi tout à fait précis, à 34% sur les produits d'hygiène. Si le Parlement veut revenir sur cette décision, ils connaissent l'avis du ministre de l'Économie et des Finances. C'est un avis qui est favorable. Mais le rôle du Misee de l'Économie et des Finances, ce n'est pas d'aller contre le Parlement qui s'est exprimé à l'unanimité sur ce sujet.

9:39
Présentateur

Mais vous espérez donc qu'il retrouve la raison, en quelque sorte, et qu'il remette en cause cette loi des crozailles ? Le Parlement comprendra

9:46
Bruno Le Maire

que sur les produits d'hygiène, ça peut être les d'odorants, ça peut être les shampoings, ça peut être les savons. On sait que les Français

9:50
Présentateur

se prient sur les produits d'hygiène aujourd'hui. Je le sais bien.

9:53
Bruno Le Maire

Mais à nous de convaincre le Parlement, qui, je le rappelle, a voté cette disposition à l'unanimité. Parce que derrière, il peut y avoir des PME aussi de l'hygiène qui vous diront qu'on est une petite PME, on ne s'en sort pas, les coûts de production sont trop élevés. Moi, je rappelle juste que quasiment 80% de ces produits sont réalisés par des multinationales.

10:11
Invité

Voilà, c'est ce que j'allais vous dire.

10:12
Bruno Le Maire

Nous avons intérêt, c'est la position que je défends, mais le ministre doit trouver un équilibre entre sa position qu'il défend et le Parlement qui vote la loi. Le Parlement s'est exprimé.

10:22
Présentateur

S'ils rouvrent cette discussion et s'ils remettent en cause cette loi, ils vous couvront.

10:25
Bruno Le Maire

Ma position, elle est, comme sur quasiment tous les sujets, constante. Sur le carburant ? Je souhaite qu'on puisse avoir les prix les plus bas possibles sur les produits d'hygiène et donc que ce plafonnement à 34% de promotion, on puisse le faire sauter.

10:37
Présentateur

Que vous puissiez le faire sauter. Bruno Le Maire, le carburant, Michel-Edouard Leclerc, encore lui, dit en vendant à prix coûtant, on se souvient évidemment du psychodrame sur la vente à perte, finalement, qu'ils ont tous refusé, qui était demandé par Elisabeth Borne, en vendant à prix coûtant. Ils disent, ouais, mais pendant ce temps-là, Total ne vend pas du tout à prix coûtant. L'essence chez Total, aujourd'hui, elle est 15 centimes de plus le litre que chez Leclerc ou chez Super U.

11:04
Bruno Le Maire

Mais arrêtons de renvoyer tout le monde. Parce que ça,

11:06
Présentateur

c'est le drame français. Total maîtrise toute la chaîne. Pourquoi il ne faut pas plus d'efforts ?

11:11
Bruno Le Maire

Non, mais c'est la querelle permanente. C'est, un tel a fait ceci, un tel a fait cela. Moi, j'ai un rôle de garant de l'équilibre économique, de protection du consommateur. Et ce rôle de garant... Justement,

11:23
Invité

si on pouvait faire baisser de 15 centimes,

11:24
Bruno Le Maire

je regarde ce que font chacun. Les distributeurs, ils ont fait des opérations à prix coûtant, plusieurs milliers d'opérations à prix coûtant. Tant mieux, bravo, c'est ce qu'il faut faire. Et Total, de son côté, fait un plafonnement à 1,99 € qui est garanti. Mais là aussi, je dis bravo. Parce que si demain, le conflit s'étend au Proche-Orient, que le prix du baril explose et que le prix du carburant repasse au-dessus de 2 €, on sera bien content d'avoir un grand industriel producteur français qui s'appelle Total qui a décidé dans toutes ses stations de plafonner le prix du litre de carburant à 1,99 €.

Donc arrêtons ce petit jeu très français qui consiste à renvoyer systématiquement la balle sur l'un ou sur l'autre, à critiquer systématiquement les uns ou les autres. Travaillons dans la même direction. La même direction, c'est protéger l'intérêt du consommateur, c'est se rassembler pour faire baisser les prix, c'est apporter des garanties. Chez les distributeurs, ce sera la vente à prix coûtant. Chez Total, ce sera le plafonnement en 1,99 €. Ce travail ensemble, c'est le plus efficace.

12:22
Présentateur

Vous avez évoqué le conflit au Proche-Orient, ça pourrait avoir un impact sur les prix.

12:26
Bruno Le Maire

On sait bien que tant que le conflit reste un conflit local, aussi dramatique soit-il, l'impact économique est limité. Si demain, le conflit devait devenir un conflit global, nous serions exposés à un troisième choc économique après le choc du Covid et après le choc inflationniste. Et ça a été tellement dur, ces deux chocs, le Covid et le choc inflationniste, que nous devons tout faire pour prévenir un troisième choc économique lié à l'embrasement de la situation au Proche-Orient.

12:53
Présentateur

Et là, pour le coup, c'est la casquette de l'ancien diplomate aussi qui parle, Bruno Le Maire. Un mot sur le label ISR. Alors, ça ne parle pas à grand monde, mais honnêtement, c'est très important, notamment pour les écolos. C'est un label que vous estampillez à Bercy sur les fonds d'investissement dits vertueux. Et jusqu'à présent, on pouvait quand même investir dans l'hydrocarbure et avoir ce label vert. Est-ce que vous allez y mettre fin ?

13:16
Bruno Le Maire

Oui, on va modifier le label ISR. J'ai pris la décision de modifier ce label. Mais ça ne concerne pas que les écolos, ça nous concerne tous. Ça concerne tous ceux qui, comme vous, comme moi, comme ceux qui nous écoutent, sont inquiets du réchauffement climatique et veulent que nous prenons des décisions qui soient fortes, crédibles et simples. Nous avons mis en place en 2016 un label investissement socialement responsable qui garantit à l'épargnant que lorsqu'il confie son argent à un fonds d'investissement, le fonds d'investissement ira investir dans un investissement qui est bon pour la planète, bon pour le climat.

Ça peut être des énergies renouvelables, ça peut être de l'hydrogène vert, ça peut être des batteries électriques. Mais ce label n'était pas suffisamment strict. Donc, il perdait en crédibilité. J'ai pris la décision que ce label ISR ne pourra plus être accordé à un investissement dans un nouveau projet de pétrole, de gaz, de charbon pour garantir que ce label est effectivement écologiquement et socialement responsable. Rien n'est pire que donner le sentiment aux épargnants ou à nos compatriotes qu'on met une estampille verte et en fait derrière il y a des activités brunes. J'ai simplement voulu garantir la crédibilité de ce label.

Désormais, on ne pourra plus financer sous ce label des investissements dans le pétrole, le gaz ou le charbon.

14:27
Présentateur

Bruno Le Maire, les prix de l'assurance, vous aviez demandé aux assureurs de maîtriser ces prix et voilà qu'après déjà des hausses l'année dernière, le patron d'AXA ce matin nous dit que ça va augmenter. Le patron d'AEMA, c'est les assurances massifs, abeilles, Ofi Invest, il dit l'inflation ce ne sera que le plancher pour l'année à venir. Les prix vont exploser dans l'assurance, l'assurance auto, l'assurance habitation, toutes les assurances. Qu'est-ce que vous leur dites ?

14:54
Bruno Le Maire

Je leur dis qu'il faut qu'ils tiennent leurs engagements, que je veillerai que leurs engagements soient respectés. Je prends l'exemple d'AXA. AXA a fait deux engagements qui me paraissent très importants, c'est que les tarifs augmentent moins que leur coûte la réalité des sinistres et la deuxième chose c'est qu'ils fassent des tarifs particuliers pour les moins de 30 ans et pour les personnes qui sont les plus fragiles, qui ont les revenus les plus modestes. Je salue ces engagements d'AXA. Engagement pris, engagement tenu. Sinon, vous me parliez de transparence tout à l'heure, on fera la transparence sur les tarifs.

15:24
Invité

Quand vous dites je vais juste vérifier

15:28
Bruno Le Maire

avec l'ensemble de mes équipes que pour les moins de 30 ans qui souscrivent une prime d'assurance chez AXA, comme AXA dit qu'ils feront des choses qui sont positives pour les moins de 30 ans.

15:37
Présentateur

Mais s'il le reste pour tous les autres, il explose de 8%,

15:41
Bruno Le Maire

de 8%. Il y a quelque chose qui est tout à fait formidable qui s'appelle la concurrence. Vous pouvez aller chez le voisin. Nous montrerons que les engagements ne sont pas tenus s'ils ne le sont pas mais je fais confiance à AXA pour tenir ses engagements et aujourd'hui grâce aux mesures que nous avons prises il est très simple de changer d'assurance. La deuxième chose que je veux souligner qui est un problème beaucoup plus global c'est que de toute façon tous les assureurs sont confrontés à un défi considérable qui est à nouveau ce défi climatique. J'allais y venir

16:08
Présentateur

avec la tempête.

16:09
Bruno Le Maire

Bien sûr, assurer un sinistre qui est possible, ça c'est le rôle des assureurs. Mais lorsqu'il faut assurer des sinistres qui sont certains ou des catastrophes climatiques qui deviennent certaines, forcément, le coût des primes d'assurance explose, ça pose un problème systémique. Regardez les phénomènes de retrait et gonflement argile qui menacent aujourd'hui des millions de maisons. Regardez le problème des traits de côte. Regardez le problème de cette tempête terrible que nous venons de vivre, notamment en Bretagne et dans le nord de la France. Regardez la multiplication des phénomènes d'inondations.

comment est-ce que vous faites pour assurer un pays et ses citoyens face au réchauffement climatique ? J'ai lancé une mission sur ce sujet. Elle rendra ses conclusions à la fin de l'année et début de l'année prochaine pour que nous regardions comment maintenir la soutenabilité financière des assurances face au changement climatique sans que ça fasse exploser les primes d'assurance de nos concitoyens.

17:00
Présentateur

Et précisément sur cette question-là, les tempêtes des derniers jours, est-ce que demain au Conseil des ministres l'état de catastrophe naturelle sera véritablement obtenu ?

17:11
Bruno Le Maire

Pour tous les lieux où il y a eu des inondations, comme l'a dit le président de la République, il peut y avoir le régime de catastrophe naturelle. Est-ce que ce sera décidé demain ? Moi, j'ai rencontré hier tous les assureurs qui sont concernés. Je peux vous dire aujourd'hui qu'il y a eu 120 000 demandes d'indemnisation qui ont été déposées chez les différents assureurs que j'ai rencontrés, soit avec ça, Crédit Agricole, Obama ou d'autres. Donc, on en est à 120 000. Encore sans doute beaucoup de demandes qui n'ont pas été faites tout simplement parce que l'électricité est coupée, parce que le téléphone n'a pas encore été rétabli.

On va avoir des demandes d'indemnisation qui vont se chiffrer en centaines de millions d'euros. On est très loin des milliards d'euros de la tempête de 1999. Donc, pour remettre les choses à leur juste proportion, les assureurs ont pris des engagements d'indemnisation rapide, d'allongement du délai pour déposer sa demande. D'habitude, ces quatre jours, là, ce sera un mois. Tout est fait pour essayer de soutenir les assurés.

18:02
Présentateur

Vous allez décider demain de l'état de catastrophe naturelle ?

18:05
Bruno Le Maire

Toutes ces décisions qui appartiennent au président de la République et à la Première Ministre mais le président de la République était très clair dans son déplacement. Dès lors qu'il y a inondation, catastrophe naturelle, évidemment, on le fera au plus vite et on indemnisera au plus vite.

18:15
Présentateur

Bruno Le Maire, la loi immigration, l'article 3, c'est l'article de la discorde. Il prévoit de régulariser des sans-papiers qui travaillent dans les secteurs sous tension. Votre ancienne famille politique, votera pas la loi immigration. Est-ce que vous les comprenez ? Vous, l'ancien, d'ailleurs.

18:32
Bruno Le Maire

Non, j'espère surtout que sur un sujet aussi majeur, la raison l'emportera. Et je partage totalement l'avis qui a été exprimé par le ministre intérieur Gérald Darmanin. En étant raisonnable et constructif, nous devons facilement pouvoir trouver un accord sur ce projet de loi immigration autour de trois principes qui, pour moi, sont fondamentaux. Un, fermeté totale vis-à-vis de l'immigration illégale. Accélérer les procédures de retour. Accélérer les exécutions des obligations de quitter le territoire français. C'est tout ce qu'il y a dans ce projet de loi. C'est un projet de loi de fermeté que je soutiens car nous avons besoin en matière de contrôle des plus migratoires

19:09
Présentateur

d'immigration,

19:11
Bruno Le Maire

d'un contrôle ferme de l'immigration illégale. La deuxième chose qui est très importante, c'est de dire, voilà, il y a des cas qu'on connaît tous que vous connaissez. Vous, moi, nos téléspectateurs, c'est des personnes qui sont arrivées légalement sur le territoire, qui travaillent dans la restauration, dans le bâtiment, dans l'hôtellerie, qui travaillent bien, respectent nos valeurs, respectent la République, parlent bien le français. Je pense que le plus juste, c'est effectivement de régulariser ces personnes plutôt que de les laisser dans la clandestinité.

Enfin, il y a un troisième point qui est très important, qui est de se dire, bon, est-ce qu'il faut, dans la période actuelle, parce qu'il y a des tensions sur le marché du travail, faire appel à de l'immigration de travail ? Là, je dis que tant que nous ne sommes pas au plein emploi, c'est-à-dire à 5% de taux de chômage, il faut en priorité former, qualifier les jeunes, les personnes qui n'ont pas les bonnes formations pour qu'elles puissent reprendre un travail sur notre territoire plutôt que de faire appel à l'immigration de travail.

20:08
Présentateur

Bruno Le Maire, en tant qu'homme politique, vous êtes inquiet du climat actuel en France ?

20:11
Bruno Le Maire

Oui, je suis inquiet. Je suis inquiet parce que vous avez un conflit qui est un conflit au Proche-Orient, qui n'est pas un conflit en France et qui ne doit pas devenir un conflit en France. Et je voudrais que chacun mesure à quel point c'est une chance d'être français. Nous sommes protégés par la République, par les droits de la République. Nous sommes protégés par notre Constitution, par la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Et en France, on n'est pas juif, musulman ou catholique. On est citoyen français, éventuellement, de confession juive, éventuellement, de confession musulmane, d'aucune confession parce qu'on ne croit pas dans quelque dieu que ce soit.

Je pense qu'il est indispensable, au moment où nous sommes à la croisée des chemins en France, de réaffirmer que nous sommes une nation et pas une somme de communauté, que nous nous définissons comme citoyens avec une part universelle en nous et pas comme des individus ramenés à leur origine, à leur race ou à leur religion. C'est ça qui se joue en ce moment. Quand on dit d'importer le conflit du Proche-Orient, c'est tout simplement céder au communautarisme. Moi, je voudrais qu'on défendre la nation.

21:20
Présentateur

Merci Bruno Le Maire d'être venu répondre à mes questions ce matin. Ministre de l'Économie, 8h53 sur AMC BFM TV.

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