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interviewHugoDécrypte — Actus et interviews (sur Podcast)· 16 juin 2026 13 min

Trump peut nous couper l’IA à tout moment

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Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Rendez-vous compte, les Etats-Unis peuvent couper pour les Français du jour au lendemain l'accès à ChatGPT ou encore à Claude. Alors est-ce l'électrochoc dont le pays avait besoin ? La semaine dernière en effet, les Etats-Unis ont ordonné à l'entreprise d'IA Anthropik, qui est à l'origine de Claude, de suspendre à tout ressortissant étranger l'accès à ces IA les plus puissantes. Mais alors à quel point la France est-elle dépendante des Etats-Unis et que pourrait-il se passer sur ce sujet ? Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien. Et c'est donc le sujet à la lune de ces Actualités du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio sur toutes les plateformes de podcast.

Alors je vous en ai parlé la semaine dernière, vendredi dernier, l'administration de Trump a donc ordonné à Anthropik de bloquer totalement Fable 5 et Mythos 5, qui sont ses deux derniers modèles d'IA les plus avancés. Trump a donc demandé de le bloquer à tout ressortissant étranger, à l'intérieur ou à l'extérieur des Etats-Unis. Le problème c'est qu'Anthropik de son côté déclare ne pas pouvoir vérifier la nationalité des utilisateurs et donc ils ont décidé de désactiver brutalement ces deux modèles les plus puissants pour l'ensemble de ces clients du monde entier, y compris donc les clients états-uniens.

Alors le discours officiel de l'équipe de Trump, c'est que ces modèles, ils seraient suffisamment puissants pour présenter des risques en matière de cyberattaques notamment. Sauf que Anthropik de son côté juge ce risque trop minime pour invoquer donc une telle interdiction. Mais en fait ce qui se joue ici, ça va bien au-delà d'une question de sécurité. C'est d'abord un bras de fer, un bras de fer sur le contrôle des IA les plus avancées. Ici un bras de fer entre l'État, l'État états-unien en l'occurrence, et les entreprises qui développent ces outils.

On en a déjà parlé, Anthropik est par exemple en désaccord avec l'équipe de Trump sur la manière dont les IA les plus avancées peuvent être utilisées, en particulier pour des applications militaires létales. Anthropik s'y oppose alors que Trump souhaite pouvoir l'utiliser. Mais évidemment, et c'est le sujet de nos acclus du jour, c'est pas seulement qu'un bras de fer entre Anthropik et les Etats-Unis, c'est plus largement un bras de fer potentiel entre les Etats-Unis et le reste du monde.

En France, et c'est assez rare pour être souligné, on peut noter que quasiment toute la classe politique, au moins sur le papier, semble être sur le même principe, à savoir l'enjeu à être plus souverain et moins dépendant des Etats-Unis ou encore de la Chine sur l'IA. Et là il faut dire les choses telles qu'elles sont aujourd'hui. La majorité des IA utilisées en France, elles sont bien américaines. Il y a beaucoup d'entreprises françaises qui vont utiliser par exemple ChatGPT, Cloud ou encore Perplexity. Tout ça s'est développé évidemment aux Etats-Unis. À côté de ça, il y a un écosystème français et européen qui tente d'exister.

L'acteur le plus important, c'est évidemment Mistral qui est né en France. Et même si leur adoption, elle est de plus en plus importante chez de nombreuses entreprises, ça reste encore aujourd'hui moins important que ces géants américains. Et on touche là donc à un point absolument majeur. Si les Etats-Unis peuvent désormais imposer des restrictions sur les IA qui proviennent de leur pays, eh bien ça veut dire qu'une partie non négligeable des infrastructures numériques françaises repose désormais sur le bon vouloir des Etats-Unis. Et aujourd'hui plus précisément sur le bon vouloir de Donald Trump. Alors évidemment, c'est pas un rapport de force en soi qui est nouveau.

Et quand on parle de souveraineté, notamment par rapport aux Etats-Unis, on a pu en parler ces dernières années sur la question des GAFAM, donc Google, Microsoft, Apple, etc. On peut parler aussi d'une dépendance sur la dimension militaire. Alors la France n'est pas dans la pire situation, mais à l'échelle européenne typiquement, il y a eu cette question qui s'est posée ces derniers mois sur la question des avions de chasse américains. Mais là en l'occurrence, l'intelligence artificielle semble poser des questions encore plus profondes.

En effet, on parle d'une technologie absolument majeure, que ce soit pour la recherche scientifique, pour la science, pour la santé, pour la finance, en réalité pour quasiment tous les secteurs de l'économie. Évidemment, il y a des débats au quotidien sur son utilisation, on en parle régulièrement sur la chaîne, et pas plus tard d'ailleurs que la semaine dernière. Mais ce qui est sûr, c'est qu'en l'occurrence, son adoption, elle continue à se développer de façon massive.

Le risque, si demain les Etats-Unis décident de couper ses IA, par exemple aux Européens, en cas par exemple de guerre commerciale, ou juste de tensions, c'est un risque évidemment de déstabilisation majeure, d'un point de vue scientifique, d'un point de vue économique. Bref, les perturbations peuvent être nombreuses. Et évidemment, vous le savez, tout ça se déroule dans un contexte où Trump a déjà de nombreuses fois menacé l'Union Européenne de représailles, notamment si l'Union Européenne sanctionnait des entreprises états-uniennes. À l'époque, le sujet portait davantage sur justement ces GAFAM, notamment Google, Apple, Amazon, etc. Alors aujourd'hui, qu'en est-il à l'échelle européenne ?

Déjà, ce qu'il faut noter, est-ce que l'Union Européenne affiche beaucoup l'ambition d'une souveraineté numérique ? Elle dispose aujourd'hui de l'une des réglementations les plus avancées en matière d'intelligence artificielle. C'est donc ici un enjeu d'encadrement des technologies qu'elle ne produit pas elle-même. Mais c'est donc là le point majeur. L'Europe, aujourd'hui, elle est davantage dans une posture de régulation, dans le sens où, eh bien, l'Europe utilise massivement des IA étrangères et elle souhaite donc pouvoir le réguler. Évidemment, donc, l'Europe souhaite porter une IA européenne qui est forte, avec Mistral, évidemment, qui semble en tête.

Mais cet enjeu de souveraineté, c'est un enjeu qui est extrêmement délicat parce que là, on a parlé tout simplement du fait de pouvoir couper comme ça une infrastructure. Mais ça va bien au-delà de ça. Par exemple, Mistral repose aussi, évidemment, sur des composants qui peuvent être américains. Il y a notamment une entreprise américaine, Nvidia, qui est absolument centrale sur ce sujet aujourd'hui. En tout cas, je ne sais pas si c'est un hasard du calendrier ou non, mais on peut noter que le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé ce matin que la France allait investir plus de 655 millions d'euros supplémentaires pour le développement de l'IA d'ici 2030.

L'objectif affiché, c'est notamment de soutenir davantage la recherche, les entreprises innovantes et les filières industrielles qui sont stratégiques et qui sont liées à l'IA. La France a également annoncé que les services de renseignement intérieur français, donc la DGSI, n'utiliseraient plus le géant états-unien Palantir, un géant qui est extrêmement controversé. Là aussi, on en a beaucoup parlé sur la chaîne. On a fait une vidéo dédiée d'ailleurs au sujet de Palantir il y a quelques mois. Alors maintenant, est-ce que tout cela va être suffisant pour combler le retard ? Comment est-ce que de votre côté aussi vous voyez cette question ?

N'hésitez pas à en débattre directement dans les commentaires. En tout cas, de notre côté évidemment, on va continuer à suivre ce sujet de très près comme on le fait ces derniers jours. Je pense d'ailleurs que c'est un sujet qui reviendra à l'occasion de l'élection présidentielle chez les différents candidats. Au passage, pour plus d'informations notamment sur ce sujet, on publie régulièrement sur Instagram. Par exemple ici, on a publié un récapitulatif, une analyse de toutes les annonces qui ont été faites par le gouvernement concernant ce sujet de l'IA. Plus largement, on va faire de plus en plus de postes qui viennent compléter tout ce qu'on fait ici.

Du coup, n'hésitez pas à vous abonner. Le nom du compte, c'est Hugo Descripts. Allez, je vous laisse avec Léa pour le reste de l'actualité importante du jour et je reviens juste après avec la bonne nouvelle du jour. Merci Hugo et bonjour à toutes et à tous. Alors pour commencer, on va faire le point sur le sommet du G7 qui a commencé ce lundi à Evian, en Haute-Savoie. Le G7, on en parlait hier, c'est un groupe de sept puissances économiques mondiales qui se réunissent chaque année pour discuter des grands enjeux internationaux. Les membres sont la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Allemagne, l'Italie et le Japon.

Et ce lundi, Emmanuel Macron a accueilli le président états-unien Donald Trump, saluant l'accord, je cite, essentiel qu'il a annoncé avoir trouvé avec l'Iran ce dimanche. Ce mardi, les chefs des sept puissances du G7 se sont retrouvés pour un déjeuner de travail consacré à la guerre au Moyen-Orient. Avant ça, dans la matinée, Donald Trump a assuré, je cite, que l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire et s'ils l'obtiennent, il y aura, je cite, des conséquences terribles. Sinon, la journée de mardi était consacrée à la guerre en Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky était lui aussi à Evian pour participer aux discussions.

Donald Trump a indiqué, je cite, que la Russie devrait conclure un accord avec l'Ukraine pour mettre fin à la guerre. Le président états-unien s'est également entretenu avec Volodymyr Zelensky dans la journée. De son côté, Volodymyr Zelensky a affirmé qu'il avait proposé de rencontrer Vladimir Poutine lors du G7 mais n'a eu aucune réponse claire de la part de la Russie. On vous tiendra évidemment informés des annonces et des décisions prises pendant ce G7. Deuxième actu, le virus Ebola progresse très rapidement en République démocratique du Congo et la réponse est insuffisante face à la gravité de la situation, alerte l'association Médecins sans frontières.

Si vous n'aviez pas suivi, le 17 mai dernier, une alerte sanitaire internationale a été déclenchée par l'Organisation mondiale de la santé concernant l'épidémie d'Ebola qui sévit dans ce pays d'Afrique centrale. Ebola, c'est un virus potentiellement mortel qui se transmet par contact avec des fluides corporels comme le sang ou la salive. Ses principaux symptômes sont la fièvre, les vomissements, les diarrhées et des saignements. Le problème, c'est qu'il n'existe aucun vaccin ou traitement contre la souche à l'origine de l'épidémie en cours. Pour le moment, 782 cas ont été recensés dont 181 morts selon l'OMS. Mais selon Médecins sans frontières, ces chiffres sont loin de refléter la réalité.

L'association estime, je cite, que personne ne connaît l'ampleur réelle de l'épidémie en RDC. Selon elle, c'est en partie dû à d'importantes lacunes en matière de diagnostic, de surveillance et de suivi des cas contacts. De son côté, l'OMS a déclaré vendredi dernier que l'épidémie continuait de se propager mais que la situation s'améliorait sur l'identification des cas contacts. Par ailleurs, la Croix-Rouge a averti que l'épidémie n'avait pas encore atteint son pic et qu'elle pourrait durer un an. Troisième actu, au moins 2300 personnes ont été tuées depuis janvier à cause des violences des gangs en Haïti, un pays situé dans les Caraïbes.

C'est ce qu'a révélé s'y causé au moins 1100 blessés et 99 enlèvements. En fait, il faut savoir qu'en Haïti, la situation est très compliquée depuis plusieurs années, notamment depuis l'assassinat de l'ancien président Jovenel Moïse en 2021. C'est aussi le pays le plus pauvre d'Amérique et il y a donc d'importants problèmes au niveau des services essentiels comme la santé ou l'éducation. À cela s'ajoutent de fortes inégalités et une pauvreté très présente. Et en plus de tout ça, des groupes armés s'affrontent à travers tout le pays et en particulier dans la capitale Port-au-Prince pour contrôler des territoires.

Ces bandes criminelles terrorisent les populations, pillent des écoles, commettent des meurtres, des viols ainsi que des enlèvements. Le haut-commissaire de l'ONU appelle donc les autorités à agir rapidement pour, je cite, mettre en place des structures judiciaires permettant de lutter contre l'impunité. L'ONU a déjà mis en place plusieurs missions de sécurité. En septembre, elle a créé la force de répression des gangs composée de plus de 5000 soldats et policiers envoyés sur place.

Quatrième actu, un Marseillais de 104 ans a annoncé saisir la Cour européenne des droits de l'homme pour obtenir, je cite, le paiement de ses heures effectuées en Allemagne lors de ses années de travail forcé pendant la Seconde Guerre mondiale. Cet homme, c'est Albert Corriere et il réclame le paiement de ses heures de travail forcé qu'il a effectuées dans une usine chimique en Allemagne entre mars 1943 et mai 1945. Il réclame 43 200 euros. Albert Corriere avait 20 ans lorsqu'il a été envoyé en Allemagne dans le cadre du service de travail obligatoire.

Cette réquisition avait été imposée par le gouvernement de Vichy à la demande de l'Allemagne nazie pour participer à l'effort de guerre allemand. Il était interné dans un camp et devait charger des wagons de charbon. Il a été blessé au bras lors de bombardements alliés. Il a donc déclaré à l'AFP, je cite, « j'estime que la France a une dette envers moi ». Il faut savoir qu'Albert Corriere avait déjà déposé une demande d'indemnisation similaire devant la justice française mais elle avait été rejetée en 2025. Il a donc décidé de saisir la Cour européenne des droits de l'homme qui est le dernier recours disponible en Europe pour défendre ses droits fondamentaux.

Cette Cour va désormais devoir examiner si l'État français a porté atteinte à l'un des droits garantis par la Convention européenne des droits de l'homme et si c'est le cas, elle peut condamner la France à réparer les conséquences de cette violation. Et on termine avec cette actu. Pour la première fois dans le monde, les réseaux sociaux sont plus utilisés pour s'informer que les médias traditionnels comme la radio ou la télé. C'est ce que révèle le rapport annuel de l'Institut Reuters pour l'étude du journalisme publié ce mardi. Ce rapport se base sur des sondages menés en début d'année auprès de 100 000 personnes dans 48 pays.

Cette année, 54% des personnes sondées disent avoir utilisé les réseaux sociaux et les plateformes vidéo pour s'informer dans la semaine juste avant le sondage. Ce chiffre passe à 52% pour la télé, 51% pour les sites de médias et 21% pour la radio. Au niveau mondial, plus d'un jeune de 18 à 24 ans sur deux s'informe principalement via les réseaux sociaux et toutes générations confondues, ça représente 3 personnes sur 10. Globalement, cette étude pointe du doigt a une tendance plus large à l'explosion des formats vidéo, la perte de confiance dans les médias traditionnels et l'influence des créateurs de contenu dédiés à l'info.

A noter que l'intelligence artificielle est aussi de plus en plus utilisée pour s'informer avec 10% des sondés qui l'utilisent toutes les semaines. Merci beaucoup Léa pour ces actualités. Alors on termine avec une bonne nouvelle du jour, je vous le disais. La SNCF met en vente jusqu'à ce jeudi 100 000 billets de TGV Inouï à petit prix pour des voyages entre le 3 et le 31 août. Concrètement, vous pouvez acheter des billets à 19 euros en seconde classe ou à 29 euros en première classe. Ça concerne des destinations comme Montpellier, Nice, Avignon, Aix-en-Provence ou encore Rennes et Nantes avec différents points de départ.

A noter que tu auras aussi des nouvelles offres promotionnelles à partir du 22 juin pour aider les jeunes à voyager pour moins cher. Il y aura notamment des réductions sur la carte Avantage Jeune et sur certains billets WeGo. Donc voilà, ce n'est pas un partenariat où je ne sais quoi mais simplement, je sais que ça peut intéresser certains d'entre vous donc on se permet de vous le partager ici. Ça peut vous aider. Écoutez, je pense que c'est tout pour aujourd'hui. Je le disais, rendez-vous sur Instagram pour plus d'actualités. Vous pouvez aussi écouter ce format directement en podcast. Allez, prenez soin de vous, prenez soin de vos proches et puis on se dit à demain pour une nouvelle vidéo.

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