Philippe Olivier (RN) : "Eric Zemmour est un concurrent, pas un adversaire"
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France Inter, Karine Bécard, Éric Delvaux, le 6-9 du week-end. Bonjour Philippe Olivier, député européen Rassemblement National, soutien de Marine Le Pen pour l'élection présidentielle. L'actualité politique, ce sera cet après-midi le premier meeting de campagne d'Éric Zemmour à Villepinte, en région parisienne, avec peut-être 15 000, 18 000 peut-être participants. Est-ce que vous redoutez au Rassemblement National cette nouvelle démonstration de force d'un candidat rival, concurrent, qui connaît depuis quelques jours comme un palier, comme un trou d'air dans les sondages ?
Non, pas franchement, parce que nous, d'abord nous nous pensons que tous ceux qui ont envie de se présenter à l'élection présidentielle sont légitimes à le faire, Éric Zemmour comme les autres. Oui, sauf que vous partagez parfois les mêmes électeurs. Oui, parfois, nous partageons quelques fois les mêmes constats, nous avons un certain nombre de divergences, et nous entendons les faire valoir dans cette concurrence. Donc si c'est une démonstration de force aujourd'hui, c'est autant d'inquiétude pour vous, j'imagine ?
Non, parce que je pense que les gens feront la différence entre un Éric Zemmour qui nous semble un peu anxiogène, et surtout rester à des constats, et nous qui avons une attitude, je crois, beaucoup plus positive, beaucoup plus construite, beaucoup plus réfléchie, avec un projet qui est évidemment tourné vers l'identité, mais aussi vers la vie quotidienne des gens. Nous nous occupons de la fin de la France et de l'Europe, mais aussi de la fin du mois.
Vous avez des doutes sur sa capacité à rassembler 20 000 personnes ou pas ?
J'en sais rien, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui sont prêts à venir écouter Éric Zemmour, mais c'est pas forcément l'affluence qui fait le poids électoral. Moi je me souviens en 88, avec Jean-Marie Le Pen, on avait réuni énormément de gens au stade Vélodrome de Marseille, et on avait fait 15%. Donc vous voyez, il y a une décorrélation entre les influences de meetings et le vote final.
Mais est-ce qu'au Rassemblement National, vous faites partie de ceux qui pensent que la candidature Zemmour est en train de faire pchit depuis quelques jours, à la faveur de trop d'erreurs de communication, trop d'erreurs stratégiques ?
Oui, je le crois, mais moi je le croyais depuis le début, parce que je sais que la radicalité, et je le sais avec Le Pen, la radicalité a un plafond de verre. Évidemment, les gens ne souhaitent pas une attitude provocante, ils ne souhaitent pas des attitudes clivantes, surtout dans une élection présidentielle où on élit en quelque sorte un monarque républicain, c'est-à-dire quelqu'un qui va s'intéresser aux grands équilibres et qui va rechercher, qui doit rechercher dans l'unité la solution aux problèmes qui se posent.
Mais malgré tout, est-ce qu'il est gênant, ou est-ce qu'il est nécessaire, Éric Zemmour, pour la campagne de Marine Le Pen ?
Ben écoutez...
Ça vous fait sourire ?
Oui, ça me fait sourire, parce qu'effectivement, je pense que la séquence Zemmour peut être positive, parce qu'elle va montrer en creux combien notre projet est construit, combien il est équilibré, et combien la personnalité de Marine est une personnalité extrêmement attachante, et qu'elle correspond finalement exactement aux qualités de la femme d'État.
Mais vous a permis surtout de revenir sur vos thèmes de prédilection, sur l'autorité, sur la sécurité, sur l'immigration. Vous avez lancé votre campagne en septembre sur les libertés chéries. Est-ce que ça avait été une erreur de stratégie ?
Non, pas du tout, ce n'était pas un lancement de campagne, c'était une campagne de rentrée, qui n'était pas une campagne présidentielle. Effectivement, l'entrée en campagne d'Éric Zemmour a précipité un peu les choses, et on voit aujourd'hui, avec aussi la primaire de LR, que évidemment ce mouvement s'accentue. Donc on est rentré en campagne, et sur la thématique, rendre aux Français leur pays, rendre aux Français leur argent, et nous sommes en plein...
Vous n'étiez pas élaré, quoi ? Vous saviez ce que vous vouliez faire ?
Ah non, pas du tout, on intervient sur la liberté au moment du pass sanitaire, au moment où un certain nombre de gens se disent qu'on est dans une société qui est corsetée, et au moment où les gens aspirent, je crois, à avoir de l'autonomie et une liberté de penser.
Est-ce envisageable, comme le dit encore Gilbert Collard, chez vous, que Marine Le Pen et Éric Zemmour se rangent l'un derrière l'autre, en fonction de qui arrivera en tête, dès le premier tour ?
Oui, ça c'est des vœux pieux, parce qu'en politique, il y a des logiques électorales, et je pense que maintenant, à partir du moment où Éric Zemmour est maintenant candidat, est lancé, et nous nous sommes lancés avec un projet qui est très construit, et qui arrive de loin, puisque la stratégie, la ligne politique que incarne Marine, date de 2011, je crois que les deux candidats iront au bout, et ce sont les électeurs qui vont les départager.
Éric Zemmour vous vole une partie de votre électorat, très clairement, si la droite de Valérie Pécresse est suffisamment haute, elle va vous empêcher de vous qualifier pour le second tour ?
Je ne le crois pas, je pense que les gens sont conscients que l'élection présidentielle engage un enjeu de civilisation avec un enjeu idéologique clair, nationaux contre mondialistes. D'un côté, le champion des mondialistes, c'est Macron, de l'autre côté, le champion de la nation, la championne de la nation, c'est Marine. Et donc je crois que ce grand débat aura lieu, et cet arbitrage présidentiel aura lieu avec Marine et Macron.
C'est donc Valérie Pécresse qui va représenter le camp Les Républicains à la prochaine présidentielle, et non pas Éric Ciotti, qui avait tendance à séduire plus qu'elle peut-être une partie de vos propres électeurs. Est-ce que c'est un ouf de soulagement pour vous ?
Non, pas du tout. Écoutez, là encore une fois, quels que soient les candidats, nous on prendra ceux qui arrivent.
Non mais c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle, la désignation de Valérie Pécresse ?
Écoutez, c'est une clarification, c'est-à-dire que Mme Pécresse, elle est assez proche idéologiquement d'Emmanuel Macron, donc on voit finalement que...
Vous croyez vraiment ?
Ah oui, je le crois, oui. Elle aurait pu être ministre d'Emmanuel Macron, d'ailleurs je pense qu'elle...
Elle est libérale comme lui, mais elle est beaucoup plus régalienne, elle est beaucoup plus conservatrice quand même, non ? Elle est beaucoup plus figuriste.
Elle a embrouillé son parcours, elle a signé des tribunes avec Roqueya Diallo, elle donne des subventions aux associations pro-migrants dans sa région, elle a été dans un gouvernement qui a distribué un million de titres de séjour en cinq ans, enfin, ce n'est pas quelqu'un qui est, comme elle le dit, ferme sur ses positions régaliennes.
Donc vous êtes persuadé de récupérer les déçus de LR, les déçus du chiotisme, si ça existe ?
En tout cas, nous leur lançons un appel, parce que là, moi je crois aussi que le clivage national-mondialiste ou souverainiste mondialiste traverse LR, et moi je dis aux souverainistes de LR, venez avec nous pour vaincre Emmanuel Macron.
Philippe Olivier, sur Marine Le Pen en Pologne, elle a achevé hier une visite de deux jours à l'invitation du parti PIS, ce parti nationaliste au pouvoir, elle était invitée avec d'autres nationalistes souverainistes européens pour envisager un groupe d'eurosceptiques au Parlement européen. Est-ce que vous êtes, en tant qu'eurodéputé, certain ce matin, qu'il y aura bien, prochainement, un groupe nationaliste eurosceptique au sein même du Parlement européen ?
Alors déjà, il existe, parce qu'il s'appelle le groupe Identité et Démocratie, dont je fais partie et dont font partie tous les députés du Rassemblement national.
Il y a aussi le groupe conservateur et réformiste.
Exactement, il y a un groupe qui est conservateur et souverainiste qui est ECR à côté, puis on a le FIDES hongrois qui est non inscrit. Il s'agit de fusionner tout cela, est-ce que vous êtes ce matin en capacité de dire « bah oui, ça va se faire ». Écoutez, en tout cas, on y travaille, il y a eu une déclaration...
Vous y travaillez depuis des années ?
Non, depuis quelques... enfin, depuis des années, oui, bien sûr, parce que l'alliance de toutes les formations attachées à la liberté des peuples européens se construit, évidemment, dans la durée. On a signé une grande charte en juillet. Marine a vu Orban il n'y a pas longtemps, elle a vu le Premier ministre polonais, donc elle a l'initiative de cette belle action.
Sauf que les souverainistes et nationalistes européens sont souvent... enfin, ils restent divisés, notamment sur le rôle de la Russie en Europe et ailleurs. Est-ce que ce point de grande divergence peut empêcher... et c'est pour ça que ça ne se fait pas à votre groupe depuis plusieurs années ?
Oui, mais il est en train de se faire, justement, toutes ces protections sont en train d'être levées. Pourquoi ? Parce que, finalement, l'Union européenne a une telle attitude et met tellement en danger l'identité et la souveraineté, l'identité des peuples et la souveraineté des nations, que l'ensemble des partis nationaux se disent « il faut absolument se mettre ensemble pour opposer à l'Union européenne une défense organisée ».
Non, non, non, soyons clairs. La France, et notamment le Rassemblement national, est un parti soutien de Vladimir Poutine, le président russe. On imagine mal, quand même, la Pologne soutenir Vladimir Poutine. Donc, vous avez quand même des divergences flagrantes.
Non, mais on a... D'abord, on peut avoir un certain nombre de points d'accord avec la politique russe. Pour autant, on n'est pas un féodé à la Russie. On a une vision extrêmement libre. En ce qui concerne l'accord ou le désaccord que vous semblez signaler avec la Pologne, je pense que si c'était le cas, Marine n'aurait pas été reçue par le Premier ministre polonais. Et donc, vous voyez que toutes ces objections sont en train d'être levées.
C'était quel, il y a 4 ans, Marine Le Pen n'était pas la bienvenue en Pologne ?
Oui, mais vous voyez bien que ce n'est plus le cas. Parce que l'alliance se construit, évidemment, en discutant. Et en discutant, on lève les éventuelles ambiguïtés.
Mais qu'est-ce qui fait que Marine Le Pen est devenue fréquentable, alors qu'elle a une proximité de pensée avec Vladimir Poutine, fréquentable en Pologne ?
Qu'est-ce qui a changé ? Non, non, mais rien n'a changé. Simplement, d'abord, la menace de l'Union Européenne est là. Et ensuite, en parlant, on lève un certain nombre d'ambiguïtés. Et donc, elles sont en passe d'être levées. Et nous allons, moi je n'en doute pas, aller vers le grand groupe.
Alors, en allant à Varsovie, Marine Le Pen a 4 mois d'élection présidentielle. Et en s'affichant à côté du Premier ministre polonais, on l'a dit, Kaczynski. Il y avait également le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, pendant ces deux jours, vendredi et samedi. Est-ce que ça soigne vraiment, en s'affichant avec ces gens-là, sa stature internationale ? Puisque c'était aussi l'enjeu, ce déplacement.
Moi, je le pense. La capacité à parler à toutes les nations, à parler à tous les dirigeants, la capacité à fédérer 14 formations politiques sur la scène européenne, ça montre la stature de femme d'État de Marine.
Mais est-ce qu'on soigne une stature internationale en s'affichant avec des dirigeants politiques qui sont contestés et minoritaires au sein de l'Union Européenne ?
Ils ne sont pas minoritaires dans leur pays. Orban est élu au premier tour. Nous, nous croyons dans la souveraineté des États. Et si vous voulez, le jugement des fonctionnaires de Bruxelles, on s'en fiche un peu.
Le 1er janvier, justement, ce sera pour la France le moment de prendre la présidence de l'Union Européenne pour 6 mois. Qu'est-ce que vous attendez de cette présidence française ?
Absolument rien. Ou alors le pire. Parce qu'on ne voit pas pourquoi M. Macron, qui a échoué sur toute la ligne en matière internationale, réussirait en matière européenne. Il avait fait le grand discours de la Sorbonne. Il n'en est rien sorti depuis 4 ans. En revanche, il peut accélérer un certain nombre de dossiers parfaitement nuisibles pour nos pays, comme le pacte d'immigration. Le pacte d'immigration, qui est en fait l'homogénisation des législations européennes en matière d'immigration. Et nous, nous avons calculé que ça reviendrait à autoriser la venue de 70 millions de migrants en Europe. Donc c'est vous dire si nous nous sommes...
70 millions ? Mais d'où vous sentez ce chiffre ?
Bah écoutez, je vous ferai la démonstration technique. Bah n'hésitez pas. Bah écoutez, voilà. Les enquêtes Gallup de 2016 indiquent qu'environ 230 millions de personnes ont envie de venir en Europe. Et sur ces 230 millions, si on enlève les volontés de migration inter-européenne, on arrive à 70 millions de migrants. 70 millions de migrants en 2016, alors même qu'il n'y avait pas à l'époque cet appel de Mme Johansson à venir en Europe. Et des facilités que l'Union Européenne va organiser avec notamment un pont maritime ou des nouvelles filières d'immigration.
Donc nous sommes extrêmement inquiets sur cette perspective du pacte d'immigration dont il est prévu d'adopter après la présidentielle française.
Un mot sur ce thème des migrants à l'actualité avec le pape qui s'est inquiété hier du rôle de l'Europe dans cette crise migratoire. Il dénonce des égoïsmes, les nationalismes, les replis identitaires, le manque d'accueil en gros des migrants en Europe. Que vous inspire cette parole papale ?
Je pense que le pape devrait s'occuper de l'état de son église.
Mais c'est un dirigeant, c'est un chef d'état ?
Non mais moi je crois à la séparation de l'église et de l'état moi. Donc je pense que nous avons des positions politiques et lui il a des positions qui doivent concerner l'au-delà, la vie spirituelle mais pas la politique. Et je suis pour la séparation de l'église et de l'état.
Un mot sur le Covid, un nouveau conseil sanitaire demain lundi pour faire face à la nouvelle flambée de l'épidémie. Est-ce qu'il y a de nouvelles mesures à prendre ? Si Marine Le Pen était la présidente de la République, qu'est-ce qu'elle ferait aujourd'hui ?
Je crois que l'une des erreurs du pouvoir aujourd'hui, c'est d'avoir, comme dans sa boîte à outils, qu'un seul outil. C'est la stratégie vaccinale. Alors même qu'il existe un certain nombre d'autres outils, que peuvent être par exemple les traitements, que peuvent être la vision des eaux usées, pour voir un peu les clusters, etc. Donc les épurateurs d'air dans les écoles, toutes ces pistes ne sont pas étudiées par le gouvernement, qui est en quelque sorte un peu monomaniaque, avec une vision uniquement vaccinale.
Mais là, aujourd'hui, on a 50 000, voire même 52 000 nouveaux cas chaque jour, qu'est-ce qu'on fait ? Parce que là, c'est plus seulement la question de savoir quels sont les outils sur lesquels on s'affiche.
Et on ne dit pas, on ne raconte pas aux gens, faites-vous vacciner deux doses et vous verrez, tout sera réglé, puisque maintenant on est à la troisième dose, et dans six mois on sera à la quatrième dose. Donc on voit bien que la stratégie vaccinale a évidemment quelques effets, mais elle ne suffit pas. Et moi, j'observe que le pouvoir ne parle pas du tout des autres outils qui sont à notre disposition.
Mais le taux d'incidence s'envole en ce moment, par exemple, dans les écoles. Prenons un cas très précis, les écoles primaires notamment. On fait quoi ? On fait comme en Belgique, on décide de les fermer une semaine avant les vacances d'honneur ?
On met des purificateurs d'air, on essaye de faire en sorte qu'il y ait un contrôle des eaux usées, pour voir s'il y a des clusters dans les écoles. Et dès qu'il y a une alerte par les eaux usées, qui permettent de voir la situation quelques jours avant, et quelques mois, quelques fois, quelques semaines avant, et bien on intervient, on intervient au coup par coup. Là on a une vision, si vous voulez, qui est une vision qui est beaucoup trop globale, avec un filet qui a des mailles trop larges.
Une question à l'eurodéputé, Philippe Olivier, que vous êtes eurodéputé Rassemblement National, est-ce qu'il faut moins de financement de la France vers l'Union Européenne, et pourquoi ?
Alors pour l'instant, nous sommes contributeurs nets, ça veut dire que nous contribuons énormément à l'Union Européenne. Si vous voulez, il y a eu deux phénomènes. Nous sommes la deuxième plus grosse contribution derrière l'Allemagne. Exactement. Il y a eu deux phénomènes. Il y a eu la mondialisation qui a permis de passer, que les pays riches donnent de l'argent aux pays pauvres et se ruinent. Et puis il y a eu l'européisme qui a fait que les pays riches d'Europe ont contribué pour les pays pauvres d'Europe. Et nous nous arrivons à un moment où nous sommes très appauvris. Et il faut se demander quelle est la finalité de tout ça.
Moi je crois qu'il faut défendre l'intérêt national, et notre intérêt c'est d'avoir une contribution qui soit équilibrée.
Mais l'intérêt national c'est aussi pour l'Europe d'aller financer justement les agriculteurs, qui sont aussi parfois vos électeurs, les agriculteurs français qui reçoivent la plus grosse contribution de tous les pays européens.
C'est notre argent. C'est notre argent, si vous voulez. Lorsque l'on contribue à 80 milliards pour plan de relance et qu'on n'en récupère que 40, il y a un trou. Et bien moi je préfère que l'on récupère les 80 milliards, qu'on puisse nous-mêmes flécher l'utilisation de cet argent, et qu'on utilise nos 80 milliards pour nous-mêmes.
La France finance 25 milliards vers l'Europe, mais elle en reçoit aussi. Elle reçoit 16 milliards chaque année, finalement le solde c'est autour de 9 milliards d'euros.
C'est énorme, c'est considérable 9 milliards d'euros. Mais ça s'appelle la solidarité européenne. Oui mais moi je suis pour l'intérêt national, si vous voulez. Et surtout quand l'Union Européenne utilise notre argent pour faire n'importe quoi.
Un peu de diplomatie pour finir. Emmanuel Macron a accepté de rencontrer hier Mohamed Ben Salman, pardonnez-moi, MBS, le prince héritier d'Arabie Saoudite. Là encore Marine Le Pen, présidente, elle accepte, elle aussi, de lui serrer la main ou pas ? Et pourquoi ?
Nous nous pensons que nous parlons à tout le monde, la France doit parler à tout le monde, y compris avec des gens que l'on n'apprécie pas forcément. Parce que le rôle de la France est un rôle de régulation mondiale, et se draper dans des postures morales qui n'aboutissent à rien, alors même que le dialogue peut faire évoluer les choses positivement.
Donc vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron, il avait raison de le faire ?
Je pense que oui, il est du rôle du chef de l'État de parler à toutes les forces en présence. Vous savez, moi je suis dans le réel. Le réel, ce sont des gens qui existent, qui sont quelquefois très critiquables. Et bien pour autant, je pense qu'il faut quand même leur parler.
Et on parle absolument à tout le monde ? Il y a des gens quand même qui sont sur une liste noire ?
Écoutez, je ne sais pas à qui vous faites allusion. Il y a peut-être des gens qui peuvent par leur comportement absolument inadmissible se mettre sur la liste noire. Mais normalement, il y a beaucoup d'États qui ont des dirigeants un peu critiquables, et avec lesquels pour autant, il faut discuter.
Toute petite question pour finir, vous avez vos 500 parrainages déjà ou pas ? Vous vous êtes tout prêt à les avoir ?
On y travaille, nous avons 300 parrainages, j'allais dire pratiquement automatiques, puisque nous avons 300 élus signataires. C'est dur ? Oui, c'est dur, parce que d'abord il y a des pressions sur les maires, notamment avec les communautés de communes. Et puis...
Vous n'avez pas suffisamment travaillé les élections intermédiaires ?
Non, non, ce n'est pas ça, c'est qu'il y a des pressions sur les maires. C'est-à-dire que les maires sont enjoints de ne pas donner leur signature. Enfin, il y a des pressions pour tous les candidats. Éric Zimour dit la même chose. Oui, mais pour tous les candidats. Mais est-ce que c'est normal que les candidats d'opposition perdent une énergie folle à... Il faudrait peut-être revoir la transparence peut-être des maires qui sont obligés de rendre compte après à leurs électeurs. Il faudrait établir l'anonymat des signatures.
Merci Philippe Olivier. Je rappelle que vous êtes eurodéputé Rassemblement National. Merci d'être venu parler ce matin sur France Inter. Il est 9h-20.
Philippe Olivier