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interviewLCI — L'événement du dimanche· 19 mai 2024 53 min

L'Événement du dimanche LCI du 19 mai : Marie Toussaint

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

Le seul, il n'est pas le seul, mais écoutez, le dossier de la Nouvelle-Calédonie a toujours été entre les mains de Matignon. Le fait de le placer entre les mains de M. Darmanin était un camouflet en soi. M. Darmanin n'est pas la bonne personne pour mener ses négociations, le dossier doit revenir entre les mains de Matignon.

La deuxième des choses, c'est qu'il faut retirer cette loi, il faut retirer ce texte, le temps de mettre en place le cadre d'un dialogue, d'un dialogue politique global qui s'occupe des questions économiques, des questions sociales, des questions culturelles, et de la question du nickel aussi, qui est là au milieu, et qui permet de revenir à un débat, à une construction républicaine. Sur la région, la méthode, Nicolas.

0:36
Marie Toussaint

Le temps de retirer le texte, ça veut dire quoi pour vous ? Ça veut dire au fond le temps qu'il faudra, c'est-à-dire à la limite des mois de discussion. On avait vu lors des accords de Matignon en 88, qu'il en avait fallu du temps et des conditions spécifiques pour y parvenir à un accord. Cette fois-ci, vous dites, suspendons tout ce qui est prévu, parce que le président, il s'est quand même engagé à ce que le texte de la modification du corps électoral vienne devant le Congrès, au mois de juin. Alors, vous dites quoi ?

1:02
Invité

Je dis qu'il faut... Vous avez cité les accords de Nouméa et de Matignon. Il faut revenir à cet esprit de dialogue, quitte à ce que ça prenne du temps. Oui, je le dis, et je l'assume pendant les trois dernières années, la méthode du gouvernement a été mauvaise. En fait, on a donné quoi ? On a donné le sentiment d'un État qui avait pris parti. Or, l'État français, et la France est suffisamment forte pour l'être, doit être impartial dans la gestion de la discussion, du dialogue en Nouvelle-Calédonie. Et en quoi l'État n'a pas été impartial, selon vous ? Est-ce que la nomination, par exemple, de Sonia Bacquès a pu semer le trouble chez certains sur place ?

Qui dirige et qui a été membre du gouvernement également ? Est-ce que ça a pu participer, peut-être, à ce trouble-là, selon vous ? Écoutez, moi, je parle dans le cadre général. Si on en revient, justement, à ces accords de Nouméa et de Matignon, qui prévoyaient trois référendums. Le troisième référendum, souvenez-vous dans quelles conditions il s'est tenu. Il s'est tenu en période Covid, en période de deuil canaque, avec une demande des canaques de reporter ce vote pour qu'il fonctionne, que tout le monde puisse y participer. Cela n'a pas été le cas. Cela n'a pas été le cas et ça a créé des conditions de tension. Puis, il y a eu cette mise du dossier entre les mains de M.

Darmanin, je vous le redis, qui était un camouflet en soi. Et puis, aujourd'hui, ce vote du dégel du corps électoral, qui intervient dans quelles circonstances ? Dans des circonstances qu'on n'avait jamais vues dans les 40 dernières années. C'est-à-dire que le dialogue sur place n'était pas terminé, que déjà, ça passait à l'Assemblée nationale. Donc, c'est ça qu'il faut changer. On a absolument besoin que ça change rapidement, que le président de la République change de méthode, qu'on en revienne à l'esprit des accords de Nouméa et de Matignon. Et j'ai eu l'occasion de dire, à l'époque de Michel Rocard, il y avait un homme qui avait joué un rôle particulièrement fort. C'était Edgar Pisani.

Eh bien, on a besoin, aujourd'hui, pour mener cette médiation, d'une personnalité républicaine, incontestable et incontournable. Vous pensez à quelqu'un en particulier ? Alors, l'union de Lionel Jospin a été citée. Ça peut être quelqu'un d'autre. Mais, en tout cas, Lionel Jospin peut être une bonne idée. Mais on a besoin de remettre sur la table les conditions de ce dialogue constructif. Et qui prendra, effectivement, peut-être du temps. C'est vrai que, dans cette situation, c'est vrai que le caractère des hommes joue un rôle important. Il y a les idées, mais aussi ceux qui les portaient.

Vous citez Pisani, il y avait Chris Nart, Alain Boer, Jean-François Merle, et quelques autres, qui constituaient, Christian Blanc, le préfet, qui constituaient une espèce de garde rapprochée. Bon, ça, c'est à charge et à décharge. Il y a deux légitimités dans cette affaire-là. Il y a une légitimité qui est celle des canades qui disent, en substance, la coutume, on est là depuis 3 000 ans. Et puis, vous avez une autre légitimité qui dit, il y a eu 3 référendums. Vous avez raison, le dernier, comment dire, prête à commentaire, à minima, à polémique. Mais il y en a eu deux, avant. Deux référendums pour dire, oui, nous voulons rester attachés à la République.

Vous choisissez quelle option, vous ? Vous êtes plutôt du côté de la coutume ou de la légitimité démocratique ? Je vous l'ai dit, je suis du côté du dialogue. Et je pense que... Là, il faut, à un moment, vous faites du en même temps. Je ne fais pas du en même temps. Ah, quand même ! Non, vous savez, je suis métropolitaine et je considère, c'est ma position, et c'est une position politique forte. Je considère que ce n'est pas à moi de décider à la place des habitantes et des habitants de Nouvelle-Calédonie de ce qu'ils veulent.

Et moi, je crois, et j'ai peut-être la faiblesse de croire, que la France est un État suffisamment fort pour faire en sorte que ça se termine par le haut et non pas dans un bain de sang. Et quelqu'un qui serait né il y a 25 ans, comme vous, avec la même carte d'identité... Je suis un peu plus vieille que 25 ans, mais je vous remercie. Mais, voilà, qui serait né il y a 25 ans, avec la même carte d'identité que vous, à Nouméa, ne peut pas voter. Vous trouvez ça normal ? Écoutez, je pense qu'en l'État, il ne faut pas changer, il ne faut pas dégeler le corps électoral. Mais pourquoi je dis ça ? Je ne dis pas jamais. Je ne dis évidemment pas jamais.

Je dis, nous avons besoin de créer les conditions d'un dialogue global. Je le répète, sur le dégel du corps électoral, sur les conditions économiques et sociales, la précarité très forte, en Nouvelle-Calédonie, en particulier dans le peuple canaque, la question du nickel, de la répartition des gains du nickel, de la façon dont on extrait ce nickel, c'est tout ça qu'il faut remettre sur la table. Et c'est ça que le gouvernement a oublié en voulant passer de force et de toute urgence, quelque part, ce dégel du corps électoral. Sur la méthode et les propos, Nicolas, oui.

5:18
Marie Toussaint

Oui, juste un point de précision. Vous évoquiez tout à l'heure une personnalité d'ampleur, de dimension importante pouvant servir de médiateur. Jospin, 86 ans, Lionel Jospin, quand même. Vous écartez Édouard Philippe, ancien Premier ministre, qui était encore en Nouvelle-Calédonie il y a quelques semaines et qui a un bon contact quand même. Ce serait une occasion pour lui, au fond, et pour la France, pourquoi pas, et pour la Nouvelle-Calédonie ? Je ne l'écarte pas.

5:41
Invité

Ce que je constate, c'est que les propos que je tiens aujourd'hui, ce sont des propos relativement proches de ceux tenus par trois premiers ministres, M. Philippe, M. Hérault, M. Valls, qui ont alerté sur la mauvaise gestion de ce dossier par le gouvernement et par M. Macron. Donc pourquoi pas ? J'ai envie de vous dire pourquoi pas. Ce que je demande, c'est une personnalité républicaine incontestable. Vous souhaitez qu'on reste dans cette région ? La question est très directe. D'abord, un, est-ce que pour vous c'est une situation coloniale ? Premier point. Deuxième point, on voit bien que le monde est plutôt hindou-pacifique.

Bon, il y a la Réunion, d'un côté, dans l'océan Indien, la Nouvelle-Calédonie, dans l'océan Pacifique. On sait que les Chinois ne sont pas très loin. Il y a des contacts entre le FLNKS et la Chine, notamment. Enfin, à quel prix doit-on rester dans cette région, pour vous ? Mais écoutez, alors, d'abord... Est-ce qu'on doit y rester, d'abord ? Premier point. La question revient aux mains du peuple néo-calédonien. Je vais répondre à votre question. Si les mots ont un sens, eh bien, oui, la France a colonisé la Nouvelle-Calédonie. Ça a été une colonie.

C'est pour ça que je dis qu'aujourd'hui, la France est suffisamment forte, est un État suffisamment fort pour savoir en sortir par le haut, plutôt que dans un bain de sang, nous devons nous mettre en capacité de répondre à cette question de façon, là encore, républicaine. Est-ce que, du coup, nous devons être dans la région ? Ça peut se traduire de beaucoup de manières différentes. Sur la question de la Nouvelle-Calédonie, est-ce que la Nouvelle-Calédonie doit rester française ? J'en reviens aux accords de Nouméa et de Matignon. C'est à la population néo-calédonienne de le décider. C'est prononcé.

Est-ce qu'on doit être vigilant à la présence de la Chine, à l'impérialisme du régime chinois dans la région ? C'est une évidence absolue. Et en ça, notre présence en Nouvelle-Calédonie est indispensable. C'est là aussi votre position, une garantie, en tout cas. Mais, pas nécessairement, mais moi, je ne veux pas vous redire ce que je vous ai déjà dit. C'est au néo-calédonien de le décider. Pour éviter une répétition, vous seriez favorable à un statut d'une forme d'autonomie très avancée ? On ne parlerait plus d'indépendance ? Je suis favorable à ce que... On va encore plus loin que l'article 73 de la Constitution ?

Je suis absolument favorable à ce que cette question du statut fasse partie des discussions. Et vous savez, on est en train de changer le statut de la Corse. Je leur souhaite, d'ailleurs, aux Corses que cette discussion aille au bout. Donc, ce n'est pas impossible. On doit pouvoir encore faire évoluer notre Constitution et trouver les statuts qui correspondent aux situations et aux aspirations des personnes qui habitent sur les territoires. Et à associer, aller jusque-là, par exemple ? Mais tout doit pouvoir être sur la table. D'accord. Marie Toussaint, abordons à présent une situation qui inquiète.

Le Premier ministre Gabriel Attal s'est exprimé sur le sujet en évoquant une hausse de 300% des actes antisémites en France, notamment depuis le 7 octobre. Des actes qui ont donc explosé, avec l'incendie d'une synagogue à Rouen cette semaine, le mur des Justes à Paris tagué. On apprend ce matin qu'à Marseille, la promenade consacrée à Pierre Mendès France a aussi été taguée. Comment vous voyez cette explosion des actes antisémites ? La parole politique, les condamnations ne semblent clairement plus suffire. Ça, c'est une réalité aussi. Oui, et c'est terrible. Et c'est terrible.

Et c'est vrai qu'on est dans une situation dans laquelle, aujourd'hui, les Juifs et les Juifs de France se sentent isolés, se sentent très seuls. Ils se demandent qui va les défendre, justement, quand on a cette explosion d'actes antisémites. D'ailleurs, de plus en plus manifeste et violent, ils se demandent qui va défendre leur sécurité, parfois, qui va défendre leur liberté de culte. Et donc, je veux leur dire que je suis à leur côté, qu'ils ne sont pas seuls que les écologistes, mais que, je pense, tous les républicaines et les républicains doivent être à leur côté aujourd'hui. Nous ne devons accepter aucun acte d'antisémitisme. Mais ça ne semble pas suffire.

Il y a effectivement les paroles, il y a les actes, ça ne semble pas suffire. Bien sûr. C'est un déferlement. Il faut continuer, il faut être d'une vigilance extrême sur ces actes d'antisémitisme. Il faut les condamner à chaque fois, à chaque fois. Et puis, il faut travailler, vous savez, il y a eu des demandes de parents, d'associations, etc., pour dire, en fait, à l'école, par exemple, on enseigne l'antisémitisme en enseignant la Shoah ou des actes d'antisémitisme qui se sont passés dans le passé. Et puis, on oublie d'enseigner, de sensibiliser aux formes que peut revêtir l'antisémitisme aujourd'hui.

Je pense qu'on a encore beaucoup de travail et que ce travail est absolument indispensable à mener. Nicolas ?

10:11
Marie Toussaint

Oui, alors, vous dites qu'il faut être vigilant, mais les partis de gauche avaient traditionnellement une responsabilité importante, de faire barrage d'une responsabilité politique essentielle, même. Il semble que ce ne soit plus le cas, en tout cas, des Insoumis, qui ont pris des positions après le pogrom du 7 octobre, visant, au fond, sinon, à banaliser, du moins, les actes commis, en tout cas, à les tolérer, au fond, même, pour certains d'entre eux, à considérer le Hamas comme un mouvement de résistance.

Et plus récemment, on voit aussi que la numéro 7, Rima Hassan de La Liste, publie des tweets comme celle où on voit le drapeau de la Palestine, avec ses commentaires, il était là avant vous, il sera là après vous, ce qui est une façon de, pour le moins ambigu, mais interprétée par nombre d'internautes comme les Juifs dehors. C'est aussi simple que ça. Donc, qu'est-ce que vous pensez de cette attitude ? Est-ce qu'il n'y a pas, au minimum, un manque de responsabilité politique des Insoumis ?

11:05
Invité

Écoutez, moi, je veux le redire, parce que j'ai déjà eu l'occasion de le dire, mais on ne badine pas avec l'antisémitisme. Et il faut avoir une vigilance et une clarté permanente sur ce sujet-là. Et c'est important, du fait, notamment, de la recrudescence de ces actes d'antisémitisme et du sentiment de mal-être qu'ont un certain nombre de Juifs et de Juifs de France. Maintenant, moi, ce que j'ai reproché à la France Insoumise, si j'ai quelque chose à leur reprocher, c'est de jeter de l'huile sur le feu.

Et en particulier, à Jean-Luc Mélenchon, de sombrer trop souvent dans cette facilité qui consiste à ajouter de l'invective à l'avective, du chaos au chaos, ce qui ne permet pas le débat serein et posé dont on a pourtant besoin sur ce sujet-là, comme d'ailleurs sur d'autres. Mais vous diriez que la France Insoumise, aujourd'hui, est antisémite, comme certains commentateurs, philosophes le disent et l'affirment ? Non, je ne le dirai pas. Je ne le dirai pas, mais je dis. Par contre, que brutaliser en permanence le débat public n'est pas la solution quand on est dans un tel moment de tension au sein de la société, ces tensions qu'on voit s'exprimer en permanence.

Et donc, je regrette cette brutalisation de la vie politique et en particulier, la façon dont Jean-Luc Mélenchon mène les sujets. On peut se souvenir de la façon dont il a comparé un président de l'université de Lille au grand temps donateur de la solution finale. Je pense que ça, ce n'est pas ce qu'il nous faut faire et notamment pas à gauche. Il ne s'agit pas de notre responsabilité, en particulier de Républicains. Et il faut absolument éviter ce genre de comparaison, ce genre de tournure et encore une fois, d'ajouter du chaos au chaos. qui fait que vous ne pourriez pas retravailler aujourd'hui en l'état avec la France insoumise ?

Écoutez, on est à gauche dans une forme de partenariat, de coopération. Moi, ce à quoi j'appelle, effectivement, c'est à la France insoumise et encore une fois, à M. Mélenchon en particulier, de cesser cette brutalisation et de cesser cette division à gauche qu'il est en train de créer avec ces méthodes et ce type de propos. les qualités de M. Mélenchon sont bien mieux utilisées quand elles sont utilisées pour réunir la gauche que pour la diviser.

13:09
Marie Toussaint

Nicolas ? Quand on voit le déferlement de propos haineux sur Internet, je vais au-delà des insoumis, on se dit, comme d'ailleurs le président du CRIF, Jonathan Arfi, on se dit qu'on n'a plus les moyens pour y faire face, les moyens juridiques, les moyens législatifs, réglementaires. Vous n'avez pas de suggestion à faire là-dessus pour essayer de contrer, de faire barrage.

13:31
Invité

Si j'avais une baguette magique, ça se saurait. Mais vous parlez de déferlement de haine sur les réseaux sociaux et je vous l'accorde, personnellement sur mes réseaux sociaux aussi, je fais l'objet de descentes, notamment de néofascistes, pour le dire très clairement, qui viennent souvent avec des comptes anonymes, jeter des vérités, parfois scientifiques, en pâture, insulter, commenter, une fois sur le physique, une fois sur les propos qui sont tenus, nous insultant de bêtes, etc. Ce harcèlement en ligne, on le voit depuis longtemps et pourtant, il ne cesse de proliférer. Et donc, on doit prendre les mesures suffisantes pour lutter contre ce harcèlement en ligne.

Et je veux insister sur l'importance de cette lutte contre le harcèlement en ligne et les violences en ligne parce qu'il y a une forme de continuité entre ce qui se passe en ligne et ce que finalement, on retrouve sur le terrain. Et là, ce n'est pas les questions que vous me posez là, mais on a vu aussi les violences dans les écoles ces derniers temps. c'est absolument désespérant, désastreux. Nos enfants doivent pouvoir aller à l'école et que l'école soit sanctuarisée, qu'ils n'y risquent pas leur vie ou leur santé. Que l'anonymisation permet tout finalement. En tout cas, certains peuvent le penser. On a besoin d'agir d'autant plus résolument sur les réseaux sociaux.

À la juriste que vous êtes, cette proposition peut-être, Pascal ? Oui. Alors, ce matin, Xavier Bertrand dit d'un raisonnement l'antisionisme accueille souvent l'antisémitisme. C'est son faux nez. Et donc, il faut interdire aujourd'hui l'antisionisme, le poursuivre. Qu'en pensez-vous ? Je ne sais pas exactement ce que Xavier Bertrand veut dire, mais si je comprends bien ce qu'il sous-entend, il dirait qu'on ne peut pas défendre une solution à deux États. Je vais au bout. Je caricature. Je vais au bout. C'est la question. Défendre une solution à deux États et donc demander la reconnaissance de l'État palestinien, par exemple, serait nourrir l'antisémitisme en France. C'est faux.

Et je pense qu'il faut éviter de telles confusions. On a une situation en France où on a des Juifs et des Juifs de France, je le redis, qui disent, selon les chiffres, avec raison, qu'ils ont peur et qu'ils se sentent mal à l'aise. Et on a, de l'autre côté, un conflit qu'il ne faut surtout pas importer ici. C'est ça, Madame Tuchin. Évidemment. Et c'est malheureux. Il ne faut pas le faire. Et donc, les propos de M. Bertrand, je les condamne et sa proposition, je dis non. On doit pouvoir défendre une paix juste et durable entre Israël et la Palestine sans être accusé d'antisémitisme ici en France.

Marie Toussaint, parce qu'il faut qu'on avance et on va parler notamment de la situation internationale. Votre proposition est la création d'une armée européenne. Mais avant d'en venir à cela, des propos qui nous ont un peu interpellés dans ce cadre-là d'un contexte, on peut dire, d'hyper-violence, notamment de la jeunesse. Gabriel Attal a reçu tous les chefs de parti pour faire des annonces sur l'autorité notamment. Vous avez dit qu'on est dans une société dans laquelle il y a un trop-plein de violence, à vous le constater. C'est pour cela que je propose un horizon de douceur face à cette violence. Des mots qui ont suscité parfois raillerie, parfois moquerie.

Est-ce que c'est comme cela que vous comptez résoudre cette question-là ? La douceur, oui, mais est-ce que c'est suffisant ? Bien sûr, je prône un horizon de douceur. Je prône un horizon de douceur parce que je veux que la vie soit plus juste, soit plus douce pour des millions de nos concitoyennes et de nos concitoyens. Vous parlez de violence. La violence, elle est multiple. C'est la violence dont on voulait en parler sur les réseaux sociaux, les actes d'antisémitisme, les actes de haine, les violences contre les personnes LGBT ont elles aussi augmenté et c'est absolument malheureux. Donc oui, je veux un horizon de douceur pour toutes ces personnes-là.

Je veux aussi un horizon de douceur pour toutes les personnes qui souffrent d'une extrême précarité. On a vu les fils devant les banques alimentaires s'allonger et sans que rien ne vieille vraiment structurellement y répondre. On voit ces familles qui ont de plus en plus de mal à boucler leur fin de mois, des enfants qui sont en grande difficulté. Et donc oui, je pense que plutôt, là aussi, que de rajouter de la violence à la violence, de la stigmatisation à la stigmatisation, comme le fait M.

Attal en matraquant les chômeurs, les familles et les personnes les plus modestes, eh bien, il faut offrir un autre horizon et cet horizon, ce n'est pas de la faiblesse comme certains ont pu le penser, c'est au contraire un combat. La douceur, c'est ce qui résiste quand tout le reste sombre dans le chaos ? Venons-en en effet à la situation internationale. Moi, je vais vous parler de l'alliance des méchants. Et c'est plutôt la dureté, là. Regardez la scène internationale.

Aux Etats-Unis, un climat de tension au moment des élections, avant les élections, mais surtout, Poutine existe, rencontre cette semaine, passe des accords commerciaux, vraisemblablement militaires, secrets, avec la Corée du Nord, l'Iran. Est-ce que malgré... Ça corde aussi pour récupérer le gaz et le pétrole qui se loge sous les glaces des pôles qui sont en train de fondre ? Alors, ça, c'est une information tout à fait récente. On découvre en effet des gisements. Il y a des régions qui sont protégées, qui doivent le rester d'ailleurs, parce que c'est l'équilibre climatique qui est en jeu. Mais ça, ils s'en moquent. Donc, si vous voulez, ils sont à l'inverse de la douceur.

Est-ce que malgré tout, le pacifisme, vous êtes les enfants naturels du pacifisme, les écologistes, est-ce que ce n'est pas d'une certaine façon un ticket donné au plus fort puisque vous aimez les mots comme douceur au plus dur ? Eh bien non, absolument pas. Et je viens de dire que la douceur, c'était ce qui résiste quand tout le reste sombre dans le chaos, que c'est une force et une puissance. Être pacifiste, rechercher la paix, ce n'est pas seulement rechercher la paix contre la guerre, la paix contre l'oppression des minorités, que ce soit en Chine ou en Russie.

ce n'est pas seulement défendre la démocratie contre ces régimes qui sont des dictatures, mais c'est aussi le seul horizon réaliste. Sinon, demain, c'est quoi ? C'est la guerre de tous contre chacun, c'est justement cette guerre des grandes puissances les unes contre les autres à coups d'armes traditionnelles par-ci, d'armes nucléaires par-là. Ce n'est pas possible. Ça ne peut pas être l'horizon que l'on souhaite et donc défendre la paix aujourd'hui, ça demande d'autant plus de force, de résolution, de détermination, de stratégie politique aussi et donc ça n'empêche en rien d'être dur, mais dur sur la défense par l'horizon de paix. Les Ukrainiens devraient être pacifistes, par exemple ?

Mais je pense que les Ukrainiens le sont. Je pense que les Ukrainiens le sont. Ils se défendent, non ? Ils se défendent, mais être pacifique, vous savez, ce n'est pas baisser les bras face à l'oppresseur. C'est défendre la paix, défendre l'intégrité, l'intégrité des peuples, l'intégrité des frontières, l'intégrité des territoires. Être pacifiste, c'est promer le respect, le respect mutuel qui a un non pour une trêve olympique de Volodymyr Zelensky et un non-retour de Vladimir Poutine et Emmanuel Macron l'appelait pendant les Jeux olympiques que la guerre s'arrête, si c'était imaginable. Quel est votre commentaire là-dessus ? C'est impossible ?

Que la guerre s'arrête pendant les Jeux olympiques ? Écoutez, moi, j'aimerais que la guerre s'arrête. J'aimerais que la guerre s'arrête et j'aimerais qu'elle s'arrête et que l'intégrité de l'Ukraine soit respectée. Alors, je suis en train de lire la citation parce que je ne l'avais pas lue encore. Il s'adresse directement au chef de l'État en lui disant qu'on ne peut pas y croire. Oui, il dit qu'il ne peut pas y croire. Est-ce que vous croyez-vous que Vladimir Poutine va s'arrêter et va attendre que ça passe ? Moi, je ne le crois pas non plus. Vous nous avez dit qu'il fallait être pacifiste mais vous nous dites maintenant que Poutine ne s'arrêtera pas. Je ne comprends pas.

Je n'arrive pas à raccorder. Mais ce n'est pas moi qui décide. Je ne suis pas dans la tête de ce fou du Kremlin. Pardon, mais je ne suis pas responsable des volontés, des velléités impérialistes sur ses opposantes et ses opposants politiques. Donc, je ne décide pas à sa place. Évidemment, je veux que Vladimir Poutine s'arrête. Évidemment, je veux qu'il revienne dans les frontières de la Russie. Je comprends M. Zelensky quand il dit qu'il doute de la vérité, de la véracité, de la sincérité de Vladimir Poutine qu'il n'a d'ailleurs pas lui-même exprimé de vouloir cette trêve et mettre fin à cette guerre. Marie Toussaint, on se retrouve juste après la pause.

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Sur l'appli hôtel.com et trouvez l'endroit parfait pour vous. Retour dans l'événement du dimanche CELCI, toujours avec notre invité, la tête de liste écologiste Marie Toussaint. Vous étiez, je le rappelais, à Marseille hier. Avec ce cri du cœur, l'écologiste n'est pas que pour les bobos. L'écologie ne se fera pas sans justice sociale. Quatrième thème prioritaire chez les Français, sujet prioritaire de la campagne, mais c'est le droit de suite de Nicolas.

28:13
Marie Toussaint

Alors écoutez, il y a quand même un paradoxe étonnant. Vous avez été les écologistes parmi, au fond, les prophètes les mieux inspirés. Vous avez annoncé des tas de choses catastrophiques qui se sont produites. Et en même temps, politiquement, vous n'en profitez. Et pourtant, vous avez eu des candidats qui ont fait des bons scores précédemment. On se souvient, Daniel Kohn-Bendit, en 2009, 16,5%. Et puis ensuite, il y a Yannick Jadot, 13,5%. Donc, qu'est-ce qui s'est passé ? Alors, vous avez accusé les lobbies industriels de vous avoir collé une caricature.

Enfin, vous avez sans doute une part de responsabilité pour qu'elle vous ait collé si facilement à la peau ou au destin politique cette caricature. Quelle autre explication un peu plus consistante vous pourriez donner ? Est-ce qu'il faut trop de sectarisme à un moment ? Est-ce que trop d'éloignement du populaire, si j'ose dire ? Qu'est-ce que vous diriez ?

29:06
Invité

Non, pas trop d'éloignement du populaire. Non, mais les sondages ne sont pas bons. Je ne vais pas vous dire le contraire. C'est pour ça que j'appelle à la mobilisation, à la remobilisation des Françaises et des Français pour l'écologie. Je rappelle qu'on a toujours eu de meilleurs résultats lors des élections qu'on a été sondés dans les élections européennes. Mon objectif, c'est vraiment d'aller convaincre chacune et chacune qu'il faut avancer.

29:26
Marie Toussaint

Avec un point, si vous me permettez de préciser, ce qui est le plus inquiétant pour vous, vous allez peut-être me démentir, c'est que la sûreté du choix de vos électeurs est la plus faible de toutes les familles politiques. Donc, vous avez une grande inquiétude.

29:37
Invité

Alors, elle est assez faible à gauche. En fait, les seuls qui sont à peu près sûrs de leur choix, c'est l'extrême droite. Mais justement, moi, je ne me résous pas à voir l'extrême droite gagner du terrain en France. Mais je veux le dire vraiment partout en Europe et c'est ce sur quoi je veux attirer l'attention. Oui, j'ai parlé des lobbies industriels mais j'ai aussi parlé des droits, des extrêmes droits qui ne cessent de mener contre l'écologie mais contre les politiques de protection de l'environnement, des campagnes de dénigrement souvent sont fondées sur des fake news. On l'a vu à plusieurs reprises dans l'examen des textes au Parlement européen ces derniers mois.

On a vu l'impact des lobbies, les droits extrêmes droits reprendre mot pour mot les amendements déposés sur la table par les lobbies pour détruire les législations et les ambitions de protection de l'environnement. Vous avez quoi précisément en tête ? Eh bien par exemple sur la législation sur les emballages. On a vu l'Actalis ou McDonald's fournir tout frais payé des amendements qui ont été déposés tels quels tant et si bien qu'une enquête a été diligentée au Parlement européen.

Et puis on a vu pendant la crise agricole et on le voit aujourd'hui avec le gouvernement français comme on l'a vu avec la majorité politique les conservateurs, les libéraux et même les socialistes au niveau européen on voit que quand il y a un problème de revenu des agriculteurs de capacité des agriculteurs et des agricultrices à vivre dignement de leur travail. Pourquoi ? Du fait d'un modèle économique qui ne tient pas qui est injuste une PAC injuste un modèle de libre-échange qui met en concurrence les paysans d'ici avec les paysans d'ailleurs hors de question de changer ce modèle économique.

Ce qu'il faut jeter à la poubelle ce sont les législations de protection de l'environnement qui pourtant sont celles-là même qui nous protègent y compris les paysannes et les paysans qui sont les premières victimes des pesticides et d'un modèle dans lesquels ils ont totalement été enfermés. Est-ce qu'il faudra en arriver un jour à la contrainte ? À la contrainte sur quoi ? La contrainte sur les françaises et les français. Dites-le clairement. Il ne faudra plus prendre l'avion il ne faudra plus rouler en voiture. Mais je vais vous répondre. Non mais vous voyez ce que je veux dire je vous pose sincèrement cette question parce que je n'ai pas la raison.

Moi j'en ai assez j'en ai assez d'une majorité politique sous influence parfois de l'extrême droite de plus en plus d'ailleurs d'une majorité politique qui ne change pas le modèle économique qui refuse de rendre ce modèle économique plus juste pour chacune et chacun et qui de fait par volonté de protéger les puissances économiques les plus fortes et bien impose des normes aux françaises et aux françaises. Ce ne sont pas les écologistes qui imposent des normes aux françaises et aux françaises. Nous ce qu'on demande c'est de la contrainte c'est des normes mais sur qui ?

Et bien sur Total Energy qui a une stratégie industrielle de déploiement qui va nuire et continuer à détruire la planète et engranger des profits sur la destruction de la planète Patrick Pouyanné la semaine dernière parce que pendant qu'on parle des sondages ici Patrick Pouyanné la semaine dernière est allé avec ses amis des firmes du Qatar pour dire il faut continuer à exploiter du gaz naturel liquéfié pendant longtemps.

Il faut bien que les gens comprennent que ça, ça nous mène à la destruction de la planète que tous les scientifiques nous appellent à ne plus ouvrir un seul puits de charbon, de pétrole mais aussi ça fait partie de vos propositions d'ailleurs de créer un fonds européen de plus de 100 milliards d'euros et je refuse qu'on soit dans le laissé-faire et je veux un fonds de souveraineté écologique européen je veux qu'on devienne actionnaire majoritaire de ces entreprises qui refusent de jouer le jeu pour les obliger à désinvestir des énergies fossiles et à tout miser dans les énergies renouvelables c'est absolument vital.

Alors le charbon ce sont nos voisins allemands la coalition dans laquelle se trouvent des écologistes qui ayant refusé le nucléaire sont obligés de rouvrir les mines à charbon Les écologistes se battent pour sortir le plus vite possible du charbon en Allemagne ils ont obtenu pas mal de victoires ils ont rapproché le calendrier et donc je ne vous laisserai pas dire que c'est à cause des écologistes qu'il y a encore du charbon C'est pourtant leur choix Non, non, non mais c'est pas à cause des écologistes Vous voyez vous faites comme les autres vous faites comme les autres vous dites c'est la faute des écolos Ça va commencer à bien faire Les écologistes se sont toujours battus contre le charbon les écologistes se sont toujours battus pour sortir du gaz Mais sur l'écologie politique que vous incarnez en étant tête de liste vous dites par exemple sur la crise agricole que l'on a traversée c'est pas nous qui avons imposé les normes force est de constater que quand même durant cette crise les écologistes ont été pointés du gloire comme les grands responsables qui ont imposé aux agriculteurs La faute à qui ?

La faute à quoi ? C'est le message peut-être qui n'est pas suffisamment bien passé ?

Écoutez je vais dire une chose mais j'aimerais en dire une deuxième juste derrière si vous me permettez de le faire La réalité c'est qu'aujourd'hui ceux qui refusent de changer de modèle pointent du doigt les écologistes alors que nous ne sommes pas responsables des malheurs du monde actuel ni de la précarité de la population ni de la précarité des agriculteurs et des agricultrices ni du fait qu'un nombre croissant de personnes ait des difficultés d'accès à l'alimentation quand il y a un gaspillage alimentaire stupéfiant et que les paysannes et les paysans n'arrivent pas à vivre dignement de leur travail donc nous n'en sommes pas responsables par contre je veux dire aussi que vu l'état désastreux du dérèglement climatique le dérèglement climatique va plus vite que toutes les alertes des scientifiques on voit les feux de forêt on voit les inondations encore une fois chez En Meurtre et Moselle en Moselle ce week-end les fissures 44 degrés à l'hôpital au CHU de Bordeaux chez moi l'été dernier vous vous rendez compte de la situation et donc il va falloir changer les choses et donc il va falloir s'adapter et donc oui il va falloir sortir des méga-elvages des méga-fermes pour le bien-être animal comme pour le climat il va falloir changer notre manière d'appréhender la question de l'eau tout ce que le gouvernement est en train de vider de sortir de la législation française dans le cadre de l'examen de la loi d'orientation agricole il va falloir changer beaucoup de choses on va être obligé et sur les pesticides c'est pareil les pesticides elles portent atteinte à la santé je l'ai déjà dit elles portent aussi atteinte aux vivants elles sont responsables en grande partie de l'extinction de la biodiversité des oiseaux des champs des insectes des vers de terre qui sont absolument indispensables à la vie et donc on va devoir changer de modèle et donc pour ça on a besoin de quoi et bien je le dis et je le répéterai et ça se joue notamment au niveau européen parce que c'est là que s'élabore la PAC comme la politique commerciale de l'Union on a besoin de changer de modèle économique la PAC plus juste plus verte on a besoin de sortir des accords de libre-échange pour aller vers le juste commerce on a besoin d'encadrer les marges de la distribution et de l'agroalimentaire deuxième chose on a besoin de visibilité pour les paysannes et les paysans sur leurs revenus dans le cadre de la transition on ne peut pas se lancer dans la transformation de ces entrepôts de ces méthodes d'élevage dans la sortie des pesticides quand on n'y voit pas clair quand on ne sait pas combien de sous on va gagner dans l'année mais même dans le mois et donc on a besoin de cette visibilité et je réclame une visibilité à trois ans pour que toutes les paysannes et les paysans puissent changer de modèle et puis exactement et ça va avec un plan d'investissement on l'a calculé ce plan d'investissement c'est 44 milliards d'euros d'argent public supplémentaire par an à l'échelle européenne pour accompagner les agriculteurs et les agricultrices et puis on a besoin de nouvelles protections sociales parce que les paysannes et les paysans sont encore une fois en première ligne face à ces aléas climatiques quand il y a une floraison précoce et puis les épisodes de gel qui arrivent après quand il y a trop d'eau ou pas assez comme dans les Pyrénées-Orientales quand on a les flammes qui viennent balayer les vignes et bien on perd ses récoltes ça ce n'est pas possible et on a besoin d'inventer les nouvelles protections sociales dont on a besoin dans ce 21ème siècle qu'est celui du dérèglement climatique Marie Toussaint votre objectif dans ce dérèglement climatique c'est la neutralité carbone d'ici 2040 dans 15 ans est-ce vraiment réaliste on en parle et c'est le chiffre de Péril alors je vais vous donner Marie Toussaint trois chiffres pour le prix d'un sur le rendement des ENR une installation photovoltaïque elle fonctionne 1300 heures par an ça fait 54 jours des éoliennes terrestres 2200 heures ça fait 91 jours et des éoliennes en mer un peu plus c'est 3000 heures par an ça fait 125 jours comment fait-on en dehors de ces journées de production quand on est à 100% en ENR il faut trouver des solutions il faut trouver des solutions mais comme je vois où vous voulez en venir comme je vois où vous voulez en venir je vais vous répondre d'abord par d'autres chiffres que les vôtres désolé mais c'est la bataille des chiffres c'est ceux du professeur je vous donne la source peut-être c'est ceux du professeur Rémi Prudhomme qui est agrégé d'économies assez incontestables c'est pas les miens j'en doute pas j'imagine que vous sortez pas des chiffres de votre chapeau comme ça non mais je veux d'abord vous dire une chose quelle est la capacité de production des énergies renouvelables pour atteindre cette neutralité carbone en 2040 comme nous le recommandent les scientifiques pour tenir l'accord de Paris je me base aussi sur les estimations des scientifiques donc quelle est notre capacité en termes de vitesse de rapidité et en plus de sûreté dans les coûts et le débloiement des infrastructures je vous compare les énergies renouvelables avec le PR de Flamanville le PR de Flamanville avec ses retards et ses milliards partout et bien en France dans le même temps on a produit une quantité d'énergie renouvelable équivalente à 7 EPR au niveau européen à 74 EPR et donc les énergies renouvelables ça se développe beaucoup plus vite maintenant vous me posez la question vous me posez la question de l'intermittence oui c'est ça de l'intermittence on a besoin de trouver des solutions mais ces solutions elles existent on a des méthodes de stockage on a l'hydrogène mais je précise quand même qu'il faut de l'hydrogène issu des énergies renouvelables mais c'est tout à fait possible vous parlez de l'hydrogène vert je parle d'hydrogène vert parce qu'il y en a du gris et du bleu oui c'est ça oui il y en a toutes les couleurs c'est pour ça que j'ai dit issu d'énergie renouvelable voilà comme ça c'est clair pour tout le monde même pour ceux qui ne connaissent pas les nuances entre l'hydrogène vert, bleu, gris et on ne sait pas encore le produire en France et malheureusement quand on voit un belge et il faut y aller et il faut absolument investir mais bien sûr mais il faut absolument investir on a besoin d'investir et c'est le problème de l'Europe mais en particulier de la France que de ne l'avoir pas assez investi dans les énergies renouvelables donc le gouvernement a bon dos d'aller à Fécamp et dire on ouvre un méga parc d'éoliennes en mer c'est très bien qu'il y ait ce parc d'éoliennes en mer mais on a besoin d'aller beaucoup plus vite la France est le seul pays européen qui n'a pas tenu ses objectifs d'énergie renouvelable il faut que ça cesse il faut qu'on mette les moyens et puis je finis quand même en disant que ça demande aussi une politique de sobriété et quels que soient les scénarios qu'on prend ce que nous les verts au niveau européen nous avons réalisé pour l'Europe mais aussi ceux réalisés par l'ADEME par exemple pour la France et bien on a besoin de sobriété on a besoin de mettre fin à cette gamme énergétique mais vous croyez quand même

39:37
Marie Toussaint

à la croissance au progrès ce qui n'est pas toujours évident chez les écologistes où certains plaident ouvertement pour la décroissance et disent le progrès c'est une vieille lune mais moi bien sûr je crois au progrès

39:48
Invité

je crois au progrès technologique aussi je crois au progrès humain social, économique et environnemental et je vais vous dire c'est surtout de celui-là dont on a absolument besoin on a besoin de réparer ce que nous avons détruit parce que ça conditionne notre capacité à vivre sur cette planète vous me parlez de décroissance il y a des choses qui vont devoir décroître les énergies fossiles en premier lieu on a besoin de sortir définitivement des énergies fossiles je souhaite aussi qu'on sorte du plastique en particulier des microplastiques je veux qu'on sorte des polluants éternels des produits chimiques et toxiques qu'on a répandus partout tout ça ça doit décroître et par contre il y a des choses qui doivent croître il y a des choses qui doivent croître la production de textiles sur le territoire européen celle-là elle doit croître on a perdu 50% de notre population de nos emplois dans le textile ces dernières années nos médicaments 60 à 80% on va y venir justement mais est-ce que vous dites que c'est réaliste l'horizon 2040 est-ce qu'aujourd'hui il faut le faire vous savez ce qui n'est pas réaliste c'est d'attendre c'est de repousser toujours et encore plus vous savez ce que donne l'ADEME comme coût je vous parle je suis d'accord avec ça mais juste j'ajoute un élément à ma question je suis parfaitement d'accord on n'a pas les moyens d'attendre on voit bien on n'est pas complètement idiot qu'on soit écologiste ou pas tout ce qu'on fait aujourd'hui nous coûte moins cher que ce qu'on fera demain oui mais attendez il faut électrifier le parc automobile il faut électrifier les usages industriels électrifier les usages du quotidien madame Toussaint il faudrait couvrir la France d'éoliennes est-ce que dans la période ça c'est faux non vous m'avez fait dire trois fois oui mais je ne me suis pas laissé fait prendre vous avez compris ce que je voulais dire je comprends ce que vous voulez dire mais ce n'est pas vrai mais ce n'est pas vrai on a déjà investi 200 milliards on a une énergie intermittente est-ce que vous pourriez admettre que le temps d'arriver à stocker l'énergie intermittente des éoliennes le nucléaire nous sauve mais alors je ne l'admets pas mais vous savez pourquoi je ne l'admets pas parce qu'il y a des études qui montrent le contraire il y a des études c'est votre avis qui vous demandent pas celui des études moi j'essaye de me baser quand même un temps soit peu sur les données qui sont les miennes de la même manière que vous avez été chercher des données que vous estimez solides pour me les présenter et m'y confronter et bien donc je fais la même chose je vous dis on a plusieurs études de scénario clever par exemple au niveau européen l'étude lutte que nous avons commandée d'une université européenne qui nous montre que nous pouvons aller vers le 100% renouvelable en 2040 et encore une fois c'est l'objectif que nous devons viser même les allemands admettent que ce ne sera pas le cas attendez on vient de découvrir il dit ce qu'il dit monsieur Macron aussi il dit que ce ne sera pas possible sauf qu'on ne pourra pas aller et partir sans les allemands on vient de découvrir que les allemands ont menti sur le nucléaire que vos amis écologistes ont menti sur le nucléaire sur des rapports qu'ils ont cachés un certain nombre de données mais moi je regrette et je me bats contre tous les rapports cachés c'est d'ailleurs ce que je ne cesse de dire à Emmanuel Macron quand il cache des rapports sur le glyphosate sur les nouveaux OGM ou sur sa connaissance des fraudes de Nestlé sur l'eau en bouteille ce qui n'est pas le cas de tous ceux qui prennent la parole dans votre programme aussi parce qu'il faut qu'on avance vous êtes favorable ça on l'a compris à plus d'Europe et vous voulez la création d'une couverture santé universelle un Airbus vous appelez ça comme ça du médicament une coopération industrielle européenne juste au téléspectateur qui nous regarde et qui va à la pharmacie régulièrement et qui est confronté chaque jour de plus en plus à des pénuries de médicaments régulièrement à des produits très courants est-ce que ce que vous proposez permettrait de résoudre cette question plus que sensible des pénuries de médicaments aujourd'hui en France et en Europe mais plus particulièrement en France c'est l'objectif et je veux vous dire les écologistes nous sommes les seuls à mettre la question de la santé au coeur de notre programme au coeur de nos combats et nous voulons placer la santé au coeur des politiques menées par l'Union Européenne ça veut dire plein de choses ça veut dire la prévention peut-être qu'on aura l'occasion d'y revenir et ça veut dire effectivement cet accès aux médicaments vous l'avez mentionné pendant la crise sanitaire on a cherché des masques on a cherché du doliprane et aujourd'hui on a des parents qui courent de pharmacie en pharmacie pour trouver de l'amoxiciline pour leurs enfants cela doit cesser cela doit cesser on importe 60 à 80% de nos substances et principes actifs de Chine et d'Inde et donc on doit relocaliser notre production et donc ça veut dire deux choses nous nous demandons un service public européen du médicament pour produire les médicaments génériques et essentiels dont nous avons besoin et puis cet Airbus cette coopération industrielle dont vous avez parlé pour tout le reste pour les principes et substances actifs et qui t'a obligé les laboratoires aujourd'hui à fabriquer ce dont on besoin aujourd'hui parce que l'enjeu c'est un enjeu de prix c'est aussi un enjeu de prix il faut faire attention parce que c'est aussi un enjeu de prix moi je crois que c'est d'abord un enjeu politique est-ce que ce que je disais tout à l'heure on est dans le laisser-faire économique le libéralisme le plus naïf ou est-ce qu'au contraire on se reprend en main est-ce qu'on se décide à faire en sorte de pouvoir produire en Europe ce dont l'Europe a besoin sur la question des médicaments on voit bien qu'on ne peut pas laisser les firmes pharmaceutiques faire ce qu'elles veulent parce qu'elles ne répondent pas aux besoins et donc partant de là je demande un Airbus européen et un service public européen pour tout ce qui est des médicaments génériques et les scales sur l'idée de relocalisation parfaitement d'accord mais la conséquence vous êtes souvent d'accord avec moi ça m'inquiète oui ça doit vous inquiéter la relocalisation en effet ça induit le principe que les prix vont augmenter si on est allé en Chine non pas nécessairement je termine si on est allé en Chine c'est d'abord parce que le prix du médicament en France il est subventionné remboursé par la sécurité sociale et que ça fait les affaires de la sécurité sociale qu'on vende et qu'on achète d'abord et qu'on vende ensuite les médicaments à petit prix c'est aussi du fait d'un dumping fiscal une politique commerciale agressive de la part de la Chine contre laquelle nous devons nous positionner vous les ramenez en France les coûts de production augmentent mécaniquement alors entre le choix économique et le choix de souveraineté je ne sais pas où vous vous situez vous on ne peut pas avoir les deux si on ramène en France ce sera plus cher

45:33
Marie Toussaint

et qui va payer et qui va payer à la fin le trop de la sécurité sociale les citoyens

45:40
Invité

alors c'est une question générale moi je vais vous dire avec la souveraineté écologique c'est à dire la fois de la sobriété et de la production en Europe il y a des coûts qui vont effectivement augmenter il y a des coûts qui vont baisser la question c'est quelle société on veut la question c'est quelle société on veut et moi je suis convaincue que nos concitoyennes et nos concitoyens préfèrent pouvoir avoir accès aux médicaments dont ils ont besoin et les coûts peuvent être effectivement pris en charge par la sécurité sociale et par ailleurs impulsés aussi par des politiques d'investissement massifs de la part de l'Union Européenne cela je le défends c'est pour ça que je me bats contre la politique d'austérité de l'Union Européenne parce qu'elle nous empêche de produire ici ce dont nous avons besoin dans le respect des limites de la planète du dérèglement climatique de la biodiversité etc donc voilà il faut faire ce choix là moi j'y crois mais je sais aussi qu'il y a un certain nombre de biens qui seront moins chers pour la population avec la souveraineté écologique et là les médocs c'est un produit de souveraineté de base il y a 2-3 souverainetés qui sont non négociables exactement vous connaissez le principe on peut choisir ces dépendances et il faut les choisir il y en a 3 à mon avis qu'on ne peut pas sous-traiter c'est l'alimentation c'est l'énergie c'est la santé donc là-dessus on choisit quand même de produire plus cher il faut accepter de dire que cette idée de souveraineté elle comporte aussi une contrepartie je suis ravie des 3 secteurs que vous venez de prendre et je peux dire que je partage ça vous devez vous inquiéter en effet oui vous savez vous partagez beaucoup d'idées non mais ce que soulève Pascal c'est vrai c'est la question de finalement la fin du monde versus la fin du mois c'est-à-dire que la préoccupation écologique aujourd'hui est dans la tête de beaucoup de français de concitoyens mais qui sont confrontés aussi à une inflation grandissante et à des salaires qui peut-être ne suivent pas c'est pour ça que je dis qu'il y a des choses qui seront moins chères avec une souveraineté écologique et on peut prendre l'exemple de l'alimentation après j'en prendrai une autre et je vous parlerai d'une proposition que je formule justement pour que fin du monde et fin du mois aillent ensemble mais sur la question de l'alimentation on subventionne notre production agricole on envoie des choses à l'extérieur ces accords de libre-échange etc on fait revenir de l'alimentation on fait venir tout court d'ailleurs du soja qui a été planté avec de la déforestation en Amazonie des pesticides partout ça porte atteinte à la santé ça a un coût un coût massif sur le service public de la santé moi ce que je veux c'est qu'on réduise les coûts du service public de santé par cette politique de prévention en réduisant les pesticides les produits chimiques qui nous rendent malades et qu'on puisse récupérer ces externalités négatives ça permettra de jouer par ailleurs sur l'accès au prix aux médicaments je ne sais pas où ça arrive à la fin je vais être honnête je ne sais pas si c'est un peu plus un peu moins je pense qu'on est dans les grandes eaux à peu près au même endroit si on prend tout en compte si on prend tout en compte et puis il faut faire rimer justice sociale et justice environnementale d'abord parce que les plus modestes sont toujours les premières victimes du dérèglement climatique de la pollution de l'air de la malbouffe mais aussi parce qu'on peut le faire et si on peut le faire on doit le faire moi je propose de baisser la TVA sur les produits qui sont bons pour la planète faits en Europe qui créent de l'emploi et bons pour la santé je vous prends l'exemple des couches aujourd'hui le budget mensuel d'une famille pour des couches c'est environ 50 euros avec des couches de moyenne basse gamme c'est 15 à 20 euros de plus si on prend des couches faites en Europe et sans produits toxiques garanties sans produits toxiques ça doit changer donc vous établissez une liste de produits sur lesquels vous proposez de baisser la TVA exactement les produits bons pour la santé les produits issus de la réparation du recyclage de l'économie circulaire les produits qui créent de l'emploi en Europe tout ça on doit pouvoir le faire ça se fait que à l'échelle européenne et donc c'est l'une des propositions phares que je porte pour ces élections et il faut fiscaliser tout ce qui vient de l'extérieur alors ça a des avantages vous avez raison bien sûr c'est le protectionnisme vert mais ça a aussi des inconvénients c'est que ça finit quand même par rentrer d'une façon ou d'une autre parce qu'on n'aurait pas la capacité de tout produire et ça à chaque fois que vous montez les droits de douane Biden l'a bien compris aux Etats-Unis exactement vous faites monter les prix vous produisez de l'inflation mais on a besoin d'un protectionnisme vert qui doit permettre aussi je n'ai eu de cesse de le dire de créer de l'emploi et donc de faire en sorte qu'on ait moins de personnes en situation de précarité qui font face à l'inflation avec des salaires qui sont des salaires décents et on doit aussi faire de la lutte contre la pauvreté le projet la boussole la colonne vertébrale de l'Union Européenne vous savez cet aspect là ça a été ignoré pendant des décennies par l'Union Européenne on a eu des inégalités qui ont stagné pendant 20 ans qui ont explosé à nouveau depuis la crise sanitaire c'est insupportable la pauvreté la misère c'est un choix politique on peut se battre contre ça et pour ça il faut faire en sorte qu'il y ait un minimum dignité qui soit celui de tout un chacun l'accès à l'eau à l'énergie à un logement à une alimentation saine et qu'ensuite on mette en place des tarifications progressives pour lutter contre le gaspillage et faire en sorte que les modèles économiques soient soutenables et on doit aussi mettre en place ce que j'appelle un droit de veto social c'est-à-dire bloquer les législations qui porteraient atteinte aux conditions de vie des plus précaires Marie Toussaint juste projetons-nous nous sommes le 19 mai les élections sont dans 3 semaines dans 3 semaines précisément quitte de la suite le soir du 9 juin le 10 juin est-ce qu'avec un rassemblement national qui dans les intentions de vote est à plus de 30% une majorité présidentielle aux alentours de 15-16% le président de la république devra-t-il tirer des conséquences de ce scrutin au niveau national selon vous écoutez il pourra en tirer mais moi ce qui me préoccupe c'est l'avenir de l'Europe l'avenir de l'Europe qui conditionne aussi l'avenir de la France et en grande partie l'avenir de l'humanité pourquoi ?

parce que le 9 juin vous avez mentionné le score du rassemblement national en France mais le score de l'extrême droite est terrible au niveau européen ils sont déjà en responsabilité c'est une partie votre échec aussi vous le considérez comme cela écoutez moi je ne peux pas dire en étant républicaine et en étant écologiste que ce n'est pas un échec que de voir l'extrême droite grimper ainsi au pouvoir en Italie plus récemment cette semaine aux Pays-Bas en Finlande en Suède en Espagne où ils sont tous aujourd'hui réunis également voilà alors il faut mettre fin à ça et qu'est-ce qui nous menace le soir du 9 juin et bien c'est que l'Europe choisisse une coalition des droites sur fond de climato-scepticisme qui détruira toutes les législations de protection de la nature et de la santé en plus de laisser la précarité exploser en plus de s'en prendre au droit humain et en particulier en droit des femmes ça c'est le pacte brun et c'est ce qui risque de se passer le 9 juin au soir la seule manière d'empêcher ça la seule manière d'empêcher la majorité politique actuelle de céder et de pactiser avec les extrêmes droites c'est de mettre un bulletin vert dans le lieu parce que l'alternative l'alternative c'est l'écologie c'est l'accélération de la bifurcation écologique dans la justice sociale c'est la santé c'est la défense de la démocratie des droits humains c'est le pacte vert et donc c'est avec un bulletin écologiste allez voter donc le 9 juin le message est passé et on vous retrouve sur notre antenne LCI pour le premier grand débat télévisé après demain mardi 21 avec David Pujadas merci à vous et puis vous restez on reste ensemble on reçoit le philosophe Alain Finkielkraut durant une heure restez avec nous à tout de suite