Cachez ces poils que je ne saurais voir !
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Tout le monde, bienvenue, c'est le débat de midi. Et le sujet dont on parle aujourd'hui nous concerne tous, puisqu'on en a 5 millions sur le corps, les poils. Oui, 5 millions, et c'est le même nombre qu'on soit homme ou femme. Sauf que ça ne vous aura pas à échapper, il y en a chez qui on les voit un petit peu moins, surtout pendant la période estivale. La femme s'épile avant de se mettre en robe ou en bikini. Jambes, esselles, maillots, tout doit être lisse et glabre. Et pourquoi d'abord, l'épilation remonte très loin dans l'histoire, mais a connu différents codes et tendances. Et ce qui semble ancrer telle une évidence dans nos sociétés, est bousculé depuis plusieurs années.
Des femmes reviennent tout simplement au naturel, d'autres affichent et assument leur poil, acte hautement féministe pour déconstruire les représentations idéalisées de leur corps, et les injonctions, vive le poil revendicatif, quitte à se prendre des salves d'insultes, preuve qu'il est bien plus qu'un petit filament. Il ouvre un tas de questionnements sur notre société. D'ailleurs, au nom de quoi un poil est-il acceptable, comme les sourcils et pas un autre ? A quoi nous renvoie le dégoût qu'il peut provoquer chez certaines personnes ? Et pourquoi font-ils souvent plus réagir quand on les voit sur les jambes des femmes que sur celles des hommes ?
Vous, messieurs, qui avez aussi trouvé le chemin des salons, ou utilisé le rasoir sur d'autres zones que le visage, comme quoi le sujet n'est pas que féminin, loin de là. Oui, il s'en passe des choses avec nos poils, alors, on les montre ou pas ?
Pour des raisons difficiles à élucider, il y a des poils dont l'existence est acceptable, comme ceux que l'on a au-dessus des yeux, et d'autres que les codes de la sexitude nous forcent à détester. Tiens, prends mes poils ! Si jamais t'as des très longs poils, c'est dégueulasse, ça pue pour tout le monde. C'est quoi ce qu'elles aiment les femmes ? C'est quand c'est propre, c'est plus hygiénique.
Moi, j'ai les deux, et je te jure, moi, je pue moins quand j'ai vraiment mes poils que quand je viens de me raser. Moi, je m'épile les bras, même.
Mais pourquoi ?
C'est un truc qui me détend vachement d'arracher des poils.
On se remet à rencontrer, et dans tous les mondes, cet accessoire pileux qui a toujours été l'expression d'une époque sensible. On portera donc la barre. Moi, je rase environ toutes les semaines ou toutes les semaines et demie. Vous êtes toujours sur le poil, là ?
Ouais, bah t'as encore vachement les stéréotypes de meuf bien épilé et mec un peu poilu, mais quand même pas trop.
Si vous voulez rester doux en toutes circonstances, il suffit de préférer l'épilation au rasage. Ah putain !
Et n'oubliez pas que vous pouvez envoyer directement vos questions et vos témoignages jusqu'à 13h via l'application France Inter. C'est la petite fenêtre Réagir, soit par mail sur la page de l'émission Le Débat de Midi. Et je salue d'abord le seul homme dans ce débat. D'ailleurs, on se demandera pourquoi ça semble plus être un sujet de femme. Bonjour Christian Bromberger. Bonjour. Vous êtes en duplex des studios de France Bleu Provence à Aix. Vous êtes anthropologue et ethnologue, auteur du livre « Les sens du poil, une anthropologie de la pilosité » paru en 2015 aux éditions Créafis. Pourquoi, en quelques mots, cette passion du poil ?
Écoutez, parce que j'ai successivement examiné, analysé deux terrains. D'une part l'Iran, qui est mon terrain exotique. Et puis d'autre part le football, les footballeurs. Et à vrai dire, dans les deux cas, le poil a une importance considérable. Et donc, pour les footballeurs, notamment leur coiffure, qui a beaucoup évolué depuis une cinquantaine d'années.
Et donc, on y reviendra, oui, parce que je précise que dans les 5 millions de poils, il y a les cheveux qui sont inclus. Petite précision. Ici en studio, Victoire Doux, bonjour. Bonjour Camille Grenier. Vous êtes illustratrice. On vous suit sur votre compte Instagram « Les dessins de Vic Doux ». Et on vous a vu le mois dernier à la télévision, dans le documentaire « Libre et à poils » de Julie Roth. parce que vous faites partie des femmes qui ont décidé de ne plus s'épiler. Ça remonte à quand ? Exactement. Alors, j'ai essayé une première fois en 2016. J'étais à l'époque attachée de presse en politique. J'ai tout de suite arrêté parce que je me suis sentie sale.
Et évidemment, j'avais l'impression d'être négligée. Et j'ai recommencé vers la fin de ma carrière politique, presse politique, en 2018-2019. Et depuis, je ne suis plus du tout épilée. J'ai tous mes poils partout. Et vous nous direz comment vous vivez tout ça. Ça ne fera pas en tout cas les affaires de Nadège Dequenuit. Bonjour. Bonjour. Vous êtes esthéticienne, meilleure ouvrière de France. Votre salon « Un temps pour soi » est à Angers. Et vous êtes vice-présidente de la Confédération nationale artisanale des instituts de beauté et spa. J'imagine qu'en ce moment, la circule à flot. Et que donc, l'épilation a tout de même encore de beaux jours devant elle.
On est sur une des prestations les plus demandées en institut de beauté. Je ne vais pas le cacher. Après, on ne fait pas que ça en institut de beauté. Fort heureusement pour pouvoir être accessible à tout le monde.
Et enfin, bonjour à Milena Younes-Linard.
Bonjour.
Vous êtes doctorante en sociologie du genre à l'université Paris VIII. Auteure d'une thèse, le rôle de la dépilation dans la socialisation au genre et à la sexualité.
C'est quoi la différence entre dépilation et épilation ? Alors juste dépilation, ça prend en compte l'épilation à la cire par exemple, avec la pince à épiler. Et la dépilation, ça compte aussi le rasage. Tout acte d'enlever les poils en fait.
Et donc, c'est un vrai sujet de recherche. Mais comment est-ce que le poil devient un sujet, y compris de débat d'ailleurs ?
Parce que ça devient un sujet de recherche. Parce qu'en sociologie, on analyse les normes sociales et leur fonctionnement. Donc comment est-ce que les individus intériorisent les règles de la société ? Et là, quand on se rend compte qu'une écrasante majorité des femmes s'épile alors que c'est quelque chose de chronophage et de douloureux, et que les hommes ne le font pas, on se dit, mais quelle est la puissance de cette norme qui permet de faire en sorte que toutes les femmes respectent cette norme quasi obligatoire ?
D'ailleurs, je précise, Mylena Jonas-Linard, que vous n'êtes pas épilée non plus comme Victor Doubs. Non mais ça fait partie d'une revendication, j'imagine. Enfin, on en parlera, mais c'est quelque chose qui fait partie de vous aussi.
En tout cas, moi je fais partie de cette société. Et donc, j'ai complètement, j'ai interrogé les mêmes normes. Et j'ai fait un processus féministe qui m'a permis d'avoir des outils et de déconstruire ces normes également.
Ce fameux poêle revendicatif sur lequel, évidemment, on va revenir en longueur. Christian Bromberger, d'où vient cette idée-là que les poêles, c'est un truc de mec, et donc que le corps féminin doit en être dépourvu, en tout cas certaines parties ?
Écoutez, c'est quelque chose qui remonte très loin dans notre histoire. Et en même temps, il faut qu'il y ait un contraste entre le corps masculin et le corps féminin. Alors, d'un côté le lisse et de l'autre côté le dru. Ce qui fait que ce qui est beau pour un sexe est affreux pour l'autre. C'est un peu la règle générale que nous avons eue. Par rapport à ce qui a été dit par ma collègue sociologue, il y a quand même quelque chose, si vous voulez, qui est assez contradictoire. Il y a des tendances contradictoires.
Il y a une tendance par ailleurs à l'épilation qui vaut aussi pour une frange minimum, mais une frange existante d'hommes qui se font épiler le torse, le dos, et puis également le pubis dans des cas particuliers.
Mais ça reste encore marginal. Mais sur cette idée-là, vous dites d'un côté il y a le lisse, de l'autre le dru. D'où ça vient ça ? D'où en fait les femmes doivent être lisses ?
Le corps féminin doit être un objet pour la sensibilité masculine. Et à ce titre-là, c'est vrai que le lisse, si vous voulez, présente plus de qualité esthétique que le dru. Alors évidemment, c'est quelque chose que l'on retrouve à peu près partout dans toutes les sociétés, sauf quelques-unes, puisque la plupart des sociétés sont trichophobes, c'est-à-dire n'aiment pas le poil, le poil féminin en particulier. Et il y a quelques sociétés trichophiles qui aiment le poil, mais c'est véritablement une minorité.
C'est quelle société, par exemple ? Un petit exemple ?
C'est par exemple l'exemple des Ainous sur l'île d'Okaïdo, au nord de la péninsule japonaise, où là on a véritablement un culte du poil, y compris pour les femmes, d'ailleurs, qui se faisaient faire des moustaches artificielles avec de l'encre de sèche et après l'incision de la lèvre supérieure. Mais véritablement, c'est quelque chose d'assez exceptionnel parmi les sociétés où il y a toujours eu ce culte du lisse féminin, dans la mesure où aussi ce lisse, et c'est là où il y a des tendances contradictoires, connotent la désanimalisation, puisque le poil, c'est quelque chose qui nous renvoie à l'animal.
Oui. Alors justement, vous parliez de trichophobie. Nathalie nous écrit par mail, « Je déteste et traque le moindre poil. Je n'aime pas les poils. Je m'épile pour moi et pas pour les amoureux, ni pression de la société. Je trouve que la nouvelle génération féministe est excessive. » Victoire Doux, pourquoi donc vous, vous avez décidé d'arrêter de vous épiler ? Et surtout, est-ce que vous vous sentez mieux ? Alors déjà, je peux vous répondre tout de suite, oui, je me sens beaucoup mieux, parce que, en effet, j'ai arrêté de m'épiler pour deux choses. La première, parce que ça me faisait mal, tout bêtement.
J'ai vu ma maman et ma sœur utiliser des rasoirs électriques, des épiateurs électriques, et ça, je suis désolée, mais moi, je ne peux pas, je trouve ça horrible. Donc, je passais au rasoir, mais je suis brune, j'ai les cheveux et la pilosie étaient très épaisses. Donc, évidemment, deux jours après, c'était reparti, il fallait se raser. Ce qui était aussi, pour moi, pas écolo, parce que c'est donc des petits rasoirs qu'on rachète, des têtes de rasoirs qu'on rachète. Mais donc, c'était plus pour des raisons pratiques, presque au départ. Au départ, je me dis, mais j'en ai ras-le-bol.
Et là, ce qui est venu après, c'est, mais en fait, tous mes potes mecs, eux, ils sont toujours prêts pour aller sur la plage, ils sont toujours prêts pour faire l'amour, et c'est ce que disait M. Bromberger. C'est un objet, on est encore des objets. Les femmes sont des objets qui doivent être lisses, maquillées. Pour plaire à la sensibilité masculin. Exactement, et c'est pour ça, quand j'entends votre témoignage d'une femme qui dit, mais moi, je m'épile pour moi, ça me fait plaisir, je comprends très bien, parce que moi-même, je l'ai dit, je me suis épilée pendant des années et des années, donc je ne critiquerai jamais ça.
Mais en fait, à quel moment, et je pose la question, à quel moment est-on libre, en fait, quand la société nous dit, depuis qu'on est toute petite, là, je parle au féminin, mais, une femme n'a pas de poils, et qu'on voit des pubs à la télé de femmes qui se rasent sur des peaux glabres, je trouve ça hallucinant, on est habitué à ça, en fait. Nadège Dequenuit, est-ce qu'une esthéticienne, tiens, pourrait ne pas être épilée ? C'est-à-dire, est-ce qu'on pourrait travailler en ayant plein de poils pour épiler les autres, par exemple ?
Alors, on est notre première vitrine, en général, quand on est esthéticienne, donc, effectivement, si on ne pratique pas ce qu'on propose, ça peut paraître très curieux. Ceci dit, je ne suis pas un petit gabarit, et je propose des cures minceurs pour celles qui le souhaitent.
Mais vous, vous êtes épilée, aujourd'hui ?
Oui, mais pas totalement. En fait, il y a de poids de mesure, aussi, dans ce qu'on peut épiler.
Et quelles sont les zones que les femmes épilent le plus, aujourd'hui, en 2022 ?
Il y a trois zones traditionnelles, et j'ajoute la quatrième sur le visage. Le demi-jambe, maillot et sel, reste le forfait le plus demandé. Avec une vraie tendance ces dernières années, où si on a constaté, parce qu'on est un peu observateur de ce code-là dans nos cabines d'esthétique, si on a pu observer, justement, une obsession pour le retrait du poil, avec notamment l'avènement du maillot intégral, du sillon interfestier, etc., il y a un retour à quelque chose qui est plus maîtrisé. C'est-à-dire, OK, je retire un peu, mais pas tout quand même.
Déjà, d'une part, pour me préserver en termes de sensibilité, c'est le compromis que je suis prête à accepter, et parce qu'aussi, je pense qu'en termes de code normatif, ça évolue un petit peu. Le zéro poil, c'est beaucoup moins tendance, donc le maillot intégral, largement perdu dans le classement des épilations les plus demandées. Alors, cela dit,
les chiffres ne disent pas exactement ça, puisque sur le maillot, justement, il y a deux mouvements en cours, en fait. À la fois, il y a ce que vous dites, un adège de quenuite, c'est-à-dire qu'il y a une augmentation du nombre de femmes qui ne s'épile plus du tout le maillot. Elles sont 28% aujourd'hui. C'est deux fois plus qu'il y a 10 ans. Et en parallèle, les jeunes, les plus jeunes, moins de 25 ans, sont de plus en plus nombreuses à s'épiler intégralement le maillot, 56%. Comment on explique ça, Milena Iones-Linar ? Cette tendance des jeunes à s'épiler intégralement le maillot et des femmes plus généralement à certaines qui commencent à ne plus se l'épiler du tout.
Alors, pour revenir aussi et faire le lien avec ce qui vient d'être dit, répondre à votre question, je pense que ce qui est très intéressant, c'est comment fonctionne l'intériorisation de ces normes-là et comment, justement, autant de femmes s'épilent autant comme vous venez de le dire. Et ça part aussi de cette question du goût et du dégoût dont vous parliez. C'est-à-dire qu'il y a vraiment plusieurs instances de socialisation à l'épilation et d'intériorisation des normes. Il y a déjà la famille avec plein d'injonctions et aussi à l'école, au collège et au lycée, il y a plein d'injonctions qui sont formulées à l'égard des jeunes filles pour les faire s'épiler.
Et en fait, elles intériorisent un dégoût de l'épilation. Elles apprennent à se dire qu'elles désirent avoir un corps lisse et ça, c'est lié justement à toutes ces moqueries sexistes. Par exemple, quand on leur dit « mais t'es pas une vraie femme ou t'es dégueulasse, t'es monstrueuse parce que t'as des poils ». Et donc ça, ça fait intérioriser le fait que c'est un corps qui est marqué par quelque chose de monstrueux et qui ne rentre pas dans le genre. Et ça, ça prouve vraiment à quel point ça participe de l'entrée dans l'hétérosexualité. C'est-à-dire que pour rentrer sur le marché de l'hétérosexualité, il faut avoir un corps qui est conforme au désir des hommes.
Et donc, c'est ça qui produit aussi le genre. Et on voit que l'intériorisation de l'épilation, ça permet de contrôler l'entrée dans la sexualité des jeunes filles. C'est-à-dire qu'il ne faut pas s'épiler avant 12-13 ans. Mais il faut s'épiler à partir de 12-13 ans pour rentrer dans l'hétérosexualité. Christian Bromberger, sur cette question
de l'épilation du maillot chez les femmes, comment vous interprétez cette espèce de double mouvement dont on parlait avec à la fois les plus jeunes qui s'épilent intégralement et les autres qui s'épilent de moins en moins ?
Alors écoutez, de toute façon, une génération s'oppose toujours à l'autre. Ça fait partie des grandes lois sociologiques. Mais en même temps, moi, ce qui me frappe chez les femmes d'un certain âge qui ne s'épile pas le maillot, c'est qu'il y a la volonté dans cette non-épilation ou dans le fait de garder quelque chose néanmoins sur le pubis, il y a la volonté aussi de ne pas, d'une part, ressembler à la petite fille, donc avoir sa sexualité pleine et entière, et d'autre part, également, de ne pas ressembler à la porno-star.
Il y a donc là, si vous voulez, deux répulsions qui existent et qui font qu'on a cette conduite chez la plupart des femmes d'un certain âge, vouloir garder quelque chose quand même qui témoigne de son adultité. Et puis alors, par ailleurs, évidemment, pour les plus jeunes, il y a le souci d'être complètement conforme à la norme d'Ulysse pour attirer et pour être un objet parfait, ce qui fait qu'à ce moment-là, évidemment, il y a ce rasage intégral du pubis qui est quelque chose de frappant aujourd'hui.
Juste une petite chose, c'est que je pense que pour finir de répondre à votre question, MeToo et le mouvement MeToo a eu vraiment un impact important sur le rapport au corps d'une certaine génération aujourd'hui, surtout dans les métropoles, parce que par le fait de critiquer et de remettre en question les violences sexistes et sexuelles, ça permettait une critique du fonctionnement de l'hétérosexualité et donc la manière dont l'hétérosexualité produit des corps et donc produit des corps épilés.
Et comme ça a été très médiatisé, que c'est vraiment passé par les médias, il y a vraiment une partie de la génération 20-30 ans de femmes qui n'étaient pas féministes, et encore il y a 10 ans ça ne se faisait pas de se dire féministes, où là, on se dit un peu plus féministes et on peut critiquer ça. Et aussi, je voulais juste rajouter quelque chose par rapport à cette histoire de femmes-objets, c'est intéressant d'analyser les structures sociales et idéologiques qui font qu'il y a des normes qui pèsent sur les femmes.
Vous savez qu'on a une heure d'émission.
Non, non, allez-y, continuez. Mais juste pour dire que les femmes, même celles qui s'épilent, etc., passent leur temps à négocier ces questions-là, notamment dans l'intimité en couple, et aucune femme n'est objet complètement écrasé et elles sont actrices aussi par les négociations et comment elles se réapproprient cette question de l'épilation et qu'est-ce qu'elles en font.
Une question de Robin sur l'application France Inter pour vous, Victoire Doux. Il voudrait savoir comment vivre ses poils sur la plage en vacances avec ses amis au travail et notamment dans le milieu politique où vous avez évolué. Alors, merci Robin pour cette question. Alors, ça a été très difficile en milieu politique, le milieu politique dans lequel j'évolue. En effet, j'étais attachée de presse et puis j'incarnais vraiment tout ce qui collait à la femme objet. J'étais tout le temps en robe sur des talons de douze. Ça me faisait plaisir.
Ce n'est plus trop le cas aujourd'hui, mais je me disais mais en fait, je ne peux pas arrêter de m'épiler parce que ça va totalement contre ce que je veux renvoyer. je ne peux pas porter une robe, être féminine, selon ce que la société nous dit qu'elle est féminin et avoir des poils aux pattes. C'est exactement ce que je me disais. Donc, c'est à ce moment-là que j'ai essayé deux jours et en fait, je me suis sentie très très mal. Et après, depuis en tout cas que j'ai mes poils et que je les assume totalement, que j'ai totalement déconstruit mon regard, sur la plage, je m'en fiche totalement.
Après, l'année dernière, je suis partie sur la Côte d'Azur et pour la première fois, j'ai eu un petit retour de mauvaise sensation parce que j'ai été très très mal regardée, mon trait du doigt. Oui, vraiment. Et je suis rentrée le soir et j'étais avec ma meilleure amie et je lui ai dit mais là, je ne me sens pas bien. Limite, j'ai envie de m'épiler les poils autour du maillot parce que c'est ces poils-là qui étaient le plus choquant pour les gens, qui avaient l'impression de voir mon intimité. Et j'ai eu des commentaires sur Instagram parce que j'ai publié à ce moment-là justement, ça m'énervait tellement.
une vidéo qui a fait un million de vues donc qui sort du côté militant de mon compte Instagram, vraiment, qui sort un peu de sa zone de confort cette vidéo-là et des commentaires d'une violence où j'ai même des femmes qui m'ont dit mais c'est honteux vous montrer ça aux enfants sur la plage. Alors je suis en maillot de bain, je ne faisais pas de nudisme.
Nadège de Kenuit là-dessus sur l'image, on va y revenir dans un instant, mais sur l'image que ça peut renvoyer, il y a dans les clientes que vous voyez cette espèce de volonté, effectivement, comme le disait aussi Milena, Younes Linard de s'est imprégnée en nous et donc c'est vraiment on va bien dans les cases et les normes parce que sinon on sort trop du lot et ça ne va pas.
Oui et non. Oui, on a, je vais aller dans le stéréotype, on a cette cliente qui a le poil en dégoût avec, en plus, on a un rôle de pédagogie, on est obligé de réexpliquer qu'un poil n'est pas sale, contrairement à ce à quoi on peut l'associer dans l'imaginaire collectif. Ça n'a aucun rapport avec l'hygiène de s'épiler, ça n'a à voir qu'avec l'apparence. J'ai par contre aussi des clientes qui sont dans le doute et des clients qui sont dans le doute qui viennent en fait vers un spécialiste beauté pour savoir justement qu'est-ce qu'il convient de faire. Est-ce que je dois m'épiler selon l'âge que j'ai ? Je pense aux jeunes clients par exemple, est-ce que c'est le moment de commencer ou pas ?
Est-ce que je dois faire plus au niveau de l'échancruire du maillot ou pas ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Il vient souvent. On a un vrai rôle de conseil et de pédagogie aujourd'hui en cabine.
Un mail de Michel qui nous écrit « Je maudis jusqu'à la troisième génération l'inventeur ou l'inventrice de la coupe pubienne dite ticket de métro, la vallée des roses à la végétation épars et un monde Vénus chauve me font le même effet que la montagne 5 victoires après l'incendie. Tristesse et abattement. » Voilà, les poils sont dans le débat de midi préparé ce mardi par Colin Gruel avec Anaïs Poncin réalisé par Théo Raison. C'est Thomas Langlin qui est à la technique et un peu de musique ni de faire rien ni de The Dealer sur France Inter.
« Maintenant, l'épilation à la cire est passée dans les mœurs. C'est le seul procédé qui permet la dégénérescence progressive du poil qui s'affaiblit tandis que le rasoir lui donne de la vigueur. Voici notre amie toute heureuse du résultat. Nous la comprenons. » Dans les années 60, plus question de souffrir pour être belle. Grâce à une crème révolutionnaire, la bien nommée crème dépilatoire, garantie 1 dollar. Elle dissout en 10 ou 15 minutes la base des poils. Après ce temps, il suffit d'ôter la pâte avec un coton imbibé d'eau chaude ou un tonique. Caroline va découvrir des jambes lisses à la peau satinée, agréable au regard.
Voilà, agréable au regard. Une petite plongée dans les archives de Lina pour parler poils aujourd'hui. Ultra cliché les sujets. D'ailleurs, Nadège de Quenuit, est-ce que les salons de beauté, les esthéticiennes dont vous faites partie, ne participent pas un petit peu à tout ça ?
Difficile à dire. Ce n'est pas comme ça que je conçois mon métier. En tout cas, si j'ai choisi ce métier-là, c'est pour accompagner les gens sur le fait d'être bien dans leur peau. Mais ça reste un business. Je crois que c'est 163 millions d'euros par an. Et puis, c'est encore plus de 50 % en général du chiffre d'affaires des instituts de beauté. Donc, c'est une vraie demande.
Ça vous arrange quand même finalement cette injonction à ne pas avoir de poils pour les femmes ? S'il n'y avait plus ça, vous ne seriez pas super cool dans vos seins ?
Si j'avais plus ça, je ferais plus de soins et de massages. Ce ne serait pas trop gênant ?
Là, je viendrai. Là, je viens. J'arrive.
Mais voilà. Non, non, l'Institut de beauté, c'est pour tout le monde. Maintenant, ce qu'on essaye de faire dans nos salons, c'est de proposer ce qu'on estime la meilleure méthode. Parce qu'effectivement, l'épilation, si ça pose débat, c'est certes une pratique peut-être plus féminine que masculine aujourd'hui. Quoique, voilà, ça peut être en train d'évoluer un petit peu. Mais c'est surtout que c'est potentiellement non confortable, voire douloureux. Parce que finalement, ce qui est typiquement féminin ou véhiculé comme typiquement féminin par notre société, quand ça ne fait pas mal, quand c'est rapide, quand ça ne coûte pas cher, ça ne pose pas trop de problèmes.
Donc, l'épilation, si ça fait débat, c'est que c'est un acte inconfortable. Nous, notre rôle, c'est de travailler là-dessus pour rendre ça le moins inconfortable possible.
Le moins douloureux possible. Angèle nous écrit sur l'application France Inter pourquoi les poils féminins sur les jambes ou les aisselles sont mal vus. Alors que sur les bras, non. C'est la question, Milena Younes-Linard, du poil acceptable ou pas. Ça dépend de quoi, ça ?
Alors, je pense que déjà, ça dépend, comme on le disait tout à l'heure, du contexte social, du lieu de vie, etc. Au travail, par exemple, même pour des femmes qui essayent d'arrêter de s'épiler, des femmes féministes qui essayent d'arrêter de s'épiler, quand elles se retrouvent au travail où il y a un rapport de pouvoir et elles ne peuvent pas décider, elles risquent de se faire virer, elles vont quand même s'épiler. Après, pour faire la différence entre les différents endroits du corps, je pense que pour la question des poils sur les aisselles, ils sont un peu plus acceptables dans l'espace public parce qu'il y a un peu une représentation des féministes de mai 68 qui ne s'épilaient pas.
Et donc, ça permet un renvoi à une idéologie féministe derrière. Alors que les poils sur les jambes, il n'y a pas une représentation générale féministe. Et donc, c'est un peu l'idée de, en fait, ces femmes-là, elles sont dégoûtantes, elles ne sont pas dans le bon genre, elles n'ont pas la bonne sexualité. Et donc, c'est pour ça qu'il y a des femmes féministes qui se prennent des agressions dans la rue quand elles ont des poils sur les jambes.
Alors justement, pas que dans la rue, d'ailleurs, les agressions. Sur Internet, beaucoup, vous le disiez, Victoire Doux, et il y a un exemple récent, ça date du 9 juillet dernier, donc vraiment, il y a quelques jours, une mannequin, Mara Lafontan, pose pour une marque de maillot de bain. Elle est poilue, on voit des poils bruns sur son ventre. Insulte sous la photo qu'elle lit ensuite en ironisant. Écoutez.
Pour le mannequin, eh bien, même après une grossesse, mon ventre est plus joli. Faut pas pousser quand même. On va aller dans le mur. Les portes sont grandes ouvertes au grand n'importe quoi. Continuons, allez. Le pire, c'est que je suis sûre que la photo est truquée juste pour faire le buzz. C'est poil dégueu au-dessus du maillot. Quelques poils clairs, OK. Mais là, en fait, c'est vraiment dégueulasse. Passionata, quoi. Prochaine étape, retour à la nature. Arrêtons les brosses à dents, arrêtons le dentifrice et yons nos dents fourries.
Voilà, c'est Marie. Mara Lafontan, pardon, mannequin qui lisait les quelques insultes. Il y en avait énormément qui lisait quelques-unes des insultes après cette photo. Victoire douce. Ça vous est arrivé comme ça de vous faire insulter ? Ça vous donne... Enfin, vous disiez oui. Oui, oui. Ce que dit Mara Lafontan, ça fait énormément écho à ce que je vis. Et je pense qu'en plus, connaissant la personne, enfin, des réseaux sociaux, je la suis. Je pense que ça a dû heurter beaucoup d'âmes hétérosexuelles qui voyaient en elle la mannequin parfaite et très représentatifs d'une certaine féminité très à la parisienne. Je pense que ça les a bien heurtées.
Et je suis contente de voir qu'elle a aussi montré ces poils-là et que la marque s'est engagée sur ce sujet-là. Après, je sais qu'il y a des femmes aussi très fatiguées par le fait que, justement, elles vont sortir dans la rue avec leurs poils et on va leur dire « Ah, c'est parce que tu es militante. » Ça va les épuiser aussi. Moi, je suis militante féministe, donc je suis habituée à ça. Je ne suis pas encore dans le burn-out militant, mais on y vient parce que, justement, je reçois des insultes assez hallucinantes, des appels à la mort. Aussi, j'ai beaucoup de femmes qui... Des appels à la mort, ça va jusque-là ? C'est-à-dire qu'on parle juste de poils. Je n'ai rien dit d'autre.
J'ai la même chose quand je parle de non-port de soutien. Dès que je parle de tous ces petits détails qui ne sont pas des détails pour moi, je pense vraiment que le diable du patriarcat se cache dans ces détails-là et font qu'aujourd'hui, la femme est toujours un objet. Il n'est toujours pas l'égal de l'homme. Donc, oui, je reçois des insultes, des gens qui se moquent, aussi des gens qui viennent taguer sous les posts Instagram leurs amis pour dire « Ah, regarde, c'est toi hier avant que tu t'es face épilée. » Enfin, vraiment, de la moquerie, mais directement. Alors que je ne suis pas du tout contre l'idée d'en débattre.
Au contraire, j'adore ça, ce sujet me passionne comme beaucoup d'autres sujets féministes. C'est ma vie, finalement. Donc, mais là, les insultes et les petits émojis qui vomissent sous mes publications, c'est plus possible. C'est plus possible. Enfin, je trouve ça ridicule. J'ai évolué, quoi. Christian Bromberger, l'histoire dit quoi ? Vous qui avez écrit l'anthropologie de la pilosité. Oui. Est-ce que ça a toujours été comme ça ?
L'histoire nous dit que tout ça est très relatif et qu'il faut tenir compte de cette relativité historique. Par exemple, les poils des aisselles. Moi, je me rappelle dans ces croquis parisiens buissements qui vantent les poils sous les aisselles des femmes en disant « Ah, c'est extraordinaire qu'elles soient brunes, blondes ou rousses. Ça a une odeur différente et c'est quelque chose de tout à fait excitant. » Je me rappelle aussi ce que disait cet inspecteur de théâtre, Émile Bayard, à la fin du XIXe siècle. Il voit tout à coup, lors d'une représentation théâtrale, des poils sous les aisselles qui ont été enlevées. Et il dit « Mais qu'est-ce que c'est que ça ? C'est incroyable !
» Il doit y avoir ce point sur le « i » et là, on a enlevé ce point sur le « i ». Donc, il faut bien voir comment tout cela a évolué et notamment, il y a eu d'une part les bains avec les congés payés et donc une forme de dénudement des corps après le port de la robe longue. Il y a eu aussi après la Deuxième Guerre en 1946 l'introduction des bains en nylon et donc voir des poils sous les bains en nylon. Il y a eu ce problème qui a été... Donc, on a véritablement affaire à quelque chose qui est très variable selon les époques de l'histoire et à ce titre-là, donc, il faut relativiser les choses.
Et puis, aussi, Christian Bonberger, il y a une époque où, par exemple, s'épilaient les aisselles, c'était mal vu.
C'était mal vu, en effet, oui, oui. Donc, je vous disais que cet inspecteur de théâtre était tout à fait choqué dans la mesure où il ne voyait plus de poils sous les aisselles et donc, c'était véritablement d'ailleurs un signe de mauvaise vie que de se faire épiler. C'était véritablement uniquement les prostituées qui se faisaient épiler à ce moment-là et donc, quelque chose qui ne correspondait pas véritablement aux normes. Et puis alors, il faut aussi bien voir comment ces normes varient selon les sociétés. Par exemple, moi, ce qui me frappait beaucoup en Iran, c'était de voir comment des jeunes filles qui n'étaient pas mariées étaient... gardaient leurs poils et leurs sourcils étaient...
On appelait ça des pattes de chèvre d'ailleurs tellement... C'était... C'était... Drupes. C'était dans tous les sens. Et puis, dès que cette femme était mariée, la veille ou l'avant-veille, l'épilatrice passe par là avec son fil, avec ce vajébi, c'est-à-dire sa crème dépilatoire à base de chaud, etc. Et donc, à ce moment-là, il y a un corps entièrement lisse qui est offert au mari au moment du mariage.
Alors, message d'Elisabeth sur l'application France Inter. Séduite par les revendications de la jeune génération féministe, j'avais décidé de garder cet été mes poils des aisselles, mais j'ai craqué hier. Comme quoi, les conditionnements ont la vie dure. Milena, Younes, Lina, comment est-ce qu'on peut finalement se détacher de quelque chose qui est plus qu'ancré en nous, c'est-à-dire qui est presque instinctif, je ne sais pas comment le dire,
c'est pour ça que, en tout cas, dans les enquêtes que j'ai faites, dans les entretiens que j'ai faits, il y a rarement des femmes, en tout cas, juste après MeToo, qui arrêtent complètement de s'épiler. C'est toujours des questionnements, des « est-ce que je vais réussir à le faire ? » à les montrer par peur des agressions de ce qu'on va penser et de elles-mêmes ce qu'elles vont penser, est-ce qu'elles vont aimer ou pas leur corps.
Et là, aussi, par rapport à ce que je viens d'entendre, ça prouve aussi à quel point le problème n'est pas le poil en tant que tel, mais en quoi il participe de la réactualisation, de la domination et il participe de l'intériorisation, de l'hétérosexualité et du respect de l'hétérosexualité. Et par rapport à toutes les violences verbales auxquelles vous faisiez référence tout à l'heure, on voit que ça permet vraiment aussi de réactualiser un pouvoir pour les hommes et dans les enquêtes que j'ai faites dans les lycées, c'est la même chose. Les moqueries des garçons envers les filles en disant que « ah, t'es moche », etc. c'est pour aussi réinstaurer une forme de pouvoir.
Et il y a même des violences dans l'intimité aussi avec des violences sexuelles, avec des moqueries sur le corps. « T'as pas le bon corps, t'as un corps trop pro. »
Mais ce que vous dites, ça veut dire que ça n'existe que chez les hétérosexuels. Il n'y a aucune pression, volonté de normer dans la communauté LGBT.
Si, bien sûr, complètement. Chez les lesbiennes aussi, ça dépend des contextes sociaux, de leur positionnement politique, de si elles sont féministes ou pas. Et il y a aussi ces normes-là qui sont très importantes parce qu'on les a toutes intériorisées depuis petites et petites. Le fait que c'est dégoûtant parce qu'en fait on n'a pas le bon corps. Mais il y a des femmes lesbiennes, féministes qui sont dans un processus d'arrêt de l'épilation et qui est aussi une forme de déshétérosexualisation pour pas être regardées par les hommes avec leur corps lisse dans un système hétérosexuel.
Et là, on voit aussi que les goûts et dégouts changent parce qu'il y a des enquêtés qui m'ont dit qu'elles se sont mises à aimer leurs propres poils parce que leur petite copine avait des poils et qu'elles désiraient ces petites copines et elles se sont dit mais en fait c'est trop beau et on voit comment est-ce que le goût et le dégoût peut bouger et à quel point il est social
et il est intériorisé. Victoire d'où ? Je rebondis sur ce que disait Mylena sur l'hétérosexualité. L'hétérosexualité fait comme modèle politique énormément de mal aux femmes et aussi aux hommes. D'ailleurs, je dis souvent que le patriarcat fait aussi du mal aux hommes. Ils ne peuvent plus pleurer, ils ne peuvent plus s'épiler. et moi j'ai vécu cette sortie de l'hétérosexualité là en faisant mon coming out lesbien et à partir de ce moment-là je me suis libérée que ce soit ça m'a aidée à me libérer encore plus sur les poils surtout en fait sur le regard et je me suis sentie enfin à égalité et plus dans un jeu de séduction malveillant et dégoûtant descendant de l'hétérosexualité imposée.
Après, il n'y a pas forcément que ça Elsa nous écrit par mail je suis kinésithérapeute les femmes s'excusent souvent en séance quand elles doivent enlever leurs pantalons qu'elles ne sont pas parfaitement épilées je suis obligée de leur dire que je m'en fous et qu'on n'est pas là pour ça. Combien de fois je me suis excusée même chez le gynéco ? Mais alors même chez l'esthéticienne
même chez l'esthéticienne certaines arrivent et quand elles ont attendu trop longtemps s'excusent d'avoir attendu trop longtemps ce qui est quand même un petit comble puisque là elles viennent s'offrir le fait de les faire retirer comment le regard d'une esthéticienne pourrait être un grand jugement
Et comment le métier Nadège de Kenuit vit un petit peu tous ces bousculements
en cours et ces transformations ?
En tant que spécialiste de la beauté on va exécuter entre guillemets les normes qu'on nous demande alors effectivement je rejoins ce qui vient d'être dit on est dans une société qui est encore très hétéronormée avec certains stéréotypes qui ont été affectés au genre aujourd'hui encore la plupart des personnes se construisent soit en accord soit contre ces normes donc on a un choix de positionnement qui est propre à chacun à nous de l'accompagner au mieux de faire en sorte justement quand les gens viennent veulent respecter quelque part cette norme et font appeler nos services que ce soit pas contraint subi et qu'on respecte un minimum la biologie de son corps ça j'en suis la garante et quand on veut être à l'encontre de ces normes mais c'est valable sur l'épilation et c'est valable sur d'autres prestations beauté à nous aussi d'accompagner et avec bienveillance de faire comprendre à nos clients qu'on a le droit de se situer en dehors de cette norme c'est le cas des femmes qui ne s'épilent pas sur certaines zones le sourcil par exemple qui a été très travaillé pendant des années aujourd'hui ça n'est plus du tout la tendance on revient à un sourcil qui respecte davantage l'architecture naturelle du visage donc c'est quelque chose qu'on accompagne et à l'inverse on voit des personnes de genre masculin qui ne veulent pas suivre cet ancien code hétéronormé et veulent en inventer un nouveau peut-être plus uber sexuel comme on a pu le dire à un moment ou maître sexuel et se dire finalement la peau glabre ça peut être aussi pour moi et on va aussi accompagner
on a d'ailleurs Thierry qui nous écrit par mail j'ai pris l'habitude de plus avoir de poils j'aime bien je trouve que c'est confortable esthétique et hygiénique Christian Bromberger est-ce qu'on peut juste refaire un petit point pourquoi le poil est associé à la saleté ?
oui alors le poil est associé à la saleté parce qu'il retient les excréments la sueur les matières fécales etc etc et donc c'est pour ça que dans cette période d'hygiénisme qui est la nôtre dans cette période de désodorisation également qui est la nôtre il est évident que le poil a mauvaise réputation alors ce que je voulais dire aussi c'est que en définitive pourquoi y a-t-il toute cette polémique autour des poils parce que c'est la seule partie du corps l'excroissance du corps les seules fanères sur lesquelles nous puissions agir avec les ongles si vous vous coupez un doigt le doigt est coupé définitivement si vous vous coupez les poils ils peuvent repousser et donc il y a là si vous voulez la possibilité de jouer sur son apparence pileuse ce qui n'est pas donné pour tous les organes du corps
tu sais ce qui veut dire quelque part Milena Younes-Linard que le poil on dit peut devenir politique mais ce n'est pas définitif c'est-à-dire qu'on va s'inscrire dans un mouvement potentiellement sur une durée mais qui n'est pas forcément définitive on va se dire tiens là pendant quelques mois j'ai envie de m'inscrire dans ce mouvement-là donc je vais laisser pousser mes poils et puis peut-être que plus tard si je n'ai plus envie je pourrais les épiler vous voyez il y a une forme de maléabilité
je pense que ça c'est variable par rapport aussi au sens que les personnes donnent au poil est-ce que c'est quelque chose de dégueu qui fait que je ne suis pas dans le bon genre est-ce que c'est quelque chose de beau, de moche ça c'est des choses qui évoluent mais étant donné le rôle que les poils ont dans l'entrée dans l'hétérosexualité et dans le fait d'être dans le bon genre binaire les gens n'ont pas énormément de marge de manœuvre parce que c'est extrêmement connoté donc par contre moi dans mes enquêtés j'ai vu des personnes qui arrêtaient de s'épiler sortaient de l'hétérosexualité se mettaient à bien aimer les poils et qui après avaient un peu un autre rapport au poil pouvoir se les enlever un peu quand elles voulaient mais aussi même pour des par exemple moi j'ai fait des enquêtes dans un lycée dans des lycées et c'était aussi pour des filles qui s'épilaient une manière aussi de gérer les rapports amicaux les rapports de pouvoir aussi dans le lycée le fait de s'épiler de savoir le faire c'est aussi une compétence pour certaines jeunes filles à 15-16 ans dire moi je suis la meilleure je sais le faire et aussi une manière de dire quand il y a des rapports de pouvoir importants avec les professeurs etc.
de s'épiler en classe en disant regardez moi en fait et donc c'est aussi une manière de renverser certains rapports de pouvoir et donc les femmes utilisent tout le temps et par rapport aux esthéticiennes j'ai fait aussi des entretiens avec des esthéticiennes et notamment des femmes qui étaient en formation et ce dont je me suis rendu compte c'est qu'il y avait aussi une intériorisation spécifique de l'épilation pour les esthéticiennes en formation parce qu'il y a des jeunes filles qui se disent ah mais moi j'ai envie d'être esthéticienne parce qu'elles ont envie de prendre soin etc.
et qu'il y a un vrai rapport de soins et en fait elles savent pas qu'elles vont épiler autant et par contre pour apprendre à s'épiler elles s'épilent les unes les autres en classe et donc là aussi il y a une intériorisation assez jeune de l'épilation qui est assez spécifique pour les esthéticiennes en formation
et à propos d'intériorisation Marion nous écrit sur l'application France Inter mon fils de 7 ans a été étonné de voir sa camarade de classe avec des poils sous les bras il ne comprenait pas parce que pour lui les femmes n'ont pas de poils sous les bras comme quoi il y a encore du chemin à parcourir continuez de nous écrire on vous attend toujours jusqu'à 13h sur l'application France Inter et par mail débat de midi
on m'a dit t'es trop douce t'es trop lisse tout glisse sur toi sois moins tendre et descends ta voix tu sais les gens gentils comme toi on aime pas ça faut te durcir on t'écoutera pas je veux m'aider on est prudent parce qu'on n'a pas trouvé de poils fossiles de peau fossile d'homme préhistorique pour être certain de la disparition une hypothèse qui est assez intéressante assez crédible c'est d'imaginer que ça s'est fait au changement de stature de l'humanité quand on est passé des formes d'australopithèques qui étaient des humains un peu plus petits que nous ils vivaient dans des environnements un petit peu plus fermés plus spécifiques ils avaient des bras plus longs des jambes plus courtes ils se déplaçaient sur des distances plus faibles et puis ensuite il y a eu Homo erectus Homo erectus c'est le premier humain avec un corps comme le nôtre et cet humain a aussi eu des déplacements beaucoup plus grands on le retrouve presque instantanément depuis l'Afrique du Sud jusqu'au fin fond de l'Asie donc il n'est pas impossible que ces déplacements plus longs aient aussi un changement sur la physiologie la manière de fonctionner du corps et que par exemple pour se déplacer longtemps c'est assez utile surtout si on veut courir de pouvoir transpirer plus facilement et pour ça il vaut mieux avoir des petits poils qu'une grosse couverture
la voix du paléo-anthropologue Antoine Balzot c'était en mai dernier dans la Terre au Carré et un petit coucou à Mathieu Vidard au passage sur la disparition de la fourrure donc ça date quand même d'il y a un bon deux millions d'années puisqu'il nous parle d'Homo erectus le poil dont on parle aujourd'hui dans le débat de midi avec mes quatre invités je vous rappelle Christian Bromberger anthropologue auteur du livre Les sens du poil une anthropologie de la pilosité Victoire Doux illustratrice et dans le documentaire Libre et à poils Nadège Dequenuit esthéticienne vice-présidente de la Confédération Nationale Artisanale des Instituts de Beauté et des Spas et Milena Younes-Linard sociologue au laboratoire études de genre et sexualité à Paris 8 Antoine Balzot parlait de l'utilité du poil quand Homo erectus avant Homo sapiens s'est déplacé Nadège Dequenuit le poil est utile pour la transpiration pour la régulation thermique
du corps en particulier on n'a rien qui est fait par hasard sur notre anatomie donc tout a eu ou a une utilité c'est d'ailleurs un des débats sur le poil quelle est exactement sa fonction notamment sur les zones sur lesquelles il est le plus apparent c'est à dire que là
en ce moment
il fait très chaud il nous aide à vivre un petit peu mieux la canicule qu'on est en train de se prendre alors un poil ça peut être s'il est dense un bon isolant thermique c'est le cas de certaines fourrures d'animaux qui leur font une couche d'air qui reste et qui tempère là il a plus pour fonction parce qu'en fait sur l'appareil puis le CBC est associé notamment nos glandes sudoripares donc il a plus pour fonction de guider la sueur et de lui permettre un écoulement en surface qui va s'évaporer au fur et à mesure donc effectivement une espèce de micro-climatisation qu'on a sur la totalité de la surface du corps la question est plus le duvet qu'on a sur la majeure partie du corps remplit relativement bien cette fonction pourquoi sur certaines zones on a une grosse influence hormonale qui fait que ce poil est beaucoup plus épais plus visible plus drus il y a des hypothèses au niveau des aisselles au niveau du pubis ce sont des zones de frottement donc on suppose que le poil aide à faire un peu glissement finalement sur ces zones-là ça reste un débat parce qu'on n'a pas réussi à le prouver ce qui est certain c'est que l'ensemble de nos poils peu importe leur forme leur longueur et leur couleur vont aussi aider à maintenir notre tissu bactérien ce qu'on appelle notre microbiote en surface et qui est notre première défense contre tout ce qui vient de l'extérieur d'où peut-être l'idée
alors que certains trouvent que ce n'est pas hygiénique pour revenir là-dessus même si il faut le redire ce n'est pas ça
peut-être sauf que nos bactéries elles luttent contre les mauvaises bactéries de l'extérieur donc il y a une faune une flore qu'il faut conserver sur nous aussi et c'est là où même en tant qu'estaticienne mais parce que je suis formée en biologie à minima je ne peux pas prôner une épilation intégrale de tout le corps ça, ça ne fonctionnerait pas sur des petites zones on peut tout à fait l'envisager sans que ça dérègle non plus l'ensemble du corps Christian Bromberger rapidement oui, écoutez je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce qui vient d'être dit bon, le poil a sans doute une fonction mais c'est vrai que depuis que Homo erectus n'en a plus besoin pour se couvrir et qu'il court beaucoup ce qui fait que en définitive il n'a plus besoin de cette couverture de poil regardez par exemple Marlène Dietrich elle s'était fait complètement épiler les sourcils or les sourcils ont pour fonction de retenir la sueur qui tombe de notre front mais à vrai dire je crois me semble-t-il que le poil n'a plus une grande utilité et c'est pour ça d'ailleurs qu'on le traite aussi différemment selon les sexes selon les périodes etc.
Victoire Doux ?
Alors moi j'ai remarqué justement qu'on me faisait très souvent la remarque du manque d'hygiène et que ça devait sentir très mauvais et alors j'ai remarqué que depuis que je ne m'épile plus et notamment sous les bras je ne transpire plus et pourtant je suis quelqu'un qui a très très très chaud même en hiver et que je n'avais plus d'odeur voilà donc après tout dépend aussi de nos hormones et nos corps sont tous différents mais j'ai remarqué ça donc voilà mais ça me fait toujours rire cette remarque sur la non-hygiène comme si j'arrêtais de me laver parce que j'avais des poux Sylvain nous écrit je trouve que les femmes sont plus cruelles et normatives entre elles que beaucoup de gars que je connais personnellement les choix pileux de ma partenaire sont les siens mais son choix semble être dicté par l'image renvoyée à l'extérieur du couple finalement Milena Younes-Linard on ne s'épile pas pour nous-mêmes enfin pas totalement pour nous-mêmes c'est toujours le regard des autres qui va compter
bah oui c'est ça parce que puisque l'apprentissage de ces pratiques esthétiques se fait par des moqueries par des injonctions avec la peur de ce que les autres vont voir de nous-mêmes et que évidemment le regard des autres est extrêmement important notamment parce qu'il y a eu des moqueries et même on parlait de moqueries sexistes mais il y a aussi des moqueries racistes on dit les portugais sont trop poilus il y a des moqueries racistes envers enfin qui qui sont enfin et qui existent depuis depuis l'école primaire moi j'ai des enquêtés qui me disent qu'elles ont pris des injures racistes assez jeunes par rapport aux poils donc en fait tout ça c'est complètement intériorisé mais après évidemment il y a l'intériorisation du désir de les enlever parce qu'on se trouve moche on se trouve pas être dans le
et alors justement par rapport à ça il y a des poils Nadège de Kenuit
qui sont plus mal vécus que d'autres c'est ça ?
oui on parlait du regard par rapport aux normes genrées et il y a d'autres poils qui sont encore moins bien vécues sans les poils qui sont liés à l'âge on est dans une société qui prône le jeunisme je vous apprendrai rien et donc les messieurs avec des poils dans les oreilles qui sortent et qui sont longs ou des poils de sourcil qui deviennent drus qui deviennent broussailleux avec l'âge les poils du nez qui également prennent en longueur avec l'endropause on peut également mettre dans cette case-là les poils au niveau de la moustache et du menton qui peuvent apparaître sur les visages féminins au moment de la ménopause ça dit quelque chose de notre âge et ça ça met extrêmement mal à l'aise dans la société de nos jours
Christian Bromberger est-ce que vous pensez que le confinement a pu faire avancer un petit peu alors la cause je ne sais pas s'il faut le dire comme ça mais en tout cas détendre un petit peu les gens par rapport à ça parce qu'ils ont quelque part un peu moins fait attention justement à tout ce regard des autres et toutes ces injonctions comme on dit
oui je crois si vous voulez que le confinement en effet joue un rôle important dans la mesure où comme c'était rappelé tout à l'heure le traitement de ces poils c'est à la fois une discipline sexuelle mais c'est aussi une discipline sociale et à ce titre-là donc tout ce qui touche au paraître correct dans la vie sociale s'est un peu estompé pendant le confinement
Victor Ardoux moi j'ai une question est-ce que respecter totalement les femmes qui ne s'épilent pas mais trouver ça moche peut faire de moi une affreuse réac non pas du tout pas du tout c'est très difficile de modifier son propre regard moi-même j'ai trouvé ça moche pendant des années j'étais la première à dire c'est moche et la première à dire ça me fait plaisir je suis contente d'aller chez les stéticiennes c'est mon petit moment à moi parce que j'avais intégré ça en effet sous cette société très très hétérosexualisée et en fait vous savez moi je dis souvent quand on éduque un enfant ça peut ça dure des années parfois des dizaines d'années on n'est jamais totalement terminé d'être éduqué donc se rééduquer soi-même et déconstruire son propre regard alors qu'on est souvent beaucoup plus difficile avec soi-même qu'avec les autres c'est très très long vous voyez moi je suis venue là chez vous je ne suis pas épilée mais je suis maquillée le féminisme aussi est plein de contradictions parce que tout ça c'est très long à déconstruire donc ça ça répond aussi mais est-ce que l'idée ultime du coup ça serait de ne plus du tout ni se maquiller ni s'épiler ni donc revient vraiment entre guillemets à l'état je mets des guillemets sauvages pas du tout le rêve un peu utopique serait qu'on ait déconstruit tout ça qu'un homme puisse mettre du vernis sans qu'on lui fasse une remarque qu'une femme ne se maquille pas sans qu'on lui dise t'as l'air fatiguée tu ne t'es pas mise en beauté voilà qu'on déconstruise tout ça et qu'on soit tranquille et qu'il n'y ait plus ces espèces de normes genrées imposées donc il n'y aura pas d'inversement des injonctions si je peux le dire comme ça Mylena Younes-Linard que en gros on a encore le droit de s'épiler c'est-à-dire ce n'est pas parce que maintenant on s'épile qu'on va être une anti-féministe
par exemple ah non enfin alors ce qui est intéressant c'est de voir que s'il y a une possibilité de plus s'épiler pour certaines femmes et de montrer leurs poils c'est parce qu'il y a d'autres un peu cultures esthétiques qui se développent et dans certains par exemple des milieux féministes ou même sur internet etc des revalorisations de montrer ses poils parce que c'est montrer qu'on est féministe qu'on reprend enfin qu'on essaye de critiquer le système hétérosexuel et le système de genre et donc c'est valorisé et c'est pour ça que ça devient possible parce que sinon on le voit bien il y a une évolution énorme il y a encore 10 ans il y avait extrêmement peu de femmes qui montraient leurs poils dans la rue même il y a encore 3-4 ans c'était pratiquement impossible et c'est parce qu'il y a une valorisation d'un certain type de féminisme qui critique ces choses là mais il n'y a pas une injonction à l'envers par contre en effet il peut y avoir des lieux où ça fait bien de montrer ses poils parce que c'est aussi un caractère de reconnaissance féministe et de certains positionnements politiques et donc d'inclusion quelque part aussi notamment sur le féminisme tout à fait en fait s'il y a une possibilité de montrer ses poils c'est parce qu'il y a une valorisation et une inclusion d'un certain type de féminisme aujourd'hui
Christian Bromberg et vous qui avez une vue un peu comme ça globale sur toute l'histoire est-ce que l'époque qu'on vit actuellement avec notamment aussi les mouvements sur les réseaux sociaux il y a beaucoup de choses qui se sont mises en place est-ce que vous le voyez comment il se passe vraiment quelque chose vous pensez que
il y a des tendances contradictoires et c'est ça qui est frappant de voir comment les métros sexuels par exemple imposent une norme qui est l'épilation comment aussi les hommes font disparaître leurs poils et en même temps comment il y a cette barbe qui réapparaît et qui est quelque chose de fort dans notre société mais une barbe qui n'a rien à voir avec la moustache du drue du gendarme ou bien avec la barbe du révolutionnaire mais qui est une barbe très entretenue avec une moustache qui n'est pas agressive
Victoire Doux ? Je rebondis juste sur ce qu'on a dit avant moi je ne suis pas du tout contre les femmes qui s'épilent bien au contraire je soutiens tout le monde simplement je voulais dire mes dessins par exemple et de faire apparaître les poils c'est aussi pour la jeune fille qui a reçu des réflexions qui va sortir avec un petit début de repousse pour qu'elle se sente bien et qu'elle se dise bon bah il y a Vic Doux elle est pleine de poils moi c'est bon j'ai juste ma repousse c'est pas grave je déstresse Nadège de Kenuit est-ce que vous pensez que votre métier en tout cas celui d'épiler a de l'avenir ?
et même je dirais j'adorerais l'exercer dans le monde que décrivait Victoire un monde où on se sent obligé ni de faire une chose ni de ne pas la faire où on la fait voilà justement parce que à un moment on trouve ça joli j'adorerais pratiquer mon métier comme ça et en attendant compter sur l'ensemble des esthéticiens et des esthéticiennes pour accompagner au mieux justement chaque personne dans sa quête personnelle par rapport à cette norme
qui sont donc réunis dans la Confédération nationale artisanale des instituts de beauté et de spa pour terminer ce petit sondage ce petit vote qu'on demande tous les jours sur Twitter aujourd'hui il fallait choisir rasoir crème cire laser ou pas d'épilation mais résultat on n'est pas encore à pas d'épilation c'est rasoir crème qui l'emporte 44,4% deuxième pas d'épilation quand même 28,3% des votes ensuite la cire 16,8% et le laser 10,4% merci beaucoup à vous quatre d'être venus dans le débat de midi merci à France Bleu Provence également et à demain en direct à midi et à bicyclette cette fois avec cette question le vélo est-il un truc de bobo bon après-midi les amis