Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRadio J — L'interview politique· 10 janvier 2025 14 minContradictoireFond programmatiqueBudget & impôtsRetraitesÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

Emmanuel Grégoire - Le Barbier du matin du 10/01/25

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteRéponse directe

    Emmanuel Grégoire, bonjour et bienvenue, député de Paris et candidat pour l'élection du maire en 2026.

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Est-ce la bonne méthode de chercher un accord de non-censure ?

  • 1:34OuverteRéponse directe

    La suspension de la réforme des retraites, est-ce que ça, c'est une condition sine qua non ?

  • 1:57RelanceRéponse partielle

    Mais en face, ça faisait des économies réelles, fortes.

  • 3:22OuverteRéponse directe

    Supprimer l'abattement de 10% pour les retraités ou bien supprimer leur taux réduit de CSG, est-ce que ce sont des pistes qui sont acceptables pour vous ?

  • 4:51OuverteRéponse directe

    Parlons de la mairie de Paris maintenant. Est-ce que le 13 mars, nous saurons qui sera le candidat socialiste à la mairie de Paris en 2026 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25Invité politiqueFait
    « Oui, c'est la bonne méthode. D'abord, l'accord de non-censure, ça veut dire que nous sommes des groupes de l'opposition et qu'il n'y a pas d'ambiguïté là-dessus. »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « C'est une condition sine qua non pour deux raisons. La première, c'est que la réforme des retraites est une mesure qui souffre d'une impopularité immense, immense. »
  • 1:48Invité politiqueFait
    « Et deuxièmement, la façon dont elle avait été adoptée, c'est-à-dire un 49-3, est le symbole de ce qui ne peut plus advenir dans la nouvelle donne politique issue des élections législatives. »
  • 2:44Invité politiqueChiffre
    « Je rappelle qu'elle est en application immédiate d'un impact d'environ 2 milliards d'euros dans le budget de la nation. »
  • 10:35Invité politiqueFait
    « Il est confirmé que l'année 2024 a été la plus chaude de l'histoire, que nous avons déjà dépassé les 1,5 degrés d'augmentation moyenne, ce qui était l'objectif qu'on s'était obligé à ne pas dépasser. »
  • 11:29Invité politiqueChiffre
    « Paris, un tramurus, c'est entre 10 et 15% du PIB. Au périmètre régional, on est à plus de 35%, en gros, 35% quasiment du PIB. »

Temps de parole

  • Emmanuel Grégoire89 %
  • Présentateur11 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Présentateur

Emmanuel Grégoire, bonjour et bienvenue, député de Paris et candidat pour l'élection du maire en 2026. On va longuement en parler. Quelques mots néanmoins sur la négociation en cours au niveau national autour du budget. Le nouveau Front populaire sans la France insoumise négocie avec le gouvernement. Est-ce la bonne méthode de chercher un accord de non-censure ?

0:25
Emmanuel Grégoire

Oui, c'est la bonne méthode. D'abord, l'accord de non-censure, ça veut dire que nous sommes des groupes de l'opposition et qu'il n'y a pas d'ambiguïté là-dessus. Nous ne participons pas au gouvernement, nous ne soutiendrons pas le gouvernement, sauf dans les discussions, évidemment, où ils permettront que nous y apportions notre patte. Mais c'est important aussi qu'il y ait une stabilité et que le pays puisse être doté d'un budget, mais pas à n'importe quelle condition. Et c'est vrai, point positif, il y a une vraie discussion qui s'est engagée avec les socialistes, les écologistes et les communistes et le gouvernement. Il y a encore beaucoup de travail à mener.

On n'est pas du tout encore à un accord, mais on sort une disponibilité pour le dialogue, que nous n'avions pas vu avec le gouvernement Barnier. Voilà, simplement, nous avons transmis un certain nombre de demandes. Je ne les qualifie pas de ligne rouge parce que le principe de la discussion, c'est qu'il faut donner l'agilité à nos négociateurs. C'est les présidents de groupes communistes, écologistes et socialistes. Ce sont ceux d'entre nous et les chefs de parti. Ceux d'entre nous qui sont à des postes de responsabilité sur le pilotage, projet de loi de finances et projet de loi de financement de la sécurité sociale.

On verra si le gouvernement veut vraiment trouver le chemin d'un accord de non-censure.

1:34
Présentateur

La suspension de la réforme des retraites, est-ce que ça, c'est une condition sine qua non ?

1:38
Emmanuel Grégoire

C'est une condition sine qua non pour deux raisons. La première, c'est que la réforme des retraites est une mesure qui souffre d'une impopularité immense, immense. Et deuxièmement, la façon dont elle avait été adoptée, c'est-à-dire un 49-3, est le symbole de ce qui ne peut plus advenir dans la nouvelle donne politique issue des élections législatives.

1:57
Présentateur

Mais en face, ça faisait des économies réelles, fortes.

1:59
Emmanuel Grégoire

Ça fait des économies, mais elles ne sont pas indépassables. D'abord, je rappelle que quand nous proposons des mesures qui « aggravent » la situation budgétaire, nous mettons en face des propositions de recettes, que ce soit par la révision des baisses de cotisations, des allègements de cotisations, que ce soit par des mesures ad hoc de recettes supplémentaires. Oui, mais les Français n'en veulent pas. Il faut que le gouvernement l'entende. Ça a été un élément structurant de la campagne des législatives. Je crois que c'est simplement donner droit à l'attente des Français, au moins de suspendre. Nous avons fait un pas. Nous demandions l'abrogation.

Nous considérons qu'effectivement, dans la situation où on est, la suspension, le temps d'attente de nouvelles échéances électorales, est quelque chose à laquelle nous devons réfléchir. Mais c'est une mesure qui est indispensable. Je rappelle qu'elle est en application immédiate d'un impact d'environ 2 milliards d'euros dans le budget de la nation. Ce n'est pas un enjeu qui est hors de portée. Le retour de la retraite à point, ça peut être une solution ? Non, je ne dirais pas ça, parce que ça, c'est un autre sujet. Là, pour le coup, on passerait de l'abrogation et de la suspension à une nouvelle réforme des retraites.

Chaque parti aura l'occasion de développer sa propre vision d'une réforme des retraites dans laquelle il y a des préférences individuelles. C'est la mienne pour une retraite à point, dans laquelle on retirerait l'âge pivot, pour être très clair. Mais ça, c'est un autre temps. Le sujet, là, pour l'instant, c'est d'obtenir la suspension d'une réforme qui n'a été obtenue que par la force, que par la brutalité et un 49-3.

3:22
Présentateur

Supprimer l'abattement de 10% pour les retraités ou bien supprimer leur taux réduit de CSG, est-ce que ce sont des pistes qui sont acceptables pour vous ?

3:30
Emmanuel Grégoire

C'est des mesures difficiles. C'est-à-dire que nous, on considère qu'on est dans un moment difficile, notamment de conjonctures qui créent une tension de pouvoir d'achat très forte et que toutes les mesures qui entraîneraient, entre guillemets, des souffrances quand elles sont absorbées par les foyers individuels et des conséquences économiques désastreuses, parce qu'en contractant la consommation, on aggraverait, entre guillemets, la situation économique, ne sont pas bonnes. On a plusieurs sujets de ce type-là qui pèsent sur le pouvoir d'achat sur lesquels nous demandons de revenir.

On demande un amendement de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie pour des mesures en faveur de l'hôpital, pour revenir comme Barnier l'avait laissé entendre à la toute fin de son gouvernement sur les baisses de remboursement, etc. On veut revenir là-dessus parce que tout ce qui pèse sur le pouvoir d'achat, non seulement est difficile à vivre pour ceux qui en sont victimes, mais aussi a un impact économique immédiat de risque de contraction de l'activité économique par une baisse de la consommation. Parce que ce que les gens paieront, c'est soit du refus de soins, soit de l'argent qui va plutôt dans des restes à charge, on va dire, que pour de la consommation courante.

C'est un exercice subtil. En tout cas, je salue l'esprit de dialogue. On a simplement parfois le sentiment d'une forme de cacophonie gouvernementale. Il ne faut pas qu'en fonction des ministres que nous rencontrons, nous ayons une version différente. Et donc, il faut que le Premier ministre et son cabinet prennent leurs responsabilités face à les arbitrages de sorte que les négociations s'appuient sur des points précis.

4:50
Présentateur

Ça devrait être fait avant mardi. Parlons de la mairie de Paris maintenant. Est-ce que le 13 mars, nous saurons qui sera le candidat socialiste à la mairie de Paris en 2026 ?

4:57
Emmanuel Grégoire

Oui, c'est l'occasion d'expliquer le moment dans lequel on est. Moi, je suis un candidat à la mairie de Paris, mais je suis d'abord issu, ma légitimité, elle est issue d'un collectif militant. Et tout m'oblige par rapport à ce collectif militant. Et donc, c'est vers eux d'abord que nous tournons nos regards. C'est eux qui choisiront le 13 mars qui est candidat, qui est leur chef de file. Et ensuite, vous savez, c'est compliqué. Il y aura toutes les têtes de liste, des centaines de candidats à trouver pour faire les listes. Donc, il y a encore énormément de travail après. Mais c'est un moment de démocratie interne. Paris mérite qu'on prenne le temps de débattre et de convaincre.

Et c'est le cas de ce premier temps dirigé vers les militants socialistes. Combien y aura-t-il de votants le 13 mars ? D'abord, c'est difficile de le dire à l'avance. Mais je pense qu'on est sur entre 2000 et 3000 votants à peu près. Ce n'est pas beaucoup pour 2 millions d'habitants. Mais M. Parbier adhérait au Parti socialiste. C'est un peu tard maintenant pour le faire le 13 mars. Mais adhérait au Parti socialiste et vous pourrez voter. C'est un principe auquel on est très attaché. Les partis en France n'ont jamais rassemblé énormément de gens. Mais c'est un principe de base. C'est que nous avons une démocratie interne, une démocratie délibérative. Ce sont les militants qui choisissent.

Et pour voter, il suffit d'y trouver une communauté de valeur et de payer sa cotisation, comme on dit.

6:11
Présentateur

Alors, levons quelques hypothèques. Êtes-vous l'homme d'Olivier Faure, donc d'une alliance à terme avec la France insoumise à Paris ? Ce qu'on entend dans la campagne.

6:18
Emmanuel Grégoire

Oui. Alors, d'abord, ce n'est pas très élégant de le présenter ainsi parce que tous ceux qui le formulent ainsi savent très bien que c'est faux. J'ai dit à maintes fois, à maintes reprises, dans une clarté absolue, et chacun connaît mes engagements, chacun connaît, y compris ma relation compliquée à la LFI, du fait que, historiquement, ils sont dans l'opposition municipale et ils se définissent comme tels. LFI, c'est l'opposition municipale. Je ne souhaite pas, au plan local, nouer quelque accord que ce soit avec la LFI. Je le dis de façon respectueuse vis-à-vis des militants LFI et surtout vis-à-vis des électeurs LFI. Mon sujet n'est pas du tout de déclarer la guerre à la LFI.

Mon sujet, c'est simplement que, sur le projet municipal, je n'ai pas de convergence de valeurs et pas de convergence de projets. Et donc, effectivement, j'ai dit on ne peut plus clairement qu'il n'y aura pas d'accord avec LFI à Paris.

7:02
Présentateur

Ce qui se passe au niveau national, ce nouveau front populaire qui se distend dans les négociations dont on a parlé à l'instant, ça va dans votre sens ?

7:09
Emmanuel Grégoire

Oui, d'abord, je n'en doutais pas. Et deuxièmement, ça va dans mon sens, mais pas qu'à Paris. On le voit bien, la LFI construit une stratégie municipale en confrontation avec le reste du nouveau front populaire. Exactement, les exemples sont aussi nombreux que nous avons de villes. C'est simple, c'est toutes les grandes villes dans lesquelles LFI engage, ce qui est un peu son habitude et son plus grand défaut, une stratégie de confrontation, de brutalité, d'interpellation, parfois même d'invective. J'ai du mal, parfois, à le supporter au plan national. Je ne l'ai jamais supporté et pas plus demain qu'hier au plan municipal.

7:43
Présentateur

Alors, autre question politicienne, partisane, mais c'est l'avis des partis. On dit ici, si Emmanuel Grégoire gagne cette primaire à Paris, la FED va se ranger derrière lui bien sûr, et elle fera basculer le congrès du PS qui se tiendra en quelques mois en faveur d'Olivier Faure. Donc certains disent, je ne peux pas voter pour lui à Paris parce que je voudrais changer de premier secrétaire. Vous êtes un peu...

8:01
Emmanuel Grégoire

Moi, je suis proche d'Olivier Faure, je suis proche de François Hollande, je suis proche de Boris Vallaud, je suis proche de toutes les sensibilités. Je vais vous donner mon regard en toute sincérité. Je ne suis pas sûr que l'organisation des débats internes du Parti Socialiste soit à la hauteur du moment historique qu'on vit. Je ne suis pas sûr que les Français aient totalement compris, les petites bisbilles internes et parfois, je trouve que nous donnons le sentiment de nous parler plus à nous-mêmes qu'aux Français. Je ne veux pas tomber dans ce piège-là. Je pense que ça n'intéresse pas du tout les Parisiens et les Parisiens pour le projet municipal que j'entends porter en 2026.

Je prendrai évidemment mes responsabilités. On ne connaît pas la configuration du Congrès, on ne connaît pas le calendrier du Congrès. Ça fait beaucoup de conjectures et d'ailleurs, j'observe que ceux qui formulent ce type d'hypothèses ou de critiques sont des gens qui n'ont pas beaucoup d'autres choses à m'adresser et font de la conjecture sur des choses qu'ils ne maîtrisent pas eux-mêmes. Donc, on en parlera en temps utile. Moi, ce que je vois se dessiner, pour parler quand même, répondre à la question, c'est quoi la stratégie politique du Parti Socialiste, national et local ? C'est une stratégie dans laquelle je vois beaucoup de convergence.

La première, c'est de s'indépendantiser de la France insoumise. La deuxième, c'est dans la bataille de leadership à gauche, d'essayer de retrouver la splendeur des temps anciens où le Parti Socialiste était beaucoup plus fort et inspiré à gouverner et en prendre les leaderships, pour être très clair. Et troisièmement, c'est de mettre au-dessus de tout la question du rassemblement de la gauche. Et que quand les circonstances exceptionnelles peuvent l'exiger, eh bien, ça suppose que chacun fasse des efforts.

Ça a été le cas sur l'accord du NFP, dont j'aurais dit qu'il a été beaucoup critiqué, mais il a été validé par tous ceux qui ont participé à cette discussion, de place publique, les écologistes, les communistes, les socialistes, les insoumis, y compris parce que ça s'est cristallisé sur un moment historique particulier qui était la menace de l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir. Quand cette menace est là et si elle est là, évidemment qu'elle doit éviter à un surcroît de responsabilité. En revanche, par exemple, sur un plan municipal, ça ne me dérange pas du tout de risque de ce type-là.

Et d'ailleurs, dans les villes où il y aura un risque de rassemblement national, dans les villes où le rassemblement national est déjà en responsabilité, j'imagine que la gauche abordera de façon évidente et, j'espère, intelligente, différemment le sujet. Mais à Paris, c'est l'occasion, le lieu précisément, on assume les différences, on assume les divergences et on peut le faire avec beaucoup de fermeté, beaucoup de conviction et le faire plutôt dans le respect et dans le dialogue.

10:22
Présentateur

Quel sera le cœur de votre projet municipal ? Est-ce que ça sera toujours la mutation écologique de la ville un peu à marche forcée ?

10:28
Emmanuel Grégoire

Alors, c'est un enjeu majeur ce sujet. Je le redis d'ailleurs dans une journée un peu particulière aujourd'hui où il est confirmé que l'année 2024 a été la plus chaude de l'histoire, que nous avons déjà dépassé les 1,5 degrés d'augmentation moyenne, ce qui était l'objectif qu'on s'était obligé à ne pas dépasser. Bref, tout va mal sur le plan des indicateurs climatiques. Alors, ça me gêne de le formuler ainsi parce qu'on a l'impression que tout va mal partout, mais l'exigence environnementale, elle est essentielle. Et je ne veux pas reprendre cette expression à marche forcée. c'est un objectif que nous devons nous fixer collectivement et que nous devons assumer.

Il faut le faire méthodiquement en montant l'escalier marche par marche. Il y a encore de très nombreuses marches à monter si on veut atteindre l'objectif de neutralité carbone 2050. Mais il y a plein d'autres priorités. Il y a le sujet de la situation économique. Il faut se préoccuper du modèle économique. On voit bien que l'innovation dans le monde, l'intelligence artificielle va bousculer de façon radicale des pans entiers. Paris qui est le poumon économique du pays. Paris, un tramurus, c'est entre 10 et 15% du PIB. Au périmètre régional, on est à plus de 35%, en gros, 35% quasiment du PIB. Ce qui se passe en matière économique à Paris est essentiel et je compte évidemment y travailler.

Et puis, il y a le sujet de la qualité de vie. C'est quelque chose que j'ai déjà parlé. Être maire, c'est s'occuper du quotidien. C'est s'occuper que tous les matins...

11:49
Présentateur

Ça a été un peu négligé ? Non,

11:51
Emmanuel Grégoire

je ne dirais pas que ça a été négligé. J'ai été premier adjoint d'Anne Hidalgo pendant 6 ans. J'ai été son adjoint au total pendant 10 ans. Donc, le bilan, j'en suis fier, je l'assume et j'ai été un bon observateur pour savoir les endroits sur lesquels nous aurons besoin aujourd'hui et dans l'avenir compte tenu de nouveaux enjeux de renforcer les choses. Paris, par exemple, a connu une augmentation considérable de son activité économique, de sa fréquentation touristique. Ça crée évidemment des nouveaux enjeux. Moi, je veux être un maire qui soit au-delà des grands enjeux de transformation très attentifs au quotidien.

12:26
Présentateur

Dans le quotidien, il y a la sécurité. Quelle sera votre politique en matière de sécurité ? Et je pense notamment face à toutes les agressions, les actes antisémites qu'on a vu se développer.

12:34
Emmanuel Grégoire

Alors, il y a deux sujets là. Il y a le sujet de la tranquillité publique et de la sécurité en général et ce sujet plus particulier qui touche nos amis de la communauté juive dont j'ai l'occasion régulière soit de rencontrer dans le cadre de mes fonctions, évidemment, de mes réseaux amicaux, etc., dans lequel je vois naître quelque chose qui me rend très triste et très en colère. C'est effectivement le sentiment de solitude et de menace qui pèse. Au point, je le dis ici très librement, d'être chagriné quand des amis me disent qu'ils envisagent de partir en Israël non pas parce qu'ils le souhaitent et ça, c'est autre chose.

Il y a plein de gens qui vivent leur vie mais parce qu'ils se sentent en menace et ils sentent leurs enfants en menace. Et ça, ce n'est pas pensable que des citoyens français se sentent contraints de quitter leur pays parce qu'ils n'y seraient plus le bienvenus sur le plan symbolique et, pire encore, sur le plan pratique. On le sait, c'est extrêmement documenté et je suis cela très près avec la préfecture de police, notamment ce qui concerne en particulier Paris. L'explosion des agressions antisémites, c'est intolérable. Ça suppose évidemment une immense fermeté de la police et ensuite des suites judiciaires qui y sont données.

Ça suppose également un travail collectif de dialogue, de rencontre, de discussion. Ça se joue aussi, je le crois, beaucoup aussi à l'école. À l'école et donc l'une des choses que moi, je souhaiterais faire, c'est m'engager sur ces sujets-là à l'école. Que des adultes soient imbéciles, malheureusement, l'histoire montre que c'est une vérité éternelle. En revanche, on ne peut pas accepter que si jeunes s'installent à l'école, au collège, au lycée, une forme de ségrégation, l'antisémitisme, le racisme en était une autre forme, évidemment. Il faut sauver les enfants des aigreurs et des méchancetés de leurs parents, parfois.

14:26
Présentateur

Emmanuel Grégoire, merci et bonne journée.

14:28
Emmanuel Grégoire

Sous-titrage Société Radio-Canada