“Les défis de la France” : Emmanuel Macron tente de reprendre la main
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:47OuverteRéponse directe
Est-ce que ça vous fait penser à d'autres présidents ?
- 4:06OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on l'a bien vu hier avec Emmanuel Macron ?
- 7:05OuverteRéponse directe
Comment un homme politique aussi expérimenté que François Bayrou peut devenir, en l'espace de quelques semaines, un homme, semble-t-il, impuissant ou empêché d'agir ?
- 10:21OuverteRéponse directe
C'est un système binaire, c'est un système de bipolarisation. On est maintenant dans une réalité politique qui est où il y a trois forces, pour aller vite.
- 14:00OuverteRéponse directe
Est-ce que, à l'issue de cette prochaine élection, on reviendra à un système bipolaire et lequel ?
- 36:05OuverteRéponse directe
un commentaire
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:42InvitéChiffre
« 13% d'opinions favorables à la fin de son mandat. »
- 9:02InvitéChiffre
« c'est pire pour François Bayrou, puisque elle baisse pour le quatrième mois consécutif à 14% des Français qui lui font confiance »
- 24:12Locuteur non identifiéFait
« nous le savons depuis une quinzaine d'années depuis que les Etats-Unis ont décidé de ne pas aller en Syrie avec nous »
- 24:27Locuteur non identifiéFait
« c'est America first et c'est légitime et c'est l'obsession chinoise si je puis dire aujourd'hui »
- 24:42Locuteur non identifiéFait
« nous avons quasiment la seule armée indépendante »
- 35:46Locuteur non identifiéFait
« nous voulons porter cette voie de paix de respect de reconnaissance réciproque »
- 35:57Locuteur non identifiéFait
« le seul moyen d'y arriver c'est qu'il y ait un état de Palestine un état d'Israël qui vivent côte à côte »
- 36:14InvitéFait
« ça fait 8 ans qu'il pratique Trump Poutine ou Netanyahou »
- 36:57InvitéFait
« son propos hier soir était très clair pour ce qui concerne Gaza »
- 37:18InvitéFait
« sur la honte de la politique israélienne à Gaza »
- 37:34Locuteur non identifiéFait
« il répète ce qu'il a déjà dit à quel point il est consterné effaré attristé »
- 37:42Locuteur non identifiéFait
« il a rappelé son voyage récent en Égypte à la frontière avec Gaza »
Temps de parole
- Invité56 %
- Invité 226 %
- Locuteur non identifié12 %
- Locuteur non identifié 25 %
≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Culture. Les matins de France Culture. Guillaume Erner.
Face aux colères, Macron défend son bilan. Ça, c'est la une du Figaro. Un sentiment d'impuissance. Ça, c'est la une du Parisien. Sur TF1, mardi soir, le président Macron s'est livré à un long exercice de défense de ses huit ans à l'Elysée, sans ouvrir, dit le Parisien, de perspective réelle pour la fin de son mandat. Et effectivement, Gérard Courtois, bonjour. Vous êtes journaliste politique. Vous avez notamment publié la saga des élections présidentielles chez Perrin. Bon, les commentaires sont plutôt durs ce matin sur l'appréciation d'Emmanuel Macron. Oui, inévitablement, un président impuissant ne peut pas annoncer des choses tellement spectaculaires ou significatives.
Or, il est impuissant, ou très largement impuissant, depuis 2022, les législatives qui ont suivi sa réélection, et surtout 2024, au lendemain de la dissolution. Donc, voilà, il a fait du Macron, si je puis dire. Il a fait du Macron, c'est-à-dire trois heures de démonstration d'une sorte d'omni-science, d'omni-compétence, de plaidoyer pro-domo, avec talent. Je ne sais pas si vous avez vu, Guillaume, à un moment, il a épousté sa veste comme ça, d'un petit geste. Moi, ça m'a fait penser à James Bond. On lui envoie dix adversaires, il les rétame tous, et il sort de là, impeccable, un petit sourire, et la veste, nickel. Bon, et il refait éternellement le grand débat.
Ça a été son, si je puis dire, son acmé à un moment, son grande œuvre. Et à l'époque, c'était une opération de survie importante et qu'il avait réussi. Et éternellement, il refait le grand débat, mais à vide, si je puis dire. Dans votre livre Gérard Courtois, la saga des élections présidentielles, vous retracez l'histoire de ce moment essentiel de la politique française depuis 1965. Vous exposez les origines, les évolutions institutionnelles. Il faudrait faire aussi un livre, d'ailleurs, vous en parler, sur les relances des mandats présidentiels, puisque c'est ce à quoi on assiste, ou c'est ce à quoi a tenté de se livrer Emmanuel Macron hier.
Est-ce que ça vous fait penser à d'autres présidents ? Oui, mais ce n'est pas tellement sur le mode de la relance, c'est sur le mode de la fin de mandat. Et de la fin de mandat, soit impuissante, soit crépusculaire. Par exemple, la fin de mandat de François Mitterrand a été crépusculaire, y compris parce que la maladie l'affaiblissait. La fin de mandat de Jacques Chirac, de la même manière. Peut-être pour les mêmes raisons, d'ailleurs. Et probablement en partie pour les mêmes raisons, mais aussi... Jacques Chirac avait un AVC dont on a peu parlé à l'époque.
Mais aussi parce qu'il avait un compétiteur ou contestataire, concurrent, si je puis dire, qui était Nicolas Sarkozy, qui a pris son élan à ce moment-là. La fin de mandat de François Hollande a également été, disons, assez pathétique. Donc les fins de mandat... 13% d'opinions favorables à la fin de son mandat. Voilà, le pire résultat, les pires sondages d'un... La pire contre-performance. Je ne sais pas si on peut dire ça ainsi, mais en tout cas, c'est ce qui l'avait conduit à décider de ne pas se représenter. Les fins de mandat sont difficiles. Et là, et encore plus, les fins de deuxième mandat.
Alors justement, c'est là-dessus que je voulais vous entendre, parce qu'on a vraiment l'impression qu'il y a une malédiction du deuxième mandat. Et il y a eu cette malédiction-là pour François Mitterrand. Et également, même chose pour Jacques Chirac. Pour Jacques Chirac, absolument. Est-ce que... Bon, alors, l'usure du pouvoir est évidemment un phénomène banal et parfaitement... Je veux dire qu'on observe aisément. Il se trouve que dans les deux cas de Mitterrand et de Chirac, ça s'est doublé de problèmes de santé, de fragilité, de vulnérabilité des hommes. Or, le président de la République, je veux dire une bêtise, une banalité, mais c'est un homme.
Alors, quand il est fragile ou affaibli, eh bien, physiquement, ça pèse évidemment sur sa capacité d'action. Merci. Buvez, buvez, Gérard Courtois ! Je crois que Gérard Courtois a besoin de s'hydrater. En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'on a affaire à des deuxièmes mandats qui, généralement, sont problématiques aussi parce qu'on voit mal le cap, on voit mal la manière dont ceci s'articule. A chaque fois, dans le cas de François Mitterrand, il s'agissait de faire barrage. Dans le cas de Jacques Chirac, il n'y a pas eu d'autre choix aussi que de faire ce même barrage. Et cela ne suffit pas à donner un cap et une orientation politique, Gérard Courtois.
Et on l'a bien vu hier avec Emmanuel Macron, puisque, au fond, tous ces interlocuteurs ou ces contradicteurs n'avaient qu'une seule question, c'est pourquoi n'avez-vous pas fait ce que vous dites depuis huit ans ? Donc, on était dans un exercice de bilan qu'il voulait faire, qu'il voulait conduire, Macron. Mais un bilan qui, évidemment, quand on est au stade du bilan, et il est au stade du bilan puisqu'il ne pourra plus faire grand-chose sur la scène nationale dans les deux ans qui viennent, la scène internationale, c'est autre chose. Il existe, il a l'expérience, il est un des plus capés de cette tribu de responsables internationaux, mondiaux.
Donc là, il peut agir avec les limites européens, les contraintes, etc. Mais sur la scène nationale, il est, à mon sens, impuissant. Et ce qui était assez troublant hier, et problématique, à mon avis, pour le chef du gouvernement, pour François Bayrou, c'est qu'il s'est senti obligé d'intervenir sur tous les sujets nationaux, comme si le Premier ministre n'occupait pas le terrain. C'est étonnant, d'ailleurs, parce que François Bayrou est, je crois, un homme politique expérimenté. Il n'a pas débuté la politique récemment. Et là aussi, il semble désarmé, ou j'emploie le terme qu'utilise l'éditorial du Figaro, le pouvoir désarmé.
Comment un homme politique aussi expérimenté que François Bayrou peut devenir, en l'espace de quelques semaines, un homme, semble-t-il, impuissant ou empêché d'agir ? Déjà, c'est un chef de gouvernement qui n'a pas de majorité. Donc, au point de départ, déjà, la situation est plus qu'inconfortable. Et puis, on oublie que François Bayrou, il a exercé des fonctions ministérielles pendant quatre ans. Il a commencé par un faux pas magistral. À peine arrivé, il a voulu réformer la loi Fallou et le financement des écoles privées catholiques par les communes. Il a déclenché une fronde gigantesque qui était, au fond, la réponse des laïcs aux manifestations en faveur de l'école dite libre de 1984.
Et après, François Bayrou a duré. Il s'est employé, efforcé, et a réussi, à ne pas faire de vagues et à ne plus faire de faux pas. Il a failli sauter, quand même, dans cette histoire-là. Donc, sa seule expérience, en dehors du ministère de la Parole, qu'il a exercé ensuite, ces quatre ans de, allez, j'allais dire d'inaction, il sauterait au plafond s'il entendait ça, mais en tout cas, d'action extraordinairement prudente. Ce qui fait qu'aujourd'hui, on a une cote de confiance d'Emmanuel Macron qui est stable et basse à 21%, mais c'est pire pour François Bayrou, puisque elle baisse pour le quatrième mois consécutif à 14% des Français qui lui font confiance, Gérard Courtois.
Oui, écoutez, il n'y a pas de majorité, il n'y a pas de cap fixé, il n'y a pas de possibilité d'agir de manière, sur des sujets importants. Voilà, donc les Français ne sont pas stupides, ils voient bien qu'il fait fonction d'eux, Bayrou, mais il n'a pas les moyens d'agir. Alors, il y ajoute un style, une forme, un peu hésitante, un peu incertaine, qu'il fait passer pour une grande sagacité, et qui, à mon avis, est plutôt le signe d'une grande perplexité. C'est très étrange, parce qu'on a dit que l'échec d'Emmanuel Macron, notamment aux législatives, était l'échec du nouveau monde, donc il fallait revenir à l'ancien monde.
François Bayrou incarne cet ancien monde, il n'a pas de majorité, comme vous l'avez rappelé, Gérard Courtois, mais bon, ça ne fonctionne pas véritablement mieux.
Non, mais la question est assez simple, c'est que dans le système institutionnel français, quand un président n'a plus de majorité, alors, ça s'était produit dans les périodes de cohabitation, qu'on a connus en 86, en 93 et en 97, avec la gauche ou avec la droite, ça s'est produit en 1988, quand Michel Rocard n'a pas eu une majorité absolue, mais il lui manquait une quinzaine de sièges, et la situation était telle qu'il pouvait, entre guillemets, « dealer », passer des accords avec les uns ou les autres pour faire avancer ses projets, et il a gouverné, sérieusement. Là, ce n'est plus la même chose.
Quand un président, dans le système institutionnel français, quand un président n'a pas de majorité, alors après, on peut considérer que ce système est obsolète, qu'il est dépassé, qu'il conduit à cet impasse, mais c'est la réalité. Un président sans majorité engage un quinquennat morné. Ce qui veut dire que c'est la faiblesse de la Ve République, par rapport à cela ? Non, je pense que c'est le dérèglement du système politique qui conduit à cet impasse.
Alors, on peut dire que les institutions sont en cause, mais les institutions, elles ont fonctionné pendant 50 ans, 60 ans, sur l'opposition entre une majorité et une opposition, la gauche, la droite, et tant bien que mal, chacun des camps se regroupait et s'unissait au moment important, c'est-à-dire au deuxième tour de la présidentielle. C'est un système binaire, c'est un système de bipolarisation. On est maintenant dans une réalité politique qui est où il y a trois forces, pour aller vite.
Un bloc central, ce qu'on appelle le bloc central autour d'Emmanuel Macron, ou dans le prolongement d'Emmanuel Macron, une gauche encore dominée pour l'instant par la France insoumise et une extrême droite en progression. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la Ve République n'était pas prévue pour fonctionner avec un système reposant sur trois blocs ? En tout cas, elle s'est installée dans une bipolarité depuis 60 ans et elle a le plus grand mal à imaginer ce que pourrait être une tripolarité. Parce qu'elle ne parvient pas à faire de coalition. Il n'y a pas eu de véritable... Comment voulez-vous faire une coalition entre trois forces aussi antagonistes sur le fond, sur le projet ?
On n'est pas dans le... D'abord, on n'est pas institutionnellement dans les systèmes à l'allemande, si je peux dire, ou danois, ou scandinaves, où des coalitions sont possibles sur la base de contrats de gouvernement. Emmanuel Macron, hier, s'est défendu, a dit, « Ah ben moi, j'aurais bien aimé faire une coalition avec la droite, passer un contrat de gouvernement ceux qui n'ont pas voulu. » Il n'a pas fait de gros efforts en 2022 ni en 2024 pour y parvenir, franchement. Donc, je crois que le système, pour l'instant, est bloqué à cause de ça. Enfin, il est dans l'impasse à cause de ça. La question est, est-ce que...
D'abord, première chose, tout le monde ne pense qu'à une échéance, c'est la prochaine présidentielle. Ça, c'est très clair. Et est-ce que, à l'issue de cette prochaine élection, on reviendra à un système bipolaire et lequel ? Je ne sais pas. Ou bien, est-ce qu'on restera dans cette difficulté à marier un système bipolaire avec une réalité politique qui est éclatée entre trois forces antagonistes ? Là aussi, c'est étonnant parce qu'à priori, François Béroux était l'incarnation du centriste. Or, ce centre, il peine à exister véritablement, comme le disait d'ailleurs déjà François Mitterrand. François Mitterrand, oui. Comment disait-il ? C'était la brouette pleine de grenouilles.
Alors ça, c'est... Oui, mais c'est aussi le centre... Il disait qu'il était compliqué de faire... de faire... circuler une brouette pleine de grenouilles. Il disait que les grenouilles avaient tendance à s'enfuir et pour le reste, François Mitterrand disait que le centre n'était ni de gauche ni de gauche. Exactement. Ni de gauche ni de gauche. Ce qui est tout à fait la réalité actuelle. Le centre n'est ni de gauche ni de gauche que ce soit Emmanuel Macron ou François Bayrou. On se retrouve dans quelques instants, Gérard Courtois. Vous serez rejoint par mon camarade Jean Lémarie qui a suivi attentivement cette interview du chef de l'État confronté à différents intervenants.
On vous en fera entendre quelques extraits. Je rappelle votre livre La saga des élections présidentielles. C'est aux éditions Perrin. 8h sur France Culture.
6h30, 9h, les matins de France Culture. Guillaume Erner.
Et nous retrouvons notre invité, Gérard Courtois, La saga des élections présidentielles. C'est le livre que vous publiez aux éditions Perrin. Comme vient de le dire mon camarade Jean Lémarie, Emmanuel Macron connaît ses dossiers. Il est capable de parler de tout. Il est capable de parler de tout et il adore parler de tout et il adore s'écouter parler. C'est à l'évidence. Il y a un plaisir de la rhétorique, de la parole qu'il aimerait performative. Mais Jean Lémarie le disait et le pointait évidemment ne pas subir. Or, il subit une situation qu'il a largement créée depuis 2022 et plus encore depuis 2024.
Donc il subit et c'est bien ça le dire je ne veux pas subir et nous n'allons pas subir alors qu'il subit cette situation. C'est là que la contradiction est terrible. Est-ce que ce n'est pas un classique cela par exemple Nicolas Sarkozy qui allait chercher la croissance avec les dents alors que les dents ça n'aide à rien en matière de croissance ? Je ne sais pas il faudrait demander aux économistes mais... Nicolas Sarkozy avait une majorité. C'est tout. C'est la base de l'impuissance actuelle et de cette espèce d'étrange exercice d'auto je ne sais pas satisfaction. D'auto on a compris ce que vous vouliez dire mais...
Justement le président omniscient est-ce que ça ne rappelle pas un président satisfait de lui-même ? Ils sont généralement tous satisfaits d'eux-mêmes mais en particulier Valéry Giscard d'Estaing.
Oui on a beaucoup comparé Emmanuel Macron à Giscard d'Estaing jeune je caricature jeune beau intelligent brillant une campagne une campagne initiale remarquable pour Giscard comme pour Macron et puis et puis les ce sentiment de d'être ailleurs d'être de ne pas de ne pas comprendre le pays de ne pas le sentir Chirac savait faire ça très bien c'était beaucoup de la frime ou de la com mais il donnait cette impression il n'a pas toujours donné cette impression là Chirac au début on le considérait comme un techno froid et distant dans les années 70 et 80 mais à partir du moment où il est élu et il est élu grâce à ça Chirac c'est un homme sympa oui qui manifestement en tout cas met en scène cette relation intime avec le pays
Jean Lémarie je pense en vous écoutant Gérard Courtois à ce qui ressemblait quand même à un paradoxe incroyable il y a évidemment la réalité de la situation politique ce blocage qui est là cette impuissance du président de la république on l'a beaucoup dite et d'ailleurs largement aussi impuissance du chef du gouvernement avec avec cette assemblée très éclatée mais comment et pourquoi peut-on croire qu'un exercice de communication politique pourrait inverser la tendance ça c'est quand même un mystère que trois heures d'émission de rencontre avec des vrais français je mets des guillemets avec les témoignages qu'on a vu dans les reportages ou alors avec un influenceur la numéro 1 de la CGT une essayiste libérale à quel moment un politique à quel moment un président de la république peut-il se dire qu'en trois heures par la force de la parole présidentielle il va inverser la vapeur
c'est ce qu'il se dit depuis huit ans et ce qu'il s'est dit pendant le grand débat ce qu'il s'est dit dans toutes les occasions où il essayait de réinventer une forme de débat démocratique je mets des guillemets que ce soit le conseil national de la refondation en 2022 que ce soit les rencontres de Saint-Denis en 2023 avec les chefs de partis à chaque fois il y a cette prétention ou cette volonté d'entraîner l'adhésion grâce à la parole performative du chef de l'état bon ça ne ça ne peut marcher que s'il y a un cap précis et le sentiment que le chef de l'état a les moyens de le mettre en oeuvre or ça n'est pas le cas vous ne vous souvenez pas mais on a lu et moi aussi cette conférence de presse de De Gaulle en 1964 qui définit l'esprit de la 5ème république la 5ème république c'est la stabilité l'efficacité la responsabilité alors la stabilité c'est terminé en tout cas depuis deux ans l'efficacité on vient de dire à quel point il est impuissant faute de majorité et la responsabilité même chose il peut prétendre être responsable de tout il ne l'est pas de fait on va entendre Emmanuel Macron un extrait hier où il évoquait Notre-Dame et la fierté française
Notre-Dame et ce formidable moment de liesse populaire avec l'épreuve de cyclisme dans les rues de Montmartre à Paris c'est la fierté on l'a fait et je veux que je trouve que quand on se regarde nous-mêmes c'est un peu le début de notre discussion on est un pays qui doute qui est un peu pessimiste il y a des tas de difficultés on l'a vu il y a des vies difficiles mais bon Dieu on est le plus beau pays du monde et alors vraiment si on voulait on casserait tous les records
j'aimerais bien savoir quand est-ce que ce type d'argument a été évoqué le fait que les français ne croient pas en eux-mêmes déjà De Gaulle le disait oui De Gaulle le disait Pompidou le disait aussi il essayait de faire passer des messages d'optimisme de modernité de modernisation du pays et il trouvait que les français n'adhéraient pas suffisamment à cela et on pourrait faire la même remarque pour tous les présidents qui se veulent tous des démiurges et dont les français d'une certaine manière en tout cas au début des mandats et on évoquait tout à l'heure les fins de mandat les débuts de mandat c'est formidable et puis assez vite la contradiction entre la promesse et la réalité est cruelle et plus le temps passe plus elle est cruelle oui mais j'ajoute un point moi ce qui m'a fasciné par rapport à ce que disait Jean Lémarie c'est comment imaginaient-ils pouvoir relancer la machine avec trois heures de communication de ce genre si au moins or il avait laissé filtrer l'idée qu'il y aurait des référendums et qu'il allait voilà relancer le débat démocratique sur des sujets importants or il a biaisé et esquivé surtout les sujets que qui lui étaient soumis comme sujet de référendum possible
Jean Lémarie alors que là c'est un des rares pouvoirs qui lui restent pouvoir institutionnel constitutionnel et avec une valeur à la fois effective et symbolique et politique très importante et hier soir effectivement il a esquivé cette question à minima il a temporisé mais on n'en sait pas plus que lors des le 31 décembre
il a écarté l'hypothèse d'un référendum sur l'immigration écarté l'hypothèse d'un référendum sur le budget disant ça n'est pas dans le cadre de l'article 11 on se pose quand même la question mais vous pensez que cela aurait une efficacité un référendum je me pose la question de savoir quel genre de question on me poserait sur de tels sujets lors d'un référendum mais et je ne vois pas ce sont des sujets complexes est-ce qu'on va dire est-ce qu'on va poser comme question aux gens est-ce que et c'est l'impression qu'a donnée François Bayrou est-ce que vous êtes pour la réduction de la dette publique bon oui bon très bien comment ça on ne sait pas
autre extrait nous savons que les intérêts américains seront de moins en moins en Europe et en fait nous le savons depuis une quinzaine d'années depuis que les Etats-Unis ont décidé de ne pas aller en Syrie avec nous depuis qu'ils se sont retirés de manière unilatérale l'Afghanistan et depuis ce qu'on vit ces derniers mois c'est America first et c'est légitime et c'est l'obsession chinoise si je puis dire aujourd'hui nous avons besoin des Etats-Unis d'Amérique en Europe pas la France nous avons quasiment la seule armée indépendante mais les Européens parce que c'est un tiers de l'effort de défense surtout sur le flanc Est mais nous serions irresponsables de ne pas nous organiser pour que dans 5 à 10 ans on puisse continuer de coopérer s'ils le veulent si on le veut mais on puisse être plus indépendant c'est toujours la même chose rester libre
La voix d'Emmanuel Macron durant cette intervention hier soir sur TF1 Jean Lémarie
Là c'est intéressant parce que le chef de l'Etat est pleinement sur son terrain l'Europe l'autonomie européenne dont il a abondamment parlé bien avant d'autres dirigeants européens dès le début de son premier mandat je pense évidemment au discours de la Sorbonne Là il tire un fil avec une forme de cohérence entre l'Emmanuel Macron de 2017-2018 et l'Emmanuel Macron de 2025 face à des crises internationales notez aussi qu'il a concédé une forme de réel politique en disant également que quels que soient les efforts français quelquefois quels que soient les efforts européens les Etats-Unis étaient toujours l'acteur principal c'est le cas face à la Russie c'est le cas aussi quant à Gaza qu'il a évoqué également donc c'était une sorte de double face d'une part un volontarisme européen important ça c'est lui et en même temps la reconnaissance que la voie de l'Europe et a fortiori la voie de la France seule ne pèse pas suffisamment si les Etats-Unis ne s'engagent pas également Oui parce que c'est quelque chose
d'assez étonnant là aussi il y a des bouleversements majeurs peut-être les principaux bouleversements depuis la fin du mur de Berlin et l'effondrement du bloc soviétique et bon c'est un discours qui est tenté à l'échelle internationale mais on a l'impression que ça ne prend pas dans l'opinion Gérard Courtois Vous voulez dire le projet européen tel que le définit Emmanuel Macron Il y a eu un référendum en 2005 qui a été cruel les français ont eu le sentiment qu'on les avait un peu roulés dans la farine puisque deux ans après on a mis dans un projet un projet un traité à peu près tout ce qu'ils avaient refusé donc il y a un doute sérieux en même temps je pense que et je suis d'accord avec Jean-Lémarie sur le fait que c'est le point de constance d'Emmanuel Macron depuis le début s'il y a un fil conducteur une colonne vertébrale c'est celle-là à l'évidence il n'en a jamais varié il a défendu ça il continue à le défendre la réalité la réalité du monde actuel que ce soit Trump ou Poutine ou la Chine lui donne raison de fait sur la nécessité de renforcer l'Europe si elle ne veut pas s'effacer de la scène mondiale donc voilà et je suis assez convaincu que sur ce point-là les Français lui font crédit maintenant ça ne résout pas et ça n'est pas au cœur des préoccupations des Français Jean Lémarie par ailleurs il y a quelque chose qui est assez étonnant c'est la manière dont l'échiquier politique international est en train aujourd'hui de bouger notamment aux Etats-Unis avec une droite ou une extrême droite je laisse chacun les nommer vous faites la bouche je vois ce que vous pensez mais effectivement on voit que les choses évoluent de manière très rapide on a affaire à des définitions donc des camps qui sont en train de bouger je suis frappé à chaque fois que j'écoute des discours de J.D.
Evans ou des idéologues du trumpisme de la manière dont on est vraiment de plus en plus éloigné de la manière dont on articule ou on décompose la politique en France et chez nous les choses n'ont pas l'air vraiment de bouger
oh je ne sais pas si elles ne sont pas en train de bouger pour le coup je ne sais pas vous voulez dire en écoutant l'émission d'hier soir ou plus généralement en écoutant l'émission d'hier soir alors oui on est dans un cadre défini et de toute évidence le président de la république hier soir essayait de faire perdurer ce cadre celui de son élection de 2017 celui de sa réélection de 2022 mais je ne sais pas si on peut dire que le cadre n'est pas en train de bouger c'est une des grandes interrogations en ce moment qui peut dire aujourd'hui ce que sera le paysage politique lors de la prochaine présidentielle qui peut dire ce que seront les forces ce qu'elles reflèteront de part et d'autre de l'échiquier politique moi j'ai beaucoup de mal à le dire aujourd'hui j'ai beaucoup de mal à le dire aujourd'hui
ce que je veux dire c'est que Gérard Courtois pour faire simple et clair si on considère que Donald Trump est en train de redéfinir l'extrême droite à l'échelle mondiale et bien on voit que l'extrême droite redevient une force révolutionnaire puisque Donald Trump a un certain nombre de projets qui sont révolutionnaires aller sur Mars considérer qu'il faut et bien donner par exemple à l'intelligence artificielle un budget de 500 milliards d'euros et puis aussi avoir un discours qui est de plus en plus proche de celui des suprématistes blancs l'extrême droite française comme européenne je pense à Georgia Mélanie elle est encore très conservatrice par rapport à ça qu'est-ce qui reste comme espace politique comment réarticuler un discours qui serait celui des sociodémocrates ou des progressistes je ne sais pas d'ailleurs quel camp pourrait incarner Emmanuel Macron c'est toute la question qu'on évoquait tout à l'heure de savoir si cette tripartition de l'espace politique perdure ou si se restructure un système bipolaire et ce système bipolaire quel pourrait-il être on imagine en France que l'extrême droite y serait présente parce qu'elle est présente depuis maintenant au second tour de la présidentielle depuis maintenant une élection deux élections trois élections non deux élections pardon et de l'autre côté quelle force est-ce que c'est quelque chose qui ressemble au macronisme au post-macronisme est-ce que c'est quelque chose qui ressemble à la social-démocratie est-ce que c'est quelque chose qui ressemble à la France insoumise je n'en sais rien mais voilà je crois que c'est la question est-ce qu'on est-ce qu'on retrouve une opposition qui correspond à la logique des institutions la logique des institutions c'est le deuxième tour de l'élection présidentielle qui oblige à choisir deux entre deux et c'est le deuxième tour des élections législatives avec un scrutin majoritaire même chose qui oblige à choisir entre deux camps grosso modo est-ce qu'on retrouve ça et quels sont ces deux camps ou est-ce qu'on reste dans cette tripartition de l'espace politique avec là une vraie interrogation sur la capacité des institutions à gérer cette tripartition Jean-Lemarie
nous allons avoir deux indices deux avant-goûts dans les prochaines semaines avec l'élection à la fin de la semaine à la tête des républicains Laurent Wauquiez d'un côté Bruno Retailleau de l'autre quelle sera la dynamique à la droite et donc à la droite de la droite et à l'extrême droite y aura-t-il des ponts ou pas des ruptures ou pas c'est une des questions et on aura déjà un premier élément de réponse dans les semaines qui viennent et puis à gauche aussi puisque nous avons bientôt en perspective le congrès du parti socialiste où la question là aussi des dynamiques à gauche des dynamiques internes à la gauche avec Jean-Luc Mélenchon avec les insoumis ou pas entre socialistes et insoumis tout ça est sur la table aussi donc je pense effectivement des forces que des forces sont en train de travailler que la poutre travaille comme on dit quelquefois à droite et à gauche sans qu'on puisse aujourd'hui conclure sur l'issue de ce travail de la poutre
mais avec Gérard Courtois mais avec une évidence c'est que toutes ces ambitions à gauche à droite etc sont totalement indexées sur la prochaine présidentielle ça reste la matrice de notre vie politique alors justement sur la prochaine présidentielle s'il y a une chose qui est claire depuis le macronisme c'est qu'il n'est plus utile d'avoir un parti pour se présenter à l'élection présidentielle et éventuellement l'emporter cela signifie que les jeux sont a priori beaucoup plus ouverts qu'auparavant Gérard Courtois je ne suis pas sûr que l'aventure d'Emmanuel Macron soit se renouvelle beaucoup en rêve beaucoup en rêve pourquoi pas moi c'est quand même vous y pensez vous aussi Gérard Courtois non je me mettais à la place de tous ces gens qui postulent c'était un style indirect libre il y a eu un sondage extraordinaire quand ça hier ou avant-hier dans le filière où il y avait une trance une trentaine de candidats testés est-ce que vous souhaitez qu'il soit candidat est-ce que vous pensez qu'il ne manquait que Bernard Tapie il ne manquait que Bernard Tapie mais il y avait Cyril Hanouna il y avait etc bon donc il y a cette espèce voilà d'attirance de fascination pour pour cette pour cette élection qui est parce qu'elle est le voilà la grande organisatrice de notre vie politique Jean Lémarie justement par rapport à cela alors effectivement il est possible qu'il n'y ait pas de redite de l'expérience Emmanuel Macron en revanche il y a peut-être un espace politique différent parce que encore une fois la tripartition française il y a par exemple un parti qui fait défaut et ce parti qui fait défaut c'est celui de Donald Trump avec cette position là qui n'est qu'en partie restituée par l'extrême droite française
oui mais là encore je pense que les choses ne sont pas figées qu'elles sont en mouvement aujourd'hui et d'ailleurs il est intéressant quand on discute avec des élus quand on discute avec des politiques c'est intéressant d'entendre qu'eux-mêmes se posent les mêmes questions aujourd'hui c'est-à-dire qu'ils voient le travail à l'oeuvre dans leur propre formation dans leur propre parti chez leurs propres électeurs aussi sans arriver à conclure aujourd'hui sur ce que sera la synthèse dans quelques mois ou dans les années qui viennent donc ça travaille dans quel sens on va voir un peu d'humilité là-dessus je dois dire pour les politiques et aussi pour les journalistes politiques
un dernier extrait de cette intervention hier le chef de l'état sur la guerre à Gaza notamment
on ne peut pas parler de la guerre en Ukraine si on ne parle pas de Gaza parce qu'il n'y a pas de double standard on ne peut pas parler du droit d'un peuple et nier le droit d'un autre et moi je mesure combien pour des millions de compatriotes ce qui est en train de se passer là-bas comme ce qui s'est passé le 7 octobre nous bouleverse et donc nous nous voulons porter cette voie de paix de respect de reconnaissance réciproque et nous voulons continuer de nous battre aussi contre tous les actes d'antisémitisme qui montent dans notre pays comme dans d'autres pays en Europe l'unité et la paix le seul moyen d'y arriver c'est qu'il y ait un état de Palestine un état d'Israël qui vivent côte à côte se reconnaissant mutuellement et reconnaissant le droit de chacun de vivre en sécurité
un commentaire Gérard Courtois il est sur son terrain et il est expérimenté il est capé ça fait 8 ans qu'il pratique Trump Poutine ou Netanyahou donc il a par rapport à ses homologues européens un avantage comparatif évident et en plus il est il est plutôt à l'aise sur ce terrain là me semble-t-il même si ces différents commentaires depuis le 7 octobre 2023 n'ont pas tous été dans le même sens et on pourrait noter les différentes contradictions et la contradiction n'est pas interdite en politique et vis-à-vis ah non elle n'est pas interdite mais elle finit par brouiller il me semble que son propos hier soir était très clair pour ce qui concerne Gaza lorsqu'il parlait d'une coalition internationale pour défaire le Hamas c'était clair aussi ok c'était il y a combien ?
ah ben c'était il y a deux ans deux ans bon ce qu'il a dit hier soir moi m'a paru de ce point de vue là clair et définitif sur la honte de la politique israélienne à Gaza un mot de conclusion Jean-Lémarie
rapidement là-dessus ce qui m'a frappé hier encore en entendant le président de la république c'est la difficulté de passer du constat à l'action c'est-à-dire que sur le terrain humanitaire et il a employé ce mot à plusieurs reprises il répète ce qu'il a déjà dit à quel point il est consterné effaré attristé il a rappelé son voyage récent en Égypte à la frontière avec Gaza quand il s'agit d'agir de réagir de répondre aussi à Israël dans l'attitude du gouvernement Netanyahou et ben là pas de réponse
un dernier mot de conclusion Gérard Courtois vous allez rajouter un autre chapitre à la saga des élections présidentielles vous voulez dire en 2027 par exemple ça peut faire partie des projets oui c'est aux éditions Perrin et puis vous publiez également avec Didier Leschi un livre tiré de l'émission que vous avez animé sur l'antenne de France Culture sur les manifestes qui ont marqué le monde et c'est aux éditions Flammarion dans quelques instants vous aurez la faculté d'entendre mes camarades Thomas Baumgartner et Lucille Comeau ainsi que le journal d'Anne Lorchouin à très exactement 8h45 sur France Culture