Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrançois Ruffin· 10 avril 2018 10 min

EHPAD : L'USINE À VIEUX

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

peux m'adresser directement à vous les aides soignants les infirmiers les directeurs d'ehpad les familles évidemment les vieux résident aussi c'est pas très poli mais je m'adresse à vous directement par dessus la ministre par-dessus l'assemblée pourquoi parce qu'elle vous le savez nous le savons tous ici ce rapport d'information numéro 769 sûr je cite des réformes nécessaires pour construire l'ehpad de demain que va-t-il devenir rien que veut en faire le gouvernement rien le rangé dans un placard l'oublier dans un coin le mettre sur la pile des autres rapports bref l'enterrer on va le faire discrètement on va le faire sans le dire on va le faire en jurant au contraire une manière de lui ministre est très doué pour ça on va le faire en jurant que ce rapport contient des éléments très précieux que ces données vont nourrir une réflexion qu'il faudrait d'ailleurs songé à une mission qui pourrait conduire un plan et patati et patata bref des écrans de fumée nous sommes habitués mais pourquoi voudrait-il enterré parce qu'il est criant ce rapport est parce qu ils crient fort une évidence que lis ton dès la page 8 je cite des sous-effectifs considérable au regard des besoins médicaux des résidents engendre à la fois une dégradation des conditions de travail et une maltraitance institutionnelle l'expression est lâchée et on la retrouve au fil des chapitres maltraitance institutionnelle ou maltraitance passive ou maltraitance tout court c'est une formule cru un peu abstraite maltraitance institutionnelle j'aimerais vous la rendre plus concrète mettre dessus de la vie un visage celui de mon attaché parlementaire brigitte jusqu'à l'an dernier jusqu'à mon élection l exercer comme aide soignante dans un ehpad damien la première fois que je les rencontre et elle m'a confié j'appelle ça lui zina vieux c'est la cata on est trois aides soignantes pour 85 patients moi je suis demandé est-ce que par moments vous avez le sentiment d'être à la limite de la maltraitance elle me répondait mais ces quotidiens là par exemple on a une épée de gastro avec quand même 26 cas on n'avait pas de masque pas d'allez pas de désinfectant rien pour se laver les mains donc forcément en trois jours s'est passé de cinq malades à plus d'une vingtaine j'ai fait des pieds et des mains les agents techniques se sont débrouillés ils ont pris leur voiture et ils ont finalement trouvé du produit et brigitte de me confier une petite anecdote au milieu de sa anodine banal on a un couple de vieux la femme a fait un avc elle en fauteuil roulant elle souffre de crises d'angoissé la seule manière de la calmer c'est son mari il n'y a que lui qui puisse l'apaiser or là son mari attraper la gastro donc on l'a mis un autre étage la dame appelle au secours elle dans le couloir à crier mon biquet mon biquet où est passé mon biquet ça peut paraître drôle comme ça mais il faut l'entente avec sa voix complètement désespéré mon biquet au secours mon biquet j'aurai un peu de temps me dit brigitte je lui mettre un masque je l'emmènerais à laitages pour qu'elle voit son mari cela pèserait mais non là je cours je cours je ne peux pas perdre une demi heure alors elle pleure toujours mon biquet mon biquet en écoutant cette anecdote je l'interrogé et vous arrivez à travailler malgré ses cris vous ne culpabilisez pas elle me répond on met en place des mécanismes de défense comme pour me rassurer mais en vérité ça ne m'a pas reçu rassurer du tout ces mécanismes des défenses ça m'inquiétait au contraire car des mécanismes de défense soit mais contre quoi je vais vous le dire contre le meilleur de nous mêmes contre la tendresse contre l'empathie il faut s'entraîner à la différence il faut obtenir la compassion à distance s'assécher l'âme j'ai le joli en soi l'humanité rendre notre coeur sourd à une vieille dame qui plein d'angoissé plein d'amour aussi hurle mon biquet mon biquet il faut ça il faut cette sécheresse pour que le système fonctionne pour que les toilette les repas les médicaments s'enchaînent pour que les tâches soient remplies au fil d'une journée chronométrés l'humain dans tout ça c'est une nuisance du temps perdu des complications on imagine la tension le conflit chez vous les milliers de brigitte du pays pourquoi vous êtes vous tourner vers le soin pour soigner par tendresse par empathie par compassion justement et c'est cette part de vous même qu'il vous faut taire qu'il vous faut écraser un jour user les défenses cède et c'est comme un barrage qui rompt comme une digue qui s'effondre c'est le grand krach âge c'est le burn out qui fait des ravages dans ce métier du soin pas seulement accorder à cause du surmenage non c'est faux c'est ne rien comprendre ça à cause du sens d'abord du sens de votre travail c'est pas rien le travail on y livre ses meilleures énergies on y fait don de soi on y offre son temps alors si c'est pouvoir l'arrivée le bâcler ce travail le sens se perd il s'effiloche et surgit devant soi un immense à quoi bon ou pire même quitté sa journée de travail avec ce goût amer ce dégoût en fait d'avoir maltraité les vieux à force de les secouer pour la toilette ne les presser pour les repas de les abandonner sur la cuvette c'était jusqu'ici un sentiment individuel chacun dans son coin est donc vécue comme une honte mais voici que ces derniers mois ce sentiment devient collectif voici qu'il se répand dans les maisons de retraite voici qu'ils se proclament jusque dans les télés les radios les journaux voici que la parole se libère et c'est pour ça que je m'adresse à vous à vous directement les aides soignants les infirmiers les directeurs d'ehpad les familles évidemment et les vieux résident parce que vous êtes le seul espoir ce genre rapport jeudi ils en feront des confettis sa série vriendt vire à la caisse du chat les rapporteurs d'ailleurs redoute elle même ce funeste sort on dirait des la page 13 retraçant l'histoire des ehpad on y vit cet intertitre des débats des rapports pas de décision et en dessous ces quelques lignes désabusé davance citation ces quinze dernières années se sont distingués par la densité du débat sur les questions de dépendance donnant lieu à de nombreuses propositions dont la mission regrette que peu d'entre elles étaient mises en oeuvre et sans vous s'est assurée ces garanties rien ne sera mise en oeuvre madame busin l'a d'ailleurs confirmé à sa manière c'est à dire avec tout son tact et toute sa courtoisie puisque ce rapport dénonce noir sur blanc je les dis des sous-effectifs considérable ange entre une manie traitance institutionnels quelle mesure de bon sens suggère ce rapport que soit doubler le taux d'encadrement aux cheveux qu'on passe à 60 soignants % sont résidents qui a répondu madame la ministre niet et pour quelle raison je la cite la france n'a pas les moyens budgétaires de garantir ce taux vous savez on cause de maltraitance institutionnelle mais c'est une halle maltraitance qui vient d'en haut c'est une maltraitance ministériel c'est une maltraitance budgétaire et permettez-moi une parenthèse sur ses bancs devant moi je ne vois que des feux madame busin la ministre madame bourguignon président de la commission des affaires sociales mesdames iborra et fiat député rapporteur comme si c'était une affaire de femmes les vieux les soins la santé tandis qu'au ministère de l'économie vous avez monsieur le maire au ministère du budget monsieur d'arman à la commission des finances monsieur woerth et bien mesdames révoltez-vous que les mystères des femmes cessent d'être maltraités par les ministères des hommes car combien madame la ministre at-elle mis sur la table pour les ehpad 50 millions 50 millions ce n'est plus un budget c'est une aumône ce n'est plus une ministre est une dame patronnesse quoi ton abuser les champs avec des sauces chose des sommes pareilles peut-être qu'on se dit que après un certain nombre de zéros les gens ne savent plus content et on voit les écrits éclairé alors pour supprimer l'impôt sur la fortune là la france avait les moyens budgétaires et ça se chiffrer en milliards pour le crédit un peu compétitivité emploi la france avait les moyens budgétaires et ça se chiffrer en dizaines de milliards et pour vos amis du cac 40 cette année on fois les 100 milliards de bénéfices mais pour ces vieux en revanche la france sixième puissance économique mondiale n'a je cite madame la ministre pas les moyens budgétaires oui je dis vieux on m'a répété que je devrais changer ça que personnes âgées ça serait mieux que ça manquerait de respect et je préfère pas je préfère pas rejoint le camp des hypocrites des tartuffes qui multipliés pour que précautions oratoires les euphémismes les tournures raffiné mais pour mieux déguisé des actes cruels oui cruel car on le sait maintenant c'est écrit des sous-effectifs considérable engendre une maltraitance institutionnelle le mal est connue la cause aussi c'est une députée de la majorité qu'il affiche et pourtant nous le savons le gouvernement jugera urgent d'attendre on habille rachat avec blabla avec tact et courtoisie on conviendra une nouvelle réunion mission etc etc à moins que à moins que vous soignants infirmiers directeur d'ehpad famille vieux résident hors à moi que vous sortiez dans la rue à moins que vous ne vous mettiez en grève à moins que vous nous témoignez sur un mythe ou des ehpad et ne croyez pas vous qui ne servent à rien ne le croyez surtout pas il aimerait nous un style et ça le poison de la résignation mais nous sommes à l'assemblée nous les entendons près les ministres et les puissants et bien quand vous êtes dehors quand vous êtes protesté ces puissants ne parle pas pareil il ne balayent plus les critiques d'un revers de manche leur temps changent vraiment alors mesdames et messieurs qui tenait n'osais pas debout vous qui maintenait tant bien que mal la dignité jusqu'au seuil de la mort mesdames messieurs mon petit discours n'a qu'une fonction ne vous découragez pas ne baissez pas les bras à chaque époque écrit le philosophe pascal shadow à chaque époque l'humanisme doit modifier ses combats une tâche lui aujourd'hui assigné remettre les logiques économiques et techniques à leur place secondaire afin qu'elle continue à servir des finalités plus intéressante vue métaphysique et plus tu en voilà notre tâche voilà notre combat

EHPAD : L'USINE À VIEUX — François Ruffin · Pourquijevote