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ChroniqueHugoDécrypte — Actus et interviews (sur Podcast)· 9 décembre 2022 12 minActualité / polémiqueSanté

Cette proposition fait débat, prisonniers échangés, les Coréens vont changer d'âge... Actus du jour

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    « Actuellement et notamment depuis la loi Claes-Leonetti de 2016, les médecins en France sont autorisés à réduire ou à arrêter les traitements d'un patient en fin de vie. »
  • 2:42PrésentateurFait
    « L'euthanasie passive ne doit pas être confondue avec l'euthanasie active. »
  • 2:56PrésentateurFait
    « Cette euthanasie active, elle est autorisée dans d'autres pays européens comme la Belgique, les Pays-Bas ou encore le Luxembourg depuis plus de 20 ans. »
  • 3:20PrésentateurFait
    « l'euthanasie se fait dans des conditions strictes avec l'accord du patient, avec la nécessité d'avoir plusieurs avis médicaux. »
  • 5:16PrésentateurFait
    « « Je ne provoquerai jamais la mort délibérément ». »

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Choisir sa mort, suicide assisté, euthanasie, tous ces mots sont au cœur de l'actualité ces derniers jours et c'est un sujet qui nous concerne tous, vous allez donc voir pourquoi. Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien. On est parti ensemble pour une nouvelle plongée dans l'actualité en une dizaine de minutes. La fin de vie, logiquement, c'est un sujet intime qui nous concerne tous mais c'est aussi un sujet politique et justement vous allez beaucoup en entendre parler dans les prochains jours. En effet, ce vendredi en France a démarré la convention citoyenne sur la fin de vie. C'est en fait une instance voulue par le président de la République Emmanuel Macron.

Ça marche en fait sur le même modèle que la convention citoyenne sur le climat qu'on a pu avoir il y a quelques mois où des citoyens français avaient été tirés au sort. des citoyens français de tout âge et de tout milieu social et ces citoyens avaient participé à des échanges et des discussions sur la question du climat. Alors là en l'occurrence, il n'est pas question de climat. Les 175 citoyens tirés au sort pour la convention sur la fin de vie vont devoir réfléchir si oui ou non il faut changer la loi concernant l'euthanasie ou encore le suicide assisté. Alors on va préciser tout cela progressivement, pas d'inquiétude.

Mais pour commencer par définir certains des termes les plus importants, l'euthanasie, eh bien c'est le fait de provoquer médicalement la mort d'un patient pour mettre un terme à ses souffrances dans le cas où sa souffrance est durable et que tous les traitements ont échoué. Pour ce qui est du suicide assisté, eh bien c'est un cas où un patient peut s'injecter lui-même directement un médicament pour mettre fin à ses jours. Et là aussi je vous en reparle juste après plus en détail. Alors aujourd'hui en France, qu'est-ce qui est autorisé et qu'est-ce qui ne l'est pas ? Alors c'est un sujet complexe, je vais essayer de vous le résumer le plus clairement possible.

Actuellement et notamment depuis la loi Claes-Leonetti de 2016, les médecins en France sont autorisés à réduire ou à arrêter les traitements d'un patient en fin de vie. Et ce dans le cas où tous les traitements ont échoué, autrement dit le patient ne pourra pas être guéri. Et donc cet arrêt des traitements peut être fait même si cela donc entraîne la mort du patient. Par contre, et c'est un point absolument essentiel à comprendre pour cerner le sujet, cela se fait à condition si et seulement si le patient en a exprimé sa volonté. Soit il l'a exprimé directement lui-même, soit il l'a confié à un proche de confiance.

Et ça c'est donc ce qui est autorisé en France, arrêter ou ralentir les traitements dans ce genre de situation précise. C'est ce que l'on appelle l'euthanasie passive. L'euthanasie passive ne doit pas être confondue avec l'euthanasie active. En fait, avec l'euthanasie passive en France, c'est donc un arrêt des traitements. Alors qu'avec l'euthanasie active, c'est autre chose en fait, c'est l'administration d'un médicament qui entraîne la mort. Cette euthanasie active, elle est autorisée dans d'autres pays européens comme la Belgique, les Pays-Bas ou encore le Luxembourg depuis plus de 20 ans. Et plus récemment d'ailleurs, c'est le cas aussi désormais en Espagne depuis 2021.

Et je le redis dès maintenant, dans chacun de ces cas-là, l'euthanasie se fait dans des conditions strictes avec l'accord du patient, avec la nécessité d'avoir plusieurs avis médicaux. Il y a tout un tas de contrôles autour. Mais donc en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg, par exemple, la personne qui demande le suicide assisté doit être consciente et présenter des souffrances physiques et psychiques sans aucun espoir de guérison. Alors je vous le disais, c'est un sujet qui est très sensible et qui divise beaucoup. Mais alors, quels sont les arguments des deux camps sur le sujet ?

Quand je dis deux camps, c'est un peu caricatural, mais en gros, certains sont favorables à davantage de droits sur la fin de vie en France, un peu comme on peut l'avoir en Belgique ou au Luxembourg, tandis que d'autres y sont opposés. Quels sont donc les arguments des deux côtés ? Eh bien, ceux qui sont pour un assouplissement de la loi sur l'euthanasie estiment que chacun est libre de choisir sa fin de vie pour mourir dans la dignité et pas donc à la suite d'énormes souffrances. Et c'est la même chose pour le suicide assisté. Certains estiment que chacun devrait être libre de choisir.

Pour résumer donc, l'argument principal, c'est de dire que l'idée n'est pas d'imposer l'euthanasie à qui que ce soit, mais simplement de faire en sorte que ce soit un droit, ce soit quelque chose de possible en France. Et c'est notamment le combat d'une organisation qui s'appelle l'ADMD, l'Association pour le droit à mourir dans la dignité, qui travaille justement et qui oeuvre pour davantage de droits allant dans ce sens. Le deuxième argument qu'on entend beaucoup, qui est favorable à l'élargissement de l'euthanasie ou du suicide assisté, c'est de dire que l'euthanasie est autorisée ailleurs.

Je l'ai dit, c'est autorisé en Belgique, c'est autorisé au Luxembourg ou encore en Espagne maintenant récemment. Et en fait, c'est un argument de ceux qu'ils défendent parce qu'ils estiment que, autrement, dans la situation actuelle, ça crée une forme d'inégalité. Une forme d'inégalité entre ceux qui peuvent se le permettre financièrement et qui peuvent donc se déplacer dans un autre pays si besoin dans ce genre de situation et ceux qui, de l'autre côté, doivent parfois rester en France et qui n'ont donc de fait pas accès à ce droit. Passons maintenant aux arguments contre. Le premier argument contre, il vient de certains médecins qui estiment que la vie est sacrée.

Et d'ailleurs, dans le serment d'Hippocrate, qui est donc prêté par tous les médecins avant qu'ils exercent, il y a écrit, je cite, « Je ne provoquerai jamais la mort délibérément ». Certains estiment donc que c'est leur devoir, en quelque sorte, de maintenir les patients en vie, même en cas de maladie incurable ou alors de souffrance du patient importante. Un patient donc qui pourrait vouloir lui-même mettre fin à ses jours. À noter au passage que cette question a aussi une dimension religieuse. En effet, certains estiment que l'euthanasie ou le suicide assisté n'est pas compatible avec des valeurs véhiculées dans certaines religions.

Le deuxième argument de ceux qui ne sont pas favorables à un élargissement du droit à l'euthanasie, etc., c'est le risque que, eh bien, on se retrouve dans des situations floues, avec parfois des morts qui auraient pu être évitées ou alors qui ne seraient pas souhaitables. Mais évidemment, tout cela dépend du cadre qui est fixé et de cette question du consentement donc de la personne qui déclare si oui ou non elle est favorable à telle ou telle pratique. Enfin, pour terminer, autre argument contre qu'on peut citer.

Certains pensent que les soins palliatifs ou alors l'euthanasie passif sont suffisants pour soulager les souffrances dans la situation actuelle pour ces patients en fin de vie et qu'il n'y a pas besoin d'aller forcément jusqu'à l'euthanasie active. Je ne rentre pas dans les détails de ce que l'on appelle les soins palliatifs et de leur utilisation en France aujourd'hui, mais si je me voulais plus d'informations là-dessus pour bien comprendre toutes les nuances, je vous mets un lien dès maintenant directement en description. Mais alors, je vous le disais, c'est une question forcément politique. Qu'en pense Emmanuel Macron ?

Eh bien, il s'est déjà montré plutôt ouvert à une évolution de la loi et pour certains, il serait même intimement favorable à l'euthanasie active sous certaines conditions. En septembre, la chanteuse et actrice Lyne Renaud qui milite depuis plusieurs années pour que l'euthanasie active soit autorisée en France avait déclaré sur RTL qu'elle avait convaincu Emmanuel Macron et qu'il lui avait fait comprendre que ça se ferait. Mais en public, eh bien Emmanuel Macron aujourd'hui se montre beaucoup plus prudent. Autrement dit, dure donc de savoir ce qu'il en sera, quelle est sa position et ce qu'il en sera aussi du coup la position de son parti à l'Assemblée nationale.

Dans tous les cas, vous l'aurez compris, c'est un sujet qui est extrêmement compliqué et complexe pour plusieurs raisons. Déjà parce qu'il y a plein de nuances et de sous-nuances sur chacune des utilisations et des possibilités. Et là du coup, vous voyez ce format des actus du jour aujourd'hui comme une sorte d'aperçu ou d'introduction sur le sujet. Mais on pourrait en parler pendant des heures. Par ailleurs, évidemment, c'est une question qui touche à l'intime, qui peut toucher aussi à la religion dans certains cas. Et donc, c'est aussi une question qui la rend compliquée. En tout cas, les travaux de la Convention vont durer 4 mois.

On va suivre donc ce qui est préconisé par cette nouvelle instance. Ça me semble en tout cas important d'en parler aujourd'hui. Je vous laisse avec Blanche désormais pour le reste des actualités en bref. Merci Hugo, on commence avec une première info. Ce vendredi, les entreprises publiques qui gèrent le transport de l'électricité ont réalisé un test de grande ampleur censé simuler de potentielles coupures de courant cet hiver. Alors vous n'étiez peut-être pas au courant tout simplement car ça n'a eu aucune incidence sur les particuliers.

C'était juste une simulation, comme s'ils coupaient vraiment le courant, qui leur a permis de voir où il y avait des lacunes de production d'électricité sur des cartes. C'est une technique qui est déjà utilisée tout au long de l'année, notamment lors de tempêtes ou d'épisodes météorologiques exceptionnels. Deuxième info, les Etats-Unis et la Russie se sont échangés de prisonniers ce jeudi. L'échange a eu lieu sur le tarmac de l'aéroport d'Abu Dhabi aux Émirats Arabes Unis. D'un côté, la Russie a libéré une célèbre joueuse de basket américaine, Brittany Greener, qui était détenue depuis un an en Russie pour avoir été contrôlée en possession de cannabis.

En échange, les Etats-Unis ont libéré un marchand d'armes russe, l'un des plus connus du monde, Victor Booth, emprisonné aux Etats-Unis depuis 2011. Troisième info, l'Iran a exécuté ce jeudi, pour la première fois, un homme impliqué dans les manifestations contre le régime. Et c'est une première depuis presque trois mois. Et la mort de Massahamini, décédée trois jours après son arrestation par la police, car elle ne portait pas son voile correctement. Il s'appelait Mohsen Shekharie, et il était officiellement accusé d'avoir blessé un membre de la sécurité, après avoir bloqué la circulation sur une avenue de Téhéran, la capitale du pays, lors d'une manifestation.

Alors cette exécution a suscité des réactions scandalisées dans les pays occidentaux, et de son côté, le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a jugé que la peine de mort était, je cite, « incompatible avec les droits de l'homme ». Cette première exécution est marquante, car elle pourrait ouvrir la voie à beaucoup d'autres. Au total, onze personnes ont également été condamnées à mort par la justice pour leur participation aux manifestations, mais n'ont pas encore été exécutées. On continuera de vous informer là-dessus sur notre compte Instagram, n'hésitez pas à vous abonner, le nom du compte c'est Hugo Décré.

Quatrième actu rapidement, et c'est une loi qui a été présentée comme historique aux Etats-Unis, le Parlement américain a voté pour que les mariages entre personnes du même sexe soient reconnus dans tous les Etats américains. Concrètement, des Etats pourront continuer de ne pas proposer ce type de mariage, en revanche, ils ne pourront pas nier les unions faites ailleurs dans d'autres Etats. L'objectif de cette loi, c'est en fait d'éviter une annulation de la reconnaissance de ces mariages par la Cour suprême, qui est la plus haute autorité du pays, comme ça avait été le cas pour l'avortement en juin dernier.

Cinquième actu, toute la population sud-coréenne va rajeunir en juin 2023, ça fait suite à une décision de l'Assemblée nationale de Corée du Sud adoptée ce jeudi. En fait, avec leur système de calcul d'âge, les sud-coréens sont considérés comme ayant un an à la naissance, et une année est ensuite ajoutée chaque 1er janvier, et pas à la date de leur anniversaire. Du coup, pour vous donner un exemple, un enfant né un 31 décembre aura donc 2 ans dès le lendemain, le 1er janvier.

Il y a aussi un système de calcul hybride, où la personne a bien 0 ans, entre guillemets, à sa naissance, mais gagne 1 an le 1er janvier, notamment pour le calcul de l'âge légal pour boire de l'alcool et fumer, ou encore l'âge de départ au service militaire. Le problème, vous vous en doutez, c'est que ça peut potentiellement prêter à confusion avec les autres pays, surtout que la Corée du Sud utilise le système international de calcul d'âge pour certains documents médicaux depuis les années 60. Le président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, dénonçait notamment la complexité administrative et les problèmes juridiques qu'il pouvait y avoir à cause de ces différentes méthodes de calcul.

A partir de juin 2023, la Corée va donc adopter le système international pour tous les registres et les documents administratifs. Enfin, dernière actu, comme chaque année, le moteur de recherche Google a sorti son classement des tendances de recherche les plus populaires en 2022 en France. Alors c'est l'Ukraine qui est arrivée à la première place de la tendance de l'année de Google, et Vladimir Poutine, le président russe qui a été la personnalité publique la plus recherchée. Concernant les questions les plus posées, eh bien ce sont les interrogations autour des élections qui dominent le classement. On y trouve par exemple, c'est quoi les législatives ?

Comment vérifier son inscription sur les listes électorales ? Ou encore, NUPES, c'est quoi ? Enfin, on retrouve pas mal d'interrogations sur le quotidien, donc sur les pénuries d'essence par exemple, mais aussi sur l'inflation avec des recherches comme où trouver de l'essence, cas contact, que faire ? Ou encore, coupure d'électricité. Alors j'ai pas pu tout vous lister car il y a énormément de catégories, mais je vous mets le classement en description si ça vous intéresse. Voilà, c'est la fin de ce résumé de l'actualité du jour. Évidemment, pensez à vous abonner pour ne pas rater le suivant, quelle que soit d'ailleurs l'application que vous utilisez pour m'écouter.

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