L'invitée d'Apolline Matin : Myriam Guedj Benayoun - 19/05
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:47OuverteRéponse directe
Cette réouverture de l'enquête, comment est-ce que votre cliente réagit à cette annonce ?
- 1:27OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui s'est passé ce jour-là pour votre cliente qui avait donc 19 ans ?
- 2:26OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que Patrick Bruel, lui, a fait comme récit de cette même journée ?
- 3:18OuverteRéponse directe
Cette confrontation est-elle inéquitable selon vous ?
- 3:49RelanceRéponse directe
Qu'est-ce qu'il raconte à ce moment-là ? Est-ce qu'il y a eu une relation sexuelle consentie ?
- 4:45OuverteRéponse directe
Comment cette multiplication de témoignages fait réagir votre cliente ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:13PrésentateurChiffre
« Au moins une dizaine de plaintes ont été déposées contre le chanteur Patrick Bruel. »
- 2:16InvitéFait
« Il lui disait que ses enfants étaient présents et que ça serait bien qu'elle vienne pour poser sa voix sur le piano dont il disposait. »
- 2:24InvitéFait
« Et c'est là qu'elle a été agressée sexuellement et violée. »
- 3:59InvitéFait
« Il dit qu'il a tenté un baiser. Comme elle l'a repoussé, il s'est arrêté. »
- 4:23Locuteur non identifiéFait
« On est sur son lit et il est en train de me remettre mon pantalon. »
- 4:30Locuteur non identifiéFait
« Je vois encore sa chevelure et ses boucles brunes. »
Temps de parole
- Invité53 %
- Présentateur41 %
- Locuteur non identifié6 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC. Il est 7h44 et vous êtes bien sûr RMC et RMC Story. Au moins une dizaine de plaintes ont été déposées contre le chanteur Patrick Bruel. Et c'est le parquet de Nanterre qui a confirmé hier ce chiffre. Il a aussi annoncé la réouverture d'une enquête pour viol. Une plainte qui avait été classée sans suite il y a 4 ans. Bonjour Maître Myriam Gage Benayoun. Merci d'être en direct sur RMC ce matin. Vous êtes avocate au barreau de Toulouse. Vous représentez Ophélie Fachefer, cette jeune compositrice chanteuse qui avait rencontré Patrick Bruel en 2015. Et c'est sa plainte qui a donc été rouverte par le parquet de Nanterre. Vous nous l'avez annoncé hier.
Vous l'avez d'ailleurs annoncé à mon micro sur BFM TV hier. Cette réouverture de l'enquête, comment est-ce que votre cliente réagit à cette annonce ?
Pour elle c'est un soulagement. Un soulagement que ce soit la justice qui décide de réouvrir sa plainte. et l'enquête qui en a découlé. Plutôt qu'elle soit obligée de saisir elle-même le juge d'instruction par le biais d'une plainte avec constitution de partie civile. Donc elle est extrêmement soulagée.
Elle est extrêmement soulagée. Patrick Bruel lui dément toute agression ou viol. Il avait d'ailleurs été confronté à votre cliente lorsque la plainte avait été examinée. Qu'est-ce qui s'est passé ce jour-là pour votre cliente qui avait donc 19 ans ? Quel est le récit qu'elle fait elle ?
Alors ce jour-là, elle avait entretenu une relation, alors pas épistolaire, on ne dit plus épistolaire à notre époque, mais par message entre elle et Patrick Bruel suite à une rencontre sur un clip des enfoirés pour demander des conseils artistiques et éventuellement qu'ils l'aident à percer dans le milieu. Donc ça s'est déroulé sur plusieurs mois et ça s'est très très bien passé. Et c'était vraiment uniquement professionnel. Ensuite, ils se sont rencontrés en vrai chez Ogedire une première fois et une deuxième fois au domicile de M. Bruel. Il lui disait que ses enfants étaient présents et que ça serait bien qu'elle vienne pour poser sa voix sur le piano dont il disposait.
Et malheureusement, cette fois-là, elle a découvert une autre personnalité, selon ses dires bien sûr, de M. Bruel. Et c'est là qu'elle a été agressée sexuellement et violée.
Qu'est-ce que Patrick Bruel, lui, a fait comme récit de cette même journée lorsqu'il a été confronté à votre cliente au moment de la plainte ?
Tout d'abord, lors de son audition, quelques mois auparavant, il ne se souvenait pas tellement de ma cliente. Et donc, il niait l'ensemble des faits. Et ensuite, lors de la confrontation, il a été plus loquace et dit se souvenir de ma cliente. Effectivement, nous, on avait tous les échanges. Enfin, ma cliente était seule à l'époque. Elle n'était pas ni accompagnée, ni conseillée par une association ou par un avocat.
Elle se retrouve à ce moment-là seule, en effet, face à Patrick Bruel et à son avocat mettre un grain.
Oui, voilà. Je trouve que cette confrontation est complètement inéquitable et scandaleuse. Même si, d'aventure, elle aurait dit qu'elle n'avait pas besoin d'avocat. Cette confrontation avait lieu dans des locaux judiciaires, policiers, d'une brigade importante à Paris. Ils auraient dû lui imposer la présence d'un avocat, lui conseiller fortement, ou n'a pas dû continuer la confrontation parce que c'était un déséquilibre certain. Qu'est-ce qu'il raconte à ce moment-là ?
Qu'est-ce que lui raconte ? Est-ce qu'à ce moment-là, il se souvient de votre cliente ? Est-ce qu'il dit, malgré tout, qu'il y a eu une relation sexuelle consentie ? Qu'est-ce qu'il dit ?
Alors, il nie la relation sexuelle. Il dit qu'il a tenté un baiser. Comme elle l'a repoussé, il s'est arrêté. En fait, il dit ce qu'il dit aujourd'hui pour toutes les plaintes à son encontre. Il a tenté de séduire, qu'il est séducteur. Mais qu'à partir du moment où la personne lui dit non, il s'arrête.
Je voudrais que vous écoutiez les mots de Flavie Flamand. Elle a pris la parole pour la première fois hier chez nos confrères de Mediapart. Elle raconte le viol qu'elle dit avoir subi.
On est sur son lit et il est en train de me remettre mon pantalon. Et je vois encore sa chevelure et ses boucles brunes. Je ne comprends absolument rien de ce qui m'est arrivé à ce moment-là. J'ai ce sentiment au fond de moi. À ce moment-là, je suis un objet. Mon corps ne répond pas. Et en fait, il fait son œuvre.
Maître, comment est-ce que cette multiplication de témoignages, et en particulier celui de Flavie Flamand, fait réagir votre cliente plusieurs années après ?
Alors, déjà, elle a eu comme un raisonnement quand Flavie Flamand dit qu'il fait son œuvre. C'est exactement le sentiment qu'a eu ma cliente, qui pourtant, elle, ne dit pas avoir été droguée. Mais c'était vraiment ça, en fait. Il fallait qu'il ait une relation sexuelle avec elle. Et il l'a eue, voilà. Sous la contrainte, sous la force et sous la violente. Ensuite, ma cliente est extrêmement reconnaissante envers Flavie Flamand. Qui le dit, hein, dans cette interview, elle sait ce qu'elle va subir maintenant, entre guillemets, suite aux déclarations qu'elle a faites.
Elle fait ces déclarations pour elle-même, bien sûr, mais aussi et surtout, je pense, pour soutenir les victimes et porter leur voix. Et ma cliente lui est extrêmement reconnaissante.
Merci beaucoup, Maître Myriam Gage Benayoun, d'avoir réagi en direct ce matin sur RMC. Je rappelle donc que vous êtes l'avocate d'Ophélie Fachfer, qui accuse Patrick Bruel de viol en 2015. Sa plainte a été réouverte. Elle sera examinée par le parquet de Nanterre.