Face à Face : Patrick Martin - 23/06
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:21OuverteRéponse directe
Bonjour Patrick Martin, merci de répondre à mes questions ce matin.
- 0:44OuverteRéponse partielle
Mais d'abord, la situation dans laquelle est la France aujourd'hui : journée la plus chaude jamais enregistrée en France. Les entreprises, est-ce qu'elles tournent au ralenti ? Quel est l'impact sur l'économie ?
- 1:15RelanceRéponse directe
Ça aura des conséquences ?
- 1:59OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous pensez du congé climatique ?
- 2:30FerméeRéponse directe
Mais l'idée d'avoir vraiment cinq jours de congés climatiques qui sont officiellement rajoutés dans le code du travail, vous êtes contre ?
- 3:03OuverteRéponse directe
Ça vient de Marine Tondelier, du parti des Verts. Pour vous, ce n'est pas du tout la bonne logique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:41Invité politiqueFait
« L'année dernière, l'INSEE, on a eu quelques pics de chaleur l'année dernière. L'INSEE n'avait pas su mesurer si ça avait un impact direct sur l'activité. »
- 1:49Invité politiqueChiffre
« Les assureurs ont chiffré que dans les cinq prochaines années les dérèglements climatiques pourraient coûter jusqu'à 450 milliards d'euros à la France. »
- 4:05Invité politiqueChiffre
« Dans les années 60, il fallait 16 ans à un Français pour doubler son pouvoir d'achat. Dorénavant, il faut 106 ans. »
- 4:57Invité politiquePromesse
« Le plan qu'on propose générerait 260 000 emplois. »
- 6:12Invité politiqueChiffre
« On demande le transfert de 60 milliards de cotisations sociales maladies et familles. »
- 6:50Invité politiqueFait
« À partir de 2000 euros de pension mensuelle. »
- 14:58Invité politiqueFait
« Le CAC 40 en moyenne est majoritairement détenu par des actionnaires étrangers. »
Temps de parole
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- Présentateur37 %
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Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Patrick Martin Merci de répondre à mes questions ce matin Vous êtes le président du MEDEF La France décroche, elle est déclassée Elle n'a pas pris la mesure des ruptures de notre époque Voilà le constat quasiment sans appel que vous faites de notre France Et vous avez des solutions Vous promettez, et c'est presque une campagne électorale Que vous avez les moyens de rapprocher le net du brut De payer mieux, que le travail paye mieux On va y venir dans un instant Mais d'abord, évidemment la situation dans laquelle est la France aujourd'hui Journée la plus chaude jamais enregistrée en France Les entreprises, est-ce qu'elles tournent au ralenti ?
Quel est l'impact sur l'économie ?
Il y a quelques secteurs qui au contraire sont surchauffes Si j'ose le terme Tout ce qui tourne autour des boissons, des glaces, etc Mais enfin c'est très minoritaire Oui, la France tourne au ralenti Les chefs d'entreprise, autant que possible Mettent en oeuvre les préconisations pour protéger leurs salariés Immanquablement, c'est une désorganisation du travail Et donc au cas par cas, moins de travail
Ça aura des conséquences ? Parce que quand vous dites effectivement qu'il faut protéger ses salariés Les chefs d'entreprise ont la responsabilité des conditions de travail de leurs employés Et donc en ce moment, parfois d'adapter les horaires Voire même de dire, aujourd'hui vous n'avez pas bossé
Absolument Par exemple, le télétravail est possible Mais ça suppose que les salariés en télétravail aient eux-mêmes une climatisation Et qu'ils soient mieux chez eux qu'au boulot Et puis il y a le problème des transports en commun, enfin beaucoup de choses L'année dernière, l'INSEE, on a eu quelques pics de chaleur l'année dernière L'INSEE n'avait pas su mesurer si ça avait un impact direct sur l'activité Mais par exemple, les assureurs ont chiffré que dans les cinq prochaines années Les dérèglements climatiques pourraient coûter jusqu'à 450 milliards d'euros à la France Donc il faut s'y préparer et il faut se protéger
Qu'est-ce que vous pensez du congé climatique ?
Je n'en pense pas de bien Je n'en pense pas de bien parce que c'est à peu près l'inverse de ce qu'il faudrait faire Ça n'exclut pas qu'on prenne des mesures instantanées de protection contre la chaleur, le cas échéant, contre le froid Enfin, on va devoir faire face à un mur d'investissement Précisément pour se protéger de ces dérèglements climatiques Et puis pour décarboner notre économie Si on travaille moins, on produit moins Or le problème de fonds de la France, c'est qu'on ne produit pas assez Donc un congé climatique, ça va complètement à l'encontre de ce qu'il faudrait faire
Donc dans les faits, vous dites, au cas par cas, les patrons s'adaptent Et disent, aujourd'hui on ne va pas bosser, on fait attention, on adapte les horaires Mais l'idée d'avoir vraiment cinq jours de congés climatiques Qui sont officiellement rajoutés dans le code du travail, vous êtes contre ?
Totalement contre Totalement contre, à nouveau Parce que ça nous priverait d'une capacité d'investissement si nécessaire Pour prévenir les conséquences de ces dérèglements climatiques Parce que d'une manière générale, c'est une philosophie, je dirais, de qui promeut ce congé climatique La décroissance n'est certainement pas la solution
Ça vient de Marine Tondelier, du parti des Verts Pour vous, ce n'est pas du tout la bonne logique ?
C'est chronique, si on les écoute, il faut toujours moins travailler Moi je constate que l'aspiration majoritaire, largement majoritaire et chronique de nos concitoyens C'est le pouvoir d'achat Il faudra qu'on m'explique comment on peut gagner plus en travaillant moins
Patrick Martin, justement, vous le dites, la France décroche, elle est déclassée Elle n'a pas pris la mesure des ruptures de notre époque Pour vous, est-ce que c'est fichu ou est-ce qu'on a les moyens quand même de sortir de ce marasme ?
Ce n'est pas du tout fichu, on a produit hier un document
Vous êtes venu avec un document, ça s'appelle carte sur table
Qui dresse un diagnostic d'un certain nombre de chapitres, je dirais Mais effectivement du décrochage que l'Europe a par rapport au reste du monde La Chine, les Etats-Unis en particulier, sur les plans technologiques, financiers, industriels Et puis la France à l'intérieur même de l'Europe Est-ce que ça aboutit à une résignation ?
Absolument pas Nous on est convaincus que la France a des talents incroyables Qu'elle ne sait pas à ce jour les mobiliser, mais qu'on doit le faire Et donc on fait un regard de ces diagnostics un peu inquiétants des propositions Je cite juste un chiffre Dans les années 60, il fallait 16 ans à un Français pour doubler son pouvoir d'achat Dorénavant, il faut 106 ans Alors il ne faut pas s'étonner que les gens n'aient pas le moral Qu'ils aient des problèmes de pouvoir d'achat Nous on veut réunir les conditions, elles existent Pour redonner du pouvoir d'achat par l'emploi, par le travail De sorte que tout le monde est la patate
Pour que le travail paye, vous dites que vous avez un grand plan pour les salaires Ça marcherait comment ?
Alors, on a deux sujets Le niveau de la protection sociale et le financement de la protection sociale Le financement de la protection sociale, c'est un cas unique au monde Repose beaucoup sur les entreprises et sur les salariés Donc on a fait effectivement des propositions Qui permettraient d'améliorer les salaires nets dans les entreprises D'alléger les charges pour les entreprises Pour qu'elles gagnent en productivité, en compétitivité Et puis qu'on génère de la croissance et de l'emploi Je suis probablement déjà trop long Mais le plan qu'on propose générerait 260 000 emplois
Je veux comprendre comment ça marche Alors vous nous promettez effectivement 260 000 emplois Alors j'avoue que moi maintenant je juge sur preuve Parce que je me souviens d'un de vos prédécesseurs Qui avait ce fameux PINSE avec marqué 1 million Qui promettait 1 million d'emplois On ne les a pas totalement vus venir quand même Les 260 000, vous pensez vraiment qu'ils seraient là ?
Mon ami Pierre Gattaz s'est lourdement trompé Parce qu'en réalité ce sont 2 millions d'emplois Qui ont été générés par la politique de l'offre Que tout le monde stigmatise maintenant Qu'on est en train de détricoter à bas bruit Mais qui a donné en termes de croissance, d'attractivité, d'emploi et de pouvoir d'achat D'excellents résultats Donc Pierre Gattaz avait raison
Pour vous il avait raison Mais vous les 260 000, il s'ajouterait à tout ça Sans qu'il y ait des pertes d'emplois par ailleurs ?
Il y aura de toute façon des pertes et des créations d'emplois L'économie est en train de muter à toute vitesse Dont autour de ces phénomènes climatiques, l'intelligence artificielle, etc En net, ça générerait 260 000 emplois
260 000 emplois en net Et justement le net et le brut Cette baisse massive des cotisations Évidemment il va quand même falloir trouver de l'argent ailleurs Pour vous il y a notamment 2 pistes La CSG, les retraités les plus riches Et de l'autre côté la TVA Qui là serait pour tout le monde 2 points de plus
Nous on demande On demande le transfert de 60 milliards de cotisations sociales Maladies et familles Parce qu'il n'y a pas de raison que ce soit les entreprises et les salariés Qui financent un système dit de solidarité A la fin le gain pour les entreprises serait de 16 milliards Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que l'Etat économiserait 30 milliards Sur les fameuses aides aux entreprises Ça veut dire que les salariés gagneraient 10 milliards Parce qu'on prendrait en charge une partie de leur cotisation retraite Je ne rentre pas dans le détail Et effectivement il y aurait un certain nombre de dispositifs Qui sont favorables aux retraités aisés J'insiste aux retraités aisés Et par ailleurs un transfert
A partir de quand vous considérez qu'un retraité est aisé ?
A partir de 2000 euros de pension mensuelle
Donc ce ne serait que ceux qui gagnent plus de 2000 euros de pension mensuelle Qui contribueraient davantage
Et un transfert effectivement vers le taux normal de TVA J'insiste sur deux points Le premier ici et là on me dit TVA sociale c'est scandaleux Moi vivant
J'ai envie de vous dire que pour le coup c'est déjà venu Et ça a rarement trouvé Écoute chez les politiques La fameuse TVA sociale
Elle est en place déjà Il y a déjà 50 milliards de protections sociales Qui sont financées par la TVA Et 130 par la CSG Donc en faire une affaire de principe C'est de la mauvaise foi Ça existe déjà Ensuite nous On pense qu'il ne faut pas toucher Au taux de TVA réduit C'est l'essentiel des achats alimentaires Enfin il n'y a pas de TVA sur les loyers Les deux postes de dépense principaux des ménages modestes C'est les loyers L'alimentation
Et ça ?
Donc zéro impact
L'alimentation En tout cas le panier Effectivement des denrées nécessaires Lui ce serait une TVA réduite Qui resterait réduite Le même taux Il n'y aurait pas d'augmentation sur le reste En revanche 2% 2% qui nous mettrait à peine dans la moyenne européenne Mais vous pensez vraiment Patrick Martin Qu'un politique Là à un an des élections Va s'emparer de votre carte sur table Comme vous dites De vos propositions
C'est évidemment un dilemme Qu'est-ce qui permet de gagner ? Il vaut mieux être soft Voir un peu démagogique Et qu'est-ce qu'un homme d'Etat ?
Je pense qu'on est dans une situation telle On le voit à travers la faible croissance On le voit à travers des destructions d'emplois On le voit à travers le déclassement de la France Dans le monde Et par rapport même à l'Europe Donc à un moment donné Si on ne prend pas acte Autour de ces diagnostics Carte sur table Qu'il faut se ressaisir Et que les solutions existent Et bien on va continuer à décliner Et ça va encore accentuer Les tensions qui existent dans le pays Et ça ne répondra pas A la demande des Français Le pouvoir d'achat Il faut créer des emplois Et pouvoir augmenter les salaires
Vous dites, Patrick Martin Il faut que les Français puissent avoir la patate Est-ce que les patrons Que vous voyez aujourd'hui Ils ont la patate ? Ou est-ce qu'ils sont ? On parle beaucoup du moral des ménages Qu'en est-il du moral des entrepreneurs ?
Le moral des entrepreneurs n'est pas bon Alors ça va sans doute s'améliorer Si ce qu'on nous annonce au Moyen-Orient Se met en oeuvre La réouverture du détroit d'Ormus Ça a pesé quand même Mais surtout On se désole de voir Comment dire ? La glaciation du paysage politique Rien ne va se passer Avant l'élection présidentielle On n'est même pas sûr Que cette élection présidentielle Et les législatives qui suivront Apporteront des solutions Et nous on a besoin De lisibilité De prévisibilité Et tout ça devient un moment Où la concurrence internationale
Il ne se passe rien ? Vous avez le sentiment Qu'il ne se passe rien ?
Il ne se passe rien
Il ne se passe rien
Mais c'est presque pire C'est-à-dire que pour faire face A une situation budgétaire Qui est dramatique Dramatique On détricote cette fameuse politique De l'offre Qu'on évoquait tout à l'heure C'est-à-dire qu'on alourdit Encore le coût du travail Au même moment Où on nous demande D'augmenter les salaires On ampute nos marges de manœuvre Et tout ça est fait à bas bruit Donc moi je n'accable Évidemment pas le gouvernement Ça serait respectueux Mais il n'a pas de marge de manœuvre Le vrai problème C'est le Parlement
Le problème c'est le Parlement Les marges de manœuvre Patrick Martin Vous craignez une reconduite De la surtaxe De l'impôt sur les sociétés En 2027 Ça pour vous C'est le coup de grâce ?
Alors le coup de grâce C'est beaucoup dire Mais d'abord C'est un engagement Pris par les pouvoirs publics C'est quand même bien Quand l'État honore sa parole C'est vrai en matière budgétaire Mais c'est vrai d'une manière générale
Oui C'était des blagues exceptionnelles Qui deviennent de moins en moins exceptionnelles
Il était dit Qu'elle devait Disparaître au bout d'un an Elle a déjà été prolongée Une première fois Je crains qu'elle le soit Une deuxième fois Il y a d'autres annonces Qui avaient été faites Qu'elle est dans le sens La compétitivité De la dynamique économique De l'emploi Etc Qui n'ont pas été suivi des faits Ça pose un problème très général C'est pas spécifique au budget Le discrédit De la parole publique Est très grave On le voit sur D'autres sujets Vous me comprenez Et donc moi Je suis viscéralement Le MEDEF Est viscéralement Républicain Démocrate Etc Il est important Que l'État fixe une ligne Et se tienne à cette ligne Le fait qu'il y ait Ses coups de gaudis Ses errements Ses contradictions Tout ça est profondément déstabilisant Alors d'un point de vue psychologique Mais c'est pas neutre La psychologie D'un point de vue économique Mais ça se traduit Dans les actes Ou dans les non-actes C'est-à-dire On n'investit pas On n'embauche pas Parce qu'on se dit A quelle sauce va-t-on être mangée ?
Est-ce que ça veut dire aussi Patrick Martin Qu'il y a certains patrons Qui font planer Une sorte de menace En disant Voilà Si on reconduit Cette sorte de surtaxe Sur les profits Alors Il faudra tirer les conséquences On ne sait pas trop Ce qu'il y a derrière ce mot Lorsque vous entendez Patrick Pouyannet Qui régulièrement Aussi brandisse cette menace Le patron de Total Qu'est-ce qu'il faut entendre derrière ? Quelle est la vraie menace ? Est-ce qu'il y a un risque Qu'un certain nombre de patrons Eh bien Déplacent le centre de gravité De la France Vers un autre pays d'Europe Voir même Vers les Etats-Unis ?
Mais je crois Qu'il ne faut pas inverser les rôles Ce sont les errements Des politiques publiques Qui menacent les entreprises Et leurs dirigeants Ce n'est pas les entreprises Et leurs dirigeants Qui menacent les pouvoirs publics Nous on est pragmatique Et factuel À un moment donné Si les conditions De survie Ou de profitabilité D'une entreprise Sont mis en cause Le moins que puisse faire Un dirigeant Qu'il soit patrimonial Ou pas C'est de sauver l'entreprise Donc c'est terrible Mais c'est vrai À un moment donné Pour assurer la survie De l'entreprise Il faut faire des arbitrages
Vous compreneriez Qu'à un moment Si c'est trop Certains patrons Un peu emblématiques Dissent Bah écoutez finalement On va sur la bourse de New York Où on part Comme ça avait pu être évoqué Par Total
Nous sommes des femmes Et des hommes D'honneur Pas au point De mourir Au champ d'honneur C'est-à-dire la vocation D'un chef d'entreprise C'est de faire Prospérer Et durer son entreprise Si à un moment donné Par supposé patriotisme Il doit sacrifier son entreprise En disant En brandissant un étendard Ça n'a aucun sens Donc pour les salariés De la dite entreprise
Ça veut dire Que le patriotisme C'est jusqu'à un certain point A vos yeux
Mais non mais Attendez On ne salue pas assez Le mérite des entrepreneurs français Qui sont les plus Je parle des entreprises Plus que des entrepreneurs A proprement parler Ce sont les plus taxés au monde Si nous étions cyniques Et antipatriotes C'est pas votre propos Tout le monde serait parti On est là On croit en la France On fait des propositions Pour la redresser Et moi je suis le premier Pour ma propre entreprise A continuer à investir en France J'aurais des actionnaires étrangers Ils me diraient Mais t'es un gros timbré
C'est d'ailleurs toute la question On va y venir A cette question Des actionnaires étrangers Des fonds de pension Notamment Qui sont ciblés Par un certain nombre De députés Comme étouffant Des entreprises françaises Il y a un seuil de douleur Avec l'impôt C'est ce que vous dites
Il y a un seuil de douleur Avec l'impôt Mais pardon Je réagis à ce que vous disiez Quand on regarde La part de l'épargne des français Qui est fléchée Vers les entreprises C'est 19% Aux Etats-Unis C'est 86% En Suède C'est pas bien loin la Suède 83%
Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
Je veux dire par là Parce que pour des raisons idéologiques On dit Il faut pas qu'il y ait De fonds de pension De retraite par capitalisation On livre Une bonne part De nos entreprises En particulier Côté A des actionnaires étrangers Fonds de pension ou pas d'ailleurs C'est pas illogique Qu'un étranger Mettons un japonais Veuille protéger le Japon Plus que la France Donc sans le vouloir Mais quand même On s'est livré A des intérêts étrangers Qu'est-ce qu'on fait En face de ça ? Et bien on réagit On met en place Des retraites par capitalisation Sans se substituer Les retraites par répartition Ce que vous voulez dire
C'est que le problème C'est pas les fonds de pension Le problème C'est qu'il n'y en est pas Suffisamment de français
Regardez
Le fonds de pension par principe Est-ce qu'il n'est pas court-termiste ? Est-ce qu'il ne vous met pas Vous les entreprises Dans des situations Où vous disiez A l'instant Si j'avais des actionnaires étrangers Il me dirait T'es un grand malade
Mais moi j'ai eu dans mon entreprise Un fonds d'investissement Qui est resté pendant 12 ans Donc il y a différentes stratégies Dans les fonds d'investissement Mais mon propos n'est pas là Mon propos c'est de dire Que comme on ne s'est pas donné Les moyens législatifs et fiscaux De créer un actionnariat français On est dépendant Pour les entreprises cotées Le CAC 40 en moyenne Est majoritairement détenu Par des actionnaires étrangers Mais il en va de même Pour la dette La dette italienne La dette publique italienne Est supérieure à la dette publique française Oui A part qu'elle est majoritairement Détenue par des Italiens En France Au deux tiers Notre dette est détenue Par des étrangers
Donc on est dépendant davantage On est plus fragile
On est donc dépendant Sur le plan technologique On a vu avec l'affaire Anthropique On est dépendant Sur le plan industriel Singulièrement A l'égard de la Chine On est dépendant financièrement Avec tout ce qu'on vient d'évoquer Sur la détention du capital De nos entreprises cotées Et la détention De la dette française Alors à partir de là On parle pour ne rien dire Soit on prend des mesures Courageuses Ce sera le thème De notre rentrée De notre ref De fin août Le courage
Votre université d'été
Soit on prend des décisions courageuses Et des décisions courageuses Ce n'est pas de la sueur Et des larmes D'autres pays l'ont fait avant nous Moi je n'ai pas vu J'évoquais la Suède
Mais vous disiez Les politiques français Il y a cette question Du discrédit de la parole Disiez-vous Et puis Vous craignez Que rien ne se passe Jusqu'à l'élection Et que même l'élection Elle-même Ne change pas grand chose Est-ce que vous avez le sentiment Quand même Que certains politiques Prennent la mesure Vous vous dites La France décroche Elle est déclassée Elle n'a pas pris la mesure Des ruptures de notre époque Quand vous entendez par exemple Edouard Philippe A la une de la tribune Dimanche ce week-end Qui dit Rien ne justifie Le pessimisme français Est-ce que vous êtes d'accord Avec lui ?
Moi je n'exprime pas Un pessimisme J'exprime une frustration Et de temps à autre Une colère Parce qu'il y a un gâchis terrible
Donc on peut être optimiste
On peut être optimiste Mais il faut appeler un chat Un chat Et moi je crois Au bon sens De nos concitoyens Prenez le cas des retraites Évidemment Il y a toujours Deux tiers des français Qui sont opposés A la réforme des retraites Pas de chance Il y a deux tiers des français Les jeunes particulièrement Qui ne croient plus A l'avenir de nos régimes De retraite Donc à un moment donné C'est une prise de risque J'en suis conscient Mais nous entrepreneurs On prend des risques A longueur de journée Il faut que les politiques Prennent leurs risques En disant la vérité Et en proposant des solutions Et en faisant Je dirais Vibrer les français
Vibrer les français Qu'ils aient la patate Je retiens la formule Patrick Martin Une question sur les tests salivaires Vous l'avez vu Le premier ministre Dite avoir lui-même Accepter de faire un test salivaire Et qu'il y ait des tests salivaires De manière inopinée Et obligatoire Dans les cabinets ministériels Mais aussi dans la haute fonction publique Et pourquoi pas Dit-il Dans les entreprises Le ministre du travail Que je recevais Il y a quelques jours Sur RMC Disait Je suis prêt même A ouvrir cette question De la drogue en entreprise Avec les partenaires sociaux Est-ce que vous vous dites Dans n'importe quelle entreprise Au-delà de la question Juste de la sécurité Ou des entreprises Où il y a vraiment Une question de sécurité immédiate Est-ce qu'il faudrait En effet Qu'il y ait des tests salivaires Comme ça Dans les entreprises Pour s'assurer Que les employés Ne se droguent pas
Alors c'est un fléau Dans l'entreprise Comme partout ailleurs
C'est un fléau Vous le constatez Vous le voyez Ça vous remonte
Oui C'est vrai Dans tous les secteurs d'activité Magasiner sur une plateforme logistique Est aussi exposé Par pas de conséquences Dangereux Pour ses collègues Avec un ouvrier posté Sur une chaîne de production Moi ça ne me choquerait pas Dans des conditions Évidemment Réglementées
C'est-à-dire qu'il faut Que ce soit effectivement inscrit A l'avance dans le règlement Des entreprises Pour que ça puisse arriver A tout moment Et avec quelles conséquences Est-ce que vous vous dites Si on constate Qu'un de nos employés Est effectivement En consommation de drogue Est-ce qu'il faut Qu'il puisse être licencié Est-ce qu'il faut Qu'il puisse être accompagné Quelles seraient les conséquences
D'abord qu'on lui propose Un accompagnement Le cas échéant Si la situation est critique Qu'on le retire de son poste A titre de précaution Mais on ne peut pas laisser Les choses en l'état C'est horriblement dangereux Écoutez je ne crois pas Me tromper en disant Que de la même manière Que pour les accidents de la route Les accidents du travail Sont dorénavant En bonne part Liés à la consommation De stupéfiants
Les accidents du travail Sont liés A la prise de stupéfiants
Comme les accidents de la route
Pour une part Plus importante qu'avant L'alcool a été Quand même davantage martigianisé L'alcool au travail Aujourd'hui vous avez Une vraie question Autour de la drogue Merci beaucoup Patrick Martin D'avoir répondu à mes questions Ce matin Président du MEDEF Qui se veut quand même optimiste Même si la situation En toute lucidité est difficile Oui vous me laissez Votre carte sur table Ce que la France Ne peut plus ignorer Allez je vais avoir de la lecture Merci à vous Il est 8h47 Sur AMC BFM TV