Gérard Miller placé en garde à vue pour viols et agressions sexuelles
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il est toujours en garde à vue le célèbre psychanalyste Gérard Miller entendu pour des accusations de viol et d'agression sexuelle. L'enquête a été ouverte il y a un peu plus d'un an à la suite de plaintes déposées par plusieurs femmes dont des femmes qui étaient mineures à l'époque des faits. Nous avons pu justement recueillir le témoignage de l'une d'elles.
Écoutez [Musique] euh il m'a servi une boisson rapidement. J'étais pas j'étais pas très bien mais j'étais pas mal non plus et je me suis retrouvée déshabillée sur un lit il était sur moi et que du coup je ne pouvais pas je pouvais pas bouger. Il m'a dit "Ça va bien se passer, détends-toi." Sauf que c'était pas du tout le cas.
Il me touchait, je savais pas quoi faire en fait. Et c'est vrai qu'à 15 ans, franchement, on a on s'imagine pas tellement ce genre de chos. C'est c'est cette personne quand même à l'âge de mon père.
Donc je j'avais on est très naïf je pense aussi hein, mais face à une figure médiatique, on n'est pas grand-chose. Témoignage glaçant et des témoignages comme ça. Cécile Olivier, vous en avez entendu beaucoup.
C'est vous qui avez la première écrit un article dans elle à l'époque avec six témoignages de femmes et ensuite bah il y a eu des tas et des tas d'autres témoignages qui sont intervenus. Vous allez nous le raconter d'abord. Alexandra Gonzalez du service police justice de PFM TV.
Vous nous dites queau-delà de la garde de vue, il y a une perquisition qui a eu lieu hier. Oui, selon nos informations, hier matin des enquêteurs de la police judiciaire se sont rendus à son domicile. C'est un hôtel particulier du 11e arrondissement au sein duquel des femmes disent avoir subi des viols ou des agressions sexuelles.
Cette perquisition a eu lieu en sa présence selon nos informations. Et par ailleurs, ces enquêteurs ont également contacté des plaignantes pour leur demander de fournir des photos d'elle au moment des faits qu'elle dénonce. C'est parfois il y a plusieurs années euh et des photos actuelles afin de confronter Gérard Miller à ses clichés, voir si euh cela euh déclenche souvenir, s'il souhaite euh en parler ou non.
Éclairez-nous Cécile Olivier, il y a combien de plaintes exactement dans ce dossier ? Alors, le parquet de Paris reste assez discret sur le nombre de plaintes. Nous, on a pu compter d'après nos contacts avec les témoins qui ont témoigné notamment dans notre livre que j'ai écrit avec Alice Augustin, ma collègue.
On a compté nous 11 plaintes dont h pour des viols présumés et trois pour agression sexuelle. Mais en réalité, il y en a sans doute plus puisque parfois au cours de notre travail, de nos échanges, on croise des avocates qui nous disent "Mais moi aussi j'en ai une." Donc il y a les 11 que nous on a pu compter mais donc on dit dans nos articles une dizaine mais en réalité il y en a sans doute plus.
Et votre livre s'appelle Anatomie d'une prédation. Laurine Anna est également avec nous. Vous êtes avocade pour nous aider à comprendre aussi ce qui est en train de se passer.
D'abord, pourquoi cette garde à vue, elle intervient un an et demi après le début de l'enquête ? Ça paraît long comme délai. Ça peut arriver.
Ça peut arriver. Alors, soit que une instruction est déjà ouverte depuis un an, ce qui m'étonnerait quand même, soit il y a une enquête préliminaire qui a eu lieu avant et donc la garde à vue et l'aboutissement de l'enquête. Donc c'est possible, c'est probable.
Ce qui est plus inquiétant, c'est les plaintes qui ont eu lieu un peu vraiment avant et qui n'ont pas été peut-être pas pris au sérieux. Quelle est la règle sur la prescription ? Alors, la prescription sur les viols sur mineurs, c'est plus 30 ans, c'est plus 20 ans.
En revanche, si jamais il y a des actes qui se sont faits ou d'autres plaintes qui ont eu lieu euh euh entre-temps, euh la prescription s'interrom. Donc euh donc je pense que c'est plus trop un sujet sur ce sur ce là. En l'occurrence, il y a pas il y a des faits qui sont dénoncés, notamment euh viol sur mineur qui ne sont pas prescrits.
Les témoignages, le témoignage qu'on a entendu, Cécile Olivier, est-ce qui ressemble à l'ensemble des témoignages que vous avez reçus ? Parce qu'on a l'impression que dans cette affaire, il y a quand même un modus opérandi qui se répète. Oui, à un mode opératoire, c'est certain puisque la grande majorité des plaignantes et des témoins, parce qu'on a aussi des femmes qui rapportaient des faits très graves mais qui n'ont pas déposé plainte justement parce que c'était prescrit, raconter un peu tout le temps la même chose, c'est-à-dire d'avoir été abordé très jeune souvent lors d'émission de télévision et puis voilà par ce personnage très sympathique qui leur proposait un restaurant, un verre, des places de théâtre et puis de venir chez lui de tester des séances d'hypnose ou alors de relaxation et là certaines affirment que ça aurait dérapé en agression sexuelle et parfois en viol.
Ce que je voudrais rajouter, pourquoi ça a pris tellement de temps cette enquête, c'est que elle est vraiment tentaculaire, c'est-à-dire que très souvent, il pensait arriver au bout et puis il y avait une nouvelle plainte où à chaque fois il faut entendre l'entourage de la plaignante, gratter les témoignages et cetera et donc ils arrivaient pas au bout. Et par ailleurs, c'est la brigade des mineurs qui a été saisie parce qu'il y a plusieurs victimes présumées mineures. Mais c'est un service qui est sous l'eau comme on dit.
C'est-à-dire qu'ils ont beaucoup beaucoup de dossiers. Gérard Miller dont on te on rappelle qu'il démence ses accusations et qu'il est bien sûr présumé innocent. Vous avez eu des retours de certaines déplaignant depuis l'annonce de cette garde à vue hier ou pas ?
Euh pas depuis hier mais on savait que elles attendaient beaucoup. Il y en avait même une qui cet été avait appelé le service enquêteur en disant que bah où ça en est. On n peut plus, on attend.
C'est dur pour nous. Et le service enquêteur avait dit ça va plus trop tarder maintenant. Donc oui, c'était un moment qu'elles attendaient et ça a été assez dur pour ell cette bah voilà c'est ces très longues investigation.
Ce qui donne une dimension particulière Laurenana à cette affaire, c'est ce que vient de nous dire Cécile Olivier sur l'hypnose. À partir de quel seuil d'hypnose on sait si le consentement commence ou pas ? On est ici quand même dans des notions qui sont très très compliquées à définir.
Ça c'est vrai que c'est délicat. Je sais qu'il y a la chambre criminelle, la Cour de cassation qui avait parlé de contrainte morale et qui avait dit que cette contrainte morale, elle peut résulter d'un état psychologique particulier qui abolit les capacités de résistance. Alors après savoir à quel point est-ce que ces capacités de résistance étaient abolies, je crois que c'est forcément nécessaire d'avoir un expert là-dessus qui établit à quel point et surtout quelles étaient les pratiques de ce monsieur.
Alors c'est la c'est la clé Cécile Olivier parce que lui dit l'hypnose totale je ne l'ai fait qu'en public. Ces séances d'hypnose là elles étaient très limitées et n'allaient pas jusqu'à abolir le consentement. Mais de toute façon, dans notre livre, on a interrogé des experts de l'hypnose et qui nous ont dit que on c'est quand même difficile de complètement prendre le contrôle sur quelqu'un jusqu'à lui faire subir des viols ou des agressions.
Nous, notre hypothèse, c'est que l'hypnose et les séances de de relaxation comme il dit, c'était plus un prétexte pour amener les jeunes femmes à s'allonger, à dégrafer tel ou tel vêtement situation. les mettre en situation de subir un certain nombre de choses. Il y avait plutôt aussi son son ascendant moral qu'il a pu avoir sur elle parce que on l'a entendu là, c'était une jeune fille qui avait 15 ans à l'époque, il y en a beaucoup des très jeunes he qui étaient impressionné par un homme célèbre qui est un soignant par ailleurs, un psychanalyste donc qui avait vraiment un ascendant et elles étaient à un âge où c'est très dur de s'opposer à un adulte et qui en plus a un tel statut.
Alexandra, je me souviens d'une d'une des plaignantes que j'avais rencontré, Cécile Olivier aussi, qui disait qu'en fait ce qu'elle a vécu, elle avait 17 ans à ce moment-là, a provoqué chez elle une amnésie immédiate. J'ai repris ces mots. Elle dit "Voilà, je me souvenais avoir rencontré Gérard Miller à l'époque, elle avait 17 ans, je l'ai souvent raconté autour de moi, mais j'ai complètement refoulé la suite.
J'en ai parlé à personne parce que je n'en avais pas conscience. Et puis un jour, elle tombe sur l'article de Cécile Olivier, Alice Augustin et là, elle dit "Un voile s'est déchiré et d'un seul coup, des souvenirs ont surgi dans ma mémoire et d'un seul coup, je l'ai revu baisser son pantalon, il sort son sexe, il me demande si j'ai déjà couché avec un garçon, je lui dis que non et là il me dit "Je ne serai pas ton premier." Il me met alors son sexe dans la main puis le met dans ma bouche pour lui faire une félation et j'ai été bloquée psychiquement.
Voilà ce que cette femme raconte et elle fait partie des plaignantes qui accusent Jérer mais comme vous l'avez dit lui conteste formellement tous ses faits. Témoignage évidemment encore une fois glaçant. Rappelez-nous Cécile Olivier le côté aussi entre un peu parce qu'il y a les plateaux télé mais il y a aussi chez lui un hôtel particulier avec une salle réservée à tout ça pour participer de cette ambiance.
Oui parce que dans tous les témoignages qu'on a reçu donc c'était en plus avant que ça sorte dans la presse, c'était des femmes qui venaient d'univers très différent donc de de la Meuse de Clermontferrand. des Yvelines de de villes, métier, milieu donc des femmes qui ne se connaissaient pas et qui toutes nous décrivaient à peu près la même chose. Donc cet hôtel particulier, elle se rappelait parfois des des noms des chats de Gérard Miller et elle décrivait effectivement alors ce qu'elles appelaient une salle japonaise ou une salle japonisante, c'était une salle à l'étage avec un un décor donc elle elles appelaient japonais, c'est-à-dire avec des tintures, une salle avec une lumière rouge, des tatamies ou sol au sol où elles affirment que avaient lieu ces séances d'hypnose.
Merci beaucoup Cécile Olivier pour être venu euh nous en dire plus sur cette affaire et Laorenana avec Alexandra Gonzalez pour vos éclairages. On suit évidemment l'évolution de la garde à vue. On verra ce qui va se passer à l'issue de cette garde à vue.
Sera évidemment très important de voir les suites judiciaires.
Laure Miller