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interviewFrance Culture — Sens politique· 26 octobre 2024 43 min

Budget de la Sécu : la ministre de la Santé "travaille" à ne pas activer la hausse du ticket modérateur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Geneviève Darrieussecq

Un podcast France Culture.

0:40
Invité

Saint bénévole aussi au stade Montoy, le club de rugby de la ville. Et puis, changement de carrière, la politique s'ouvre à elle. En 2004, elle est tête de liste des Landes au régional en Aquitaine, élue conseillère régionale. Quatre ans plus tard, en 2008, à 52 ans, elle remporte la mairie de Mont-de-Marsan. Après 46 ans de socialisme, 30 000 habitants au sud de la forêt des Landes, dont elle est le chef lieu. Bordeaux au nord, Pau au sud, étiquette UDF puis Modem, dans le sillage de François Bayrou, qui n'est jamais très loin. En 2017, elle entre à l'Assemblée comme députée des Landes, élue face au PS, réélu en 2022 face à la France Insoumise et en 2024 face au Rassemblement National.

Un déboulonnable aussi au gouvernement, sous Édouard Philippe, secrétaire d'État aux armées, sous Jean Castex, aux anciens combattants, sous Elisabeth Borne, aux personnes handicapées, et désormais à la santé. Elle n'aime pas le parisianisme quand il est méprisant et défend les traditions locales, à commencer par la corrida. En charge de la première préoccupation des Français, selon un dernier sondage, plus d'un Français sur deux souffre de l'accès aux soins. C'est d'ailleurs l'intitulé de son portefeuille dans le gouvernement de Michel Barnier, ministre de la Santé et de l'accès aux soins. Bonjour Geneviève Dariosec. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Un plaisir.

Et merci à vous de nous écouter. Comme chaque samedi, vous êtes sur France Culture. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h30. Est-ce un atout, Geneviève Dariosec, d'être médecin quand on est ministre de la Santé ? C'est une question qu'on pose souvent à l'ENA ou à Sciences Po.

2:14
Geneviève Darrieussecq

Je ne sais pas si c'est un atout, si ça doit être considéré comme un atout. En tout cas, mon expérience personnelle a été assez riche dans le domaine. C'est-à-dire que j'ai exercé, et en libéral et à l'hôpital, j'ai fait partie des instances de l'Ordre des médecins de mon département. Donc je connais bien le système ordinal. Je me suis intéressée de très près au syndicalisme aussi dans ma partie et ma spécialité l'allergologie, puisque j'ai été présidente d'un syndicat national. Je me suis intéressée à la formation continue.

Donc si vous voulez, voilà, et quand j'ai été élue, bien sûr j'étais présidente du conseil de surveillance de l'hôpital de ma ville, mais aussi j'ai été présidente de la Fédération hospitalière de France Nouvelle-Aquitaine pendant une dizaine d'années. Donc si vous voulez, voilà, j'ai une vision un peu panoramique.

3:06
Invité

Et alors maintenant, quand les syndicats de la fonction publique hospitalière comme la CGT ou Force Ouvrière appellent à une grève mardi prochain, le 29 octobre, au motif que le budget augmente les risques de renoncement aux soins, qu'en pensez-vous, Geneviève Dariussec ?

3:20
Geneviève Darrieussecq

Écoutez, le budget des dépenses d'assurance maladie, il augmente, comme tous les ans.

3:26
Invité

Il augmente moins que ce qui était prévu l'année dernière.

3:32
Geneviève Darrieussecq

Oui, il augmente de 9 milliards d'euros. Nous avons eu des augmentations qui étaient plus importantes dans les années Covid et post-Covid immédiates, puisque nous avons mis en place le Ségur de la santé, notamment dans la partie salariale, 14 milliards d'euros, qui ont été bien sûr mis en œuvre par les établissements. Donc ça a augmenté largement ses dépenses, mais aujourd'hui nous revenons dans une gestion qui est plus classique. Et avant la période Covid, l'augmentation était en moyenne de 2,3% par an. Donc nous sommes quand même dans une dynamique d'augmentation des dépenses d'assurance maladie.

Donc vous, Geneviève Dariussec, ministre de la Santé et de l'accès aux soins, vous êtes satisfaite de votre budget ? Je ne suis pas, comment dire, nous sommes dans un budget de responsabilité. C'est-à-dire que l'orientation des dépenses augmente, 9 milliards d'euros de plus, mais nous devons en parallèle faire 5 milliards d'euros d'économie. Tout simplement pour être dans la logique un petit peu des budgets de la nation qui nécessitent d'avoir une vigilance par rapport au dérapage budgétaire, bien sûr. Et je m'inscris quand même dans cette nécessité de responsabilité de tous les acteurs.

4:54
Invité

Que pensez-vous de la réforme du concours de médecine qui a été faite en 2020 ? Vous l'avez suivi ? On ne peut plus redoubler la première année, il faut aller dans une autre filière. Il s'agissait d'augmenter le numerus clausus, mais en réalité les universités n'ont pas vraiment les moyens d'accueillir d'autres étudiants. Est-ce que c'est un chantier que vous avez sur votre bureau ? Je pense que c'est un chantier qu'il faut évaluer, puisque c'est récent. Et c'est en cours, il y a une évaluation par une députée ensemble pour la République, Stéphanie Riste.

5:21
Geneviève Darrieussecq

Oui, avec laquelle nous allons travailler dans cette évaluation avec l'enseignement supérieur et le ministère de la Santé. Donc il faut évaluer les choses, voir s'il faut les faire évoluer. Mais en définitive, cette réforme, d'abord elle permettait d'arrêter le processus du numerus clausus, qui nous a quand même beaucoup bloqués pendant de très nombreuses années, et qui aujourd'hui nous met dans une impasse en termes de nombre de médecins. et puis elle permet aussi à des profils différents d'accéder aux études de santé, alors que ces profils-là étaient peut-être éloignés des possibilités d'y arriver.

6:01
Invité

Enfin les étudiants, les associations étudiantes disent que ça n'a ni que ni tête de faire du droit ou autre chose avant de faire médecine. Et ils ajoutent, c'est important parce que la santé mentale est érigée en grande cause par le premier ministre Michel Barnier, que 80% des étudiants en première année seraient en état de stress, voire de stress intense.

6:18
Geneviève Darrieussecq

Bon, je pense que quand c'était le passé, ils étaient en état de stress très intense aussi. C'est le sujet d'une première année et d'une volonté d'aller, de passer ce cap, pour après être assuré de pouvoir suivre les études qu'on a envie de faire. Et la réforme voulait aussi prendre en compte le bien-être des étudiants, de mémoire ? Je pense qu'il faut qu'on continue de travailler sur ce sujet-là. Est-ce que les concours doivent être poursuivis de la même façon ? Est-ce que les orientations doivent permettre de fluidifier les parcours ? Donc tout ça est sur la table et nous allons y travailler avec le ministère de l'Enseignement supérieur.

6:58
Invité

Emmanuel Macron a promis de, je cite, « désengorger » les services d'urgence à l'hôpital avant la fin de l'année 2024. Geneviève Dariosec, ministre de la Santé, cette promesse peut-elle être tenue à vos yeux ? Alors, nous avons des hôpitaux extraordinaires.

7:15
Geneviève Darrieussecq

Et moi, je veux saluer l'hôpital, je veux saluer la qualité des services, je veux saluer la qualité des personnels et des médecins qui y travaillent. Nous avons bien entendu un point de fragilité, ce sont les urgences. Parce que les urgences, en définitive, elles devaient, elles finissaient par accueillir tout le monde, y compris pour des soins qui n'étaient absolument pas urgents. Donc, beaucoup de mesures ont été mises en œuvre, notamment les services d'accès aux soins, qui ont été développés dans pratiquement aujourd'hui tous les départements, et qui permettent de mettre dans la boucle de travail, en coordination, l'hôpital et les médecins libéraux.

Et de donner une réponse pour les soins non programmés aux personnes qui ont besoin d'un médecin, en général, rapidement. Ce qui leur évite d'arriver dans les services d'urgence. Et petit à petit, ces sas, ça s'appelle des sas, fonctionnent, se mettent en fonctionnement, et évitent progressivement, et on le voit dans les services d'urgence, il y a progressivement, le nombre des entrées se stabilise et diminue même dans certains services.

8:30
Invité

Mais pour répondre à la question sur la promesse d'Emmanuel Macron, si on prend cet été simplement, vraisemblablement, selon le syndicat SAMU Urgence de France, que vous connaissez bien, 202 services d'urgence sur 650 ont fermé au moins ponctuellement leurs portes.

8:44
Geneviève Darrieussecq

Bien sûr que nous avons un problème d'effectifs de ressources humaines. Nous avons un problème d'urgentistes, essentiellement, pour tenir les lignes de garde. Donc, il y a eu dans tous les territoires des organisations qui ont permis d'assurer la sécurité des urgences pour nos concitoyens. Mais nous devons continuer de poursuivre, en fait, de ne pas faire en sorte que le recours aux urgences soit systématique. C'est d'autres recours qui sont nécessaires, souvent des médecins généralistes, qui peuvent très très bien répondre et conserver les urgences pour des urgences.

9:24
Invité

Et la psychiatrie, qui pèse aussi sur ces urgences et qui est un chantier majeur. Est-ce que ce secteur-là, qui, je le rappelle, un tiers des postes de praticiens hospitaliers sont vacants dans ce secteur de la psychiatrie, alors que le nombre de patients a augmenté, est-ce qu'il est épargné ? Est-ce que vous pouvez nous en dire plus dans ce budget, sur ce sujet qui semble extrêmement urgent ?

9:45
Geneviève Darrieussecq

Alors, il y a une stratégie de déploiement en santé mentale et en soins psychiatriques qui est en place depuis quelques années. C'est Agnès Buzyn qui avait demandé ce travail et cette stratégie se déploie. Dans le budget 2025, nous avons 100 millions d'euros qui sont des mesures supplémentaires pour la psychiatrie et la santé mentale, notamment, effectivement, d'inclure des consultations de psychiatrie dans les possibilités de ces services d'accès aux soins.

C'est très important qu'on puisse répondre à des besoins d'accès aux soins en psychiatrie, notamment de développer des équipes, par exemple, qui viennent en soutien aux personnes en précarité sur le terrain, notamment de déployer un fonds d'innovation en psychiatrie. Donc, tout cela est une stratégie qui est mise en œuvre depuis quelques années, qui, cette année, se traduit encore dans le budget par 100 millions d'euros supplémentaires et que nous allons enrichir avec les propositions qui sont faites par M.

le Premier ministre qui fait de la santé mentale une grande cause nationale en 2025, notamment de multiplier par deux les maisons des adolescents, par exemple, qui sont des lieux d'écoute et de prise en charge essentiels pour les jeunes.

11:03
Invité

Vous savez ce que dit la présidente du syndicat des psychiatres des hôpitaux, Marie-Josée Cortès ? Ce qui nous importe, c'est que la psychiatrie ne soit pas oubliée, dissoute dans cette expression de santé mentale. Et on voit bien le risque, parce que 100 millions d'euros, je me disais, c'est bien dans un budget en difficulté, mais enfin, ce n'est pas grand-chose non plus.

11:22
Geneviève Darrieussecq

Mais j'entends ce que dit la psychiatrie, et la psychiatre là en particulier. Bien entendu, mais ce qui nous manque, ce sont les psychiatres. Ils le savent très bien. Donc, redonner de l'attractivité à ces métiers. Dans ces 100 millions, il y aura, par exemple, une augmentation des psychiatres à l'hôpital ? L'augmentation des psychiatres, c'est au niveau des études qu'il les faut. Ce n'est pas le nombre de postes de psychiatres qui manque, c'est les personnes pour mettre sur ces postes. Parce qu'ils travaillent en mode dégradé, c'est plus attractif du tout.

J'entends bien, mais nous sommes allés avec le Premier ministre dans la Vienne, et nous avons vu un service de psychiatrie qui s'est construit, et qui a construit des réponses à l'échelle du département, avec une construction très cohérente, et en définitive, une attractivité pour les professionnels qui ont envie de travailler dans ce type de projet. Alors, nous allons essayer, bien entendu, de faire en sorte de multiplier ces initiatives départementales. Mais il nous faut des psychiatres. Donc, il faut que les jeunes médecins qui choisissent l'internat ne se détournent pas de la psychiatrie.

Et je le regrette, parce que c'est en fait, comment dire, une spécialité qui est très humaine, qui touche au plus profond de l'humanité, et nous avons besoin d'eux, et je veux vraiment convaincre les jeunes d'aller dans ces voies. C'est bien entendu. Excusez-moi de vous dire, mais je ne ferai pas de miracle. Je ne suis pas une fée. Par contre, comme l'a dit le Premier ministre, je dirai la vérité, et que nous devons tous nous retrousser les manches et travailler en responsabilité. Parce que moi, ce qui m'importe, c'est d'apporter des solutions à nos concitoyens.

13:11
Invité

C'est votre voix qu'on entend Geneviève Dariussec lors de votre passation de pouvoir avec Catherine Vautrin au avenu de Ségur au ministère de la Santé il y a tout juste un mois. Alors, vous leur dites de manière très franche « Je ne ferai pas de miracle, je ne suis pas une fée ». Mais les soignants, eux, tous les jours, ils en font des miracles à l'hôpital. Oui, ils font des miracles, oui. Ils ne prennent pas de vacances. Ils travaillent en mode dégradé.

13:38
Geneviève Darrieussecq

Attendez. Moi, je veux lutter contre l'image très négative que l'on peut donner des hôpitaux. Il y a des tas de services qui fonctionnent très très bien à l'hôpital. Il y a des tas de services et qui ont le personnel qui est nécessaire et qui travaillent dans des conditions, des bonnes conditions. Il y a des services en difficulté. On le sait. Parce que nous manquons de médecins, voire d'infirmiers. Il y a les services des urgences. Il y a, par exemple, la gériatrie qui est assez en difficulté dans notre pays. Il y a la psychiatrie dont nous parlions. Il peut y avoir même des sujets dans la pédiatrie où il y a des fragilités.

En définitive, quand on regarde un petit peu, ce sont des spécialités qui sont assez transversales, si vous voulez. Ce ne sont pas des hyper spécialités dans des domaines. Donc, on a vraiment besoin de retrouver un petit peu cet exercice transversal et de lui donner de l'attractivité. Mais sinon, nous avons des services hospitaliers qui fonctionnent. Voilà. Et moi, je veux dire, j'ai quand même assez de fierté d'être en France, de dire qu'on peut être très bien soigné dans des services de pointe qui sont des vraies vitrines sur le plan international aussi, qu'on a des soins de grande qualité. Mais nous avons des fragilités. Ces fragilités, elles ont été identifiées.

On travaille pour améliorer les choses. Mais nous avons besoin de médecins et nous avons besoin d'infirmiers. Il y en a de plus en plus qui commencent à revenir à l'hôpital. Et je suis très heureuse de cela.

15:13
Invité

Il y a un autre sujet, Geneviève Dariusac, qui est, à mon avis, en haut de la pile des dossiers de vos bureaux, ce sont les déserts médicaux. Que pensez-vous de cette proposition du nouveau Front populaire de, je cite, réguler l'installation des médecins ? Pour le dire plus clairement, ça veut dire interdire aux médecins de s'installer dans des territoires médicalement surdotés, sauf dans les cas de remplacement des départs en retraite. Les syndicats de médecins, ils sont opposés.

15:37
Geneviève Darrieussecq

Les médecins, ils sont opposés en général. Nous n'avons jamais répondu, enfin, il n'a jamais été répondu à cela de cette façon. On préférait travailler sur l'attractivité, on préférait travailler sur l'incitation. C'est ce qui est fait avec des aides à l'installation dans des zones tendues, avec des aides aussi particulières quand on est dans des zones de revitalisation rurale. Bon, voilà. Donc, alors, cela fonctionne, mais pas suffisamment. Et on voit bien que même les incitations financières, en définitive, ce n'est pas ça qui intéresse les jeunes médecins. Ce qui les intéresse, c'est d'avoir un exercice groupé, un travail en équipe, en définitive.

C'est pour ça que nous défendons l'idée des maisons médicales pluridisciplinaires qui fonctionnent bien, qui sont de plus en plus présentes sur tous les territoires. Et nous devons faire venir dans ces maisons médicales de plus en plus d'internes pour justement qu'ils travaillent sur, enfin, qu'ils s'imprègnent un petit peu du territoire, qu'ils s'imprègnent des besoins des populations sur les territoires. Et je crois que c'est comme ça que nous y arriverons. Mais, il y a des professionnels qui ont travaillé sur ces histoires d'installation.

Par exemple, les dentistes, chirurgiens dentistes, qui en fait, je crois qu'ils ont pris une disposition pour, on ne peut s'installer que s'il y a un départ d'un praticien, d'un dentiste dans certains territoires qui sont surdotés en définitive. Donc, peut-être que l'ordre aussi pourrait amener un point de régulation dans les zones surdotées en tout cas, pour qu'il n'y ait pas d'installation disons, voilà, inappropriée en définitive.

17:25
Invité

Lors de ce même discours, lors de vos prises de fonctions avenue de Ségur, vous avez déclaré l'aménagement du territoire est lié à l'accès aux soins. Geneviève Dariossac, est-ce qu'il faut aussi repenser la démographie des villes et des campagnes, la façon dont on peut repeupler certains territoires au-delà des simples critères de santé ? Écoutez,

17:46
Geneviève Darrieussecq

moi je suis très attachée depuis toujours à l'aménagement du territoire. C'est quelque chose que je porte depuis mes premiers pas en politique. En fait, c'est quoi l'aménagement du territoire ? C'est travailler à l'échelle d'un bassin de vie où les gens habitent, où les gens travaillent, de quels services ont-ils besoin et de travailler sur ces périmètres pour donner accès aux services qu'on soit en zone rurale ou en zone très urbanisée. Et la santé doit faire partie de cette réflexion. L'accès à la santé doit obligatoirement faire partie de cette réflexion. Mais ce n'est pas le cas aujourd'hui. Disons que moi j'avais un sentiment où j'ai un sentiment de travail en silo.

Et il faut arriver à faire une transversalité de toutes ces réflexions. Quand il y a un bassin de population, alors c'est fait maintenant dans beaucoup de dispositifs, les CLSPD, les contrats locaux de santé avec les élus locaux. Donc cette réflexion a commencé à imprégner les territoires. mais oui, la santé, l'accès aux soins, l'accès aux services de santé, l'accès à l'hôpital, l'accès aux soins plus spécialisés, ça fait partie de l'aménagement du territoire.

19:00
Invité

Alors vous cherchez des économies pour boucler ce budget de la sécurité sociale. Vous avez même annoncé jeudi dernier devant la commission des affaires sociales du Sénat que le déficit de la sécurité sociale serait de 28 milliards d'euros en 2025 si rien n'était fait. et parmi les mesures avancées il y a celle qui fait polémique, vous la connaissez, celle sur les arrêts maladie. Le reste à charge qui pourrait augmenter avec donc potentiellement des mutuelles qui augmentent, la hausse du ticket modérateur. Même l'ancien ministre Horizon, à votre poste, à la santé, Frédéric Valtou, s'inquiète de cette mesure.

Il dit, il a peur que ça arrive vers une privatisation de la santé et que surtout que ça touche les plus précaires. Est-ce que vous allez conserver cette mesure ou est-ce que vous allez trouver une autre solution qui toucherait moins les Français modestes ? Écoutez,

19:50
Geneviève Darrieussecq

moi aujourd'hui, ce qui est demandé c'est 5 milliards d'économies sur la partie qui me concerne dépenses d'assurance maladie. Il y a un quantum d'un milliard qui serait transféré aux complémentaires, aux assureurs complémentaires, aux assurances complémentaires. moi, le ticket modérateur, voilà, ce n'est pas quelque chose qui me ravit comme mesure et je dois vous dire que depuis trois semaines que je suis là, j'essaie de travailler pour modifier un petit peu l'équilibre qui nous avait été montré au départ. Voilà, ce que je peux vous dire c'est que le travail n'est pas terminé. J'ai besoin aussi des...

il y a aussi la discussion parlementaire qui est en cours et le Premier ministre a dit qu'il était très attentif aux discussions parlementaires donc nous allons continuer de travailler sur le sujet. Mon objectif, moi, c'est protéger les plus fragiles et dans cette... par exemple, les mutuelles. Il y a 4% de Français qui n'ont pas de mutuelles aujourd'hui. Je veux savoir quels sont ces Français. S'il y a des personnes en fragilité, elles doivent pouvoir avoir accès à la C2S, à la mutuelle complémentaire de solidarité. Donc, on doit vraiment... Elles doivent pouvoir rentrer dans ce dispositif.

Je suis sûre qu'il y a des personnes qui ne recourent pas aux droits qu'ils devraient activer, si vous voulez. Donc, nous allons travailler à cela et puis peut-être qu'il faut modifier les critères de cette C2S parce que j'ai une attention pour les personnes avec des petites retraites.

21:29
Invité

Donc, vous nous dites aujourd'hui, Geneviève Dariussec, que la hausse du ticket modérateur, ça pourra finalement ne pas être dans le but clair.

21:35
Geneviève Darrieussecq

Écoutez, je vous dis aujourd'hui, moi je ne l'ai jamais annoncé, ça fait partie des possibilités, mais moi je travaille à faire en sorte que ce soit... qu'on ne l'active pas de la façon dont c'était potentiellement prévu. J'espère que je vais y arriver. En tout cas, je dis toujours la vérité, c'est ce que j'ai dit, je n'ai pas de baguette magique, mais je travaille assurément avec tous mes services pour faire en sorte de limiter tout cela.

22:00
Invité

Seriez-vous favorable, philosophiquement parlant, à ce que les remboursements de la sécurité sociale soient fonction des revenus des patients ?

22:10
Geneviève Darrieussecq

Écoutez, ce n'est pas l'esprit de ce qui fait ce qui, dans les années après la Deuxième Guerre mondiale, en 1947, a voulu mettre en œuvre, de ceux qui ont voulu mettre en œuvre la sécurité sociale. C'était une couverture solidaire universelle. Donc, je pense qu'il faut que l'on reste dans cette épure. Maintenant, moi, je pense qu'il faut rester dans l'épure de la solidarité et ne pas passer à une médecine à deux vitesses, à trois vitesses, avec ceux qui auraient les moyens de se payer des soins et d'autres qui n'en auraient pas les moyens. Ça me heurterait assez.

22:52
Invité

On a une question sur Instagram de Thomas. À quand une revalorisation des actes pour les infirmiers libéraux, 15 ans d'attente ?

22:59
Geneviève Darrieussecq

Alors, moi, je suis très attentive aux infirmiers et aux infirmières parce que d'abord, ils ont un rôle majeur dans notre système de santé, majeur, qu'il soit à l'hôpital ou qu'il soit en libéral. Et donc, nous allons, et le Premier ministre s'y est engagé d'ailleurs, nous allons, bien sûr, travailler la loi qui était en préparation d'ailleurs. Il y avait une loi qui était en préparation sur les infirmiers et infirmières pour lois qui amenaient à redéfinir leur mission parce qu'elle n'avait pas été, la loi était très ancienne qui définissait leur mission. Voilà. Donc, redéfinir leur mission, leur donner des missions complémentaires.

Moi, je compte beaucoup sur les infirmiers et infirmières, par exemple, pour les sujets de prévention.

23:40
Invité

Mais pas de revalorisation, Geneviève Darmisec ? Il y a une question au Sénat d'une sénatrice LR qui n'a pas eu de réponse parce qu'il y a eu la dissolution, vraisemblablement, qui raconte que les actes sur prescription sont payés à hauteur de 3,15 euros bruts.

23:54
Geneviève Darrieussecq

Je pense qu'il faut redéfinir leur mission, leur donner des missions complémentaires, des missions de consultation, des missions probablement aussi de possibilité de prescription de matériel, du matériel dont ils ont besoin. Donc, voilà, redéfinir tout cela. Et ensuite, travailler sur un plan conventionnel avec la Caisse Nationale d'Assurance Maladie, retravailler la convention à partir de ces missions redéfinies. Moi, je comprends qu'il ne sera pas augmenté, Thomas qui nous écrit. Non, mais Thomas qui vous écrit, il ne sera pas augmenté au 1er janvier 2025.

Mais Thomas qui vous écrit, si l'on arrive à travailler cette loi rapidement, cette loi est demandée par les députés, sera acceptée, je pense, au Sénat sans problème et ensuite, il y a un travail avec l'assurance maladie pour mettre tout ça en adéquation, on va dire, l'adéquation de la rémunération avec les missions, eh bien, je crois qu'on aura, on sera arrivé à une amélioration considérable.

24:59
Locuteur non identifié

De son salaire ?

25:01
Geneviève Darrieussecq

Ce n'est pas un salaire s'il est en libéral. Enfin, vous voyez, de ses revenus. De ses revenus, vous pouvez le lui dire. De ses revenus.

25:07
Présentateur

France Culture, Sens Politique, Astrid De Vilaine.

25:12
Locuteur non identifié

Ce soir, j'ai parlé avec mon cœur, je compte sur vous. Alors, je vous remercie, j'ai confiance en vous et j'ai confiance en vous.

25:21
Invité

Vous écoutez toujours France Culture, Sens Politique, en compagnie de Geneviève Dariussec, la ministre de la Santé et de l'accès aux soins. Vous vous souvenez de ce moment ? Oui, c'est 2008,

26:22
Geneviève Darrieussecq

c'est l'élection municipale et j'en garde un souvenir très chaleureux et très ému parce que c'est une élection où je suis allée parce que j'aime ma ville et que je voulais vraiment que la ville bouge et voilà, je voulais vraiment avoir un projet pour cette ville que je trouvais un peu immobile depuis quelques années et puis j'ai fait une équipe et puis on a travaillé et puis tout le monde nous disait mais vous n'allez pas gagner, ce n'est pas possible, vous êtes, voilà, vous ne gagnerez pas et puis progressivement on a senti l'adhésion de la population, la chaleur qui montait et puis nous avons gagné et j'ai gagné cette commune. C'est un souvenir très très fort pour moi.

Qu'est-ce qui vous décide à passer de médecin allergologue à femme politique ? Écoutez, oui, j'ai laissé mon métier à ce moment-là parce que je ne pouvais plus j'adore mon métier et j'y prenais beaucoup de plaisir aussi et en plus l'allergologie c'est une spécialité très relationnelle. On a beaucoup d'interrogatoires longs et de relations avec les personnes et j'affectionnais tout cela. Mais en définitive, un maire c'est un peu pareil. Il faut beaucoup écouter ses concitoyens, il faut analyser les situations, il faut proposer des solutions. Alors, quand on est médecin c'est des traitements, là c'est des solutions et puis avancer.

Donc, si vous voulez, sur la philosophie générale, je trouve que les choses sont un peu identiques. Après, sur le reste, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, j'étais plutôt en vraie ambition pour la ville qui avait besoin de renouvellement, qui avait besoin d'ouverture, un département des Landes aussi, très fermé politiquement. je le regrettais, un département qui avait besoin de s'ouvrir et de paraître plus ouvert. Et donc, je pense que cette élection elle a été importante pour moi, comment dire ? Personnellement. Personnellement. Et voilà, j'en ai, voilà, je suis très, voilà, j'en ai encore beaucoup de sensations aujourd'hui.

Mais aussi, je pense qu'elle a été importante pour le département des Landes qui a commencé à s'ouvrir un petit peu politiquement. Au Modem ? Oui, au Modem et puis à d'autres formations et puis à, voilà, la parole y était moins bridée et je pense que c'était important pour ce département qui est un département absolument magnifique. François Bayrou

28:57
Invité

a été réélu à la tête de votre parti, le Modem, en mars dernier pour trois ans. L'idée derrière, c'est qu'il se présente à la présidentielle ?

29:06
Geneviève Darrieussecq

François Bayrou, il faut lui poser la question directement, il vous répondra. Aujourd'hui, je pense que son idée en responsabilité c'est d'accompagner le redressement de la France et d'accompagner les politiques qui sont mises en oeuvre parce qu'on sent bien que le moment est fragile en ce moment.

29:24
Invité

C'est de la langue de bois

29:25
Geneviève Darrieussecq

Geneviève Mariussec ? Non, pour moi, ce n'est pas de la langue de bois. En tout cas, moi, si je suis là où je suis, c'est plus avec cette philosophie parce que, comment dire ? Il est trop tôt pour parler de 2027, vous trouvez ? Moi, je trouve qu'il est un peu tôt, oui.

29:42
Invité

Franchement, il peut se passer beaucoup de choses d'ici 2027. Alors, restons sur le présent. En tant qu'ancienne élue locale, que pensez-vous de ces 5 milliards d'euros d'économie qui sont demandés aux collectivités territoriales ? Vous avez vu que les élus locaux de toutes couleurs politiques confondues sont vent debout. Ils craignent, et vous les connaissez bien, Geneviève Darriosec, en tant qu'ancienne maire de Mont-de-Marsan, des problèmes d'investissement, notamment pour les voiries ou les bâtiments publics. On a même vu, c'est symbolique, mais ce président de conseil départemental, LR, Nicolas Lacroix, qui vend sur le bon coin des gendarmeries un tribunal et des sous-préfectures.

Ça doit vous faire de la peine, non ? Vous qui êtes attaché au territoire.

30:18
Geneviève Darrieussecq

Je suis attaché au territoire, mais j'ai vécu une situation en 2014 qui était identique, voire pire. Puisque, élection municipale, tout le monde est élu, et ce n'est pas avant l'élection qu'on l'assume et c'est après, c'était M. Hollande qui était président de la République, le gouvernement de l'époque qui annonce 11 milliards d'économies sur les collectivités, ce qui était, chez moi, très lourd, et dans ma commune et dans l'intercommunalité que je présidais, qui nous a amenés à reconsidérer beaucoup de choses, ce qui nous a amenés aussi à étaler un peu les projets d'investissement. 11 milliards, voilà. Ils en font trop, ces élus locaux ? Ce n'est pas ça, mais ce n'est pas ça.

Moi, je comprends leur inquiétude. En plus, c'est vrai qu'ils ont passé une période entre, là aussi, les frais Covid, l'inflation qui a touché l'énergie, toutes ces choses-là, ils ont eu des sujets d'augmentation des frais de fonctionnement. Mais je dois dire qu'on est aussi en responsabilité et depuis 2017, à l'actif des gouvernements qui se sont succédés, d'abord, la diminution de tout ce qui était de transfert de l'État aux collectivités, ça n'a plus baissé. Les dotations ? Les dotations ont augmenté petit à petit et surtout, il y a eu un soutien à l'investissement massif dans tous les territoires, massif dans les départements.

Moi, dans mon département, le soutien à l'investissement, ce qu'on appelle les DETR, enfin bon, ça a toujours des sigles qui sont des dotations de soutien à l'investissement et les déciles, ça a été multiplié par deux. Donc, c'est une réalité. Après, il y a eu aussi l'inflation. Mais c'est ce que je... Voilà. Le gouvernement, les gouvernements successifs ont beaucoup aidé les collectivités à investir. Maintenant, je comprends leur inquiétude, ce n'est pas le sujet et je pense qu'il faut continuer de travailler avec elles pour mesurer quelles sont les collectivités. Les départements sont en difficulté, dépenses sociales en explosion, donc ça, c'est une réalité.

Les régions sont peut-être moins en difficulté à évaluer et Catherine Nouveautrin, je pense, fait ce travail fin. Mais en tous les cas, ce que je veux dire, c'est que ce qu'on connaît aujourd'hui, on l'a déjà connu et moi,

32:45
Invité

je l'ai connu comme élue locale. Alors, vous avez été, je le disais en introduction, au ministère des Armées comme secrétaire d'État sous Florence Parly et sous Édouard Philippe. Aujourd'hui, il n'y a pas de femmes qui occupent des postes régaliens dans le gouvernement Barnier. Est-ce un problème selon vous, Geneviève Dariussec ?

33:00
Geneviève Darrieussecq

Écoutez, je constate moi aussi souvent que je ne pense pas aux femmes en premier pour occuper certains postes. On voit aussi, alors ça s'améliore progressivement, mais y compris dans les grandes entreprises, vous avez souvent des hommes avant d'avoir des femmes dans les postes à haute responsabilité. Bon, voilà, il faut vraiment continuer à travailler. Moi, j'ai travaillé comme secrétaire d'État puis ministre déléguée cinq ans avec Florence Parly. J'ai eu cette chance. Je pense qu'on a fait un bon duo de femmes. En tous les cas, on s'entendait bien.

il y a des femmes, il y a des femmes qui avaient des compétences, il y a des femmes, peut-être qu'elles ne parlent pas aussi fort que les hommes quelquefois, peut-être qu'elles ont des expressions différentes, mais en tout cas, dans l'efficacité de ce qu'elles portent, je ne fais aucun doute qu'elles sont légales des hommes.

34:00
Invité

Vous avez vécu, vous, Geneviève Dariussec, le sexisme en politique ou dans votre vie de médecin ?

34:07
Geneviève Darrieussecq

Moi, je ne l'ai pas vécu avec mes concitoyens puisque les gens ont voté pour moi. Donc, en fait, les électeurs, en fait, ça leur est égal de voter pour une femme ou pour un homme. Et à Paris, dans les ministères ? Mais dans les partis politiques, oui, bien sûr. Dans les partis politiques, les femmes ont eu beaucoup de mal à se faire une place parce que vous aviez des listes hommes-femmes, hommes-femmes, hommes-femmes. Mais si une femme, bon, on disait, à l'académie missionnée, comme ça, c'est un homme qui va monter, je l'ai entendu, ça. Ça me mettait dans une fureur énorme. Au modem ? Oui, dans les partis. Il y a longtemps ?

Dans les partis régionaux, non, c'était au départ, c'était des élections régionales. Ça me mettait dans une fureur énorme. J'ai dit, mais c'est quoi cette histoire ? Pourquoi une femme démissionnerait après une fois élu pour laisser monter un homme ? Enfin, c'est inentendable. Donc, il faut se battre. Et il faut se battre aussi à l'intérieur de nos partis politiques.

35:10
Présentateur

Sens politique, l'archive de l'invité.

35:13
Locuteur non identifié

Je le dis avec toute ma conviction, l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue. Mais comment le tolérer sans qu'il perde ce caractère d'exception, sans que la société paraisse l'encourager ? Je voudrais tout d'abord vous faire partager une conviction de femme. Je m'excuse de le faire devant cette assemblée presque exclusivement composée d'hommes. Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. Il suffit d'écouter les femmes. C'est toujours un drame. C'est toujours un drame. Cela restera toujours un drame.

C'est pourquoi, si le projet qui vous est présenté tient compte de la situation de fait existante, s'il admet la possibilité d'une interruption de grossesse, c'est pour la contrôler et autant que possible en dissuader la femme. Nous pensons ainsi répondre au désir conscient ou inconscient de toutes les femmes qui se trouvent dans cette situation d'angoisse si bien décrite et analysée par certaines des personnalités de votre commission spéciale à entendue au cours de l'automne 1973.

36:31
Invité

La voix de Simone Veil, l'une de vos lointaines prédécesseurs, ministre de la Santé de Valérie Giscard d'Estaing, ici à la tribune de l'Assemblée le 26 novembre 1974 pour défendre son projet de loi de dépénalisation de l'avortement. Vous, Geneviève Dariussec, au jour du ministre de la Santé, vous avez 18 ans quand elle prononce ce discours. Qu'est-ce que ça vous fait de le réentendre ? Pourquoi vous l'avez choisi ?

36:53
Geneviève Darrieussecq

J'avais 18 ans et j'étais en première année de médecine. Juste, je démarrais mes études de médecine. Écoutez, à l'époque, il y avait beaucoup moins, il n'y avait pas de télé en continu, il y avait, bon, voilà, il y avait la... Donc, en fait, ce discours, il a quand même irradié la société progressivement, pas arrivé... Bon, c'est un très beau discours, c'est un... Moi, j'admire le courage de Simone Veil, j'admire la façon dont elle a porté cela, avec à la fois fermeté, avec ses tripes aussi, mais avec... Voilà, parce que certains ont manqué de respect à son égard dans l'Assemblée, il y a quand même quelques colibés qui ont émané et elle est restée très digne et donc, voilà, ça me...

C'est un grand moment politique pour moi.

37:47
Invité

D'ailleurs, vous étiez au Congrès de Versailles le 4 mars dernier comme oratrice de votre groupe Modem, vous étiez députée des Landes, pour l'inscription de l'IVG dans la Constitution. Ce n'est pas le cas de vos collègues actuels du gouvernement comme Bruno Retailleau, Laurence Garnier ou Patrick Hatzel qui, eux, ont voté contre. Est-ce que c'est compliqué pour vous de cohabiter avec des ministres qui ne partagent pas des valeurs aussi fondamentales ?

38:12
Geneviève Darrieussecq

Écoutez, je pense qu'on a tous nos valeurs, que là, nous sommes dans un temps politique qui est particulier et que nous devons aussi avoir du respect mais faire des pas les uns vers les autres parce que il ne faut pas chercher l'affrontement permanent. La situation politique du pays, à mon avis, ne le supporterait pas. Donc, voilà, je suis en contradiction avec certaines valeurs que portent certains de mes collègues. Il n'empêche qu'on doit travailler ensemble, on doit trouver les voies et moyens de porter des politiques utiles pour nos concitoyens aujourd'hui. Mais pour ce qui est de...

j'ai eu un grand honneur de défendre au Congrès la position de mon groupe sur cette constitutionnalisation et ça restera pour moi aussi

39:04
Invité

un souvenir important. Une question d'actualité, Geneviève Dariusac, avant de se quitter, cette semaine, un député insoumis a été contrôlé en possession de stupéfiants. Il a publié un communiqué pour reconnaître les faits et plaide, je cite, des problèmes personnels et des fragilités psychologiques. Votre collègue du gouvernement, on en parlait, Laurence Garnier, lui demande de se démettre de son mandat, tout comme Bruno Retailleau, un député a un devoir d'exemplarité, il doit en tirer les conséquences. D'autres, y compris dans plusieurs familles politiques, ne sont pas d'accord et estiment que c'est une victime d'addiction. Qu'en pensez-vous, vous Geneviève Dariusac ?

Ce n'est pas facile comme cas.

39:42
Geneviève Darrieussecq

Non, c'est difficile parce que d'un côté, il y a une fragilité personnelle, visiblement, qui mérite d'être prise en compte et d'être considérée comme toutes les fragilités d'autres personnes. Ce n'est pas parce qu'on est député qu'on n'a pas forcément des fragilités. Maintenant, on a peut-être, oui, quand même, un droit à l'exemplarité dans certains domaines. Je veux dire que les stupéfiants en général et la consommation de nos stupéfiants, c'est délétère pour la santé, c'est délétère pour beaucoup de choses aussi, pour la sécurité de notre pays, parce que s'il n'y avait pas de consommateurs, il n'y aurait pas non plus de trafic de drogue. Est-ce qu'il doit démissionner, on dit Kerbrat ?

Écoutez, son groupe politique décidera de son sort parce que je sais qu'ils sont habitués à ce genre de décision. Ils en ont eu plusieurs à prendre. ce que je sais, c'est qu'ils doivent se faire soigner,

40:37
Invité

en tout cas, à mon avis. Et Joël Guerriot, qui est le sénateur, vous savez, qui a été accusé d'avoir drogué une collègue députée qui est aujourd'hui en retrait, est-ce que lui aussi, il doit démissionner ? Je trouve ça très lourd

40:51
Geneviève Darrieussecq

quand même parce que c'est... Il peut y avoir des consommations avec dépendance qui méritent d'avoir un regard parce qu'il faut vraiment que ce sont des cas médicaux et qui ont besoin de soins et puis de la déviance qui peut être de la déviance sexuelle ou de la déviance qui là mérite aussi peut-être des soins mais mérite surtout d'être complètement

41:20
Invité

sévèrement puni. Merci Geneviève Dariusac, ministre de la Santé et de l'accès aux soins d'être venu dans Sens Politique. Vous pouvez retrouver cette émission et toutes les autres sur franceculture.fr et sur l'application Radio France. Merci à Luca Liberati qui m'a aidé à préparer cette émission à la réalisation comme chaque semaine Luc-Jean Reynaud, à la technique aujourd'hui d'Alia et à la vidéo Ruben Karmazine. A samedi prochain, très bel après-midi sur France Culture. Sous-titrage ST' 501

Budget de la Sécu : la ministre de la Santé "travaille" à ne pas activer la hausse du ticket modérateur — Geneviève Darrieussecq · Pourquijevote