La chronique de Roger Karoutchi du 20/05/26
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous. Aujourd'hui, je voudrais à la fois parler de l'unité et de la neutralité.
L'unité, c'est, comment dire, avec les secousses qui frappent la communauté des Français de confession juive, je veux vraiment dire à tous les responsables communautaires, à tous les responsables du Grand Rabinat, du Consistoire et des autres organisations, que franchement, en cette période d'explosion des actes antisémites, en cette période où c'est très difficile de se battre au niveau législatif comme au niveau réglementaire, en cette période où on fait en sorte qu'on obtienne des condamnations des actes antisémites les plus violents, il faut de l'unité et que toute division, tout étalage de division, quelles qu'en soient les raisons, est mortifère.
Franchement, je suis assez consterné de voir, de lire, d'entendre des gens se mettre sur la tête sur des histoires, franchement, qui n'intéressent pas les Français et qui donnent le sentiment qu'en un terme, les Français de confession juive ne sont même pas capables d'être d'accord entre eux, ce qui est tout à fait irréable. Donc, je souhaite vivement, je l'ai dit à certains des responsables, que tout cela cesse et que franchement, on trouve des accords pour ne pas étaler ce genre de division, ni dans les réseaux sociaux, ni dans la presse, ni dans l'opinion, parce qu'on n'a vraiment pas besoin de ça.
Neutralité, c'est évidemment la neutralité de l'audiovisuel qui me laisse tous les jours plus inquiet. Bien sûr, il y a des attaques en règle sur l'audiovisuel public, on le voit, peut-être que certaines de ces attaques sont excessives, mais pour ceux, toutes celles qui regardent certaines émissions de télé, qui écoutent certaines émissions de radio, franchement, qu'on ne me dise pas qu'ils considèrent que la neutralité du service public de l'audiovisuel est assurée. Je dois dire que j'ai vu des émissions qui m'ont profondément choqué ces dernières semaines, et je souhaite que tous les services comprennent qu'il y a une responsabilité.
La responsabilité, c'est celle vraiment de l'État, pour lutter contre l'antisémitisme, pour faire en sorte que les mesures soient prises, c'est celle des parlementaires pour voter les lois nécessaires en la matière, mais c'est aussi celle de tous les intercesseurs que sont les médias, et qui doivent comprendre que dans ces périodes-là, il faut faire extrêmement attention aux mots qui sont prononcés, aux phrases qui sont dites, parce que la division, le harcèlement, l'agression, n'est souvent des mots d'âme. Je ne veux pas faire de comparaison avec les années 30.
Et au début des années 30, les dérapages ont commencé dans la presse, ils ont commencé dans la rue, ils ont commencé dans la presse. Et c'est ensuite que c'est devenu beaucoup plus difficile, avec des agressions physiques. Donc voilà, unité pour que l'ensemble, si je puis dire, de la communauté juive en France, n'étale pas de division et se sente solidaire. solidaire entre elles, solidaire avec les autorités qui se battent pour lutter contre l'antisémitisme.
Et neutralité, neutralité de l'audiovisuel qui doit comprendre sa responsabilité dans le fait que, si on veut lutter contre ce climat, lutter contre l'antisémitisme et le racisme dans le pays, il faut faire très attention à ce qui est dit, à ce qui est fait. Je ne demande pas à ce qu'on ne dise pas la vérité, je demande simplement à ce que les mots soient pesés, à ce qu'on ne lance pas des phrases en l'air, à ce qu'on ne lance pas des accusations en l'air, parce que ces accusations, elles retombent toujours, toujours dans le harcèlement, ou l'agression, ou le refus de l'autre.
Et on a vraiment besoin, tous, tous, tous les Français, les 68 millions de Français ont besoin de sérénité dans une période aussi difficile que la nôtre.