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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 23 octobre 2025 8 min

"Ce que vous allez recevoir le 27 du mois pour acheter la baguette..." (Nicolas Dufourcq)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Il est 7h12 sur Europe Dimitri Pavlenco. Vous recevez ce matin le directeur général de BPI France, Nicolas Dufourque. Bonjour Nicolas Dufour.

BPI France, la banque publique d'investissement parce que oui, il y a encore une partie de l'argent public qui sert à financer l'économie productive, à financer les entreprises qui feront la prospérité française et les emplois de demain. Je me permets cette petite boutade Nicolas Dufour qu'après lecture de votre dernier livre qui vient de paraître, je le montre sur le site et et l'appli d'Europain en image. La dette sociale de la France 1974-2024 chez Odil Jacob.

C'est donc 50 ans d'histoire contemporaine. Si vous voulez connaître d'où viennent nos 3500 milliards d'euros de dette, surtout où est passé cet argent, et bien lisez le livre de Nicolas Dufour qu'on est en plein débat budgétaire, ça tombe bien. Vous êtes aussi ce cette semaine, je le signale, dans le magazine Capital vous accorder une grande interview sur ce sujet de la dette publique et vous dites Nicolas Dufour que sans le dire aux français on se ruine en protection sociale.

C'est le fond de votre livre. vous révélez le potorose finalement qu'on a inventé une sécurité sociale parallèle qu'on a jamais officialisé. C'est ça l'histoire de ce livre.

Oui, ce que je dis c'est que en effet il y a une sorte de secret de famille qui a pas été complètement dévoilé mais qui fait que à chaque fois que vous en parlez quelqu'un les gens vous disent mais tu savais pas ? Ben non, je savais pas. Je suis désolé. savait pas que 2000 des 3500 milliards d'euros de dettes françaises, c'était des prestations sociales, c'est-à-dire quand même essentiellement de la retraite et de la maladie, hein.

Ensuite, il y a effectivement les minimas sociaux, les allocations en logement, les allègements de charge, la prime d'activité, le handicap très important 50 milliards par an. Mais c'est pas la sé qui gère ces choses-là, Nicolas Dufon ? En fait, il y a en fait, ben il faut revenir au principe philosophique de notre protection sociale.

Il y a il y a depuis euh les années 30 en fait et puis après le Conseil national de Résistance 1945, toute une partie assurantielle, hein. Donc je cise, vous donnez votre énergie vitale au pays, ça s'appelle le travail, la création, hein, vous êtes fécond. Et euh sur vos revenus, vous payez une cotisation et cette cotisation vous permet d'avoir alors à l'époque essentiellement des prestations d'invalidité hein, ou d'accident de travail dans les années 50.

Puis ensuite, ça a été le soin dans les années 60. Et puis ensuite, ça a été la retraite à partir des années parce que le soin ça marchait bien. On arrivait à vivre de plus en plus longtemps.

Exactement. L'espériance de vie a exploser. Personne n'aurait jamais imaginé ça d'ailleurs.

Et donc au final, on se retrouve avec 400 milliards d'euros de retraite et 270 milliards d'euros de maladie, hein. Et pour donner les ordres de grandeur, le RSA, c'est 12 milliards. Voilà, la prime d'activité, c'est 10 milliards.

Le le la politique française de la pauvreté, c'est 30 milliards. Donc les grosses masses, c'est quand même la retraite et c'est la maladie. Et ce qu'on a juste pas dit français, c'est que un diè de tout ça chaque mois, c'està-dire 3 jours par mois, c'est de la dette.

C'est c'est tr jours par mois. C'estd qu'à partir du 27 du mois, française français, sachez que quand vous recevez une prestation sociale, un revenu de transfert dans votre poche he qui va vous permettre d'acheter la baguette et ben c'est financé par vos petits-enfants. Mais qui a décidé ça ?

Ça c'est pas décidé justement, c'est ça le secret de famille, c'est que c'est arrivé. C'est arrivé et donc c'est précisément parce que c'est arrivé de tous les côtés, un peu comme une marée qui monte que ça n'a pas été traité. Alors c'est vrai qu'il y avait une demande sociale.

Alors vous situez le début des choses, vous dites c'est 1974, c'est une date importante 74. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? 74 c'est une date très importante parce que c'est le premier c'est le premier quoi qu'il en coûte en fait. panique à bord, c'est le choc pétrolier, c'est la fin des tr glorieuses.

On se rappelle de mai 68 qui a fait quand même vraiment très très peur à tout le monde. Et il faut tout de suite éteindre la possibilité d'une convergence des luttes, hein, comme on dit en langage syndical, hein, c'est-à-dire en fait d'une nouvelle révolution euh comme on a cru l'avir en 1968 en mai et avec de Gaul quand même qui part à Berchos Gaden, faut souvenir à Badon Badon. Et donc qu'est-ce qu'on fait ?

Giscar annonce que il va faire des prestations chômage égal à 100 % du salaire net. Donc française français, n'ayez pas peur, vous allez être au chômage, c'est clair, mais je vous garantis votre salaire à 100 %. Incroyable.

Et puis dans le même temps, mais en 756 77 commence à arriver quantité de nouvelles prestations qui sont pas des prestations assurantielles mais des prestations solidaristes en fait assistantielles qui étaient nécessaires dans le pays hein. souci des filles mères par exemple celle qu'on app c'est le moment des filles mèes avec la vocation parents isolé qui arrive exactement au moment de la loi veille sur l'avortement hein et c'est le moment également du handicap c'était la grande cause personnelle de Chirac première grande loi du handicap c'est et puis c'est le moment aussi où on s'intéresse beaucoup aux femmes puisqu'il faut se souvenir les gens ne le savent pas que la retraite à 60 ans des femmes c'est pas mitéran c'est giscar en 1977 h et à l'époque la gauche demandait la retraite à 55 ans pour les femmes. Donc il y a un moment qui est ce moment des années 70 qui est le moment d'accomplissement du grand rêve de l'État providence qui fait tout, qui couvre tout et et et dans lequel il n'y a plus aucun trou dans la raquette.

La providence sans sans limite mais malheureusement vous dites totalement irresponsable parce qu'aujourd'hui les gens vous demandent tout le temps mais où va l'argent ? Où va l'argent de mes impôts qui n'arrêtent pas de grimper ? Bah vous dites c'est c'est simple he si l'université est pauvre si la justice est pauvre ben c'est parce que on paye retraite en substance c'est ça grosso modo c'est ça absolument je pense qu'il faut absolument le dire le choix qui a été fait et en effet tout ça est quand même assez obscur dans la manière dont s'est présenté dans les lois de finances lois de finances sociale et cetera au parlement mais le choix qui a été fait c'est de tout mettre dans la maladie et dans la retraite c'est-à-dire en fait dans le traitement du vieillissement accéléré maintenant de la société française plutôt que dans les services publics plutôt tout dans les services publics.

Pourquoi ? Posez-vous la question de savoir pourquoi le Louf n'a pas eu le budget pour faire son pour faire sa sécurité. Mais si c'est c'est voilà c'est tout.

C'est que un moment quand vous êtes vous voulez absolument être à 3 % de déficit, d'ailleurs vous n'y arrivez même pas, vous n'y parvenez pas hein. Le fameux 3 % de Bruxelles, ben vous coupez partout puisque vous coupez pas les retraites. Alors il y a il y a des interviews de nombreuses personnalités à la fin de ce livre, des gens qui ont été en responsabilité qui vous racontent tout.

Euh Nicolas Dufourc, c'est ce qui vous a permis d'écrire cette histoire en en 200 pages, mais il faut lire tous les témoignages derrière. Et ils sont ils sont dans quel état d'esprit aujourd'hui ils s'en veulent euh tous ces gens qui ont mis en place mis en place cet état social sans limite que vous dénoncez aujourd'hui ? Moi, j'ai j'ai beaucoup de considération pour eux parce que ils ont consacré leur vie au pays, hein.

Euh alors, vous avez des politiques et puis vous avez des fonctionnaires directeur de la SQ, directeur du trésor, directeur du budget. Donc chacun essayer de faire son son travail. Le budget, c'est de faire un budget qui tient. le le la CQ c'est de c'est effectivement de enfin de préserver la stabilité de l'état providence tout en développant de nouveaux droits.

Bon mais tous effectivement sont bien obligés de constater qu'à la fin de leur vie professionnelle et ben il a un état providence qui est un état providence dramatiquement endetté le plus endetté de tous les pays européens et que c'est et que c'est par conséquent constant échec. Voilà, les 3500 milliards de dettes, il y en a plus de la moitié, c'est de la prestation sociale. Vous voulez tout comprendre, lisez le livre de Nicolas Dufourc, la dette sociale de la France.

Vous êtes aussi, je le disais, Nicolas du Fourc, dans Capital avec à la une semaine, la dette publique à qui la faute, comment s'en sortir ? C'est bien parce qu'il y a aussi des pistes de solution à tout ça. Il y a des pistes bien sûr.

Non, mais ça c'est pour fois très important, Dimitri. C'estàd que il faut surtout pas jeter le bébé avec l'eau du bain. J'entends des jeunes qui disent nous on aura jamais de retraite et mais c'est pas vrai.

Ils auront une retraite qui sera tout à fait satisfaisante. Il faut juste régler un certain nombre de curseurs et le faire de manière transpartisane. Ça va demander un peu de courage tout ça.

Merci Nicolas Dufour qui le directeur général de la banque publique d'investissement BPI France était l'invité d'Europe matin. journée.