M. Carrère d’Encausse, M. Page, A. Kominek, L. Arné - C à Vous l’intégrale - 17/04/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Laissez parler votre marmotte intérieure. ... - M.Bouhafsi: On est de retour, en direct, jusqu'à 21h avec toute l'équipe et notre chef, J.Merle.
Vous avez trouvé Le péché mignon de notre future invitée, celui de M.Carrère d'Encausse? - J.Merle: Oui, elle aime bien le boeuf Stroganov.
C'est une préparation à base de boeuf avec de la tomate, du paprika et des oignons. On est sur quelque chose de plutôt régressif et réconfortant ce soir. - M.Bouhafsi: J'ai goûté tout à l'heure ce petit boeuf Stroganov.
Je peux vous dire que c'est excellent. Je n'en ai pris qu'un petit bout! Au menu ce soir: son humour est aussi aiguisé qu'un couteau suisse, il adore se déhancher en slip.
Elle est hilarante et a marqué les esprits en nymphomane déjantée. Ensemble, ils sont à l'affiche de la nouvelle série de Netflix: "Recalé". A.Kominek et L.Arné sont nos invités.
M.Page explore la maternité et les liens de filiation sous toutes ses formes dans son nouveau livre, "Peaux à peaux". Sur notre plateau également, M.Carrère d'Encausse, qui présentera mardi prochain un nouveau numéro de "Enquête de santé" sur l'insomnie, une maladie chronique qui touche 8 millions de Français. - Il faut vivre l'insomnie pour pouvoir comprendre la souffrance que ça implique. - J'étais au bout du rouleau.
Je ne voyais plus d'avenir. - Les somnifères, je finissais par en prendre tous les jours. - On a compris qu'il allait y avoir un changement. - M.Bouhafsi: M.Carrère d'Encausse et M.Page sont nos invitées.
Bonsoir! On est hyper ravis de vous réunir toutes les deux sur notre plateau. - M.Carrère d'Encausse: C'est une fort bonne idée! - M.Bouhafsi: Surtout en ce jour où Mélanie vient nous présenter "Peaux à peaux", son premier roman, aux éditions Albin Michel.
Vous y explorez la maternité à travers plusieurs parcours de femme, celles qui vivent un immense bonheur, celles qui ne peuvent pas avoir d'enfants, celles qui accouchent sous X, celles qui voient leur propre mère devenir mère à leur tour. Ce livre, vous le portez en vous depuis longtemps? - M.Page: Je pense, oui.
Surtout le fait d'écrire. Je le portais mais je ne pensais pas me lancer. Je me disais que je le ferais quand j'aurais du temps.
A un moment, je me suis dit que c'était maintenant. J'ai écrit très vite, comme un accouchement! Ca m'a fait un bien fou.
Je me mettais dans la peau de chaque mère. En écrivant, je ressentais leurs émotions. Parfois, j'étais triste et je pouvais pleurer en écrivant.
Parfois, je pouvais rire. J'ai adoré faire ça. - M.Bouhafsi: Ce qui est fantastique, dans ce voyage au pays des mères...
On sent que vous aviez envie de rendre hommage à toutes ces femmes. - M.Page: Oui.
Toutes les mères que je décris, j'ai vraiment eu à coeur de ne jamais les juger. Je voulais ressentir ce qu'elles pouvaient ressentir dans ces moments qui sont parfois violents. Il y a des mères défaillantes...
Il n'y a rien d'autobiographique, pour le coup, même si dans chaque mot, j'y suis, j'y ai mis mes émotions. Je me suis demandé ce que ces mères pouvaient ressentir en me mettant dans leur peau. Chaque mère pourrait être toutes ces mères...
Ca dépend de notre parcours, de notre éducation, de ce qu'on a ressenti en tant qu'enfant. J'aurais pu être toutes ces mères. - M.Bouhafsi: Et qui dit maternité dit manque de sommeil, M.Carrère d'Encausse? - M.Carrère d'Encausse: Oui, j'ai expérimenté!
Pas de souci. C'est tout le charme... - A.Bégot: Et ça dure très longtemps.
Mais maintenant, tout va bien. - M.Carrère d'Encausse: On oublie vite, après. - M.Bouhafsi: Vous présentez un nouveau numéro de "Enquête de santé", qui sera diffusé mardi prochain à 21h05 sur France 5, consacré à l'insomnie chronique.
C'est quoi, exactement? - M.Carrère d'Encausse: La définition, c'est d'avoir des insomnies au minimum 3 nuits par semaine, pendant 3 mois.
C'est vraiment des gens qui, régulièrement, dorment mal, même si ce n'est pas toutes les nuits. Ca représente beaucoup de Français. Les trois quarts des Français disent déjà mal dormir.
L'insomnie chronique, c'est un cap supplémentaire. - M.Bouhafsi: Ca touche 12 % des Français.
C'est très inquiétant! - M.Carrère d'Encausse: Oui, parce que ça a des conséquences, évidemment.
Mais c'est surtout qu'il faut essayer de comprendre pourquoi tellement de Français dorment mal. Il faut surtout bien les prendre en charge. - M.Bouhafsi: Qu'est-ce qu'on dit à une femme qui écrit de minuit à 3h du matin?
C'est M.Page! - M.Page: J'adore écrire la nuit. - M.Carrère d'Encausse: Pour les insomniaques, il y a toute une thérapie du sommeil.
Le lit n'est fait que pour dormir, mais même si je ne connais pas son inventeur, je le bénis tous les jours. Je travaille et je lis dans mon lit. Je trouve qu'il n'y a pas meilleur endroit quand on n'a pas trouvé le sommeil.
Travailler dans son lit entre minuit et 3h du matin... - M.Page: Dans mon lit, il y avait quelqu'un d'autre qui voulait dormir! - M.Carrère d'Encausse: Mais si on dort bien, ce n'est pas grave. - M.Bouhafsi: Vous, l'inspiration vous vient entre minuit et 3h du matin? - M.Page: C'est surtout qu'à cette heure-là, tout le monde dort.
On n'est plus embêté par les messages, les enfants...
On est face à son écran, seul, et on peut se plonger vraiment dans ce qu'on a envie de faire ressentir au lecteur. Déjà, je me couche tard, car les comédiens en général sont des couche-tard. Comme je n'avais pas le temps dans la journée et que je ne voulais plus remettre à plus tard le fait d'écrire, je me suis inventé un nouveau créneau de travail, la nuit. - M.Bouhafsi: En 50 ans, le temps de sommeil des Français a baissé de 1 heure 30 en moyenne par nuit.
Comment ça s'explique? Le stress? Les écrans? - M.Carrère d'Encausse: Tout ça, notre mode de vie qui est différent, notre rythme de travail, les écrans, le stress.
En un an, on a perdu 14 minutes de sommeil. C'est quand même hallucinant! - M.Bouhafsi: Vous dormez bien, Mélanie? - M.Page: Oui, tard, mais plutôt bien, sauf quand je dois me lever tôt!
Honnêtement, je dors peu. Si je m'écoutais, je dormirais 7 ou 8 heures, mais c'est rare. Je dors entre 4 et 6 heures. - M.Bouhafsi: C'est devenu à la mode, de dire qu'on ne dort pas beaucoup, qu'on travaille beaucoup, qu'on arrive tôt le matin au bureau? - M.Carrère d'Encausse: Ce qui est dommage, c'est que c'est bien de s'écouter et de pouvoir dire qu'on a besoin de 8 heures de sommeil.
Dormir 8 heures, c'est très bien, mais dans certains milieux, ça fait mieux de dire, effectivement, qu'on dort très peu, qu'on a besoin de peu de sommeil, ce qui est rarement vrai, honnêtement. - M.Bouhafsi: Vous restez avec nous jusqu'à 21h.
On va revenir sur votre "Enquête de santé" sur l'insomnie et sur votre 1er roman, Mélanie. Mais d'abord, c'est L'OEil d'E.Eméyé.
Vous avez choisi ce soir de nous parler d'un peintre? - E.Eméyé: Oui, Arnaud Dumat.
Ses toiles se vendent jusqu'à 15 000 euros, alors qu'il n'a jamais pris un cours de peinture. Derrière cet homme se cache un ancien journaliste sportif, A.Delpérier. - M.Bouhafsi: On Le connaît bien pour avoir présenté "Vidéo Gag"! - E.Eméyé: Un parcours réussi dans les médias, jusqu'à ce que la vie le rattrape.
En quelques années, il perd une petite fille à la naissance, puis son père, et enfin, il enchaîne les AVC suite à une maladie rare. Il aurait pu s'effondrer, mais il décide de continuer. Il entre un jour dans l'atelier d'un artiste franco-vietnamien.
Pour lui, c'est un choc. Il s'effondre, en larmes. A partir de là, tout va changer.
Ces émotions l'ont nettoyé, dit-il, et il veut les retrouver. Pour cela, il commence par recréer un petit atelier. - A.Delpérier: J'ai voulu créer Une atmosphère de création et de vie.
Je me lève la nuit pour descendre à l'atelier, le regarder et repartir. Je ne me suis jamais dit que j'allais peindre. Le jour où j'ai voulu le faire, je me suis retrouvé un peu tétanisé, beaucoup terrorisé, en me disant que je ne savais pas dessiner, que je n'étais pas manuel. - E.Eméyé: Lui non plus ne dort pas beaucoup la nuit, visiblement...
Il va se lancer, sans réflexion préalable, sans aucun modèle, à l'instinct, avec le geste, la matière et les couleurs. - P.Larrouturou: C'est hyper touchant.
Ca a marché? - E.Eméyé: Tellement bien que depuis, il n'arrête plus.
Ses toiles sont abstraites: des éclats de couleurs, des superpositions, des projections, rien de figuratif, mais beaucoup d'énergie et quelque chose qui capte le regard. Il peint ce qu'il ressent dans l'instant et ses oeuvres trouvent leur public. Est-ce que les drames de sa vie sont un moteur dans tout cela?
Pas seulement. - A.Delpérier: La seule chose que je peux exprimer, c'est ce que je suis d'une énorme sensibilité quand je peins.
Je pleure beaucoup, mais je ne suis pas triste pour autant. Il n'y a pas que mon passé qui fait cela. Il y a aussi les très bonnes choses de ma vie qui font que j'exprime cet acharnement, cette volonté, cette énergie, cet enthousiasme. - E.Eméyé: Les collectionneurs sont séduits.
N'allez pas chercher un artiste torturé là où il n'y en a pas. C'est le plaisir qui prime avant tout, chez lui. - A.Delpérier: Mes enfants m'appellent papa d'amour, ma petite fille m'appelle daddy.
Les enfants de ma chérie m'appellent Bernard la Moustache. On peut être tout à la fois! - E.Eméyé: Dans son histoire, ce qui est intéressant, c'est qu'elle nous raconte finalement autre chose, pas seulement la naissance d'un artiste, mais ce qu'on peut devenir quand la vie nous bouscule.
Parfois, ça ressemble à cela... - J'aurais voulu être un artiste... - M.Bouhafsi: Et pouvoir faire mon numéro!
On félicite A.Dumat et on embrasse A.Delpérier.
Merci beaucoup, Eglantine. Mélanie, "Peaux à peaux" est votre 1er roman. Vous nous plongez dans le corps et les émotions de plusieurs femmes.
Tous les événements présents à la maternité sont présents, l'amour, le bonheur, mais aussi le rejet, le sentiment de perte de liberté...
Ce n'est pas du tout un livre pour les femmes. C'est un livre pour tout le monde. - M.Page: Merci de le dire.
J'ai des retours qui me disent: "Je ne suis pas maman. Est-ce que c'est pour moi?" Non seulement c'est pour celles qui ne sont pas maman, mais c'est aussi pour les hommes.
J'ai aussi des retours qui me touchent énormément car ils ont aimé découvrir cela, se mettre dans la peau des femmes et ressentir des sentiments inédits. Ils sont touchés aussi. - E.Eméyé: C'est intéressant aussi pour ceux qui n'ont pas encore d'enfant et qui envisagent d'en avoir! - M.Bouhafsi: C'était un message!
J'ai cru comprendre 2-3 trucs.. Ce roman n'est pas autobiographique, mais vous y avez glissé beaucoup de vos émotions et de vos espérances.
Vous êtes comédienne et vous vous êtes véritablement glissée dans la peau de toutes ces mères? - M.Page: J'ai fait ça sans réfléchir.
Je ne me suis pas dit que j'allais écrire comme une comédienne, mais c'est venu naturellement. Ce que j'aime, quand je suis comédienne, c'est me mettre dans la psyché de quelqu'un d'autre, ressentir et comprendre cette personne. Quand j'ai écrit, je me suis mise dans les psychés de toutes ces femmes.
Physiquement, quand j'écrivais, j'avais les poils, comme quand je joue. Je pense que c'est ça qui fait que les lecteurs ressentent aussi ces émotions. La peinture me fait aussi ressentir des émotions comme ça.
Quand on sent les émotions du peintre, quand un fil est tiré entre l'artiste et celui qui reçoit l'oeuvre, c'est qu'on a réussi, quelque part. - M.Bouhafsi: Est-ce qu'il y a eu un travail de recherche?
Vous parlez de ces femmes qui ont eu un enfant sous X, de celles qui n'ont pas pu avoir d'enfants, de celles qui ont recours à l'IVG...
Vous dressez leur portrait avec beaucoup d'authenticité et de sincérité. - M.Page: Je n'ai pas recueilli des témoignages, ni de mes amies...
En revanche, je me suis documentée. J'ai cherché sur Internet pour ne pas dire n'importe quoi. Je me suis pas mal documentée sur les sujets moins proches de moi, mais tout est sorti de mon imaginaire. - M.Bouhafsi: Que vous disent toutes ces femmes depuis la sortie du livre? - M.Page: Des choses magnifiques.
Je suis hyper touchée par les retours. Il y a des femmes qui me tombent dans les bras, en larmes. Tous et toutes ne sont pas touchés par les mêmes chapitres, par les mêmes mères.
Ca parle plus ou moins aux uns et aux autres. Mais je prends ça comme des cadeaux à chaque fois. - M.Bouhafsi: Vous avez 3 enfants? - M.Page: 4, avec ma belle-fille. - M.Bouhafsi: Oui, car vous êtes aussi la belle-mère de Nina, qui a 29 ans et que vous considérez comme votre fille.
Vos enfants ont lu votre roman? - M.Page: Ils ont lu une 1re version.
Nina a pleuré toutes les larmes de son corps. C'est un peu la seule à avoir un chapitre qui lui est un peu plus consacré, avec une belle-mère qui écrit pour sa belle-fille. Ma fille de 17 ans m'a dit que c'était le plus beau livre qu'elle avait lu...
C'est mignon! Les 2 autres l'ont lu en audiolivre, parce que c'est moi qui ai enregistré l'audio du livre. J'ai adoré faire ça! - M.Bouhafsi: Vous êtes mariée depuis 2010 avec un homme qu'on apprécie beaucoup, Nagui, qui a été très touché par votre livre.
Sans le savoir, vous racontez en partie l'histoire de sa propre mère? - M.Page: Je l'ai appris en lisant "Paris Match".
D'ailleurs, je ne sais toujours pas quelle partie le concerne. Il ne m'en a pas parlé. Je ne lui ai pas encore posé la question. - A.Bégot: Vous allez avoir une bonne discussion, ce soir! - M.Page: Il y a aussi beaucoup de pudeur face à ce sujet.
Il a lu ce livre quand je n'étais pas là. Quand je suis rentrée, il avait les yeux embués. Il m'a dit qu'il avait adoré, qu'il était ému, sans entrer dans les détails.
C'est tellement intime, l'écriture...
Je pense qu'il a aussi découvert des choses de moi. Il y a des choses qu'on ne se dit pas, même si ça circule entre nous. - M.Bouhafsi: Marina, vous avez 3 enfants.
Comment avez-vous vécu le fait de devenir mère? - M.Carrère d'Encausse: Très curieusement, je n'ai pas eu d'emblée le côté "on me le pose sur le ventre et c'est le bonheur absolu".
En tout cas, avec mon fils aîné, c'est une histoire d'amour qui s'est construite. Honnêtement, mes enfants, c'est ce que j'ai fait de mieux dans ma vie. Eux m'ont sauvé la vie.
Il y en a un qui m'a demandé l'autre jour lequel je préférais des trois...
Je lui ai dit que je ne les aimais pas pareil. Ils ne sont pas arrivés au même moment dans ma vie, ce n'est pas la même histoire. Je les aime tous les trois autant, mais différemment. - M.Bouhafsi: Moi, je suis le chouchou! - M.Page: C'est ce que vous pensez! - A.Bégot: Mélanie, c'est votre premier roman.
Vous avez attendu 50 ans pour publier ce livre. Pourtant, vous venez d'une famille où la littérature avait beaucoup d'importance. Votre père était journaliste et votre mère, romancière.
Vous avez commencé à écrire à l'âge de 9 ans. A l'époque, votre père vous a dit que vous n'étiez pas faite pour ça, qu'il vous trouvait trop normale? - M.Page: Il n'a pas dit tout à fait les choses comme ça.
En fait, il a lu mon journal intime. J'ai compris, dans des petites phrases, que j'étais une enfant et que, évidemment, je n'étais pas Proust! En fait, ça m'a bloquée.
J'avais déjà ces 2 modèles parentaux qui écrivaient super bien, il y avait plein de livres à la maison...
Dans chaque famille, on donne un rôle différent. Ma soeur pouvait être ce qu'elle voulait, un peu branque, artiste, c'était bon. Moi, on m'a donné le rôle de celle qui devaient tenir la famille pour que tout soit normal. - P.Larrouturou: Vous avez commencé au théâtre, puis le grand public vous a découverte dans cette série culte. - C'est de la faute de Margot, c'est ça? - Non, pas entièrement...
Mais elle a réussi. - Le pire, c'est que je n'ai jamais été aussi heureux de ma vie. Je t'interdis de parler de Margot comme ça.
Je vais l'épouser. - L'épouser? - Oui, on va se marier dans quelques jours.
Tu sais tout. - Tu m'avais dit que vous étiez comme des frères et soeurs, qu'il ne se passerait jamais rien entre vous! - Je me suis trompé! - Mais on peut quand même faire des conneries, non? - M.Page: C'était il y a quelques années, donc... - P.Larrouturou: C'est la série française la plus exportée dans le monde, encore aujourd'hui.
Vous en gardez un bon souvenir? - M.Page: Oui, c'était toute ma jeunesse.
C'est d'ailleurs là que j'ai rencontré mon mari, quand je tournais à Saint-Tropez. Il n'y a pas de hasard, dans la vie. J'ai adoré faire ça, mais j'ai adoré arrêter aussi.
A un moment, il faut passer à autre chose. Mais on s'est beaucoup marrés. - M.Bouhafsi: Votre mari vous voit à une soirée, vous avez le coup de foudre.
Vous n'étiez même pas invitée! - M.Page: Non.
On était à Saint-Tropez. J'étais là avec une copine qui ne connaissait personne. On sort en boîte, et il drague ma copine en boîte.
Elle faisait un peu de télé, à l'époque. Elle lui file son portable, grosse erreur! En même temps, je la remercie, parce que sinon...
Il l'appelle le lendemain, il l'invite à une soirée entre potes. Moi, je faisais des grands gestes, "piège, piège!" Elle a demandé si elle pouvait venir avec sa copine.
C'est comme ça que je me suis retrouvée chez lui. - M.Bouhafsi: Tout était manigancé? - M.Page: Il avait déjà mon portable.
Elle lui avait donné mon numéro, pour qu'il nous donne les directives pour venir nous chercher. Ce jour-là, j'ai envoyé chier tout le monde. Je n'avais pas envie d'être là.
Et ensuite, il m'a rappelée tous les jours... - M.Bouhafsi: On en sourit aujourd'hui.
Vous avez une formidable relation. Mais avec ce roman, vous voulez aussi rendre hommage aux femmes. Vous parlez des sacrifices, mais vous les avez vécus aussi pour élever vos 3 enfants.
Vous avez mis votre carrière entre parenthèses pendant 8 ans. Vous avez ressenti le poids du regard que la société pose sur les femmes qui ne travaillent pas. Et il y avait la condition de "femme de"? - M.Page: Oui, et on me le dit encore, même si je travaille comme une acharnée.
Je suis la femme de Nagui, je n'ai aucun problème avec ça. C'est juste quand on nous cantonne à ce rôle et qu'on en déduit des choses, sans essayer de chercher derrière...
J'ai pris la décision d'arrêter, pour m'occuper de mes enfants. C'était un grand bonheur pour moi. Je me suis rendu compte à quel point la société, quand on est dans un dîner... "Et toi, tu fais quoi, dans la vie?" "Je m'occupe des enfants." C'est comme si on n'était pas vraiment acteur de la société.
Pourtant, on l'est. - E.Eméyé: C'est le plus beau métier du monde, et le plus important. - M.Bouhafsi: C'est aussi le plus long CDI de l'histoire. - E.Eméyé: Et le moins bien payé! - M.Bouhafsi: Ca vous a laissé du temps pour écrire cela et pour avoir l'inspiration de ce joli roman, qui s'adresse à tout le monde, et pas qu'aux femmes, j'insiste là-dessus.
C'est aussi pour les plus jeunes, pour ceux qui veulent devenir maman ou papa. - M.Page: Et pour la fête des Mères, qui arrive très bientôt! - M.Bouhafsi: Marina, le lycée, c'est un bon souvenir ou un traumatisme? - M.Carrère d'Encausse: C'est un très mauvais souvenir.
J'étais une très mauvaise élève. J'ai commencé à apprécier quand j'ai fait des études de médecine. Au lycée, je me suis beaucoup embêtée. - M.Page: Moi, j'ai bien aimé le côté potes.
J'étais en horaires aménagés. J'allais à la danse le matin et au lycée l'après-midi. J'avais une vie un peu plus riche que les lycéens qui y vont en traînant la patte.
J'en ai des bons souvenirs. - M.Bouhafsi: Justement, on va y retourner.
Nos prochains invités sont à l'affiche de "Recalé", la nouvelle série Netflix qui nous plonge dans le milieu scolaire du lycée. - Benjamin Costa, agent de boxeur. Sam, photographe.
Thibaut, marchand d'art...
Vous risquez 7 ans ferme, minimum. Bonjour, ça fait... - Ca fait 2555 jours.
Ca te dirait de faire zéro? Toute l'héroïne à Marseille, c'est lui. Il a un gosse en terminale. - Toi, tu as 3 classes le matin.
Tu ne t'énerves pas, jamais. Ils sentent que tu as peur, tu es mort. - La salle des profs est censée être une safe space! - Parcoursup a planté. - Et c'est grave? - Moins que le passe sanitaire, mais... - Bienvenue dans l'Education nationale. - Bravo! - M.Bouhafsi: L.Arné et A.Kominek sont nos invités.
Bonsoir! On est ravis de vous recevoir sur notre plateau. - A.Kominek: Bonsoir.
Ca va bien? - M.Bouhafsi: Vous êtes très proches.
Vous êtes amis, Alexandre, Mélanie...
On en reparlera. Vous êtes à l'affiche de "Recalé", la série qui sort la semaine prochaine sur Netflix. On a beaucoup ri.
C'est réalisé par F.Uzan, le créateur de la série "Lupin", avec O.Sy.
Il y a un super casting, dont vous deux. Le pitch au départ n'est pas simple, donc j'ai décidé de vous le laisser, Alexandre! - A.Kominek: Mais non!
Vous allez le faire avec brio... - M.Bouhafsi: Je préfère vous mettre dans la difficulté. - A.Kominek: C'est l'histoire d'un escroc, Eddy, qui est brillant mais qui se fait attraper par les flics.
Par la flic, surtout! Pour lui éviter la prison, elle va lui proposer de travailler pour la police en infiltrant un lycée pour retrouver le fils d'un criminel très recherché. - M.Bouhafsi: On peut applaudir! - A.Kominek: Et bon appétit! - M.Bouhafsi: C'est la 1re fois que vous tournez tous les deux, avec A.Kominek, Laurence.
Vous formez un duo de choc. Vous vous complétez, dans cette série. - L.Arné: C'est 2 tarés, finalement. - M.Bouhafsi: Qui est le plus taré, d'ailleurs? - L.Arné: On se demande. - A.Kominek: On a chacun nos problèmes, nos folies. - M.Bouhafsi: Vos névroses... - E.Eméyé: Visiblement, vous avez beaucoup rigolé, dans le tournage.
On a des images. - C'est France 2! - J'ai remis la compote dans la compote.
Il prend un accent allemand. Mais grave! Comment je vais faire ça? - E.Eméyé: Ca a été compliqué, de tourner avec F.Testot et avec Alex? - L.Arné: Fred, je n'ai pas beaucoup de scènes avec lui, car je suis plus du côté enquête, flic. - A.Kominek: Fred, c'est compliqué tout court! - L.Arné: J'ai une scène avec lui et j'ai eu beaucoup de mal.
Il est extrêmement drôle. - M.Bouhafsi: Alexandre, vous incarnez un escroc prodige en maths.
C'est un rôle de composition? - A.Kominek: Pour l'escroc?
Les maths, je pense que si mes profs voient cette série, ils vont faire un AVC. - M.Bouhafsi: Vous pouvez nous dire comment vous vous présentez aux élèves de votre lycée, à Lille?
Vous parlez de K.Mbappé... - A.Kominek: Je vais pas tout dévoiler maintenant.
Il faut regarder la série. - M.Bouhafsi: Vous êtes un énorme mytho. - A.Kominek: Ouais...
Avec François, on s'est très bien entendus. Comme c'est un énorme mytho qui va très loin, au-delà de mentir, il s'invente des identités. C'était l'occasion de refaire des personnages, comme je faisais avec Nagui.
C'était un énorme terrain de jeu. - L.Arné: Alex improvise à merveille.
Il arrivait sur le plateau...
François est super client aussi. "Tu peux pas me faire un accent?" Il partait en impro pendant 20 minutes. - M.Bouhafsi: Vous êtes mytho Dans la vraie vie, L.Arné? - L.Arné: Pas trop. - M.Bouhafsi: Et vous, A.Kominek? - A.Kominek: Non. - M.Page: Si! - M.Bouhafsi: Vous pourriez me raconter votre plus gros mytho avec un accent espagnol? - A.Kominek: Vous me mettez au défi.
Le plus gros mytho dans ma vie, c'est compliqué...
Je pensais pas qu'on allait me lancer comme ça. - M.Bouhafsi: Un mytho, c'est pas très grave.
On en a tous fait. - A.Kominek: Un vrai mytho que j'ai déjà inventé?
Je sais pas... - M.Bouhafsi: Vous allez réfléchir le temps que je pose la question à L.Arné. - A.Kominek: Vas-y, avec l'accent espagnol. - M.Bouhafsi: C'est quoi, votre plus gros mytho? - L.Arné: J'ai un souvenir, un truc honteux.
J'étais avec des copains hollandais sur la plage à Arcachon. Je commençais à jouer, à être actrice. On m'a demandé si j'étais reconnue.
J'ai dit qu'on commençait à me connaître. Je vais récupérer mon fils. Un couple me demande une photo en revenant.
Je prends l'appareil et je me mets avec eux. Là, je vois qu'ils se disent: "Mais qu'est-ce qu'elle fout?" Je les prends en photo, je reviens vers mes potes.
Ils me demandent s'ils m'ont reconnue et je leur dis oui! C'est le max de la "mythonnerie", pour moi. - M.Bouhafsi: Amandine dit que c'est rien...
Alexandre? - A.Kominek: Comment je passe derrière ça? - M.Bouhafsi: Vous avez trouvé votre mytho? - A.Kominek: Je vous ai dit que j'étais pas mytho! - M.Bouhafsi: Ce rôle de flic cassante, pas très sympa, c'était drôle à jouer. - L.Arné: Oui.
C'est une nana, elle a une folie...
Elle est obsédée par son enquête. Elle n'a plus aucun scrupule vis-à-vis d'Eddy. Qu'il prenne des années de taule, elle s'en fout.
Elle va mettre le pied de guerre pour devenir prof, quitte à ce que les enfants foirent tous leur année de bac. Elle les fait fumer, boire...
C'est une femme qui a lâché avec sa famille et ses enfants. Elle ne sait presque plus comment s'appelle son mari. - M.Bouhafsi: Vous avez une tendance mythomane dans la vie, Marina? - M.Carrère d'Encausse: Oui, gentiment, quand ça marche... - M.Bouhafsi: Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. - M.Page: Ca peut blesser, déjà.
Quand on est comédien, on a tous fait demi-tour en casting. "Est-ce que vous faites du cheval? Est-ce que vous avez le permis?" La prod m'a payé le permis.
C'est comme ça que je l'ai eu! - L.Arné: Tu as tué tout le monde sur le plateau? - M.Page: En plus, il fallait conduire une voiture de collection des années 60, avec le proprio juste à côté. - A.Kominek: Je me suis rappelé d'un truc où j'avais "mythonné"...
J'avais dit que j'étais électricien. J'ai travaillé pendant un mois sur un chantier. Sauf que je ne connaissais rien en électricité. - M.Bouhafsi: Vous parlez mieux espagnol que les Espagnols, je pense. - A.Kominek: Il y a un manque de respect total, dans cette émission! - A.Bégot: C'est pas la première fois que vous avez un premier rôle dans une série, Laurence.
On se souvient de "WorkinGirls", où vous incarniez une DRH irrésistible complètement nymphomane. - Comment ça marche? - C'est pour tailler les crayons, c'est électrique. - Ca a l'air génial, comme invention.
Vous me montrez comment on fait? - D'abord, je place le bout du crayon dans l'orifice. Puis j'enfonce.
Je m'assure que je suis bien au fond, que je fais des mouvements avec le crayon. En avant, en arrière. - Refaites le truc, "en avant, en arrière". - En avant, en arrière, en avant, en arrière, en avant...
Gémissements. - Putain! - Bon, je peux reprendre mon travail? - C'est incroyable, comme c'est bien! - A.Bégot: Vous êtes extraordinaire, ultra exubérante.
C'est le cas aussi sur scène, grande gueule. Il paraît que dans la vraie vie, vous êtes beaucoup plus en retrait. - L.Arné: Pas en retrait, mais normale. - A.Bégot: Timide? - L.Arné: De moins en moins, mais assez normale.
J'aime bien observer...
Je me lâche quand je suis dans un endroit avec des potes. - A.Bégot: Ce genre de rôle, c'est un défouloir? - L.Arné: Ouais, c'est extraordinaire.
C'était tellement bien écrit...
En tant qu'actrice, on n'a pas souvent des partitions comme ça. C'est des souvenirs incroyables. - M.Bouhafsi: Vous vous lâchez plus sur une plage, on a bien compris.
Votre 1re scène, c'était en 2013, à 24 ans. Pour vous aussi, ça a été une révélation... - A.Kominek: 23. - M.Bouhafsi: 23 ans, pardon.
Vous dites que c'est comme si vous étiez dans le crack. "Je sais que je n'en sortirai jamais." - A.Kominek: Le crack, ouais...
Même le fentanyl! J'étais un peu paumé. Je faisais des trucs à droite, à gauche.
Je travaillais dans la pub. Je monte sur scène... "Je peux faire rire des gens que je ne connais pas." Faire rire les potes, c'était une chose.
C'était des potes qui m'avaient inscrit sur cette scène. C'est grâce à eux que je suis là aujourd'hui. - P.Larrouturou: Une personne vous a énormément influencé, Elie Kakou. - Il va vouloir te monter dessus.
Oui, ma fille, c'est comme ça. Là, tu dis non. T'as compris?
Tu dis non. S'il te monte dessus, c'est le déshonneur sur toute la famille! Qu'est-ce qu'il y a?
Tu es pressée? Quel âge tu as? 35 ans!
Ah...
Eh bah alors, tu dis oui. Tu dis oui, mais attention, c'est toi qui lui montes dessus, comme ça, ce sera le déshonneur sur sa famille à lui! - P.Larrouturou: Vous répétiez tout mot à mot.
Il avait quelque chose en lui, une forme de réalité. Est-ce qu'on peut dire que vous êtes un peu là grâce à lui? - A.Kominek: Oui...
Pourquoi je suis jamais monté sur scène? Je ne me trouvais pas légitime. E.Kakou, pour moi, c'était normal.
Il avait une galerie de personnages, une confiance, une gueule...
En repensant à son trajet, ses inspirations...
Quand il fait Madame Sarfati, c'est ma grand-mère. On a des points en commun. "S'il l'a fait, pourquoi pas moi?" - M.Bouhafsi: Le rire était aussi une arme pour vous.
Vous étiez légèrement en surpoids, plus jeune. - A.Kominek: Petit gros. - M.Bouhafsi: Votre rêve était de jouer dans des films d'action.
Un jour, un garçon de votre quartier vous a dit: "Spider-Man, c'est pas pour un gros porc." - A.Kominek: Il était pas Montessori!
En 3 ans, mon prof de boxe ne savait pas comment m'appeler. Il m'appelait "le gros" en italien. J'en ai toujours un peu souffert...
Oui et non...
C'était surtout avec les filles que c'était plus dur. Avec les garçons, j'ai travaillé ma repartie. - M.Bouhafsi: Mais vous vous êtes entouré de femmes drôles.
Je peux citer L.Arné dans "Recalé". Il y a une autre personne...
Vous me voyez venir? Qui est le plus drôle chez vous, à la maison, avec F.Foresti? - A.Kominek: Florence, c'est Florence, le goat, la queen.
Ma mère me fait rire. Elle me fait rire quand on est tous les deux. Si elle sort ses blagues en public, j'ai envie de me téléporter.
C'est pour ça qu'elle est hilarante. C'est l'humour que j'aime, qui gêne. - M.Bouhafsi: Vous aviez peur de cette relation, que ça fasse couler beaucoup d'encre, qu'on parle de la différence d'âge.
Aujourd'hui, ça va très bien. Vous vous êtes éloigné de tous ces regards. - A.Kominek: Ca l'a fait.
Plein de gens ont critiqué. En vrai, qu'est-ce qu'on en a à foutre? Il y aura toujours quelqu'un qui pourra critiquer.
Tout le monde est critiquable. Il y a des gens qui perdent leur temps à critiquer. Préférez prendre ce temps pour vous aimer plutôt que de chier sur les autres. - M.Bouhafsi: Laurence, vous vous reconnaissez dans F.Foresti? - L.Arné: J'ai dit ça? - M.Bouhafsi: "Je me reconnais beaucoup en F.Foresti..." - L.Arné: Je suis une femme bancale.
Je me retrouve dans tous les sujets. J'aimerais être aussi drôle qu'elle. Les sujets qu'elle aborde sont mon quotidien.
Comme beaucoup de femmes...
Je suis une femme-enfant, un peu. - M.Bouhafsi: Le syndrome Peter Pan, un peu.
Vous l'avez? - A.Kominek: Je pense.
Oui... - L.Arné: J'adore grandir, mais je n'arrive pas à devenir adulte. - M.Bouhafsi: On le remarque un peu dans "Recalé", qu'on a tous adorée.
Vous avez tous des tracas du quotidien. Le sommeil, comment ça se passe? - A.Kominek: Je dors...
Mashallah! Je me pose sur un truc, je reste tout seul 10 minutes, c'est terminé. Je suis un expert des siestes. - L.Arné: Moi, je dormais très bien jusqu'à ce que je prenne un teckel. - M.Page: C'est pas les enfants, en fait! - M.Bouhafsi: Est-ce qu'il dort avec vous? - L.Arné: Evidemment!
J'ai craqué tout de suite. Il paraît que les femmes dorment mieux avec leur chien qu'avec leur mari. - M.Bouhafsi: L'insomnie chronique touche 8 millions de Français.
C'est le sujet du prochain numéro de "Enquête de santé". Des personnes sont plus sujettes à l'insomnie que d'autres selon les traits de caractère. Les personnes anxieuses, mais aussi les perfectionnistes... - M.Carrère d'Encausse: Les perfectionnistes veulent tout gérer.
Ils ne supportent pas si le sommeil ne se passe pas exactement comme prévu. C'est un enjeu, un défi. Plus on se colle de pression, moins on y arrive.
Les anxieux produisent plus de cortisol la nuit. C'est l'hormone du réveil. En plus, c'est l'hormone du stress. - E.Eméyé: Ils font peut-être partie des nombreux Français qui prennent des somnifères.
En 2025, 9 millions de personnes ont eu recours aux somnifères ou aux anxiolytiques. Et leur usage n'est pas sans conséquence. - Ca fait dormir, mais ce n'est pas le même sommeil.
On se rend compte qu'on n'a pas un sommeil vraiment réparateur. On n'est pas bien comme si on avait bien dormi. - Il peut y avoir des effets résiduels en journée, avec un risque d'accident.
Il faut éviter de conduire quand on est sous benzodiazépines. Ca peut altérer le processus de mémorisation au cours de la nuit. - E.Eméyé: On ne parle pas des effets sur les personnes âgées.
Ca peut entraîner des chutes. - M.Carrère d'Encausse: Avec des conséquences importantes.
Ce n'est pas quelque chose à mettre au panier. C'est utile dans certains cas, pour des périodes particulières. Quand les insomnies chroniques se déclenchent après la mort d'un conjoint, après une retraite, un licenciement...
Traverser une période courte avec des somnifères, ce n'est pas inutile. Simplement, ça ne doit pas dépasser 4 semaines. Il y a des personnes âgées qui prennent des somnifères depuis 40 ans. - E.Eméyé: Ca veut dire que les médecins prescrivent des somnifères? - M.Carrère d'Encausse: Quand le patient vous dit qu'il est tellement mieux, qu'il récupère...
On va aussi voir plusieurs médecins pour avoir des somnifères. On ne devrait pas dépasser 4 semaines. Les thérapies comportementales et cognitives, ça marche pour 80 % des insomniaques chroniques.
Le somnifère n'est pas la seule solution. C'est une solution à court terme. - M.Bouhafsi: Le fait de s'inquiéter en permanence pour son sommeil aggrave le manque de sommeil? - M.Carrère d'Encausse: Bien sûr.
Plus on se dit qu'il faut se coucher, qu'on ne va pas arriver à s'endormir... "Ca fait 5 minutes que je suis au lit et je n'arrive pas à m'endormir." - L.Arné: La méditation n'aide pas? - M.Carrère d'Encausse: Il y a plein d'applications qui marchent très bien.
Pour les vrais insomniaques chroniques...
Il faut tout reprendre, tout reconstruire. - M.Bouhafsi: Le sommeil est entouré de nombreuses idées reçues.
On entend souvent dire que les heures de sommeil avant minuit comptent double. - M.Carrère d'Encausse: Ce n'est pas si vrai.
Si on dort très bien entre minuit et 7h, c'est aussi bien que si on dort entre 22h et 5h. Il y a des gros dormeurs et des petits dormeurs de manière génétique. Il y a des couche-tôt et des lève-tard.
L'important est de respecter son sommeil à soi. Le meilleur moyen de savoir quel est son rythme de sommeil...
On peut faire ça en vacances. On ne met pas de réveil et on voit à quelle heure on se réveille. A partir de là, on sait à quelle heure on doit se coucher. - M.Bouhafsi: Quand je me réveille sans réveil, je me sens mieux. - M.Carrère d'Encausse: Parce que vous vous réveillez à l'heure pour laquelle vous êtes programmé. - A.Kominek: D'ailleurs, il faut se lever, là!
Je me force à me lever... - M.Bouhafsi: Du footing et un bain glacé. - A.Kominek: Il ne faut pas faire le snooze parce qu'on repart dans des cycles de sommeil.
Je préfère me réveiller en forme à 6h30 que défoncé à 11h30. - M.Bouhafsi: Autre idée répandue, il faudrait dormir au moins 8 heures pour être en forme. - M.Carrère d'Encausse: C'est pas vrai.
Les petit doivent dormir plus de 8 heures. Les adultes, la nécessité...
Il y en a qui dorment 6 heures et ils sont très bien. En moyenne, c'est entre 6 et 7 heures. Tout le monde n'a pas besoin de 8 heures de sommeil.
Les personnes âgées dorment moins. - M.Page: R.Hossein a vécu toute sa vie en dormant 4 heures.
Il travaillait la nuit et il a vécu une belle vie. - M.Bouhafsi: Les petits dormeurs...
Si on n'arrive pas à s'endormir, il ne faut pas rester dans le lit. - M.Carrère d'Encausse: Normalement, non, sauf si on est vraiment très bien dans son lit.
C'est vrai pour les gens qui dorment mal. Si vous vous réveillez une nuit à 3h et que vous restez dans votre lit, c'est pas un problème. Pour les vrais insomniaques, c'est assimiler son lit à une période de non-sommeil.
Il faut revoir l'idée que le temps passé au lit, c'est le temps de sommeil. On va se coucher quand on a sommeil. On va pas se coucher avec son bouquin pour lire la moitié avant de dormir.
Quand on se réveille au milieu de la nuit, on se lève et on va lire quelque part. - M.Bouhafsi: Pas facile de trouver un médecin.
C'est maintenant qu'il faut poser les bonnes questions! Souvent, la nuit, j'ai l'impression que je tombe d'une falaise quand je m'endors. - M.Page: Et on sursaute!
C'est le moment où on s'endort... - A.Kominek: Moi, j'ai la version nulle: trottoir, petite chute. - M.Bouhafsi: Comment on tombe du trottoir? - M.Page: La petite marche... - M.Carrère d'Encausse: On peut être poursuivi, ne pas pouvoir bouger ou avancer.
Se retrouver toute nue dans la rue, je sais pas pourquoi...
C'est des projections qu'on a, qui correspondent à certains moments du sommeil, comme la chute dans le vide. C'est angoissant. Quand on se réveille, on est content que ce ne soit qu'un rêve. - M.Bouhafsi: Le remède le plus naturel contre l'insomnie, c'est sans doute le sport. - M.Carrère d'Encausse: Pas le soir, si possible.
Ca augmente la température corporelle. Il faut la baisser pour dormir. Il ne faut pas faire son footing avant d'aller se coucher.
Le corps doit être à 36 degrés. L'activité physique est indispensable. Elle permet de nettoyer les déchets accumulés toute la journée dans le cerveau.
C'est indispensable aussi, pour bien dormir, de maintenir du lien social, de continuer à s'exposer à la lumière, même si on n'a pas envie de sortir. - M.Bouhafsi: L'insomnie peut être provoquée par des troubles chroniques comme le syndrome des jambes sans repos. - La nuit est très agitée.
Cet homme est pris d'un besoin irrépressible de bouger ses jambes. Même endormi, les impatiences se poursuivent tout au long de la nuit. A 3h30, il est définitivement réveillé.
Il finit sa nuit les yeux grands ouverts. - M.Bouhafsi: Cet homme a subi 288 micro-réveils. - M.Carrère d'Encausse: Il ne dort jamais plus de 1 minutes 30 ou 2 minutes d'affilée.
C'est loin d'être rare. Les jambes sans repos, c'est un enfer. En général, le diagnostic tarde à venir.
Il faut que le diagnostic soit fait, car il y a des traitements. - M.Bouhafsi: Place à un moment plus intime, Alexandre, la séquence du Répondeur. - A.Bégot: Il va falloir regarder une caméra et laisser un message à quelqu'un qui compte beaucoup pour vous ou qui a beaucoup compté pour vous et que vous n'avez jamais remercié publiquement. - A.Kominek: Ca va être changement d'ambiance...
Je voulais te dire merci. Merci d'avoir été là, de m'avoir soutenu, réchauffé, tenu en place pendant longtemps. Je sais que j'ai pu me montrer méchant, te décevoir parce que je t'ai froissée, jetée en boule...
Tu m'as pardonné énormément, notamment mes adultères. Tu m'as vu avec plein d'autres...
Avec des noirs, des jaunes, même...
Le jour où je t'ai perdu, j'ai réalisé à quel point sans toi, je me sentais petit. Je profite de ce moment pour laisser une vraie trace, te dire "je t'aime". - L.Arné: Tu parles à qui? - A.Kominek: A mon slip.
Pardon...
Applaudissements. - M.Bouhafsi: J'étais en train de me dire... - A.Kominek: Pardon... - M.Bouhafsi: J'étais dedans.
J'ai glissé. Marina, Mélanie, Laurence... - M.Page: Quand il y a eu "les noirs et les jaunes"... - M.Bouhafsi: On passe à la table du dîner.
J.Merle, rejoignez-nous. Vous avez préparé un plat.
Quelle idée de parler à son slip! Je pensais que ça allait être un truc très émouvant, très touchant. J'ai jamais vu quelqu'un parler aussi bien de son slip.
Bienvenue à notre table. On est ultra heureux de vous réunir. J.Merle, vous avez trouvé le péché mignon de M.Carrère d'Encausse. - J.Merle: J'espère que ça vous aidera à bien dormir ce soir.
Je vous ai préparé un boeuf Stroganov. - M.Carrère d'Encausse: J'ai grandi avec ça. - J.Merle: Avec des pâtes.
C'est une première pour moi. J'ai un peu la pression. - M.Bouhafsi: C'est un plat que vous adorez cuisiner.
Ca vous rappelle vos origines russes. - M.Carrère d'Encausse: Quand j'étais petite, on mangeait ça avec de la kasha, du sarrasin.
C'est l'accompagnement de base de tous les Russes. C'est une merveille. Mes enfants continuent à en manger.
Ca fait partie de ce que je fais aujourd'hui. - M.Bouhafsi: Alexandre, on parlait de votre slip.
Bon appétit! C'est l'une de vos marques de fabrique, le slip. - A.Kominek: C'est ma signature, mon travail, mon oeuvre. - M.Bouhafsi: Vous donnez de votre personne et de votre corps, notamment sur Instagram. - A.Kominek: Vraiment, pendant qu'on mange? - C'est l'amour à la plage... ... - M.Bouhafsi: Je vous trouve radieux, rayonnant...
Vous seriez pas un peu exhibitionniste? - A.Kominek: Je pense pas.
C'est de la bonne humeur. Ca me fait rire. Comme tous les mecs, je pense...
J'ai beaucoup de mecs balèzes, qui ont des abdos, qui t'expliquent comment être balèze, comment avoir des gros pecs. J'ai envie qu'ils voient mon corps dans leur Instagram. - M.Bouhafsi: Il dansait comme ça sur le plateau de "Recalé"? - L.Arné: Dans sa chambre d'hôtel. - A.Kominek: Pas sur le plateau! - L.Arné: Quand il termine une scène bien, il a un petit coup de jus dans l'air. - M.Page: On voit à la marque de bronzage que tu portes le plus souvent des shorts... - M.Bouhafsi: Laurence, vous avez fait de la danse à très haut niveau, comme Mélanie. - L.Arné: Pas à très haut niveau. - M.Bouhafsi: C'est pour ça que je voulais que vous jugiez ce petit déhanché. - L.Arné: Il est tout le temps hyper synchro avec la musique.
C'est travaillé. Il y a des heures de répétition avant. - E.Eméyé: Laurence, on découvre sur Instagram que vous êtes une virtuose du piano.
Avec vos enfants, vous êtes d'une patience à toute épreuve... ... - Maman!
Maman! - L.Arné: Quoi?
Je joue au piano! ...
Elle chantonne. - Maman! Hurlement de stupeur. - E.Eméyé: Ca vous détend, le piano! - L.Arné: Mon fils, moins...
On joue beaucoup à la maison avec mon fils. On se fait des boeufs, de temps en temps. Lui, il fait batterie-piano. - M.Bouhafsi: Il y a une envie de proximité avec vous, avec sa maman. - L.Arné: Il est collé comme mon teckel. - M.Bouhafsi: Mélanie et Alexandre, vous avez quelqu'un en commun: Nagui.
Alexandre, vous avez été chroniqueur dans son émission sur France Inter. Mélanie, vous partagez sa vie. Il a tenu à vous laisser un message, pour tous les deux. - Nagui: Salut, mon amour.
Je voulais dire à la France entière à quel point tu es une personne remarquable, sensible, intelligente, drôle. Désolé, je peux pas être présent. Je suis en tournage de "Taratata".
Je voulais te dire que je t'aime fort, que je t'aimerais encore fort longtemps. Je voulais profiter de ce message pour te demander d'embrasser, si tu peux, pour moi, Mélanie. - A.Kominek: Je suis un peu passé devant. - M.Bouhafsi: Qui inspire l'autre sur les blagues? - A.Kominek: Sur les blagues, je pense...
Nagui, c'est quelqu'un à qui je dois énormément, qui m'a ouvert les portes de son studio, de son coeur, qui m'a laissé une liberté folle que je n'aurais pu avoir nulle part ailleurs. Heureusement qu'on a des mecs comme ça dans ce monde et dans ces médias. - M.Bouhafsi: C'est l'heure de la photo de la semaine. - P.Larrouturou: Je suis chargé de montrer la photo de la semaine, la une de "Paris Match".
Pendant qu'on mange... - M.Carrère d'Encausse: C'est très bon. - P.Larrouturou: Alexandre, je vous laisse manger.
Vous avez choisi cette photo. Pourquoi? - A.Kominek: Je sais pas...
Cet éclat de couleur qui arrive et qui fout le bordel, j'aime bien. J'ai bien la tête de ce monsieur. Il a une satisfaction...
Il est content. Il sait que c'est pas lui qui va nettoyer après. Il y a une lueur, une fantaisie dans ce truc, pas glauque, mais poisseux. - P.Larrouturou: On reste dans la couleur.
Marina, vous avez choisi de l'art contemporain. Lee Miller. - M.Carrère d'Encausse: Une exposition au Musée d'Art Moderne de Paris.
J'adore cette artiste. L'exposition est magnifique. L'histoire est incroyable.
Dans le monde un peu compliqué dans lequel on vit, l'art reste une valeur sûre, se faire plaisir pour se faire du bien. J'ai la chance d'habiter dans une ville, Paris, où il y a énormément de possibilités. Quand on a des moments compliqués, on va voir une expo et on en sort heureux. - P.Larrouturou: On peut remonter dans les archives, Mélanie. 1964.
Pourquoi cette photo? - M.Page: Je suis anglaise.
La famille royale, ça me parle. Surtout, cette photo parle de la maternité. Andrew, derrière, qui a 4 ans...
Il est pas content d'avoir un petit frère. Etre mère de famille nombreuse, c'est compliqué. Etre reine et mère de famille nombreuse...
Je lui tire mon chapeau, même si elle avait certainement beaucoup de défauts. Cette photo parle beaucoup. J'adore les photos de famille.
Les regards...
On voit les rapports entre la mère et les enfants. - M.Bouhafsi: On célèbre l'année prochaine les 100 ans de la reine Elisabeth.
Vous êtes compétitrice, Laurence? - L.Arné: Pas tellement... - M.Bouhafsi: J'aurais aimé que vous disiez oui.
Tout de suite, c'est le Blind-Test de vos vies. - L.Arné: En blind-tests, je le suis. - M.Bouhafsi: On va jouer au Blind-Test de vos vies.
Vous devez trouver l'artiste et pas le titre. Vous devez le crier très fort et ça a un lien avec vos vies. ... - M.Carrère d'Encausse: Aznavour. - C.Aznavour: La bohème... - M.Carrère d'Encausse: Ma chanson préférée. - M.Bouhafsi: C'était pour vous, Marina?
Attendez...
A.Kominek l'a dit avant. Je vous le donne, Marina.
Votre chanson préférée? - M.Carrère d'Encausse: Oui.
Pendant mes études de médecine, j'écoutais ça en boucle. Ca me foutait un cafard sans nom... - M.Bouhafsi: 2e titre. ... - L.Arné: F.Gall!
En blind-test, je deviens horrible! - M.Bouhafsi: Qu'est-ce qui s'est passé, Mélanie?
C'était pour vous! - L.Arné: C'était mon 1er concert. - M.Bouhafsi: Vous aviez un lien toutes les deux.
Votre premier CD et votre premier concert. - M.Page: J'ai eu la chance de la connaître, en plus.
C'était une femme extraordinaire. - M.Bouhafsi: La chanteuse qui donne la folie à nos soirées.
Premier concert à 7-8 ans, c'est incroyable. - L.Arné: C'était pour l'album "Débranche".
Elle a chanté "Débranche" et tout s'est éteint. - M.Page: Les jeunes chantent F.Gall.
Les enfants connaissent par coeur. - M.Bouhafsi: 1 point pour Alexandre et 1 point pour Laurence. 3e titre... ... - A.Kominek: V.Cosma? - M.Bouhafsi: C'est votre film culte. - A.Kominek: C'est un des films qui m'a...
Il y avait un lien avec la photo. Le côté chewing-gum avant...
C'est une folie. - M.Bouhafsi: 4e titre. ... - M.Page: Supertramp. - M.Bouhafsi: C'était pour vous.
Vous écoutiez Supertramp tout le temps, ado. - L.Arné: Supertramp, E.John, S.Wonder...
C'était la culture musicale à la maison. - M.Bouhafsi: Votre mère vous inventait des chorés débiles. - L.Arné: Elle faisait la lumière avec la torche.
On faisait des chorégraphies, avec mes soeurs. - M.Carrère d'Encausse: Si ça rend heureux, c'est pas mal. - M.Bouhafsi: Bravo d'avoir remporté ce blind-test, A.Kominek et L.Arné. 2-2. "Enquête de santé", "Insomnie: à la recherche du sommeil perdu", ce sera diffusé le 21 avril sur France 5 à 21h05.
L.Arné et A.Kominek, vous êtes à l'affiche de "Recalé", sur Netflix.
M.Page, "Peaux à peaux", votre 1er roman, est disponible. C'est pour tous les publics, pas que pour les femmes.
Votre roman est touchant. On était heureux de vous réunir. Merci pour cet hommage fabuleux au slip!
Merci, Marina. On se retrouve demain à 19h. Tout de suite, "Le Gorille vous salue bien".
On se tourne vers Sylvain pour vous souhaiter une excellente soirée.
Maryse Carrère