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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 22 novembre 2021 27 min

Présidentielle 2022, pouvoir d'achat, Covid-19... Le "8h30 franceinfo" d'Éric Zemmour

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Eric Zemmour, merci d'avoir accepté l'invitation de France Info, invitation lancée parce que nous considérons, comme beaucoup de français, que vous êtes aujourd'hui candidat à l'élection présidentielle. Tout l'indique, en tout cas vous avez dit vous-même il y a quelques jours, il n'y a plus qu'à appuyer sur le bouton tout est en place. Quand aura lieu cette annonce ?

0:18
Éric Zemmour

Écoutez, quand je l'aurai moi-même décidé, vous verrez bien, vous inquiétez pas, vous serez averti. Vous avez déjà la date en tête. Je note que je suis invité parce que pour vous je suis candidat à l'élection présidentielle. C'est dommage parce que depuis trois mois j'ai été invité sur toutes les chaînes privées parce que j'avais un livre à présenter. Je note que le service public ne m'a pas du tout invité pour mon livre. Mais bon j'ai l'habitude, c'est pas la première fois, c'est pas le premier livre qui est ainsi boycotté par le service public. Il n'y a pas de boycott. Je ne sais pas si vous l'avez dit vous-même, c'est pas grave. J'ai un de vos collègues, mais peu importe.

0:52
Invité

Juste, petite rectification, vous avez été invité de Laurent Ruquier et Léa Salamé.

0:56
Éric Zemmour

C'est vrai, c'est vrai. J'ai été invité au tribunal de Laurent Ruquier et de Léa Salamé. J'avais oublié, vous avez raison.

1:02
Présentateur

Qu'est-ce qui peut encore, Éric Zemmour, vous empêcher d'être candidat ?

1:06
Éric Zemmour

Qu'est-ce qui peut m'empêcher d'être candidat ? Je ne sais pas, moi, quand je traverse la rue et que je sois renversé. À part quelque chose comme ça. Vous savez, il peut tout arriver encore. Vous savez, on ne sait jamais. Mais on verra. Vous savez, vous ne vous inquiétez pas. Ça va venir. Ne soyez pas impatient. Tout ça, c'est une question de jour et de... Voilà.

1:29
Invité

Une question de jour. Vous écrivez dans votre livre, dans mes rêves d'enfant, que je n'avais jamais imaginé être chef de l'État. Ça veut dire que vous vous sentez prêt aujourd'hui à diriger la France ?

1:39
Éric Zemmour

Non, ce que j'ai voulu dire, c'est que je ne m'étais pas programmé pour cela. Je n'ai pas fait de carrière de politicien. Je ne m'étais pas dit, je vais être président de la République. Dans mes rêves d'enfant, je voulais être un grand écrivain français. C'était ça qui m'animait. Et aujourd'hui, ça a changé. Le mot de Victor Hugo, Chateaubriand, rien, vous savez.

2:00
Invité

Aujourd'hui, ça a changé.

2:01
Éric Zemmour

Ce n'est pas que ça a changé. C'est que je me dis que la situation est tragique, que mon pays peut mourir, qu'il est en passe de ne plus être la France, d'être remplacé. Le peuple français est en train d'être remplacé par un autre peuple et une autre civilisation. Et que je constate qu'aucun politicien traditionnel, avec qui pourtant j'ai conversé longtemps, depuis 20 ans, 30 ans, j'ai été journaliste politique. Vous avez vu, je raconte dans mon livre des déjeuners, des dîners, des rencontres, des rendez-vous. Je discute beaucoup depuis des années. Et à chaque fois, je leur fais part de mes angoisses, de mon diagnostic, de mes appréhensions.

Et beaucoup me disent, oui, tu as raison, en privé. Et puis en public, ils font tout le contraire. Donc je me dis que je serai le seul à pouvoir le faire, à avoir le courage, la détermination de le faire. Voilà, c'est tout.

2:54
Présentateur

Personne ne peut sauver la France, c'est ce que vous dites, Éric Zemmour. Pas même Marine Le Pen, avec qui vous avez été en contact pourtant ces dernières années. Je voudrais vous faire entendre ce qu'elle disait de vous, il y a une semaine exactement, sur ce même plateau.

3:05
Invité

Le problème d'Éric Zemmour, c'est que c'est un polémiste. Et en réalité, il ne sait rien faire d'autre que de polémiquer. C'est ce qui différencie, je crois, un polémiste et un homme d'État. C'est un concurrent, il dit la même chose que nous, mais d'ailleurs, dans ses propositions. Moi, je n'ai pas entendu une seule proposition, à part l'histoire des prénoms, qui soit différente en réalité. Elles sont plus immatures que celles que nous présentons. Pourquoi ? Parce que nous les travaillons depuis très longtemps. Éric Zemmour est très loin de ce travail-là.

3:35
Présentateur

Un concurrent et un débutant, dit Marine Le Pen. Concurrent, oui. Concurrent, oui.

3:42
Éric Zemmour

Concurrent, sans doute, puisque depuis qu'il est question de ma candidature, elle a perdu 12 points. Un débutant, elle a raison. J'en suis fier. Parce que moi, je ne suis pas abîmé par les luttes politiciennes et les luttes partisanes et les calculs et les petites compromissions. Maintenant, Mme Le Pen a beau jeu de jouer de la compétence, une compétence complètement hypothétique. Elle n'a jamais rien géré, elle n'a jamais gouverné, elle n'a été que présidente de son parti, qu'elle a mené à la quasi-faillite. Elle a été élue comme députée, bien sûr. Comme députée européenne, parce que vous n'avez pas été. Bien sûr, bien sûr, vous avez raison.

Mais franchement, je ne vois pas tellement la différence. La seule différence, c'est qu'elle n'a aucune chance jamais de gagner l'élection présidentielle. La seule différence, c'est que tous ses électeurs ont été humiliés par son comportement lors du débat de 2017, où elle s'est scratchée en direct. Je pense que ses électeurs s'en souviennent. Voilà, c'est tout.

4:55
Présentateur

Donc vous dites concurrent, oui, très clairement. Débutant, oui, mais c'est plutôt un petit de fierté pour vous. Et quand elle dit que vous êtes le candidat de l'élite, est-ce que vous êtes d'accord avec elle ?

5:05
Éric Zemmour

C'est une vraie question. Je vais vous dire, c'est une question très intéressante. Vous êtes membre de l'élite ? Si j'ai deux minutes, j'aimerais bien développer ça, parce que c'est une question importante. En fait, Marine Le Pen reprend, depuis des années d'ailleurs, les thèses de son sondeur Jérôme Saint-Marie, qui explique qu'il y a un bloc populaire et un bloc élitaire. C'est-à-dire qu'il y a des classes populaires qui seraient essentiellement patriotes et qui sont marginalisées par la mondialisation.

Et un bloc élitaire avec les fameuses élites mondialisées, vous savez le vieux mot de Jean-Pierre Chevènement, qui aurait fait sécession de la patte de la nation, selon la vieille expression du grand Christopher Lache, qui avait le premier diagnostiqué cette sécession des élites. Non, mais c'est pour vous expliquer à vos auditeurs, aux téléspectateurs, parce que c'est important. Et elle, elle veut être le candidate de ce bloc populaire, et contre le bloc élitaire qui serait représenté par M. Macron. Je pense que c'est une impasse politique. C'est pour ça que je me permettais de vous expliquer d'abord. C'est une impasse politique. Avec seulement ce bloc populaire, elle est condamnée à perdre.

C'est ça que j'explique depuis des années. Moi, je pense qu'il faut qu'une partie du bloc élitaire, de la bourgeoisie, qui est patriote, je dis bien qui est patriote, tende la main aux classes populaires. C'est la seule façon d'abord de vaincre Emmanuel Macron, et c'est la seule façon vraiment de sauver le pays. Et moi, je suis absolument, c'est là où elle a raison dans sa critique, c'est pas que je suis le candidat de l'élite, je suis le candidat de l'alliance entre les classes populaires et la bourgeoisie patriote.

6:50
Présentateur

Mais quand on voit aujourd'hui à la fois votre électorat, Éric Zemmour, qui est composé de classes plus supérieures, je parle d'études notamment que Marine Le Pen, c'est ce que disent aujourd'hui les différents instituts de sondage, quand on voit votre parcours aujourd'hui, vous avez eu votre ronde-serviette pendant des années au Figaro, vous avez votre ronde-serviette aujourd'hui à CNews, quand on lit votre livre également, qui est constitué des dizaines et des dizaines de repas fait avec tout ce que la République compte de ministres, de secrétaires d'État, de députés de droite et de gauche, vous êtes un homme de l'élite.

7:16
Éric Zemmour

Bien sûr. Oui. Très clairement. Mais j'en suis fier. J'en suis fier, j'ai travaillé pour cela. J'ai eu des diplômes, j'ai travaillé. C'est pas un gros mot. C'est pas un gros mot du tout. Je dis, la France ne sera sauvée que par l'alliance entre les élites patriotes qui ne sont pas toutes mondialisées et qui n'ont pas toutes rompues avec le peuple, avec la France, et les classes populaires. Le seul lien avec les classes populaires n'est pas suffisant. Voilà. Donc effectivement, vous avez tort sur un point.

Quand vous regardez la composition des gens qui sont prêts à voter pour moi, il y a des anciens électeurs de Fillon, à peu près 30%, et il y a des électeurs de Marine Le Pen, monsieur, 35%, et des abstentionnistes. Et vous savez très bien que les abstentionnistes sont loin d'être dans les classes favorisées. Donc ce n'est pas vrai ce que vous dites. Simplement, ce qui embête Marine Le Pen, je comprends, parce qu'elle, elle n'a aucun électeur. Vous m'entendez ? Aucun. Sur le CSP+, c'est zéro.

8:17
Locuteur

Voilà.

8:17
Éric Zemmour

Donc c'est gênant. Et les LR, c'est la même chose. Dans les classes populaires, vous regardez la case, ils ont zéro. Donc si vous voulez, c'est normal qu'il soit embêté par mon arrivée.

8:28
Présentateur

On va voir à quoi ressemblerait le programme d'Éric Zemmour, s'il arrive à l'Elysée dans quelques mois, dans un instant. Le temps du fil. Info, si vous le permettez. 8h41, Mélanie Delaunay.

8:38
Invité

Il faut que ça s'arrête, lance la ministre déléguée au sport. Sur France Info, Roxana Maraciné à nous demande aux dirigeants du foot français de ne pas se cacher derrière leurs petits doigts, de modifier les règlements disciplinaires. Le match Lyon-Marseille a dû être interrompu à la cinquième minute de jeu hier soir à cause d'un jet de bouteille sur un joueur. Le conseil de discipline de la Ligue va se réunir aujourd'hui. Un appel à la grève générale débute en Martinique. Alors qu'en Guadeloupe, la tension ne retombe pas. Les écoles n'ouvriront pas. Aujourd'hui, les barrages ont commencé à être démantelés, mais plusieurs sont toujours installés sur les routes de l'île.

Régnons à Matignon ce soir avec les élus guadeloupéens. La vaccination contre la grippe s'élargit. Aujourd'hui, depuis un mois, elle était réservée aux personnes prioritaires, plus de 65 ans, femmes enceintes ou personnes à risque. Désormais, tout le monde peut se faire vacciner. Au moins 5 morts et 40 blessés aux Etats-Unis où un conducteur a fauché les spectateurs d'une parade de Noël dans le Wisconsin. France Info

9:41
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

9:46
Invité

Toujours avec le candidat bientôt déclaré à l'élection présidentielle, Éric Zemmour. En Guadeloupe, la contestation contre l'obligation vaccinale des soignants dégénère en blocage, en pillage et en violence. Des renforts de policiers ont été décidés par le ministère de l'Intérieur, ainsi que l'envoi du RAID et du GIGN. Que faut-il faire là-bas ?

10:06
Éric Zemmour

Il faut, je pense, arrêter d'être aussi brutal avec ces gens. Il faut quand même essayer de comprendre. Je pense qu'il y a une vraie incompréhension entre, d'ailleurs, pas seulement les populations guadeloupéennes ou antillaises, mais la population française et Emmanuel Macron. Il a toujours, depuis le début, un problème avec le peuple.

10:32
Invité

Quand vous dites qu'il faut arrêter d'être brutal, ça veut dire quoi ?

10:36
Éric Zemmour

C'est-à-dire que je suis assez choqué depuis le début par le fait, par exemple, de virer des soignants qui ne sont pas vaccinés. D'abord, on perd. Vous savez qu'on a dû fermer 20% des lits à cause des manques de personnel. Non, c'est pas seulement parce qu'ils ont été virés.

10:56
Invité

Rien à voir avec l'obligation vaccinale ?

10:58
Éric Zemmour

Non, ça n'a pas rien à voir. Ce n'est pas tout ça. Il y a aussi parce que des gens ne sont pas revenus. Mais il y a aussi parce qu'il y a des gens qui ont été virés, je vous assure. Je ne dis pas que c'est les 20% à cause du renvoi. Pour être très concret, vous renoncez. Mais on a fermé 20% de lits depuis là. Et qui s'ajoute aux 20% de lits fermés depuis 20 ans. Ça fait beaucoup quand même pour des raisons budgétaires.

11:20
Invité

Mais ce que vous dites ce matin, c'est l'obligation vaccinale, il ne faut pas l'appliquer en Guadeloupe, ne pas l'appliquer aux Antilles.

11:24
Éric Zemmour

Non, mais il n'y a pas d'obligation vaccinale. Si. Pour les soignants. Oui, pour les soignants. C'est le sens de la question de Salia. Oui, moi je trouve qu'on ne devrait pas renvoyer des soignants parce qu'ils ne sont pas vaccinés. Surtout que, on a compris maintenant deux choses. On a compris que, un, le vaccin n'empêchait pas de transmettre. Il la divise par deux. C'est des chiffres. Moi je vois une seule chose. Le seul avantage du vaccin, si j'ai bien compris, c'est qu'il évite la plupart des conséquences graves.

11:59
Présentateur

90% des cas graves, il divise par deux la contamination. Pourquoi vous faites plus ? Parce qu'on transmet quand même. Oui, deux fois moins. C'est-à-dire qu'une personne non vaccinée transmet aujourd'hui le virus à 6 personnes et une personne vaccinée à 3 personnes. C'est quand même assez notable. Il transmet à 3 personnes ? Deux fois moins. Mais c'est pas rien quand même.

12:16
Éric Zemmour

Oui, mais il transmet quand même. Pas normalement un vaccin. Normalement un vaccin, ça doit empêcher de transmettre. Arrêtez. Non, pas forcément. Bon. Bon, d'accord, ok. Alors, d'accord, d'accord. Le vaccin contre la variole, il n'a rien éradiqué.

12:30
Présentateur

Vous connaissez l'efficacité du vaccin. Le vaccin contre la polio, il n'a rien éradiqué. Eric Zemmour, je peux dire quelque chose ? Le vaccin contre la grippe, vous connaissez son efficacité ? Oui, elle est très faible. 60%. Voilà, je sais. C'est QFD, on passe à la suite ? Bah oui, mais alors ? Et alors, on n'oblige pas les gens à se vacciner contre la grippe ? Non, mais il y a d'autres vaccins qui sont obligatoires. Non, mais est-ce qu'on... J'essaie de reprendre dans l'ordre. Oui, mais ceux-là, ce n'est pas les mêmes, justement. Ce n'est pas la même efficacité. Il n'y a pas d'obligation vaccinale pour les soignants en Guadeloupe et en métropole ?

12:53
Éric Zemmour

En France, je ne vois pas... Franchement, je trouve ça choquant. Puisqu'on n'a pas d'obligation vaccinale. Pourquoi avoir d'obligation vaccinale pour les...

13:01
Présentateur

Il y a des vaccins qui sont obligatoires déjà aujourd'hui à l'hôpital, vous savez.

13:03
Éric Zemmour

Oui. Mais pas pour ce vaccin. D'accord. De toute façon, je pense, ça c'est plus global, je pense qu'il faut essayer de remettre cette épidémie à sa juste mesure.

13:17
Invité

C'est-à-dire ?

13:18
Éric Zemmour

C'est-à-dire que je pense que depuis un an et demi, au début, on ne savait pas trop, je peux comprendre l'affolement. Mais on a beaucoup joué avec les peurs des gens. Je pense que c'est très excessif. Vous avez vu ce dernier rapport qui indique que, en fait, sur l'année de 2020... 2% des entrées à l'hôpital ont été causées par le Covid, ce qui est la même chose que les gens qui sont restés. Et 5% des occupations de l'hôpital. Alors, je sais que tout ça doit être remis dans son contexte. Vous trouvez qu'on en fait trop ? C'est sur l'année. Oui, on en fait trop. Et on en fait trop depuis le début. Mais tous les pays en font trop. Et le gouvernement en fait trop.

Oui, tous les pays en font trop. L'Autriche qui reconfine, l'Allemagne, Viktor Orban, en Hongrie, qui dit... Mais oui, tout le monde en fait trop. Oui, tout le monde en fait trop. Mais pourquoi ils en font tous trop ? Parce que je pense que, si vous voulez, c'est notre... Alors là, on part dans la philosophie. Je pense que c'est notre rapport à la mort, à la vie. Je pense que c'est la médiatisation aussi. Quand les chaînes d'info diffusent toute la journée, vous vous souvenez, lors du premier confinement, on avait l'impression que c'était le blitz, qu'on était bombardés à Londres par l'armée allemande tous les jours. Je veux dire, là, il y a manifeste...

Et puis, ça rend service au gouvernement. Là, Emmanuel Macron, très, très clairement, joue de cela. Il joue de cela pour pouvoir justement changer de sujet. Mais ça veut dire qu'il faut faire ?

14:35
Invité

Pas de passe sanitaire, pas de dose de rappel, si vous étiez président à sa place aujourd'hui ?

14:39
Éric Zemmour

Oui, j'étais président. La dose de rappel, c'est uniquement pour les gens de plus de 65 ans. La haute autorité de santé, à partir de 40 ans ? On sait que ça ne touche... De toute façon, depuis le début, cette épidémie, statistiquement, ne touche essentiellement que les gens de plus de 65 ans.

14:55
Présentateur

Et les comorbidités, quel que soit leur âge. Oui, ben oui. Vous suspendez le pass sanitaire... Les gens, ils sont responsables, vous savez. Éric Zemmour, vous suspendez le pass sanitaire, quel que soit le niveau de l'épidémie, si vous êtes élu. Non, après, excusez-moi, jusqu'en juillet, je trouve ça excessif. Oui, il se trouve que l'élection, elle est en mai. Si vous arrivez à l'Élysée en mai, est-ce que vous gardez le pass sanitaire ? Non, je ne vois pas l'intérêt. Vous en ferez un engagement de campagne ?

15:15
Éric Zemmour

Je vous répète... Non, ce n'est pas un engagement de campagne. Je vous répète que, pour moi, ce n'est pas un sujet prioritaire. Et que, je dirais même que c'est une habileté tactique que de vouloir en reparler. C'est une habileté tactique d'Emmanuel Macron et des médias que de vouloir remettre... Laissez-moi parler. Et de vouloir remettre cette question sur le tapis pour pouvoir changer de sujet. Parce que depuis trois mois, depuis que je suis rentré dans l'arène, si j'ose dire, avec ce livre, aux grands dames d'Emmanuel Macron, de la gauche et des médias, on ne parle que d'immigration et de ce sujet qui est pour moi majeur.

Donc, évidemment, le Covid permet de changer médiatiquement d'agenda.

15:58
Présentateur

Éric Zemmour, est-ce qu'on peut parler de la première préoccupation des Français quand on les interroge aujourd'hui dans les enquêtes d'opinion ? Le pouvoir d'achat. Que proposez-vous sur ce point précisément ?

16:06
Éric Zemmour

Alors, je vais vous en parler. Je voudrais simplement vous dire que, là aussi, votre présentation est biaisée. Parce que, dans ce sondage, on dit quelle est votre préoccupation première et le pouvoir d'achat sort en premier. Si vous lisez tout le sondage après, vous avez immigration, sécurité, terrorisme. Derrière. Et, sauf que ces trois sujets sont le même sujet. Et donc, si vous additionnez tout ce sujet, vous avez largement la préoccupation majeure des Français. Mais je vais répondre sur le pouvoir d'achat. Le pouvoir d'achat, je pense qu'on le prend, je vois ça dans cette campagne, dans cette pré-campagne, je pense qu'on le prend par le mauvais bout.

C'est-à-dire qu'on est là, chacun, chaque candidat, c'est le jeu des promesses démagogiques. On promet temps d'augmentation, temps d'augmentation, etc. Il faut comprendre, parce qu'il faut comprendre le pourquoi de cette question. Le pourquoi de cette question, c'est parce que le pays s'est appauvri. Et que le pays s'est appauvri parce que le pays s'est désindustrialisé. Ça, c'est le constat, Éric Zemmour. La solution, ce qu'on vous proposez. Vous êtes tous conscients du constat. Non, non, non, non. Ça fait plusieurs mois qu'on en parle. Non, non, ce n'est pas vrai. Ce qu'on vous demande, là, c'est vos propositions, Éric Zemmour. Non, non. Excusez-moi.

C'est un grand défaut français qui a été observé depuis même le 18e siècle que de se précipiter aux solutions sans voir le diagnostic. Ça fait trois mois, Éric Zemmour. Vous l'avez dit tout à l'heure. Non, excusez-moi. Dans tous les plateaux, vous êtes le constat. Non, ce n'est pas vrai. Non, ce n'est pas vrai. Mais excusez-moi, vous ne me feriez pas dévier de ma ligne. Alors, allez-y. Je ne ferai pas dévier de ma ligne. Vous êtes venu avec vos réponses et nous avec nos questions. On va essayer de les faire coïncider à un moment. Exactement.

17:40
Invité

Ce serait intéressant pour nos auditeurs et nos téléspectateurs.

17:43
Éric Zemmour

Vous savez ce que je vous propose, Éric Zemmour ? Ils doivent savoir que promettre des augmentations et des primes, etc., comme ça, c'est de la démagogie et c'est payé avec leurs impôts et avec leurs dettes. Donc, vos auditeurs doivent savoir ça. Mais alors, vous, vous faites quoi ? S'il ne faut pas augmenter les salaires ? Eh bien, voilà. Et c'est mieux. C'est mieux. Donc, d'abord, il faudrait entamer la réindustrialisation. Ça, c'est un long chemin. On va en parler si ça vous intéresse. Mais réindustrialisation, si ça ne vous intéresse pas.

Et pour le pouvoir d'achat, j'ai une proposition que j'ai faite depuis 15 jours, qui d'ailleurs est tout à fait en cohérence avec ce que je dis pour le reste. J'essaye. C'est-à-dire que je considère que ce qui pèse d'abord et avant tout, c'est la protection sociale. Et que le poids des dépenses sociales est énorme, plus de 800 milliards par an. Donc, nous devons réduire ce poids qui obère, évidemment, la compétitivité des entreprises et qui les empêche de payer des salaires élevés. Et en France, le problème, c'est que le salaire net est bas et que le salaire brut, ce que payent les entreprises, est très haut. La différence, c'est la protection sociale. Et donc, on joue sur quoi ?

Comme je ne me refuse à réduire le modèle social des Français, je propose que la solidarité nationale redevienne nationale. C'est-à-dire que les dépenses non contributives, les dépenses sociales non contributives, allocation familiale, allocation logement, minimum vieillesse, RSA, soient retirées aux étrangers et soient réservées aux Français. Nous avons fait les calculs avec, ça fait, attendez, laissez-moi finir, ça fait 20 milliards d'économies.

Et je propose, avec ces 20 milliards d'économies, de baisser la CSG que payent les salariés, de salariés qui ont un modeste salaire, c'est-à-dire le SMIC, en gros, jusqu'à 2000 euros, de, à peu près, ils payent 9% de CSG, je propose de le descendre à 2,5, ce qui ferait une économie, enfin, une augmentation de salaire sur l'année d'un SMIC.

19:43
Présentateur

Ça, c'est entre un SMIC et jusqu'à 2000 euros. Exactement. Très clairement. Bon, voyez-vous, vous avez laissé le temps, 8h53. Merci, voilà, mais il faut expliquer aux gens. On est là pour ça, 8h53, le Filinfo, Mélanie Delaunay, on vous retrouve dans un instant. Éric Zemmour.

19:54
Invité

L'Autriche se reconfine pour 10 jours, la Belgique repasse au télétravail obligatoire pour tenter de faire baisser l'épidémie de Covid, tandis que de l'autre côté du globe, l'Australie rouvre ses frontières aux étudiants étrangers et aux personnes munies d'un visa. La Nouvelle-Zélande, elle, va mettre fin au confinement d'Auckland début décembre. Plus de 80 commerces pillés en Guadeloupe, indique sur France Info le président de la Chambre de commerce et d'industrie. Face aux violences sur l'île, les établissements scolaires restent fermés aujourd'hui. 35 agents du RAID et du GIGN ont été envoyés sur place en renfort.

La commission de discipline de la Ligue de football se réunit au lendemain de l'interruption du match entre l'OL et l'OM. Le spectateur soupçonné d'avoir lancé une bouteille sur la tête de Dimitri Payet est en garde à vue. Après le contrat annulé qui a envenimé les relations avec la France, l'Australie signe un accord avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni pour s'équiper de sous-marins à propulsion nucléaire.

20:56
Présentateur

Le 830 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

21:02
Invité

Éric Zemmour, si vous êtes élu, est-ce que vous rétablissez l'impôt sur la fortune ?

21:06
Éric Zemmour

Il n'a pas été supprimé, si je comprends bien. Il a été réformé. C'est-à-dire qu'il a été réduit à l'impôt sur le logement. Non, je ne rétablis pas l'impôt tel qu'il était avant. Au contraire, je pense que c'est devenu un impôt confiscatoire pour deux raisons. D'abord parce qu'il ne touche que les logements et que le prix de ces logements a considérablement augmenté, en tout cas dans les grandes villes. Et donc les gens qui sont mis ainsi à l'impôt sur la fortune de nouvelle forme, souvent ne sont pas des gens spécialement riches. Ils ont simplement un bel appartement à Paris.

21:42
Présentateur

Vous savez à partir de quel patrimoine on paye l'impôt sur la fortune immobilière ? 1,3 millions. Il y a un abattement sur la résidence principale ? Absolument. Donc c'est 1,9 millions ? Oui, donc ça fait 1,3 millions en tout. En dessous d'1,9 millions ? Oui, avec l'abattement, ça fait 1,3 millions. C'est sans l'abattement ? On rajoute l'abattement ?

21:57
Éric Zemmour

Si son appartement ou sa maison vaut moins de 2 millions, moins d'un million d'euros, on ne l'aille pas ? 1,3 millions à Paris, c'est un 100 m². Oui. Ben oui, c'est pas...

22:06
Présentateur

A condition d'avoir remboursé la banque, sinon on enlève ce qu'on doit à la banque. Je sais bien, mais je vous dis... Ça fait quand même une petite somme.

22:11
Éric Zemmour

Bien sûr, mais je veux dire, ce n'est pas ce qu'on appelle des riches. Les riches, d'ailleurs, ils ont tous les moyens, avec les fiscalistes qu'ils ont, de tourner cette règle. Donc je pense qu'il faudrait, mais encore une fois, je ne suis pas là à vous donner des mesures programmatiques, je ne suis pas là. Mais simplement, moi, j'ai l'idée qu'il faudrait sortir la présidence principale de ce calcul-là.

22:32
Présentateur

Je voudrais qu'on parle des femmes, Éric Zemmour, puisqu'il en est question dans votre livre. Je vais vous citer un passage de votre livre. Vous racontez un jour où vous avez été jugé. Le président du tribunal, dites-vous, est une femme ce jour-là. Le procureur également. La plupart des avocats, des accusateurs aussi. Je vous lis la page 121 de votre ouvrage. Sous leur robe noire, en guise d'uniforme prestigieux d'une autre époque, elles portent des vêtements de médiocre qualité à l'étoffe fatiguée. Elles sont coiffées à la hâte, maquillées sans soin.

Tout dans leur silhouette, dans leurs attitudes, leur absence d'élégance dégage un je ne sais quoi de négliger, de laisser aller, de manque de goût. On voit au premier coup d'œil que ces métiers, effets ou causes de la féminisation, ont dégringolé les barreaux de l'échelle sociale. Ça veut dire quoi ?

23:12
Éric Zemmour

Ça veut dire que je constate d'abord, un, une, ce n'est pas très original, une féminisation de la profession de magistrat. Ce n'est pas ce que vous dites là. Si, laissez-moi finir. Et deuxièmement, une prolétarisation de ces professions, que ce soit avocat ou magistrat. Effets ou causes de la féminisation, la profession d'avocat a dégringolé des barreaux de l'échelle sociale. Évidemment, il y a toutes les études qui montrent que quand une profession se féminise massivement, on constate, on l'a vu pour les profs, on l'a vu justement pour les magistrats, une prolétération financière. C'est-à-dire qu'elles sont, alors on ne sait pas si c'est la cause ou l'effet, mais c'est un constat.

Je fais des constats sociologiques, vous savez, c'est assez simple. Simplement, aujourd'hui, on ne peut plus faire de constats sociologiques.

24:03
Présentateur

Moi, je veux bien, mais c'est comme ça. Vous faites un autre constat quelques pages plus tard dans ce même livre. Cette fois-ci, c'est au sujet de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn après ce qui s'est passé au Sofitel de New York. Vous dites, le jour où on l'a vu entre deux policiers menottés, je vous cite, c'est un renversement de mille ans de culture royale et patriarcale française, une castration de tous les hommes français. Le séducteur est devenu un violeur, le conquérant un coupable. Il n'a pas séduit le BSK de journaux, il n'a pas conquis, il a agressé sexuellement.

24:32
Éric Zemmour

Non, mais ça, moi, je ne suis... S'il a été condamné, c'est très bien, je ne discute pas ça. Alors, pourquoi vous écrivez ça ? Là, je voulais simplement réfléchir. Vous savez, le problème, moi, c'est que j'ai écrit mes livres. Ils ne sont pas écrits par des communicants. Donc, c'est bien vous qui avez écrit ça. Donc, c'est bien moi qui avez écrit ça. Mais justement, après, on va chercher des bouts de phrases et je suis obligé de donner le contexte. Non, non, non, mais ce que je veux dire, c'est que dans la tradition symbolique, historique française, les rois ont de multiples conquêtes et c'est ce qui magnifie leur pouvoir. C'est comme ça, François 1er, Henri IV, Louis XIV.

Non, mais moi, je parle de François 1er, Louis XIV. Je ne parle pas de Mischofsk, en vérité. Je me sers... Ah, c'est un chapitre consacré à DSK. Oui, mais vous savez, il y a plusieurs degrés de lecture. Quand on prend un sujet, après, on s'en sert pour réfléchir à ce que devient l'époque, à ce que devient la société. Ça s'appelle un livre. Donc, là, je me dis, c'est très intéressant. Il y a un renversement. C'est-à-dire que jadis, il n'y a pas longtemps encore, François Mitterrand, Jacques Chirac, Valéry Giscard d'Estaing, les conquêtes féminines de ces présidents magnifiaient leur pouvoir. Aujourd'hui, on voit bien que le côté séducteur, compulsif de Mischofsk, s'est retourné contre lui.

25:57
Présentateur

Un viol, ce n'est pas de la séduction. Mais moi, je ne sais pas s'il a violé. Une agression sexuelle, ce n'est pas de la séduction.

26:02
Éric Zemmour

Il a même payé pour ça.

26:02
Invité

Est-ce que vous le regrettez ? Est-ce que vous le regrettez aujourd'hui, ce changement ?

26:06
Éric Zemmour

Je regrette ce changement. Je regrette ce changement que, effectivement...

26:09
Invité

Que le pouvoir ne confère plus d'emprise sur les femmes ?

26:12
Éric Zemmour

Il n'y a pas d'emprise, madame. Il n'y a pas d'emprise. Ce mot, emprise, ne veut rien dire. Il est complètement déformé, dévoyé. Il y a une capacité de séduction que donne le pouvoir. C'est comme ça depuis des milliers d'années. Je n'invente rien et vous ne changerez rien. Donc, simplement, je dis, voilà l'évolution de la société, des réflexions. C'est tout. J'essaye d'observer et d'analyser une société. C'est pour ça qu'après, je fais des diagnostics et qu'enfin, je propose des solutions et des mesures. Vous voyez ? Dans l'ordre. Merci beaucoup Éric Zemmour et bonne journée à vous.