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interviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 17 novembre 2022 21 minAutoproduit

#RDLS161 - Hanouna et concentration des médias / Bronchiolite / Chaos à l’hôpital

Source d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour, c'est la 161e revue de la semaine. On vous met le générique tout de suite. Alors peut-être que vous l'avez su, mais le lundi 14, je faisais un meeting à Clermont-Ferrand. Alors c'est une salle que j'aime beaucoup, c'est la salle de la Bourse du Travail, vous savez. A force de faire le Tour de France, je finis par me retrouver plusieurs fois dans des salles et viennent des souvenirs. Là, c'était le souvenir du meeting pour le non à la Constitution européenne. Et bon, je me rappelle qu'il y avait du monde partout, enfin bref, c'est une salle, un peu comme quand vous revenez chez vous, ça vous fait toujours un petit effet euphorique, hein. Ben voilà, j'ai ressenti ça.

On a fait un très beau meeting, et puis le lendemain, je suis allé voir, c'est un site Clermont-Ferrand, c'est l'histoire de France, hein. Et pas loin, il y a le site de Gergovie, peut-être que ça vous dit rien, j'ai pas l'intention de vous en parler, parce que ça ferait une conférence, mais c'est le site où les Gaulois, les Gaulois Arvernes, commandés par Versailles et Theris, ont battu César, donc c'est pas un petit événement, ça leur est arrivé une fois, c'est là que ça s'est passé.

Donc, il y a un musée sur l'Opidum, l'Opidum c'est l'endroit surélevé où il y a le village gaulois, enfin là c'était pas un village, il était, je ne sais combien de milliers qui étaient à cet endroit-là, les Romains sont arrivés dans la plaine, enfin bref, le site est magique. Si vous passez par là-bas, il faut aller sur l'Opidum de Gergovie, et puis vous visitez le musée, surtout si vous y êtes en famille, les gamins comme ça, ils vont apprendre et découvrir bien des choses, mais vous aussi, comme moi-même, j'ai appris beaucoup de choses, le musée est super bien organisé, c'est super pédagogique, c'est beau, il y a des magnifiques outils.

Bon, moi j'étais dans l'euphorie, hein, d'un meeting réussi, avec beaucoup de monde, de la chaleur humaine, la députée insoumise du coin, Marianne Maximi, qui est un personnage où on dit montant, moi j'utilise aussi cette expression, parce qu'elle prend de la place, parce que c'est une femme courageuse, déterminée, assez implacable dans ses démonstrations, enfin bon, ils sont magnifiques.

Et puis, quand je finis, on me dit, tu sais, pendant que tu parlais, il y avait une émission avec Cyril Hanouna, et pendant 2h30, il y avait là toute une série de gens qui ont passé leur temps à démonter Louis Boyard, et à dire, le député Louis Boyard, et à dire, oui, oui, Cyril a eu raison de l'insulter, de le maltraiter, quasiment de l'agresser physiquement, au motif qu'il serait chaud bouillant. Mais bon, c'est quand même absolument incroyable de voir ça. 2h30 pour démolir un député, parce que, je le rappelle, Louis Boyard et pas le petit jeune de M. Cyril Hanouna, c'est un député du peuple français, qu'il a élu pour faire le travail qu'il fait avec sérieux à l'Assemblée nationale.

Et les arguments étaient vraiment, mais, en dessous du niveau des pâquerettes, hein, je ne veux pas être vulgaire. Mais quoi alors, on dit, oui, il avait tout préparé pour faire un coup d'éclat, mais Cyril Hanouna, vous allez reprocher à quelqu'un de faire des coups d'éclat, vous passez votre vie à ça. Quand vous avez fait l'émission sur le martyre de la pauvre petite Lola, c'était déjà exagéré, parce que la famille avait demandé qu'on leur foute la paix. Mais vous l'avez quand même fait. Et puis le lendemain, vous vous êtes vanté de l'avoir fait en publiant vos audiences. Dans cette circonstance, vous vous êtes comporté d'une manière qui est humainement tout à fait honteuse.

J'espère que vous en avez pris conscience depuis. J'espère que vous avez présenté des excuses à cette famille qui ne méritait pas d'être utilisée et manipulée par vous pour faire un coup d'éclat. Ou bien quand vous avez invité la semaine où vous avez fait venir sur votre plateau Carlos Bilongo. Juste avant, il y avait une jeune femme, une influenceuse, si j'ai bien compris ce qu'on m'a raconté. Et vous l'avez traité en sachant qui elle était, dans quelles conditions mentales elle se trouvait à ce moment-là. Et ça a été une fois de plus un coup d'éclat d'une vulgarité absolue.

Donc vous qui passez votre vie à faire des coups d'éclat, et vous faites des coups d'éclat qui sont toujours en dessous de la limite de ce qui est moralement acceptable. Dans la responsabilité qu'est la vôtre lorsque des gens vous regardent et notamment des jeunes gens. Et c'est vous qui allez reprocher aux autres de venir là pour faire un coup d'éclat. Mais non, le député Louis Boyard a fait le bon choix. Et d'ailleurs, quand il y a un coup d'éclat sur votre plateau, le coup d'éclat en quoi il consiste ? C'est pas seulement votre attitude grossière, M. Hanouna. C'est le fait que Louis Boyard est venu mettre en cause M.

Bolloré, votre patron, le milliardaire qui vous commande, et que vous avez qualifié d'ami, vous avez le droit d'avoir M. Bolloré pour ami, mais tout de même, peut-être que là, sur le plateau, vous pourriez maîtriser ce que vous êtes en train de faire. Et comment ça se fait qu'en 2h30, où vous avez tenu tous ces discours hostiles à Louis Boyard pour le rabaisser, pour l'humilier, pour laisser entendre je sais pas quoi à son sujet ? Pas une fois vous n'avez parlé de Bolloré. Ce qui signifie que vous en avez peur. Vous ne mordez pas la main qui vous donne à manger. C'est tout, rien d'autre. Vous vous comportez là comme une marionnette qui est tenue par des fils. Ce sont des fils d'argent.

Est-ce que vous avez perdu de vue que Louis Boyard est député ? Ça ne vous inspire aucune forme de respect. Vous passez 2h30 à le démolir. Ça a un mot de considération pour ce qu'il représente. Et qui n'est pas de votre fait, M. Hanouna. Vous pouvez vous croire tellement important que vous pouvez parler d'une manière aussi vulgaire que vous l'avez fait en disant ce que tu dis, je m'en bats les couilles. ou que vous lui disiez c'est moi qui t'ai fait élire. Vous croyez vraiment, M. Hanouna, que vous avez le pouvoir de faire élire quelqu'un dans le pays ? Vous oubliez que c'est le peuple français qui élit. Vous oubliez que ce sont les programmes qui permettent d'être élus.

Quand une section du peuple français décide d'élire un jeune homme qui à l'époque avait 21 ans, vous croyez qu'il le fait pour quoi ? Parce qu'il adhère à sa personne ? Non, il le connaît à peine. Il ne le connaît pas. Il adhère à un programme. Vous avez aussi du mépris pour ça. Vous croyez que les citoyens votent parce que vous, en faisant vos pitreries, vous les pousseriez, vous mettriez en valeur. Mais allez présenter M. Nolot où vous verrez et vous verrez s'il ne prendra pas une bâche électorale. Mais oui, c'est comme ça. C'est le peuple qui élit. Ce n'est pas vous, M. Cyril Hanouna.

Et le coup d'éclat, c'est le coup d'éclat positif que fait Louis Boyard lorsqu'il met en cause un des neuf propriétaires qui, dans ce pays, parce qu'ils sont milliardaires, possèdent 90% des médias. Tant et si bien que nous autres, de la grande famille de gauche, nous n'avons plus un seul média télévisuel de notre côté. Ni radio, ni télé. A chaque fois, nous y sommes invités quasiment par effraction. Et nous sommes obligés de nous dépêtrer et d'aller à ces endroits-là pour porter les messages qu'on est nôtres. Nous sommes hostiles au fait qu'il y ait neuf personnes qui possèdent 90% des médias. Et parmi ceux-ci, il y a votre patron.

Donc, Louis Boyard, au nom de la liberté de pensée du peuple français, a bien fait de venir chez vous, sur le plateau de télé de Bolloré pour dire ce qu'il pense de M. Bolloré. Et vous savez, M. Hanouna, cette semaine en commission va passer une proposition de loi qui est portée aujourd'hui par Clémentine Autain et par Sarah Legrin. Toutes les deux contre la concentration de la presse. Vous n'en avez pas parlé une seule seconde pendant votre émission de deux heures et demie contre Louis Boyard. Donc, vous n'êtes même pas au courant, vous ne faites même pas l'effort de vous renseigner et de savoir dans quel monde vous vivez. Vous vous contentez d'être là et de faire des coups d'éclat.

Vous savez pourquoi je suis venu à vos émissions, M. Hanouna ? Parce qu'on m'avait dit ce monsieur, il vous donne la possibilité de parler et de parler à tout le monde. Voilà pourquoi j'y suis venu. Et vous savez pourquoi mes amis vont partout et pourquoi il n'est pas question pour eux de boycotter telle ou telle émission parce que ça voudrait dire que les autres sont plus respectables. Elles le sont souvent. Ce n'est pas très difficile d'être plus respectable que la vôtre. Vous avez donné 52% de votre temps à l'extrême droite. Donc, quand nous venons chez vous, nous savons que nous sommes par effraction sur un plateau favorable à l'extrême droite. Organisé pour l'extrême droite.

Fabriqué pour l'extrême droite. Et si vous vous figurez qu'on vient vous voir par sympathie pour vous, je préfère vous dire que vous vous trompez. Pour ma part, je n'ai de sympathie ni pour vous ni aucun des professionnels de cette nature. Ce n'est pas mon sujet. Je n'ai pas d'amis parmi vous. Vous êtes des organisateurs de spectacles et on se faufile dans vos spectacles pour y porter notre parole. Exactement comme nous le faisons à la sortie d'un métro, dans la rue, sur une caisse à savon, avec un porte-voix, à la porte d'une usine. Nous allons partout où on peut porter notre parole. Voilà. Ne vous illusionnez pas un instant sur ce que signifie notre présence.

Nous ne sommes pas vos copains. Et nous ne le serons jamais. Bon, alors, vous avez tous entendu parler de cette épidémie de bronchiolite. Alors, quand on est de l'extérieur, bon, bronchiolite, c'est une épidémie, mais qui ça concerne, les petits, les bébés, tout ça. Bon, alors, peut-être que vous n'avez pas de bébé à la maison, mais je suis sûr que tous, vous vous rendez compte que ça ne va pas, quoi. Quand on prend un gamin qui a un nourrisson en tout petit, c'est le moment où il y a besoin de tout pour construire la petite personne qui est là. Et surtout, il y a besoin d'amour parce que ceux qui en sont privés, vous ne le savez peut-être pas, mais je vous l'apprends alors.

Ceux qui sont privés d'amour dans leur enfance, dans leur plus jeune âge, sont ceux qui se développent le moins bien. Ça paraît curieux, mais c'est la vérité. L'amour qu'un être humain apporte à un autre l'aide à tous les âges de la vie, d'ailleurs, à être meilleur, meilleur être humain. Enfin, bon là, on parle des nourrissons malades. Alors, comme il n'y a pas assez de place à l'hôpital, voilà qu'on commence à les envoyer à des hôpitaux des fois assez loin. Bien sûr, ça se fait dans des conditions à ne pas raconter d'histoire où le personnel soignant de toutes les manières possibles prend toutes les précautions possibles. Il n'y a que des gens sérieux, là.

Je ne vais pas vous dire le contraire, mais ce qui ne va pas, c'est qu'on emmène les nourrissons je ne sais où. Alors, il y a les parents qui sont morts d'angoisse, qui se demandent qui arrivent à leurs gosses, qui ne peuvent pas aller tous les jours, je ne sais où, accompagner le gamin parce qu'il n'y a rien de prévu pour eux. On ne leur dit pas comme votre gosse est soigné dans tel hôpital, eh bien voilà, la sécurité sociale, elle prend en charge votre déplacement, votre hébergement. Bon, ce n'est pas vrai. Donc, les gens sont morts d'angoisse. Puis, les petits, comment ça se fait qu'on ne peut pas les accueillir là où il faut ?

Il faut quand même peut-être un peu s'organiser autrement, non ? J'ai vu un médecin qui disait arrêtez de me dire qu'il y a une épidémie plus forte que jamais cette année. Peut-être que c'est vrai. Moi, Mélenchon, je ne suis pas en état de vous le dire. Mais ce qu'elle dit, cette personne, c'est très juste. Elle dit, mais ce n'est pas ça le problème. Le problème, c'est qu'une fois de plus, rien n'a été organisé, rien n'a été prévu, rien n'a été pris à l'avance. C'est le système Macron dans toute sa beauté. Les choses vont comme elles vont, on réduit les services publics et que le marché prenne la place. Ben, il n'y a pas le marché pour prendre la place.

Autrement dit, ce désorganisateur de tout, le néolibéralisme, la cupidité, la patte du gain, l'idée de tout transformer en marchandise, s'aboutit à ce résultat que maintenant, on n'est même plus capable de soigner nos gamins à portée d'amour. C'est-à-dire, à côté de l'endroit où se trouvent leurs parents. Alors, ça donne des situations que vous connaissez. Pourquoi c'est comme ça ? Ben, parce que le service public de la santé est dévasté. Tout simplement dévasté. Par la politique de « Quic, quic, quic ». Faire des économies, comme ils disent. Mais faire des économies, ce n'est pas un projet politique. Ça ne veut rien dire. Économie de quoi ?

On n'est pas au service d'un budget, on est au service des êtres humains. Vous expliquez-vous pourquoi on a encore fermé 10 000 lits depuis 2000 ? Pourquoi ils ne se posent pas la question de savoir pourquoi les gens ne sont pas candidats au métier du soin aujourd'hui ? Pourquoi ? Parce que c'est mal payé. Parce que vous êtes maltraité. Et non seulement vous êtes maltraité au travail, mais on vous met dans des conditions telles que souvent les soignants ont l'impression qu'eux-mêmes sont en train de maltraiter des malades. Ils le disent. Il faut regarder ces réalités-là en face. Je vous donne des chiffres. Il paraît que dans ce pays, les choses ne sont vraies que si on dit des chiffres.

Alors, 10 % de postes vacants dans l'ensemble du secteur hospitalier, public et privé. C'est ce que je viens de vous dire. Alors, on ne comprend pas. Pourquoi ? C'est mal payé. Les gens sont maltraités. Et ils ont le sentiment qu'ils ne pourront pas faire le métier correctement. Résultat, 10 % de moins. Mais ça va continuer. 13 % des étudiants infirmiers ont abandonné après deux mois en 2021. Pourquoi ? Vous croyez que ces jeunes femmes, ces jeunes hommes n'étaient pas en état de comprendre, d'apprécier le métier pour lequel ils s'étaient d'abord sentis une vocation ? Mais c'est qu'une fois qu'ils ont commencé, ils ont compris de quoi il s'agissait.

Et ils ont compris que ce n'était pas le beau métier qu'ils s'imaginaient qu'ils allaient faire. Mais que ce serait toute autre chose où on passerait son temps à courir après les moyens de travailler. 30 % des nouveaux diplômés, infirmiers, infirmières, abandonnent dans les 5 ans. Alors, pourquoi ? Mais ça, c'est des questions politiques. Quand ces gens qui dirigent ce pays vont-ils comprendre que le peuple français, qu'une population, s'est composée d'êtres humains ? Vous le comprenez ça, M. Macron ? D'êtres humains. Voilà, vous avez pensé à tout. L'équilibre budgétaire, le ceci, le cela. Ça ne marche pas très fort d'ailleurs, votre affaire.

Mais pas un moment où on vous entend dire c'est des êtres humains. Non, on vous a entendu dire ben, si tu veux du boulot, tu as qu'à traverser la rue, feignant. Feignant, vous ne l'avez pas dit, mais vous l'avez pensé tellement fort qu'on a tous entendu. Et puis vous dites dans les gares, il y a ceux qui ne sont rien, qui ne sait qu'est rien. Personne n'est rien. Tout le monde peut faire quelque chose d'utile à toute la communauté. J'ai repris ces vieilles paroles. Pourquoi ? Parce que je crois qu'elles éclairent quelque chose d'une pensée qui n'est pas seulement la vôtre, M. Macron, qui est celle de toute votre classe, votre classe sociale.

Vous méprisez les autres parce que vous pensez qu'ils sont interchangeables. Les seuls qui ne sont pas interchangeables, c'est vous. Parce que vous êtes tellement intelligent, vous êtes tellement intelligent. Regardez le patron total, M. Pouyanné, tellement intelligent qu'il peut gagner en une seule journée le salaire annuel de 1 000 ouvriers. Hein ? Qu'est-ce qu'il est important ? Quelles décisions il a prises ? Très importante. Moi, ce M. Pouyanné, je ne le connais pas. Et puis, ce n'est pas le sujet pour moi. Ce n'est pas une relation personnelle. Mais enfin, lui-même, il ne se pose pas de questions. Il ne se pose pas de questions.

Il gagne 500 000 euros par mois, tu ne te dis pas mais est-ce que ça les vaut ? Je vais vous en raconter une. Le patron précédent, vous l'avez tous oublié, il s'appelait De Marjorie. C'était un type, sur le plan personnel, plutôt sympa. Fait à ses cendres, il est mort en Russie, un coup où il décollait avec son avion de l'endroit où il était où il y a le site que Total exploite en Russie. Et une fois, je me trouve avec lui sur un plateau de télé. Et je lui dis, mais monsieur, vous êtes augmenté de 3 millions par an. Alors, il me regarde puis je vois que dans ses yeux, je me suis dit, peut-être qu'il ne sait même pas qu'il a été augmenté de 3 millions par an. Ça ne veut rien dire.

Que de tas de pognon pareil, comment vous finissez par vous rendre compte ? Vous, 10 euros, vous vous en rendez compte ? Mais lui, il gagne déjà des millions. Le gars, il avait un sourire. Ou alors, c'est parce que c'est moustache relevée. Et je lui dis, mais monsieur, qu'est-ce que vous avez fait cette année qui nécessite qu'on vous donne 3 millions de plus ? Qu'est-ce que vous avez fait ? Et le gars, sans se dégonfler, il avait du coffre, il me regarde dans les yeux et me dit, j'en sais rien. Et moi, je lui dis, ben monsieur, si vous ne savez pas où vous avez qu'à les rendre, parce qu'apparemment, ce n'était pas si important, vu que vous-même, vous ne vous en rappelez pas.

Eh bien, lui, c'est pareil. Je lui dis, qu'est-ce que vous avez fait, monsieur, de si important qu'il faut que vous ayez une paye pareille ? Non, je pense qu'on pourrait vous remplacer par quelqu'un qui coûterait moins cher et qui ferait peut-être aussi bien. Moi, si je dirigeais ce pays, je regarderais peut-être que votre numéro 2, peut-être que votre numéro 3 ou votre numéro 4 ou votre numéro 5. Ce n'est pas des imbéciles. Ils ont aussi plein d'idées. Ils accepteraient de prendre votre place pour, disons, la moitié de votre paye. Et donc, comme vous, vous arrivez à trouver des ouvriers qui coûtent moins cher, moi, j'arriverai à trouver des patrons qui coûtent moins cher.

Et vous savez comment ? Simplement en faisant appel à leur dignité, à leur sens de la responsabilité morale à l'égard de toute la société. Vous savez que les gens, aujourd'hui, sont très malheureux. Vous savez qu'il y a 8 millions de personnes à l'aide alimentaire, qu'il y a 9 millions de pauvres, qu'il y a 6 millions de gens qui sont au chômage et ça ne vous dérange pas dans la même période d'annoncer que vous prenez 52%. Comme ça, le sourire relève. Est-ce que vous comprenez qu'il faut partager ? Est-ce que vous comprenez que nous autres ? On vit très mal que Total ne paye pas un rond d'impôts à la République française. Parce que Total, c'est de A jusqu'à Z.

Quelque chose qu'ont fabriqué les Français et pas d'aujourd'hui. Ça commence sous François 1er, la compagnie des huiles des Indes. Et ça s'est continué à travers l'histoire. Tout ça nous appartient, M. Pouyanné, à nous autres, le peuple français, pas à vous. Pas seulement à vos actionnaires. Ça appartient au peuple français. Alors, il faut partager. Vous devrez imparativement partager. Le président de la République actuelle, il ne vous demande rien. Ça vous dérange ? Moi, je pense que le peuple français, lui, il vous demande de passer à la caisse à son profit.

Bon, là, je suis entré dans le sujet par la bronchiolite à propos des petits, mais de tous les papiers que j'ai lus avant de préparer notre rencontre, j'ai vu que ce n'était pas le seul sujet. C'est celui qui se voit le plus, parce qu'on a l'impression que c'est une maladie qui est courante, mais qui peut être très grave pour un nourrisson. Mais il y a aussi la question des greffes qu'on fait aux tout-petits. Alors, quand il n'y a pas assez de monde et qu'on doit reporter, c'est terrifiant. Ou bien il y a ceux qui ont des problèmes de traitement du diabète, que sais-je encore, d'autres maladies qui sont là sur les tout-petits et qui nécessitent qu'on intervienne tout de suite.

Et à cause de la désorganisation qui est de l'exclusive responsabilité du gouvernement, eh bien, souvent, on doit reporter, souvent, on doit faire dans d'autres conditions qui peuvent être plus pénibles. Et pour tout le monde, c'est terrible. Pour les parents, heureusement pas pour les nourrissons, les choses sont bien faites, sauf si on retarde trop ce qu'il y a à faire. Et puis pour les soignants, n'oubliez jamais ça. Les pédiatres, les médecins pédiatres, les infirmiers, les gens qui travaillent, c'est des gens qui aiment leur métier, qui savent, eux, ce qu'ils ont dans les mains. Vous vous rendez compte ? Ils savent que ce sont des nourrissons, que c'est la personne humaine de demain.

Ils le savent tous très profondément. Donc chaque fois qu'ils sont placés dans des conditions ubuesques, ils souffrent. Ils sont mal. Parce que c'est pas ça qu'ils voulaient. C'est pas pour ça qu'ils ont fait ce métier. Ils ont choisi ce métier pour le faire bien et ils le font bien quoi qu'il arrive. Ils tâchent de le faire. Mais il ne faut pas leur mettre les conditions telles qu'ils n'y arrivent jamais. Voilà. Je voulais vous le dire aussi pour que vous ayez une pensée pour eux en vous disant que on leur doit beaucoup. C'est pas comme moi, je me suis débrouillé. Moi, j'avais décidé que j'étais en retrait. Alors, bon, et puis pour finir, ils m'ont rempli mon emploi du temps.

J'arrête pas de courir partout exactement comme si on était en campagne. Mais c'est vrai qu'on est en campagne. On est en état d'alerte parce qu'on soupçonne, M. Macron, de vouloir déclencher l'opération de mise en place de l'allongement de l'âge de la retraite. Et, bon, là, peut-être la dissolution, en tout cas l'inaction totale dans la période de la vie chère. Puisqu'au moment où je vous parle, vous savez tous que votre risque tourne sur l'essence. Elle est terminée. Bientôt, en janvier prochain, vous allez vous prendre 15% de plus sur l'électricité. Donc, nous allons nous enfoncer petit à petit dans une situation de plus en plus problématique.

D'autant que, comme les deux grandes banques centrales américaines et européennes ont décidé d'augmenter les taux auxquels ils prêtent de l'argent aux banques qui elles-mêmes prêtent aux entreprises et aux gens, ça veut dire que l'activité va se refroidir, ralentir et que nous aurons plus de chômage. Bref, on verra le moment venu. Mais nous, notre devoir, c'est d'être en état d'alerte, d'être prêt. Donc, oui, nous sommes en campagne. C'est-à-dire que nous allons faire 10 ou 15 meetings dans tout le pays pour expliquer la vie chère, les moyens d'y répondre et les autres problèmes politiques qui se posent.

Nous le faisons parce que nous sommes, nous autres, les Insoumis, la première grande force d'opposition de gauche à l'intérieur de la NUPES qui est la coalition de l'ensemble de ces partis et que nous ne serions pas dignes de cette responsabilité si on passait notre temps comme ça, les bras croisés, à attendre de voir ce qui se passe. Non, nous ne sommes pas là pour faire des commentaires de l'actualité mais pour agir et peser sur elle. Ceux des nôtres qui sont à l'Assemblée nationale tiennent magnifiquement la tranchée et puis tous les autres, il faut tenir aussi la tranchée sur la bataille sociale, sur le combat d'idées pour convaincre, pour entraîner, pour éduquer autour de nous.

Et c'est ce à quoi je vous appelle au moment de conclure cette petite séquence passée ensemble. Bon, si ça vous plaît, vous mettez des pouces bleus parce que c'est bon pour notre morale, aussi bien à moi que à Maxime qui est de l'autre côté de la caméra. Et puis, vous pouvez vous abonner ou abonner qui vous voulez, c'est gratuit, ça le restera toujours, on ne monétise pas la revue de la semaine. Voilà, et puis quand on voit monter, c'est le cas, et bien on est content parce qu'on se dit que ce qu'on fait, ça plaît, ça sert, c'est utile, sinon vous ne viendriez pas. Et puis faites connaître un d'autres. Voilà, merci à tout le monde.