Qui est Lucie Castets, la candidate surprise du NFP pour Matignon ? Entretien avec Jean Petaux, politologue
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Bonjour Jean Petot. Merci d'avoir accepté notre invitation sur RCF.
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Pourquoi Emmanuel Macron joue-t-il le temps depuis le second tour des législatives ?
- 4:23OuverteRéponse directe
Autre annonce aussi d'Emmanuel Macron hier : pas de nouvelle dissolution à prévoir, et surtout pas de démission.
- 5:50OuverteRéponse directe
La fumée blanche aussi à gauche : les partis du Nouveau Front Populaire se sont accordés sur un nom pour aller à Matignon.
- 7:48OuverteRéponse directe
Finalement, le Nouveau Front Populaire a quand même réussi à trouver un nom. Ça a été si compliqué que ce matin, la gauche peut peut-être s'en réjouir.
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La question c'est quelle majorité ? Ça veut dire qu'on n'aura de toute façon pas un Premier ministre issu du Nouveau Front Populaire mi-août ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il n'y aura pas de nouveau Premier ministre avant la fin des JO mi-août. »
- 1:08Invité politiqueFait
« Le Président a évoqué cette trêve politique et olympique. »
- 4:26Invité politiqueFait
« Pas de nouvelle dissolution à prévoir, et surtout pas de démission. Le président de la République ira jusqu'à la fin de son mandat en 2027. »
- 5:00Invité politiqueFait
« Le président a dit : je veux que la nouvelle majorité qui va se dessiner fasse que cette assemblée puisse fonctionner pendant 3 ans, et après il a repris immédiatement : non pardon, 5 ans. »
- 5:57Invité politiqueFait
« Les partis du Nouveau Front Populaire se sont accordés sur un nom pour aller à Matignon : Lucie Casté. »
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Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. L'invité de la matinale, Grégoire Gindre. Grégoire, votre invité ce matin est politologue. Vous recevez Jean Petot. Bonjour Jean Petot. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation sur RCF. Emmanuel Macron s'est adressé aux Français hier soir. Un entretien de 47 minutes, pêle-mêle, Jeux Olympiques, cérémonie d'ouverture de vendredi. Et il a été aussi évidemment en question de la situation politique actuelle du pays. Première annonce d'Emmanuel Macron déjà. Il n'y aura pas de nouveau Premier ministre avant la fin des JO mi-août.
Jean Petot, jusque-là, ce n'est pas vraiment une grosse surprise. On voyait mal Emmanuel Macron annoncer un nouveau gouvernement en pleine quinzaine olympique.
Alors vous avez tout à fait raison. Ce n'est pas une surprise aussi parce qu'il y a quelques jours, le Président a évoqué cette trêve politique et olympique. Ce sont les deux. Et d'une certaine façon, à partir du moment où le Président a indiqué qu'il souhaitait que les forces politiques à l'Assemblée se structurent, c'était son expression, en une coalition à même d'obtenir une majorité qui n'existe pas, eh bien il faut, comme pouvait dire François Mitterrand à une époque, donner du temps au temps.
Et ils avaient jusqu'au 18 juillet pour former une vraie majorité. Ça n'a pas vraiment été le cas. Il faut comprendre donc que le gouvernement...
Pendant le 18 juillet, c'était de voter et désigner la Présidente ou le Président de l'Assemblée. Le Président de la République, lui, n'a aucun délai constitutionnellement pour choisir un Premier ministre.
Il faut comprendre quand même que le gouvernement dit provisoire de Gabriel Attal va donc gérer, continuer à gérer les affaires courantes jusqu'à mi-août ?
Exactement. Ce qui est intéressant aussi, c'est de constater que ce gouvernement qui, effectivement, n'a pas de pouvoir complet, c'est un sort de gouvernement un peu, j'allais dire, atrophié dans ses compétences, peut aussi et est en mesure d'assurer les situations d'urgence. S'il y avait une situation critique à l'occasion des Jeux Olympiques, en termes de sécurité publique par exemple, le gouvernement est en fonction, il est en l'état, même si c'est un gouvernement qui gère les affaires courantes et l'ordre public peut être ainsi assuré.
Et pourquoi Emmanuel Macron joue-t-il le temps depuis ce second tour des législatives, le 7 juillet ? Pourquoi il prend du temps finalement à nommer quelqu'un ? Il veut continuer à être le maître des horloges, c'est l'expression que l'on entend depuis quelques semaines maintenant ?
Oui, c'est là que vient s'insérer, si je puis dire, la tactique politique, qui peut apparaître d'ailleurs, pour nombre de Français, comme s'apparentant à de la politique agrie, mais en réalité, ça fait partie du jeu politique. Le président a choisi un peu, vous savez, comme c'est pistard sur un vélodrome, la période, d'une certaine façon, s'y prête en termes de comparaison, d'attendre que les événements se déclenchent ou avancent. Alors, c'est aussi parce que le président, très clairement, ne souhaite pas du tout que le nouveau Front populaire, et à l'intérieur du nouveau Front populaire LFI, tirent les marrons du feu.
Vous avez constaté, en écoutant hier soir l'intervention du président de la République, qu'il a, au moins deux, trois reprises, taclé assez sérieusement la France insoumise, en expliquant d'ailleurs que le candidat, qui n'était pas d'ailleurs LFI, qui était M. Chassaigne, dont il a été d'ailleurs le plus grand bien, président du groupe communiste, a été, est conduit. Il n'a pas dépassé les 204 voix, ce qui est effectivement, loin du compte, pour faire une majorité, je le rappelle, qui est à 289 voix.
Jean-Petot, autre annonce aussi d'Emmanuel Macron hier, pas de nouvelle dissolution à prévoir, et surtout pas de démission. Le président de la République ira jusqu'à la fin de son mandat en 2027, cette fois pas de flou ambigu, c'est la meilleure chose d'avoir été très clair, finalement, avec les Français, avec les oppositions aussi, sur cette question-là ?
Oui, c'est une façon de dire, ne comptez pas sur cette solution, entre guillemets, ou en tous les cas sur cette piste-là. La porte est définitivement fermée, avec d'ailleurs un lapsus intéressant, il y a une petite hésitation, le président a dit, je veux que la nouvelle majorité qui va se dessiner, fasse que cette assemblée puisse fonctionner pendant 3 ans, et après il a repris immédiatement, non pardon, 5 ans, puisqu'elle est élue pour 5 ans.
Alors en fait, quel que soit le président ou la présidente élue en 2027, on comprend bien, on a bien compris que pour Emmanuel Macron, ce serait sans doute une des premières décisions de ce nouvel élu à l'Élysée, ce sera l'application d'article 12 et une dissolution, même si vous avez entendu aussi que le président ne souhaite pas de nouvelles dissolutions dans un an, puisque c'est le délai constitutionnel qui l'interdit d'appliquer l'article 12 d'ici là.
Vous êtes sur RCF, nous sommes le mercredi 24 juillet, notre invité ce matin est le politologue Jean Petot. Jean Petot, la fumée blanche aussi à gauche, les partis du Nouveau Front Populaire se sont accordés sur un nom pour aller à Matignon. Lucie Casté, une surprise dans son profil est finalement inconnu, et pas seulement du grand public. On va y revenir, mais d'abord, il était urgent pour l'Union des Gauches, pour le Nouveau Front Populaire de s'accorder, de montrer qu'ils étaient capables de se mettre d'accord ?
Alors, les commentaires de la gauche elle-même, de certaines personnalités de gauche, je pense à Mme Tondelier, à M. Ruffin, se multipliaient pour évoquer avec des termes qui étaient peu amènes, comme par exemple, lamentable, ridicule, le fait que depuis 18 jours, cette coalition, qui est une coalition électorale, avec un programme qui a été, il faut le rappeler, conclu, je ne dis pas bâclé, mais conclu en deux jours et trois nuits, révélait en quelque sorte son incapacité à se mettre d'accord.
Alors, autant comme le Nouveau Front Populaire avait pu trouver un candidat rapidement, en quelques heures, pour le perchoir, comme on dit, pour la présidence de l'Assemblée nationale, on voyait que c'était beaucoup plus difficile, et c'est comme ça qu'un certain nombre de noms sont sortis du chapeau. D'une certaine façon, j'allais dire, le mal est fait. S'il faut 18 jours pour faire une proposition de candidature à Matignon, combien faudra-t-il de jours pour trouver le ministre de l'Intérieur, le ministre de l'Économie et des Finances, celui des Affaires étrangères, la ministre de la Défense, etc.
Donc, la proposition d'un nom, ça ne perd pas du tout les qualités de Mme Custace, qui doivent être, et qui sont certainement excellentes.
Mais j'allais vous dire qu'il faut mieux voter que jamais. Finalement, le Nouveau Front Populaire a quand même réussi à trouver un nom, à avancer un nom. Ça a été si compliqué que ce matin, la gauche, l'union des gauches, peut peut-être s'en réjouir, en tout cas, son électoral.
Alors, ils peuvent souffler. Là où le président de la République a sans doute un point d'avance, c'est que ce nom sera proposé, et proposé d'ores et déjà à Emmanuel Macron. Rien dans la Constitution, encore une fois, l'oblige à choisir ou à retenir ce nom. Mais s'il prenait le Nouveau Front Populaire au mot, si je puis dire, en disant, mais voilà, je demande à Mme Castès, je la nomme Premier ministre, et je lui demande de me présenter un gouvernement, ce serait certainement reparti pour une autre épreuve olympique qui serait certainement une course de fond.
Et puis, dernière étape, ou si en tous les cas, c'est l'essentiel, si le Nouveau Front Populaire ne s'élargit pas à d'autres composantes de l'Assemblée nationale, puisque je vous rappelle que nous avons 11 groupes, divisées en au moins trois blocs, qui sont parfaitement minoritaires, et qui sont toutes avec des minorités absolues, si je puis dire, eh bien, ce gouvernement tombera à la première motion de censure qui sera déposée.
Et c'est vrai qu'en plus, ce profil, Lucie Castès a été balayée par Emmanuel Macron hier, la question n'est pas d'un nom, la question c'est quelle majorité ? Exactement. Ça veut dire qu'on n'aura de toute façon pas un Premier ministre issu du Nouveau Front Populaire mi-août ?
Le Président a inventé une nouvelle épreuve olympique, si je puis dire, qui serait le quadriathlon, qui est une épreuve olympico-politique, avec d'abord le judo, donc on essaye de se servir de la force de son adversaire, ou de la situation puissante de son adversaire, pour essayer le fiche par terre, l'équitation avec le saut d'obstacle, la course de fond, troisième épreuve, on ne sait pas si c'est un 10 000 mètres ou un marathon, et puis ça se termine quand même par un plongeon qui est quand même un peu dans l'inconnu, parce qu'effectivement, vous avez raison, Grégoire, la situation fait que, c'est clairement annoncé, il n'y aura pas de gouvernement avant la fin des Jeux olympiques, et quand Nathalie Yannetta, votre consœur, elle lui a dit, parce que les Jeux paralympiques sont moins importants, il s'est repris, en disant, oui, on verra à ce moment-là, en tous les cas, la situation n'est pas du tout, du tout, du tout, j'allais dire, éclaircie, c'est le moins qu'on puisse dire, je reprends ce terme de clarification, qui était dans la bouche du chef de l'État, avant la fin des Jeux olympiques, ou paralympiques, et jusqu'à maintenant, donc c'est la trêve qui est déclarée, voilà.
Et il faut comprendre qu'il va tenter, si je puis dire, un gouvernement de coalition, se rapprocher, d'une part, de l'Assemblée nationale, et est-ce qu'il peut, par exemple, je vous pose la question, accepter ce pacte législatif d'urgence, proposé par la droite des Républicains ?
On voit bien que son tropisme, c'est de faire que le baril centre de l'Assemblée nationale, qui est le centre et le centre droit, se traduisent par cette coalition, j'allais dire, mais que M. Wauquiez refuse le terme, parlant plutôt de pacte d'urgence.
L'idée de dissocier au sein de l'opposition, cette fois-ci, NFP, c'est-à-dire Nouveau Front Populaire, d'un côté, LFI, de l'autre, les autres composantes, c'est-à-dire Parti Socialiste, donc il faut rappeler qu'ils ne sont qu'à six sièges à l'Assemblée nationale, de retard par rapport à LFI, les écologistes, qui ont doublé leur nombre de sièges, et les communistes, c'est une idée qui est quand même extrêmement difficile à retenir, car les composants du NFP ont plutôt intérêt à rester, apparemment, je dis bien, groupés, unis, plutôt que de se dissocier.
Merci Jean-Petot d'avoir été avec nous pour analyser la séquence d'instabilité politique actuelle, c'est peu de le dire. Je rappelle que vous êtes politologue, l'intégralité de l'entretien est à réentendre sur rcf.fr.