Vote du budget: l'interview en intégralité d'Olivier Faure
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Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Olivier Faure. Bonjour, vous êtes le premier secrétaire du Parti socialiste, vous êtes vous-même député de Seine-et-Marne et on approche du dénouement, puisque le vote solennel du budget de la Sécurité sociale, c'est demain. Ça passe ou ça casse ?
Ce n'est pas à moi de le dire. On verra. C'est un vote démocratique. Il n'y a plus de 49-3. Il y a eu la volonté du Premier ministre de faire en sorte que le Parlement retrouve pleinement ses droits et son rôle. C'est la première fois depuis 1958 que les députés sont vraiment députés. Cette fois-ci, les décisions que nous prenons, elles nous placent dans une responsabilité que nous n'avons jamais eue auparavant, puisqu'il y avait soit une majorité absolue, soit il y avait le 49-3 qui corrigeait la copie. Cette fois-ci, nous sommes face à nous-mêmes et donc chacun d'entre nous devra prendre sa responsabilité.
Donc vous, vous voulez que ça passe ?
Nous partons d'un projet de budget au départ qui était un projet...
Vous prenez votre souffle. On sent que vous prenez votre élan pour répondre à cette question parce que c'est quand même douloureux.
C'est un moment important. Ça n'est pas tout à fait banal. Il n'y a pas de majorité dans ce Parlement. Et donc il faut que chacun se demande s'il vote pour ou s'il vote contre. Et évidemment, quand nous sommes entrés dans le débat, nous étions absolument contre ce projet de budget. Parce qu'il y avait en fait le gel des pensions de retraite. Il y avait le gel des prestations sociales, les minimas, l'allocation familiale, l'allocation d'île handicapé. Enfin toutes ces allocations qui permettent à des gens de vivre normalement. Il y avait le doublement des franchises médicales. Il y avait une augmentation de la CSG sur les revenus, de tous les revenus.
Il y avait aussi des misères qui étaient faites, notamment aux apprentis, etc.
Tout ça, vous avez réussi à le faire sauter ?
Nous avons réussi à le faire sauter. Il y avait aussi une baisse des crédits pour l'hôpital qui était trop importante. Donc il y a eu là toute une série d'avancées. Et la négociation a permis de faire en sorte que ce projet, cette copie, ne soit plus la même qu'au démarrage. Et aujourd'hui, c'est une copie qui est passable. Et donc c'est la raison pour laquelle, demain, devant mon groupe, je plaiderais le fait que nous votions pour ce projet de loi de financement de la CSG.
Que vous votiez pour ? C'est-à-dire que vous ne vous contenterez pas de vous abstenir ?
Non, parce que je vois bien ce qui se passe à droite. Je vois bien qu'il y a toute une série de gens qui sont devenus des ingénieurs du chaos. Édouard Philippe en tête. Et donc c'est la raison pour laquelle je pense que nous, nous devons, en regard, prendre notre responsabilité, accepter l'idée que, pour la première fois, nous votions pour un projet de loi de financement de la Sécurité sociale parce qu'il est l'objet d'un compromis. Il n'est pas notre projet, mais il n'est pas non plus celui de Sébastien Lecornu. Il est celui que le Parlement a accouché à l'issue de débats qui ont duré déjà un mois et demi.
Ce que vous nous dites ce matin est décisif. Vous voterez pour. Ça veut dire beaucoup de choses. Ça veut dire d'abord qu'aux yeux de ce que l'on a toujours dit de la limite entre opposition et majorité, c'était le budget. Quand on était dans l'opposition, on votait contre un budget. Si vous votez pour, est-ce que vous considérez que désormais, vous faites en quelque sorte partie de cette majorité ?
Bien sûr que non. Ce gouvernement est un gouvernement de droite. Je suis de gauche. Je le reste. Mais ce que je sais aussi, c'est que quand nous sommes devant nos responsabilités sur un sujet qui n'est pas n'importe lequel, qui n'est pas le budget de l'État, qui est le budget de la protection sociale, de la santé, de nos retraites, quand on obtient tout cela, forcément, quand on a réussi une négociation, il faut en assumer aussi le prix. Et je rappelle que nous étions entrés en discussion sur le fait que la réforme des retraites serait suspendue. Elle l'a été. Le Premier ministre s'est engagé. Il s'est montré fiable dans toute la discussion.
Et donc, je souhaite que nous puissions, à notre tour, être fiables et faire en sorte que ce budget soit adopté.
On va essayer de comprendre les conséquences de la déclaration que vous venez de faire. Vous vous êtes donc prononcé pour le vote de ce budget. D'abord, est-ce que votre groupe vous suit ? Est-ce que l'ensemble des députés avec qui vous avez échangé, des députés socialistes, est dans le même état d'esprit que vous ?
Je le pense. Une majorité, peut-être pas l'intégralité. Donc, maintenant, c'est à moi de convaincre et de faire en sorte que demain, tous les votes se joignent aux miens et faire en sorte que nous puissions effectivement donner un budget de la protection sociale aux Françaises et aux Français. Ce serait très grave de ne pas en avoir. Il faut que chacun comprenne qu'il y a deux solutions pour le gouvernement. Soit de procéder par la voie réglementaire et donc, par exemple, d'augmenter les franchises, même de les tripler pour éviter cette dérive des comptes publics qui ferait qu'on arriverait à 30 milliards de déficit à la fin de l'année.
Ce qui aurait une conséquence que chacun doit comprendre, c'est que si nous arrivons à 30 milliards de déficit, tous les prédateurs de la protection sociale qui n'attendent que ça pour pouvoir ensuite expliquer qu'il faut en finir avec notre système de solidarité, ne se gêneront pas pour le faire. Je rappelle que quand, au début des années 80, Ronald Reagan, Margaret Thatcher, qui ont lancé cette révolution néolibérale, l'ont entamée, ils l'ont entamée en faisant d'abord déraper les comptes publics, puis après en expliquant que, regardez, ça ne marche pas. Donc, du coup, il faut tout réformer. Et quand on dit réformer, ça veut dire détruire.
Et puis la deuxième solution, c'est le passage par ordonnance. Le passage par ordonnance, ça veut dire qu'on revient, si on en croit, à la note du secrétaire général du gouvernement qui a été commise il y a un an, ça veut dire revenir au projet initial. Ce serait fou que des gens de gauche, qui se sont battus pendant un mois et demi pour justement enlever ce musée des horreurs, se retrouvent à la fin avec le musée des horreurs, parce que nous aurions choisi de faire tomber ce projet de budget.
On le sait, ce sera à quelques voix près. Donc, les socialistes, dans leur vaste majorité, dites-vous, et vous espérez même emporter l'intégralité des députés socialistes, voteront pour. Qu'en est-il de vos partenaires écologistes ?
Eh bien, nos partenaires écologistes ont une demande ultime et ils ont raison de la poser. Sur le budget de l'hôpital, nous avons gagné un milliard en première lecture. Ils veulent qu'on aille plus loin sur ce qu'on appelle l'ONDAM, l'objectif national des dépenses d'assurance maladie, pour que l'ONDAM hospitalier puisse progresser encore. Et cette démarche est la bonne. Je pense qu'ils ont raison de le faire, parce que nous avons besoin. On le voit bien, partout en France, le cas est exsangue.
Et s'ils l'obtiennent, ils voteront pour ?
C'est à eux qu'il faut poser la question. Moi, je n'ai pas à me prononcer pour eux. On a bien compris.
En tout cas, du côté du gouvernement, ils s'apprêtent, en effet, à rajouter in extremis ce dernier amendement, qui permettrait d'allonger, donc en effet, le budget des hôpitaux. Ils le font, mais en espérant, effectivement, que les écologistes voteront pour. Est-ce que, d'après les échanges que vous avez, à la fois avec Marine Tondelier et le groupe écologiste, vous pensez que c'est possible ?
J'ai beaucoup discuté avec Cyrielle Châtelain, la présidente du groupe écologiste. À ce stade, je ne peux pas vous dire quelle sera leur réponse. Et puis, ce n'est pas à moi de me faire leur porte-parole ou de laisser penser qu'ils dépendraient de mon choix. Ils prendront leurs décisions en toute souveraineté, en toute cohérence aussi. Et j'espère qu'effectivement, ce geste du gouvernement les amènera à faire le bon choix.
– Vous l'espérez, ce sera donc déposé, effectivement, cet amendement qui vise à relever à 3% la progression des dépenses de l'assurance maladie contre 2% initialement prévue. Est-ce que vous n'avez pas peur ?
– Non, 1,6% et pas.
– Au tout départ, oui, mais aujourd'hui, on est à 2. – Oui, aujourd'hui, on est à 2.
– Ce que je veux dire, c'est là aussi que, dans un moment où il n'y a pas de majorité, quand il y a des pas qui sont faits, il faut aussi qu'on en fasse nous-mêmes. Voilà, c'est aussi simple que ça. Si on était dans une situation où il y avait une majorité absolue au Parlement pour un groupe quelconque et que nous étions dans l'opposition, on pourrait se permettre de dire, nous, notre copie, c'est cette copie-là, et donc, comme ce n'est pas notre copie qui est arrivée à maturité, eh bien, on refuse de voter.
Mais dans les conditions dans lesquelles nous sommes, où il n'y a pas de majorité, à chaque fois qu'on prend une décision, on prend le risque d'entraîner, eh bien, tout simplement, la France vers l'abîme.
– Vous le dites ce matin sur RMC et sur BFM TV, Olivier Faure, vous allez le dire à vos députés, vous venez de dire, je vais à moi aussi de les convaincre. Est-ce que vous allez aller rencontrer aussi les députés écologistes pour essayer de les convaincre eux aussi ?
– Bon, on discute dans les travées de l'hémicycle, et depuis des semaines, nous parlons. – Ça suffit ? – On verra, et on va continuer à parler, notamment, je le répète, avec Ciel Châtelain, qui est la présidente du groupe écologiste, mais aussi avec les sensibilités qui sont en son sein, les gens qui viennent de Génération, les gens qui viennent de l'après, ceux qui ont été autrefois insoumis et qui ont décidé de rompre les lignes avec Jean-Luc Mélenchon.
– Vous pensez pouvoir les convaincre ?
– Je ne sais pas, je ne peux pas parler en leur nom. Mais ce que je sais, c'est que notre devoir à nous, c'est aussi de faire en sorte que l'anti-parlementarisme ne gagne pas ce pays. Parce que ce que j'entends, ce week-end, je me baladais dans ma circonscription, et j'entends des gens nous dire, mais vous vous rendez compte, on vous paye, vous les députés, pour trouver un compromis, et vous n'y parvenez pas au bout d'un mois et demi, mais qu'est-ce que vous faites ? À quoi vous servez ? Et donc, moi, je ne veux pas que l'anti-parlementarisme gagne de nouveaux galons. – Mais vous vous rendez compte ? – Ça veut dire que demain, c'est la porte ouverte à l'extrême droite.
– Vous vous rendez compte de ceux qui se jouent ce matin, Olivier Faure ? – Bien sûr, je me rends compte. – Vous dites que vous votez pour, et vous avez de l'autre côté, et ça paraît assez hallucinant, des gens comme Édouard Philippe et le groupe Horizon, qui disent qu'ils ne voteront pas pour ce budget. Vous avez les LR qui hésitent entre voter contre et s'abstenir. Et l'un de leurs arguments, c'est de dire que ce budget est en réalité un budget socialiste. Vous leur donnez raison ce matin ?
– Non, je ne leur donne pas. Bien sûr que non. En fait, ce budget-là n'est pas socialiste. C'est un budget de compromis. Nous avons fait des efforts les uns et les autres pour arriver à trouver un point de passage qui permet de créer un budget d'attente qui sera en réalité le budget que nous tiendrons jusqu'à l'élection présidentielle. Mais si nous avions, nous, été au gouvernement, quand nous aurions fait, nous aurions trouvé des ressources nouvelles. Le problème, c'est que le budget de la santé, il ne peut pas être soumis. En fait, il faut d'abord commencer par se poser la question des besoins. Est-ce qu'on peut demain dire qu'on va, par exemple, moins rembourser ?
Alors qu'on sait qu'il y a des gens qui sont en action longue durée, qui ont besoin d'être soignés de manière continue. On va dire, non, mais écoutez, on a un problème de budget, donc on va arrêter. Non, et donc il faut trouver des recettes nouvelles. Nous n'avons pas réussi à les imposer dans le débat. Et nous souhaitions évidemment faire très différemment.
– Mais Olivier Faure, quand vous avez hier Bruno Retailleau sur BFM TV qui parle de ce texte comme d'un texte qui n'est pas votable, d'un hold-up fiscal, social et démocratique, il dit que nos députés auront le choix de l'abstention ou de voter contre. Et il dit, de Sébastien Lecornu, qu'il s'est mis, je cite, dans les mains des socialistes.
– Non mais Bruno Retailleau pense qu'il va réussir à concurrencer l'extrême droite en étant plus à droite qu'elle. Mais la réalité, c'est qu'il finira par être avalé par l'extrême droite. Et c'est tout ce qui va lui arriver parce que l'ADN des Républicains, ça ne peut pas être dans une course-poursuite, dans une folie furieuse qui le conduit à finalement devenir le supplétif et la copie conforme de Marine Le Pen.
– Et qu'en est-il d'Edouard Philippe ?
– Je regrette de voir Edouard Philippe que tout le monde présentait comme la sagesse incarnée ou presque, qui est devenue un ingénieur du chaos et qui continue sa lente dérive lui aussi avec cette idée folle qu'il vaudrait mieux que tout ça s'arrête dans des conditions qui mettraient en danger notre système de protection sociale.
– Vous, vous faites le choix de la sagesse, pour reprendre votre mot à l'instant ?
– Je fais le choix de la cohérence et le choix aussi du compromis. J'accepte l'idée qu'une négociation, même si elle ne conduit pas à ce que j'obtienne tout ce que je souhaitais, eh bien à un moment, il faut aussi tirer les conclusions de ce qu'on a obtenu. Et donc à un moment, oui, je dis que ce qu'on a arraché, eh bien il faut le préserver et faire en sorte que les Français soient protégés. Parce que le problème, c'est pas, j'entends ce que vous dites sur les cadeaux socialistes, mais c'est pas des cadeaux socialistes, on va rien gagner dans cette affaire.
Ce qu'on va faire gagner par contre aux gens, c'est le fait que par exemple, leur pension de retraite ne soit pas désindexée par rapport à l'inflation, que les gens, que les familles ne soient pas amputées dans leur budget, on est là à la veille de Noël, eh bien on peut dire aux gens, écoutez, l'année prochaine, eh bien votre pouvoir d'achat sera préservé. Avec, enfin si demain, et ce n'était pas le cas, eh bien vous pourriez aller voir toutes celles et ceux qui à LR ou à Horizon ont fait le choix du pire et leur dire, eh bien mon pouvoir d'achat, pourquoi vous avez décidé de le sacrifier ?
Vous défendez les classes moyennes, paraît-il, vous défendez les classes populaires, mais où avez-vous pu imaginer qu'on défendait les classes moyennes et les classes populaires en désindexant leurs pensions, leurs prestations sur l'inflation ?
Depuis le début de cette discussion sur le budget, LFI vous pilonne, littéralement, estimant que vous êtes un traître, en votant pour, vous imaginez bien les critiques qui, dans les minutes qui viennent, vont être exprimées à la fois par Jean-Luc Mélenchon et par les autres.
Ils sont déjà sur leur Twitter en train de se poser la question de savoir ce qu'ils vont pouvoir dire. Mais moi ce que je leur dis, c'est que je suis fasciné par des gens qui disent protéger les retraités notamment. J'ai manifesté avec eux dans la rue contre la réforme borne. Voilà qu'elle est suspendue. Ils ont voté contre la suspension de la réforme des retraites. Rendez-vous compte, ils ont voté contre la suspension de la réforme des retraites. C'est eux les traîtres ? Mais la trahison, elle est là. La trahison, c'est de ne pas défendre les gens jusqu'au bout et de ne pas accepter l'idée que, bien sûr, ce n'est pas l'abrogation.
J'aurais préféré l'abrogation pour pouvoir reformuler une autre réforme des retraites. Parce qu'on ne peut pas dire non plus qu'on ne veut pas de réforme des retraites. Ce serait suicidaire. Donc je veux une autre réforme des retraites. Mais quand il y a quelque chose à prendre, je le prends. Et quand c'est maintenant, c'est maintenant. Et quand on peut faire en sorte que les gens puissent se dire « Bon, voilà, on est soulagé parce que les choses avancent dans le bon sens », eh bien, on prend.
Vous vous êtes complètement émancipé de Jean-Luc Mélenchon, de la France insoumise.
Mais je crois n'avoir jamais été sous la tutelle. J'ai fait le choix d'alliance autrefois avec les insoumis. On ne vous y reprendra plus. Mais ce n'est pas une question de ne nous y reprendra plus. Je ne peux pas prédire ce que sera l'avenir face à l'extrême droite.
Vous ne dites pas ce matin, je ne m'associerai plus jamais à LFI.
Mais je vois bien le parallèle que vous allez faire. Entre d'un côté Nicolas Sarkozy qui explique qu'il n'y a plus jamais de possibilité de faire un front républicain contre l'extrême droite.
Qui dit qu'il ne s'associera plus, je cite, un quelconque front républicain.
Eh bien, je ne fais pas de parallèle entre d'un côté l'extrême droite et de l'autre la gauche radicale. Il y a d'un côté un parti qui, toute son histoire en témoigne, a toujours été du côté des anti-républicains. Ce parti a été fondé par Dex Nazi, Dex Collabo. Et de l'autre côté, un parti dont on peut penser qu'il est dans l'outrance, qu'il est parfois aussi tellement décalé par rapport à ce qu'il faudrait faire, mais qui a une histoire, qui est une histoire avec la République, avec la République sociale. Et donc, je ne fais aucun parallèle entre les deux.
Ça, c'est s'il y avait RN, LFI. On a bien compris, dans ces cas-là, vous n'hésiterez pas une seule seconde, vous voterez LFI.
Ah bien sûr.
Et si c'était entre LFI et la droite, je pense par exemple à Paris, est-ce que vous pourriez à un moment ou à un autre vous dire, on vote Sofia Chikirou plutôt que Rachida Dati ?
Non mais cette question-là ne se posera pas. Sofia Chikirou ne sera pas... Vous n'en savez rien ? Ah bah si, enfin je l'imagine. Je n'imagine pas que les Parisiennes d'un seul coup basculent complètement leur vote. Enfin, on verra, ce moment-là n'est pas arrivé. En tout cas, ce que je vous dis, c'est qu'effectivement, il n'y a pas de parallèle possible entre l'extrême droite et la gauche radicale. Et moi, mon camp, ma famille politique, c'est celle de la gauche. Et les écrits, c'est les électeurs de la France insoumise. Je les connais, je les côtoie, je les rencontre chaque semaine. Et je sais que souvent, ce sont des gens qui sont en colère, qui ont le sentiment qu'on ne les défend pas.
Et c'est la raison pour laquelle, ce matin, je leur dis, eh bien moi, je vous défends. Et c'est la raison pour laquelle, parfois, je fais des choix. Je prends mes risques. Je fais en sorte de ne pas être simplement dans la posture. Parce que c'est trop facile d'être dans la posture et de ne pas défendre les gens jusqu'au bout.
Cette expression, elle vous rapproche de Sébastien Lecornu, puisque ici même, à ce micro, vous aviez raconté qu'il vous avait envoyé ce texto au moment de monter à la tribune en disant, je prends mon risque. Au fond, vous avez pris votre risque ensemble. Avec la décision que vous annoncez ce matin, voté pour ce budget, vous allez peut-être réussir à faire passer ce budget. Si toutefois, il ne passait pas, est-ce qu'à vos yeux, Sébastien Lecornu devrait démissionner ?
Bon, sa décision n'appartient qu'à lui. En fait, je vois qu'il a été celui qui a démissionné une première fois après une première crise dans le socle commun. Donc, j'imagine que c'est certainement ce qu'il ferait. Mais je n'ai pas à me prononcer à sa place. En tout cas, ce que je dis, c'est que la question n'est pas une question politicienne. Ce n'est pas l'action de savoir qui s'en va, qui reste, etc. La question, c'est est-ce qu'à un moment donné, nous sommes suffisamment responsables les uns et les autres pour se dire qu'on ne joue pas avec les retraites, avec la protection sociale, on ne joue pas avec la santé des Français ?
Vous préparez la suite ?
Je prépare toujours une suite.
Oui, vous préparez toujours une suite. Mais on sent bien, c'est une nouvelle position du Parti socialiste comme pivot de la gauche. Vous continuez à appeler à une primaire dans laquelle il y aurait les écolos, la gauche, jusqu'où ? Ça irait jusqu'où ? Edouard Philippe, il pourrait échanger avec vous ? Non, mais lui, il dit pourquoi pas.
Il dit qu'il doit être dans une primaire de la gauche ?
Non, dans une primaire de la gauche, mais il dit qu'on pourrait aller jusqu'à un bout. Si vous, vous votez un budget de Sébastien Lecornu, on se dit qu'au fond, le socle commun du milieu, il est en train de bouger, non ?
Mais on n'est pas en train de créer un socle commun. Il faut qu'on se comprenne bien, ma Pauline de Malhab. En fait, on est chacun dans son camp. Non, lui, il reste de droite et je reste de gauche. Mais à un moment, quand il n'y a pas de majorité, eh bien, il faut que chacun se dise comment est-ce qu'on fait pour que les Français ne soient pas les victimes de nos oppositions. C'est tout. Mais ça ne veut pas dire que nous allons nous retrouver. Je ne suis pas entré au gouvernement de Sébastien Lecornu, ni même dans celui de François Bayrou auparavant, et encore moins celui de Michel Barnier. Mais j'ai accepté l'idée de dialoguer.
Et ce dialogue, il doit être un dialogue sincère, un dialogue loyal, mais un dialogue où on part de points de vue totalement différents. Et nous avons dans ce débat défendu des points de vue très différents. Simplement, à la fin, il faut choisir.
Olivier Faure, merci d'avoir répondu à mes questions. Olivier Faure qui vient donc d'annoncer qu'il voterait pour ce budget. Il est 8h47 sur AMC BFM TV. 1hg, et la fin, leatted' Millionen Wonen Monique d'avoir trouvé un lien d' expande.
Il est 8h47 sur AMC BFM TV. Il est 8h47 sur AMC BFM TV. 1h, il faut choisir un lien d' treats. Au revoir. 5h cette année-là, le份 urgente d'être créé un lien d' Hamburg, c'est pour rien de nouveau.
Olivier Faure