Les termes du débat · "Corse"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:36OuverteRéponse directe
Les termes du débat ce soir : Corse. Pourquoi ce terme nourrit-il le débat public ?
- 1:19OuverteRéponse directe
Quel type d'autonomie pour la Corse, refusée par l'actuel président ?
- 2:11OuverteRéponse directe
Quels termes décrivent les manifestations récentes en Corse ?
- 5:33OuverteRéponse directe
Derrière la revendication d'autonomie, y a-t-il une volonté de traduire un sentiment de particularisme ?
- 7:30FerméeRéponse directe
Qui a évoqué l'autonomie administrative pour la Corse en 1922 ?
- 9:10OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui explique qu'entre 1922 et 2022, l'autonomie n'ait pas été accomplie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:28InvitéFait
« Exaspération, révolte, humiliation et mépris. »
- 4:26InvitéFait
« Y aller avec Chevènement, personnellement j'avais trouvé que c'était une très grosse erreur. »
- 4:49InvitéFait
« J'ai été fouillé par Benalla. »
- 8:02Locuteur non identifiéFait
« Pourquoi les mots vous font-ils peur ? Colonie, colonie, monsieur le Président, nous n'en rougirons pas. »
- 10:36InvitéChiffre
« Les Corses ont été très patriotes. Ils ont fait au-delà de leurs devoirs. Ils ont eu 13 000 morts. »
- 18:16InvitéFait
« La grande fracture, c'est 1975. La grande fracture ce sont les événements d'Aleria. »
- 19:56InvitéFait
« La défaite de Ponténauve paoliste se fait en même temps que la fin de la deuxième guerre mondiale. »
- 34:20InvitéFait
« on est un territoire où il n'y a jamais eu le terme de colonie d'employés où il n'y a jamais eu d'esclavage »
Temps de parole
- Invité40 %
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C'est aux riches et innombrables libations des langues que j'abreuve mon gosier et mon cœur.
Si vous parliez moins, on pourrait peut-être dire des choses concrètes. C'est tout à fait normal que vous réagissiez, vous avez réagi. Le problème, il est de savoir si vous voulez qu'un échange et qu'un dialogue s'établisse, ou si vous préférez que ça soit un petit peu pagailleux.
Avec cette façon de conduire la discussion, c'est pas demain matin que je reviendrai sur la scène. France Culture. Tout le monde a le droit de parler, même ceux qui n'ont rien à dire. Le temps du débat. Ah ben voilà, c'est ça la démocratie. Emmanuel Laurentin. Bonsoir, rentrons ensemble dans le temps du débat spécial du vendredi. Les termes du débat pendant laquelle, une émission pendant laquelle nous nous attachons à un terme qui nourrit aujourd'hui le débat public. A l'ordre du jour ce soir, Corse. Voilà une région de France qui, depuis 1975 au moins, a souvent donné du fil à retordre et parfois des sueurs froides aux ministres de l'Intérieur de la Ve République.
Leurs voyages à Ajaccio sont souvent marqués par des heurts et des cris de manifestants. Celui de Gérald Darmanin n'a pas dérogé à la règle cette semaine, même si la promesse d'avancer rapidement dans la voie de l'autonomie a momentanément calmé les violences postérieures à l'étranglement d'Ivan Colonna dans sa prison d'Arles le 2 mars dernier. Mais quel type d'autonomie pour la Corse quand celle-ci avait été jusqu'alors refusée par l'actuel président de la République ? Et d'où vient d'ailleurs ce désir d'autonomie ? Nous avons choisi d'interroger deux historiennes et historiens sur cette question de la Corse et de l'autonomie. Avec nous, Michel Verger-Frocheski. Bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes historien, professeur des universités émérite, spécialiste de l'histoire maritime française, mais aussi de l'histoire de la Corse. C'est un de vos derniers ouvrages, c'était en 2018, je crois, s'appelait Une histoire de l'identité Corse chez Payot. A distance avec nous, Vanina Profizi. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes agrégée, docteur en histoire, spécialiste en particulier des relations entre les Corses et la colonisation. Et vous êtes secrétaire générale de la revue Études Corse.
Alors dans ces manifestations qui ont émaillé les deux dernières semaines du côté de la Corse, s'il y avait des termes qu'on pourrait aussi, comme des sortes de catalogues de termes que l'on pourrait rajouter aux ces termes de Corse et d'autonomie qui va nous intéresser aujourd'hui, exaspération, révolte, humiliation et mépris. J'ai l'impression, pour vous avoir lu Michel Verger-Frocheski, mais aussi Vanina Profizi, que ces termes en particulier de mépris et d'humiliation sont souvent, ont été souvent au cours de l'histoire, utilisés par les Corses.
Oui, c'est vrai, y compris dans des BD récentes, quand on lit aussi bien Astérix en Corse que l'enquête Corse, on dit toujours, on ne manque pas à un Corse. C'est vrai que le Corse, autrefois il y avait un slogan quand j'avais 18 ans, je suis Corse et j'en suis fier, c'est un slogan qui me plaisait assez, je dois l'avouer, parce que les Corses ont fait énormément de choses dans le monde. C'est ce qu'on peut peut-être regretter un petit peu aujourd'hui, c'est de regarder l'île par le petit bout de la lorgnette, et de ne plus avoir cette vocation d'universalité, qui était celle des Corses depuis pratiquement toujours, et surtout depuis le 16e et depuis le 18e siècle.
Donc c'est dommage d'avoir aujourd'hui des problèmes locaux qui sont très restrictifs, quand on pense que Pascal Paoli brillait dans l'indépendance des Etats-Unis, et qu'on portait des toasts à Pascal Paoli dès 1765 à Boston et Philadelphie, ça serait bien qu'on fasse la même chose aujourd'hui pour certains Corses. Oui, et l'humiliation et le mépris. Et l'humiliation et le mépris, donc si le Corse ne se sent pas reconnu, il le vit comme une vexation, on s'en est encore aperçu aujourd'hui, et c'est vrai que je ne sais pas qui ont été les conseillers d'Emmanuel Macron lorsqu'il est allé à Ajaccio, mais ça ne pouvait pas bien se passer.
Y aller avec chevènement, personnellement j'avais trouvé que c'était une très grosse erreur, parce que quand même il avait nommé le préfet Bonnet qui avait donné des ordres à ses gendarmes de la République de brûler des paillotes en Corse, ce qui n'est quand même pas la mission première d'un préfet. Et puis quand vous écoutez Michel Castellani, que je connais bien, qui est un professeur d'université comme moi, qui est professeur émérite, et qui dit « j'ai été fouillé par Benalla », il est évident publiquement que le Corse à ce moment-là réagit et n'oublie pas.
Et donc c'est très possible que dans quatre générations, les arrières-petits-enfants de mon collègue Michel continuent à dire « notre arrière-grand-père avait été fouillé par Benalla ».
Oui, si on se souvient d'Alexandre Benalla dans quatre générations, ce qui n'est pas tout à fait sûr. Vanilla Profizi sur cette question de ces termes d'humiliation et de mépris qu'on a vu fleurir depuis une quinzaine de jours, depuis la tentative d'assassinat dans sa prison d'Yvan Colonna.
Oui, c'est vrai que c'est un sentiment qui est récurrent. Et en même temps, je trouve qu'il serait dommage de limiter les revendications actuelles à cette approche un peu doloriste.
Non, il ne s'agit pas de limiter, il s'agit de commencer par ça, mais effectivement, on va dérouler d'autres thèmes ensuite. Allez-y, continuez. Je vous ai interrompu.
Non, voilà, c'est simplement pour dire que derrière la revendication d'autonomie, il y a quand même la volonté de traduire sur le plan institutionnel, voire sur le plan politique, un sentiment effectivement ancien de particularisme, de spécificité, qui est certes à mettre en rapport avec les réalités corse, mais qui est aussi à mettre en rapport avec le regard qui est porté depuis longtemps sur la Corse par le continent, par les autorités, et qui entretient d'une certaine façon aussi ce sentiment d'altérité, qu'on songe qu'il n'y a pas énormément de régions ou de départements dans l'ensemble français qui peuvent se targuer d'avoir eu un représentant de la nation, en l'occurrence Clémenceau, en 1871, qui réclame devant le Parlement que la Corse cesse immédiatement et irrévocablement de faire partie de la République française.
Donc il y a ce passif, effectivement, qui fait que cette image d'altérité est quand même entretenue dans les deux sens.
Qui a dit, vous allez sûrement me le dire, Vanille L'Improphysie, qui aurait-il de choquant à conférer à la Corse, dont personne à coup sûr ne songe à faire une colonie, une autonomie administrative aussi complète que possible ?
C'est le président Milran, bien sûr. C'était il y a 100 ans. 1922. Absolument. Mai 1922, visite officielle du président Milran en Corse, qui déclare devant le conseil général à Ajaccio lors d'un discours, effectivement que l'autonomie administrative est potentiellement une solution. Il s'appuie pour se faire sur les travaux du célèbre historien et géographe Henri Auser et finalement verrait bien une forme de décentralisation extrêmement poussée. Et le terme autonomie administrative est employé à ce moment-là.
et pas du tout dans une optique, je dirais, c'est un discours officiel et qui plus est, les archives montrent qu'il a été extrêmement travaillé, extrêmement ciselé, ce discours, comme on peut l'imaginer que les prises de parole récentes de Gérald Darmanin ou présidentielles a fortiori l'ont été également et chaque mot a sans doute été pesé. Or, la solution de l'autonomie est évoquée à ce moment-là.
Et qui lui répond ? Un certain Pierre Bonnardi que personnellement je ne connaissais pas, un écrivain colonial, dites-vous, insulaire, qui lui dit « Mais pourquoi les mots vous font-ils peur ? Colonie, colonie, monsieur le Président, nous n'en rougirons pas puisque aussi bien après avoir été acheté par Gênes, nous avons été annexés à coups de fusil comme le Soudan et comme la NAM ».
Oui. Alors, cet auteur est effectivement proche des milieux régionalistes et il y a une part de bravade en réalité, une part de provocation, d'exagération dans cet appel à la colonisation de la Corse qui vise aussi à rappeler que ce statut particulier qui est revendiqué par la Corse ne saurait à cette époque, on est en pleine guerre du Riff, etc., ne saurait s'assimiler à un alignement de la Corse sur le reste de l'Empire.
Par contre, c'est vrai qu'en termes de politique de développement, dès avant-guerre, dès avant la Première Guerre mondiale, ce discours existe en Corse d'avoir été une espèce de quartiérisme avant l'heure qui consisterait à dire que la Corse est finalement moins bien dotée au sein de la République qu'elle ne pourrait l'être si elle était une colonie développée par cette même République.
Michel Vergier-Francheschi, qu'est-ce qui explique qu'entre 1922 et 2022, donc 100 ans, un discours d'un président de la République, certes de la Troisième République, n'ait pas été suffisamment entendue pour que cette question de l'autonomie qu'il souhaitait il y a 100 ans puisse avoir été accomplie dans les faits ?
C'est très compliqué. Les deux personnages, Clémenceau et Mille Rang, qui ont été cités, étaient des continentaux. Ils ne sont pas corses, ni l'un ni l'autre. Clémenceau en voulait aux Corse parce que nous étions pour Napoléon III. Et il est évident que la guerre de 1870 qui a fait perdre à la France l'Alsace, qui était annexée depuis 1648, et la Lorraine, qui était héritée par Louis XV depuis 1766, était perdue. Et donc il y a eu tout un discours à la Chambre, des roulettes, etc. Monsieur, j'ai perdu deux filles, qui étaient l'Alsace et la Lorraine, vous me donnez 20 esclaves qui étaient les colonies que prenait Jules Ferry à ce moment-là.
Et donc on avait envisagé, comme le disait très bien Vanina à l'instant, de nous échanger. On va donner la Corse à la Prusse pour récupérer l'Alsace et la Lorraine. Ça a été prévu après la guerre de 70. Alors, on s'est très bien battus entre 1870 et puis 1922 pendant la guerre de 14-18. Et les Corses ont été très patriotes. Ils ont fait au-delà de leurs devoirs. Ils ont eu 13 000 morts. J'ai fait un bouquin là-dessus d'ailleurs parce que j'ai eu pas mal de gens de ma propre famille qui sont morts pour la France entre 14 et 18 et qui sont morts aussi d'ailleurs en 40.
Et donc il y avait ce patriotisme et les jeunes Corses, ma génération, moi je viens d'avoir 70 ans, je peux presque dire, pas qu'on a vécu la guerre de 14, mais on a connu tous les anciens combattants de 14-18. Moi, mon grand-père avait 23 ans en 14. Je l'ai conservé heureusement jusqu'à l'âge de 90 ans. J'avais 30 ans. Et ces gens-là, ils étaient patriotes, ils étaient pro-français. Mais ils se trouvaient quand même à la traîne par rapport au reste du continent. Moi, quand j'avais 20 ans dans les années 70,
il n'y avait pas l'offreur
que dans les villages. Vous alliez à Roliane, vous alliez à Centur, vous mettiez deux heures en voiture pour faire Bastia, le Cap Corse. Les routes étaient dans un état épouvantable. Et ces grands vieillards, et on comprend très bien Edmond Simeoni à cette époque-là et le mouvement qu'il avait lancé en 1975, on disait, on paye des impôts, on a fait quand même un sacrifice considérable en 14-18 et nous n'avons rien. Quand j'amenais ma mère chez le dentiste à partir de Roliane jusqu'à Bastia, j'avais trois heures d'aller-retour. Si je croisais le quart de la Poste qui était le quart de Saladine, il fallait faire marche arrière parce qu'on ne pouvait pas se croiser sur une route.
Et donc, un mécontentement est né. Les revues comme Études Corse, dont on parle Vanina qui en est la secrétaire générale, n'existaient pas. Il n'y avait pratiquement pas de bouquin sur la Corse. On avait quelques revues comme le bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse. Il y avait un retard et une sorte de mépris, justement. Il n'y avait pas d'université.
Pourtant, il y avait eu une université dans les années au 18e siècle, dans les années 1760.
Erreur monumentale de Louis XV. Je préfère dire Louis XV que la France parce que quand on dit les Français ont envahi, etc., ce sont les troupes royales, c'est-à-dire une dynastie dont les Français eux-mêmes ne voulaient plus. Donc, quand on dit la France, on a l'impression qu'on crée une opposition entre la France et la Corse. Quand on dit les troupes royales, moi, ça ne me gêne pas du tout. Les petits-enfants de Louis XV, un a été guillotiné, l'autre a été chassé en 1830 et donc, les Corses, finalement, étaient dans le rejet de Louis XV comme les Français.
Oui, alors donc, il y avait peu d'infrastructures et cela, effectivement, faisait, quand on vous lit Vanina Prophyzie, faisait une sorte de concurrence au sein du personnel politique corse puisque certains, vous nous l'avez dit à l'instant même, pensaient, par exemple, que les colonies étaient mieux dotées que la Corse elle-même.
Ce qui était étrange, c'est que les Corses ont participé comme personnes, pourrait-on dire, ou presque en France, à la colonisation en tant que fonctionnaires, qu'il y avait une sorte de tension, pourrait-on dire, entre les Corses qui étaient restés en Corse et ceux qui avaient participé à l'aventure coloniale et qui les traitaient assez mal, visiblement, quand ils revenaient dans les villages, il y avait une sorte de superbe de ceux qui avaient participé à l'aventure coloniale par rapport à ceux qui étaient là, ce qui trouble un peu la question, justement, du rapport de la Corse à l'État et même à l'Empire.
Oui, les Corses, finalement, s'estimaient moins bien traitées que les colonies, en tout cas, le déclaraient, précisément parce que beaucoup d'entre eux pouvaient avoir eu une expérience tout à fait directe du mode de développement qui était proposé dans les colonies et avaient, finalement, le sentiment lorsqu'ils fréquentaient au moins les grandes métropoles coloniales, d'une modernité qui était beaucoup plus affirmée qu'au niveau des structures, de l'urbanisme, etc., de la culture, qui était beaucoup plus affirmée que leur expérience dans l'île. Et par conséquent, effectivement, le décalage se créait sans néanmoins pousser à l'extrême cet éventuel sentiment de s'estimer colonisé.
Je veux dire par là que la rhétorique de la colonisation est volontiers maniée par les nationalistes contemporains, mais précisément aussi parce que les Corses de la période coloniale avaient cette expérience directe de l'Empire, ils étaient sans doute encore plus à même de constater la différence fondamentale qui sépare la situation corse de la situation coloniale et qui est le fait que depuis, j'allais dire, depuis la Révolution française, à quelque chose près, la situation administrative de la Corse est alignée sur celle de la métropole et il n'y a pas deux catégories d'individus en Corse. Tous les Corses sont citoyens français depuis 1789. Et ça, c'est quand même la grande différence.
Oui, en revanche, les régionalistes, parce qu'il n'y avait peut-être pas encore de nationalistes dans les années 1920-1930 pendant l'entre-deux-guerres, reprochaient une colonisation à rebours, dites-vous, dans vos travaux, Vanina Provisi, c'est d'ailleurs qu'en fait, au bout du compte, ils disaient que le départ de ces Corses vers l'Empire faisait revenir des valeurs qui ne correspondaient pas à la terre corse, semblait-il dire, et à l'enracinement que souhaitaient les régionalistes corse dans ces années 1920-1930.
Oui, parce que la colonisation est précisément un des modes d'entrée privilégiés de la Corse dans la modernité. Et qu'effectivement, le retour de ces coloniaux amène avec lui tout un tas de pratiques qui peuvent être ressenties effectivement comme acculturatrices quelque part. C'est par ce biais-là, parmi d'autres, évidemment, mais il est particulièrement marqué en Corse que cette acculturation nationale se produit.
Et le paradoxe est quand même que ce régionalisme, cette revendication particulariste, elle se produit, elle commence à apparaître au tournant du 19e, au passage du 19e au 20e siècle, à un moment où précisément la situation de la Corse dans l'ensemble national semble au contraire se normaliser et où la Corse semble trouver, notamment par la voie de la colonisation, mais ce n'est pas la seule, sa place dans l'ensemble français.
Or, c'est précisément à ce moment-là qu'apparaît une revendication particulariste, régionaliste, qui s'inscrit à cette époque-là plutôt dans un régionalisme culturel, proche du Félibridge, par exemple, et qui évoluera dans l'entre-deux-guerres, après la Première Guerre mondiale, qui évoluera ensuite vers un séparatisme en lien avec l'irrédentisme que prône à l'époque l'Italie fasciste et qui se trouvera de ce fait totalement délégitimée après la Première Guerre mondiale. Ce qui renaît de revendications dans les années 50 n'a pas grand-chose à voir avec ce premier régionalisme connu dans le premier XXe siècle.
Michel Verger-Ferrancheschi, comment expliquer ce que dit très bien Vanina Prophysi dans son travail, c'est-à-dire que la question de la colonisation, les Corses ne se sentent pas colonisées dans ces années 20 et 30 et comment expliquer que ce terme de Corse colonisée par la France soit revenu en partie à partir des années 70 ou 80 du XXe siècle et au moment justement des événements d'Aleria et de la suite des groupes armés qui combattaient justement pour le FLNC par exemple.
La grande fracture c'est 1975. La grande fracture ce sont les événements d'Aleria et moi j'étais en Corse j'avais 23 ans cette année-là je venais d'avoir mon CAPES depuis quelques semaines et la première chose que j'ai vue chez les voisins c'est sortir les bustes de Pascal Paoli dès le soir d'Aleria ils les ont posés sur des troncs d'arbres coupés dans leur jardin et Pont-et-Nouve est réapparu.
Pont-et-Nouve il faut expliquer à nos auditeurs qui ne seraient pas Corse justement l'importance de cette date historique qui est une bataille qui a perdu Pascal Paoli
c'est une bataille qui a été perdue alors on généralise c'est ça un petit peu le problème aujourd'hui vis-à-vis de l'enseignement et vis-à-vis de la jeunesse en gros on va dire les Corses ont été battus par les Français et il est évident qu'à ce moment-là on peut entraîner des émeutes en disant ces sales français nous ont écrasés etc.
moi je préfère toujours faire très attention non pas pour polémiquer mais pour employer des termes exacts c'est-à-dire je ne dis pas les Corses ont été battus je dis les paolistes ont été battus puisqu'il y avait 120 000 habitants en 1769 en Corse c'est-à-dire 30 000 hommes 30 000 femmes 60 000 enfants et Pascal Paoli quand les anglais sont venus en 1765 66 67 68 soit sur la carreau soit à Corté pour lui dire vous disposez de combien de bons hommes il a répondu 30 000 qui était la population masculine à Ponténauve il y en a 2000 c'est-à-dire 7% des hommes donc je dis les paolistes ont été battus et je ne dis pas par les français je dis par les troupes royales de Louis XV c'était le 8 mai 1769 voilà le 8 mai ce qui fait qu'à l'heure actuelle la défaite de Ponténauve paoliste se fait en même temps que la fin de la deuxième guerre mondiale
vous écoutez le temps du débat l'émission spéciale du vendredi les termes du débat le terme d'aujourd'hui est le terme de Corse nous en discutons avec deux historiens et historiennes justement de la Corse Michel Verger Franceschi et Vanina Profizi
pour certains le projet de décentralisation très poussé pour la Corse est peut-être un premier pas vers la sécession que pensez-vous de cette affirmation ? je pense au contraire
qu'un projet de décentralisation suffisamment poussé tenant compte de l'originalité de la Corse du caractère particulier de la Corse doit permettre de consolider l'unité nationale car quand ceux qui revendiquent l'autonomie ou la dépendance constateront que dans le cadre de la République française ils ont obtenu la possibilité de s'exprimer de se faire entendre de faire enseigner la langue corse de respecter les traditions corse alors je suis convaincu que les causes de discorde ayant disparu au contraire la Concorde reviendra et l'unité nationale sera consolidée
France Culture les termes du débat Emmanuel Laurentin c'était un enregistrement à la télévision retrouvé sur le site de l'INA par Chloé Cambrelin de Gaston Defer ministre de l'Intérieur et celui de la décentralisation le 6 août 1980 qu'est-ce qu'on dit là ? on dit le projet de décentralisation poussée devrait pousser vers l'unité nationale et non pas vers la division c'est étrange qu'un ministre comme Defer ait pu le dire en 1981 et qu'il est fallu entendre à nouveau cette question de l'autonomie en 2022 Michel Vergé-Franches
tout à fait tout dépend de ce que l'on a fait pendant 40 ans et pendant 40 ans bon il y a eu des erreurs mais c'est comme dans les divorces il y a toujours des erreurs chez chacun des deux conjoints et il n'y a pas un seul responsable dans une dispute donc il y a eu des erreurs je citais celle de la visite donc du président de la république qui a été mal agencée lorsqu'il est allé à Ajaccio mal conseillée c'est toujours dommage d'aller préparer l'avenir c'était très bien mais de transporter le passé moi j'aurais s'il fallait rendre un hommage légitime au préfet Rignac dans cette tragédie c'était dommage de faire les deux choses en même temps il fallait faire deux visites une visite d'hommage et puis après une sur le passé une sur l'avenir cette habitude d'ailleurs de célébrer ou de commémorer c'est quelque chose qui ne peut que raviver des plaies je ne dis pas qu'il faut oublier mais on n'a jamais célébré les 20 ans ou les 30 ans de l'assassinat d'Henri III d'Henri IV même de Sadi Carnot président de la république donc c'est dans les périodes où il n'y a rien à faire il n'y a pas de grand idéal que l'on propose à la jeunesse que l'on revient sans arrêt sur le passé et malheureusement ce qui vient de se passer aujourd'hui rappelle encore plus et a débouché sur le malheureux incident où la république est en train de céder parce qu'elle se sent je dis la république et pas l'état français parce que j'ai horreur de cette expression c'était la jeunesse de mes parents qui en ont souffert c'était l'époque du maréchal Pétain et donc Edmond Simeoni donc Gilles Simeone il fait toujours très attention de dire l'état et je lui en sais gré et ne pas dire l'état français ce qui est une erreur et c'est une erreur historique donc on est dans un problème récurrent et tout dépend pendant ces 40 ans ce que l'on enseigne à nos jeunes il est évident que si on essaye de dresser la jeunesse contre la France alors que moi j'ai plein d'étudiants corses à Sciences Po en particulier qui sont particulièrement brillants ils sont tout à fait intégrés et tout à fait et pas du tout rebelles
alors il y a toujours dans cet entretien que donnait à la télévision française Gaston Deferre cette question qui est récurrente la question de l'enseignement de la langue corse Vanina Prophysi ça fait partie effectivement des revendications très régulières et de la sauvegarde pourrait-on dire d'une identité qui est en train de dépérir ou qui pourrait dépérir si cette langue n'était pas enseignée il y a aussi cette notion de peuple corse qui revient souvent aussi à la fois comme une revendication et comme une nécessité d'être à l'intérieur pourquoi pas d'un peuple plus large qui serait le peuple français mais à l'intérieur il pourrait y avoir plusieurs peuples y compris le peuple corse comment expliquer justement cette façon dont reviennent ces termes de façon très très régulière comme des totems qui sont absolument indispensables pour pouvoir reconnaître justement cette autonomie de la corse dont nous parlons
c'est intéressant de poser cette question justement à partir du projet de décentralisation de fer puisque Gaston Deferre c'est aussi on s'en souvient le ministre de la loi cadre de fer de 56 qui prévoyait justement des formes d'autonomie des anciennes colonies transformées en république autonome au sein de la communauté française
et d'ailleurs quand on l'entend en 1981 on se souvient de cela parce qu'il parle à peu près comme il parlait dans les années 50 c'est assez étrange d'ailleurs
absolument et c'est assez révélateur je trouve de ce en quoi je vois je pense un des éléments clés de la difficulté qu'il semble parfois y avoir à comprendre depuis le continent les questions corse c'est le fait que la question corse a été inscrite bien souvent dans un champ de représentation dans un champ de signifiants qui est erroné d'une certaine façon je veux dire par là que la république n'arrive pas à voir la situation de la corse autrement que sous l'angle d'un régionalisme par lequel enfin auquel plutôt on pourrait répondre par une décentralisation poussée comme le dit Defer par notamment des mesures de développement ou en tout cas des mesures compensatoires qui permettraient de répondre effectivement à des revendications qui sont par ailleurs tout à fait réelles sur un décalage de développement mais encore ce même cette même situation est présentée de façon très différente par le mouvement nationaliste qui a aujourd'hui une certaine audience et qui présente les choses beaucoup plus comme un processus de construction nationale qui a été interrompu de manière prématurée dans les circonstances que rappelait très justement le professeur Verger-Francheski au XVIIIe siècle et avec lequel la Corse aurait en quelque sorte renoué au XXe siècle on est quand même sur deux discours qui sont qui sont en partie incompatibles
oui Michel Verger-Francheski
alors la première question au sujet du peuple je dirais que la monarchie sans être monarchiste je suis très républicain mais qui a duré mille ans a duré mille ans avec beaucoup d'intelligence lorsque Louis XIV parle aux français pendant par exemple la guerre de succession d'Espagne par la voix des curés en chair il s'adresse toujours y compris dans ses textes à l'écrit à ses peuples et c'est vrai qu'un protestant un juif alsacien ressemble peut-être assez peu à un breton ultra catholique donc la notion de peuple corse est tout à fait exacte moi je défends tout à fait le terme de peuple corse
vous rappelez que Rousseau que Voltaire l'ont utilisé et je défends
la notion de peuple breton de peuple basque de peuple alsacien puisque la France est une mosaïque on a acheté Dunkerque en 1662 aux anglais alors qu'on n'a jamais acheté comme ça a été cité tout à l'heure la Corse à Gênes en 1768 c'est faux la Corse est française depuis le 30 novembre 1789 suite à un décret qui a été pris par l'Assemblée nationale à la demande des députés corses des états généraux qui sont arrivés après l'ouverture évidemment et même après la fermeture des états généraux pour des raisons d'éloignement et donc la Corse demandait le rattachement en novembre 1789 de la Corse à la monarchie française mais le 14 juillet était déjà passé par là et donc l'Assemblée a voté le rattachement de l'île de Corse à l'imperium français en prenant un mot latin c'est-à-dire au territoire français et donc le peuple Corse existe comme existent tous les autres peuples qui forment cette mosaïque qui s'est créée en un millénaire à peu près surtout les 5 derniers siècles la deuxième chose c'est la langue dont vous parliez et la langue évidemment elle est très belle Sénèque en parle Diodore de Sicile Strabon tout le monde dit qu'il n'y a pas une langue aussi belle pour la contradiction en particulier ce qui finalement est assez vrai encore aujourd'hui et cette langue elle a déjà changé de statut ça c'est un vrai statut parce qu'à l'époque de mes arrières-grands-parents que j'ai connus vous vous rendez compte j'ai connu mes arrières-grands-mères nées en 1868 sous Napoléon III et donc on disait le jargon on disait la langue des bergers on disait le patois comme on disait le patois véronné etc et elle n'avait pas vraiment le statut de langue parce qu'elle n'était pas vraiment écrite elle était surtout une langue orale parlée parlée par le peuple comme on le disait à l'époque héritier d'un tiers état qui n'a jamais vraiment existé en Corse mais les élites elles parlaient le toscan ou le génois et donc la langue est arrivée vraiment là aussi après 1975 avec la volonté d'enseigner des langues que l'on a appelées périphériques comme le basque comme le catalan etc et donc ça c'est une nécessité mais je dis toujours qu'une langue ne se décide pas dans une assemblée on dit la langue de Molière on dit pas la langue de Louis XIV ce sont les écrivains qui font la langue on dit la langue de Shakespeare et non pas la langue d'Elisabeth Ière Tudor et s'ils veulent parler corse les jeunes corses ils doivent eux le parler et le problème il est là c'est que le nombre de locuteurs est quand même très limité et ce qu'il faut espérer c'est effectivement que dans la rue on reparle le corse comme c'était le cas du temps de mes grands-parents
est-ce que l'autonomie sur laquelle pour laquelle je conseille la lecture du très beau livre qui vient tout juste de sortir de Wanda Master chez Albiana qui est en fait le projet qu'elle a rendu en tant que constitutionnaliste à Gilles Simeoni c'était au mois d'octobre dernier je crois qui s'intitule vers l'autonomie pour une évolution institutionnelle de la Corse est-ce que cette autonomie comme le craignent les hommes et les femmes politiques qui ont réagi et en particulier les candidats à la présidentielle qui ont réagi à la venue de Gérald Dormanin qui disent l'autonomie ne va pas remplir le frigo des courses c'est Fabien Roussel ou la Corse a besoin de la république française dit Sébastien Chenu la Corse doit rester française dit Marine Le Pen elle aussi du rassemblement national est-ce que cette autonomie la crainte non pas des Corses eux-mêmes mais des gens au gouvernement quel qu'il soit ce gouvernement c'est la marche vers l'indépendance Vanina Prophyzy
si on suit Vanda Mastor que j'ai également lu avec beaucoup d'intérêt et d'attention pas forcément puisque l'autonomie stricto sensu c'est le fait effectivement de pouvoir disposer d'un pouvoir législatif qui serait distinct de celui qui est exercé au niveau national mais en restant dans le cadre de la république et avec un contrôle de constitutionnalité qui continuerait à inscrire ces lois corse ou adaptées au contexte corse dans le contexte de la constitution française française donc à mon sens pour répondre à votre question non il n'y a pas à voir dans l'autonomie un premier pas forcé vers l'indépendance et j'aurais plutôt tendance à dire au contraire qu'il s'agit là de deux projets qui sont radicalement différents néanmoins il est vrai que puisque vous parliez d'Allen Corse c'est une des revendications mais il y en a d'autres qui pourraient apparaître comme presque symboliques de ce que j'évoquais tout à l'heure c'est à dire ce processus de nation building de construction nationale qui s'appuie sur un certain nombre de symboles et auquel la jeunesse est authentiquement attachée même si effectivement sa réappropriation de la langue par exemple est variable il y a un attachement réel et on peut craindre qu'il y ait un décalage en quelque sorte entre cette exaltation autour d'un certain nombre de symboles et la réalité de ce qu'est l'autonomie qui est un processus finalement beaucoup plus pragmatique beaucoup plus une certaine peut-être platitude institutionnelle de la solution de l'autonomie dont on peut se demander si elle suffira à répondre à cette exaltation par ailleurs il faut bien le dire savamment entretenue par les nationalistes les plus radicaux de la jeunesse autour de choses beaucoup plus symboliques
Michel Vergé-Francis vous êtes peut-être moins sûr que Vanilla Prophysique ça n'est pas à la marge vers l'indépendance
lorsqu'on demandait à Einstein croyez-vous en Dieu il répondait dites-moi qui est Dieu je vous dirai si j'y crois et donc pour l'autonomie c'est à peu près pareil dites-moi ce qu'est l'autonomie je vous dirai si je suis pour ou si je suis con
parce qu'effectivement le terme est vaste vague parfois et peut-être rempli par tout un tas de
on peut y mettre absolument tout ce que l'on veut moi ce que je voudrais parce qu'il est beaucoup question au sujet des articles de la constitution 73-74 de nous mettre comme la Polynésie bon alors j'aime bien la Polynésie j'aime bien les Tahitiennes etc.
d'accord mais on a parlé Vanina le disait avec raison du particularisme tout à l'heure et donc si on a un article dans la constitution je voudrais que la Corse soit mentionnée seule dans cet article non pas parce que je ne veux pas être confondu avec la Polynésie ou ailleurs mais l'histoire de la Corse mérite quand même autre chose que des territoires qu'il ne faut absolument pas mépriser ce n'est pas du tout ce que je veux dire mais on est un territoire où il n'y a jamais eu le terme de colonie d'employés où il n'y a jamais eu d'esclavage on peut s'honorer d'avoir jamais eu de traite des Noirs on n'est pas la Martinique la Guadeloupe on n'offrait pas nos filles nos femmes et nos soeurs aux voyageurs comme le faisaient les Polynésiens à Tahiti lorsque Bougainville débarquait je ne pense pas que mes arrières-grands-mères auraient été contentes et que les femmes d'aujourd'hui je ne suis pas sûr
que les Polynésiennes n'auraient été contentes non plus
non plus et donc on est avec des mœurs on est avec une tradition on est avec tout un passé quand vous êtes sur Paris et que vous voyez l'Arc de Triomphe gravé dans la pierre le général Chervon de Sauver et à côté de Corté le général Frances qui est donc de Bastia quand vous allez au puce et que vous empruntez le boulevard d'Ornano XVIe siècle quand vous allez à Bordeaux j'en parlais cet été avec Jean-Guy Talamone le gisant du maréchal d'Ornano se trouve à Bordeaux depuis 1610 parce qu'il était maire de Bordeaux sous Henri IV le passé de la Corse le fait que le deuxième personnage de l'humanité soit Napoléon après le Christ qui est le plus cité mérite à mon avis que l'on ait un article particulier
oui c'est une des questions et d'ailleurs je crois qu'on a Mastor dans son travail sur l'autonomie n'est pas non plus tout à fait d'accord avec l'idée que ça soit le même statut que la Polynésie française pour cette Corse autonome à un moment ou un autre ça pourrait venir rapidement dit le ministre de l'Intérieur Gérald Narmanin ça dépendra évidemment des élections présidentielles qu'est-ce que vous en pensez justement de cela de ce statut particulier vous-même Vanina Prophysi pour être à la fois historienne mais aussi secrétaire générale de la revue Études Corse
ce n'est pas la première fois dans l'histoire de la Corse que ce statut particulier est évoqué je reprendrai ce sujet tout à l'heure pour l'instant il n'y a rien de très concret de très précis absolument qui soit proposé c'est un peu flou comme le disait le professeur Vergé-Franches il faudrait déjà attendre de voir ce que chacun met dans l'autonomie moi ce que je crains quelque part c'est effectivement qu'il y ait un vrai décalage entre les aspirations qui sont exprimées par la rue et par cette jeunesse qui est dans le romantisme de la lutte
et de la construction nationale
et de la construction nationale mais qui s'est vu transmettre aussi tout un héritage d'une manière qui est assez inquiétant non déconstruit d'héroïsation des militants emprisonnés oui il y a un côté je disais il se trouve que le lycée dans lequel j'enseigne est bloqué depuis quelques jours par les jeunes manifestants et nous l'observions avec mon collègue de lettres récemment et il me disait il y a quelque chose de Fabrice à Waterloo chez ces jeunes il y a effectivement des formes de revendications et des idéaux qui semblent presque en décalage parfois avec le siècle dans lequel nous vivons alors est-ce que l'autonomie suffira à leur répondre on peut avoir des doutes
merci beaucoup à vous Vanilla Profizi pour votre lecture justement de cette question corse aujourd'hui et merci à vous également Michel Berger Franceschi je rappelle qu'une histoire de l'identité corse est publiée chez Payot vous venez de sortir un surcouf aussi et on pourra lire aussi de Wanda Master son projet justement vers l'autonomie pour une évolution institutionnelle de la Corse c'est aux éditions Albiana merci beaucoup à Renny Bay Juliette Mouelic Mathias Meji Fanny Richer et Chloé Cambrelin qui ont préparé cette émission à la technique Audrey Guélil à la réalisation Thomas Jost France Culture l'esprit d'ouverture
bonjour je suis Grégory Philips et tous les soirs dans Guerre en Ukraine le podcast quotidien je vous propose un point sur la situation en Ukraine grâce aux envoyés spéciaux de Radio France 10 minutes pour raconter cette guerre depuis le terrain un podcast de la rédaction internationale pour France Culture à retrouver sur l'application Radio France
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