Nicolas Dupont-Aignan - "Ukraine : Donald Trump remet la raison au cœur des États-Unis"
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L'invité politique ce matin, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France. Bonjour. Bonjour Patrick Roger. La suspension de l'aide américaine à l'Ukraine, les déchirements dans la classe politique, l'Algérie, quelques-unes des questions que nous allons aborder. Et puis vous, de savoir ce que vous devenez en politique, Nicolas Dupont-Aignan. Vous allez... Parce que vous n'êtes plus député aujourd'hui. Eh non, je ne suis plus député. Alors qu'est-ce que vous faites ? Eh bien je suis président de Debout la France et je prépare la suite. Vous préparez la suite ? Vous verrez. L'âme présidentielle ? On verra. Non, vous allez me dire ça dans un instant.
Vous n'êtes pas venu ici sans me dire les choses. Évidemment, vous le savez, c'est parlant vrai le second. Commençons donc, Nicolas Dupont-Aignan, par ce coup de pression de Trump sur Zelensky avec cette suspension de l'aide militaire qui intervient après le clash de la semaine dernière dans le bureau de la Maison Oval. Quelle interprétation vous y voyez, vous, Nicolas Dupont-Aignan ?
D'abord, j'en tire une leçon.
Oui.
C'est que la défense d'un pays est par soi-même. Et c'est le plus bel hommage posthume au général de Gaulle qui a donné à la France la force de dissuasion nucléaire. Et voilà pourquoi il ne faut pas la partager. C'est notre assurance vie. C'est-à-dire qu'un pays libre, c'est un pays qui assure sa défense. Librement et seul. Et quand je vois que le président de la République veut la brader, ça m'indigne. Mais on en parlera après. Non, non. Sur Trump. Sur Trump. La forme est détestable. Mais sur le fond, j'estime qu'il a raison. Pourquoi ? Parce que cette guerre est une boucherie. Parce que cette guerre peut être arrêtée. Elle aurait pu être arrêtée dès le premier jour.
Elle aurait pu être évitée si on avait eu des dirigeants raisonnables.
Or... Bah oui, mais Poutine a envahi l'Ukraine. Non, mais Poutine n'aurait pas envahi... En huit jours, il voulait aller jusqu'à Kiev et prendre l'Ukraine. Le problème de fond de ce débat...
Donc, personne ne parle. C'est une erreur d'analyse de départ. L'Ukraine, si je peux avoir 10 secondes... L'Ukraine a été russe pendant 4 siècles. L'Est de l'Ukraine et la quasi... Kiev, c'est le berceau de la Russie. En 1991, indépendance ukrainienne.
A l'époque, Jacques Chirac, dès qu'il a été président de la République, a proposé la neutralité de l'Ukraine pour considérer que si on voulait stabiliser l'Europe, il ne fallait pas que la Russie se sente menacée par des missiles américains en Ukraine, qu'il fallait que l'OTAN s'arrête à l'Union Européenne, la Pologne, etc., qu'on avait suffisamment avancé après la chute de Berlin, et que la paix en Europe dépendrait de cette capacité à avoir une Ukraine neutre, non militarisée. Qu'est-ce qui s'est passé après ? Après la révolution de Maïden en 2014, les Américains ont voulu avancer, les néo-conservateurs américains, pour déstabiliser la Russie.
Ils ont mis des bases, 12 bases de la CIA, ils ont avancé, ils ont surarmé l'Ukraine, et ils ont attaqué aussi le Donbass, les populations russes. Face à ça, il y a eu des accords de Minsk. Les accords de Minsk n'ont été respectés, ni par les Russes, ni par les Ukrainiens. François Hollande l'a avoué, quand ils disaient, on s'en fichait. Donc ce que je veux dire, et c'est très important pour nos compatriotes, c'est que la vérité, c'est pas d'un côté qu'il y a eu le russe, l'agresseur, et le gentil ukrainien de l'autre, la vérité que c'est, c'est une guerre civile tragique, au cœur de l'Europe, qu'on aurait pu éviter...
Si, parce que ce sont des populations slaves qui ont vécu ensemble pendant 400 ans, ça a la tragédie d'une guerre civile. C'est terrible, attendez, si je peux finir, c'est mon explication. Et si on avait su désamorcer cette guerre, Poutine n'aurait pas attaqué, parce que Poutine demande des garanties de neutralité de l'Ukraine depuis le départ. Et les Américains et les Européens de l'OTAN, ce que j'appelle les excités, ont voulu pousser à la guerre en permanence. Poutine a commis la faute et de l'agression que j'ai condamnée. Donc pour moi, les torts sont partagés.
Et l'intérêt de Trump, c'est qu'il met fin à cette politique américaine folle qui consistait à vouloir toujours armer plus loin l'OTAN vers la Russie et à une confrontation avec la Russie. On a la chance, on a la chance historique.
Je vous ai laissé, évidemment, expliquer votre vision des choses. Mais ces vissons-là... Non mais, alors, votre vision des choses. Sauf que la réalité est un peu différente, quand même. Il y avait un peuple ukrainien qui était tourné vers l'Europe, qui voulait aussi vivre un peu comme l'Europe. Et pas comme la vie, en fait, en Russie, où vous savez qu'évidemment, on est sous une forme de dictature, quand même, en Russie. Et c'est pas une dictature, l'Ukraine, aujourd'hui ? Il a supprimé les élections ? C'est le régime le plus corrompu du monde ? Vous préférez, en fait, la Russie à l'Ukraine ? Non, non. C'est ce que vous êtes quasiment en train de dire, Nicolas Dupont-Aignan.
Je refuse d'être entraîné dans ce choix. C'est une guerre entre deux pays.
Mais à un moment, il faut faire des choix.
Non, mais alors, ça veut dire... Attendez, soyons clairs. Ça veut dire que la France participe à toutes les guerres du monde. Il y a un conflit dramatique en Israël entre les Palestiniens et les Israéliens. Est-ce qu'on intervient ? Il y a des conflits dans le monde entier. Est-ce qu'on intervient ? Ce que je veux dire, c'est que nos dirigeants européens, et notamment Emmanuel Macron, on mente matin, midi et soir, à l'égard des Français... Et vous croyez que Vladimir Poutine lui ne ment pas ? Vous faites confiance à Vladimir Poutine ? Mais non, mais est-ce que je peux ? Je ne fais confiance ni à Poutine, ni à Zelensky, ni même à Trump. Je ne fais confiance qu'à la France.
Ce que je veux dire, c'est que ce conflit a été instrumentalisé par Emmanuel Macron et certains dirigeants européens pour faire peur. Non, mais on aurait pu éviter ce conflit. Et ce que je dis... Oui, mais avec les six Nicolas Dupont-Aignan,
nous sommes aujourd'hui en 2020. Non, mais c'est bien. Mais depuis cinq minutes, vous refaites un peu l'histoire. Non, je ne refais pas l'histoire. Est-ce que je peux vous dire une chose ?
Oui, oui, allez-y, bien sûr. C'est un fait. Il y a eu une paix signée deux mois après le début de la guerre, à Istanbul.
En Ukraine, ça n'a pas été complètement signé. À Istanbul, vous avez raison, en Turquie. Il y a eu une paix signée.
Attendez, non, mais il faut dire la vérité aux Français, puisqu'on a un immense mensonge aujourd'hui dans le pays. Il y a eu une paix signée deux mois après, entre Russes et Ukrainiens. Elle a été signée. Elle était en cours. Zelensky n'était pas effectivement en cours. Elle était signée. Elle était signée. Et qu'est-ce qu'ont refusé les Américains de l'époque ? La chance qu'on a, parce que tout est inversé aujourd'hui. La guerre, c'est le bien. La paix, c'est le mal. La chance qu'on a, c'est d'avoir un président américain, Trump, qui veut la paix. Si Trump voulait la guerre, envoyait des bombes nucléaires sur la Russie, mais qu'est-ce qu'on entendrait ?
On a la chance d'avoir Trump qui revient à la raison, qui remet la raison au cœur des États-Unis, en disant une paix est possible. On va négocier la paix. On va arrêter cette guerre folle qui nuit à l'Occident tout entier, qui nuit à l'Europe, qui ruine nos économies. Si le prix du gaz de tous les Français est trois fois plus cher, c'est à cause de cette guerre. On a la chance de pouvoir faire une paix. Et on a nos dirigeants européens qui continuent à hurler à la guerre, sans d'ailleurs se donner les moyens de la faire. – Donc moi, je considère… – Ils sont en train de revoir le réarmement. – Mais attendez, ça ne veut rien dire. Le réarmement, excusez-moi.
– Nicolas Dupont-Aignan, la guerre, ce n'est pas des armes. – Est-ce que vous pouvez répondre quand même à un moment donné à mes questions quand même ? – Patrick Roger, Patrick Roger. – Parce que c'est bien,
mais si vous faites un déroulé, ce n'est plus une interview. – Non, mais Patrick Roger, la guerre, ce n'est pas des armements, ce n'est pas des... – Nicolas Dupont-Aignan, s'il vous plaît, en fait, à un moment donné, c'est une interview. – Je vous en prie. – Vous n'êtes pas à la tribune, en fait, pour une conférence que vous ferez, évidemment. – Je vous en prie. – Et je comprends très bien. Mais est-ce que donc vous faites confiance dans Donald Trump et ses méthodes qui sont plutôt brutales, alors ? C'est ce que vous dites ce matin.
– Je dis que Donald Trump, dans la forme, je n'aime pas cette méthode, parce qu'il aurait dû faire ça pas devant les télévisions. Mais je pense qu'aujourd'hui, Zelensky est en train d'entraîner son peuple dans un chaos total. Je pense qu'il faut absolument trouver un accord de paix, qu'il est possible. Et je pense que c'est la chance de l'Europe, au contraire. Et je voudrais dire que j'entends les dirigeants dire la guerre, la guerre, l'armement. Mais la guerre, ce n'est pas des armements, ce sont des êtres humains. Est-ce qu'on va envoyer les jeunes Français de 18 ans mourir au Donbass ?
Pour le Donbass. – Ce n'est pas ce qui est prévu. Ce n'est pas du tout, en fait, ce qui est annoncé. Il n'y a pas de groupe militaire. – Il n'y a pas de milieu. – Mais non, mais Patrick Roger... – Il pourrait y avoir des troupes, ensuite pour faire respecter la paix. – Mais ça, c'est autre chose.
Si dans le cadre d'un mandat de l'ONU, moi, je ne cherche pas à ce que la Russie prenne l'Ukraine, attention. Je dis que Trump a raison de dire si on ne fait pas la paix maintenant, on va laisser pourrir ce conflit. Tous les Ukrainiens y passeront. Nous aurons au cœur de l'Europe la pire boucherie du monde, avec le risque d'une escalade nucléaire. Et je remarque que les dirigeants européens veulent armer, mais ne veulent pas envoyer nos jeunes mourir au Donbass, parce qu'ils savent très bien que cette guerre est absurde. Et moi, je vous le dis, une paix est possible. On s'est bien réconciliés avec les Allemands.
Pourquoi les Russes et les Ukrainiens qui ont vécu ensemble 4 siècles dans le même pays ne seraient pas capables de s'entendre ? – Ça va être difficile.
Mais ça, ça prend du temps. – Mais est-ce qu'on ne doit pas chercher ça ? – Dans l'immédiat, cette suspension de l'aide militaire, tout de même, de Donald Trump à Zelensky, est-ce que ce n'est pas un peu dangereux pour l'Ukraine ? Et le peuple civil ukrainien ?
– Mais c'est le seul moyen d'arrêter la guerre et de conduire, de russes continuent. Mais ça va obliger Zelensky à se mettre à la table des négociations. Ça va obliger tout le monde à s'arrêter et à trouver un accord. Vous savez, il y a une contradiction énorme chez les Européens. – Ça ne doit pas favoriser Poutine ? – Mais Poutine a besoin de la paix aussi. – Est-ce que vous croyez que Poutine est si fort que ça ? Il a mis trois ans, parce qu'on nous dit que Poutine va envahir la Pologne. Un tissu de fantasme.
– Quand vous êtes voisin d'un pays qui est attaqué, vous pouvez vous poser des questions. Vous pouvez comprendre Donald Tusk, le polonais quand même,
qui peut avoir des craintes. – Je le comprends, mais je regarde la réalité par les fantasmes. Si Poutine avait gagné l'Ukraine en 15 jours, même avec la résistance héroïque des Ukrainiens et l'aide française, européenne, américaine, là je m'inquiéterais. Poutine a mis trois ans pour gagner 20% de l'Ukraine avec des pertes considérables. L'économie russe est affaiblie. C'est un suicide collectif de la Russie, de l'Ukraine, de l'Europe. Est-ce qu'on continue comme ça ? Ou est-ce qu'on cherche une voie de paix ? Moi je cherche une voie de paix. Je l'ai proposé dès 2022. Simplement parce qu'il faut être cohérent dans la vie.
Moi je pense qu'il faut mieux armer la France, dissuasion nucléaire, renforcer notre défense pour la France. Les Allemands, les Polonais ne doivent plus être les passagers clandestins de la défense américaine. Ils doivent s'armer. Il faut bien évidemment avoir un discours de fermeté à Poutine. Et tout le monde le sait, la disproportion des forces entre celles de l'OTAN, Pologne, Roumanie, et la Russie fait qu'il ne peut pas attaquer l'OTAN. Il y a une disproportion telle. Et il faut faire de l'Ukraine ce qui aurait dû être fait il y a 20 ans, une zone neutre, démilitarisée, parce que c'est une zone... Est-ce que selon vous,
Nicolas Dupont-Aignan, est-ce que selon vous ça se fera avec Zelensky ? Je n'en sais rien, c'est le choix des Ukrainiens. Parce qu'on a l'impression que là, il y a un conseiller sécurité de Trump qui a mis la pression. Nous avons besoin d'un dirigeant qui peut traiter avec nous et traiter avec les Russes. À un moment, ils mettent fin à cette guerre. Il faudrait des élections. Vous vous êtes derrière Zelensky ou pas ?
Mais je ne suis derrière personne. Je suis français. Je ne vois qu'une chose. L'intérêt des Français. Et je dis que l'intérêt des Français, sur le plan économique, sur le plan financier, parce qu'on est quand même un pays ruiné, en faillite, qui dit qu'il va dépenser des dizaines de milliards, on ne sait pas où il va les trouver. Je dis qu'en termes géopolitiques, le vrai danger, c'est la Chine, et pas du tout la Russie. Je dis que l'alliance fondamentale entre la Russie, l'Allemagne, la France, l'Italie, et l'assurance-vie pour le XXIe siècle face aux États-Unis et la Chine. Et je dis qu'il faut arrêter d'envoyer les gens faire tuer.
Oui. Alors, vous venez d'évoquer le réarmement et l'effort financier qu'il faut faire. Vous êtes favorable, justement, à cet effort budgétaire-là, peu importe le prix ? Non. Non.
Non. Non, je dis qu'il faut défendre... J'ai toujours voulu qu'on atteigne 2,5% du PIB. Oui, vous le disiez.
Tout à fait. 2,5%. En 2022, vous le disiez. Oui. 2,5% du PIB. Donc j'étais en avance. Là, on est à 2%.
Exactement. Mais je dis que l'effort de défense doit être proportionné et intelligent. C'est-à-dire qu'on a la chance en France, parce que de Gaulle a eu du génie de résister aux Américains. On a la chance en France d'avoir une force de dissuasion qui permet, pour un coup modique, par rapport à ce qu'on devrait avoir si on n'avait pas de dissuasion, d'avoir la dissuasion du faible aux forces. C'est-à-dire que si on touche à 1 cm² de la France, c'est la bombe nucléaire sur celui qui nous attaque. C'est la dissuasion. C'est pour ça que l'Iran veut la bombe. C'est pour ça qu'Israël a la bombe. C'est pour ça que tous les pays qui veulent se défendre veulent la bombe atomique.
Nous faisons partie d'un club très restreint qui nous assure notre autonomie. Pourquoi ? On n'a pas besoin de dépenser 5% du PIB. On n'a pas besoin de se ruiner. On a besoin de défendre les intérêts vitaux de la France. C'est la France. Les autres pays doivent se défendre par eux-mêmes.
Nicolas Dupont-Aignan, dans ce cadre-là, avec ce qui se passe d'un côté, la Russie, la guerre en Ukraine, et puis de l'autre, Donald Trump, qui menace quand même l'Europe, par des mots, en disant des sanctions, des droits de douane, etc. Est-ce que l'Europe doit se réunir beaucoup plus et être plus forte ? Vous qui êtes anti-fédéraliste européen.
Le fédéralisme européen, on l'a vu, ne marche pas, puisque ça fait 30 ans qu'on nous dit qu'on se réunit, on se réunit, et ils nous ont désarmer. Ça veut bien dire que, il y a eu un très bon édito dans le Figaro ce matin, ça veut dire que seuls les États-nations peuvent se défendre. En revanche... Enfin, seuls, on a un peu de mal. Seuls, on a un peu de mal. Attendez. En revanche, on doit coopérer entre nous. Plutôt que de raconter n'importe quoi sur le fantasme de l'agression russe en Pologne, nos dirigeants européens devraient se réunir là et dire, on met des droits de douane de 25% si Trump nous en met. Oui. La coopération, oui.
Mais pour coopérer, Patrick Roger, il faut déjà être fort en nous-mêmes. Si la France n'est pas forte en elle-même, si elle n'a pas des finances assainies, si elle n'a pas la sécurité... Parce que c'est extraordinaire, Emmanuel Macron veut envoyer des soldats en Ukraine, mais les narcotrafiquants tiennent nos cités.
Donc, moi, j'aimerais peut-être qu'on s'occupe déjà de la France, les narcotrafiquants qu'on les mette dehors, j'aimerais qu'on assure la sécurité de la France, j'aimerais qu'on assainisse notre budget, j'aimerais qu'on entretienne notre force de dissuasion, qu'on ne l'abarate pas à nos voisins, qui ne l'ont pas payée, et j'aimerais que la France se défende, qu'elle coopère avec les autres, bien sûr... Mais sur l'aspect européen, justement, de la dissuasion nucléaire,
quelle est votre position ? Mais ça n'a aucun sens.
Ça n'a aucun sens ? Mais ça veut dire que... Comment on fait pour appuyer sur le bouton ? C'est une forme de para-appui. Non, mais comment on fait pour appuyer ? On ne sort encore maître du bouton. Mais la dissuasion nucléaire, c'est quoi ? Oui. C'est qu'on appuie sur un bouton, si on attaque notre pays, parce qu'en appuyant sur le bouton, on va détruire le pays adverse, par exemple la Russie, on va tuer 50 millions de personnes, mais on sait qu'en échange, on va nous retuer 50 millions de Français. D'accord ? Vous croyez qu'on va appuyer sur le bouton pour un autre pays ? On appuie, c'était toute la stratégie de De Gaulle, la dissuasion nucléaire ne vaut que pour sa propre sécurité.
Israël a toujours dit la même chose. La dissuasion nucléaire ne marche que si vous êtes crédible, et la crédibilité, elle vient, si vous êtes capable d'appuyer sur le bouton vite, et si vous appuyez sur le bouton uniquement si vous êtes attaqué. Donc la dissuasion nucléaire ne marche pas pour l'Europe, elle marche pour la France. Celui qui appuie sur le bouton l'appuie pour lui, pas pour les autres.
– Oui, bon, mais il peut y avoir un partage
si on a une coopération. – Mais qui va décider, Mme van der Leyen ? Ils vont se réunir à 25 ? Aucun du même avis ? Mais ce n'est pas réaliste. On ferait mieux d'avoir des coopérations d'armement, on ferait mieux d'avoir des droits de douane commun, on ferait mieux de relocaliser des usines. Mais ce qui est curieux, moi je regarde ce qui a marché, ce qui n'a pas marché.
– C'est peut-être ce qui va se faire sur la relocalisation d'usines. – Mais écoutez, ça fait 20 ans qu'on nous en parle. Ils en ont été incapables.
– Ce n'est pas à 27, Patrick Roger. Ce n'est pas à 27, ça marchera. C'est deux ou trois pays qui coopèrent comme Airbus, comme Ariane. – Avec l'Allemagne, l'Allemagne, l'Italie.
– Vous avez vu, les Anglais sont revenus un petit peu dans le jeu, en tout cas sur la défense.
– Ça prouve bien que le Brexit, on nous a dit que c'était la catastrophe, ça n'empêche en rien les coopérations. Ce que je crois, moi je regarde ce qui a marché, ce qui n'a pas marché. Qu'est-ce qui a marché depuis 30 ans ? Airbus, 4 pays, Ariane, la fusée, 4 pays, hors Union européenne. Ce qui marche, ce sont des coopérations d'État. – Mais quand vous entendez Donald Tusk,
le polonais, Donald Tusk, il dit tout de même, nous sommes 500 millions d'Européens, on demande l'aide de 340 millions d'Américains pour faire face à 140 millions de Russes. – Ça veut dire qu'on est quand même plus puissants ? – Oui, mais si chacun des pays,
je suis désolé, chacun des pays fait son propre effort et ensuite coopère entre eux de manière claire. Si l'Allemagne n'avait pas... Pourquoi l'Allemagne est forte économiquement, à votre avis ? – Oui, elle souffre aujourd'hui, vous avez vu. – Non, non, avant, oui, elle a cassé l'alliance avec la Russie. – Non, pas que, pas que, mais oui. – Quand on paye son gaz trois fois plus cher pour son industrie, on fait faillite. Qu'est-ce qui se passe ? C'est que la France a dépensé beaucoup d'argent pour sa dissuasion nucléaire. Pendant 50 ans, l'Allemagne ne dépensait zéro. Eh bien, il est temps que l'Allemagne assure sa sécurité et on travaillera avec elle sur des bases d'égalité.
– Mais bon, c'était une obligation aussi. – Ce n'est pas aux Français de payer la dissuasion allemande.
– Dites-moi, Nicolas Dupont-Aignan, l'Algérie, il y a deux lignes du pouvoir actuellement. Emmanuel Macron qui désavoue, vous avez vu, François Bayrou et Bruno Retailleau qui veulent complètement revoir les accords de 68. Votre position, vous ? – Très simple, il faut dénoncer les accords de 68,
il faut se faire respecter. – Oui. – Attendez, l'Algérie n'applique plus le droit international qui consiste à reprendre ses ressortissants quand ils sont expulsés de France. C'est l'application du droit. L'Algérie piétine le droit. Est-ce qu'à un moment, on dit aux Algériens, clairement, au président algérien, que maintenant ça suffit, la France est un pays qui se fait respecter, donc on dénonce l'accord de 68, on supprime les visas pour les dignitaires qui viennent se soigner gratuitement à l'hôpital français, et on supprime l'aide au développement à l'égard de l'Algérie. Et puis à un moment, on va discuter. – Et on sera respecté.
– Donc vous êtes sur la ligne de François Bayrou et Bruno Rotagio. – Mais on voit que cette ligne… – Non mais le problème de fond, c'est pas d'être sur la ligne de Bayrou. – Non. – C'est qu'on voit que c'est Macron qui décide toujours. Voilà pourquoi je crois pas du tout à cet état.
– Sur la politique étrangère, il dit « c'est moi qui décide ». – Et bien c'est pour ça qu'il faut qu'il parle. – Bon, voilà, écoutez, il y aura des élections. – Moi je suis cohérent. – À propos d'élections, justement, de 2027, puisque Emmanuel Macron, a priori, ne sera pas candidat. – C'est notre chance pour la France. – Est-ce que vous allez de nouveau être candidat ?
– Je pense qu'il faudra un candidat souverainiste, indépendantiste. Je pense qu'il faut un électrochoc démocratique, puisqu'on n'est plus vraiment en démocratie dans notre pays. Il y a eu deux élections, il n'y a eu aucune leçon. On est dans un marécage parlementaire. Et je pense qu'il faut un candidat indépendantiste pour mettre fin à cette Union européenne telle qu'elle est et reconstruire la seule Europe qui peut marcher, qui est celle, on en parlait, des coopérations. Alors vous en saurez plus. – Samedi, je fais un meeting, j'annoncerai certaines choses. Mais je pense que ça manque, vous verrez. – Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas envie de dire.
– Non mais attendez, si vous faites un meeting, ce n'est pas pour dire qu'il fait un petit peu meilleur en France. – On peut faire un meeting pour présenter un projet. – Non mais en tout cas, ce que je peux vous dire. – Non mais ce que je peux vous dire. – Pourquoi vous êtes candidat ? – Mais j'ai pas dit que j'étais candidat. – Mais si, vous allez être candidat. – Pourquoi vous êtes candidat plutôt que de faire alliance avec Marine Le Pen ou avec d'autres ? – Vous êtes terrible.
– Ce dont je suis convaincu, c'est que s'il n'y a pas un candidat indépendantiste, on verra qui ce sera, qui dit clairement aux Français, la plupart des dirigeants politiques vous mentent en faisant croire qu'on peut réduire l'insécurité, l'immigration, favoriser le développement économique, la justice sociale sans toucher à l'Union Européenne qui aujourd'hui est en train de nous emmener vers la guerre et de nous tuer à petit feu, je pense qu'il mente.
Donc moi je regarde le paysage, je vais voir, on verra ce qui se passe, mais je suis convaincu qu'il faut qu'il y ait le maximum de Français qui appuient un candidat souverainiste pour que les autres candidats, par un rapport de force, évoluent.
– C'est pour ça que vous voulez y aller. – On verra, je vais pas annoncer aujourd'hui ce que je déciderai samedi. – Non mais vous l'avez décidé, vous l'avez en tête. – Non, vous n'en savez rien.
– Ce que j'ai en tête, c'est que s'il n'y a pas un aiguillon souverainiste et quelqu'un qui rassemble le maximum de Français pour dire « Maintenant, la France ne peut plus se laisser marcher sur les pieds » par Mme van der Leyen et ses commissaires qui ne sont pas élus, qui sont en train de détruire l'Europe, je me dis qu'il faut bien qu'il y ait quelqu'un qui y aille.
On verra qui le moment venu. – Oui, un mot, on a appris le décès, je crois qu'on me le confirme, de Jean-Louis Debré ce matin. – Je suis très triste. – Oui. – C'était un vrai gaulliste.
Oh, je suis très triste. Voilà. – Jean-Louis Debré, donc, il est décédé ce matin.
– Un grand patriote. – Merci donc Nicolas Dupont-Aignan, qui sera sans doute candidat à la présidentielle. – Mais vous n'en savez rien. – Vous avez esquissé ce portrait qui est le vôtre pour... – C'est où votre meeting ? – A hier, dans ma ville. – A hier, dans votre ville. – Dans les sols, pas dans le bar. Il y a plusieurs hier. – Merci. – Allez, merci à vous. – Allez, nous poursuivons. Vous voulez réagir à l'interview de Nicolas Dupont-Aignan, là. Est-ce que vous êtes d'accord ou pas d'accord avec lui ? 0826 300 300, vous avez la parole. Dans un instant, Radio Libre, évidemment, la vérité en face.
Et tout à l'heure, à 9h15, 9h30, je vais recevoir Laurent Permas, qui a écrit « Manifeste pour la liberté de vieillir chez soi ». C'est un sujet, en fait, capital, dont on parle peu, et pourtant, c'est quand même essentiel pour notre société.
Nicolas Dupont-Aignan