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interviewC à vous· 9 septembre 2025 9 min

Gouvernement : un compromis est possible pour Yaël Braun-Pivet

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Yaël Braun-Pivet

Les Français nous en veulent beaucoup. Regardez les sondages, ils veulent quoi ? La destitution, la démission, la dissolution. Ils veulent renverser la table. Mais parce qu'on n'est pas à la hauteur, il faut le dire. Donc moi, je le reconnais, je me dis collectivement, c'est le moment du sursaut. Et moi, à l'Assemblée nationale, c'est ce que j'essaye de faire et j'espère qu'on y arrivera.

0:19
Présentateur

Là, il s'agit de trouver un budget et il y a eu des propositions de la gauche. On a eu à votre place Jean-François Copé qui parlait au nom de la droite et qui disait qu'il ne pouvait pas du tout être d'accord et faire des compromis avec la gauche parce que c'était le grand écart idéologique.

0:32
Yaël Braun-Pivet

Vous savez, un compromis, ça coûte. Autrement, ce n'est pas un compromis. Donc un compromis, ça doit coûter à tout le monde. Ça devra coûter à la gauche, ça devra coûter au LR, ça devra coûter au socle de la majorité présidentielle. Il faut que chacun fasse un effort. Mais je crois que le jeu en vaut la chandelle. Je crois que ça vaut le coup. Notre pays vaut le coup. La stabilité, ça vaut le coup. Et donc, il faut faire le maximum d'efforts pour se faire.

C'est ce que j'essaye de faire à mon niveau en tant que président de l'Assemblée nationale, à l'Assemblée nationale, en essayant de maintenir tout le temps le dialogue avec l'ensemble des présidents de groupe et en essayant de trouver des chemins. Peut-être qu'on n'y arrivera pas, mais en tout cas, je crois qu'on serait impardonnable de ne pas essayer.

1:11
Invité

Si on vous écoute, il y a le bon de pivet, il faut commencer d'abord par négocier, trouver un compromis, une coalition, et puis nommer un Premier ministre qui le mettra en musique. Donc à nouveau, si Emmanuel Macron ne suit pas cette méthode, il fait tout à l'envers. Et les mêmes causes produiront les mêmes effets ?

1:27
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, je ne le sais pas, mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on doit mettre sur pied cette coalition et qu'on s'assure de sa stabilité. Donc évidemment, il ne faut pas qu'une fois que le Premier ministre sera nommé, on soit dans des revendications et des lignes rouges. Et tout ça, on n'y arrivera pas. Donc effectivement, si on pouvait se mettre d'accord avant cette nomination sur une base commune de travail, ça ne veut pas dire qu'on est d'accord après sur le fond des sujets. Mais au moins se dire, voilà, l'accès aux soins, etc., c'est des sujets d'intérêt commun qu'on pourrait travailler ensemble. Écoutez, je crois qu'on y gagnerait beaucoup.

2:02
Invité

Ce matin, chez nos confrères d'ARTL, vous avez dit ne pas être candidate pour le poste, mais être disponible pour œuvrer dans l'intérêt du pays. Une déclaration qui a suscité immédiatement cette réaction de Sébastien Cheny du Rassemblement National sur le confrère de BFM TV. Je ne comprends pas ces minauderies. Éventuellement, si on m'appelle, à ma place, j'irai rendre service. Elle a envie. Pourquoi elle ne dit pas ? J'ai envie d'être Premier ministre, j'ai une ambition, j'ai une méthode, j'ai une idée, j'ai un projet. À un moment, pourquoi tourner toujours autour du pot ? Ces gens manquent vraiment toujours de sincérité. Les Français, ils le rendent compte. Il y a le brande-pivet.

Envie de devenir Premier ministre, elle ose à peine le dire. La deuxième chose, c'est pour la censura. Si elle mène la politique d'Emmanuel Macron, elle sera censurée. Pourquoi ne pas le dire franchement, dit Sébastien Cheny ?

2:45
Yaël Braun-Pivet

Mais parce que ce n'est pas mon mode de fonctionnement. Moi, je ne cherche pas une place. Vous savez, moi, je suis présidente de l'Assemblée Nationale aujourd'hui. Je pourrais très bien dire, je reste dans mon confort de l'Assemblée et je regarde les choses se passer. Ce n'est pas mon genre. Donc moi, je veux faire le maximum, que ce soit à l'Assemblée Nationale ou ailleurs. Ça m'importe peu, en fait. Franchement, la place m'importe peu. Ça, vous l'avez dit au président de la République, vous l'avez rencontré hier. Il le sait. Vous êtes prête à éventuellement répondre favorablement ? N'oubliez jamais que je ne suis pas une professionnelle de la politique. Moi, ça ne fait que 8 ans.

Je suis une citoyenne. J'ai décidé de m'engager pour mon pays, pour être utile à mes compatriotes. Et c'est ça qui m'importe et rien que ça. La place, je m'en fous. Et donc, aujourd'hui, je suis présidente de l'Assemblée Nationale et c'est une place qui me convient très bien. Il se trouve que je mène un dialogue constructif avec beaucoup et que je suis respectée en tant que présidente par tous les groupes, que ce soit de la majorité ou de l'opposition. Si je peux être utile à ma place ou ailleurs, je le serai. Il n'y a que ça qui m'intéresse.

3:43
Invité

Est-ce qu'on peut dire que vous pourriez parler plus facilement au Parti Socialiste que M. Lecornu qui vient de LR ?

3:51
Yaël Braun-Pivet

C'est à vous de le dire éventuellement. C'est à eux de le dire. Moi, je ne le dis pas. Vous en êtes consciente. Mais on peut additionner aussi nos talents et nos compétences. Donc, en fait, vraiment, après, c'est le président de la République qui choisira la meilleure personne. Mais je crois vraiment que ce qui est fondamental, c'est ça. Se mettre d'accord sur le fond, assurer la stabilité jusqu'en 2027 et avoir un budget de responsabilité. Et c'est ça, l'objectif qu'on doit poursuivre à tout prix.

4:16
Invité

Est-ce que Mme Macron, vous avez déjà proposé le poste dans le passé ? Jamais. Jamais ? Jamais. Et comment a-t-il réagi ? Ce qui n'est pas une proposition de service, en tout cas, au fait que vous fassiez valoir, que vous seriez prête à être utile.

4:30
Yaël Braun-Pivet

Mais en fait, déjà, on est tous les deux en tête à tête. Donc, je ne révèle pas nos conversations en tête à tête. Mais en tout cas, je pense que c'était important qu'ils sachent que c'était une voie possible. C'est une voie parmi d'autres. Il fallait qu'ils le sachent parce que je sais que beaucoup se sont dit, mais en fait, elle est dingue. Elle est présidente de l'Assemblée nationale parce que je vous rappelle que moi, je suis inamovible. Et donc, voilà, on pourrait se dire, et beaucoup se sont dit, mais en fait, elle est très bien sur son perchoir et elle va y rester. Ce n'est pas mon genre. Ce n'est pas mon truc.

Moi, j'essaye de faire en sorte d'être la plus sincère possible, contrairement à ce que dit M. Chenu, et surtout, d'être la plus utile possible. Je me suis engagée pour ça. Qui t'apprend le risque de quitter un poste inamovible pour un siège éjectable. Ça m'est égal parce que je crois profondément que dans la situation où nous sommes, où nous n'avons plus de gouvernement, où deux gouvernements sont tombés en neuf mois, ce qui ne s'était pas produit depuis 62 ans. Donc, on est dans une situation qui appelle chacun à la responsabilité.

Et donc, moi, je prends les miennes et c'est important, je crois, en ce moment, d'avoir des responsables politiques qui parlent vrai, qui sont sincères et qui disent simplement, moi, je ne suis pas intéressée par les postes.

5:43
Invité

Je suis intéressée par ce que je peux faire. Sébastien Legorlu, non plus, n'est pas candidat. Mais il semble tenir la corde. Ce serait un bon profil. Je reprends la question de Patrick.

5:52
Yaël Braun-Pivet

Je pense qu'à partir du moment où c'est le choix du président de la République, c'est un bon profil. Moi, je n'ai pas à me prononcer là-dessus. Mais j'ai toujours très bien travaillé avec Sébastien. On se connaît depuis que je fais de la politique, donc depuis 8 ans. Donc, voilà. Moi, ce qui m'importe, c'est d'être utile. Et je sais que je le suis à la présidence de l'Assemblée nationale. Si le président de la République pense que je peux être utile ailleurs, j'irai. Mais en tout cas, aujourd'hui, j'ai le sentiment d'être utile. Vous voyez, en réunissant les 11 présidents de groupe aujourd'hui, j'ai le sentiment d'avoir été utile dans la séquence. C'est ça qui est important pour moi.

Et d'assurer la stabilité de nos institutions. Comme vous le savez, avec le président du Sénat, nous sommes dans une entente extrêmement fructueuse. et qui nous permettent de stabiliser les institutions dans des moments où ça tangue. Donc, voilà. Je ne suis demandeuse de rien. Et à nouveau, je ne suis pas ici pour faire campagne, puisque c'était prévu de longue date. On m'a dit, il faut que tu annules, parce qu'on va croire que. On ne croit rien. Je suis cash. Et je pense que c'est ça qui attendent les Français aussi.

6:52
Invité

Vous avez évoqué donc cette réunion de travail avec les présidents de groupe. Il ne peut pas y avoir stricto sensu de travail législatif. Plusieurs projets et propositions de loi en cours d'examen avant l'été vont devoir encore attendre. J'en cite deux, par exemple. Le texte sur la simplification de la vie économique et celui sur la fin de vie que le Sénat devait examiner à partir du 7 octobre. Vous espérez qu'ils seront tous remis ensuite dans l'ordre du jour ou ils devront attendre encore très longtemps ?

7:20
Yaël Braun-Pivet

Il y en a certains qui pourraient être mis à l'ordre du jour. Et rapidement, je pense qu'effectivement, le texte sur la fin de vie, comme vous le savez, j'y suis particulièrement attachée. Donc j'espère qu'on ne reperdra pas six mois ou un an dans l'examen de ce texte, parce que ça voudra dire que ça sera foutu pour cette législature. Donc moi, je crois qu'on peut tenir le calendrier qui avait été prévu avec François Bayrou et qui nous amenait à un vote de ce texte pour l'été 2026. En tout cas, moi, je suis convaincue qu'on peut tenir ce délai. Après, vous savez, c'est rigolo. Je ne sais pas si c'est rigolo. Mais à l'été, je souhaitais ardemment une session extraordinaire en juillet.

Je faisais partie des rares qui la voulaient. Et on me disait « Mais pourquoi tu veux une session extraordinaire ? » Je disais « Oh là là, je ne sais pas ce qui va se passer à la rentrée. » Je préfère qu'on engrange les textes qu'on a déjà travaillés. J'avais insisté pour qu'on passe le statut de l'élu, qu'on passe Mayotte, etc. Malheureusement, j'ai eu gain de cause sur un certain nombre de textes, pas sur tous. Après, il y a un texte qui était en préparation sur le droit des femmes, une grande loi cadre. Je pense que c'est un texte qui est important et qui est attendu par les associations et qui pourrait être très consensuel. Il y a un texte sur la fraude, fraude sociale, fraude fiscale.

Vous savez, tous les profiteurs, où qu'ils soient, je pense qu'il faut les traquer. Et donc, ce texte était également important. Il y a une réforme des collectivités territoriales, un espèce d'éclaircissement des compétences qui permettrait de faire 6 à 7 milliards d'économies. C'est le rapport de Boris Ravignon par an. 6 à 7 milliards par an. Je pense qu'il faut l'attaquer rapidement et je plaidais pour ceci aussi avant l'été. Vous voyez, il y a plein de choses qu'on pourrait faire. Moi, je ne fais pas partie de ceux qui pensent que tout est foutu, qu'on ne pourra rien faire et qu'après le budget, il y a les municipales, puis la présidentielle et qu'on est dans ces séquences-là.

J'entends le RN qui dit dissolution, j'entends l'FI qui dit destitution. Moi, je dis au milieu, nous travaillons ensemble. Voilà, c'est une autre... J'entends le RN qui dit qu'on est dans ces séquences-là.

9:10
Locuteur

J'entends le RN qui dit qu'on est dans ces séquences-là.