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interviewyoutube.com· 9 octobre 2019 24 min

Marine LE PEN : ZEMMOUR, immigration, JEAN-MARIE LE PEN | BV - L'entretien

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Marine Le Pen, merci de nous accorder cet entretien. Nous vous en sommes d'autant plus reconnaissants que vous en accordez finalement assez peu actuellement. On vous voit rarement dans les médias et pourtant vous y êtes extrêmement présente puisque votre nom est sur toutes les lèvres et en général vous faire remarquer que l'actualité vous déroule un tapis rouge. Alors je voulais vous demander, première question, est-ce que le drame de ces derniers jours à la préfecture de police de Paris, vous le redoutiez ?

0:24
Marine Le Pen

Oui bien sûr, on le redoutait et je peux même dire que nous l'avions anticipé. Pour une raison très simple d'ailleurs, c'est que les méthodes des terroristes consistent évidemment à essayer de s'infiltrer au cœur de l'État dans les structures les plus sensibles de l'État, c'est-à-dire la police, l'armée, éventuellement les structures nucléaires pour pouvoir y faire le plus de mal possible, le plus de mal en nombre de morts, le plus de mal aussi sur le plan psychologique.

Donc tout cela a été prévisible, tout cela a été d'autant plus prévisible que beaucoup de policiers nous alertèrent en nous disant que les conditions de sécurité, des critères de recrutement ou des critères permettant d'accorder à tel ou tel l'habilitation secret défense manifestement étaient émaillées de dysfonctionnements et de défaillances majeures. Donc c'était quelque chose qui était à craindre et qui s'est révélé aujourd'hui. Je m'attendais à une réaction beaucoup plus forte de l'État, je ne vous cache pas. Les mots ont été sans concession lors de l'hommage rendu aux quatre policiers, hommage auquel j'étais présente, mais aucun acte n'a suivi.

Ça fait une différence fondamentale avec la manière dont le gouvernement britannique avait réagi après les attentats qui avaient frappé Londres.

1:46
Présentateur

Alors un certain nombre de politiques demandent la démission de Castaner. Vous êtes de ceux-là, vous êtes même au premier rang d'entre eux. Mais finalement, on se rend compte que ces dysfonctionnements, pour reprendre ce terme purdique, datent de plusieurs années. Alors est-ce qu'il est finalement le seul à incriminer ?

2:02
Marine Le Pen

Non, bien sûr que non. Mais si on part du principe qu'il n'y a plus aucune responsabilité chez les ministres, alors il n'y a plus d'État. Ici, il n'y a plus d'État, il n'y a plus de protection. Il n'y a plus rien, c'est le chaos, l'anarchie, et plus rien ne tient debout. Moi, je crois qu'un ministre doit être responsable. Et j'ai entendu le Premier ministre dire d'ailleurs qu'il assumait la responsabilité de tout cela, ce à quoi j'ai évidemment répondu que dans ces conditions, il fallait que lui-même démissionne. Parce que si dire devant la représentation nationale, j'assume l'ensemble de la responsabilité.

Ça consiste en réalité à laisser penser, circuler, il n'y a rien à voir, ou à copier Emmanuel Macron quand il dit « Venez me chercher, je vous attends », en quelque sorte, sachant qu'il n'a rien à risquer. C'est inadmissible en démocratie. Donc il n'est pas le seul, M. Castaner, à avoir des responsabilités. Bien sûr, toutes les responsabilités doivent être recherchées, mais il est le chef. Et il est un chef dont les troupes sont aujourd'hui désemparées, des troupes dont je pense que plus un seul membre n'a confiance en lui. Ce qui pose quand même un vrai problème de fonctionnement.

3:20
Présentateur

Alors vous seriez à la place de Christophe Castaner, ou à forcerie d'Emmanuel Macron, quelles seraient les premières mesures d'urgence que vous prendriez en cette situation ?

3:28
Marine Le Pen

– Alors je crois que c'est effectivement au niveau d'Emmanuel Macron que le problème se pose, car le ministre de l'Intérieur ne peut rien faire sans l'accord du président de la République, ou contre son gré. Je prendrai toute une série de mesures qui me paraissent essentielles. D'abord immédiatement, dans les quelques heures qui auraient suivi cet attentat, mais je l'aurais fait aussi après l'attentat d'Arnaud Beltrame, je l'aurais fait aussi après l'attentat de Nice, je l'aurais fait aussi après l'attentat du Bataclan et de Charlie Hebdo, etc. – J'aurais immédiatement expulsé l'ensemble des imams radicaux sur notre territoire, fermé l'ensemble des mosquées salafistes.

J'aurais demandé un audit complet de toutes les associations qui sont aujourd'hui les vecteurs du prosélytisme islamiste sur notre territoire. J'aurais fait la liste, puisque c'est le rôle du gouvernement, de toutes les associations ou structures que je considère comme ennemis de la France. Puis j'aurais mis en œuvre l'article de l'intelligence avec l'ennemi, c'est-à-dire que toute personne qui a de près ou de loin la moindre relation avec une structure, qui souhaite porter la mort sur notre territoire, s'attaquer à notre État ou à nos compatriotes, doivent tomber sous le coup du crime d'intelligence avec l'ennemi.

J'expulserai bien entendu tous les étrangers qui ont commis des crimes et des délits. J'arrêterai tout de suite l'immigration, parce que je pense que l'immigration anarchique telle qu'elle existe est le terreau du communautarisme, et que le communautarisme est le terreau du fondamentalisme islamiste. Donc il y a beaucoup de choses à faire. Et on sait ce qu'il faut faire. Mais pour cela, il faut du courage. Alors ce qui manque fondamentalement à tous les gouvernements qui se sont succédés depuis des décennies maintenant dans ce domaine, c'est du courage.

5:23
Présentateur

Le débat sur l'immigration vient de commencer. Le principe même de ce débat est-il pour vous une satisfaction ? Et pensez-vous qu'il peut porter des fruits ou à minima libérer la parole ?

5:33
Marine Le Pen

Alors ce débat a commencé, et puis c'est déjà terminé, je vous le signale, puisqu'il n'a duré que 4 petites heures, en accordant que 5 minutes arrachées grâce à la générosité d'un de nos collègues pour le premier parti de France, qui est le Rassemblement national, qui fait de la dénonciation de l'immigration anarchique un point central de son programme depuis près de 40 ans. Bon, il n'y a pas de courage à faire de l'électoralisme. Et il n'en a pas ni plus ni moins fait que n'en a fait avant lui François Hollande ou Nicolas Sarkozy, avec les résultats d'ailleurs que l'on connaît, c'est-à-dire des résultats somme toute peu convaincants.

Il n'y aura rien, il ne se passera rien en matière d'immigration. Je l'ai dit à la tribune de l'Assemblée, j'ai dit au Premier ministre que je n'avais absolument aucune confiance en lui pour régler le problème de l'immigration. Et objectivement, on se donne rendez-vous dans quelques semaines ou dans quelques mois et on s'apercevra qu'une nouvelle fois, nous avons eu raison sur ce sujet.

6:33
Présentateur

Alors, l'autre actualité du week-end, ça a été la manif Marchands-enfants, anti-PAMA, donc pour toutes, anti-PAMA pour toutes, qui a créé malgré tout la surprise, puisque elle a montré une remobilisation pour un public que l'on croyait peut-être usé par le combat et donc une mobilisation qu'on imaginait émoussée. Alors, vous êtes vous-même opposé à cette loi bioéthique, mais vous n'y étiez pas et vous n'avez pas voté contre le premier article de cette loi. Pourquoi ?

7:01
Marine Le Pen

Non, je n'ai pas manifesté pour une raison qui est toujours la même. D'ailleurs, je n'ai pas manifesté contre le mariage pour tous, je n'ai pas manifesté contre la PAMA. Je pense que ça n'est pas le rôle d'un dirigeant politique et notamment d'un président de parti que d'être dans la rue pour manifester. Notre rôle, c'est d'organiser et d'expliquer les raisons pour lesquelles nous y sommes opposés et notamment quand on en a la possibilité au sein de l'Assemblée nationale où nous sommes élus. C'est ce que j'ai fait, je crois, de la manière la plus claire et la plus simple possible, là encore à la tribune, dans les cinq petites minutes qui m'étaient accordées.

Je n'étais pas présente effectivement le soir du vote. Il faut savoir qu'il est extrêmement difficile de prévoir à l'avance quand ce vote aura lieu et donc j'étais prise par d'autres obligations. Mais ça n'est que l'article premier. La loi sera votée mardi prochain et je voterai contre la loi parce que je considère, encore une fois, qu'elle est assise sur un mensonge d'État et qu'on ne peut pas mentir à un enfant. Ça va tout à fait à l'encontre de son intérêt.

8:07
Présentateur

Alors, un certain nombre de féministes portent cette loi, comme Marlène Schiappa. Quel regard portez-vous sur ce féminisme institutionnel qui, paradoxalement, n'est guère à mène avec vous alors que s'il y a une femme qui, en France, peut prétendre un jour accéder à la magistrature suprême, ce qui serait une grande victoire féministe, a priori, c'est vous. Le jugez-vous utile malgré tous ses défauts, notamment lorsqu'il s'attèle à combattre les féminicides ?

8:34
Marine Le Pen

Bon, tout ça, si vous voulez, les mauvaises manières qui me sont faites, alors qu'effectivement, somme toute, le fait que je sois, je crois, de mémoire, aujourd'hui, la seule chef de parti, le grand parti politique qui soit une femme, que j'ai été candidate à la présidentielle...

8:53
Présentateur

C'était la deuxième, c'est collègue royale, c'est ça ?

8:55
Marine Le Pen

Oui, candidate à la présidentielle, mais chef de parti, non, il y en a très peu, et pourtant, on me fait peu de grâce, il faut quand même le dire, ce qui prouve qu'en réalité, il y a derrière une idéologie qui n'a strictement rien à voir avec la défense des femmes. Bon. Maintenant, oui, bien sûr qu'il y ait une lumière qui est mise sur les brutalités qui sont faites aux femmes, les violences qui sont faites aux femmes. Je ne peux qu'être d'accord avec cela. Je voudrais qu'on soit exhaustifs sur ce sujet.

Or, je note que dès que nous, nous dénonçons la montée en puissance du fondamentalisme islamiste qui transforme les femmes en objets, qui les brutalise dans leur liberté individuelle, dans leur conscience individuelle, je note qu'il n'y a plus personne. C'est un sujet qui ne mobilise pas les féministes traditionnels. Quant au féminicide, je pense que ce sont des... En fait, ce terme de féminicide me gêne pour une raison simple, c'est que je pense qu'un assassinat est un assassinat, et c'est l'avocate qui vous parle. L'assassinat commis par le conjoint est déjà, fait déjà l'objet dans le code pénal d'une circonstance aggravante, et je trouve que c'est tout à fait normal.

Mais je ne suis pas sûre que l'agenda qu'il y a dans la tête de celles qui utilisent ce terme à tort et à travers soit exactement lié à la défense des femmes.

10:17
Présentateur

Alors, sur le front social, on trouve aussi le dossier des retraites. Vous êtes fondamentalement en désaccord avec Emmanuel Macron qui propose de rallonger l'âge de la retraite, ou en tout cas la durée de cotisation, parce que c'est vrai qu'il y a un certain nombre de tergiversations autour des termes employés. Mais néanmoins, on constate tous que le système par répartition, tel que nous le connaissons, est à bout de souffle. C'est un peu une pyramide de Ponzi, une espèce d'arnaque à la Madoff pour ceux qui travaillent actuellement, qui cotise au Gernu. Que préconisez-vous à la place ?

10:47
Marine Le Pen

D'abord, je ne suis pas en désaccord avec Emmanuel Macron, seulement sur l'allongement de la durée. Je suis en désaccord avec la retraite par points. Je suis en désaccord avec l'idée de la précarité et de l'incapacité pour les gens qui travaillent aujourd'hui de savoir sur quelle retraite ils vont pouvoir compter demain, parce que, en fait, c'est ça le problème majeur, c'est la variabilité de la valeur du point qui ne permet plus à personne de construire sa vie, et notamment la partie peut-être la plus sensible, celle où on a besoin d'être le plus rassuré, qui est la fin de vie.

Je suis en désaccord parce que je trouve cette mesure et cette réforme injuste au moment où il y a tant d'économies à faire sur l'immigration, sur l'aide médicale d'État, sur les gabegies, sur la fusion des régions, et j'en passe et des meilleures, sur la fraude, et où, à chaque fois, la solution consiste à demander toujours plus d'efforts aux Français et aux Français qui travaillent. Donc je suis effectivement en désaccord profondément sur ce sujet avec Emmanuel Macron.

Quant à cette pyramide de Ponzi dont vous parlez, non, la réalité, c'est qu'on se refuse d'avoir une chose simple, c'est que le système par répartition est probablement un des meilleurs et un des plus justes systèmes qui existent. Plus juste, en tout cas, que le système qui consiste à envoyer les gens cotisés auprès de fonds de pension américains qui peuvent se casser la binette du jour au lendemain en les laissant sur la paille SDF sur la fin de leur jour. Mais encore faut-il qu'il y ait deux conditions essentielles. La natalité d'un côté et l'emploi de l'autre. Ce sont les deux mamelles de notre système de retraite. Or, rien n'est fait pour la natalité dans notre pays.

Bien au contraire, les attaques contre la famille n'ont pas cessé, et notamment se sont accélérées sous François Hollande et sous Emmanuel Macron. Mais de surcroît, rien n'est fait, bien entendu, pour créer de l'emploi dans notre pays et lutter contre ce chômage de masse qui est le clou dans le cercueil de notre système de retraite.

12:42
Présentateur

Alors, avant que l'attentat de la préfecture de police vienne écraser l'actualité, les salles de rédaction bruissaient de l'affaire Éric Zemmour et de la convention de la droite. Qu'avez-vous pensé de cette convention ? Est-ce que le clivage droite-gauche vous paraît encore pertinent ? Et dans le cas contraire, où se situe la ligne de fracture entre mondialistes et populistes, libéraux et illibéraux, conservateurs et libéraux-libertaires ? Et vous-même, où vous situez-vous ?

13:08
Marine Le Pen

Écoutez, ça fait plus de 17 ans maintenant que je théorise la disparition de ce clivage gauche-droite. Je l'ai fait dans le cas d'une association que j'ai dirigée bien longtemps, en 2002. Je ne crois plus à cette différenciation pour une raison simple. C'est que j'ai vu des gens de gauche et des gens de droite être élus successivement, les uns après les autres et même parfois les uns avec les autres et mettre en œuvre exactement la même politique qui, en fait, est une politique mondialiste. Donc je crois beaucoup plus aux clivages mondialistes nationaux. La différence est extrêmement claire.

Il y a ceux qui pensent que la nation est un concept ancien, dépassé, qu'on doit supprimer toute régulation, toute frontière, toute racine et laisser, en quelque sorte, le marché déterminer les grands axes de notre politique sociale, civilisationnelle, économique, etc. Et puis ceux qui considèrent que la nation est la structure la plus performante pour assurer la prospérité, la sécurité et défendre l'identité des peuples dont, en l'occurrence, je fais partie.

Donc je pense que c'est ce clivage-là, d'ailleurs, qui a été enterriné par les Français à l'élection présidentielle, en nous mettant face à face Emmanuel Macron et moi-même et à l'élection européenne en mettant le Rassemblement national en tête de cette élection. Donc, si je croyais encore, si vous voulez, à ce clivage gauche-droite, je n'aurais pas appelé le Rassemblement national le Rassemblement national. Je l'aurais appelé le Rassemblement des droites.

Je l'ai appelé le Rassemblement national parce que je pense qu'aujourd'hui, le Rassemblement doit se faire à destination de tous les Français qui sont opposés à cette mondialisation sauvage, qui sont attachés à la nation, d'où qu'ils viennent. Et c'est vrai qu'il y en a qui viennent aussi de gauche.

14:50
Présentateur

– Alors, au cours de cette polémique, on a entendu Gilbert Collard dire que vous ne partagiez pas les positions d'Éric Zemmour et pourtant, on a le sentiment que vous portez le même diagnostic sur un certain nombre de points. Alors, est-ce que votre désaccord, c'est le fond ou la forme, l'espoir ou le désespoir ? Qu'en est-il exactement ?

15:12
Marine Le Pen

– Nous avons, d'abord, je tiens à dire que je considère inadmissibles les attaques qui consistent à vouloir faire taire Éric Zemmour. Pour une raison simple, et j'en appelle à ceux qui sont très attachés à la Convention européenne des droits de l'homme, ils l'ont à la bouche en toutes circonstances, je leur rappelle que la jurisprudence de la CEDH a indiqué que la liberté d'expression, évidemment, elle s'attache aussi aux propos qui peuvent choquer ou inquiéter l'État ou une fraction de la population. C'est mon opinion. Pour le coup, vous voyez, c'est assez rare que je sois d'accord avec la Cour européenne des droits de l'homme, mais là, il se trouve que je suis d'accord avec elle.

Donc la liberté d'expression, ça consiste à laisser parler des gens avec lesquels vous êtes en désaccord. Sinon, ce n'est pas la liberté d'expression, c'est l'URSS. Moyennant quoi, je suis en désaccord avec Éric Zemmour sur un certain nombre de sujets. D'abord, je suis en désaccord avec lui sur son pessimisme. Pour une raison simple, c'est que je n'ai pas le goût de l'effort inutile. Donc si je ne pensais pas que notre pays pouvait être sauvé des mots qui le frappent, je ne ferais pas de politique. Je ferais autre chose. Ça, c'est déjà le premier élément. Et puis deuxièmement, je suis en désaccord parce que moi, je ne mène pas une lutte religieuse.

Je ne suis pas en lutte contre une religion. Je suis en lutte contre le fondamentalisme islamiste. Pas contre l'islam. Parce qu'un certain nombre de Français sont musulmans. Parce que je connais aussi mon histoire. Et dans cette histoire, il y a les harkis qui étaient également des musulmans français par le sang versé, par le sang risqué. Et je pense qu'on peut parfaitement avoir des Français musulmans qui ne remettent pas en cause notre constitution, nos valeurs, nos mœurs, nos modes de vie, etc. Donc c'est un désaccord qui n'est pas mince entre nous.

Mais il n'en demeure pas moins que je considère qu'il a le droit, évidemment, de participer au débat d'idées dans notre pays parce que toute contribution l'enrichit.

17:07
Présentateur

Alors, faisons un peu de politique politicienne sur le terrain. Les municipales approchent. Allez-vous essayer cette fois de faire des alliances, notamment, par exemple, avec les LR dont on sait que dans certaines villes, il y a un papier de cigarette qui sépare les militants des leurs militants, des vôtres. Quels sont vos objectifs ? Quelles sont les villes emblématiques que vous souhaiteriez voir tomber dans votre escarcelle ? Et à titre personnel, comptez-vous vous présenter ?

17:38
Marine Le Pen

Alors oui. Enfin, il ne vous a pas échappé, encore une fois, que j'ai changé le nom de mon mouvement en lui donnant une ligne très claire, qui est celui du Rassemblement national. Donc, ce rassemblement, je souhaite le faire. Je l'ai impulsé, évidemment, aux élections européennes. D'abord, nous avons accueilli Thierry Mariani. Vous vous en souvenez ? Jean-Paul Garraud, Hervé Juvin, qui venaient de la société civile. Et les deux premiers venaient de la droite populaire. Ils en étaient d'ailleurs les fondateurs. Mais pas seulement. Au municipal, également. À Paris, nous soutenons la candidature de M.

Fédère-Bouche, qui est un élu de droite et que nous allons soutenir, nous, le Rassemblement national, dans sa candidature à Paris. C'est d'ailleurs très symbolique que ça se passe dans la capitale. Mais il y a toute une série d'autres endroits. M. Delacheynay, à Carpentras, qui mènent une liste à politique, qui est soutenu par le Rassemblement national. Il nous a demandé notre soutien. Et nous l'avons, bien entendu, accordé. Et toute une série d'autres endroits où nous acceptons, bien sûr, cette idée de rassemblement. Pour peu que ceux qui nous demandent notre soutien partagent, évidemment, des éléments essentiels de notre projet municipal.

18:52
Présentateur

Alors, on ne peut envisager ces municipales élections enracinées, s'il en est, sans évoquer les Gilets jaunes et la France périphérique. Là aussi, j'ai la même question. Quelles seraient les mesures d'urgence à prendre, selon vous, pour sauver ces villes moyennes, et notamment rurales, avec ces agriculteurs qui sont en grande difficulté, qu'on a vu encore manifester hier ?

19:12
Marine Le Pen

Alors, sur l'agriculture, permettez-moi de vous dire que c'est un sujet un petit peu différent de la situation exclusivement de la ruralité. Sur l'agriculture, il faut déjà commencer par arrêter des accords de libre-échange. Il faut arrêter de mettre les agriculteurs en concurrence déloyale avec des produits qui viennent du monde entier et qui ne respectent pas les normes qui sont exigées de la part de nos agriculteurs nationaux. Il faut mettre en place le patriotisme économique pour que nos compatriotes puissent faire choisir ce patriotisme, c'est-à-dire consommer en toute connaissance de cause, ce qui n'est pas le cas.

Donc, il y a toute une série de mesures à prendre pour sauver l'agriculture, mais il y a également toute une série de mesures à prendre pour sauver, effectivement, ces villes moyennes, en fait. Nous, nous l'avons appelé, enfin, moi, je l'ai appelé à Fréjus la démétropolisation.

Je pense que la démétropolisation, qui est un des volets, en fait, du localisme que nous défendons, c'est l'idée de dire qu'il faut arrêter cette folie qui consiste à concentrer dans les métropoles de plus en plus grandes tout, tous les sièges de société, tous les centres de pouvoir économique, tous les centres de pouvoir politique, au détriment des villes moyennes qui sont en train de fait de mourir de cette concurrence. Et donc, il faut inverser cette tendance. Et ça, ça se fait par des incitations fiscales à des entreprises.

Il faut arrêter cette concentration urbaine et même cette concentration humaine qui fait qu'aujourd'hui, la vie dans les métropoles est inabordable et donc qui, en plus, nuit, bien sûr, à l'écologie, à la qualité de la vie, y compris la qualité écologique de la vie et fait vivre à nos compatriotes des situations parfois très difficiles avec des heures de transport qui sont insupportables, des loyers qui sont inabordables. J'en passe et des meilleurs. Donc, tout ça, ça passe par la responsabilité de l'État en matière d'aménagement du territoire. Ça fait des années que l'État ne fait plus d'aménagement du territoire. Il doit à nouveau faire de l'aménagement du territoire.

Il doit faire des zones franches, mais pas seulement un quartier ou une rue dans une ville. Il doit faire des zones franches dans les 100 villes moyennes, en quelque sorte, pour pouvoir recréer de la vie économique et de la qualité de vie dans ces villes. Alors, on sauvera les transports. Alors, on sauvera les lignes ferroviaires moyennes parce que s'il n'y a plus personne à transporter, il n'y aura plus de lignes ferroviaires. Il ne faut pas se raconter l'histoire. Donc, tout ça, c'est un plan général qu'on a appelé, nous, la démétropolisation qui n'est pas d'ailleurs un plan exclusivement pour les villes moyennes au détriment des grandes villes. C'est aussi au bénéfice des grandes villes.

Parce que tout le monde souffre du niveau des loyers dans les grandes villes. Tout le monde souffre de voir les classes populaires et les classes moyennes en être éjectées au bénéfice exclusif des classes supérieures ou d'une immigration qui est prise socialement en charge, en fait, par les municipalités ou par l'État. Tout le monde a envie qu'on arrête cette folie écologique que nous vivons actuellement. Et donc, ce sera un des grands axes que nous développerons lors de ces élections municipales.

22:18
Présentateur

Alors, vous ne m'avez pas répondu, mais peut-être que vous n'avez pas envie de m'en répondre. Vous vous présenterez à titre personnel ?

22:22
Marine Le Pen

Non, non, je ne me présenterai pas. Vous savez, le mouvement Rassemblement national est un très grand mouvement maintenant. Et je pense que la présidente que je suis n'est pas obligée d'aller à l'ensemble des élections, à toutes les élections, comme ça a pu être le cas par le passé. Nous avons très largement assez de talents, assez de cadres, d'élus déjà, municipaux, qui ont envie de partir à la conquête de leur ville et qui, j'en suis sûre, pour un certain nombre d'entre eux, auront des très bonnes surprises.

22:50
Présentateur

Alors, je vais finir peut-être par une question plus personnelle. Votre père vient de sortir le deuxième tome de ses mémoires. Est-ce que vous l'avez lu ? Est-ce que vous le trouvez, ce livre ? Comment le qualifieriez-vous ? Est-ce qu'il est touchant, amusant, agaçant, vrai, romancé ? Qu'en diriez-vous ?

23:07
Marine Le Pen

Je ne peux pas vous le qualifier parce que je ne l'ai pas lu. Et je vais vous dire mieux, je n'entends pas le lire. Je trouve que la vie politique réserve déjà assez de brutalité et de chagrin pour ne pas s'en infliger à soi-même. Donc, je vais m'éviter le chagrin de lire ce livre. Et rester sur l'image que j'ai du combat de mon père, qui reste une belle image, alors que de ce que j'ai pu lire, des quelques pages qui ont été publiées de son livre, elles ne sont pas représentatives de ce qu'il a été et de ce qu'il devrait rester.

23:43
Présentateur

Pour revenir à la manifestation du week-end dernier, un père, c'est important, néanmoins.

23:47
Marine Le Pen

Bien sûr, un père, c'est important, même quand on est en désaccord avec lui.

23:52
Présentateur

Merci Marine Le Pen pour cet entretien. Merci.

23:55
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.

Marine LE PEN : ZEMMOUR, immigration, JEAN-MARIE LE PEN | BV - L'entretien — Marine Le Pen · Pourquijevote