ENTRETIEN AVEC ÉRIC ZEMMOUR - @EricZemmourOff
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Vous êtes sur Radio Courtoisie. Amis du lundi, hardi, bonsoir et bienvenue pour une nouvelle édition de Restons Courtois, l'émission de débat de Radio Courtoisie en partenariat avec nos amis de l'Incorrect, de Valeurs Actuelles, de Boulevard Voltaire et du Monde Moderne. Au menu ce soir, nous avons le plaisir de recevoir Éric Zemmour à l'occasion de la sortie de son livre La Messe n'est pas dite aux éditions Fayard. Dans cet ouvrage, il nous appelle face aux périls qui nous font face, non pas à un sursaut républicain, comme le ferait n'importe quel politicien avec les poncifs inévitables, avec les salades habituelles et qui font que peut-être nous ne l'aurions même pas eu envie de l'inviter.
Éric Zemmour nous appelle non pas à un sursaut républicain, mais à un sursaut chrétien. Et là, c'est autrement plus intéressant, c'est plus profond, c'est pratiquement disruptif, comme on dit quand on veut avoir l'air très sérieux. Et j'aime les mots à la mode qui font sérieux. Et Éric Zemmour nous rappelle que... que le christianisme reste, de manière plus sérieuse, un vrai signe de rupture et même un signe de ralliement beaucoup plus puissant, finalement, que la République et ses valeurs abstraites, qui, en outre, ont quand même fait la preuve de leur échec depuis un bon demi-siècle.
Par cet ouvrage, il nous rappelle aussi qu'il n'est pas un politique comme les autres, mais qu'il demeure avant tout un intellectuel, capable de dépasser l'écume des choses pour aller au fond des problèmes. Et ensuite, évidemment, nous pouvons être d'accord ou non, comme par exemple avec le concept de judéo-christianisme, avec sa conception de l'Église, avec plein d'autres choses sans doute, mais précisément parce qu'il s'agit d'un livre qui fait vraiment réfléchir. Et un livre qui émeut aussi, je pense que nous serons quelques-uns à être d'accord autour de cette table.
Et c'est donc de tout cela dont nous allons parler avec lui, durant une heure, les accords, les désaccords, les émotions suscitées par son ouvrage. Et les réflexions aussi.
Tel éloge, il ne me reste plus qu'à partir parce que ça ne peut pas être mieux.
Attendez ! In cauda venenum. Oui, c'est avant. Nous passerons ensuite à notre rendez-vous de la réinformation. D'abord avec la sortie annoncée d'un livre de Nicolas Sarkozy sur son aventure carcérale. Un livre écrit en à peu près 30 jours sur son incarcération de 20 jours, dans le quartier des personnalités protégées de la prison de la santé.
Et au vu de l'annonce et des réactions médiatiques, le récit de cette épreuve semble se situer quelque part, entre l'archipel du goulag de Solzhenitsyn, le comte de Monte-Cristo de Dumas, et les vacances du petit Nicolas de Gospé et Sampini, pour ceux qui ont connu cette parodie de Sampé et Goscinny, qui était en fait signé Michel de Gégère, notre camarade ami plutôt du Figaro. Nous parlerons ensuite de la tournée africaine d'Emmanuel Macron, qui espère-t-il, et c'est ce qu'il dit en tout cas, il espère, je cite, concrétiser une relation renouvelée avec l'Afrique, à rebours de l'héritage de la France coloniale, la France-Afrique.
Et il espère, c'est sa citation, c'est le communiqué de l'Élysée, donc c'est vrai, enfin c'est vrai, en tout cas c'est ce qu'il dit, et il espère donc tourner la page, je le cite toujours, des échecs diplomatiques au Niger, au Mali, et un peu partout ailleurs. Bon là c'est moi qui parle à sa place.
Retour en France ensuite, avec la place de plus en plus importante du narcotrafic dans la vie des Français, des règlements de comptes en pleine rue à l'influence des gangs dans les pays de l'Afrique, dans les pays de l'Afrique, dans les pays de l'Afrique, dans les futures élections municipales, la question est, peut-on sereinement s'en remettre aux déclarations de Gérald Darmanin, l'ancien ministre de l'Intérieur passé à la justice, lorsqu'il affirme s'inspirer des lois et méthodes antimafia de l'Italie pour juguler le problème chez nous, ou faut-il avoir un petit doute au moment où l'un des plus dangereux trafiquants de France, incarcéré à la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieille, vient de bénéficier d'une permission de sortie en toute liberté, et ce malgré le désaccord ouvertement formulé par le ministre de la Justice.
C'est quand même assez cocasse. Et enfin, pour se quitter sur une note culturelle, nous reviendrons sur la décision de la société qui administre le Moulin Rouge de résilier les beaux des appartements-musées de Jacques Prévert et Boris Vian pour les détruire et construire à leur place une nouvelle salle visant à assurer deux revues simultanées ainsi qu'un petit théâtre italien, je cite également, et le but avoué est de répondre à la demande des touristes. Alors la question que nous allons nous poser, c'est est-ce que la parodie du Paris en carton-pâte va détruire les vestiges du vrai Paris ? Les candidats à la mairie de Paris, justement pour les municipales, commencent à s'emparer du sujet.
Nous n'hésiterons pas à donner aussi notre avis, et nous le ferons donc avec le French Cancan de la réinformation, avec Marc Henault de Valeurs Actuelles, avec Richard De Seize, directeur de la rédaction de Radio Courtoisie, avec Arthur de Vatrigan, directeur de l'Incorrect, avec Jean-Yves Le Gallou, le président de la Réunion, avec Jean-Yves Le Gallou, le président de la Réunion, avec Xavier Van Lierde, journaliste et administrateur de Radio Courtoisie. Je vous garde à l'écart du French Cancan de la réinformation, Éric Zemmour, et nous commençons donc. Alors j'annonce aussi à nos auditeurs qu'ils peuvent pendant une heure poser leurs questions à Éric Zemmour.
Vous pouvez écrire un courriel à courtoisie.fr ou téléphoner au 0146 51 00 85 0146 51 00. Alors Éric Zemmour, vous publiez « La messe n'est pas dite » aux éditions Fayard, un ouvrage dans lequel vous appelez un sursaut judéo-chrétien pour sauver la France du péril musulman, peut-être plus largement aussi du péril du relativisme libéral-libertaire qui amène un certain nombre de personnes à avoir des aberrations intellectuelles ou spirituelles de nos jours. Je me suis permis de le résumer en quatre mots. Vous me direz si ça vous semble justifié.
« In hoc signo vinces », c'est-à-dire « Sous ce signe, tu vaincras », qui sont les paroles, d'après Euseb de Césarée, qui ont été dites à Constantin par le Christ à la veille de la bataille du pont Milvius. C'était en 312, on est en 2025. C'est évocateur. Oui, ça vous parle ? Ça me parle. Donc quelques centaines d'années après, quelques milliers d'années après, vous renouvelez ?
Écoutez, vous me surprenez un peu. J'avais oublié ou je ne connaissais pas cette exhortation, c'est magnifique. Maintenant, vous avez compris ce que j'ai voulu faire dans ce livre. Tout simplement, déjà, rappeler aux gens d'où ils venaient. Je pense que c'est l'essentiel d'abord. On a une époque très particulière. Où on a mis en œuvre la grande exhortation révolutionnaire de la table rase. Contrairement à ce qu'on a dit, la République, la Troisième République, n'avait pas mis en œuvre. Elle avait, on peut dire, essayé d'endoctriner, utiliser l'école publique pour valoriser le discours révolutionnaire et républicain. Mais, je tiens à le rappeler toujours. Le Nouveau...
Le niveau de l'école était remarquable. Et donc, ça permettait à chacun d'avoir les connaissances minimales pour se faire, après, sa propre approche de l'histoire de France, de la culture française, etc. Pour la première fois, il y a eu une volonté délibérée, je pense que c'était délibéré, sans faire de complotisme aucun. J'ai toutes les preuves qu'on veut. Deux. De la gauche et de la droite, d'ailleurs, on peut en parler, de détruire l'héritage, de ne plus enseigner aux enfants l'histoire de France. La droite par lâcheté ou par paresse ou par conformisme ? Pas seulement. Pas seulement ? Pas seulement.
Il y a, par exemple, puisque vous m'interrogez, un projet chez Georges Pompidou et chez Valéry Giscard d'Estaing d'en finir avec l'histoire qui est le creuset de tout. Les ressentiments de toutes les haines, de toutes les guerres. Paul Valéry a une phrase là-dessus. Et il y a cette volonté chez eux de ne plus enseigner l'histoire pour pouvoir enfin être un pays moderne. J'avoue que j'ai duré. Non, non, je vous retrouverai les textes, etc. Évidemment, de la part de la gauche et en particulier de l'extrême gauche, parce qu'il y a une distinction, mais je parle sous le contrôle de Jean-Yves Le Gallou qui connaît ça par cœur. Il y a une distinction à faire entre les communistes.
Et l'extrême gauche. Les communistes étant communistes, mais respectaient la culture française, la culture littéraire française, Aragon, etc. L'extrême gauche, elle, a voulu vraiment faire table rase et détruire cet héritage culturel. Et dans cet héritage culturel, vous me voyez venir avec mes gros sabots. Dans cet héritage culturel, évidemment, le fond de cet héritage culturel, c'est le catholicisme. Puisque le catholicisme a fait la synthèse.
Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui.
Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Je veux dire, c'est-à-dire la révélation juive, la pensée grecque et le droit roman. Et tout ça, c'est le catholicisme, c'est l'église qui en a fait la synthèse pour forger l'Europe et en particulier la France.
Alors, il y a une chose, j'aimerais bien qu'on l'aborde et pratiquement même que nous l'évacuions avant d'entrer dans le vif du sujet. C'est ce que je disais tout à l'heure, votre livre ne ressemble pas à un livre de politiquard. Pardon, mais ce n'est pas un livre où vous racontez... Mais... votre rapport avec les français, votre lien charnel blabla avec le Périgord noir ça rappelle vos essais en réalité et donc c'est plutôt le livre de quelqu'un qui a un message à faire passer une réflexion qui a été approfondie presque politiquement comment ça se situe dans une stratégie politique ou voire politicienne ?
Vous dites ça rappelle mes essais mais je n'ai jamais écrit rien d'autre Oui mais c'est pas un livre de politiciens. Non mais je ne suis pas un politicien Vous savez c'est assez simple, je suis un écrivain qui s'est jeté dans la bataille politique parce que je pense que mon pays est en danger de mort et donc je veux défendre mon pays et je considérais qu'il n'y avait plus, qu'il n'y avait pas de politiciens comme vous dites quel que soit son parti qui défendaient et qui permettaient de sauver mon pays.
C'est tout je suis en même temps je m'inscris dans une tradition française de l'écrivain qui s'engage en politique il y en a de nombreux il y a Chateaubriand, Lamartine Barrès Malraux, Aragon de tous les bords c'est une tradition française c'est spécifiquement français et d'ailleurs il y a même une tradition et vous allez comprendre pourquoi vous avez les politiciens qui écrivent des livres parce qu'ils ont une tradition française il y a aussi la tradition du grand homme d'état écrivain De Gaulle est un véritable écrivain même si parfois il parodie un peu Chateaubriand mais c'est un véritable écrivain Richelieu est un véritable écrivain Napoléon est un véritable écrivain ce sont des écrivains c'est la France il n'y a que l'Angleterre qui nous ressemble pour ça un peu avec des gars comme Churchill ou comme Disraeli qui sont eux aussi des véritables écrivains mais c'est une tradition française et donc du côté le livre du politicard est une parodie exactement en fait c'est un hommage du vice à la vertu je ne plaisante pas je pense que tous les politiciens on le voit régulièrement veulent se créer une stature oui parce qu'ils sentent c'est un hommage du vice à la vertu c'est même émouvant je dis ça avec un point d'ironie mais pas trop c'est à dire qu'ils se disent qu'il faut faire quelque chose qui ressemble à l'image que les français ont de l'homme d'état français et donc ils font ça vous voyez c'est pour ça que je vous dis il y a une part de c'est un peu touchant bon même si c'est ridicule parce que le plus souvent ils n'ont rien à dire ils ne savent pas écrire comme disait Victor Hugo la forme et le fond qui remonte à la surface donc bon voilà on a tout mais au moins ils essayent moi je suis l'inverse je vous dis je suis un écrivain qui s'est lancé en politique ce n'est pas la même chose Arthur de Vatrigan vous l'avez rappelé c'est un livre
pour essayer de rappeler d'où on vient ce qui est quand même pas mal au moment où on parle des identités c'est à la fois une déclaration d'amour au christianisme c'est aussi un mea culpa c'est aussi une critique très virulente à l'encontre de l'église d'aujourd'hui bref il y a beaucoup de choses très intéressantes et ça fait réagir quand on ferait parler d'écrire un bouquin sur Jésus qui n'existe pas tout le monde s'en fout vous écrivez un bouquin sur le christianisme ça fait réagir donc ça veut dire que vous pointez quelque chose comment vous avez perçu la réaction des catholiques il y a eu beaucoup de réactions à droite et à gauche est-ce que vous y attendiez est-ce que vous avez été surpris déçu, enchanté je peux peut-être donner un exemple l'exemple le plus drôle dans un papier de la vie d'un monseigneur je crois je crois que c'est un vrai évêque juste le passage le plus sympathique à votre endroit c'est outre les erreurs ou les approximations savantement mises en place il y a aussi nombre d'hérésies qui auraient valu à l'auteur dans des périodes dont il se dit nostalgique des condamnations graves et solennelles c'était le passage le plus gentil c'est un exemple de réaction
alors vous savez j'ai la même chose du côté juif je vais vous raconter une anecdote que je trouve très drôle quand pendant la présidentielle le grand rabbin a dit que je n'étais pas juif et que j'étais excommunié dans une synagogue un juif lui a dit vous lui avez fait un grand honneur parce que dans l'histoire il y en a deux il y a Spinoza et lui c'était pas mal aussi donc vous voyez qu'est-ce que vous voulez que je vous dise je pense Je pense que des deux côtés, je m'en prends aux institutions qui ont vraiment fauté depuis les années 70-80.
Je pense que des deux côtés, du côté de l'église et du côté des institutions juives, elles ont vraiment fauté et elles sont coupables toutes les deux d'avoir fait le lit de cette situation catastrophique que nous vivons aujourd'hui. Alors maintenant pour les réactions des catholiques, moi si vous voulez, je lis, j'écoute, toutes les réactions m'intéressent. Je ferai la différence entre les réactions violentes de ceux auxquels je m'attendais, c'est-à-dire en gros la mouvance des cathos de gauche qui ont fait de l'église une espèce de ONG qui est là pour accueillir les migrants et pour dire tout le bien qu'ils pensent. C'est de l'humanité.
Bon, très bien, ça je m'attendais à leurs réactions violentes. De l'autre côté, il y a des incompréhensions et surtout, il y a des incompréhensions sur ce que j'ai voulu faire. On est là à pinailler sur « ah mais il a dit ça, mais c'est pas exactement ça, mais par exemple on me dit ah mais il a opposé Pierre et Paul de façon schématique ». Oui, mais je l'assume. Parce que ce n'était pas ni un livre de théologie. Ni un livre d'histoire de l'église. Je voulais montrer les deux tendances historiques sur 2000 ans que cet affrontement qui effectivement était plus subtil que ça et qui n'a jamais été un véritable affrontement allait provoquer.
Je lis, je ne sais plus dans quel babu, qui était plutôt bon d'ailleurs. « Ah, Zemmour ne comprend rien. Il dit que Pierre en gros est le père des martionnistes. » Une hérésie pour le coup. « Et que Saint Paul est le père des protestants. » Évidemment qu'à leur époque, ils ne connaissaient pas tout ça. J'essaye de montrer, vous voyez, des grandes lignes, ce que ça va donner. Il y a des incompréhensions de gens de bonne foi. Et puis évidemment, il y a des... Et d'ailleurs, il y a une autre incompréhension, mais ça je suis sûr qu'on va y revenir. C'est le rapport que j'ai à la laïcité et l'utilisation que je veux faire de la laïcité. Ça, ce n'est pas compris du côté catholique.
Et ça, si vous me permettez, c'est un vrai sujet. Ça, ça vaut le coup, parce qu'évidemment, c'est un livre de 130 pages. Ça vaut le coup d'être précisé.
Alors, Xavier Van Liert, vous voulez poser une question et Jean-Yves Le Gallou ensuite. On ne vous entend pas, Xavier. Il faut que je mette le micro aussi. Oui, s'il vous plaît. Alors, on ne vous entend pas. Alors, on va donner la parole à Jean-Yves Le Gallou parce qu'il y a un souci de son.
Oui, alors au-delà des reproches qui peuvent être... ...d'un côté ou de l'autre, il y a quand même, je pense, un sujet tout à fait essentiel, c'est-à-dire, d'un certain point de vue, la contradiction interne du christianisme ou du catholicisme entre une religion qui est devenue une religion identitaire pour l'Europe et avec, aujourd'hui, la volonté d'un point de vue identitaire de se la réapproprier, peut-être, et puis une religion qui a aussi vocation à l'universel. Catholique. Une religion universelle qui peut devenir une religion de l'universel. Et ça, cette contradiction-là, elle existe.
Alors, si je voulais être un peu provoquant, on la voit même de manière extrême dans certaines circonstances. Si vous allez dans certaines provinces françaises enracinées, où il y a des calvaires, où il y a des processions, où il y a un mélange, au fond, de religieux et d'identitaires. Je pense à la Corse en particulier. Je pense à la Corse en particulier, mais à la Bretagne aussi. Bien sûr. Et que, dans le même temps, vous avez un prêtre africain qui ne maîtrise pas forcément très bien la pensée européenne et même, je le crains, la doctrine de l'Église. Il y a quand même une contradiction assez forte.
Alors là, vous voyez, Jean-Yves, c'est vraiment une dialectique qui est consubstantielle au catholicisme depuis les origines. C'est ce que j'explique dans le livre. Il y a vraiment une dialectique qui est une tension entre l'universel et la terre et les morts, comme dirait Barès. Vous voyez, le local, etc. Le problème, ce n'est pas cette tension, parce que cette tension, elle a toujours existé. J'évoque l'affrontement au XVIIe siècle entre Fenlon et Bossuet. Entre Fenlon qui dit des phrases, honnêtement, qui pourraient être des universalistes d'aujourd'hui. Quand il dit... Il dit, nous sommes davantage des membres de l'humanité qui est la grande patrie que dans celle où laquelle on en est.
On est au XVIIe siècle. On se croirait aujourd'hui. Et Bossuet qui lui réplique vertement, mais pas du tout, nous devons d'abord aimer les Français, etc. On est là aussi dans l'affrontement aujourd'hui. Donc, ça a toujours été l'affrontement. La nouveauté depuis 50 ans, c'est que les universalistes ont écrasé les autres. Et qu'ils ont... Ils ont détruit les autres. Ça, c'est le vrai sujet. Et qu'aujourd'hui, il y a, vous avez tout à fait raison Jean-Yves, une révolte, un réveil de ce catholicisme identitaire que moi, je pousse, je soutiens de tout mon cœur et de toute mon âme. Mais parce qu'on est allé beaucoup trop loin. Cette synthèse, en vérité, elle est le génie du christianisme.
Mais auparavant, l'Église avait justement l'art de l'église. D'équilibrer et de compenser un universalisme de principe avec un respect des traditions locales, des identités locales, des nations, etc. Là, aujourd'hui, depuis 50 ans, on est complètement passé de l'autre côté. Et justement, le catholicisme identitaire a été vaincu. Donc, il faut absolument qu'il ressuscite. C'est ça le travail de... Tout le travail que j'ai voulu faire.
Oui, c'est votre conclure. C'est la PAC de la... Exactement. C'est le renouvellement. Alors, on redonne la parole à Xavier Van Liert, qui a réglé son problème de micro. Et ensuite, Marc Hainaut.
Oui, j'ai eu l'impression, Eric Zemmour, en lisant votre livre, qu'il marquait un jalon dans votre déjà longue évolution intellectuelle. Il y a 20 ans, lorsque nous avions connu, vous étiez plutôt, vous m'arrêtez si je me trompe, mais républicain, souverainiste, un peu colbertiste aussi. Ensuite, on vous a connu pendant la campagne présidentielle, plus identitaire et libérale. Identitaire en politique et libérale en économie. Et puis maintenant, on vous découvre...
Un peu dans la lignée de ce combat-là, menant à un combat civilisationnel et même spirituel, mais qui, du coup, peut être un peu déstabilisant, parce que ces frontières dépassent celles, en quelque sorte, de la France et même de l'Europe. Et je voulais savoir ce qui, dans ce cheminement, relevait d'une évolution personnelle ou de votre capacité à capter l'air du temps, les événements et ce qui avait contribué. Est-ce que l'élection de Trump ou le 7 octobre, pour être encore plus précis, ont joué un rôle dans cette évolution, ou est-ce que c'est plus intime ?
C'est dommage, vous avez bien commencé et vous finissez mal. Écoutez, votre description de mon évolution n'est pas erronée. J'assume tout à fait ce que vous avez dit au début. C'est-à-dire que oui, je suis de tradition plutôt républicaine et colbertiste et souverainiste. J'ai mené le combat contre Maastricht en 1980. J'ai mené le combat contre Maastricht en 1980. J'ai mené le combat contre Maastricht en 1992 à ma place de journaliste et j'étais très proche de tous les gens du nom. Charles Pasqua, Philippe Séguin, Philippe de Villiers, Jean-Marie Le Pen et Jean-Pierre Chevènement. Donc je ne renie pas du tout ce combat.
Là où vous êtes injustes avec moi, c'est que si vous avez lu, puisque vous semblez m'avoir lu, si vous avez lu mon introduction dans un de mes livres de recueil de chroniques en 2015-2016, après les attentats, vous voyez que tout mon virage, comme vous dites, identitaire est là, en 20 pages. Et que j'assume tout à fait. Je pense qu'aujourd'hui, le sujet, je l'explique comme ça dans le texte. Vous pouvez le retrouver sans problème. J'assume tout ce que j'ai écrit à l'époque. J'estime que le combat souverainiste est toujours évidemment nécessaire, mais qu'il n'est plus un premier et qu'il faut aujourd'hui mener le combat identitaire.
Je l'écris en 2015-2016, après les attentats de Charlie et du Bataclan. Pour moi, c'est net. J'ai deux dates majeures. 89, les filles voilées de Creil. Je comprends que l'islam ne sera pas assimilable et que ce que ma famille a vécu ne sera pas refait, alors que les gens viennent du même bled, si j'ose dire, que moi et que ma famille. Mais ça ne se fera pas comme ça parce qu'il y a l'islam. Ça, c'est 89. Et deuxième moment, 2015, où là, je comprends que ce que je viens de vous dire, c'est-à-dire que le combat souverainiste a été nécessaire, valeureux, et que je continue à le mener, mais qu'il n'est plus le combat prioritaire et le combat de l'identité.
Après, le combat de l'identité, évidemment, quand vous creusez qu'est-ce que c'est que l'identité française, vous avez mon livre. Je n'ai pas attendu Donald Trump. Je n'ai pas attendu JD Evans, etc. Mais oui, je considère que la victoire de Donald Trump est un événement majeur. Oui, je considère que, effectivement, et c'est normal puisque le combat identitaire n'est pas seulement le combat de la France. Il est le combat de toute l'Europe et de tout l'Occident. Oui, je l'assume ça aussi. Car c'est toute l'Europe et tout l'Occident qui, si nous ne menons pas ce combat, va mourir et va être enseveli par la civilisation islamique. Et oui, j'estime que Donald Trump est une date très importante.
Pourquoi ? Parce que quand vous lisez l'histoire de l'Europe, quand vous plongez dans l'histoire de l'Europe, vous vous rendez compte d'une chose fondamentale. C'est qu'à chaque fois qu'il y a eu un mouvement, qu'il soit politique, idéologique, économique, culturel, qui est né quelque part, il s'est répandu immédiatement dans toute l'Europe. Et c'est d'ailleurs même la preuve qu'il y a une civilisation européenne. Vous voyez ce que je veux dire ? Et qu'on est très ressemblant. Et deuxièmement, à chaque fois depuis le 18ème siècle, qu'il y a eu une révolution en Amérique, elle est venue en Europe et elle a vaincu.
Depuis la révolution américaine de 1776 et la révolution française de 89, jusqu'au mouvement californien des années 60 qui a donné mai 68, jusqu'au Reaganisme, etc. En passant par le wokisme. En passant par le wokisme. Et donc, oui, oui, j'espère beaucoup en la victoire de Donald Trump parce que pour moi, ça signifie que nous allons gagner. Et que ce mouvement que j'incarne moi en France, va être le mouvement porteur en France et en Europe.
Marc Hainaut et ensuite on va lire quelques messages des auditeurs de Radio-Quartosie. Ils sont nombreux.
Maurice Clavel disait dans les années 70, 80 ou catho de gauche qu'ils avaient tellement peur d'être les derniers chrétiens qu'ils sont en réalité les derniers marxistes. Alors je sais que là... La formule est très juste. Il est de bon ton de verser dans la guerre générationnelle en ce moment mais on va essayer d'aller un peu au-delà. J'ai l'impression qu'en fait votre livre s'adresse beaucoup à la jeunesse aussi puisqu'on voit bien ce qui se passe dans l'Église catholique aujourd'hui. On a une génération d'évêques qui sont davantage des gestionnaires face à une jeunesse catholique qui, pour paraphraser Léon Blois, cherche plus les Cosaques et le Saint-Esprit qu'un synode sur la synodalité.
Vous dites dans votre livre que vous parlez beaucoup, enfin que vous avez été très impressionné pendant votre campagne de cet amalgame en fait entre une jeunesse catholique, une jeunesse pas forcément croyante mais identitaire et une jeunesse juive. C'est un peu ce qui a nourri la réflexion initiale de votre livre ? Non. Pas du tout ?
Ah non, non, pas du tout. Très bonne question mais non.
Non. Vous me dites, est-ce que c'est ça qui a nourri... Oui, l'idée du livre. Je vous dis non. En revanche, si vous me dites que cette observation a enrichi ma réflexion et qu'elle est à l'origine de la fin du livre, je vous dis oui. Ce n'est pas la même chose. J'essaye d'être honnête et précis.
Oui, j'étais très frappé pendant la campagne présidentielle et pendant les grands meetings, etc., de cette fraternisation entre la jeunesse juive et la jeunesse catholique, les deux étant des jeunesses identitaires, et deuxièmement, comme je connais un petit peu l'histoire de France et que je sais que ça n'a pas toujours été le cas, ça a même été le contraire, que j'ai souvenir dans ma jeunesse, dans les années 80, d'une jeunesse juive de gauche qui passait son temps à culpabiliser le reste des Français en leur disant qu'ils avaient été complices de Pétain et qu'ils avaient été complices des Allemands surtout, et que si jamais ils renvoyaient les immigrés musulmans, c'est comme s'ils renvoyaient les Juifs en 1942.
Moi, je me souviens parce que j'étais en opposition à eux. Et je raconte que mon père les insultait tous les quatre matins. Donc ça, je sais bien. Et on peut remonter encore dans l'histoire, au 19ème siècle, l'alliance en vérité claire entre la République, les protestants et la minorité protestante et la minorité juive contre la majorité catholique. Qui a évidemment fait des dégâts. Je cite Valdec Rousseau qui disait que les protestants et les juifs étaient les piliers de la République. Tout ça a laissé des traces. Et je le sais. Je l'ai lu. Je l'ai compris. J'ai combattu dans les années 80-90. Voilà.
Donc aujourd'hui, je dis, je suis heureux de voir la fin de cette histoire-là parce que je pense que c'est le début d'une nouvelle histoire. Ce n'est pas simple. Ce n'est pas irénique. Il y a encore des incompréhensions. Il y a encore des... Vous voyez ? Mais en tout cas, on sent que l'histoire du siècle dernier est passée.
Mais, pardon, le cycle recommence, mais dans une France qui n'est plus catholique, dans une civilisation qui n'est plus vraiment chrétienne.
Mais je sais bien. Je sais bien que les catholiques sont devenus une minorité.
Mais... La première génération catholique est née minoritaire sur son propre sol depuis... Tout à fait d'accord.
On va donner la parole aux auditeurs de Radio Courtoisie qui se pressent un peu. On lit en rafale peut-être Eric Zemmour, qui répondra à ce qu'il peut ou ce qu'il veut. Il y a une question hyper précise sur le fait que Trump, évidemment, est lié à l'immigration et qu'il a une vision de l'immigration et des crimes de l'immigration qui est fortement assénée aux États-Unis et même dans les messages qu'il adresse à l'Europe. Est-ce que vous avez l'impression que Trump pourrait soutenir Reconquête ? Est-ce qu'il y a un appui américain à Reconquête à travers ce discours-là ?
Écoutez, je vous souvenais que pendant la présidentielle, il m'a... On s'est appelé au téléphone et qu'on s'est parlé pendant quelques temps, donc c'était une forme de soutien. Maintenant, non, je n'ai pas de soutien plus direct. Vous savez, malheureusement, je ne pourrais pas toucher de sous d'Elon Musk vu que la loi française l'interdit. Mais encore une fois, je ne renie pas du tout, je ne suis pas un représentant du trumpisme en France. Je dis qu'il y a un mouvement pour un mouvement occidental européen et il faut que la France prenne toute sa part et que je pense que je suis l'incarnation de ce mouvement. Voilà, c'est tout.
Oui, et puis alors il y a aussi un mouvement, sans parler forcément de Donald Trump en personne, il y a quand même tout un élan avec des représentants conservateurs chrétiens américains qui arrivent en France, notamment à travers la CIPAC et qui mouent des liens avec tous les partis...
Je connais, j'ai rencontré les gens d'Héritage Foundation, j'ai reconnu, je suis allé passer avec Sarah Knafo 15 jours à Los Angeles pour voir les gens du Clermont Institut. Je connais un peu maintenant ces gens, je vais même voir, avoir la chance de voir mon livre Le Suicide Français édité aux Etats-Unis au printemps prochain, ça c'est par mes contacts que j'ai pu forger là-bas. Donc oui, effectivement vous avez raison, et on voit dans les déclarations de Gene Evans, de Donald Trump, on dit toujours Donald Trump déteste l'Europe. C'est d'une bêtise crasse. Donald Trump veut sauver l'Europe.
Quand il leur dit mais vous allez être détruits par l'immigration islamique, il veut sauver l'Europe malgré ses dirigeants. Et j'ai vu il y a quelques jours le département d'Etat qui dit que maintenant il peut attaquer les gouvernements européens, les gouvernements européens sur l'immigration pour atteindre aux droits de l'homme des peuples européens. Excusez-moi, mais j'applaudis des quatre mains.
Une autre question qui va vous faire applaudir aussi. Pourquoi ne pas rencontrer d'autres personnalités de droite, y compris Marion Maréchal, Éric Ciotti, Bruno Retailleau, Jordan Bardella, vous adressez régulièrement des critiques au Rassemblement National, nombre de Français souhaitent aujourd'hui qu'il y ait un paquet d'une ou des droites sur la table. J'ai compris.
J'essaye d'être le plus synthétique possible parce que ce n'est pas le thème de la soirée, mais la question revient tout le temps. La question revient tout le temps parce que les électeurs sont obsédés par cette question. Et à juste titre, je les comprends. Et ils m'en parlent tout le temps. À chaque fois que je suis quelque part,
on m'en parle.
Il faut comprendre plusieurs choses. La première, c'est que, et je parle sous le contrôle de Jean-Yves Le Gallou qui m'a connu comme jeune journaliste, je fus longtemps le seul, je dis bien le seul, à à critiquer l'attitude de Jacques Chirac et son fameux cordon sanitaire. Je sais peut-être, vous allez trouver ça peut-être prétentieux, mais Jean-Yves Le Gallou confirmera j'étais le seul journaliste et le seul dans la classe politico-médiatique. Et le seul à rencontrer, relativement régulièrement, Jean-Marie Le Pen, pas de manière hostile. Donc là, j'ai une antériorité indéniable. Tout ça pour vous dire qu'on ne peut pas, moi, me faire le procès de ne pas vouloir cette union des droites.
Deuxièmement, ce que je dis, c'est que si tous les électeurs le veulent, ça n'a pas toujours été comme ça. D'ailleurs, je vis un moment un peu à l'envers. C'est-à-dire que, quand j'étais journaliste et que j'étais contre le cordon sanitaire, la pression médiatique, était, c'est honteux ce que vous dites, c'est immoral. Et maintenant, la pression médiatique est à l'envers. Il faut l'union des droites à toute force.
Je tiens à dire que si tous les électeurs, les électeurs du Rassemblement National, les électeurs de Reconquête, les électeurs de LR, un peu moins les électeurs de LR, mais quand même, on est de l'ordre de 50 à 60%, 75% chez les électeurs du RN et 95% chez les électeurs de Reconquête, veulent ce rassemblement. Il y a un mais. C'est que les états-majors n'en veulent pas. Madame Le Pen passe son temps à dire que c'est une plaie, qu'elle dit que c'est le scotch du capitaine Haddock. C'est le sparadrap, mais c'est pas grave. Bref, ça veut dire que ça lui casse les pieds.
Les LR, Monsieur Retailleau, qui est quand même président de LR, dit qu'il ne veut pas d'union avec Reconquête et le Rassemblement National. Monsieur Bardella, obéit à Madame Le Pen et dit qu'il veut le Rassemblement des Français. Tout le monde veut le Rassemblement des Français. Moi aussi, je veux bien être élu par 100% des Français, sans problème. J'accepte. Bref, vous avez compris que ces gens-là ne veulent pas l'union des droites, pour des raisons diverses. Je n'ai pas le temps de m'étaler là-dessus, mais je pourrais vous les expliquer. La première, c'est que le RN est un parti de gauche.
La deuxième, c'est que les élus, les élus de LR, sont élus avec les voix de la gauche et du centre contre le RN. Vous voyez, c'est une grande problématique. Donc, je dis à tous vos auditeurs et à tous les électeurs de droite, en politique, j'ai appris ça à la présidentielle, celui qui façonne les coalitions est le dominant, celui qui sort premier. On le voit avec Jean-Luc Mélenchon. En 2022, il sort premier à gauche. Il tend la main aux socialistes qui ont fait 1,7%. Il tend la main aux Verts. Il tend la main même aux communistes alors qu'ils détestent personnellement Roussel. Et il forge le nouveau Front populaire. Madame Le Pen a fait l'inverse.
Elle a dit, pas question de Zemmour comme ministre. Elle a répondu à un journaliste. Elle a dit, mais pour Montebourg, je suis d'accord. Elle avait fait la même chose en 2017. Elle avait dit, je m'en moque des électeurs de Fillon, je voudrais les électeurs de Mélenchon. C'est clair. Donc, je dis à vos auditeurs et aux gens qui veulent l'union des droites. Si vous voulez l'union des droites et si vous voulez un programme de droite, vous votez pour Reconquête. Si nous sommes en tête, nous, nous ferons, parce que nous jetterons la rancune à la rivière, selon l'expression de Valéry Giscard d'Estaing.
Donc, nous tendrons la main aux gens du Rassemblement national et nous tendrons la main aux gens du LR. Donc, voter pour le RN ou voter pour LR et dire après, on veut l'union des droites, c'est absolument antagoniste. Il faut choisir. Voilà. Alors, on revient peut-être au cœur du livre.
Oui, on revient au livre. La messe n'est pas dite.
Ce qui est mieux, c'est bientôt Noël et puis l'union des droites, on va en bouffer pendant toutes les présidentielles. Rejoindre les vrais sujets. On y reviendra. Voilà. Je suis d'accord. Oui, d'accord. Dites ça à votre voisin. Ah non, j'ai les auditeurs. Donne la parole. Les auditeurs n'ont l'air de rien. Je connais le coup des auditeurs. Et maintenant, j'ai incité Jean-Yves Le Gabou. J'ai détruit. Nature de la triomphe incorrecte. Non, mais je vais répondre à Jean-Yves Le Gabou en prolongeant la question de Marc parce que ça va au cœur de votre livre. Sur les prêtres africains, il y a quand même une dimension communautaire de la foi.
Et là, j'arrive à celle de Marc qui dit la jeunesse identitaire, la jeunesse catholique qui est minoritaire. Ce qu'on lit dans votre livre, évidemment, et ce qu'on retrouve, c'est que c'est notre civilisation qui est le produit d'une foi et d'une morale. La foi, elle disparaît. La morale, elle a changé. La question, c'est comment on peut défendre une civilisation si la foi disparaît ? Est-ce que la chrétienté peut être sauvée ? Vous citez Bernanos, évidemment. La chrétienté a créé l'Europe. La chrétienté est morte. L'Europe va crever. Voilà. Et c'est comme ça. Comment on peut sauver la chrétienté ou la chrétienté peut-elle être encore sauvée s'il n'y a plus de foi qui soutient la morale ?
Parce que la morale catholique est un peu complexe.
Si je voulais vous taquiner, je vous dirais que c'est une question de chrétiens. Ça tombe bien. Ce n'est pas fou.
Bien sûr.
Oui, mais vous comprenez pourquoi je vous dis ça. Oui. Parce que, c'est ce que j'essaye d'expliquer dans le livre, c'est le catholicisme, le christianisme qui a forgé cette idée absolument transgressive à l'époque, phénoménalement transgressive, si j'ose m'exprimer ainsi, d'une religion fondée d'abord sur la foi. Il faut bien comprendre d'où on vient. Dans les sociétés de l'Antiquité, on a une religion par l'appartenance à une cité, Athènes, etc., avec les dieux qui vont avec, ou à un peuple, le peuple juif, c'est tout à fait ça, le dieu du peuple juif, et la loi de Moïse, et avec les précètes qui vont avec.
Et donc, on a à la fois une appartenance à une cité ou à un peuple et le respect de prescription. Positive, tu dois faire ça. Négative, tu ne dois pas faire ça. Arrive, c'est pour ça que vraiment j'insiste là-dessus dans le livre, Saint Paul, c'est une révolution inouïe. Il dit, non mais, les œuvres c'est important, la loi c'est important, mais si vous avez la foi en Jésus-Christ, c'est le plus important. Et il ajoute, vraiment, la révolution au carré, qui va tellement scandaliser les juifs de l'époque, il dit, si vous avez la foi en Jésus-Christ, vous êtes descendant d'Abraham. Ça veut dire, vous êtes membre du peuple juif. C'est extraordinaire.
Vous voyez, c'est pour ça que je vous dis, c'est vraiment fondamental comme révolution. Et j'explique dans le livre que c'est ça qui a fondé la liberté individuelle, parce qu'évidemment, une foi, c'est intérieur, on ne peut pas aller le contrôler. Et c'est pour ça que je cite Rousseau qui disait, le catholicisme, c'est la pire religion pour tout pouvoir, parce qu'on ne peut rien contrôler. C'est intérieur, on vous dit, voilà. Très bien. Alors, si on vous entend,
donc,
s'il n'y a pas la foi, il ne peut rien avoir. Eh bien, moi, je crois le contraire. Je crois que le catholicisme, alors, c'est peut-être ma partie juive qui parle. C'est possible. En tout cas, moi, la religion et le catholicisme, c'est une foi, mais c'est aussi une identité. Et cette identité peut être ressuscitée, peut être réapprise, peut être réenseignée.
C'est un nouveau pari pascalien, c'est-à-dire qu'on applique les rites, on applique les gestes et à la fin, la grâce survient.
Exactement. C'est exactement ce que je crois. Et je pense, je vous dis, c'est peut-être un fonctionnement un peu juif, je l'accorde, je vous l'accorde très bien, je pense vraiment ça. Et en plus, et en plus, moi, c'est comme ça que je suis arrivé au christianisme. C'est par l'identité, c'est par la culture. J'ai été en extase, je le décris. J'ai lu Pascal, je m'en suis parmi, j'avais 12-13 ans. J'ai lu Chateaubriand, je ne m'en suis pas remis. J'ai vu les fresques dans les églises non plus. Je suis allé à Rome, j'étais en extase. J'écoute Bach, vous voyez, je pleure, vous voyez, etc. Donc, je sais que c'est le génie et c'est même le reproche que je fais.
Alors, un des reproches que je fais à l'église catholique, c'est d'avoir tellement protestantisé la religion catholique et les rituels qu'on ne passe plus par l'émotion, on passe uniquement par la raison. Vous voyez, je pense qu'il faut absolument revenir
à l'émotion. Mais vous êtes un peu dur là-dessus sur l'église si vous me permettez parce que on voit très bien que quand vous parlez de l'institution de l'église, il y a le nom de Jean-Paul II. Non, mais j'entends très bien, évidemment. Bon, je me dis peut-être que je me suis voué et que je n'ai pas compris et que je verrai les fruits plus tard. Pour l'instant, j'ai encore des doutes. C'est le principe de la foi. Mais disons que dans l'institution de l'église où vous êtes assez critique, il y a eu Jean-Paul, qu'en gros, après Vatican.
Il faut quand même rappeler que Vatican a été pondu par Benoît XVI, que grâce à Vatican ou après Vatican, Jean-Paul II, il y avait un péril totalitaire qui s'appelait le communisme à Tisbonne sur l'islamisme qu'il y a été. L'articulation faux et raison. Après, je vous l'accorde. Il y a eu le petit souci, François. Mais justement, je voulais vous faire réagir sur Léon XIV qui a déclaré par rapport aux États-Unis de Donald Trump. Personne n'a dit que les États-Unis devaient avoir des frontières ouvertes. Chaque pays
a le droit de déterminer qui entre sur son territoire. Ça ne m'a pas échappé. Alors, j'y vois. Oui, oui, oui. Ça ne m'a pas échappé cette phrase. C'est ce que je décris un petit peu dans le livre, c'est-à-dire l'influence d'un catholicisme américain qui s'assume de manière identitaire et que peut-être qu'il est embarqué dans ce grand mouvement
intellectuel. Alors,
on a Xavier Van Leeuwen qui voudrait reposer une question. Je voulais faire une remarque mais qui va dans le sens d'Éric Zemmour pour répondre aussi à Arthur. Je suis tout à fait d'accord que la foi a une place prépondérante au judaïsme. Toutefois, il ne faut pas exagérer non plus le rôle de la foi et de la relation personnelle à Dieu parce que, quand même, cette foi, elle s'appuyait sur une liturgie, sur une statuaire, sur une architecture, sur une foi populaire, avec des rites populaires. On faisait des bénédictions, des moissons, des bateaux, des chasses à cour, il y avait des kermesses, des fêtes.
Et finalement, au fond du fond, le catholicisme identitaire, ce n'est rien d'autre que ce n'est pas ma part juive qui fait que ce sont ces catholicismes sensibles qui m'ont amené au catholicisme. Mais non, c'est le cas de tous
les catholiques depuis des siècles. Mais je suis d'accord
avec vous.
Je vous l'accorde vraiment volontiers. Alors, encore des questions. Ah oui, encore beaucoup de questions. Alors, on redonne la parole aux auditeurs. C'est la question sur vous êtes évidemment d'origine juive, c'est cette manière d'ailleurs juive d'être au monde que vous reconnaissez dans ce catholicisme identitaire. Mais vous voyez,
il a bien démontré le contraire qu'en fait, il n'y a pas que ça.
Voilà, il n'y a pas que ça. Et la question que posent les auditeurs, c'est en fait, il y a sans doute une antinomie entre la loi juive et la loi catholique telle que l'histoire les a développées de manière concurrente. Et par ailleurs, un auditeur nous dit qu'est-ce que vous faites des agnostiques et des athées ? Autrement dit, dans ce renouveau des athées, quelle est la place accordée à cette équation nouvelle des gens
en fait qui ne croient pas ? C'est une très bonne question. C'est une très bonne question. Voilà. Moi, je veux... Non, non, sérieusement. Non, sérieusement.
Sérieusement.
Je veux rassembler tous les gens qui veulent défendre la France
et qui pensent
comme moi que la France est d'abord une identité chrétienne. Ça ne veut pas dire qu'ils sont chrétiens. Il y a une différence entre foi, identité, etc. Mais ça veut dire que quelles que soient leurs convictions profondes, ils tiennent à une identité française qui est absolument imprégnée de christianisme. C'est la phrase de Soares que je cite qu'il aille ou non à la messe, le français a les évangiles dans le sang. Je le crois profondément. Et je pense, d'ailleurs, je vois les messages que je reçois et je suis tout à fait d'accord avec vous ou avec toi selon le rapport que j'ai avec ces gens. J'en ai beaucoup des messages
comme ça.
Et d'ailleurs, même des musulmans, des musulmans qui sont un peu évidemment en indélicatesse entre guillemets avec l'islam. Par exemple, des iraniens qui ont fui la révolution iranienne. Par exemple, des kabiles qui sont persécutés depuis 60 ans par des libanais, qu'ils soient chrétiens ou même musulmans qui ont vu les ravages de la guerre civile, etc. Tout ces gens ou même
des gens
âgés parce qu'il y a une vraie guerre générationnelle au sein de l'islam en France aujourd'hui. Les gens âgés qui viennent me voir, qui m'arrêtent dans la rue et qui, je pense en particulier à une dame qui était avec sa fille et qui vient me voir et qui lui dit
voilà,
c'est lui qui a raison. Quand on était jeune, dit-elle à sa fille, l'islam, c'était à la maison. Je m'en souviens, je peux vous raconter cette anecdote. Donc, si vous voulez, il y a beaucoup de gens qui ont intériorisé cette règle qui était une règle évidente avant. Quand j'étais enfant, c'était une règle évidente pour tout le monde quelle que soit
leur religion. Alors, pardon, je voudrais juste revenir sur les incroyants et les athées. Je ne sais pas pour avoir voyagé parfois dans le monde oriental notamment ou dans d'autres sphères de la planète, l'idée de ne pas croire en un Dieu donné est une folie, un truc qui n'existe pas pratiquement. C'est-à-dire que ça n'existe qu'en Occident. Oui. Et donc, je pense que ça, c'est quand même
un héritage chrétien
qui donne cette liberté
de ne pas croire. Mais mon cher, c'est exactement ce que j'explique. Exactement. C'est le christianisme. On pourrait, si on voudrait aller vite, faire une révolte contre l'Église et donc, devient athée ou ce qu'on veut. Mais il n'y a qu'en Occident. Parce qu'évidemment, mais pour une raison simple, dans les autres civilisations, qu'elles soient islamiques ou confucéennes ou que sais-je, l'individu n'existe pas. Il faut quand même comprendre quelque chose qu'on n'y arrive même pas à imaginer. L'individu n'existe pas. Quand, d'ailleurs, j'ai discuté avec des amis chinois qui étaient en France, ils me le confirment. Et évidemment, des musulmans de bonne foi me le confirment aussi.
Et c'est toute, d'ailleurs, l'habileté rhétorique souvent venue des frères musulmans. Quand vous voyez à la télévision une jeune femme voilée qui vous dit c'est ma liberté, c'est mon cheminement individuel et ma liberté qui me pousse à porter le voile, tu as envie de lui dire mais tu utilises des concepts
qui n'existent pas dans ta religion. Et si Saint-Paul est parti en Grèce, en Chine ou ailleurs, c'est en effet parce que la vérité, la dignité de la personne est née en Occident, en tout cas
aux origines de l'Occident. Saint Thomas est allé en Chine. Je tiens à le dire.
Oui. Je veux juste revenir rapidement sur la place de l'islam justement en France parce que c'est une des raisons aussi du réveil identitaire dans le catholicisme. C'est face à une civilisation parfaitement consciente d'être consciente d'elle-même se pose la question de qui sommes-nous, nous. Vous parlez justement de cette guerre générationnelle entre les musulmans, les plus assimilés que les plus jeunes. Mais est-ce que c'est vraiment une question de intelligence ou c'est tout simplement une question de nombre ?
C'est-à-dire qu'en fait, ceux de la première génération étaient quand même beaucoup moins nombreux qu'avant et c'était peut-être plus difficile de s'imposer alors qu'on ne faisait pas nombre. En fait, est-ce que ce retour à la religion, pour l'appeler comme ça, des jeunes générations musulmanes, est-ce que ce n'est pas tout simplement parce qu'ils évoluent dans une société où leur entourage direct est à 100 % musulman ?
Je dirais les deux, mon général. Les anciennes générations qui avaient connu la France en Algérie et au Maroc, etc., étaient quand même beaucoup plus imprégnées et beaucoup plus admiratives de la France. Mais vous avez raison, c'est aussi parce qu'ils sont plus nombreux et donc plus puissants.
Arthur de Vatrigan. Alors justement, sur l'islamisation, vous écrivez que pour le rempart de l'islamisation, on se repasse par la laïcité. Pas seulement. Laïcité dans toute sa rigueur, laïcité française et en même temps, vous n'êtes pas dupe et dites clairement que la laïcité a été conçue pour détruire le christianisme. Absolument. Alors, comment on fait maintenant ? Parce que invisibilisation de l'espace public, ça veut dire que pour la reconquête identitaire de la chrétienté, c'est compliqué. Et en même temps, est-ce qu'il faut une primauté en gros, clairement, de la chrétienté ? C'est une très bonne question.
C'est une question fondamentale, vous avez tout à fait raison. Vous avez compris que j'essaye, j'essaye de marcher sur mes deux jambes. C'est-à-dire que je pense qu'il faut redonner une primauté culturelle avec un R au catholicisme pour bien rappeler à toutes les nouvelles générations combien la France a été façonnée par le catholicisme que j'explique dans la première partie du livre. Et deux, donc, sans conteste et je vais vous donner après un exemple et deuxièmement, utilisation de la laïcité avec l'esprit de la laïcité, pas seulement le texte de la loi de 1905 parce que c'est tout le problème. C'est que si vous voulez, c'est un peu comme le mariage.
Il était tellement évident que le mariage était entre un homme et une femme qu'on ne l'a jamais écrit et que ça a permis la suite. Et bien là, il était tellement évident que l'esprit de la loi de 1905 c'était la religion à la maison et
le
le le le pas de religion entre guillemets dans l'espace public avec des exceptions évidemment pour l'église, etc. Que l'on ne l'a pas écrit noir sur blanc et qu'aujourd'hui tous les émules de type comme Bobéro, je ne sais pas si vous connaissez des universitaires qui ont dévoyé le sens de la la loi de 1905 et qui sur lequel s'est fondé toute la stratégie des frères musulmans. Je sais, j'ai débattu moi avec Tariq Ramadan, plusieurs fois à la télévision. Et je sais comment il utilisait cette analyse et cette interprétation par Bobéro et par toute l'université française de la fameuse laïcité, vous savez, de liberté, loi de liberté, etc. au profit de l'islam. Donc il faut en finir avec ça.
Pour ça, ça demande une bataille culturelle, qui n'est pas que je suis seul à mener. Vous savez, en arabe, laïcité est traduit par athéisme. Donc il faut remettre absolument le principe, l'esprit de la laïcité en disant la religion, c'est à la maison. En fait, je répète toujours la même chose. Pardon, c'est les gens qui m'ont déjà entendu dire ça. Je ne veux pas être le Luther de l'islam. Je ne veux pas changer l'islam. Je sais que c'est une orthopraxie. Je sais qu'elle n'a pas justement ce lien fondé sur la spiritualité avec Dieu. C'est uniquement un rapport.
C'est un rapport à la loi et aux textes et aux codes juridiques et en même temps une exaltation nationaliste et guerrière à rassembler les tribus de l'ouma. Bon, ça, c'est l'islam. Moi, je demande simplement aux musulmans français, s'ils veulent passer du statut de musulmans de France au statut de français de confession musulmane, de changer leur approche de leur religion en la personnalisant, l'individualisant, en la spiritualisant. C'est tout. Après, je pense, vu le sondage d'il y a une semaine, que c'est mal parti. Donc, l'utilisation de la laïcité doit les contraindre à cela. C'est très simple. Je vous disais que je ne voulais pas être Luther.
En revanche, je veux bien être le Clermont-Tonnerre de l'islam. Et là, je cite le fameux discours de Clermont-Tonnerre à l'Assemblée nationale constituante en 1789 qui parle des juifs et qui dit, la phrase est très connue, je veux tout donner aux juifs en tant qu'individus et rien en tant que nation. Et, et, parce que le judaïsme ressemble en cela à l'islam. Plutôt, c'est l'islam qui ressemble en cela au judaïsme. C'est d'abord un peuple. Donc, il dit ça et il ajoute, ce qu'on ne cite jamais, parce que moi, je suis allé chercher dans la suite du discours, il ajoute, on me dit qu'ils ne le veulent pas.
Alors, dans ce cas-là, qu'on les bannisse, car il ne peut pas y avoir, de nation dans la nation. Clermont-Tonnerre, la révolution française. C'est clair comme de l'eau de roche. Qu'on les bannisse, ça veut dire remigration.
En revanche, vous parlez de cette discrétion dans l'espace public pour les musulmans, mais pour les catholiques, parce que, il faut, au contraire, si on veut rechristianiser, c'est tout l'enjeu. Assurer la visibilité des processions, arrêter d'avoir des débats chaque année sur la crèche géante dans la rue, sur le sapin, sur l'espace public.
Alors, vous avez tout à fait raison.
Et peut-être même, faut-il prêter serment sur la Bible lorsqu'on est élu président ? Mais pourquoi pas ?
Les Américains le font, les Russes le font. C'est la vraie question. Vous avez raison, il faut trouver un équilibre subtil entre l'affirmation culturelle du catholicisme, comme, vous savez, si je voulais paraphraser Jean-Paul II, vous avez parlé de Jean-Paul II, comme frère aîné de tous les Français, quelle que soit leur confession, et en même temps, faire respecter, une laïcité stricte qui respecte quand même l'égalité de tous les citoyens devant la loi. Vous voyez, je ne dis pas que c'est facile, je dis que c'est possible. Je vous donne un seul exemple, vous allez comprendre.
Au 19ème siècle, quand on a construit les belles synagogues qui sont dans Paris, les beaux temples protestants, il y avait une règle, c'est qu'ils devaient être construits derrière une façade d'immeuble. Pour que, justement, extérieurement, la France continue d'être le manteau d'église. Vous voyez, et je peux vous dire, je connais une synagogue au Tournelle, face à la place des Vosges, qui est une des grandes, très belles d'ailleurs, synagogues de Paris. Vous savez que les Juifs doivent prier vers l'Est, puisque c'est vers Jérusalem. Et bien, comme l'Est, c'était face à la place des Vosges, donc on a fermé quand même cette façade, et les Juifs ont été obligés de prier.
Et donc, on a fermé quand même cette façade, et les Juifs ont été obligés de prier. Et donc, on a fermé quand même cette façade, à contrario de leurs règles liturgiques, de prier de l'autre côté. Ça n'a l'air de rien, évidemment. Pour un esprit agnostique et laïcisé, ce n'est rien du tout. Pour les Juifs, ce n'était pas rien. Donc, je pense qu'on peut très bien trouver des solutions. On l'a fait dans le passé.
Est-ce que, alors, comme c'est la mode de triturer la Constitution de tous les côtés, on se dit pourquoi pas, mais c'était le débat au moment de l'Europe. Est-ce qu'on a inscrit ou pas les racines chrétiennes ? La primauté chrétienne, culturellement, fait que... La culture chrétienne.
Je ne suis pas juriste, pas politique. Non, non, mais quelles conséquences ça aura ? Moi, je ne suis pas contre, a priori, par principe. Je dis sur quoi ça débouchera.
Les pères de l'Europe vous ont répondu parce qu'ils ont expliqué au moment de ce débat-là que, justement, comme l'Europe était un projet universaliste, il ne fallait rien marquer dans la Constitution qui empêcha ceux qui n'étaient pas chrétiens d'y venir.
Mais, justement, je pense que ce fut une grave erreur. Et je vous rappelle qu'on dit les pères de l'Europe, non, c'est Jacques Chirac et Lionel Jospin.
Là, je parlais du communiste qui avait gratté, mais on est d'accord. On est d'accord. Parce que les autres pays étaient d'accord. Moi, j'ai une question taquine, Éric Zemmour. Oh là ! Imaginons que vous soyez élu président de la République. C'est pas taquin, ça ? Non, non, c'est la suite qui est taquine. Est-ce que vous pourriez envisager, comme Clovis ou comme Henri IV, de vous convertir au christianisme parce qu'après tout, Paris et la France valent bien une messe ?
Accordez-moi que c'était un autre contexte historique. C'est pour ça que c'est taquin. Comme l'a dit votre voisin, une majorité énorme catholique, alors qu'aujourd'hui, nous avons une minorité catholique. Et, en plus, honnêtement, moi, je ne suis pas malhonnête et je ne veux pas tromper les gens. Comme j'ai bien expliqué, et tout le monde l'a compris, que le catholicisme reposait sur la foi, si je n'ai pas la foi, me convertir, franchement, serait, comment vous dire, même, j'allais, je cherche... Pour imposer la loi. Non, est-ce que ça serait la foi ? Oui, je pense que oui. Le président de la République est, en tout cas, sa femme. Le président de la République est...
Oui, mais après la victoire, c'est l'essentiel.
Le président de la République est chanoine de Saint-Jean-de-Latran. Est-ce que c'est quelque chose que vous accepteriez du coup ?
Ah oui, évidemment. Mais ça, c'est les traditions françaises, ça serait évidemment que je les accepterais.
Alors, il nous reste... On est arrivé au terme de la discussion. Est-ce qu'il reste une question éventuellement pour Éric Zemmour ? Et moi, j'en ai une ultime. Non ? Eh bien, je pose mon ultime question. Éric Zemmour, cette fois-ci, elle n'est pas taquine, la question. Est-ce que vous y croyez vraiment à la rechristianisation de la France ?
Dans le sens où je l'ai employée, oui. Je pense vraiment qu'il y a une jeunesse, je l'ai vue, une jeunesse qui est en train de se réapproprier. Alors, c'est encore confus, c'est encore parfois un peu balbutiant, évidemment. Je ne surestime pas cela. Mais vous savez, on a déjà vu ça dans le passé. La déchristianisation. Vous savez, quand Chateaubriand écrit en 1800, 1801, le génie du christianisme, il est convaincu, il l'écrit, je l'ai relu cet été, que le christianisme va disparaître de la France. Il écrit des pages là-dessus en disant, mais le christianisme va disparaître. Et il n'est pas le seul. Il y a un critique littéraire du...
de la fin du XIXe siècle qui disait, il faut réécrire le génie du christianisme une fois par siècle. Bon. Effectivement. On connaît votre prochain
livre. Merci beaucoup. Celui-là.
Je l'ai écrit. J'ai écrit mon petit génie du christianisme.
Merci Eric Zemmour. Ça s'appelle donc La messe n'est pas dite aux éditions Fayard. Et merci beaucoup d'être venu au micro de Radio Courtoisie. Et j'espère à une prochaine fois. Et peut-être avant même la sortie du prochain. On vous revoit plus souvent. Merci encore. Merci. Chers amis, Radio Courtoisie pourrait se taire. Car Radio Courtoisie sans subvention ni publicité ne vit que de vos dons. Radio Courtoisie fête ses 38 ans.
Éric Zemmour