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InterviewC à vous (sur YouTube)· 8 octobre 2025 52 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesBudget & impôtsInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Emmanuel Macron toujours silencieux - C à Vous l’intégrale - 08/10/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que S.Lecornu aurait réussi cette mission de la dernière chance?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    A quoi ont servi ces 48 heures de mission de la dernière chance?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Quel est le scénario à venir? Un Lecornu II?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Dissolution? C'était le titre de 'L'Opinion' lundi.

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquez-vous le silence du président?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00R.LescureChiffre
    « Modifier la réforme des retraites va coûter des centaines de millions en 2026 et des milliards en 2027. »
  • 10:00M.LéonChiffre
    « 100 millions d'euros pour 2026, quand on compare le prix d'une dissolution estimée à 15 milliards, c'est un coût accessible pour avoir une stabilité politique. »
  • 15:00N.BeytoutChiffre
    « Le remboursement des intérêts de notre dette, l'an prochain, c'est 70 milliards d'euros, le premier budget français. »
  • 20:00S.LecornuPromesse
    « J'ai décidé de renoncer à l'article 49-3. »
  • 25:00C.DalinFait
    « On m'a découvert cette tumeur à 39 ans. La moyenne d'âge pour ce cancer, c'est 60 ans. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Heureuse de vous retrouver. On est ensemble en direct jusqu'à 21h. A la une ce soir, la journée très chargée d'un Premier ministre démissionnaire. - Ca arrive. - C'est elle. - Monsieur le gendarme, s'il vous plaît! - O.Faure: Vous nous dites quand vous êtes OK. - Reculez. - Les socialistes sont encore à l'intérieur. - F.Roussel: On va les pousser! - M.Tondelier: On part où?

Ma valise est là-bas. - F.Roussel: On n'est plus à 2 minutes. - A.-E.Lemoine: Tout l'échiquier politique a défilé à Matignon dans le cadre d'une ultime tentative de conciliation.

S.Lecornu doit prendre la parole d'ici une demi-heure. - P.Cohen: La suspension de la réforme des retraites a été envisagée en échange d'une non-censure du PS.

Il n'est pas sûr que ce scénario soit encore debout ce soir. - A.-E.Lemoine: On pose la question à nos invités.

O.Pérou, vous êtes aux côtés de N.Beytout.

Merci de votre présence à tous les deux. E.Borne propose la suspension de sa réforme des retraites.

S.Lecornu proposait avant le week-end de ne plus utiliser le 49-3. Ca fait réagir nos téléspectateurs. - E.Tran Nguyen: On a posé la question aux téléspectateurs. s'il faut abandonner le 49-3. - A.-E.Lemoine: On voit ça dans un instant.

A la une ce soir, une course pas comme les autres. - C.Dalin: Où est Charlie?

Dans le mât de son Imoca. On va goûter quand même...

Ca a le goût de champagne, encore. - L.Sénéchal: Le goût de champagne et de la victoire.

Il a remporté ce Vendée Globe en luttant contre un cancer. Il lutte toujours contre la maladie. Il est ce soir notre invité. - A.-E.Lemoine: Il raconte cette course pas comme les autres dans "La Force du destin", son livre, qui sera bientôt disponible.

Le mystère des disparues de Perpignan... - Toujours aucune nouvelle de Tatiana. - Poursuite des recherches à Perpignan pour retrouver une étudiante de 23 ans. - L'ombre d'un tueur en série plane sur cette enquête. - L.Amar: Entre 95 et 2001, 4 jeunes femmes disparaissent à la gare de Perpignan. 3 ont été retrouvées mortes.

On ne sait toujours pas ce qui est arrivé à la quatrième. C'est l'objet d'une série qui sort aujourd'hui et de la Story de tout à l'heure. - A.-E.Lemoine: Nos invités après 20h...

M.Mathieu a fait ses débuts sous le général de Gaulle. Un exemple de stabilité, comme un phare dans la nuit dans un monde si incertain. 60 ans de carrière depuis son premier succès. "Mon credo", c'est le titre de son triple album best of.

Votre OEil, Pierre? - P.Lescure: Je vous parlerai d'un film, "Le Dernier Quart d'heure".

Le réalisateur imagine que la peine de mort est toujours en vigueur en France. - A.-E.Lemoine: Voilà pour le programme.

On commence par l'édito de P.Cohen. Les consultations de la dernière chance pour S.Lecornu, avec un point central et crucial: le sort de la réforme des retraites. - P.Cohen: Portée il y a 2 ans et demi par E.Borne, qui est devenue ministre d'Etat, ministre numéro 2 du gouvernement Lecornu.

Elle a suggéré une suspension de cette réforme, soit la victoire politique espérée par le PS en échange d'une non-censure. Ce trophée lui permettrait de se tourner vers les électeurs de gauche en disant: "Voyez ce qu'on a obtenu en pactisant." - O.Faure: Je veux savoir si cette victoire est réelle ou pas.

Ce serait une formidable avancée pour ces salariés qui se sont battus par millions, pour les syndicalistes, la gauche politique qui s'est battue contre cette réforme. - P.Cohen: O.Faure dit que c'est une formidable avancée, avant sa rencontre avec S.Lecornu.

A la sortie, il dit qu'il n'a pas eu confirmation de ce projet. Nous n'avons encore aucune assurance sur la réalité de cette suspension. Au même moment, R.Lescure, ministre démissionnaire de l'Economie, met en garde. - R.Lescure: Modifier la réforme des retraites va coûter des centaines de millions en 2026 et des milliards en 2027.

Face à des plus, il va falloir des moins. Il va falloir négocier. Je suis prêt à faire des concessions.

Elles ont toutes un prix et il faudra les financer. - P.Cohen: Le prix d'un accord politique avec le PS est-il trop élevé?

La secrétaire générale de la CFDT a répondu à cet argument. *-M.Léon: 100 millions d'euros pour 2026, quand on compare le prix d'une dissolution estimée à 15 milliards, c'est un coût accessible pour avoir une stabilité politique. - P.Cohen: Dans ce comparatif coût-avantage, on a tout le débat qui agite le camp présidentiel depuis hier et la sortie d'E.Borne.

Que considérer en priorité? Le court ou le moyen terme? Le court terme est un moyen d'éviter la dissolution, qui serait catastrophique pour le bloc central et qui donnerait les clés du pouvoir au RN.

Le moyen terme, c'est le sacrifice d'une réforme emblématique, souvent perçue par les milieux économiques comme la seule grande réforme structurelle entreprise par E.Macron. Ce serait un signal épouvantable envoyé aux marchés, aux investisseurs et à Bruxelles.

On n'a pas oublié les jours et les nuits passés à batailler dans l'Hémicycle pour cette réforme, à se faire insulter. Certains ont vu leur permanence vandalisée. Discussions enflammées hier soir sur la boucle Telegram des parlementaires et ministres Renaissance. "Faut-il dilapider nous-mêmes notre héritage ou le laisser faire par la majorité RN qui arrivera au pouvoir après dissolution?" L'entourage de B.Retailleau a laissé dire que la suspension de cette réforme serait une ligne rouge pour LR, ce qui ne manque pas de sel ni de culot quand on se souvient des conditions d'adoption de cette réforme et de la douzaine de députés RN cornaqués par L.Wauquiez, qui ont fait défaut au gouvernement au moment du vote et contraint E.Borne à engager le 49-3.

Si le RN avait tenu parole, le projet Borne de retraite à 64 ans aurait été voté par l'Assemblée et on n'en serait pas là aujourd'hui. S'il y a suspension de la réforme, ce qui n'est pas acquis, les parlementaires LR ont dit qu'ils se retrouveraient ce soir en visio pour définir une ligne, a minima une non-participation et au pire, une censure. Le RN se comporte en spectateur d'une comédie ou d'une tragédie dont il triomphera à la fin, mais en attendant le dénouement, puisqu'il est question d'un retrait de la réforme...

La question a été posée à M.Le Pen. - M.Le Pen: Je censure tout, maintenant. - Même de grandes avancées? - M.Le Pen: Je censure tout.

Stop. La plaisanterie a assez duré. On fait courir les Français derrière des baballes pour gagner du temps. - P.Cohen: Autrement dit, "rien ne m'importe plus qu'un retour aux urnes et mon arrivée au pouvoir".

Plus tard, M.Le Pen considère que les jeux sont faits, que les élections attendront, puisque la réforme a vécu. - M.Le Pen: Elle est suspendue.

Elle sera suspendue. C'est la seule condition pour laquelle ils vont réussir à mettre des carottes avec des fraises, des poireaux avec des poires. Il n'y a que ça.

Elle sera suspendue. Le problème ne se pose plus. - P.Cohen: M.Le Pen a senti le vent tourner aujourd'hui, à tort ou à raison.

On le saura dans un peu plus d'une heure, avec la prise de parole de S.Lecornu. L'Elysée a fait savoir qu'E.Macron garderait le silence aujourd'hui encore.

Oubliez tout ce que je vous ai dit, ou l'essentiel, sur l'impossible accord avec la gauche. Les chefs de groupes LR, Renaissance, MoDem, Horizons et Liot, c'est-à-dire le socle commun élargi, se disent prêts à travailler ensemble sur une plateforme commune. C'est ce qu'ils ont fait savoir à la sortie d'une réunion avec S.Lecornu.

C'est pour une sorte de pacte de stabilité, un programme commun de gouvernement, un contrat de gouvernement. Le Premier ministre, fort de ce pacte, irait dire au président de la République qu'il y a un chemin et que la dissolution ne servirait à rien, mais on ne voit pas sur quelle majorité à l'Assemblée pourrait s'appuyer ce pacte de stabilité et ce gouvernement qui comprendrait davantage de LR que ce qu'il y avait dans le gouvernement Lecornu. - A.-E.Lemoine: Pour poser la question simplement, est-ce que S.Lecornu aurait réussi cette mission de la dernière chance? - N.Beytout: Pour l'instant, non.

S'il se dessinait un socle commun re-solidifié, avec Horizons, MoDem, Liot...

S'ils arrivent à faire une plateforme...

Le RN censure, le PS censure a priori et LFI censure. Ca ne passe pas. Question simple, réponse simple: non. - O.Pérou: Si vous m'aviez appelé il y a 3 heures, j'aurais pu vous dire que le PS aurait peut-être pu céder sur cette suspension, sur un accord de non-censure.

Au fil de la journée, du côté du PS, on est redevenu maximaliste. Ils préfèrent dire "cohérent", sur la seule base de leur programme budgétaire qu'ils ont présenté à Blois à la fin de l'été. Ils sont revenus sur des exigences qu'ils résument brièvement, à savoir: "Nous voulons un pilier social, pouvoir d'achat, qui serait financé sur un pilier de justice fiscale, et un 3e pilier de relance." Il n'y a qu'un Premier ministre de gauche issu de leurs rangs qui peut garantir cela, selon eux. "Nous exigeons d'avoir les clés de Matignon." - A.-E.Lemoine: La question de la réforme des retraites a failli tout débloquer? - O.Pérou: Il faut regarder le chemin de cette question de la réforme des retraites et de sa suspension.

Elle est revenue au coeur du débat lundi, après les ultimes négociations entre S.Lecornu et le PS. Pendant un mois, le PS a réussi une sorte de victoire culturelle avec la taxe Zucman.

Voyant qu'il y avait peut-être un chemin ouvert par S.Lecornu avec la taxe sur les holdings, le patrimoine financier et que, finalement, ils pouvaient laisser le Parlement gérer les niveaux de cette taxe...

Ils sont revenus à la réforme des retraites, une demande répétée notamment par les syndicats. Dans la première maquette du programme budgétaire du PS, présenté à Blois à la fin de l'été, la suspension de la réforme des retraites n'y figurait pas. Elle a été rajoutée au dernier moment parce que les syndicats l'exigeaient. - A.-E.Lemoine: C'était l'initiative de la dernière chance pour tenter d'obtenir un compromis avec le PS, au risque de saborder l'héritage, ce que le bloc central a souligné. - N.Beytout: C'était saborder l'héritage économique et politique et provoquer l'accélération d'une crise.

C'était choisir une crise économique en espérant pouvoir échapper à une crise politique. Ils vont avoir les deux. Ce qu'on comprend, même si c'est passé inaperçu...

S.Lecornu a dit qu'il renonçait à baisser les déficits comme on devrait les baisser. Il y a un renoncement économique qui va continuer à nourrir le doute.

Tout le débat sur les retraites donne une idée de l'effondrement du bilan d'E.Macron et du manque de prise de conscience de ce qu'est la réalité du budget en France. Quand on dit qu'on va reporter la réforme des retraites...

A l'évidence, tout l'argent qui sera dépensé pour ça doit être récupéré quelque part, économisé quelque part. C'est ce que disait R.Lescure.

Il faut réduire la dépense. Plus on renonce à réduire les dépenses ici, plus on accélère les dépenses sociales là, plus on se trouve face à une impasse qui conduit à une crise économique. Les taux d'intérêt, c'est un poison lent.

Ce n'est pas un clash immédiat. La hausse des taux d'intérêt commence à peser très lourd sur l'économie, le budget de la France et les entreprises. Tout ça finira mal. - A.-E.Lemoine: A quoi ont servi ces 48 heures de mission de la dernière chance?

Malgré tout, à siffler la fin de la récré autour du bloc central? - O.Pérou: La fin de la récré ne sera pas sifflée.

On rentre dans une nouvelle étape, où même le bloc défini n'est pas majoritaire. M.Le Pen a été très claire: la censure, le pari de la dissolution.

Les socialistes sont conscients qu'une censure a priori d'un gouvernement Lecornu II, c'est le chemin vers une nouvelle dissolution. Ils s'y préparent depuis des mois. Les socialistes regardent sur leur gauche.

Les écologistes sont retournés assez rapidement dans les bras des insoumis lors des négociations ces derniers jours. Les insoumis ont prévenu qu'ils censureraient tout gouvernement de continuité avec les macronistes. On a un bloc de gauche qui voterait la censure et, visiblement, le RN aussi. - P.Cohen: Aucune force politique n'est homogène.

Chaque force est tiraillée d'influences et de sentiments contraires. C'est particulièrement vrai au PS, où tout le monde n'est pas enthousiaste pour partir et revenir aux urnes... - N.Beytout: C'est vrai aussi à droite.

Ca a servi à fracturer un peu plus tous les partis, cette semaine, sauf les 2 extrêmes, LFI et le RN. Les 2 sont solides sur leurs appuis. Le PS est fractionné, divisé.

LR est complètement perdu. La bataille entre Retailleau et Wauquiez a fait beaucoup de dégâts internes. Sur la retraite, les LR étaient profondément divisés.

La posture ou les interrogations sur la ligne politique à suivre, ça fait des dégâts immenses à l'intérieur même. On avait une tripartition. On a maintenant une pluripartition. - P.Cohen: Les socialistes n'ont cessé de changer de priorité.

On a eu la taxe sur les ultrariches, le 49-3, qui a été très mis en avant, qui a été obtenu, et maintenant, la suspension des retraites. A chaque fois, il y a une condition supplémentaire. - O.Pérou: C'est le plus vieux débat à gauche.

Le PS est toujours en crise d'identité, y compris dans des moments comme celui-ci. Les dirigeants du PS, on les disait mort-nés avec l'arrivée d'E.Macron, qui leur a tout piqué en 2017.

Ils ne veulent pas être la dernière béquille du macronisme. Une phrase a fuité dans la presse, signée B.Vallaud: "Il faut leur faire mal, aux macronistes." Cette phrase résume beaucoup de choses. - P.Cohen: C'est pour ça qu'on a pris au sérieux l'idée d'E.Borne. - O.Pérou: Il ne faut pas sous-estimer le poids des élections à venir.

Les élections municipales sont cardinales pour le PS. Ca leur permet de survivre, notamment face aux insoumis. Dans moins de 2 ans, il y a une élection présidentielle.

Celui qui sauve E.Macron aujourd'hui peut le payer potentiellement. - A.-E.Lemoine: Quel est le scénario à venir?

Un Lecornu II? - N.Beytout: Ou quelqu'un d'autre du socle commun élargi ou de la société civile mais compatible avec ce socle commun. - P.Cohen: Plutôt à droite... - N.Beytout: La tentative de former un gouvernement, de présenter un budget, probablement sans 49-3, ce qui est à mon avis une tragédie absolue sur ce qui peut sortir de l'Assemblée nationale...

Le budget Barnier, qui avait été adopté l'an dernier avec le 49-3, c'était le grand n'importe quoi. Il y avait eu des dizaines de milliards d'impôts supplémentaires, de dépenses supplémentaires. On avait un trou gigantesque qui s'était creusé.

Sans 49-3, ce texte revenait...

C'était un désastre. Je ne vois pas comment le gouvernement peut réussir à faire passer un budget, donc probablement dissolution. - A.-E.Lemoine: Dissolution?

C'était le titre de "L'Opinion" lundi. - N.Beytout: Tout ça révèle la réalité de ce qui se passe en ce moment: le président de la République essaie de gagner du temps. - A.-E.Lemoine: Il y arrive? - N.Beytout: Oui.

Il n'a pas encore dissout ni démissionné. Mais tout ça est un gain de temps qui montre qu'aucune solution...

Il essaye toutes les solutions. Ce qui a beaucoup nourri la rumeur selon laquelle il y aurait un Premier ministre socialiste, c'est qu'il aurait tout essayé. Cette hypothèse non plus n'était pas crédible et ne passait pas.

La gauche est au plus bas niveau historique de la Ve République. - O.Pérou: Rien ne l'empêchait de tester l'ultime carte de la gauche avant la dissolution.

Ce qui est étonnant chez E.Macron, c'est son silence. Il est l'une des seules clés pour régler ce qui se passe.

Dans les exigences socialistes, il y a... "Il faut qu'on s'assure que la suspension de la réforme des retraites soit votée au Parlement, mais aussi que le président ne nous fasse pas un enfant dans le dos en passant derrière pour ne pas l'appliquer." Le Premier ministre n'est pas décisionnaire.

Il est démissionnaire, pas décisionnaire. On avait, notamment à Renaissance, la tension entre les députés. Beaucoup considéraient qu'ouvrir la porte de la suspension, c'était aller directement vers l'abrogation de cette réforme, qui est "la" réforme identitaire du macronisme ces dernières années.

Suspendre ou abolir la réforme des retraites équivaudrait à dire que le macronisme est fini, que ce n'était qu'une parenthèse dans l'histoire politique du pays. Les socialistes et LR en rêvent. Je ne suis pas sûr que les macronistes en rêvent. - A.-E.Lemoine: Comment expliquez-vous le silence du président? - P.Cohen: Il faut avoir quelque chose à dire... - N.Beytout: Il n'a pas de solution.

Toutes ses tentatives se heurtent à la réalité ou à des manoeuvres partisanes, comme dit S.Lecornu. Il n'a pas de solution.

Plus on avance et plus le blocage se resserre, plus les noeuds sont difficiles à dénouer et plus le risque économique est grand. Les pays partenaires de la France se disent qu'il est dingue. - A.-E.Lemoine: Regardez la une du "Point" demain. "M. le Président, sortez la tête haute!" Ca fait référence à E.Philippe, qui a conseillé à E.Macron d'organiser des élections présidentielles anticipées, de quitter le pouvoir de manière ordonnée.

Ca laissera des traces. Ca infuse. - N.Beytout: Le débat a été installé il y a pas mal de temps.

J.-F.Copé est un récidiviste de l'appel à la démission du président de la République.

C'est le 1er Premier ministre d'E.Macron qui dit ça...

C'est d'une grande violence. Même si c'est dit avec la rondeur dont est capable E.Philippe, avec cette petite nuance... "Faisons d'abord un budget et, après, qu'il démissionne." Une dissolution, si elle est trop tardive, empêcherait le prochain président de la République de pouvoir dissoudre et d'avoir une Assemblée nationale à sa main. - P.Cohen: Est-ce qu'on peut dire poliment et gentiment à E.Philippe que son propos, son appel aurait eu davantage d'impact s'il n'avait pas violemment décroché dans les sondages présidentiels dans cette course dans laquelle il est engagé?

Il a déclaré officiellement sa candidature. - P.Lescure: Vous évoquiez le regard inquiet de nos partenaires européens.

La Commission européenne peut laisser S.Lecornu, si son gouvernement tient un peu, diminuer l'effort sur le déficit? - N.Beytout: C'est difficile à imaginer.

Il va se passer de sanctions probables, de notations. Ca va donner une indication assez lourde. Si on perd encore des points dans ces agences de notation, ça va renchérir la façon...

Le vrai problème, c'est que nous sommes tellement importants dans l'Europe...

On pèse tellement lourd auprès de la Commission européenne que nous sanctionner, c'est très difficile. La Grèce, c'était plus facile. On pèse trop lourd.

Même si le FMI n'arrive pas à nos portes, il peut arriver un moment où un mécanisme qui n'a jamais été utilisé en Europe, de la BCE, soit activé...

Il est activé à la demande d'un pays qui n'arrive plus vraiment à se financer à des taux corrects. Les taux français commencent à peser très lourd. Le remboursement des intérêts de notre dette, l'an prochain, c'est 70 milliards d'euros, le premier budget français.

On paye plus pour éponger le passé que pour préparer l'avenir. Le moment qui n'est pas encore là, mais qui peut se produire, où la France commence à trouver que c'est trop cher...

Elle peut activer la BCE et lui demander qu'elle lui prête de l'argent. La BCE dira: "Alors, vous faites des efforts sur la dette, les dépenses publiques." On a des cordes de rappel.

Il y a la pression politique des autres dirigeants, qui peuvent dire à E.Macron que ça suffit. - E.Tran Nguyen: E.Macron et S.Lecornu viennent de terminer leur entretien.

Que S.Lecornu reste ou non, est-ce que sa promesse de ne pas utiliser le 49-3 va survivre? - S.Lecornu: J'ai décidé de renoncer à l'article 49-3.

Le Parlement a été renouvelé il y a plus d'un an. Il ressemble aux Français avec ses divisions. On ne peut pas passer en force et on ne peut pas contraindre son opposition. - E.Tran Nguyen: Le coup politique a beau avoir surpris, il n'aura pas suffi.

En revanche, il a conforté l'idée que cet outil pose problème. Il a aussi discrédité un peu ses prédécesseurs en voulant y renoncer, notamment une ministre qui a fini par être surnommée "madame 49-3". - E.Borne: Il n'existe pas de volonté de la part des oppositions...

Les oppositions ne souhaitent pas trouver de compromis...

Sur le fondement de l'article 49-3...

J'engage la responsabilité de mon gouvernement...

C'est la démocratie parlementaire qui aura le dernier mot. - E.Tran Nguyen: Ca va lui coller à la peau, comme l'image d'un outil antidémocratique va coller à l'image de la Constitution.

Si on demande aux Français leur avis sur la promesse de Lecornu d'y renoncer, on pourrait s'attendre à ce que tout le monde réponde "oui". J'ai eu des "oui" argumentés. Plus surprenant, j'ai aussi reçu des "non".

Quand on voit la composition de l'Assemblée nationale, qu'aucune majorité ne se détache, que les réformes sont quasi impossibles à passer, vouloir s'en passer, c'est du courage ou de la folie? N.Beytout, vous avez déjà un peu répondu. - O.Pérou: Le 49-3 avait été un élément déclencheur de la mobilisation au moment de la bataille de la réforme des retraites.

Il y a eu beaucoup de ressentiment contre ça. On citait César tout à l'heure...

Je veux rendre à César ce qui est à César. Cette idée de gouverner sans 49-3 vient de la gauche, d'O.Faure, au moment du Nouveau Front populaire.

A l'époque, F.Hollande et L.Jospin l'appellent pour lui dire que c'est une très mauvaise idée.

Certes, cet outil a été dévoyé, mais il est aussi utile pour négocier avec les oppositions pour obtenir des petites victoires. - N.Beytout: C'est une très mauvaise idée.

S.Lecornu dit "dans un Parlement qui fonctionne"...

Le Parlement, actuellement, dysfonctionne gravement. C'est un article qui est fait pour permettre à un gouvernement qui n'est pas majoritaire de faire passer un certain nombre de projets, avec des concessions, bien qu'il n'ait pas la majorité. C'est le principe.

Dire "je suis minoritaire, je suis assiégé de toutes parts, je me prive du dernier outil qui peut me permettre de gouverner", c'est une pure folie. Aller chercher des compromis, c'est une très bonne idée quand on vient d'avoir une élection, mais c'est une très mauvaise idée quand on est à 15 mois d'une élection. C'est le moment où la vie politique se polarise.

C'est sûrement pas le moment où on va aller chercher des compromis pour bâtir des majorités sans 49-3. - A.-E.Lemoine: N.Beytout, directeur de "L'Opinion", avec une une... - N.Beytout: Ca dépendra de ce que dira l'ancien Premier ministre. - A.-E.Lemoine: Et je rappelle votre ouvrage, "La Meute", O.Pérou.

Restez avec nous. C'est la Story de L.Amar. - Bien sûr. - Coller une affichette, ça ne coûte pas d'argent.

C'est gratuit. Ca me fait beaucoup de bien. Si j'arrête de distribuer des affiches, qu'est-ce que je vais pouvoir faire pour retrouver ma fille? - L.Amar: C'est l'histoire d'un mystère, le mystère Tatiana Andujar, cette jeune fille de 17 ans, la première des disparues de la gare de Perpignan.

Entre 95 et 2001, 4 femmes se volatilisent au même endroit et dans des circonstances similaires. 3 sont retrouvées mortes, mais pas Tatiana. Cette affaire ressurgit parce qu'une série lui est consacrée.

Elle retrace une enquête qui, depuis 30 ans, fait la une des médias. - Toujours aucunes nouvelles de Tatiana Andujar. Elle a disparu depuis le 24 septembre. - Poursuite des recherches à Perpignan... - Si quelqu'un l'a vue quelque part...

Quelqu'un doit savoir quelque chose. - Les enquêteurs n'établissent aucun lien, mais l'ombre d'un tueur en série plane sur cette enquête. - Je garde l'espoir de connaître la vérité sur ma soeur. - L.Amar: 3 des 4 disparitions ont été élucidées.

Le tueur en série J.Rançon a reconnu avoir violé et mutilé 2 jeunes filles. Il a été condamné à perpétuité, mais l'enquête l'a mis hors de cause concernant T.Andujar.

La 4e jeune femme, Fatima, a été tuée par le tenancier d'un bar de Perpignan. Il a avoué le meurtre. Impossible de le relier directement à Tatiana, malgré quelques indices.

Des coupures de presse retrouvées chez lui évoquaient sa disparition et le début d'un roman policier qu'il avait intitulé "Tatiana". 30 ans après, une femme essaie de trouver la vérité. C'est la mère de Tatiana. - Après la disparition de Tatiana, c'est le chaos total.

Je vis sur le canapé parce que je me dis que si ma fille appelle, il faut que ce soit moi qui décroche. C'est terrible. Je suis tellement heureuse pour la famille de Marie-Hélène et de Mokhtaria...

D'un autre côté, je me dis qu'ils ne vont plus chercher ma fille. On ne peut pas imaginer que votre enfant disparaisse mais qu'on ne la retrouve pas. C'est pas possible. - L.Amar: Elle a longtemps considéré que l'enquête sur la disparition de sa fille avait été bâclée.

L'hypothèse d'une fugue a d'abord été privilégiée. Plusieurs pistes se sont succédé sans jamais aboutir. Dans le train pour Perpignan, Tatiana a rencontré un jeune militaire.

Elle a cherché à rentrer chez elle en stop. Elle passe un appel depuis une cabine téléphonique. Impossible de savoir à qui.

Pour sa mère, c'est ce moment que les enquêteurs n'ont pas réussi à éclaircir. - Il y a un mystère. Tatiana arrive à la gare de Perpignan.

Pourquoi faire du stop s'il y a un jeune militaire avec qui elle a sympathisé dans le train? Ils ont échangé leurs numéros de téléphone. J'ai le sentiment que quelqu'un l'attendait à la gare.

Quand elle a téléphoné depuis cette cabine, c'était peut-être pour appeler quelqu'un et qu'il vienne la récupérer. - L.Amar: 3 ans après sa disparition, quand une 2e jeune fille disparaît à la gare, les policiers reviennent au domicile de Marie-José Garcia.

Ils se heurtent à sa colère. - Il y a 3 ans, vos collègues nous ont presque ri au nez. Une fugue, ils nous ont dit, mais la vérité, c'est qu'ils n'ont pas cherché.

Ils nous ont interrogés, mis sur écoute, mais ils ne l'ont pas cherchée! Ma fille a disparu. - Madame Andujar, je vous promets... - Pas de promesses!

Je sais que c'était pas vous à l'époque, mais ça ne vous donne pas le droit de vous pointer chez moi et de dire que ma fille a fini comme elle. Je veux pas l'entendre sauf si vous nous aidez à la chercher. - L.Amar: C'est M.Doutey qui interprète Marie-José Garcia.

Les 2 femmes ont beaucoup échangé en amont du tournage. - M.Doutey: J'ai vu énormément de vidéos où Marie-Jo prenait la parole.

J'ai fait un vrai travail grâce à elle pour préparer le personnage. Elle a parlé de son quotidien à la scénariste. Elle est venue sur le plateau.

Avant de commencer, je lui ai envoyé un texto. On a échangé plusieurs fois. Quand elle est arrivée sur le plateau, toute l'équipe a été très émue de la rencontrer. - L.Amar: Marie-José Garcia espère que cette série va permettre de relancer l'enquête et de faire émerger de nouveaux témoignages.

Le 25 septembre, le pôle cold case de Nanterre a lancé un nouvel appel à témoins. - A.-E.Lemoine: Tout de suite, le 5/5.

G.Pelicot à nouveau face à l'un de ses violeurs à la cour d'appel de Nîmes. - L.Sénéchal: Elle a tenu à être présente les 4 jours d'audience, et peut-être 5.

Ca va être prolongé. Elle veut affronter le regard du seul homme qui a fait appel de sa condamnation pour viol. G.Pelicot soutenue par des militantes féministes qui l'applaudissent et célèbrent son courage.

Elle a refusé le huis clos. Avant d'interroger la cour d'appel de Nîmes...

L'homme est resté droit dans ses bottes et dans sa défense. Il dit avoir été piégé par D.Pelicot. - Lui n'avait pas conscience de l'inconscience de G.Pelicot.

Ces vidéos ne sont pas le reflet de ce qu'il a vécu. Ces vidéos sont le reflet du plaisir de D.Pelicot. - Cet homme exprime farouchement l'idée qu'il a le sentiment d'avoir été piégé par un personnage qui est un pervers hors norme. - L.Sénéchal: D.Pelicot a été auditionné hier.

Il purge une peine de 20 ans de prison. Il a pleuré à l'évocation de sa détention et en voyant son ex-femme et victime, G.Pelicot. - Le face-à-face est toujours douloureux.

Il en a pleuré parce qu'il est à cran. Il est seul. Il ne discute avec personne.

Il ne voit personne, si ce n'est sa psy et moi. - L.Sénéchal: D.Pelicot a chargé l'accusé, qui savait qu'il allait violer une femme endormie dès le premier contact sur Internet. "Je lui ai dit que je cherchais quelqu'un pour abuser de mon épouse droguée par mes soins.

J'étais étonné qu'il fasse appel." - A.-E.Lemoine: Nadine Jubillar incrimine son fils... - L.Sénéchal: Son fils qu'elle a eu à l'âge de 16 ans et qu'elle a été obligée de placer dans des familles d'accueil quand il était petit.

Pour elle, C.Jubillar est bien le meurtrier de sa femme, D.Jubillar.

Elle cite des propos tenus devant elle quelques semaines avant la disparition. Elle s'excuse même...

Elle s'est portée partie civile en tant que mamie de Louis et Elyah, les enfants du couple. - A.-E.Lemoine: C'est un exploit dont on n'avait pas mesuré la portée. - L.Sénéchal: On se souvient de la victoire de C.Dalin au Vendée Globe... 64 jours, 19 heures. 10 jours de moins que le précédent record.

Il avait l'impression d'avoir survolé la course. - C.Dalin: C'est même pas gagner en soi et boucler la boucle...

On peut avoir des avaries qui nous forcent à abandonner. J'ai eu ma bonne étoile, sur ce tour du monde. On empoche cette victoire.

C'est un torrent d'émotions. - L.Sénéchal: On ignorait que C.Dalin a pris la mer avec un intrus, un passager clandestin, une tumeur gastro-intestinale de 15 cm, diagnostiquée quelques mois seulement avant le départ.

Nombreux sont ceux qui auraient renoncé. Les médecins lui ont donné un diagnostic et un médicament. Ca lui a suffi.

Il est parti, ne laissant rien paraître. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, C.Dalin.

Ravie de vous retrouver à l'occasion de "La Force du destin", ce livre à paraître demain et qui raconte ce Vendée Globe hors norme. C'est un titre qu'on aurait pu formuler à l'inverse. C'est vous qui avez forcé le destin, qui avez décidé de ne pas renoncer.

Rien ne vous empêcherait de gagner cette course, surtout pas cette tumeur. - C.Dalin: C'est vrai que ça a été un choc, cette annonce un an avant le début de l'épreuve.

A ce moment-là, je ne sais pas quelle est la nature de cette tumeur. Je ne sais pas si un traitement existe. C'est un moment difficile.

A ce moment-là, je pense surtout à mon fils, à ma femme. C'est quelques semaines plus tard que les résultats de biopsie arrivent. On me dit qu'un médicament existe.

Je reprends la navigation et les kilos que j'ai perdus. Je reprends confiance et espoir dans la participation au Vendée Globe. - A.-E.Lemoine: Les médecins vous ont dit que c'était possible, qu'il y avait un médicament.

Ca vous a encouragé à prendre cette décision, aussi, d'apprendre que d'autres sportifs de haut niveau avaient aussi continué leur carrière avec le même traitement. - C.Dalin: Exactement.

Ca m'a donné espoir, de savoir que d'autres sportifs de haut niveau avaient ce même médicament et qu'ils continuaient à pratiquer leur sport à haut niveau. Quand le professeur m'a annoncé ça et m'a dit que ce Vendée Globe était possible, je suis revenu sur un petit nuage en Bretagne. - A.-E.Lemoine: Sauf que ce médicament, il fallait le prendre tous les jours à heure fixe.

Cette course est quand même fatigante. C'est seul, sans assistance médicale. Ce médicament vous fatiguait beaucoup.

La gestion du sommeil est cruciale. - C.Dalin: J'ai dû adapter ma façon de naviguer.

Avant le Vendée Globe, j'ai fait 2 transatlantiques. Je me suis rendu compte sur la 1re course que j'avais beaucoup plus de fatigue. Sur le dernier tronçon, entre le Groenland et New York, j'étais extrêmement fatigué.

Ca m'a fait douter. Je me suis posé des questions. "Est-ce si raisonnable de faire un Vendée Globe avec ce traitement, avec cette tumeur?" Je parle à mon médecin du sommeil, à mon préparateur mental.

On met au point une stratégie que j'applique sur la course retour. J'ai qu'une seule opportunité pour adapter ma façon de naviguer: cette course entre New York et les Sables-d'Olonne, que je remporte avec beaucoup d'avance. Ca me met en confiance.

C'est à ce moment-là que je réalise que ce Vendée Globe va être possible et que je vais pouvoir maintenir mes objectifs sportifs. - A.-E.Lemoine: Pendant la course, vous avez presque oublié la maladie? - C.Dalin: Complètement.

J'étais occupé à monter au mât. Je travaillais ma stratégie. Je gérais mon sommeil, mon alimentation.

Ca m'a permis de penser à autre chose. - A.-E.Lemoine: Vous ne nommez pas cette maladie.

Vous l'appelez "le truc". Vous l'avez d'abord vécu comme une forme d'injustice. Vous n'aviez même pas 40 ans, une hygiène irréprochable, un grand sportif...

Pas d'alcool, pas de tabac...

C'était presque comme un deuil? - C.Dalin: Un deuil, un choc énorme. "Pourquoi moi?" Un sportif avec une bonne hygiène de vie...

J'ai trouvé ça injuste. On m'a découvert cette tumeur à 39 ans. La moyenne d'âge pour ce cancer, c'est 60 ans.

C'était un processus similaire au deuil. - A.-E.Lemoine: Ce qui est fou, c'est que vous étiez souriant et heureux quand on vous a reçu.

Vous étiez resté après l'émission pour échanger avec toute l'équipe et pour savourer. Cette victoire, vous ne l'avez pas savourée longtemps. 3 semaines après, les douleurs sont revenues.

Vous avez été hospitalisé, opéré. En quelques jours, vous êtes passé de l'apogée de votre carrière à un moment de vérité terrible. - C.Dalin: Exactement.

C'était vraiment un contraste abyssal entre gagner cette course qui me fait rêver depuis que je suis petit, qui est vraiment le graal...

Dans la course au large en solitaire, il n'y a pas mieux, pas plus difficile. De passer de ça à 3 semaines d'hospitalisation avec impossibilité de manger parce que mon transit ne repartait pas...

Voir toute ma masse musculaire fondre, me voir diminuer si rapidement, c'était difficile. - A.-E.Lemoine: La maladie est à peu près stabilisée? - C.Dalin: Oui.

On m'a enlevé cette grosse tumeur lors de cette opération. Malheureusement, la maladie est revenue sous une forme un peu différente au printemps. On a testé des médicaments qui ne fonctionnaient pas très bien.

On en a trouvé un qui fonctionnait de nouveau. Là, elle est stabilisée, mais c'était une année difficile. - A.-E.Lemoine: Vous savez que vous devez renoncer au prochain Vendée Globe? - C.Dalin: Oui.

Vu les traitements existants, ce ne serait pas raisonnable et pas possible de refaire le Vendée Globe. J'espère pouvoir refaire des transatlantiques. Il y a la Route du Rhum.

Je prendrai ma décision cet hiver d'y participer ou non. - A.-E.Lemoine: Vous avez écrit ce livre parce que les médecins vous ont encouragé à témoigner.

On pense à votre fils Oscar, 7 ans. Il vous entend raconter cette histoire. Qu'est-ce qu'il vous dit et que lui dites-vous? - C.Dalin: Je lui dis de continuer à vivre sa vie de petit garçon.

Les médecins sont là pour s'occuper de moi, pour trouver des solutions. Qu'il ne se soucie pas de ça. On en parle.

On ne lui cache pas cette maladie. Les enfants, c'est des éponges. Ils comprennent les choses, bien plus qu'on le pense.

On met les mots qu'il faut sur la maladie, mais...

Je lui dis que c'est pas son rôle de s'occuper de ça. Il doit continuer à jouer comme un enfant de 7 ans. 64 jours, un record fou.

Merci d'être venu. Restez avec nous. - L.Sénéchal: On va parler d'une tempête de neige sur le toit du monde qui provoque l'évacuation de centaines de randonneurs.

Les éléments sont déchaînés au pied du mont Everest. Impossible de grimper plus haut. Or, il y a foule.

C'est une semaine de vacances nationales en Chine. Ca provoque ces bouchons incroyables. Au sommet, il fait beau, mais en dessous, 3000 m plus bas, des centaines de randonneurs étaient bloqués dans la neige. - De nombreuses tentes se sont affaissées à cause de la neige.

Est-ce qu'on sait quand arrivent les secouristes? - On ne sait pas. - L.Sénéchal: Les randonneurs ont filmé la tempête depuis leur tente.

La neige s'est accumulée pendant des heures. Impossible d'en sortir. Vu d'en haut, il y a des tentes et des yacks qui ont l'air ensevelis sous la neige.

Un centre de secours a été installé en bas. Une personne est morte du froid. 580 randonneurs ont finalement été sauvés. - P.Cohen: Heureusement qu'il reste des océans pour trouver la solitude. - L.Sénéchal: Même sur l'Everest, on est loin d'être seul. - A.-E.Lemoine: C'est une information que L.Sénéchal tenait à partager: le Parlement européen a dit non au steak végétal. - L.Sénéchal: Les élus ont voté à une assez large minorité pour bannir les dénominations comme "steak végétal".

Le but est d'éviter une confusion avec les produits carnés. - Je pense qu'il faut arrêter de prendre les consommateurs pour des jambons. Un steak végétal, c'est un steak végétal.

Ca existe depuis 30 ans en France. Personne ne s'est jamais trompé et ne se trompera jamais. Si on dit "steak végétal", on se projette dans un burger végétal. - L.Sénéchal: Le texte est loin d'être appliqué.

Il faut que les 27 l'approuvent. Il est censé protéger les agriculteurs. C'était l'un des arguments mis en avant par C.Imart.

Il protège avant tout les industriels, à entendre ce boucher parisien. Pour lui, le problème est ailleurs. - Il y a des jambons de porc, de volaille qui vont être rebroyés et reconstitués.

Ca n'a rien d'un jambon et ça s'appelle un jambon. Ces produits ne rivaliseront jamais avec les produits que nous vendons. Que ça s'appelle jambon ou autrement, l'important, c'est de mettre l'accent sur le côté ultratransformé des produits. - L.Sénéchal: L'Allemagne est un pays en pointe dans ce combat.

C'est un peu le pays de la saucisse. - L.Sénéchal: C'est l'ex-chancelier allemand K.Adenauer qui a inventé la saucisse au soja, baptisée "saucisse de la paix", pendant la guerre de 14-18. - A.-E.Lemoine: La saucisse de la paix?

Mais une saucisse est une saucisse! - L.Sénéchal: La saucisse, en Allemagne, c'est une religion, comme la voiture.

Volkswagen a vendu autant des deux...

Elle commercialise des currywursts. - A.-E.Lemoine: Une saucisse est une saucisse, N.Beytout... - N.Beytout: Je suis content que vous me considériez comme un spécialiste de la saucisse.

Dans tous les problèmes d'alimentation, la confiance est un élément déterminant. - P.Cohen: Ne pas prendre les gens pour des jambons... - A.-E.Lemoine: On peut parler de la grosse bourde d'une légende du football? - L.Sénéchal: A.Del Piero.

Il a marqué plein de buts. Là, c'est un contre son camp. Il était content de voir les maillots que vont porter les joueurs à la prochaine Coupe du monde.

Il y a les maillots de l'Argentine, de l'Allemagne, de l'Italie...

Mais il a posté cette photo à ses 5 millions d'abonnés. Or, les maillots étaient secrets. Il a tout de suite enlevé son message, mais... - A.-E.Lemoine: Merci, N.Beytout et O.Pérou.

Merci, C.Dalin. J'ai offert votre livre à N.Beytout.

A très bientôt. Dans un instant, L'OEil de Pierre, M.Mathieu