Interview de Richard Ferrand | BFM TV | 04.12.16
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Cette interview donc d'Emmanuel Macron dans le JDD ce matin, on en parle avec notre invité Richard Ferrand. Bonjour, merci d'être avec nous. Bonjour.
C'est le secrétaire général d'En Marche, le mouvement d'Emmanuel Macron. Jean-Christophe Cambadeli s'avait appelé hier. Emmanuel Macron a passé par la casse primaire dans le journal du dimanche.
Réponse très claire de l'ancien ministre. Il ne veut pas passer par la primaire. On n'est pas là pour s'enfermer dans des querelles de clans.
Cette primaire, c'est OK chorale. La primaire, on l'a vu avec la droite, ça a été un succès. C'est devenu quand même apprécié notamment par les Français.
Il y avait une participation importante. Est-ce que les Français ne vont pas en vouloir à Emmanuel Macron ne pas passer par cette case ? D'abord, Emmanuel Macron a pris deux décisions irrévocables.
Être candidat à la présidence de la République et ne pas passer par les primaires. Ces primaires portanèlent, j'ai envie de dire, l'échec de ceux qui y participent. Car voyez-vous, si on prend la droite, soit M.
Fillon reste sur le programme sur lequel il a été choisi et ensuite il ne parviendra pas à rassembler, ou bien il met de l'eau dans son vin, il corrige des choses pour essayer d'élargir sa base. Et à ce moment-là, il trahit ceux qui ont choisi son programme. Quant à la gauche, vous avez quand même là un Premier ministre, semble-t-il, deux anciens ministres qui se sont combattus, qui au début ont fait cause commune pour faire en sorte que M.
Valls remplace M. Héros. Ensuite, à l'Assemblée nationale, Benoît Hamon et quelques amis d'Arnaud Montebourg ont essayé de faire voter une motion de censure pour faire tomber le gouvernement de M.
Valls. Et vous voudriez qu'au lendemain de la primaire, tout ce petit monde s'embrasse, soit d'accord sur le contenu, sur la méthode et essaie de faire croire aux Français qu'il y a un projet commun. Tout cela n'est pas sérieux.
Et ensuite, on le voit bien, et on l'a vu sous ce quinquennat, que dès l'instant qu'il y a une primaire, il y a immédiatement ensuite des frondeurs, c'est-à-dire des personnes qui ne sont pas en phase avec le projet présidentiel, ce qui rend le pays difficile à gouverner. Donc, la démarche d'Emmanuel Macron, elle est claire depuis le début. C'est de dire, on rassemble les progressistes de sensibilité de gauche, du centre, et certains républicains qui ne se reconnaissent pas dans le conservatisme ultralibéral de M.
Fillon. Sur la base d'un projet clair, on avance et on rassemble. J'ajoute que le Premier ministre est quand même le grand théoricien des gauches irréconciliables.
Et voilà que soudain, il dit finalement, on pourrait tous se mettre ensemble autour de moi. Tout ça n'est pas crédible, n'est pas sérieux. Les Français ont de la mémoire.
On ne peut pas, pour convenance personnelle, parfois considérer que rien n'est possible ensemble, et ensuite dire, finalement, tout devient possible. Mais est-ce que, du coup, en ne participant pas à cette primaire, ce n'est pas un risque aussi pour que la gauche soit totalement éliminée du second tour ? Comme en 2002.
Non mais attendez, la question, il faut la poser autrement. Emmanuel Macron, dans une démarche de rassemblement, la question qui est posée aux socialistes aujourd'hui, c'est est-ce qu'ils vont accepter ou pas de se rassembler avec d'autres derrière Emmanuel Macron ? Et c'est eux qui prendraient la responsabilité, s'ils n'en faisaient pas le choix, de faire que les progressistes ne parviennent pas à se rassembler.
Et je vous rappelle d'ailleurs que dans son allocution de départ, ou plutôt de renoncement à se présenter, le président de la République a appelé de ses voeux ce rassemblement des progressistes auquel Emmanuel Macron travaille depuis le 6 avril dernier. D'un mot, très rapidement, Richard Ferrand, la cible pour Emmanuel Macron, c'est Emmanuel Valls. On le comprend un peu à travers l'interview de ce matin.
Il n'est pas tendre avec le Premier ministre. Non mais Emmanuel Macron n'a pas de cible. Emmanuel Macron, il a un objectif, rassembler.
Son projet n'est pas de sauver la droite ou la gauche, c'est de servir la France. C'est ça l'enjeu, et c'est de rassembler le plus largement possible. Et si Emmanuel Valls souhaite de ce rassemblement, il est bien sûr le bienvenu.
Merci beaucoup. Merci beaucoup, Richard Ferrand.