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InterviewLe Figaro (sur YouTube)· 6 septembre 2011 11 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleRetraites

Le Talk - Éric Ciotti - Le Figaro

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse directe

    Eric Ciotti, bonjour. Bienvenue au Talk Orange Le Figaro.

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Ça veut dire que c'est la grande réconciliation entre l'ancien et l'actuel secrétaire général de l'UMP ?

  • 1:27RelanceÉludée

    Est-ce que vous partagez son avis sur la dérive de l'UMP ?

  • 2:19OuverteRéponse directe

    Quand l'aile sociale de l'UMP parle de dérive, elle pense souvent à la droite populaire.

  • 2:53ComplaisanteRéponse directe

    Genre l'apéritif, ceci son vin rouge.

  • 4:16OuverteRéponse directe

    Sa candidature est-elle encore évitable ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45Invité politiqueFait
    « Plus que jamais on a un devoir d'unité. »
  • 0:53Invité politiqueFait
    « La situation économique et financière impose l'unité du pays, et donc naturellement de la majorité derrière le président de la République. »
  • 6:40Invité politiqueChiffre
    « Les économies budgétaires, depuis deux exercices, c'est 100 milliards d'euros. »
  • 6:44Invité politiqueChiffre
    « Nous rajoutons aujourd'hui 12 milliards d'euros sur la fin de l'année et sur 2012. »
  • 6:54Invité politiqueFait
    « Nous tenons nos objectifs. C'est important. »
  • 6:55Invité politiqueChiffre
    « 2% en 2014, 3% en 2013. »
  • 8:19Invité politiqueFait
    « Le dispositif a évolué puisqu'il y a eu un accord entre les parlementaires et le gouvernement. »
  • 8:25Invité politiqueFait
    « Il y a eu un débat. Moi, je suis d'accord sur le dispositif mis en place aujourd'hui qui a évolué, qui prévoit une sortie plus longue de la taxation des plus-values, 30 ans. »
  • 8:38Invité politiqueFait
    « Cette mesure ne rentrera en vigueur qu'à partir du 1er février. »
  • 10:36Invité politiqueChiffre
    « Plus de 500 000 euros par part fiscale. »

Temps de parole

  • Éric Ciotti68 %
  • Présentateur28 %
  • Invité4 %

3,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Eric Ciotti, bonjour.

0:06
Éric Ciotti

Bonjour.

0:07
Présentateur

Bienvenue au Talk Orange Le Figaro. Vous êtes député des Alpes-Maritimes et président du Conseil Général des Alpes-Maritimes. Et vous participerez dimanche à Nice au meeting anti-FN, organisé par Christian Estrosi avec Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez, Nathalie Cossus-Comorizet et d'autres.

0:25
Éric Ciotti

Et Jean-François Copé.

0:26
Présentateur

Et Jean-François Copé, qui viendra aussi. Ça veut dire que c'est la grande réconciliation entre l'ancien et l'actuel secrétaire général de l'UMP ?

0:33
Éric Ciotti

C'est une manifestation de l'unité de notre famille politique. Nous en avons vu dimanche aussi une démonstration à Marseille. Et puis dimanche prochain à Nice, je crois qu'on a un devoir d'unité. Plus que jamais on a un devoir d'unité. La situation économique et financière impose l'unité du pays, et donc naturellement de la majorité derrière le président de la République. Et puis il y a un devoir d'unité politique. On est face à une échéance décisive, décisive pour le pays, décisive pour la majorité. Donc plus que jamais, je crois, nous devons nous rassembler, tous derrière Nicolas Sarkozy, avec un parti à l'ordre de marche.

Et aujourd'hui, toutes les manifestations qui vont dans le sens de l'unité sont les bienvenues.

1:17
Présentateur

Christian Estrosi, dont vous êtes très proche, avait dénoncé avant l'été une dérive de l'UMP. Et à Marseille, encore le week-end dernier, il a répété qu'elle devait être beaucoup plus sociale. Est-ce que vous partagez son avis ?

1:28
Éric Ciotti

Je crois qu'il doit y avoir au sein de l'UMP une approche multiple. La dimension sociale est importante. Bien entendu, la crise a eu des conséquences sociales qu'il faut aujourd'hui gérer, qu'il faut traiter. Le gouvernement l'a fait. Et en même temps, il faut qu'on ait une réponse sur les sujets qui ont été au cœur de l'élection présidentielle de 2007, les sujets régaliens, qui sont importants pour nos concitoyens, pour nos électeurs. Donc l'UMP doit aborder de façon globale tous les problèmes, avec sa diversité, ses sensibilités. On n'est pas tous pareils. Et tant mieux.

Je crois que c'est la richesse de l'UMP d'additionner des centristes, des libéraux, des gaullistes, de faire en sorte qu'il y ait ce débat. Et puis qu'au moment venu, nous nous retrouvions tous derrière le président de la République.

2:17
Présentateur

Quand l'aile sociale de l'UMP parle de dérive, elle pense souvent à la droite populaire. L'un de nos internautes voudrait précisément savoir ce que vous pensez de cette droite populaire, et notamment de Lionel Lucas, qui est votre camarade députée des Alpes-Baritines, et qui souvent est considérée comme incarnant cette dérive.

2:36
Éric Ciotti

C'est même mon vice-président au Conseil Général. Je récuse totalement le mot de dérive. Il y a eu des attitudes individuelles, Thierry Mariani en a parlé, qui ont pu apparaître sans doute inopportunes. Je n'y reviendrai pas.

2:48
Présentateur

Genre l'apéritif, ceci son vin rouge.

2:50
Éric Ciotti

Sans doute, mais moi je retiens ces deux mots. Je ne fais pas partie du collectif. Mais droite et populaire sont des mots importants. Je crois que l'élection présidentielle de 2007, qui a donné 19 millions de voix à Nicolas Sarkozy, s'est construite aussi sur une démarche revendiquée à droite. Nous l'avons assumée. Et sur une démarche populaire. Donc, ces deux éléments, parler au peuple, c'est important. Ne pas parler qu'à une élite, parce que c'est méprisant aussi pour le peuple, cette distinction, cette dichotomie. Moi, personnellement, je la récuse. La nation, elle est globale. Et le mépris qu'ont traduit certains par rapport au peuple est très choquant.

Il n'y a pas ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. La France, elle est multiple, mais elle est aussi riche de son unité. Donc, populaire, pour moi, c'est important. Et droite, moi, je suis un homme de droite. Je revendique cette appartenance sans honte, sans l'idée de se cacher derrière des faux semblants. On n'a pas honte d'être de droite. Et je le dis personnellement.

3:58
Présentateur

Pendant que vous serez en meeting à Nice, les centristes vont se réunir plus précisément. L'alliance centriste de Jean-Louis Borloo et d'Hervé Morin. Jean-Louis Borloo qui inaugure en ce moment même le quartier général de l'association qu'il soutient, Oxygen, à Paris. Il a loué plus de 1000 m2. Sa candidature est-elle encore évitable ?

4:19
Éric Ciotti

Je l'espère. C'est le vœu que je forme.

4:22
Présentateur

Ça paraît compliqué.

4:23
Éric Ciotti

Encore une fois, on a besoin d'unité. L'unité de toute la famille. Jean-Louis Borloo a participé jusqu'en novembre dernier à tous les gouvernements depuis 2002, que ce soit sous le quinquennat de Jacques Chirac ou celui de Nicolas Sarkozy. Il a adhéré à toutes les politiques de ce gouvernement. Donc je ne vois pas aujourd'hui de raison objective qu'il y ait cette séparation. On a besoin de rassemblements dès le premier tour derrière Nicolas Sarkozy. Et j'espère qu'il est encore temps d'éviter cette double candidature.

4:56
Présentateur

Il peut provoquer un 21 avril à l'envers ? C'est-à-dire un deuxième tour entre le candidat, la candidate socialiste et Marine Le Pen ?

5:04
Éric Ciotti

Je ne crois pas à un 21 avril à l'envers, ni à l'endroit d'ailleurs. Je crois que les Français seront se rassembler dans notre famille politique derrière le président de la République et qu'il la sera sans doute de même sur le candidat socialiste. Donc je ne crois pas à cette hypothèse, mais nous avons besoin de toutes les forces dès le premier tour. Le combat est un combat, nous le savons, difficile parce que le contexte économique est difficile. Et on voit bien que toutes les majorités sortantes, que ce soit aux États-Unis ou que ce soit encore en Allemagne avec les élections ce week-end dans la région de Mme Merkel, sont difficiles pour les majorités sortantes.

Donc ne dispersons pas nos forces, soyons unis.

5:45
Présentateur

Vous parlez du contexte économique, Jean-Louis Borloo encore, on a parlé lui aussi ce matin, on l'écoute si vous voulez bien.

5:52
Invité

Que ce secteur spéculatif soit à ce point non soumis à la moindre ou quasiment la moindre fiscalité ni dans ses actes, ni dans ses profits, ni dans le revenu de ses acteurs, c'est hallucinant qu'on voit bien que la réponse n'est pas à la hauteur de la question. Et du coup, par qu'à thème, mutuelle santé, déduction de frais professionnels, ça ne fait pas la maille.

6:18
Présentateur

Il parle des mesures d'économie, voire de rigueur, présentées par François Fillon et dont les parlementaires dont vous êtes ont discuté en partie aujourd'hui, cet après-midi. Est-ce que ça fait la maille, pour reprendre l'expression de Jean-Louis Borloo ?

6:34
Éric Ciotti

Oui, le plan, il est global. Je rappellerai que les économies budgétaires, depuis deux exercices, c'est 100 milliards d'euros. Donc, nous rajoutons aujourd'hui 12 milliards d'euros sur la fin de l'année et sur 2012. Mais il y a d'autres mesures. Le gouvernement est engagé dans un parcours de réduction des déficits, 2% en 2014, 3% en 2013. Nous tenons nos objectifs. C'est important. Je crois que là aussi, il y a l'urgence de se rassembler derrière cette question de la réduction des dépenses publiques, des déficits et de la dette.

7:07
Présentateur

Vous parlez de rassemblement, mais ces mesures sont assez contestées au sein de l'UMP. Vous-même, en tant que président du Conseil général des Alpes-Maritimes, qui abritait Cannes, Nice et leur palace, est-ce que vous êtes d'accord pour la taxation supplémentaire de l'hôtellerie de luxe ?

7:24
Éric Ciotti

Moi, je crois que l'intérêt général doit primer les intérêts particuliers. Aujourd'hui, nous sommes dans une situation très fragile. Regardons ce qui s'est passé aux États-Unis. Les hésitations du Congrès ont conduit sans doute à la dégradation de la note américaine qui a failli mettre en faillite la première économie du monde. Les parlementaires que nous sommes et ceux de la majorité ont un devoir de responsabilité. Le président de la République a fait preuve de responsabilité. Ne regardons pas nos intérêts spécifiques. Regardons l'intérêt du pays. L'intérêt du pays commande de diminuer les dépenses publiques, de réduire les déficits pour réduire la dette.

Donc, je soutiens totalement le plan du Premier ministre.

8:03
Présentateur

Y compris la suppression de l'abattement sur les plus-values réalisées lors de la vente des résidences secondaires. Christian Estrosi, lui, considère que c'est attaquer les classes moyennes parce que les résidences secondaires, dit-il, c'est en fait la maison où on passe sa retraite.

8:19
Éric Ciotti

Le dispositif a évolué puisqu'il y a eu un accord entre les parlementaires et le gouvernement. Il y a eu un débat. Moi, je suis d'accord sur le dispositif mis en place aujourd'hui qui a évolué, qui prévoit une sortie plus longue de la taxation des plus-values, 30 ans. Et cette mesure ne rentrera en vigueur qu'à partir du 1er février. Donc, elle est moins brutale. Elle est plus étalée. Je crois qu'elle déstabilisera moins le marché immobilier qu'elle aurait pu le faire dans sa version initiale. Donc, je suis satisfait des amendements qui ont été apportés.

8:53
Présentateur

Et sur les mutuelles complémentaires, vous n'avez pas peur que ça effraie ou que ça irrite une partie de votre électorat ?

9:00
Éric Ciotti

Bien sûr qu'il y aura des irritations. Mais le courage, c'est d'agir. Dans chaque domaine, on voit bien qu'il y a un groupe qui va se lever, qui va dire « ça porte atteinte à mes intérêts ». Encore une fois, l'intérêt supérieur de la nation domine. Et moi, je suis convaincu que la majorité des Français attendent de leurs hommes politiques, du gouvernement, des parlementaires, une attitude de responsabilité et pas de démagogie comme le montre le Parti Socialiste. on l'a fait preuve sur les retraites. Ce n'était pas populaire. Mais où en serions-nous aujourd'hui, je pose la question, si le Président de la République n'avait pas engagé la réforme des retraites ?

On serait sans doute avec une notation dégradée.

9:36
Présentateur

Vous dites « le courage, c'est de faire des économies, d'accepter des efforts ». Mais en fait, les efforts consistent principalement à augmenter les impôts. Patrick Deveillant, lui, suggère au lieu d'augmenter les impôts, de vendre les participations de l'État dans les entreprises publiques. Alors, il cite France Télécom, Aéroports de Paris, Air France.

9:56
Éric Ciotti

Ça peut faire partie des solutions, mais le plan du Premier ministre est un plan équitable. L'essentiel des prélèvements porte sur les très grandes entreprises, 47 %, 37 % sur les plus hauts revenus. Donc, c'est un plan qui va faire appel à ceux qui en ont le plus aujourd'hui. Je veux souligner cet aspect de façon provisoire pour sortir de la crise, mais c'est quelque chose qui me paraît essentiel, notamment sur le report des bénéfices sur les très grands groupes, sur la taxation des mutations pour les SCI qui sont domiciliés à l'étranger. Et puis, cette taxation sur les revenus très élevés, plus de 500 000 euros par part fiscale. Je crois que cet effort, il est légitime et il est équitable.

Donc, bien entendu, il y a des décisions qui sont difficiles, mais elles me paraissent indispensables.

10:46
Présentateur

Éric Ciotti, je vous remercie. Demain, nous recevrons Jean-Luc Mélenchon qui est le candidat du Front de Gauche. Ce sera l'occasion de lui demander s'il trouve que le plan de rigueur consiste à taxer les riches comme vous venez de le dire.

10:57
Éric Ciotti

Ça peut être une question. J'ai envie de lui demander s'il soutiendra aussi le service citoyen que je vais défendre à l'Assemblée nationale à partir du 10 octobre. Eh bien, demandez-lui au revoir et à demain. Au revoir.