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interviewLCP (sur YouTube)· 23 décembre 2024 25 min

Menace drone en haute mer | Le journal de la Défense

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Générique *Menace drone aérien, menace drone aérien sur tribord, le personnel, gants, cagoule à poste, lunettes au front. -Commandants, engagez la piste hostile. -Les 500 mètres, en portée 76. -Engagez 76, la piste hostile, 11-03. -Alerte 76 !

Tirs Deux coups partis ! Alerte 76 ! Tirs -Le 19 novembre 2023, une milice yéménite, les Houthis, prend d'assaut le Galaxy Leader en mer Rouge.

Cette action coup de poing sur le cargo commercial va être filmée et diffusée dans le monde entier, comme en témoignent ces images. Cris dans une langue étrangère Le détournement du porte-conteneurs signe le début d'une période de perturbation du commerce maritime dans cette zone. Large d'à peine 250 kilomètres, la mer Rouge forme un trait d'union entre l'Afrique et l'Asie.

Un cordon essentiel qu'empruntent annuellement 20 à 25 000 bateaux, soit un navire toutes les vingt minutes. Le détroit de Bab-el-Mandeb, lui, voit transiter chaque semaine environ 80 porte-conteneurs. Cet espace maritime est donc stratégique.

Dès le 8 décembre 2023, la France y engage une frégate pour garantir la sûreté maritime et la liberté de navigation. Depuis, les bâtiments français se succèdent pour accompagner et protéger les navires civils dans le cadre de l'opération européenne Aspides, des déploiements où les attaques de missiles balistiques et de drones sont de monnaie courante. -*OK, verrouillée.

Dispositions en combat. Visuel. -*C'est bon, ouverture.

Tirs *Impact. -Le commandant Verly peut en témoigner. La frégate de défense aérienne qu'il commande, le Chevalier Paul, vient tout juste de rentrer de mer Rouge.

Pendant sa mission de plusieurs mois, son équipage de 200 marins a dû faire face à une menace inédite. -On est en train de patrouiller dans le Golfe d'Aden. Et l'état-major d'Aspides nous demande d'aller voir un bateau, un pétrolier.

Le Sounion a reporté avoir été attaqué et être dans l'incapacité de bouger. Et donc, on passe le canal de Bab-el-Mandeb pour aller rejoindre le bateau, voir ce qu'il se passe. En arrivant sur sa position, on s'aperçoit qu'il y a plusieurs gros trous dans la coque au niveau de la machine. -*Potentiels impacts sur la partie arrière, tribord.

On a au moins deux personnels de chaque côté sur les ailerons. Pour l'instant, impossible de savoir s'ils sont armés. -La frégate se rapproche alors du pétrolier pour être en capacité de le défendre en cas de nouvel assaut. -A ce moment-là, on détecte une piste, un bâtiment qui s'approche à vitesse relativement élevée.

On vient se mettre plus en protection du bateau. On fait un premier tir de semonce pour essayer de caractériser l'intention hostile de ce bateau. Ce qu'on ne veut pas, c'est... confondre ce type de piste dangereuse avec des bateaux de pêche.

Et la technique des Houthis, aujourd'hui, sur place, c'est d'utiliser des bateaux de pêche qu'ils viennent droniser, charger d'explosifs pour s'en servir comme une bombe qui est capable de venir exploser contre la coque. Donc on se rapproche un petit peu, on fait un deuxième tir de semonce, il ne se passe toujours rien. Là, avec nos moyens de détection optique, on a la conviction qu'il n'y a aucun marin sur cette embarcation, et donc c'est un drone.

Et donc on commence le feu avec notre armement de petit calibre, parce qu'on est à distance assez faible, on est en dessous du kilomètre. Donc au 20 millimètres, à la 12,7. Le tir se prolonge jusqu'à ce qu'on détruise l'embarcation.

L'équipage du Sounion nous rappelle. Ils ont été extrêmement inquiets, ils ont été extrêmement impressionnés par cette séquence. Ils sont dans l'incapacité de remettre en oeuvre leur moteur principal parce qu'une des roquettes qui les a immobilisés est venue se planter dans leur moteur, qui est complètement hors service.

Et donc, Ils nous demandent de les évacuer. -Ce que le Chevalier Paul fera tout en restant extrêmement vigilant. Propos indistincts à la radio -Gardez optique sur tribord ! -C'est l'esprit d'équipage qui nous permet de faire en sorte qu'il y en a qui soient plus en repos et d'autres plus dans une période d'attention pour avoir en permanence quelqu'un prêt à agir et à mettre en branle l'équipe.

Pour avoir une petite anecdote, le marin qui a tiré à 12,7 et qui a fait but, en fait, c'est un marin qui avait été formé la semaine d'avant sur cette arme, qui a fait un premier tir technique de validation, et c'était son premier tir, et c'est lui qui a tout seul conduit le tir, changé les munitions plusieurs fois, et réussi à faire but sur cette arme. Ca veut dire que notre système de formation, notre système d'organisation, il marche bien. Notre système de commandement marche bien.

Notre système... d'armes, je pense, peut être amélioré, que ce soit en guerre électronique, brouillage, leurrage, en armes de petit calibre.

Pour le reste, je pense que c'est un domaine de lutte compliqué qui émerge finalement depuis le théâtre en Ukraine. On a vu d'autres nations y être confrontées. Nous, on y est confrontés depuis peu.

On n'a pas été confrontés à la saturation et je pense que c'est quelque chose auquel il faut réfléchir. -Des inquiétudes que la Marine nationale a anticipées en adaptant sa préparation opérationnelle dès le début de son engagement en mer Rouge. Quelques semaines après cette action de feu, elle a d'ailleurs décidé d'éprouver une partie de sa flotte au cours d'un exercice.

Et les marins ont vu les choses en grand. Leur idée ? Faire appel à l'armateur français SeaOwl, spécialisé dans la conception de navires autonomes.

Propos indistincts A quelques jours du début de l'entraînement, notre équipe a pu assister aux essais de la dernière pépite de la société sur la côte d'Azur. -Le système est un système opérant dans lequel on a un drone qui est actif. Et ce drone, c'est une plateforme qui fait une dizaine de mètres de long et six tonnes et qu'on utilise pour faire de la surveillance et de la protection de zone. -Une technologie de pointe qui a poussé les militaires français à faire une proposition surprenante à l'entreprise. -La Marine nationale nous a demandé de répondre aux besoins très importants d'entraînement face aux nouveaux types de menaces qu'on voit apparaître, en particulier sur le théâtre ukrainien ou en mer Rouge, par des attaques de navires de surface, de navires autonomes de surface, qui sont des technologies assez poussées et que nos adversaires utilisent pour attaquer des navires de commerce et, éventuellement, les navires de notre flotte.

Pour cela, la Marine nous a demandé de créer un système d'entraînement leur permettant de tester jusqu'au bout du bout leur capacité à lutter contre ce genre de menaces. Et vous verrez, il s'agit de drones beaucoup plus petits, beaucoup plus agiles, beaucoup plus discrets et qui ont un but, entraîner à l'ultime difficulté de se battre contre des drones adverses. -Nous les suivons dans leur hangar où l'entreprise achève de mettre sur pied les différents types de plastrons pour la Marine. -L'objectif, c'est d'avoir quelque chose qui va ressembler aux menaces qu'ils vont avoir au quotidien.

Ici, on pouvait voir une cible aérienne, un moteur turbine, un type de cible aérienne "facile" à trouver sur le marché et que des menaces envers les flottes françaises pourraient mettre en oeuvre contre nos moyens. Là, c'est l'Alba, cible qui va être téléopérée, qu'on va catapulter à partir d'un de nos navires. Là, on est à Toulon, ça sera le VN Rebel qui sera utilisé, catapulté et opéré par un de nos membres d'équipage pour la commander et effectuer la mission de menace envers les moyens français qui seront sur l'exercice. -Et juste derrière, les surprenants drones de surface autonome. -On s'est intéressé à des logiques qui sont de dire que ces navires-là ont besoin d'être difficiles à détecter, besoin d'être difficiles à identifier avant de tirer dessus et difficiles à abattre.

Et donc pour ça, qu'est-ce qu'on a fait ? On est parti très rapidement de plateformes existantes, des jet-skis. Vous voyez là trois jet-skis.

On va attaquer avec des meutes de cinq jet-skis à la fois. Et à partir de ces jet-skis, on les a transformés en drones, on les a sabrés à ras du pont, on a tout enlevé. C'est très simple, on a tout enlevé.

Vous voyez, il n'y a plus de commande, de guidon, il n'y a plus rien. On leur a créé un système antennaire qui leur permet de communiquer avec le système de pilotage. On leur a embarqué toute une électronique leur permettant de détecter leurs cibles, de les viser et d'aller au contact des navires de la Marine. -Une prouesse à laquelle nous allons pouvoir assister.

Musique douce Propos indistincts -Nous avons rendez-vous à 8:00 sur la Lorraine. -Vous êtes parallèle au quai. -Ce matin-là, la frégate multi-missions à capacité de défense aérienne renforcée quitte une nouvelle fois son port d'attache pour une semaine d'entraînement avec trois autres navires.

Admise au service actif il y a un an, elle fait partie des unités de combat de premier rang de la Marine nationale. Propos indistincts Dans quelques heures, ses 150 membres d'équipage vont être confrontés à l'exercice de lutte anti-drone Wildfire. Un moment clé dans leur préparation opérationnelle, un ultime test avant leur départ en mission.

Les derniers marins embarqués, le bâtiment va pouvoir jouer ses premières gammes. Au central opération, chacun guette la menace. Prêt à dérouler sa partition sous l'oeil d'un chef d'orchestre aux allures de chef de guerre. -La piste d'intérêt est possible drone suspect actuellement à azimut 57, distance quatre nautiques. -La piste à 900 mètres. -Il parle en anglais -Le drone hostile est actuellement traité par brouillage. -Tribord 60, 8 nautiques, 280 pieds. -Et tandis que la première menace aérienne est écartée grâce au brouillage, le bord fait décoller son hélicoptère de combat naval pour suivre une piste de surface.

Connu pour son aptitude à se fondre dans l'environnement, à observer et à libérer son agressivité au moment voulu, le Caïman est un acteur majeur de la lutte anti-drone aérien ou de surface. -*L'avantage de l'hélicoptère, c'est qu'on peut traiter la menace beaucoup plus loin que le bateau. Et comme les drones n'atteignent pas directement et ne menacent pas directement le moyen aérien, on déporte le système d'armes de la frégate à dix, quinze, vingt nautiques du bateau, ce qui donne vachement plus de préavis en termes de tirs.

En fait, il faut voir l'hélicoptère comme un système d'armes du bateau qui va être déporté. On l'envoie en éclaireur sur l'avant de la frégate pour éclairer l'avant de la frégate, détecter ce qui s'y passe grâce au radar de veille panoramique à 360 degrés du Caïman, et ensuite on peut être amené à traiter la menace. Tirs -Dans ce cas, c'est un tir d'avertissement plutôt convaincant sur un des jet-skis dronisés de la société SeaOwl. -La complexité est différente entre un drone aérien et un drone de surface.

Pour un drone aérien, ça va plutôt être la prise et l'acquisition du visuel, puisque la cible est petite et en l'air, donc dans de la trois dimensions, il faut chercher dans de la 3D. Une fois qu'on a acquis le visuel, la destruction, elle est faisable sur une petite cible, encore une fois. Pour le drone de surface, la complexité, c'est qu'il peut embarquer jusqu'à 500 kilogrammes d'explosifs.

Donc là, il y a une vraie menace pour l'hélicoptère. D'où l'emploi d'une mitrailleuse 12,7 pour augmenter la distance de tir. La difficulté, ça va justement être de respecter cette distance pour ne pas risquer l'équipage et l'hélicoptère. -Le soir même, le Caïman abat du premier coup un drone aérien. -*Touché. -*Touché.

Musique calme Propos indistincts ... -Derrière des périodes de calme apparent le bâtiment est toujours en éveil.

Surtout en période d'exercice. Les entraîneurs de la force d'action navale, reconnaissables à leur brassard jaune, y veillent particulièrement. -Le rôle de la division entraînement est à la fois de synthétiser tous les savoir-faire, de monter les équipages au meilleur niveau, mais aussi, derrière, de pouvoir développer les tactiques qui, demain, feront le succès sur l'état d'opération.

Dans ces exercices, ce que nous recherchons, c'est de permettre aux équipages de développer leur capacité d'innovation tactique et leur audace face aux menaces qu'ils pourraient rencontrer. Au cours de Wildfire, nous soumettons les bateaux à un large champ de drones, qu'ils soient aériens, de surface ou sous-marins, et nous donnons une totale liberté aux équipages pour pouvoir développer les modes d'action qui feront la victoire demain. Propos indistincts Coup de sifflet -Dans le CO, on est un peu comme une équipe, chacun va remonter ses informations et c'est faire le tri dans ce qui est important.

Et comme c'est parfois des missiles ou des drones qui vont... assez vite, ça va être de juger très vite une perception de missile ou de drone avant que ce soit trop tard. -Perception PASEO d'un drone azimut 62. -Pour faire face à l'accroissement des menaces en mer, les FREMM et les frégates de défense aérienne bénéficient désormais du système de détection PASEO XLR de Safran, conçu pour assurer une identification optique à très longue distance. -Essaie de dézoomer et de choper les trois. -Trois, les trois au PASEO. -Cet équipement a été décidé en un temps très court, un mois à peine entre les premiers retours d'expérience des attaques Houthis et son installation.

Il est désormais un atout de taille pour contrer les essaims de drones. -On a plus d'une dizaine de drones à détruire. Et donc là, on a pu s'entraîner sur les menaces saturantes avec des menaces surface et des menaces air simultanées.

Et donc là, ça permet de mettre en tension tout ce qui est prise de décision. Tirs Ca nous permet d'avoir des actions réflexes. En mer, l'engagement de la Lorraine s'est fait à une heure du matin.

Donc quand on vient de se réveiller, c'est compliqué. C'est les actions réflexes qui vont faire la réussite. -Il y a des automatismes à mettre en place et ça vient au fil du temps, en s'entraînant progressivement et puis ça permet, derrière, de gagner aussi cette confiance mutuelle entre nous qui nous permet de gagner. -Dans l'après-midi, le combat reprend et cette fois, les quatre frégates de l'exercice évoluent en navigation serrée.

A 300 ou 400 mètres l'une de l'autre. Toutes doivent se coordonner pour neutraliser en quasi simultané les différentes menaces en l'air ou sur l'eau. -La piste dans le 278 à une distance de 9 nautiques.

A l'optique de s'élever. -Mille trois cents mètres. Tirs Mille deux cents mètres Mille cent mètres.

Tirs ... -Engagez.

Neuf cents mètres ... -Un engagement aux allures de bataille navale qui a suscité le plus vif intérêt des hauts gradés de la Marine, mais également de l'armée de l'air et de l'espace.

La lutte anti-drone est un enjeu dans tous les milieux. Ces exercices d'ampleur sont devenus essentiels, mais aussi très scrutés. -C'est très important parce que ça correspond à l'intensité que mes marins vont trouver sur les théâtres d'opération sur lesquels ils seront engagés.

Il faut un entraînement difficile pour que, finalement, la guerre soit facile. Et puis parce qu'il faut qu'on accélère dans l'expérimentation de nouveaux modes d'action, de nouvelles solutions matérielles pour être capable, par exemple, de dénier l'accès à des drones en brouillant pour être capable de leurrer des télécommandes. Donc il y a plein de solutions que nous testons qui s'avèrent extrêmement efficaces et qui nous permettront de mieux assurer notre mission. -En effet, si des missiles antiaériens à terre ont déjà été utilisés pour contrer des drones en mer Rouge, l'état-major cherche dorénavant activement des moyens de réponse plus proportionnés. -Vous avez raison, je profite de ces exercices pour tester des missiles qui sont plus légers, qui coûtent moins cher et qui sont même parfois plus adaptés pour intercepter le genre de menace que constitue le drone aérien. -En parallèle de l'engagement des frégates, un Jaguar du premier régiment étranger de cavalerie, chargé sur un engin de débarquement amphibie rapide, lui aussi placé sous menace drone, a également ouvert le feu.

Entraîner toutes les unités employées dans différents types d'opérations pour améliorer leur rapidité de réaction, c'était aussi ça, l'enjeu de Wildfire. -En mer, il ne faut jamais sous-estimer son ennemi. Donc faible au fort, quand on regarde ce qui se passe en mer Noire, on se dit qu'effectivement, avec des moyens à bas coût, la Marine ukrainienne est capable de causer des dégâts assez sévères à la Marine russe.

Moi, ma responsabilité en tant que commandant de la force d'action navale, c'est de préparer mes bâtiments à ce que ça ne leur arrive pas. A contrario, ce sont des exercices qui me permettent de réfléchir à la manière dont mes bâtiments peuvent intégrer dans leur mode d'action des drones offensifs pour lutter contre l'adversaire. -Les unités de la Marine nationale auront été confrontées au total à près de 35 drones aériens et une douzaine de drones de surface. -Sur la flotte de drones qu'on a présentée, trois ont été détruits, deux ont disparu.

Et celui-ci, qu'on a pu récupérer, il a été touché par un tir de 20 millimètres qui l'a traversé de part en part, touché ici, touché à l'étrave également. Et du coup il est devenu non fonctionnel, il a partiellement coulé et il s'est immédiatement arrêté parce que la balle a incroyablement touché la valise électronique principale dans laquelle il y a le calculateur. -Des drones détruits qui sonnent presque comme une réussite et qui suscitent l'envie d'aller encore plus loin. -Bien entendu, on a d'autres idées.

Les autres idées vont être de pousser encore plus dans ces retranchements la Marine nationale. Pour quelles raisons ? Pour les amener à lutter sur ce qui sera leur menace d'après-demain.

Vous présentez les idées, non, principalement parce qu'elles sont hautement confidentielles et parce qu'elles vont, quelque part, mettre en lumière ce que sont les faiblesses de la Marine nationale. Toute marine a des faiblesses. Nous, on va viser à rentrer dans la tête d'épingle qui nous permettra d'avoir une menace encore plus forte.

L'intention est de les voir gagner. -Penser le coup d'après, c'est un des objectifs d'Euronaval, un salon biannuel devenu la référence mondiale du naval de défense. Dans les allées, le domaine de la lutte anti-drone est au coeur des préoccupations.

Pour les industriels et la DGA, la direction générale de l'armement, c'est aussi l'occasion de faire le point sur les solutions qui vont arriver dans les forces. -On développe une nouvelle munition d'artillerie pour le canon RAPIDFire de KNDS et de Thales, qui va démultiplier les capacités de ce canon contre les menaces aériennes. On a aussi des munitions de soft-kill qui vont leurrer ou brouiller la menace.

Par exemple, cet été, on a acheté en un temps record, en un mois, la solution Skyjacker de Safran, qui est une solution de brouillage, leurrage GNSS. -Le principe, c'est d'envoyer une onde avec les antennes en direction d'une menace. Le récepteur GPS ou GNSS de cette menace va être leurré, c'est-à-dire qu'il va synthétiser une position fausse qui sera déterminée par l'émetteur du signal.

Pour la Marine nationale, c'est très intéressant puisque c'est un effecteur qui permet de dérouter des menaces, des drones, des missiles ou des drones de surface, par exemple, de leur trajectoire. Et à partir de réglages un petit peu fins, on arrive à contrôler l'endroit où on va les déporter ou les faire s'écraser, par exemple. -Un système qui va pouvoir se coupler avec les capteurs déjà existants comme le PASEO, un des produits phares du salon que la société Safran améliore déjà avec un soupçon d'intelligence artificielle. -Le système possède des capacités intrinsèques qui sont déjà excellentes pour l'identification, mais du fait des perturbations atmosphériques, l'IA va être là au niveau du traitement d'image pour le faire ressortir.

Donc vous avez ici, sur la partie gauche et la partie droite, une partie non traitée, donc où il y a un peu plus de bruit, et sur la partie centrale, l'image traitée. Le système permet, grâce à l'IA d'avoir une qualité de détection, une sortie des informations qu'on n'aurait pas forcément. -Améliorer les réponses, les rendre plus performantes rapidement, voici en quelques mots la feuille de route de l'équipe France. -On a vraiment changé de temps de cycle et de cadence.

Néanmoins, le travail qui reste à faire est important parce que la menace est elle-même évolutive, donc il faut sans arrêt l'"upgrader". Et il y a aussi l'autre aspect qui est très important, c'est l'économie. Ca a été discuté dans un certain nombre de médias, il faut se défendre contre les drones.

Nos plateformes navales ont une très grande valeur, néanmoins, il faut pouvoir être dans une guerre d'usure où les munitions, les objets, les effecteurs ont un coût économique acceptable par rapport à la mission. -Et pour se préparer au pire, la DGA est maintenant dotée d'une capacité d'anticipation stratégique. -Il s'agit d'éviter la surprise stratégique dans les domaines de la science et de la technologie.

En identifiant les technologies de rupture, on va pouvoir, un, se prémunir contre des menaces futures, et d'autre aussi, c'est le pendant de la pièce, identifier des opportunités pour nos futurs programmes et pour nos futurs systèmes. -Comme cette arme à énergie dirigée, par exemple. On travaille sur ces nouvelles technos qui présentent des intérêts exceptionnels en termes de traitement de la menace, en termes d'armes anti-saturation.

Parce qu'un tir laser, on peut en faire plusieurs, ça a un coût, un coût à chaque tir, qui est très faible par rapport à un missile ou même par rapport à de l'artillerie et donc ça permet de traiter un grand nombre de menaces assez rapidement. On a déjà une solution qui arrive et qui a été achetée par la DGA cet été. On va continuer à progresser dans ces feuilles de route pour gagner en puissance, pour gagner en efficacité sur ce type de produit. -Face à la multiplication et au durcissement des zones de crise, la Marine nationale a intensifié sa préparation opérationnelle en la rendant plus réaliste et exigeante.

Avec les industriels et la direction générale de l'armement dans son sillage, elle a également dû s'adapter à l'évolution constante des modes d'action. Un seul objectif pour tous, développer des systèmes de défense prêts à contrer les menaces de demain. Générique