"La France ne prend pas sa part de l'accueil avec le drame de Lampedusa" "
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8h30 sur LCI, l'interview ce matin, c'est avec Clémentine Autain. Bonjour. Bonjour. Vous êtes députée de la France Insoumise de Sainte-Saint-Denis. On va d'abord parler de Marseille, puisque c'est là que le pape arrive tout à l'heure. 5 000 forces de l'ordre déployées, une bulle aérienne. Et dès cet après-midi, un hommage rendu par le souverain pontife aux migrants morts en mer. Est-ce que vous vous réjouissez de cette visite ?
C'est un chef d'État, le pape. Il vient en France. Moi, je pense d'abord qu'un président de la République n'a pas sa place dans une cérémonie religieuse.
Vous dites ça parce qu'Emmanuel Macron ira à la messe demain au Vélodrome.
Voilà, je pense que ça, c'est important de le rappeler, surtout dans un moment où il y a beaucoup de leçons qui sont données sur la laïcité. La laïcité, c'est la séparation de l'Église et de l'État. Alors, ce n'est pas le premier président de la République qui va à une cérémonie religieuse. Mais je tiens quand même à le dire assez solennellement. Je pense qu'il faut cesser ces ambiguïtés avec la laïcité.
Mais vous avez commencé votre réponse en soulignant que c'était la visite d'un chef d'État. Est-ce qu'Emmanuel Macron, en tant que chef d'État, lui aussi, n'a pas sa place aux côtés d'un autre chef d'État ? Il a précisé d'ailleurs, il fait préciser, qu'il n'aurait pas, lui, de pratiques religieuses pendant l'Office.
Rencontrer le pape, bien sûr, participer à une cérémonie religieuse, c'est autre chose. Si, au passage, il peut ouvrir ses oreilles au message que délivre le pape François sur les migrants, ça, effectivement, ce serait une bonne nouvelle, mais il n'en prend pas du tout le chemin. Et j'ai beaucoup apprécié cette phrase qui me paraît très juste du pape sur les migrants, où il dit « 2060 morts dans la Méditerranée ». Excusez-moi, même pour le dire, ça me crée de l'émotion. C'est considérable, et le pape dit que c'est une plaie ouverte dans notre humanité.
Donc, c'est un message qu'il faut entendre, il faut écouter le pape.
Il faut écouter ce message, pas écouter le pape, il faut écouter ce message. C'est un message d'humanité. Et nous sommes dans un moment où le président de la République, la Macronie, a décidé de mettre à l'heure du jour à l'Assemblée nationale, une énième loi qui va durcir encore les conditions d'accueil, au moment même où la France...
Et permettre la régularisation de travailleurs dans certains métiers.
Attendez, au moment même où, avec le drame de Lampedusa, on sait que la France ne prend pas sa part de l'accueil. C'est ça la réalité, c'est que la France ne prend pas sa part d'accueil. Et elle a su le prendre au moment où les Ukrainiens...
Elle estime le faire sur l'asile et effectivement considérer que pour le reste, il faut être pragmatique.
Avec la guerre en Ukraine, des Ukrainiens ont afflué partout en Europe, mais en France aussi. Et à ce moment-là, on a su prendre notre part. D'autres fuient la guerre. D'autres fuient la misère. Et ceux-là, on les laisse mourir dans la Méditerranée.
Mais qu'est-ce que vous entendez ? Qu'il y a une part de racisme ? Qu'on prend les Ukrainiens parce qu'ils sont Européens, qu'on ne prend pas les autres parce qu'ils ne le sont pas ?
Non, il y a eu une sensibilité là-dessus. Je pose la question. Pourquoi ce qu'on a réussi à faire... Mais quelle réponse vous y a apporté ? Et tant mieux qu'on ait réussi à le faire pour les Ukrainiens. Je veux juste dire qu'à ce moment-là, c'était juste. Et je suis très frappée d'un sondage qui a été fait sur les propos du pape sur les migrants. 52% des Français sont d'accord avec ces propos du pape sur les migrants. Et 70% chez les jeunes. Donc quand on nous raconte que les Français sont absolument fermés à ce devoir d'humanité, ce n'est pas la réalité. Ce n'est pas la réalité.
Je voudrais en venir, Clémentine Autain, à l'actualité qui concerne votre parti, la France Insoumise. Demain, il y a un appel avec des dizaines d'autres organisations à un rassemblement, à des manifestations contre les violences policières. Je cite le terme employé, vous savez qu'il est contesté. Est-ce que vous, à titre personnel, vous y serez, vous participerez à ces manifestations ?
Évidemment que j'appelle à manifester demain. C'est une manifestation contre les violences policières, pour la justice sociale, contre le racisme et pour les libertés publiques. Ces mots d'ordre, je les partage. On peut tout et n'importe quoi ensemble ? Non, ce n'est pas tout et n'importe quoi. C'est une certaine cohérence aussi. Vous savez que ces choses sont liées. Mais les violences policières, ce n'est pas tout le monde qui les subit. Vous le savez bien.
Là encore, vous soupçonnez qu'il y a une part de racisme dans la police ? C'est le message de la manifestation ?
Je vous donne un chiffre. Vous savez, quand on est jeune, noir ou arabe, on a 20 fois plus de chances de subir un contrôle au faciès. Un contrôle, en fait, d'identité, tout simplement.
On est dans une semaine où nos forces de l'ordre sont mobilisées. Pour le pape, on en parlait. Pour le roi, pour le rugby, pour le foot. Encore il y a quelques heures, il y a eu un refus d'obtempérer dans le cadre duquel un policier a été blessé. Est-ce que ça ne mériterait pas aussi une manifestation de soutien aux forces de l'ordre qui assurent notre sécurité et qui sont les mêmes ciblés, blessés ?
Vous savez combien il y a eu de morts ? Naël, c'est le 15e mort en France pour refus d'obtempérer par un tir mortel de policier. 15e mort, on parle de mort là, de mort. En Allemagne, il y a eu un cas en 10 ans. Un cas en 10 ans. Donc il y a un problème dans la police, et d'ailleurs la majorité des Français le reconnaissent bien.
Comment vous expliquez alors que vos camarades du PS et du PC n'y seront pas ? Fabien Roussel était à votre place hier sur ce plateau. Il dit, on peut parler du fond, très bien, mais il y a des slogans que je ne partage pas. Tout le monde déteste la police, par exemple, ça lui pose problème, il n'y sera pas demain.
Qu'ils lisent l'appel, ce n'est pas un slogan qui est dans l'appel de, je le rappelle, 157 organisations, dont Greenpeace, la FSU, Attaque, Europe Écologie, dans les partis politiques, Europe Écologie Les Verts, la France Insoumise bien sûr. Et je regrette, moi je vous le dis, je regrette que les socialistes et les communistes n'appellent pas à cette manifestation. Je note néanmoins que, par exemple, puisque vous parlez de Fabien Roussel, le parti communiste de Seine-Saint-Denis appelle à cette manifestation. Donc c'est une manifestation dont les mots d'ordre me paraissent justes. Il y a un problème d'impunité, il y a des mesures aussi que nous voulons, en positif, mettre en avant.
Il faut que la loi de 2017, qui en fait permet davantage...
En termes de conditions d'intervention des forces de l'ordre.
Oui, mais qui en fait permet davantage de tirer quand on est un policier, et qui conduit à multiplier par 5 le nombre de morts suite à des tirs de policiers. Donc ça c'est quand même un problème légal. C'est-à-dire que là, l'enjeu c'est aussi de dénoncer les donneurs d'ordre. C'est pas de dire tous les policiers sont racistes, tous les policiers... Mais c'est le bon moment, un moment où les forces de l'ordre sont mobilisées déjà... Ce que nous disons, c'est que d'abord il y a de l'impunité. Quand il y a un manquement grave d'un policier, la hiérarchie ne suit pas. D'ailleurs c'est l'IGPN, c'est-à-dire en fait ce sont les policiers qui se jugent... Par les policiers eux-mêmes.
Par les policiers eux-mêmes. Donc c'est un vrai problème. Il faut une instance indépendante qui permette de sortir de l'impunité. Il faut en finir avec cette loi de 2017 qui accroît en fait les situations dans lesquelles il y a des tirs mortels. Il faut également une refonte de la police pour qu'elle corresponde davantage à son titre. C'est une police, ce sont des gardiens de la paix. Mais ce type de rassemblement, Clément Dénottin ? Ce sont normalement des gardiens de la paix.
Ça ne contribue pas à renforcer le clivage, les tensions, à opposer des camps comme si vous étiez dans une guerre face à la police. Est-ce qu'on ne peut pas discuter de ces sujets sans pour autant rentrer dans cette tension ?
Moi je ne suis pas... Ce n'est pas une histoire de guerre avec la police. C'est quelles sont les conditions de la paix civile dans le pays. Les conditions de la paix civile aujourd'hui, c'est une refonte d'une police républicaine. Quand vous avez un syndicat, qui est le syndicat de la police Alliance, qui dit texto, nous sommes en guerre dans un communiqué contre les nuisibles, je ne crois pas que ce soit nous qui soyons en guerre. Et le gouvernement a pris ses distances avec ses propos. Nous ce que nous disons, c'est qu'il faut que ce climat cesse, il faut que nous ayons une police républicaine, et les responsables sont les donneurs d'ordre.
Ça ne veut pas dire toute la police, ça veut dire qu'il y a du racisme et des comportements qu'il faut empêcher, et donc il faut de la formation, et donc il faut un récépissé sur le contrôle au faciès. Vous voyez ce que je veux dire ? Il faut des mesures qui permettent de renouer.
Même le ministre intérieur n'a jamais dit qu'il ne fallait pas d'encadrement. Juste Clémentine Notard.
Je vous plaisantez, le récépissé sur le contrôle au faciès, le ministre n'en veut pas.
Il peut ne pas être d'accord avec toutes vos solutions, sans pour autant considérer que c'est normal qu'il y ait des comportements racistes. Il n'a jamais dit qu'il soutenait des comportements qui seraient racistes.
Heureusement, c'est un délit en France. Vous savez que c'est un délit en France.
Je le souligne parce que c'est utile de le rappeler. Oui, mais c'est un délit en France.
Il y a une chose est de ne pas dire qu'on est d'accord avec des comportements racistes, une autre chose est de ne pas agir pour faire en sorte qu'il n'y ait plus ces comportements-là.
Je parlais de Fabien Roussel à l'instant. Vous nous avez expliqué vos désaccords sur le fond, vous regrettez qu'il ne soit pas là demain. Une députée de votre parti, Sofia Chiquirou, a eu ces mots. Il y a du Doriot dans Roussel. Doriot, je rappelle, Jacques Doriot, qui était un partisan de la collaboration, qui est passé en effet par le Parti communiste, mais qui aussi a combattu sous l'uniforme nazi. Est-ce que vous partagez ce parallèle ?
Écoutez, j'ai beaucoup de désaccords avec Fabien Roussel sur de nombreux sujets, comme vous l'imaginez, mais le comparer à Doriot, non, je ne suis pas d'accord. Et je ne suis pas d'accord pour banaliser Doriot, vous venez de le rappeler, c'est un dirigeant communiste qui est passé dans le camp des nazis. Voilà. Je rappelle aussi que le Parti communiste, pendant la guerre, a fait partie des troupes qui ont justement combattu le nazisme et ça fait partie de l'histoire communiste. Donc, je ne suis pas d'accord avec cette comparaison et je veux dire ici assez solennellement qu'il faut, je ne sais pas comment le dire, mais quelque chose comme halte au feu. Vous voyez, halte au feu.
Moi, je suis pour le rassemblement. Pour le rassemblement, hier, aujourd'hui, demain. D'accord ? Fabien Roussel a pris ses distances avec le rassemblement. Il n'a d'ailleurs pas été... Il y a des moments où il a aussi dit des choses sur la France insoumise qui ne sont pas acceptables. Au mois de juillet, il a expliqué que lui, il incarnait la gauche qui ne cédait pas sur les principes républicains en disant que la France insoumise, elle, cèderait. Donc, mettre en cause la France insoumise au regard des principes républicains, c'est inadmissible, vous serez d'accord avec moi. Donc, c'est pour ça que je dis halte au feu. Je vous laisse la raison, je n'ai pas d'accord ou pas d'accord.
Mais à l'inverse, il y a une part de responsabilité de la France insoumise. Je suis pour le rassemblement et tous ceux qui disent qu'on peut faire autrement jouent la défaite. D'accord ? Donc, comment on fait vivre le rassemblement ?
Ça, c'est le message à Fabien Roussel. Est-ce qu'il y a un message à Sophia Chiquiru aussi ?
Par définition, l'unité, elle se fait avec des gens, avec des personnalités, des sensibilités, des parties qui sont différentes. Sinon, il n'y a pas d'unité. C'est juste nous. Donc, il faut arriver à faire vivre cette unité. Ça veut dire être capable de donner à voir la cohérence d'ensemble, mais aussi de supporter que d'autres ne pensent pas comme nous. C'est le cadre indispensable à partir duquel...
Aujourd'hui, certains insoumis ont du mal à entendre que la gauche puisse être plurielle, pour reprendre l'ancienne expression.
Alors, évitons toute référence à des histoires passées. Je pense que c'est mieux. Il faut faire quelque chose de nouveau. La NUPES, c'est un rassemblement de la gauche
qui est nouveau, qui est nouveau et différent.
Et je vois qu'il y en a qui s'en agacent, parce que par rapport aux décennies précédentes, la dominante, elle est du côté de la gauche franche, de la gauche qui veut des transformations en profondeur. Donc, qu'il y en ait au sein de la NUPES
que ça dérange... Et il vaut pour vos camarades de la France insoumise.
Je dis simplement halte au feu, parce que je pense que si on est dans une surenchère d'invectives, à la fin, ce qu'on abîme, c'est l'espoir de changer. Et pour moi, le plus important aujourd'hui, c'est qu'on soit soudés dans l'adversité, à la Macronie, et dans la préparation à une alternative qui ne laisse pas la place à l'extrême droite. Alors, justement, Clémentine Nothar... Je le dis avec de la gravité, si vous voulez. C'est-à-dire que je pense qu'on est dans un moment qui n'est pas le temps, voyez, banal de la vie politique. On est dans un moment où les gens sont écrasés par la hausse des prix, écrasés par l'angoisse climatique, écrasés...
Et donc, certains de nos camarades n'ont pas conscience de ça.
Écrasés par le manque d'espérance. Voilà. Et nous, ce qu'on a incarné, c'est cette espérance, cette alternative. Or, aujourd'hui, je vois bien qu'il y a quelque chose qui se délite. Qui se délite. Je regrette qu'on n'ait pas l'unité... Chez vous. Mais je regrette qu'on n'ait pas l'unité aux européennes. La France insoumise le propose. Pour l'instant, c'est un refus. Je le regrette, c'était un chemin qui était un chemin juste pour arriver à l'unité. Voilà. Ça, c'est par exemple la première. Je regrette qu'au sénatorial, les partenaires n'aient pas réussi à trouver un seul siège pour la France insoumise. Un seul siège. Voilà. Ça, ça nuit aussi au rassemblement.
Donc, ce que je dis aujourd'hui, c'est qu'il faut que tout le monde se ressaisisse. D'accord ? Qu'on arrête les invectifs, qu'on se mette autour de la table, qu'on trouve les cadres qui nous permettent de faire vivre à la fois cette cohérence et ce pluralisme. Et pour l'instant, ce que je constate, c'est que c'est Fabien Roussel qui a dit d'ores et déjà qu'en 2027, il aurait sa propre... Quasiment, il l'a dit, qu'il aurait sa propre candidature. En tout cas, qu'il ne souhaitait pas une candidature NUPES. Et ça, je pense que c'est joué la défaite.
Vous voyez, je pense que c'est joué la défaite. Clément, cette semaine, Marine Le Pen sur TF1 s'est déclarée candidate naturelle de son camp pour 2027 avec une formule qui mérite d'être relevée. Tant que je n'en ai pas décidé autrement, je suis la candidate naturelle de mon camp à la présidentielle. Est-ce que cette formule s'applique également à Jean-Luc Mélenchon ? Il est le candidat naturel de votre famille politique ?
Mais il a dit qu'il ne souhaitait pas être candidat en 2027.
Vous l'avez compris, c'est clairement ?
En tout cas, c'est ce qu'il a dit.
Et ce qu'il dit, c'est ce qu'il pense ?
Écoutez, demandez-lui. Demandez-lui. Pour l'instant, je reste à ce qu'il a dit. Il a dit qu'il ne souhaitait pas être candidat en 2027.
Donc, il n'est pas le candidat naturel de votre famille politique ?
Après, si on veut un candidat de la NUPES, il faut qu'il y ait une discussion au sein de la NUPES. Et il faut qu'on trouve la méthode pour avoir une candidature commune. Voilà. Ça, c'est un sujet qu'il faudrait être capable d'ouvrir. Mais vous voyez, dans le spectacle 2027, si nous ne sommes pas rassemblés, parce qu'il y a... Le champ politique a changé. Vous savez, on est avec trois pôles. Autrefois, il y avait la gauche classique, la droite classique, une alternance. C'était assez simple. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Ce n'est plus le cas. Il y a deux choses qui ont changé. Il y a trois pôles, donc il faut arriver à accéder au second tour.
Et je pense que le rassemblement est ce qui peut nous permettre non seulement d'accéder au second tour, mais aussi de créer de la dynamique. Et la deuxième chose, c'est qu'on n'a jamais eu une menace de l'extrême droite qui prend à rêver d'être au pouvoir. On ne l'a jamais eu à ce point-là. Aussi parce qu'il y a des modèles à l'échelle internationale. Et donc, nous, on a la responsabilité de créer l'espoir, de susciter l'espoir.
Et donc aussi d'adoucir vos positions à la France insoumise. C'est aussi ce que j'entends dans vos propos.
Mais ça dépend de ce que vous entendez par position. C'est-à-dire que moi, je pense que ce qui aussi a fait la force de Jean-Luc Mélenchon en 2017 et en 2022, c'est d'avoir un projet qui est un projet qui permet de transformer en profondeur la société. D'accord ? Donc, si vous me dites adoucir, c'est-à-dire pour en rabattre et pour d'un seul coup avoir un projet à l'eau de rose, je pense que ça, ça n'est pas mobilisateur. Ça ne créera pas de la dynamique dans le pays. Si vous parlez du ton, du profil, je pense en effet que déjà, nous avons des choses à dire qui sont de l'ordre de la rupture par rapport à l'ordre existant. Et c'est mon point de vue.
C'est peut-être aussi ce que je défends concrètement depuis longtemps. Je pense qu'on n'a pas besoin d'agressivité pour le dire.
Voilà. Et vous prenez donc au pied de la lettre le titre d'un nouvel ouvrage de Jean-Luc Mélenchon qui sort la semaine prochaine « Faites mieux ». Faites mieux, c'est aussi de manière que vous vous le lisez comme « Nous ferons mieux » et peut-être sans lui.
Je n'ai pas lu son livre, donc je ne sais pas ce qu'il y a dedans, mais je sais que c'est l'ère du peuple, donc je pense qu'il s'adresse avant tout aux citoyennes et aux citoyens et de ce point de vue, il a raison.
Vous parliez des enjeux de fonds très importants, on y vient bien sûr. La question du pouvoir d'achat et la question de l'écologie se rencontre chaque jour en fait dans chacun des thèmes. Que l'on évoque le sort des voitures thermiques qui ont vocation à être remplacées par l'électrique, que l'on évoque les aides sur les carburants, sur les pêcheurs encore cette semaine qui vont voir leurs aides réduites. Comment est-ce que l'on choisit la priorité entre écologie et pouvoir d'achat ? Quel doit être le critère dans les prochaines semaines pour le gouvernement ?
Tout l'enjeu, c'est d'arriver à articuler les deux. C'est bien le sujet.
Il ne faut pas choisir.
Non, c'est-à-dire qu'il faut que les gens puissent vivre dans la dignité. Si vous opposez l'un à l'autre, ça ne marchera pas. Il faut, pour que l'écologie...
Il y a un moment, il faut choisir par exemple si on continue de faire des aides sur le carburant ou si on fait des aides sur l'électrique.
Non, ce qu'il faut c'est investir pour permettre aux gens de ne pas prendre leur voiture.
Ce que le gouvernement fait.
Non, ça doit peut-être faire longtemps ou je ne sais pas vous avez perdu votre mémoire mais quand vous prenez un billet de train, je suis sûre que vous le faites, il n'y a pas de raison. Quand vous prenez un billet de train, vous voyez bien à quel point c'est dissuasif. Quand vous habitez en banlieue... Je ne peux pas vous dire que ce n'est pas cher. Voilà, quand vous habitez en banlieue et que votre RER soit il ne vous conduit pas là où vous travaillez ou en tout cas vous mettez le double de temps pour y aller ou alors qu'il ne marche pas, qu'il y a des retards répétés. Je pense évidemment au RER qui traverse ma circonscription, le RER B, c'est l'enfer.
Quand vous n'avez pas de train, que vous habitez dans des zones où la gare a fermé, ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas opposer l'un à l'autre. Il faut que les gens puissent bien vivre et il faut qu'on fasse un changement considéraux
ou s'adapter au changement climatique. Il y a des choix budgétaires à faire, il faut choisir où on met l'argent, soit on le met pour aider, soit on le met pour investir.
J'ai même dit le mauvais mot. En fait, il ne faut pas s'adapter, il faut contrarier le changement climatique. Donc pour y être prêt, c'est un ensemble de mesures. Il n'y a pas une mesure clé, même si on sait qu'il y a des secteurs qui sont essentiels, le transport, la rénovation thermique. Par exemple, je vous disais,
l'aide sur le carburant, vous vous êtes pour qu'on aide sur le carburant, pour qu'on aide encore les pêcheurs sur le gasoil. Est-ce que là, par exemple, l'État doit dépenser de l'argent pour que l'essence coûte moins cher, pour que les pêcheurs continuent de payer un gasoil moins cher ?
Là, on a un problème d'urgence effectivement sur le carburant. La dernière fois que j'ai fait mon plein, c'était 1,99 euros le litre pour tout. C'est intenable. C'est évident que c'est intenable. Donc ça, c'est clair. Maintenant, la proposition du gouvernement, elle ne tient pas la mer. D'ailleurs, personne n'en veut. La vente à perte. Voilà, ça n'a absolument aucun sens. Donc, ce qu'il faut, c'est que ceux qui mettent la main à la poche, ce ne soit pas la majorité des Français, mais ce soit d'abord tous ceux qui, aujourd'hui, sont les profiteurs de crise. Parce que vous le savez, les marches sont considérables.
Ils sont les profiteurs de crise.
Mais ceux qui, aujourd'hui, engrangent des dividendes pendant que les gens crèvent la dalle. Mais c'est vrai dans l'alimentation, c'est vrai dans toute une série de secteur. C'est ce que le gouvernement fait quand Bruno Le Maire
en fait de placer quelques jours, dit on va mettre une taxation des surprofits, des concessions d'autoroutes et peut-être d'aéroports, par exemple. Vous plaisantez. Je ne plaisante pas, c'est ce qu'il a dit.
Oui, mais vous plaisantez sur ça. C'est-à-dire que ça fait 6 ans que je suis députée. Donc, les budgets, j'en ai vu 6. Il va y en avoir encore un là. Le nombre d'amendements que nous avons fait pour créer une taxe sur les surprofits, on l'a fait, d'ailleurs, encore l'année dernière. Et là, on a voté et on a eu une majorité dans l'hémicycle qu'a fait le gouvernement ici assis dessus avec son 49.3. Donc, ne me racontez pas que ce gouvernement est prêt à taxer les surprofits. Ça n'est pas vrai. Il y a effectivement
les surprofits des concessions.
D'accord, s'il y arrive sur les concessions d'autoroutes, c'est bien. Mais vous le savez, dans la grande distribution, il y a des marges terribles sur l'alimentation. L'inflation aujourd'hui, la hausse des prix sur des produits qui sont quand même essentiels. Les gens, quand on va faire les courses, vous vous rendez compte, c'est 11% d'augmentation. C'est monstrueux. Mais vous êtes de ceux
qui disent aussi l'État s'enrichit sur le droit des Français, il doit rendre l'argent ? Parce que c'était aussi la rhétorique de Marine Le Pen cette semaine.
La déclaration de Marine Le Pen, je suis désolée, mais absolument rien ne va dans ce qu'elle a dit. Fractement rien ne voit. Elle, elle est partisane de l'affaiblissement de l'État. Elle dit l'État s'enrichit avec la TVA. Mais l'État s'enrichit comme si l'État ce n'était pas nous. L'argent de l'État. Écoutez bien, l'argent de l'État il sert les services publics, il fait vivre. C'est le bien commun normalement l'argent de l'État. Non, ce qui ne va pas c'est la TVA. Mais le problème c'est que si vous dites la TVA c'est un impôt injuste, la TVA, parce qu'elle est ponctionnée au même niveau pour tout le monde. Donc nous, on a toujours été pour la baisse de la TVA.
Mais à la condition qu'en contrepartie on augmente les impôts des grands groupes et des hyper riches. Si vous ne faites pas ça, qu'est-ce qui se passe ? Il se passe exactement ce qui va se passer ce que le projet de Marine Le Pen fait en impasse.
Un dernier mot Clémentine Tintin.
Écoutez-moi bien là-dessus.
Oui, j'ai été bien entendu.
C'est très important de dire que Marine Le Pen elle peut raconter ce qu'elle veut sur les services publics, sur aider les petits gens, etc. Le problème c'est que là on voit le vrai visage de son projet politique qui est profondément libéral et qui va appauvrir l'État. Appauvrir l'État ça veut dire appauvrir les services.
Elle dit faire au service des Français juste un mot, avant le budget. Les hôpitaux, les écoles,
les transports.
Il y a quand même un texte aussi très important la loi plein emploi objectif 5% de chômage en 2027. Non, ce n'est pas
la loi plein emploi du tout c'est la loi France Travail. Je vais vous raconter je suis dans la commission d'affaires sociales on y a passé la semaine à partir de lundi c'est à l'Assemblée nationale donc plein emploi rien du tout. C'est une loi qui a deux objectifs terrifiants. Le premier c'est d'obliger les allocataires du RSA à chercher un emploi et à trouver un travail et de travailler même 15 heures gratuitement. 15 heures gratuitement.
C'est d'avoir un accompagnement plus contraignant pour faciliter le retour à l'emploi du point de vue du gouvernement.
Les 15 heures gratuites si vous le rapportez à ce qu'on touche quand on est allocataire du RSA ça revient à travailler pour 7 euros.
Mais ce n'est pas un bon objectif il y a 5% de chômage en 2027 le quasi plein emploi ?
C'est une remise en cause de la logique du RSA. Le RSA quand il a été créé et avant le RMI c'est une prestation sociale c'est une allocation c'est un minimum pour vivre. D'accord ? Donc si vous obligez ces gens Mais le gouvernement n'a jamais dit
qu'il supprimerait le RSA Clément Ténotin il veut simplement créer les conditions d'un retour à l'emploi.
Sauf qu'il crée un contrat d'engagement si vous ne le faites pas vous pouvez vous retrouver sans rien. Et deuxièmement c'est une casse du service public de l'emploi et ça c'est le deuxième volet de France Travail c'est pourquoi cette loi je trouve qu'on n'en parle pas assez je vous remercie de m'avoir donné en toute fin mais j'appelle c'est à partir de lundi en séance publique j'appelle vraiment celles et ceux qui nous regardent à s'interroger sur ce projet de loi qui à mon avis est une immense régression sociale
et qui fait suite
à la loi sur les retraites
Mais c'est quand même un objectif de plein emploi mais on a compris que vous contestiez les moyens Merci beaucoup Clément Ténotin d'être venu sur LCI ce matin Dans un instant Elisabeth Martich vous le temps de l'info D'abord la météo
Clémentine Autain