Divergences franco-allemandes sur la PAC : "Il n'y a pas de fâcherie" affirme Didier Guillaume
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:12OuverteRéponse partielle
Est-ce que ça signifie pour vous qu'il faut une nouvelle loi sur la fin de vie que la précédente n'est pas assez claire ?
- 3:29OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a comme un petit vent de panique, en ce moment, dans la majorité, au vu des derniers sondages ?
- 4:13RelanceRéponse partielle
Parfois, les chiffres sont démentis, les sondages sont démentis, les soirs de vote.
- 9:30OuverteRéponse directe
Dans son entretien ce matin, le président de la République met en cause ce qu'il appelle la connivence de l'extrême droite française et européenne avec des intérêts étrangers qui visent à démanteler l'Europe.
- 10:06FerméeRéponse directe
Vous la croyez Marine Le Pen quand elle dit ça ?
- 11:43OuverteRéponse directe
Parmi les enjeux qui touchent évidemment à la politique de l'Union Européenne, il y a la PAC, la politique agricole commune.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37Invité politiqueFait
« On parle de la vie d'un homme, on ne parle pas de je ne sais quel procès ou je ne sais quel match de football. »
- 0:58Invité politiqueFait
« La faillite du système, la faillite de la loi Clès-Léonetti et le fait que l'on n'arrive pas à aller au bout de quelque chose. »
- 2:42Invité politiquePromesse
« Alors, à titre personnel, moi, j'y suis favorable, mais ça fera partie d'un équilibre politique. »
- 3:35Invité politiqueFait
« Mais il n'y a pas un vent de panique. »
- 3:53Invité politiqueFait
« Vous voulez faire un référendum anti-Macron ? Eh bien, allons-y. »
- 4:19Invité politiqueChiffre
« C'est trois fois plus, on ne sait jamais. C'est trois fois plus, de 8 à 22, quasiment. Ça fait 24. »
- 5:01Invité politiqueChiffre
« Je pense que quand on est à plus de 20%, on ne prend pas une raclée. C'est plutôt pas mal comme résultat. C'est même un bon résultat. »
- 5:31Invité politiqueFait
« Nous voulons une Europe conquérante. Une Europe qui ne soit pas un colosse aux pieds d'argile. »
- 12:15Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, la Commission européenne propose une baisse de la PAC de 15%. C'est inacceptable. »
- 12:28Invité politiqueFait
« Qui aurait la conséquence sûrement de faire disparaître plusieurs milliers d'agriculteurs en France, de baisser les aides, de baisser notre compétitivité, d'empêcher la transition agroécologique, d'empêcher de mettre des aides en fonction de l'effort fait pour le climat, d'empêcher d'avoir moins d'argent sur l'installation des jeunes agriculteurs. »
- 12:55Invité politiqueFait
« Nous, nous disons l'inverse. Nous disons qu'il faut augmenter le budget de l'Union. »
- 13:10Invité politiqueFait
« La France propose l'Union Européenne et le PPE et la droite européenne y est opposée, propose de taxer les GAFA, Google, Amazon, Facebook, Apple, pour rapporter des dizaines de milliards en Europe, pour augmenter le budget de l'Europe, la droite actuelle y est opposée. »
- 13:24Invité politiqueChiffre
« Non, pas du tout, puisqu'aujourd'hui, il y a 20 pays sur les 27, si j'enlève le Royaume-Uni, 20 pays sur les 27, qui ont signé ce qu'on appelle l'accord de Madrid, qui sont toujours favorables à ce qu'on ait une PAC dans le cadre de ce qu'on appelle UE27. »
- 21:16Invité politiqueFait
« la France va être le premier pays au monde à sortir du glyphosate »
- 23:18Invité politiqueFait
« que notre agriculteur française est l'agriculture la plus durable du monde, la plus durable du monde malgré l'utilisation de ces pesticides »
Temps de parole
- Didier Guillaume69 %
- Invité10 %
- Présentateur10 %
- Présentateur 28 %
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Bonjour Didier Guillaume. Bonjour. La justice vient donc d'ordonner la reprise des traitements de Vincent Lambert après 7 années de bataille judiciaire. Est-ce que ça signifie pour vous qu'il faut une nouvelle loi sur la fin de vie que la précédente n'est pas assez claire ?
C'est quand même inouï ce que l'on vit une famille qui se déchire. Hier j'ai été profondément choqué, très choqué, par, ils ont le droit de faire ce qu'ils veulent, mais par les avocats qui dansaient, qui sautaient au plafond, la romantada, on a gagné, mais qu'est-ce que c'est cette histoire ? On parle de la vie d'un homme, on ne parle pas de je ne sais quel procès ou je ne sais quel match de football. Ça m'a profondément choqué. Je pense qu'aujourd'hui, la dignité, c'est de permettre de mourir dans la dignité, justement. Et moi je soutiens l'association de Romero et je soutiens ce qui est fait dans ce domaine-là.
S'il faut faire une nouvelle loi, peut-être il faudra-t-il la faire, ce n'est pas à moi de le décider. Les parlementaires s'en saisiront, mais en tout cas, ce que l'on voit là, c'est la faillite du système, la faillite de la loi Clès-Léonetti et le fait que l'on n'arrive pas à aller au bout de quelque chose. Si c'est la faillite de la loi actuelle, dit Guillaume, c'est qu'il en faut une autre pour clarifier la situation. Vous savez, ces sujets, c'est vraiment quelque chose de profond qui touche au plus profond de soi-même, qui touche pour certains à la religion, pour d'autres à des convictions. C'est ça qui est terrible.
Moi, je pense à ce pauvre homme qui est étraplégique et à une famille qui se déchire, sa femme, son épouse qui dit, écoutez, sa volonté, c'est d'arrêter la souffrance. Et les parents qui disent, surtout pas. C'est à ça qu'il faut penser. C'est pour ça qu'on voit bien que ce n'est pas une loi qui règle forcément le problème. Qu'aujourd'hui, il y a des appels, la Cour de justice, etc. Moi, je pense qu'à travers ce drame humain, parce que c'est un drame humain, la société doit réfléchir à ces grands sujets, comme ceux-là, on parle de la PMA, la fin de vie. Ces grands sujets-là, je pense que ça doit être des débats qui doivent être mis sur la table, mis sur la table avec les citoyens.
Mais il y a un problème d'harmonisation juridique, quand même, disait Guillaume. Quand on voit que, justement, maintenant, un comité dépendant de l'ONU émet un avis différent, et en l'occurrence, à l'origine, le gouvernement pensait qu'il ne fallait pas tenir compte de cet avis. Donc, est-ce qu'il n'y a pas eu une erreur là, et est-ce qu'il n'y a pas un problème, une question d'harmonisation judiciaire ?
Non, mais évidemment, quand on voit cela, il y a un problème d'harmonisation judiciaire. Je ne sais pas quels sont ces comités qui donnent des avis différents. La justice française... Ce n'est pas l'ONU de dictée à la France qu'elle doit faire. Je ne crois pas. Je ne crois pas. Et je pense que la justice française devrait être capable de dire où l'on doit aller. Donc, quand je parle de la faillite de la loi Clès-Leonetti, ce n'est pas la faillite de la loi en tant que telle, mais c'est la faillite du système qui fait qu'on ne peut pas appliquer cette loi.
Mais est-ce que le projet de loi de révision des lois bioéthiques, qui sera bientôt étudié, il devrait justement prendre en compte cette question ?
Alors, à titre personnel, moi, j'y suis favorable, mais ça fera partie d'un équilibre politique. Je pense que dans la révision des lois bioéthiques, il faut aller loin. La société est prête à ce qu'on aille loin. La société n'est prête qu'à ce que l'on avance. Mais ce débat, ce ne va pas être un débat de division, d'opposition. Ça va être un débat de rassemblement, d'unité nationale. Enfin, quand même, en 2020, sommes-nous capables de parler de la fin de vie ? Sommes-nous capables de parler de la procréation ? Sommes-nous capables de parler de la famille, de l'enfant, sans se déchirer, sans faire des oppositions comme on le voit là ?
Moi, je vous le dis, j'ai été très choqué de voir ces images à la télévision. Je ne pense pas que ce soit la dignité d'un homme qui est en grande difficulté, en grande souffrance.
Didier Guillaume et Emmanuel Macron s'adressent aux Français à travers une interview ce matin publiée par une quarantaine de titres de la presse régionale. Est-ce qu'il y a comme un petit vent de panique, en ce moment, dans la majorité, au vu des derniers sondages qui donnent le Rassemblement National, désormais quasiment seul en tête ?
Mais il n'y a pas un vent de panique. C'est l'engagement du Président de la République. Qui peut croire que Nicolas Sarkozy ou François Hollande ne se sont pas intéressés aux élections européennes et n'ont pas fait campagne ? Nicolas Sarkozy a même fait un meeting. Aujourd'hui, ce n'est pas de la panique, simplement de bien mettre en avant ce qu'il en est. Le Président de la République le dit dans sa tribune. Vous voulez faire un référendum anti-Macron ? Eh bien, allons-y. Allons-y, sauf que... Ça ne vous fait pas peur ? Ce que je m'aperçois, c'est que Jean-Luc Mélenchon, qui veut faire un référendum anti-Macron, il fait trois fois moins que la liste de Macron.
Donc, c'est peut-être un référendum anti-Mélenchon...
Sauf qu'il faut toujours se méfier de ce genre de chiffres, qu'il y a toujours d'une élection, Didier Guillaume. Parfois, les chiffres sont démentis, les sondages sont démentis, les soirs de vote.
Peut-être, c'est possible. Enfin, si la LFI passe devant la liste Renaissance, c'est qu'il va se passer un cataclysme. C'est trois fois plus, on ne sait jamais. C'est trois fois plus, de 8 à 22, quasiment. Ça fait 24. Mais ce n'est pas ça.
Si on prend votre raisonnement et qu'on additionne toutes les oppositions à Emmanuel Macron, dans ces cas-là, il y a quatre Français sur cinq qui sont aujourd'hui opposés à Emmanuel Macron.
Il n'y a pas une seule élection en France, pas une seule, où si on ajoute toutes les autres listes, elles ne font pas plus que la majorité. D'ailleurs, je constate que Nicolas Sarkozy avait fait 12,92 face à Charles Pascouin aux Européennes. Michel Rocard avait fait 13%. Oui, Michel Rocard avait fait 13%. Que Arlène Désir avait fait 14%. Que pour toutes les Européennes, le gouvernement prend une raclée. Donc là, ce sera le cas. Là, ce sera le cas où vous aviez échappé. Toutes les Européennes depuis 20 ans. Je pense que quand on est à plus de 20%, on ne prend pas une raclée. C'est plutôt pas mal comme résultat. C'est même un bon résultat.
Par contre, l'enjeu, c'est de savoir est-ce que l'extrême droite dans notre pays va être en tête ou est-ce que nous, nous allons arriver en tête. C'est l'enjeu de ce scrutin. C'est pour ça que le président de la République s'est engagé. Que tous les ministres, les militants, les partis politiques, que nous nous battons dans ce cadre-là. Parce que ce n'est pas la même chose quand le président de la République dit qu'il n'est pas inquiet, mais il veut se battre pour cette Europe. Il ne faut pas déconstruire l'Europe. On ne veut pas l'Europe des nationalistes, des populistes, l'Europe des extrêmes et de l'extrême droite. Nous voulons une Europe conquérante.
Une Europe qui ne soit pas un colosse aux pieds d'argile. Une Europe qui ne se déconstruise pas. Au contraire, qui se reconstruise différemment.
Donc si l'extrême droite est en tête, ce sera une défaite. Comment ? Si l'extrême droite est en tête, ce sera une défaite pour le gouvernement et pour le chef de l'État.
Mais l'extrême droite était en tête déjà la dernière fois. Donc si l'extrême droite est en tête, ce n'est que la répétition de ce que sont les élections européennes en France. Ce que nous souhaitons nous, c'est que l'extrême droite ne soit pas en tête.
Emmanuel Macron dit dans cet entretien à la presse, nous nous sommes assoupis face au Rassemblement national. Vous vous êtes assoupis depuis le début du quinquennat. Vous avez oublié que le Rassemblement national avait été face à vous au second tour de la présidentielle.
Non, non. Le problème qu'on a dans ce pays, c'est qu'on considère qu'il y a un plafond de verre qui fait que lorsque l'extrême droite est au second tour de l'élection, alors on gagne globalement. C'est ce qui s'est toujours passé pour la droite, pour la gauche, pour les élections municipales, pour les élections législatives. Et ça, ce n'est plus le cas aujourd'hui. C'est ce qui a permis l'élection de Jacques Chirac à 82 et quelques pourcents en 2002. Parce que tout le monde a voté pour Jacques Chirac. Toute la gauche a voté pour Jacques Chirac. Et ça n'a pas été le cas pour Emmanuel Macron. M. Benhabi n'a toujours pas dit pour qui il avait voté au deuxième tour de l'élection présidentielle.
Je serais assez intéressé qu'il le dise. Aujourd'hui, il n'y a plus de plafond de verre. Pour qui il a voté au deuxième tour de l'élection présidentielle.
Aujourd'hui, à vos yeux, il n'y a plus de plafond de verre qui empêche justement la nomination de l'emporter.
Aujourd'hui, ce n'est pas le cas plus de plafond de verre, mais il ne vous a pas échappé que Marine Le Pen a fait 60 et quelques pourcents, et pas 20 pourcents comme son père quelques années avant. Donc on voit bien que les choses...
Non, elle n'a pas fait 60 pourcents.
Macron a fait 60 pourcents et Mme Le Pen, 40 pourcents. Donc elle a fait deux fois plus de voix, deux fois plus en pourcentage que son père. Donc on voit bien que les choses bougent. Est-ce qu'il y a-t-il un plafond de verre ? Je n'en sais rien. Moi, ce qui m'importe, ce n'est pas le plafond de verre.
C'est ce que nous serons capables de dire aux électeurs pour leur dire, attention, l'enjeu de cette élection européenne, ce n'est pas un référendum anti-Macron, ce n'est pas de dire, je ne suis pas d'accord sur telle ou telle mesure, c'est de savoir si demain, on est capable d'avoir une banque du climat avec 1000 milliards, c'est capable de savoir si on peut avoir un espace Schengen plus sécurisé où tout le monde ne rentre pas n'importe comment en Europe, c'est de savoir si on est capable de faire de l'harmonisation fiscale et sociale afin que nos agriculteurs ne soient pas concurrencés par des agriculteurs à l'intérieur de l'Europe, mais que l'Europe toute entière soit en bataille avec les autres pays, c'est de savoir si demain, les grandes puissances mondiales veulent détruire l'Europe et détruire la France ou si nous sommes capables de nous battre.
Et ce sera l'objet de la suite de cet entretien, si vous le voulez bien, dans une minute, puisqu'il est 8h41, Didier Guillaume, c'est l'heure du rappel de l'actualité avec David Daubat. Et ce nouveau rebondissement dans l'affaire Vincent Lambert, après l'arrêt des soins le matin, la cour d'appel de Paris ordonne finalement la reprise de l'alimentation et de l'hydratation. Sur France Info, il y a quelques minutes, l'avocat de Rachel Lambert annonce qu'il va engager des sanctions après la publication d'une vidéo filmée par la maire de Vincent Lambert.
Dans une interview publiée dans une quarantaine de quotidiens régionaux, Emmanuel Macron évoque un risque existentiel et la dislocation de l'Europe. Selon lui, ce scrutin est le plus important depuis 1979. Du côté des propositions, il souhaite notamment une taxation commune du kérosène en Europe. Justement, puisque l'on parle de ces élections, sachez que 5300 détenus français vont voter à l'intérieur même des prisons. Les opérations ont débuté hier, elles s'achèveront demain. Jusqu'à maintenant, ils se prononçaient par procuration ou bien ils demandaient une autorisation de sortie.
Les salariés de Général Electric mobilisés ce matin, ça se passe à Belfort, 500 à 1000 postes pourraient disparaître au sein de l'activité production de turbines à gaz. Les syndicats demandent à être reçus par le chef de l'État. Huawei en discussion avec Google pour tenter de trouver une solution à la rupture des liens avec le géant américain. Hier, les autorités ont calmé le jeu en décrétant un délai de 90 jours avant l'entrée en vigueur de la mesure. Et jusqu'à 9h, c'est le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, qui est l'invité de France Info avec Renaud Délia Mécoté.
Dans son entretien ce matin, le président de la République met en cause ce qu'il appelle la connivence de l'extrême droite française et européenne avec des intérêts étrangers qui visent à démanteler l'Europe. Et il cite notamment le cas du lobbyiste américain Steve Bannon, proche de Donald Trump. Steve Bannon, Marine Le Pen qui était notre invité ici même à votre place hier, Didier Guillaume, et bien elle a réagi à sa présence à Paris et c'est nous qui lui avons appris cette présence.
Il n'a aucun rôle dans la campagne, il est manifestement à Paris, je ne savais même pas au moins qu'il y était d'ailleurs. Vous l'avez découvert en disant la presse ? Exactement, il est à Paris pour des affaires puisqu'il est en train de vendre une de ses sociétés à une grande banque française.
Vous la croyez Marine Le Pen quand elle dit ça ?
Non. Non, qu'est-ce qui vous fait dire qu'elle m'a ? Vous me posez une question, est-ce que je la crois ? Je vous dis non, je ne la crois pas. Mais c'est un sentiment ou vous avez des... Non, mais enfin, je n'ai pas de preuves, mais enfin, qui peut penser que M.
Bannon, dont on connaît les liens avec Trump puisqu'il a fait sa campagne, même si depuis il s'est apparemment coupé, fâché, dont on connaît ses liens avec l'extrême droite européenne, dont on sait qu'il a accueilli Marion Maréchal Le Pen aux Etats-Unis, il vient là pour la campagne, voir Matteo Salvini, voir Marine Le Pen essayer de démanteler l'Europe, dire que ça va être la grande victoire des populistes et de l'extrême droite, enfin, dire que Marine Le Pen ne savait pas qui était là, ça me surprend un peu quand même. S'il la conseille, est-ce que c'est grave ?
Ce n'est pas grave s'il la conseille, parce que Marine Le Pen a le droit d'être conseillée par qui elle veut, ce n'est pas le problème du conseil.
C'est légal.
Mais bien sûr, ce n'est pas le sujet, moi je ne vais pas entrer là-dedans. Ce qui est dramatique politiquement, c'est de voir que c'est les puissances de l'étranger qui viennent s'immiscer dans la campagne des élections européennes pour justement démanteler l'Europe.
Ce n'est pas Donald Trump qui dicte à son ancien conseiller avec qui il est fâché aujourd'hui
ce qu'il faut dire à Marine Le Pen. Moi je ne suis pas un complotiste, je n'ai pas la théorie du complot, ce n'est pas ça le sujet. Tout ce que je constate, c'est qu'un personnage de l'extrême droite ou de la droite dure trumpiste américaine vienne dans la campagne aujourd'hui. Dans quel but ? Dans quel but à vos yeux ? Qu'est-ce qu'il veut faire ? D'après ce que j'ai compris, c'est qu'il veut stimuler, il veut doper, il veut mettre un peu de PO pour les élections européennes, pour l'extrême droite européenne, pour qu'elles se réunissent et qu'elles soient une force pour mettre un style de vie, un style politique dans l'Europe. Je crois que c'est ça l'histoire et c'est gravissime.
Parmi les enjeux qui touchent évidemment à la politique de l'Union Européenne, il y a la PAC, la politique agricole commune. C'est un budget conséquent, 40% du budget européen. Il y a une réforme de la PAC qui est en cours, qui est proposée après le Brexit et la future sortie du Royaume-Uni qui viserait à baisser les crédits de la PAC. Emmanuel Macron, dans son interview de ce matin, encore répète qu'il y est opposé.
Oui, moi je suis vraiment très heureux de l'interview en général, mais en particulier sur l'agriculture. Lorsqu'il parle de la PAC, lorsqu'il parle du glyphosate, lorsqu'il parle de la transition agroécologique, c'est très important. Aujourd'hui, la Commission européenne propose une baisse de la PAC de 15%. C'est inacceptable. C'est inacceptable. Ce serait une erreur phénoménale pour notre agriculture française et européenne. Qui aurait quelles conséquences, Didier Guillaume ?
Qui aurait la conséquence sûrement de faire disparaître plusieurs milliers d'agriculteurs en France, de baisser les aides, de baisser notre compétitivité, d'empêcher la transition agroécologique, d'empêcher de mettre des aides en fonction de l'effort fait pour le climat, d'empêcher d'avoir moins d'argent sur l'installation des jeunes agriculteurs. C'est absolument dramatique. Pourquoi ? Parce que l'Union Européenne, la Commission européenne, qui ne veut pas augmenter le budget de l'Union, veut prendre sur la PAC pour mettre ailleurs. Nous, nous disons l'inverse. Nous disons qu'il faut augmenter le budget de l'Union. Est-ce que c'est par de nouveaux impôts ? Non.
Pas des impôts pour les citoyens. Mais par exemple, quand la France propose l'Union Européenne et le PPE et la droite européenne y est opposée, propose de taxer les GAFA, Google, Amazon, Facebook, Apple, pour rapporter des dizaines de milliards en Europe, pour augmenter le budget de l'Europe, la droite actuelle y est opposée. La PPE qui dirige l'Europe aujourd'hui y est opposée.
Sur la PAC, comment vous allez faire ? Est-ce que la France ne s'est pas isolée dans son opposition à la réforme de la PAC ?
Non, non, pas du tout, puisqu'aujourd'hui, il y a 20 pays sur les 27, si j'enlève le Royaume-Uni, 20 pays sur les 27, qui ont signé ce qu'on appelle l'accord de Madrid, qui sont toujours favorables à ce qu'on ait une PAC dans le cadre de ce qu'on appelle UE27, c'est-à-dire sans le Royaume-Uni, donc une PAC qui va baisser, puisqu'il va...
Qui passe par une baisse des crédits de l'ordre de 5%.
Non, non, pas du tout, qui va baisser parce qu'il va y avoir en moins les crédits du Royaume-Uni, mais qui ne baissera pas en différence entre le budget actuel moins le Royaume-Uni. Je ne sais pas si je suis clair. Donc, 20 pays sont opposés à la baisse du budget de la PAC en dehors.
Donc, il y a une majorité aujourd'hui pour s'opposer au projet de la Commission européenne ?
Oui. Donc, vous êtes plutôt optimiste sur le sort des négociations. Je suis plutôt optimiste, mais la bagarre va être terrible parce qu'il n'y a pas échappé qu'on est 20, mais il en faut 27. Où est l'Allemagne ? Eh bien, l'Allemagne est un peu avec nous, mais elle semble bouger un peu. Pour l'instant, elle est dans le groupe des 20. Est-ce que c'était vraiment le bon moment pour se fâcher avec Angela Merkel ? Mais est-ce que c'est vraiment le bon moment pour mettre ses convictions dans sa poche et pour s'écraser ? Mais pas du tout. Quel fâcher ? De quoi s'agit-il ?
Angela Merkel serait-elle la prêtresse de l'Union européenne à qui il faudrait aller comme ça, serrer la main et dire je suis d'accord avec vous ? Non, il n'y a pas de fâcherie. Je crois qu'Emmanuel Macron le dit dans sa tribune, si on regarde ce qui s'est passé ces 20 ou 30 dernières années, ces 20 dernières années, il y a eu beaucoup de fâcherie. Mais le couple franco-allemand, il est indispensable. L'amitié franco-allemande, elle est réelle, elle ne s'effacera jamais. Mais si nous avons des différences d'approche, nous avons eu par exemple sur les travailleurs détachés, nous pouvons en avoir sur le budget, il est temps de le dire. Mais la France n'est pas seule.
Face à l'Allemagne, pour reprendre votre terme, les prédécesseurs d'Emmanuel Macron, ils se sont trop longtemps écrasés face aux demandes de l'Allemagne ?
Non, parfois on s'est un peu écrasés, parfois aussi on a bataillé. Je me rappelle très bien de Mitterrand-École et de la poignée de main à Verdun, le débat pour l'indépendance de la BAC centrale européenne, le débat sur approfondissement ou élargissement, il a vraiment eu lieu, et les débats ont eu lieu. Je crois que, arrêtons de focaliser sur on dit la France et l'Allemagne sont en bisbille. La France et l'Allemagne discutent. La France et l'Allemagne discutent entre gens adultes et entre pays adultes. Qui ne sont pas d'accord. On s'est très... Pas d'accord, ils sont d'accord sur 80% des sujets. Angela Merkel est morte une confrontation et Emmanuel Macron reprend ce diagnostic.
Mais Angela Merkel est aujourd'hui en grande difficulté politique chez elle. Elle a annoncé qu'elle a arrêté. Aujourd'hui, le gouvernement allemand est plutôt vacillant. Sa successeur n'est pas encore là. La coalition a des difficultés. C'est ça la situation politique.
Et son parti est donné aux européennes avec un score qui ferait saliver le vôtre. Mais nous verrons bien comment elles se passeront. Pour quelqu'un qui est en difficulté, elle ne se porte pas si mal en guerre.
Mais ce n'est pas ça le sujet. Je ne parle pas de son parti. Je parle de la situation politique en Allemagne. Et donc, il n'est pas anormal qu'il puisse y avoir un peu des frottements entre l'Allemagne et la France. Dans toutes les familles, dans tous les amis. On peut parfois s'engueuler un peu. Mais il faut garder l'objectif, ça qui est important.
Et est-ce qu'il faut, pour sauver, pour conforter l'agriculture en Europe, est-ce qu'il faut instaurer des mesures davantage protectionnistes, se protéger des importations venant de l'extérieur de l'Union Européenne ? Est-ce que l'Europe n'a pas été un petit peu naïve de ce point de vue-là depuis quelques années ? Si.
L'Europe, à mon sens, a été trop naïve de ce point de vue-là, comme vous le dites, depuis quelques années. C'est pour ça que, quand Emmanuel Macron dit « Je refuse de donner le mandat à l'Union Européenne pour l'accord commercial avec les États-Unis lié au climat », c'est pour ça que nous disons non aux accords avec le Mercosur, avec l'Amérique latine, parce que nous ne voulons pas en France du bœuf aux ormandes ou du poulet chloré.
Qu'on s'il n'y aura plus d'accords de libre-échange.
Non mais si ! Mais les accords de libre-échange ne peuvent pas se faire au détriment des standards européens. C'est pour ça qu'il y a deux niveaux. Il y a le niveau infra-européen et le niveau extérieur. L'Europe, en tant que telle, les 27 pays doivent monter en gamme. Il y a trop de dumping fiscal, de dumping social encore à l'intérieur de l'Europe. Par exemple, entre la France et l'Espagne, pour les viticulteurs, pour les arboriculteurs. Il faut que ça cesse. Il y a trop de dumping fiscal encore avec les travailleurs détachés. La première partie a été faite, il faut aller encore plus loin.
Mais à l'extérieur de l'Europe, il faut se bagarrer pour que les produits qui rentrent dans l'Union européenne soient des produits qui soient au standard européen en termes de sécurité sanitaire de l'alimentation, en termes de qualité des produits.
Et pour en revenir à la question de Renaud-Déli, il y a des produits qu'il faudrait taxer davantage avant qu'il ne débarque sur le sol européen. Non, il y a des produits
qu'il faut interdire de débarquer sur le sol européen. Je vous le disais, par exemple, le bœuf aux antibiotiques, le poulet aux hormones, les poulets chlorés, enfin, je ne peux pas montrer du doigt, mais aucun produit ne doit rentrer dans l'Union européenne s'il n'est pas au standard de l'Union européenne. Le libre-échange, ce n'est pas je fais rentrer le loup dans la bergerie.
Il est 8h50 sur France Info, on s'interrompt quelques instants Didier Guéau, mais on vous retrouve juste après David Doba qui vient nous résumer l'actualité. Légende des circuits de Formule 1 triple champion du monde dans les années 70-80. Niki Loda est décédé hier, considéré comme un miraculé. Il avait échappé de peu à la mort. C'était en 1976. Sa monoplace en Allemagne était sortie de route, défigurée, très gravement brûlée. Il était redevenu champion du monde en 77. Il avait 70 ans. Les avocats des parents de Vincent Lambert attendus ce matin au centre hospitalier de Reims. Ils veulent vérifier la reprise au moins provisoire des traitements. Décision hier de la Cour d'appel de Paris.
Reverse pour Donald Trump, un juge fédéral autorise finalement la Chambre des représentants à avoir accès aux informations sur sa fortune personnelle. Le président américain avait engagé le mois dernier une action en justice pour ne pas rendre public ses documents. Quentin Tarantino, Leonardo DiCaprio, bien encore Brad Pitt. Attendu ce soir, évidemment, c'est à Cannes que ça va se passer pour la projection de Once Upon a Time in Hollywood. Dixième film du réalisateur récompensé sur la croisette il y a 25 ans pour Pulp Fiction. Et puis 24 heures après la phrase choc de Kylian Mbappé, le PSG publie un communiqué sur les réseaux sociaux.
Il affirme que l'histoire se poursuivra avec lui et que des liens très forts les unissent depuis maintenant deux saisons. François Faux. Guillaume, je voudrais vous faire écouter maintenant un revenant. Je ne sais pas si vous avez manqué ces dernières semaines depuis qu'il a quitté le gouvernement. C'est Nicolas Hulot.
Là ils vont faire un conseil de défense sur l'environnement. Très bonne chose. Si le président et le premier ministre distribuent les rôles et que tout le monde va dans le même sens. Mais quand moi je disais une chose je voulais aller par là et que le ministre de l'agriculture voulait aller par là au bout d'un moment sauf à alimenter dans les médias le buzz c'est une équation impossible. Tous les ministères sont concernés par la transition écologique et solidaire. Je dis bien tous les ministères. Nicolas Hulot
hier soir sur le plateau de quotidien c'est une parole qui manque aujourd'hui au sein du gouvernement. La preuve elle ne manque pas
puisque vous venez de la passer sur France Info et donc il dit qu'il est plutôt content du conseil de développement écologique qui va être mis en place
qui ne fonctionne pas encore. Qui va être mis en place dans deux jours.
Je dis donc il ne peut pas fonctionner puisque le président l'a annoncé il y a quelques jours il va être mis en place jeudi. Donc oui la parole de Nicolas Hulot manque parce que c'est une voix forte de l'écologie et il a raison de soutenir Emmanuel Macron dans son souci d'écologie il disait il y a de la différence entre le ministère et le ministère Il pourrait sentir un soutien dans ses propos là ? Il dit que c'est bien non mais je ne dis pas soutenir pour les élections il dit que ce conseil de développement économique c'est bien.
Il dit surtout qu'il y avait une vraie incohérence de la politique gouvernementale jusque là entre le ministre de l'écologie qu'il était et le ministre de l'agriculture c'était votre prédécesseur Stéphane Travers Est-ce que c'est fini ces incohérences de la politique gouvernementale ? C'est fini Je passe mon temps
à parler de transition agroécologique nous allons sortir du glyphosate nous allons faire un effort pour baisser de 50% l'utilisation de phytosanitaires d'ici 2025 Je crois que aujourd'hui
Le glyphosate c'est dès 2021 comme l'écrit Nathalie Loiseau dans son projet ? Oui A 100% ?
Oui je vous l'ai déjà dit ici A 100% ?
A 100% On verra si c'est possible soit à 100% Ce que je veux vous dire quand même Renaud Daly c'est que la France va être le premier pays au monde à sortir du glyphosate L'Union Européenne a dit 5 ans Emmanuel Macron dit 3 ans et on dit à Emmanuel Macron non ce n'est pas assez oui mais sauf qu'on va être le leader au monde Après nous avons toujours dit s'il n'y a pas de possibilité pour 100% des agriculteurs d'en sortir alors on ne laisserait il n'y aura personne sans solution c'est pour ça que nous mettons 71 millions d'euros sur la recherche avec ma collègue Frédéric Vidal que l'INRA que tous les instituts travaillent pour les alternatives au glyphosate
Vous étiez Didier Guillaume sur le fichier Monsanto qui a donc recensé pendant des mois des journalistes et des politiques en fonction de leur position sur le glyphosate vous étiez dans quelle catégorie ?
Ah dans une catégorie qui me plaît beaucoup Laquelle ? Celle qui n'est pas favorable à Monsanto et aux produits phytosémitaires
C'est le cas ils avaient bien fait votre travail Comment ? Ils avaient bien fait leur travail c'est le cas vous êtes dans cette catégorie des résistants au glyphosate
C'est une plaisanterie j'espère Non ? J'étais bien un adversaire Mais j'espère que vous plaisantez quand même tout mon engagement politique depuis des années qui est fait de mon département le premier département bio de France le premier département anti-OGM de France La Drôme ? Je me bats pour la Drôme je me bats pour la transition agroécologique pour la sortie du glyphosate on a mis en place un comité de suivi du plan éco-phito pour baisser le nombre de... Donc vous en êtes plutôt fier de ce classement Vous avez eu l'occasion de leur dire que c'est... A Monsanto ? Oui ? Je ne les vois pas je n'ai jamais vu Monsanto de ma vie Vous n'allez pas appeler
le ministre de l'agriculture dans ces cas-là ne signale pas qu'il est un peu étonné ?
Non j'ai dit c'était comme une médaille au revers de ma veste Oui j'étais assez fier de ça
Donc vous n'allez pas porter plainte
Vous prenez ça... L'INRA a porté plainte L'INRA qui est un institut public dépendant du ministère de l'agriculture a porté plainte enfin pas chacun a porté plainte ce qui est inacceptable c'est de faire un fichier ce qui est inacceptable c'est que Monsanto se comporte enfin Monsanto Bayer même si Bayer a dit que...
Qu'il a racheté depuis l'existence de ce fichier de faire cela aujourd'hui ce que je veux dire quand même c'est que les agriculteurs depuis 50 ans on leur a dit produisez, produisez, produisez nourrissez l'Europe nourrissez la France et mettez des produits Moi je veux redire aujourd'hui que notre agriculteur française est l'agriculture la plus durable du monde la plus durable du monde malgré l'utilisation de ces pesticides et que l'alimentation française elle est sûre elle est saine elle est durable Mais maintenant il faut changer de modèle il faut passer du quantitatif du XXe siècle au qualitatif du XXe siècle C'est ce que nous faisons avec la transition agroécologique c'est la feuille de route donnée par le président de la République c'est ce qu'il redit dans l'interview dans la presse quotidienne régionale aujourd'hui et nous y allons et la France je veux le redire ici sur cette radio cette télé de service public la France sera le premier pays au monde à transiter à faire la transition agroécologique à quitter le glyphosate et à baisser l'utilisation des pesticides c'est une grande fierté
Comment expliquez-vous Didier Guillaume qu'aujourd'hui une frange croissante des agriculteurs français semble plutôt inquiétée par l'Europe verse dans l'euro-scepticisme ou soit tentée par le vote pour le rassemblement national ils considèrent aujourd'hui l'Europe pour beaucoup comme une menace et non pas comme un bouclier
Oui parce que je les comprends tout à fait j'essaie de leur expliquer quand j'envoie et je fais campagne dans tous les départements de France et quand je rencontre des agriculteurs je leur dis parce qu'aujourd'hui l'Europe pour les agriculteurs n'est pas l'Europe protectrice on dit on va faire l'Europe mais par exemple quand on interdit tel produit en France d'autres pays européens ne l'interdisent pas et donc on importe dans le cadre du marché unique du marché commun des produits venant d'autres pays par exemple avec du glyphosate alors que nous allons interdire le glyphosate c'est bien ça l'enjeu et l'enjeu c'est l'harmonisation européenne si nous suivons l'extrême droite c'est pour ça qu'un agriculteur n'a pas intérêt financièrement et pour son boulot à voter pour l'extrême droite il n'y a pas intérêt voter pour l'extrême droite c'est la fin de la PAC et c'est la libre circulation des pesticides en Europe voter contre l'extrême droite c'est permettre demain une harmonisation faire en sorte que quand la France dit nous arrêtons le glyphosate l'Espagne va aussi arrêter le glyphosate c'est ça le travail que nous devons faire
Merci à vous Didier Guillaume Merci à vous Ministre de l'Agriculture invité ce matin de France Info
Didier Guillaume