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Audition parlementaireSénat (sur YouTube)· 5 mars 2026 96 minActualité / polémiqueDéfenseInstitutions & électionsEurope & internationalÉconomie & entreprises

Guerre au Moyen-Orient : quels scénarios pour la suite ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Quels scénarios d'évolution institutionnelle et politique peut-on raisonnablement envisager en Iran après l'élimination du guide suprême ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    La contestation intérieure en Iran est-elle susceptible de déboucher sur un basculement ou une consolidation autoritaire ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Sommes-nous face à un engrenage régional susceptible de conduire à un embrasement généralisé ?

  • 11:00OuverteRéponse directe

    Quelle est la probabilité d'une extension durable du conflit impliquant directement ou indirectement les puissances du Golfe ?

  • 14:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi tout le monde n'est pas pour que le régime iranien tombe et qu'on passe à autre chose ?

  • 17:00OuverteRéponse directe

    Quel est le niveau de risque pour nos communautés françaises dans la région ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Fait
    « les appareils américains ne sont basés ou en tout cas que sur le sol britannique ou sur des bases britanniques. »
  • 7:00Chiffre
    « l'Iran devait encore détenir probablement entre 600 et 1000 missiles à longue portée capable d'atteindre Israël. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

J'ai l'heure. On y va. Bien mes chers collègues, nous accueillons aujourd'hui monsieur Pierre Razou, directeur académique de la Fondation méditerranéenne d'études stratégiques, que je remercie très sincèrement d'avoir répondu à notre invitation sous très faible préavis puisque je crois qu'on a échangé pas plus tard que lundi euh sous faible préavis comme diraient nos armées.

Monsieur Razou, vous êtes l'auteur de travaux de référence, notamment la guerre Iran-Irak, première guerre du golf 1980-198 etsal, nouvelle histoire de l'armée israélienne qui témoigne d'une connaissance des dynamiques stratégiques profondes à l'œuvre tant en Iran qu'en Israël. Votre double expertise à la fois historique et contemporaine nous sera particulièrement précieuse à l'heure où les événements se précipitent. Nous avons souhaité vous entendre afin d'éclairer notre commission sur la séquence d'une gravité exceptionnelle qui s'est ouverte ces derniers jours au Moyen-Orient.

Samedi dernier, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes conjointes massives présentées comme préventives dans le cadre de l'opération fureur épique côté américain et rugissement du lion côté israélien. Si cette offensive ne constitue pas une surprise absolue, Washington ayant déjà ciblé plusieurs installations nucléaires iraniennes en juin 2025 lors de l'opération marteau de minuit et déployé ces dernières semaines un dispositif militaire massif au Moyen-Orient. Elle est toutefois intervenue alors même que la diplomatie semblait être encore à l'œuvre.

Le ministre Omané des affaires étrangères euh Albusidi, médiateur des négoci des négociations entre les États-Unis et l'Iran, indiqué à l'issue du dernier cycle de discussion à Genève le 26 février qu'un accord paraissait à porter de main. L'administration américaine sous l'autorité du président Donald Trump a dans un premier temps présenté cette campagne comme brève circonscrite, susceptible de s'achever en 4 semaines ou moins. Une telle hypothèse vous paraît-elle crédible et au regard des précédentes guerres menées dans la région et de la profondeur stratégique de l'Iran, dès les premiers jours, dès le premier jour, l'élimination de la de la Yotola Kamenai a marqué une rupture historique.

Nous savons que le système institutionnel iranien est conçu comme un régime polycentré, redondant, structuré autour de centres de pouvoir multiples religieux, militaire, judiciaire et politique précisément pour garantir sa résilience face aux crises. Le conseil de direction provisoire a été mis en place comprenant notamment le président Pezekian, le chef du pouvoir judiciaire Mozeni Edi I ainsi que le digitaire religieux Arafi, membre de l'Assemblée des experts et du Conseil des gardiens. Quel scénario d'évolution institutionnelle et politique peut-on raisonnablement envisager ?

La contestation intérieure amorcée fin 2025 est brutalement réprimée en janvier peut-elle dans ce contexte déboucher sur une dynamique de basculement ? ou faut-il au contraire anticiper un réflexe de consolidation autoritaire autour des gardiens de la révolution ? La réponse iranienne, pour sa part semble s'inscrire dans une logique tousazimut.

Frappe en Arabie Saoudite, au Qatar, à Dubaï, au Kète, à Barin, à Oman en Irak. Frappe israélienne au Liban contre le Hezboll. Attaque de drone ayant touché la base navale française à Abu Dhabi et dans et une installation britannique à Chypre.

Sommes-nous face à un engrenage régional susceptible de conduire un embrasement généralisé ? Quelle est selon vous la probabilité d'une extension durable du conflit impliquant directement ou indirectement l'ensemble des puissances du golf, voire les grandes puissances extérieures ? Dans ce contexte, comment hésiter une escalade incontrôlée ?

Quel canau diplomatique demeure crédible ? Les médiations régionales sont-elles encore euh un espace d'action ? Et au-delà, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont indiqué être prêt à conduire le cas échéant des actions défensives pour neutraliser certaines capacités militaires iraniennes.

Comment analyser cette posture ? S'agit-il d'un signal de dissuasion, d'un alignement stratégique ou d'un risque supplémentaire d'internationalisation du conflit ? Mes chers collègues, est à titre exceptionnel, en raison des circonstances liées à la guerre au Moyen-Orient, les membres de la commission peuvent participer à cette audition en visoconférence.

Je rappelle également que nos travaux sont captés et diffusés en direct sur le site du internet du Sénat euh et que cette réunion exceptionnelle a été autorisée par la présidence puisque en période de suspension des travaux parlementaires, nous ne pouvons normalement pas réunir la commission en visio. Monsieur Razou, notre commission a abordé à de nombreuses reprises ces dernières années la recomposition du Moyen-Orient. Avons-nous basculé dans un moment de décomposition ou d'implosion dans ce moment d'extrême tension internationale où les équilibres régionaux et stratégique sembleillé ?

Nous comptons sur votre éclairage pour nous aider à comprendre les logiques à l'œuvre, les scénarios plausibles, les marges de manœuvre encore ouvertes à l'action diplomatique. Je vous laisse la parole et ensuite mes collègues en visio ou en présentiel auront l'occasion de vous interroger. Merci beaucoup monsieur le directeur.

Euh monsieur le président, mesdames et messieurs les sénateurs, merci pour votre confiance. Alors euh je ne vais pas j'essaie de passer si vous pouvez me passer la carte. Ça a eu marché.

Euh je vais pas revenir sur le dérouler euh des opérations de part et d'autre que j'ai résumé sur la carte qui va bientôt s'afficher et que vous avez devant vos yeux. Je voudrais plutôt vous expliquer et vous dire ce qui m'a marqué pendant ces 5 jours et comment je comprends la suite et quel scénario j'envisage éventuellement pour pour après. Je crois qu'il faut rester extrêmement prudent et éviter tout triomphalisme.

Ce que je constate d'abord, c'est que Donald Trump, qu'il se soit fait ou non forcer la main pour attaquer l'Iran, qu'il l'it voulu, qu'il l'it subi, ce qui est sûr c'est qu'aujourd'hui c'est Banamin Netaniau qui empoche les gains. Euh le premier ministre israélien a torpillé préventivement tout accord entre les États-Unis et l'Iran. C'était son cauchemar absolu.

Il a ce que les Israéliens appellent éliminer la tête de la pieuvre en éliminant donc le guide suprême Ali Ramene a affaibli considérablement l'Iran, à la fois dans son programme nucléaire et dans son programme balistique. Et on imagine bien qu'à échéance, les Iraniens ouvront beaucoup moins de moyens d'action et de prise sur Israël. Et enfin, il a fait diversion sur ses difficultés intérieures, difficultés politiques, difficultés judiciaires.

Donc je pense qu'il a carton plein. Euh je pense aussi que les objectifs d'emblé d'Israël et des États-Unis sont différents et ne sont pas forcément compatibles. Les objectifs affichés des États-Unis, c'était clairement le changement de régime, le la neutralisation définitive du programme nucléaire durable du programme balistique et l'élimination de tout ce qui était susceptible de menacer militairement la navigation commerciale dans le golf persic et le D3 d'Ormous pour faire simple permettre l'évacuation du fluide d'hydrocarbure en direction de partout.

Euh du côté israélien, ma compréhension c'est que au-delà des objectifs euh que je viens d'énoncer et donc qui je pense ont déjà été en grande partie atteint par les Israéliens, si la situation en Iran est chaotique et fragmentée, ça suffit amplement aux objectifs de Benjamin Letahou. C'est-à-dire qu'il ne cherche pas, il ne cherche pas forcément à faire tomber le régime. Il cherche à le fracturer encore plus et à l'affaiblir encore plus.

Un petit peu comme ça s'est passé en Irak et en Syrie pour éviter les problèmes directement chez lui. Tous les problèmes connexes qui surviendraient ensuite dans les voisins d'Iran, c'est pas le problème d'Israël. le sur le plan des frappes.

Je pense que ce que j'ai vu, enfin ce que j'ai compté c'est qu'on on voit à peu près 2/ tiers de frappe côté américain, un/ers côté israélien. Ça donne un aperçu et une idée du volume de force engagée et de l'effort militaire impliqué par les les deux béis géants de ce côté-là. Ce qui m'a marqué aussi, c'est que la riposte iranienne est à la fois étendue puisque au moins h pays ont été touchés.

Mais limité en intensité. Limité peut-être parce que tout simplement les Iraniens ne peuvent pas faire enfin le régime iranien ne peut pas faire autrement parce qu'il est en permanence survolé par l'aviation américaine et israélienne, par les satellites observés. Donc en fait aujourd'hui Israël et les États-Unis agissent, on va dire en open space au-dessus de l'Iran.

Donc soit ils ne peuvent pas, soit euh ils ont compris qu'il fallait garder des munitions pour plus tard. Donc ils économisent leur missile. Et le plus le le plus probable, c'est que c'est élan et l'autre.

C'està dire que à la fois ils ne peuvent pas et dans tous les cas de toute façon ils ont besoin d'économiser les missiles pour pouvoir faire durer le conflit. J'y reviendrai après. Ce qui m'a marqué aussi, c'est que pour l'instant euh ni les frappes américaines, ni les frappes israéliennes ne touchent l'infrastructure pétrolière iranienne.

Chacun communique, enfin les les bellérant des deux côtés communiquent sur à peu près ce qu'ils essayent de taper, ce qu'ils ont frappé, ce qu'ils ont touché. Mais il y a pas un mot sur les hydrocarbures. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que ma compréhension c'est que Donald Trump a imposé mais fortement à Netaniaahu. Ça devait être la contrepartie de JV. Oui, mais on touche pas au pétrole.

Pourquoi ? Parce que là très certainement, il y a de très fortes pressions des monarchies du Golf mais aussi des Européens, des Asiatiques et de la Chine sur euh sur le le flux pétrolier. Même s'il passe par Babel Mandeb au lieu de passer par Hormous, même s'il est plus cher doit continuer à à agir.

Euh je pense que du point de vue américain, ne pas taper pour l'instant les hydrocarbures iraniens, c'est préserver l'avenir notamment en terme de business parce qu'ils se disent on sait jamais. Après tout, si on arrive, même si c'est dans 6 mois, un an, à un accord avec les avec les Iraniens, peut-être qu'on sera content de pouvoir justement bénéficier sur le pétrole, le pétrole le pétrole iranien. Et puis surtout, c'est aussi un moyen de pression, je vais y revenir, c'est sur la Chine.

C'est pour dire aux Chinois, regardez, on contrôle le pétrole du Venezuela à peu près 4 5 % de des importations chinoises. Là, le pétrole de l'Iran, vous allez avoir beaucoup de mal à l'avoir, à peu près 12 13 % de la des importations chinoises. Mais si on le détruit quelque part, c'est plus dans l'équation, c'est plus dans la balance de la négociation.

Alors que si on le maintient, on peut faire pression et on peut négocier. Je crois aussi que c'est c'est perçu du point de vue américain comme contre-productif par rapport à la population iranienne. C'est-à-dire qu'on peut difficilement du point de vue de Washington dire à la population "Soulevez-vous et prenez le contrôle du pays" et en même temps leur casser pour l'avenir leur leur source de richesse pour comment vous allez vous en sortir.

Ce qui m'amène à penser que il y a le conflit entre les États-Unis, Israël d'un côté, l'Iran de l'autre, mais il y a un autre conflit qui se joue encore bien au-dessus, c'est la rivalité stratégique entre la Chine et les États-Unis. Et ce conflit s'inscrit clairement aussi dans cette rivalité stratégique entre la Chine et les États-Unis. Euh je vous rappelle que le président Trump doit se rendre à Pékin euh à la fin du mois de mars et qui va y aller sûrement avec un certain nombre de billes à négocié avec euh son homologue euh chinois.

Euh ce qui m'a marqué aussi, alors là c'est plus en terme de communication, c'est que ce sont les Iraniens qui communiquent et euh les Américains et les Israéliens pardon, et les Israéliens qui verrouillent l'information. C'est intéressant parce qu'en juin c'était le contraire. Pardon.

En juin 2025 c'était le contraire. Ce qui m'a marqué aussi, c'est que cette fois-ci les drones font mouche. C'est-à-dire que pendant la guerre de des 12 dites des 12 jours en juin 1900 pardon 2025 et pendant les différents épisodes de frappe mutuelle en 2024 entre Israël et l'Iran, systématiquement tous les drones étaient quasiment détectés et détruits avant de parvenir à sur leur cible.

Aujourd'hui, il y a un il y a un pourcentage malgré tout pas élevé mais réel de drones qui arrivent à destination. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que probablement c'est le cas parce qu'en fait ils sont tirés à relativement courte distance.

Donc auparavant c'était Israël, Iran, c'est 1600 km. Donc 1600 km même de nuit, vous avez les temps de les détecter, de les intercepter et de les détruire. Là, quand ça part de d'un côté à l'autre du golfe Persic que ça vole au rat de l'eau, c'est beaucoup plus compliqué à intercepter.

Donc ça veut dire qu'on est dans une phase où de nouveau les drones redeviennent probablement utiles. Probablement aussi parce que le bouclier antimissile, le bouclier antimissile, on va dire à la fois israélien et golfien des disons des monarchies du golf est clairement orienté pour arrêter les missiles balistiques parce que c'est présenté comme la comme la menace prioritaire et beaucoup moins contre les drones. Donc là aussi, il y a des leçons que les uns et les autres vont très certainement tirer.

Euh mais constat aussi ce qui m'a marqué concernant l'Iran, l'élimination donc d'Aleney ne signifie absolument pas la fin du régime. Comme vous l'avez dit, je l'avais écrit aussi, il est police centré, c'est qu'il y a plusieurs centres de de décision. Il est redondant, il est résilient.

J'ai souvent je présente à aux personnes avec qui je discute en leur disant c'est un peu comme une table à 6 pieds. Vous pouvez enlever un pied, deux pieds, la table tient. Elle est fragilisée, c'est évident mais elle tient.

Euh la différence est radicalement différente de celle de 2003. On entend souvent dans les médias des références à l'attaque sur l'Irak et la chute du régime de Saddam. C'est ça n'a rien à voir.

En 2003, c'était un régime qui était absolument centralisé, dictatorial et unique. Vous faites tomber le dictateur, tout s'effondre. Là, vous tapez le guide suprême, vous pouvez même tuer le président, le chef des gardiens, ils l'ont fait. vous pouvez décapiter la chaîne militaire, le système continue.

Donc euh tout ça fait que paradoxalement l'élimination euh donc d'Ali Ramene, ce qui m'a marqué aussi est presque présenté comme un non événement dans les médias iraniens. Ce qui montre bien que un, il était détesté une grande partie de la population de pas mal de gens y compris chez les plus conservateurs attendaient impatiemment son départ. pour pouvoir recommencer à jouer parce que clairement la lutte pour le pouvoir là est clairement engagée à Térant et euh et ce qui m'amène donc à essayer de comprendre ce qui peut se passer.

Euh donc on voit bien que le que le système est en train de faire émerger un nouveau guide suprême. Les Israéliens et les Américains ont dit que ce serait une cible automatique et légitime. Donc on comprend bien non plus que même s'ils ont décidé qui c'était, ils vont pas se presser de l'annoncer.

Ils vont d'abord le sécuriser, s'assurer queil puisse pas être frappé, euh régler les problèmes, on va dire administratifs et bureaucratique et de pouvoir qu'il y a autour. Et sans doute qu'ensuite il il comment dire, ils donneront son identité et ils diront. Ceci étant dit, dans cette lutte de pouvoir où on voit bien qu'il y a une redéfinition possible des équilibres, on peut imaginer un scénario qui se fasse peut-être pas du premier coup mais au second coup.

C'est-à-dire que là très certainement un guide va être désigné. Euh un certain nombre de personnes évoquent le nom de MTAba Hameni, c'est-à-dire l'un des fils de d'Ali Hameneai, donc le le précédent. Si c'est ça ce qui est possible.

Euh c'est clairement un signe de d'extrême fermeté et de et de et la quasi certitude que le conflit va durer va durer longtemps. Euh Maba euh bah il va il va d'abord vouloir venger son père, ensuite sa femme parce que il a perdu son épouse dans les frappes qui ont tué euh qui ont tué Ali Hameney. il est déjà aux manettes de fête depuis un certain temps, donc il connaît par le système et donc c'est clairement si s'il est nommé, c'est que les gardiens ont pris ont repris le haut du pavé et verrouillent le système.

On peut aussi imaginer un scénario où il est écarté et pour disons rassurer un peu la communauté internationale, les Iraniens font émerger un guide, c'est-à-dire donc un clair qui va rassurer tout le monde. Ça peut être Rani, l'ancien président, ça peut même être Ratami, l'ancien président, des réformistes, des modérés qui qui peuvent être ensuite présentés comme regardez, on va on va peut-être négocier. Ce qui me semble ce qui me semble sûr, c'est que au moins à court terme, on va vers un régime qui est davantage militarisé, qui sera beaucoup plus nationaliste et moins idéologue.

Ce qui est sûr aussi, c'est que les gardiens de la révolution jouent un rôle clé dans la définition du pouvoir. Ils vont probablement accroître leur pouvoir, même si Ali Laridjani qui est le chef du Conseil suprême de sécurité et Massou Pzchkan le président qui sont entre guillemets des civils politiques n'ont pas dit leurs derniers mots. Euh donc comme je vous le disais, la nomination du prochain guide euh sera je pense devra être interprété comme un signal très clair.

Au passage, même si c'est Moshta Hamenei, on peut imaginer que entre guillemets qu'il ne dure pas longtemps parce que il va devenir l'ennemi numéro 1 à battre. Et on peut imaginer que et les Israéliens, les Américains vont focaliser le leur effort là-dessus. Ce en est totalement cynique.

On peut même peut-être se dire que c'est aussi un moyen de le retirer de l'équation de la part de ceux qui l'ont nommé pour le dire. Voilà, on enlève tous ceux finalement qui nous empêchaient de changer de de ligne et ensuite on change de ligne. Et on change de ligne cette fois-ci pour faire émerger un système voire même qui pourrait remettre en cause le véayat alfarir.

C'est-à-dire c'est le dogme du de la primauté du religieux sur l'exécutif. C'est-à-dire que c'est le religieux qui existe, pardon, qui exerce infiné le le pouvoir temporel et qu'on arrive à un système où il y a davantage de pouvoir pour l'exécutif et le législatif. C'est pas impossible.

Euh ce qui est sûr, c'est que pour le moment l'Iran paraît entre guillemets tenue. Le régime fait tout pour éviter les manifestations. fermeture des universités, blocage d'internet, filtrage de la téléphonie mobile, quadrillage des villes par les basij et que après avoir été réprimé et extrêmement durement et de manière enfin extrêmement meurtrière, je tout ce que me disent mes contacts ianiens, c'est que la population ne descendra plus dans la rue tant qu'elle ne sera pas convaincue que l'appareil répressif est neutralisé.

L'appareil l'appareil répressif, ce sont les basji. Ils sont 600000. Ce sont les forces de sécurité intérieure, elles sont 250000.

Ce qui veut dire que vous avez 850000 agents de la répression potentiellement. En face de ça, pour vous donner un ordre d'idée, l'armée régulière, c'est 300000 hommes et les gardiens de la révolution, c'est 190000 hommes. Ce qui veut dire que rien que les Basiji certes qui ne sont armés que de d'armes légères, mais rien que les basjis sont plus nombreux que l'armée régulière et les gardiens de la révolution réunis, ça vous donne une idée ?

Donc ça veut dire que tant que les frappes ne se focaliseront pas systématiquement sur les casernes, les centres de décision, les centres de commandement, donc des basjin et des forces de sécurité intérieure, je vois pas comment ça peut évoluer sur le terrain sur place. Dans tous les cas, de toute façon, l'opposition est non pas unie, mais elle est fragmentée, elle n'est pas armée. Et même si les si les Iraniens désireux de renverser le système et le régime descendaient dans la rue, il faut garder en tête le fait que 15 % à minima 15 % des iraniens adultes soutiennent le régime pas par idéologie mais simplement par intérêt. par intérêt monétaire, pécunier, par comment dire combine, par le par le fait que si vous voulez pendant 45 ans enfin 47 ans tout le monde s'est marié, a fait du business ensemble et cetera, donc tout le monde se tient.

Donc ces 15 % d'adultes, ça représente au bas à peu près 12 millions 10 à 12 millions d'individus. Et ceux-là, ils ont rien à perdre. Enfin, plus exactement, ils ont tout à perdre si le système tombe.

Donc ça veut dire que si vous avez une partie, tous ceux qui veulent renverser le régime qui descendent dans la rue, vous trouverez en face un nombre élevé de gens qui veulent préserver le les prébandes du régime et le système. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire guerre civile.

Et les Iraniens veulent à tout prix, toute faction confondu à tout prix, à tout prix éviter la guerre civile. L'Iran aujourd'hui est un pays qui est fracturé. La société iranienne est fracturée entre, comme je vous le disais, donc on va dire les les antirégimes et ceux qui tiennent à préserver le régime entre les religieux et les non religieux.

Là-bas, laïque, je c'est pas un nom qu'on un mot qu'on prononce hein. La le concept de laïcité n'existe pas. Euh et entre les pauvres et les riches.

Tant que le régime arrivait à capter à conserver les classes moyennes, il s'en sortait à peu près. Il y a une crise économique gravissime. Or aujourd'hui, à la fois à cause de cette crise économique qui est liée à des tas de facteurs à la fois internes, corruption, pré prévarication, mauvaise gestion et aux sanctions facteur extérieur, la classe moyenne s'est littéralement appauvri mais considérablement.

J'ai pas mal de mes contacts bah qui sont qui sont aujourd'hui en situation appauvri alors qu'ils étaient en situation plutôt confortable il y a 5 ans ou 10 ans. Donc il faut garder ça aussi en tête. Euh comment je vois la suite ?

Je crois que le point crucial évidemment c'est le facteur temps. La Maison Blanche, imaginez une guerre courte au départ une semaine, 10 jours, peut-être 4 semaines, 5 semaines. Maintenant, ils ont du mal à évoquer une durée.

Ce qui est sûr, c'est que à mon avis Donald Trump s'est fait vendre par Netaniau l'idée d'une guerre courte. Et là, il s'aperçoit que ben en fait, non, pas vrai dent. Plus le temps passe, plus cela va devenir compliqué pour la Maison Blanche et pour les États-Unis.

On voit bien qu'on est dans une première phase où là le temps joue contre l'Iran et en faveur d'Israël et des États-Unis parce que c'est la période des grosses frappes des de la sidération des gros coups de point et donc là réellement les Iiens prennent des coûts énormes. Euh on passera ensuite dans un deuxième temps qui sera favorable à l'Iran à condition bien sûr que le régime se maintienne et survive. Pourquoi ? parce que on verra l'épuisement des stocks de munition à la fois américains et israéliens et que du point de vue américain, il est absolument vital parce que comme je vous le disais tout à l'heure, la rivalité les Américains n'oublient jamais que la rivalité stratégique majeure c'est face à la Chine.

Donc de toute façon, les États-Unis et le Pentagone va garder des stocks entre guillemets pour faire face à la Chine au cas où. Donc je pense que quand il va commencer à tangenter cette réserve, il va commencer à devenir nerveux et et à se poser des questions. Et pour les Israéliens, c'est pareil parce que s'il n'ont plus de de stock d'intercepteur antimissile, ça va devenir très compliqué ensuite d'arrêter les frappes iraniennes.

C'est pour ça que évidemment et les Américains et les Iraniens, pardon, et les Israéliens font actuellement le focus et un gros effort sur le balistique le balistique iranien. Pourquoi aussi ? Parce que dans dans un deuxième temps euh on va il y aura très certainement une érosion du soutien euh au vu des conséquences de la guerre aussi bien en Israël qu'aux États-Unis, beaucoup plus d'ailleurs aux États-Unis qu'en Israël et parce qu'on assistera probablement à la montée de la grogne populaire aux États-Unis à l'approche des élections de mi-mandat.

Donc en octobre, les élections sont début novembre. Donc là le les élections sont en début octobre. Pour la petite histoire, je pense que là Donald Trump peut oublier complètement son prix Nobel de la paix.

Euh je pense que il en a fait le deuil. Ce qu'il faut aussi garder en tête, c'est que l'Iran gagne en ne perdant pas du point de vue du régime iranien. Et du point de vue américain et de la Maison Blanche, les États-Unis gagnent en faisant chuter le régime iranien.

Donc je pense que des deux côtés chacun a ça en tête et ça va compliquer l'équation. Donc pour les Iraniens qui se disent il faut que le conflit dure, on va le faire durer. Enfin, c'est ce que je vais essayer de vous expliquer.

L'objectif prioritaire c'est préserver les figures du régime politique ou militaire qui sont capables de représenter une alterne native et la qui d'assurer la durabilité du système et et du régime. Donc si la stratégie iranienne c'est de faire durer, c'est enfin ça me paraît être de faire durer le conflit et de punir à la fois Donald Trump et Benjamin Netaniaahu. Là, il se trouve que ce qui se passe en ce moment m'a rappelé fortement la guerre Iran Irak, c'est-à-dire que donc je connais bien donc la guerre Iran Irak, c'est indéiablement l'Irak.

C'est Saddam Hussein qui attaque les Iraniens. La guerre aurait pu se terminer en 1982, donc après 2 ans de conflit, lorsque les Iraniens ont raccompagné à la frontière internationale les armées iraakiennes. Là, un vrai débat à la fois idéologique, militaire en terme de pouvoir s'époser à Teran, c'est on arrête chacun chez soi euh ou on continue et alors même que une immense majorité d'Iraniens disaient il faut arrêter à l'époque donc l'ayatola Roméni qui était le guide suprême de l'époque et les classiques du pouvoir de l'époque ont dit non on continue on continue on va affaiblir sa dame et on va faire tomber sa dame et on va le punir.

Il faut pas oublier la logique non plus, le culte de la martyrologie euh dans le commandant dans dans la psychée euh chie tiranienne. Donc même si de ce côté-là, c'est pas du tout rationnel, ça nous paraît pas rationnel et pragmatique alors qu'en règle générale, ils sont pragmatiques. Donc leur stratégie, ben ça va être d'économiser les missiles, de se procurer de nouveaux lanceurs, de nouveaux vecteurs et de continuer à harceler les bases américaines et les bases israéliennes, en tout cas les États-Unis et Israël au maximum partout en tirant régulièrement un peu et en faisant durée, même si donc là on voit bien qu'ils ont considérablement réduit le nombre de leurs frappes.

Pour tout ce qui est, on va dire, à courte distance, il privilégie les missiles de croisière et les drones parce que finalement à courte distance, ça a des chances. Mais les missiles balistiques, il les gardent précieusement sans doute pour un peu plus tard. Il est très probable qu'ils arrivent à cours de de missile balistique, en tout cas de lanceur et qu'il ne soi plus véritablement en situation d'en lancer. tant qu'ils ont quelques lanceurs encore qui leur permet donc encore une fois ponctuellement tous les x jours d'en lancer un, je pense que dans leur stratégie quelque part, c'est pas idéal mais ça leur suffit.

Et à ce moment-là, ce qui me semble aussi assez évident, c'est qu'ils ouvriront de nouveaux fronts comme ils l'ont fait pendant la guerre irrean Irak en favorisant une stratégie asymétrique, le terrorisme, le kidnapping, bien entendu la dimension économique, c'est-à-dire frapper leurs adversaires entre guillemets aux porte-monnaaies là où ça fait mal. bien sûr l'énergie, bien sûr le pétrole. C'estàd que s'ils font remonter considérablement les prix du pétrole au passage, ça leur permet de toujours par des voie détourné d'en vendre un peu et de gagner un peu d'argent.

Ça pénalise surtout si les flux ne passent plus leur bah tous ceux qui vont faire pression en fait sur les États-Unis et sur Israël mais surtout sur les États-Unis pour arrêter l'aventure. Ils peuvent bien évidemment utiliser encore quelques proxy. Vous avez sur la carte donc que je vous ai projeté euh deux drapeaux qui représentent à la fois les outils au Yémen et les milices cheat en Irak.

Le Esbola est en train de se faire marteler extrêmement fort. Donc je ne pense pas que le Esbola soit à échéance visible, enfin en tout cas à court terme de nouveau perçu comme un un véritable outil dissuasif face à Israël. Et là aussi, ça dépendra de la personnalité du nouveau guide suprême.

En fonction de qui c'est, ce sera un signal très fort pour les proxy et notamment pour le esbola sur on vous soutient ou au contraire bon maintenant on se concentre sur l'Iran. Par contre et et les outils sont idéalement placés. Alors, tirer sur Israël, ça va être compliqué pour eux, mais il se trouve que en face des outils, vous le voyez sur la carte, il y a trois objectifs intéressant.

Il y a Jibouti et alors là, c'est tout prêt. Jibouti, il y a une base française, il y a une base américaine et il y a la le et chinoise bien évidemment, mais les chinois, je pense que là, on verra, mais je pense qu'ils seront pas visés. En plus, physiquement, c'est pas au même endroit.

Et surtout, il y a le Somaliland. Alors là, le Somaliland n'est pas sur la carte mais c'est au niveau de Berbera. Donc c'est en c'est la la zone autonome, enfin disons qui s'est déclaré qui a fait sécession au sein de la Somalie.

Et il se trouve que Israël a reconnu récemment le Somaliland et que les États-Unis ne l'ont pas reconnu mais sont très très proches et que et Israël et les États-Unis ont probablement des assets militaires ou sont en cours d'avoir une présence militaire au Somal. Donc pour les outils, c'est une cible facile euh à courte distance et ça fait pression bien sûr sur euh la circulation en main rouge. Les je crois que le vrai souci si on peut dire vu du point de vue euh américain, c'est euh les euh les milices cheat euh irakiennes que vous voyez là sur la carte.

Pourquoi ? Parce que elles sont très nombreuses et que elles sont vraiment très fidèles à Tes Iran. Elles sont surtout à côté de l'Iran.

C'est très facile de les alimenter. Et si euh à un moment donné l'Iran ne peut plus taper euh par missile balistique interposé sur les bases américaines ou euh sur Israël, c'est très facile d'instrumentaliser ces milices-là pour qu'elles aillent harceler les troupes américaines qui sont encore stationnées en Irak. Et si à force de harcèlement, les Iraniens parviennent à faire en sorte que les États-Unis s'en aillent complètement d'Irac, ils présenteront comme une grande victoire.

Euh les scénarios, j'en vois quatre, peut-être cinq. Le premier, une victoire rapide euh américaine et israélienne. La sphère militaire iranienne s'effondre, le répressif s'effondre.

Les Iraniens descendent dans la rue, arrivent à créer euh un effet de sidération, à non pas prendre le pouvoir, mais en tout cas déstabiliser le pouvoir. Des oppositions armées, notamment au niveau des Kurdes euh agissent. Euh mais ça, je ne le vois vraiment pas.

Le seul cas où ça pourrait éventuellement survenir, c'est si l'armée régulière se désolidaris du régime. Mais parce que elle est mais il faut rappeler qu'elle est légitimiste. Moi, je ne vois absolument aucun signe de défection dans l'armée régulière.

Et l'armée régulière, même si elle a les chars, les canons, c'est qu'elle n'est elle ne représente que globalement. un/ers des effectifs globaux armé militaire parce que vous avez ensuite les vous avez un un 20 % les gardiens de la révolution et vous avez un 50 % les basij. Donc je pense, je la vois pas basculer, on va dire antirégime, en tout cas pas à court terme.

Le deuxième scénario, c'est les États-Unis constatent leur échec et arrêtent les frais au bout de deux ou 3 mois, laissant les Israéliens seuls face à l'Iran. Je ne le vois pas non plus à court terme. Je peux le voir à moyen terme mais pas à court terme. 3è scénario, la reprise des négociations.

De mon point de vue, ça n'est possible maintenant uniquement si les États-Unis font le premier pas et offrent un cadeau significatif aux Iraniens. leur leur comment dire leur mantra c'est de dire on nous sommes sympathiques, nous arrêtons de vous frapper, soyez déjà suffisamment content de ça et maintenant vous allez négocier, ça marchera jamais. Si par contre ils vont les voir et leur disent "Bon, on a montré le gros bâton, vous avez vu, vous avez compris.

Bon maintenant on fait tomber une partie des sanctions et maintenant on veut vraiment négocier et puis tant pis pour les Israul. là ça peut marcher mais euh mais uniquement si on est à mon avis dans ce dans ce schéma-là. Et le dernier le 4e scénario euh c'est l'enlisement du conflit, ce qui à mon avis est le scénario de très loin le plus probable aujourd'hui. dans un contexte évidemment très différent.

Je vous rappelle que le Nord-Vietnam a tenu 10 ans face aux États-Unis en étant très régulièrement bombardé par des campagnes de bombardement stratégique lourd de B52, ce qui ne les a pas empêché de gagner à la fin. Je dis pas du tout que je je que c'est ce que je souhaite. Je dis simplement que l'enlisement est de manière rationnelle aujourd'hui la situation et le le scénario le plus probable.

Euh chaque fois que les États-Unis ont amené ces dernières années suite à des interventions militaires, ont essayé d'imposer de l'extérieur des leaders, ça n'a jamais marché. Au bout du compte, je pense que ce qui est en train de se passer pour répondre à votre toute première question va probablement accélérer les recompositions stratégiques au Moyen-Orient. Mais ça n'est pas un effondrement, c'est juste un processus de recomposition et je pense enfin que ça va très certainement impacter à à terme les relations entre les États-Unis et Israël.

Je pense qu'à un moment donné, il est très probable que les élites américaines se disent que quelque part elles ont été manipulées et que maintenant elles vont changer de portage. Et je pense aussi que une grande partie des élites israéliennes en sont convaincu. ont vu ce qui s'était passé dans les universités américaines de la côte est et de la côte ouest depuis 2023 et comprennent qu'il va leur falloir elles aussi, je parle de des des ou eux aussi des dirigeants israéliens, changer de portage et se trouver de nouveaux sponsors.

Je vous remercie. Merci monsieur le directeur. C'est pas très encourageant tout ça mais ça fait partie de la réalité du moment.

Alors j'ai plusieurs demandes de prise de parole. N'hésitez pas à vous inscrire. J'abord Bruno Sidau.

Merci monsieur le président. Euh monsieur le directeur académique et j'ai bien apprécié votre intervention mais je ne suis pas d'accord sur tout ce que vous avez dit mais je ne suis pas spécialiste bien entendu donc je le dis très modestement. Euh il faut reconnaître, je crois que il y a quand même un problème depuis plus de quasiment 50 ans avec l'Iran et le régime iranien. un président de la Répub de la République américaine a essayé de faire quelque chose, c'était un fiasco.

Et depuis seul le président actuel, je n'ai pas à le soutenir ni à pas le soutenir d'ailleurs, c'est pas la question, essaye de régler cette question en association avec Israël. Cette association, elle est pour les Américains très importante puisqueil y a beaucoup de d'Israélites aux États-Unis et et politiquement, c'est important. Mais pas que. pas que parce que voilà des personnes de un président et un premier ministre qui ont des convictions.

C'est pas le cas de tout le monde. Ils ont des convictions et ils essayent de régler le problème là et et ils ont mis en place un système un système militaire qui est particulièrement efficace semble-t-il aujourd'hui au bout de 4e la 4e journée. efficace pour éliminer tout ce qui est ayata, molla et cetera et cetera d'importance et les généraux et cetera et cetera.

Donc il il y a une belle réussite mais la question n'est pas là. Euh la question c'est euh la fin la fin euh de ce régime euh iranien parce que quand même il faut quand même bien réfléchir que euh bien que le président de la France président de la République française nous a dit qu'on éétait pas trop concerné, on a eu quand même quelques attentats contre les Français au Liban. Il y a des soldats, une une cinquantaine, une centaine qui ont été tués par des des miles iraniennes finalement et et cetera et cetera.

Mais il y a pas que nous, il y a tout le monde. Bref, autour du monde, oui, autour du monde euh les Iraniens ont mis un pression énorme. Voilà.

Et par conséquent, il s'agit d'arrêter ça. On imagine que si le régime tombe, euh ça arrangerait bien les choses, non seulement pour Israël, mais pour tout le monde. Je ne comprends pas que il y ait des réticences parce que il y a une personne qui gêne tout le monde, semble-t-il, c'est Trump.

Ça ça gêne l'intelligència française. Est-ce qu'on peut aller la question s'il te plaît ? J'ai beaucoup de Oui.

Oui. Mais au fond, pourquoi tout le monde n'est pas pour que ce régime iranien tombe et qu'on passe à autre chose ? Voilà, c'est c'est ma question.

C'est un vrai problème politique et pas militaire. Euh monsieur le sénateur, je suis un historien, un analyste et un expert. Je ne suis pas un politique et je ne suis surtout pas un idéologue.

Donc moi, j'essaie de décrire le monde tel qu'il est et non pas tel que on pourrait aimer qu'il soit. C'est toute ma ma seule question et ma seule réponse. Merci beaucoup.

Euh ensuite, j'ai Ronand Legu. Merci monsieur le président. Monsieur le directeur, vous nous faites part du scénario le plus probable selon vous qui est le scénario que vous avez appelé le scénario 4 d'enlisement du conflit.

Euh vous avez également évoqué le fait que la ripost ironienne était limitée en intensité, je vous cite, et que il pouvait y avoir deux raisons. L'une qui est l'impossibilité et l'autre qui est une stratégie d'économie des missiles par l'Iran. Alors, pourquoi je reviens sur vos propos ?

C'est parce que nous avons de très grandes communautés françaises dans la région qui évidemment cherche à savoir quel est le risque de pour leur situation personnelle. Nous avons des très grandes communautés françaises, évidemment en Israël, aux Émirats arabes unis, au-delà d'ailleurs des chiffres officiels puisque l'inscription au registre des Français de l'étranger n'est pas obligatoire. Par conséquent, il y a plus de français que de Français inscrits.

Bon, moi, les chiffres qu'on m'a donné dernièrement sont plutôt de l'ordre de 67000 aux Émirats arabes unis. Euh mais on a des Français au Qatar, à Kohète, en Arabie Saoudite, au Liban évidemment et cetera. Bon, alors euh on voit notamment euh des informations circulées avec des compagnies françaises comme Total Energie ou Technipp qui euh opère des rapatriements de des familles des cadres expatriés, par exemple depuis les Émirats Vermascat.

Et donc les communautés françaises, vous imaginez s'inquiètent et s'interrogent sur le risque réel pour eux, pour leur famille. Voilà. Et donc c'est dans ce cadre-là que je souhaiterais vous interroger.

Finalement, est-ce que vous pouvez nous aider à essayer d'appréhender le niveau de risque pour nos communautés françaises dans la région ? Je vous remercie. Merci beaucoup monsieur le sénateur.

Je réponds tout de suite. Je vous en prie monsieur le directeur. Oui.

Euh bien sûr qu'il y a de risque. On est en guerre. Enfin je veux dire quand je dis on enfin y a il y a une guerre, il y a une vraie guerre.

Là, on n plus dans une logique de frappe ponctuelle, de signalement. Euh, ça c'était le cas en 25, en 24, en 2025, en 2024. Là, aujourd'hui, clairement euh la guerre bah elle s'est externalisée à un haut niveau.

Alors, quel est le niveau de risque ? Bah, en Israël, il est plus que réel puisque c'est un un des pays belligérants et qui est directement impliqué dans les dans le conflit. On aurait pu citer le Liban aussi. le Liban, on a quand même beaucoup de binationaux et là pour le coup, le Liban est directement aussi euh menacé dans le Golf.

Le niveau de risque entre guillemets, ben j'allais dire tout dépend de ce que les Français qui vivent là-bas font. C'est-à-dire que s'ils sont liés, on va dire, à des à des missions militaires ou sécuritaires, le risque est plus élevé. S'ils font du tourisme, le risque est moins élevé.

C'est c'est assez c'est c'est assez évident. Ce que je constate c'est que et c'est ça revient sur la la stratégie iranienne qui consiste à taper aux porte-monnaie tous ses voisins et tous ceux qui finalement sur lesquels il veut faire pression et notamment les monarchies du golf. Typiquement pour des pays comme le Qatar et les Émirats arabes unis qui misaient énormément sur leur soft power et sur le tourisme, je pense que là ça va être fini pendant un petit moment.

C'est-à-dire que on le voit tous les jours avec ce qui se passe les influenceurs bloqués à Dubaï. Je commande pas mais évidemment les Émirats qui se présentaient comme chez nous c'est très sûr, vous ne risquez rien et en plus c'est sympathique. Là ça risque d'être beaucoup plus compliqué.

Donc j'ai c'est c'est une manière de répondre à votre question pour dire que ce qui fait que de nombreux expatriés ou français aller là-bas le fait même risque de s'affessaiser ou de disparaître en tout cas pendant un moment. Donc naturellement ça va faire baisser le risque si vous voulez. Il y aura moins de français pour le dire directement.

Voilà ma réponse. Merci beaucoup. Pardon.

Et donc on a en visio Rach Tal. Alors mettez n'oubliez pas de mettre votre micro. Merci.

Merci d'abord président pour pour avoir ré cette réunion et remerci monsieur le directeur pour la très grande qualité de vos propos et de vos indes. Quelques éléments d'abord peut-être dire un mot sur parce qu'il y a des éléments je savais pas dire positif mais quand même des choses. C'est la question du Liban puisque pour la première fois le gouvernement le président le gouvernement iranien pardon libanais ont condamné et prennent des mesures contre l'esbola.

Je pense que c'est aussi une nouveauté utile dans la région notamment dans le rapport à Israël. de il y a aussi la question de la Turquie. On voit finalement toute la la question de l'OTAN, on l'a vu ce matin, peut être utile sur le sur le scénario.

Moi ma ma crainte, c'est les dernières propos de Trump qui est passé de potentiellement le fils du chat à il y a des possibilités internes. Et donc l'idée de dans votre scénario qui est finalement c'est très compliqué de déstablir le régime et que le risque c'est qu'il y a effectivement un accord, une proposition d'accord sur si le régime ou une partie du régime était d'accord pour arrêter le programme nucléaire, arrêter le balistique et refaire assurer que le pétrole puisse continuer à couler à flot, il pourrait avoir un accord effectivement qui permettrait pour le Trump de dire finalement ce qui était le danger iranien n'existant plus versus si je peux me permettre la comparaison avec ce qui s'est passé au au Venezuela. C'estàd que tout d'un coup, il y a plus de problème au Venezuela.

Chacun a plus de noté puisque Doren avant le pétrole coule à flot. Donc c'est peut-être est-ce que vous estimez que c'est possible ça dans un délai relativement resserré justement par rapport à tous vos scénarios ? Deè deè question dans vous avez évoqué l'accélération de la recomposition stratégique au Moyen Orient.

Est-ce qu'on peut imaginer que ça peut s'organiser autour de l'Arabie Saoudite ou pas ? Et si quelles conditions ? Et troisème question, est-ce qu'on imagine que tout cela ça veut aussi dire pour la France, d'autres pays d'imaginer un nouveau droit international, en tout cas un nouveau multilatéralisme et des règles nouvelles au sein de l'ONU.

Donc voilà mes trois questions. On vous remercie encore une fois pour la qualité de votre présentation. Merci monsieur le sénateur.

Euh sur votre premier point en fait c'est un peu le scénario à la Venezuela. Ah oui, c'est c'est tout à fait une option, mais en fait ça rejoint mon deuxième scénario, c'est-à-dire Donald Trump, comment dire, se désengage ou en tout cas passe à autre chose et en tout cas euh créer un narratif qui lui permet de dire "Bon, en fait, j'ai gagné. En fait, en face, les Iraniens ont mis les pouces et sont d'accord pour abandonner le nucléaire lobalistique." Donc, c'est très bien.

Sujet suivant. et on va s'entendre avec un général. C'est tout à fait possible mais mais je pense pas à court terme.

Enfin en tout cas pas comme vous le dites pas dans un agenda resserré, beaucoup plus à moyen terme. Euh ce que je vois c'est que ce qui s'est passé aujourd'hui euh il y a deux événements. un apparemment enfin des avant de rentrer dans cette audition cette salle, j'ai vu que les États-Unis avaient revendiqué le torpillage par un sous-marin nucléaire d'attaque américain d'un navire de guerre iranien en plein océan indien au large de Sri Lanka 101 disparu et que réponse du berger à la bergère les Iraniens ont frappé un destroyé auraient frappé un destroyer et qui était en train de se ravitailler à la mer lourd Donc en mer d'Arabie et si c'est confirmé, ça veut dire que là des deux côtés, enfin en tout cas du côté américain, c'est sûr, on va passer sur la punition.

Et cela aussi, c'est un grand classique malheureusement historique quand vous regardez l'histoire militaire des États-Unis. Et donc avant d'en arriver à je me désengage et on va trouver un général ou un homme fort en Iran pour pour prendre le relais et pour appliquer entre guillemets mes consignes. Enfin si je suis Donald Trump, je pense qu'on va passer par une par une phase de punition qui va forcément entraîner une escalade.

Escalade qui va elle-même entraîner des réactions, des attentats contre les intérêts américains. Donc on va rentrer dans un cercle vicieux. Enfin, il est déjà vicieux mais dans un cercle encore plus euh escalatoire, ce qui fait que la désescalade, à mon avis, pas tout de suite hein.

Sur euh l'Arabie Saoudite, c'est une très bonne question. Et oui, je pense que celui qui finalement enfin l'État qui s'en tire plutôt pas mal en ce moment dans ce contexte, c'est l'Arabie Saoudite. Pourquoi ?

Parce que finalement ces deux rivaux régionaux, je parle pas du Kuwait mais les deux rivaux régionaux, c'està-dire les Émirats Arabes Unis et le Qatar, pour faire simple, ont d'autres soucis, d'autres chats à fouetter et là rentrent dans une période très compliquée sur le plan énergétique, sur le plan du soft power, sur le plan des menaces. Alors que finalement en Arabie Saoudite de toute façon, le seul tourisme qui avait enfin principal c'était le tourisme des pèlerinages sur les lieux sains. Euh et ça ça va continuer he quoi qu'il arrive.

Et c'était le pétrole et bonne nouvelle la guerre et la crise fait monter les prix du pétrole. Et puis les Saoudiens sont quand même minimum 40 millions de vrais enfin entre guillemets de citoyens saoudiens. Donc ils ont la masse critique pour peser dans la région.

Donc euh donc oui, l'Arabie Saoudite peut être quelque part le bénéficiaire de un des bénéficiaires en tout cas de cette nouvelle donne. Euh quant au droit international, bah c'est pas ma spécialité mais ce que je vois c'est que de toute façon le droit international qui soit de la guerre ou pas est en pleine de réédiction et que et que c'est plus c'est plus véritablement un sujet. Donc en fait, c'est on le voit dans tous les domaines de la géopolitique et de la vie globale des États et de la scène internationale, que ce soit sur le plan économique, sur le plan juridique, sur le plan sociétal et donc sur le plan militaire et de la conflictualité aussi.

Donc on est dans une phase de recomposition probablement aussi juridique euh où ben de nouveaux de nouvelles normes internationales émergeront peut-être mais ce seront plus les mêmes probablement qui les éductteront. Merci beaucoup. Oui, faut on a on a je crois qu'on a en Arabie Saoudite un budget qui est fait sur un dollar à 100 sur un baril à 100 dollars minimum.

Donc ça arrange quelques personnes. Alien Louis. Merci monsieur le président.

Alors, je sais que vous êtes pas spécial. D'ailleurs, je voudrais vous remercier pour vos éclairages parce qu'effectivement, on a vous nous avez donné un spectage et c'est assez pour moi, je trouve ça assez intéressant objectif de sortir des dogmes et cetera et de nos préjugés et représentations qu'on porte aussi parce que je je suis toujours assez surpris y compris quand notre président se félicite d'assassinat parce que quel que soit ce qu'on passe, c'est vrai qu'aujourd'hui on pourra pas parler de la CP internationale puisqu'on respecte plus mais on a mis en place surtout quand on est contre la la peine de mort et que effectivement dans nos accords bilatéraux multilatéraux, on veut pas extraent quand il y a la peine de m abolie dans les pays et que nous on se félicite quand des gens font des assassines à cibler. Ce qui est qui est l'apanage d' terroristes que qu'on dénonce tous et qu'on combat tous.

Et donc moi aussi c'est effectivement on veut un changement de de régime en Iran. Qui n'en veut pas ? Qui ne veut pas plus de liberté pour les gens ?

Mais à quel prix ? Et est-ce que les bombardements ont appelé amené la démocratie en Afghanistan, en Libye, en Irak ? Non, mais il faut à un moment donné redescendre que qu'on accompagne les transitions, qu'on essaie d'aider, on sait le faire différemment.

Donc la question est pas là. Donc et puis on a vu, moi ma question elle va être plus simple parce que j'ai vu effectivement qu'on a expliqué que c'était pour le nucléaire, puis après c'était parce que les balistiques puis après parce qu'on a apporter la démocratie. En fait, on cherchait de bonnes raisons de de de faire la guerre comme on cherche aujourd'hui de bonnes raisons de la justifier et et de justifier parfois l'injustifiable au détriment de ce qu'on a bâti depuis 45, le droit international aux institutions et vous vous l'avez expliqué.

Mais il y a un un une autre question que je me pose. Est-ce que les Américains ne sont pas en train de perdre le leadership au Moyen-Orient ? Parce que qu'est-ce qu'on a aussi comme analyse ?

C'est qu'effectivement quand il faut choisir dans leurs alliés, ils en choisissent d'en protéger un par rapport aux autres alors que il y avait un enjeu. Et est-ce que là aussi nous la France, on n' pas plutôt intérêt à avoir une position qui était celle qu'on avait antérieurement de par rapport à la politique arabe ? Je je ne paraphraserai pas de personnages célèbres. et de revoir aussi nos doctrines à ce moment-là au regard de justement de ce qui se passe et de ces actions qui sont de façon unilatérale au mépris du droit sans euh et ça euh est-ce que on peut nous continuer à emboîter le pas à des gens qui ne respectent plus rien et qui nous entraînent dans le chaos ?

Parce que ce qui va se passer et je finis là-dessus et je voudrais avoir votre avis parce que de toute façon cette situation va déstabiliser pour très longtemps ce territoire, va déstabiliser les populations, va être aussi va se faire au détriment des peuples de la région. Merci. Merci pour votre question, monsieur le sénateur.

Euh je vais je vais vous dire un paradoxe. Le paradoxe, c'est que dans la région justement en fait il y a beaucoup d'acteurs qui sont pas mécontents de voir l'Iran bien affaibli et cetera et et pas mal de sociétés aussi. Donc je m'aventurerai pas sur le plan politique ou sur le plan des décisions des uns et des autres, mais moi je vous parle en tant que acteur et et en tant que pays.

Euh ça c'est une un premier point. Est-ce que les parce que l'Iran en fait un Iran raisonnant à l'inverse, un Iran parfaitement stable, réinséré dans la communauté internationale, dynamique et qui peut bénéficier à fond de tous ces immenses atouts euh structurels, on va dire, euh je peux vous garantir qu'à mon avis, ça ne réjouit pas les voisins qui vont se dire aïe aïe aïe, un méga compétiteur revient dans le jeu et avec en plus un appétit assez féroce et un nationalisme. Je j'ai été suffisamment de fois en Iran et j'ai eu suffisamment de dialogue stratégique ou en tout cas de négociation et de discussion pour vous dire que les Iraniens toute tendance confondue, toute ethnie confondue ont une haute idée d'eux-même.

Au passage, ils sont extrêmement similaires aux Israéliens par énormément d'aspects. Donc je reviens au point qui est que de même que beaucoup de pays arabes de la région pour le dire ensuite autrement en fait ont peur d'une grande alliance entre l'Iran, Israël, la Turquie, les États-Unis, vous le savez parfaitement. Donc un un système chaotique fragmenté et conflictuel comme ça, malgré tout, ça les assure que ce scénario ne va pas se produire.

Sur-ce que les États-Unis ne sont pas en train de perdre le Moyen-Orient, c'est une très bonne question. Et je dirais que mon intuition c'est que à court terme, tant qu'en fait ils sont capables de manier le bâton et de faire peur à tout le monde, et bien ils ont restauré clairement leur en tout cas leur crédibilité dans la région. Et personne n'imagine faire appel aux Russes, aux Indiens ou aux Chinois pour stabiliser la région.

Ceci est en posé. Donc ça veut dire que tant que les États-Unis sont capables d'avoir la même posture et en effet d'agir derrière, je pense qu'en effet euh bah ils sont clairement de retour au Moyen-Orient. Par contre si à un moment donné ils font signes de faiblesse ou s'ils se prennent disons s'ils subissent un échec grave, alors là la chute sera d'autant plus brutale et plus dure.

Voilà ma réponse. Merci beaucoup. Ensuite chez Olivier Codic.

Merci monsieur le président, merci pour vos propos en qualité de président du groupe d'amitié avec les pays du golf, du GCC, vous comprendrez que je tiens d'abord à dire combien nos pensées vont vers nos compatriotes, leurs familles, leurs employés et l'ensemble de notre communauté vivant dans les pays du Golf mais bien sûr du Liban et en Israël. leur sécurité est et doit demeurer une priorité absolue. J'ai pris note de vos scénarios qui sont circonscrits et c'est logique vu le titre aux conséquences de l'attaque de la semaine dernière.

Mais je sais que vous vous avez pris de la hauteur aussi puisque vous avez mentionné un moment la rivalité entre les États-Unis et la Chine. Nous vivons en fait un engrenage réel qui a commencé il y a 4 ans, la semaine dernière avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Et donc en réalité, nous vivons une escalade depuis ce temps-là et je voudrais évaluer avec vous les scénarios d'escalade auxquels nous sommes confrontés puisque peut-être nous pensons que ce conflit que nous voyons actuellement n'est effectivement aucun des engrenages de ce que nous risquons de vivre dans les prochaines semaines et dans les prochains mois. parmi les escalades que nous observons déjà et pour rester dans l'environnement direct, le Liban où j'étais il y a de semaines qui se trouve entraîné dans un conflit par le Esbola malgré lui, malgré la volonté de son gouvernement et de la population.

Comment expliquez-vous les implications politiques et sociales de l'intervention de ce groupe armé pour la souveraineté libanaises ? Des élections sont prévues en mai prochain auxquels le Esbola devait participer. Pensez-vous que le Hbola puisse encore rester un acteur politique au Liban et participer à ces élections alors qu'ils n'ont pas désarmé ?

Quelle serait selon vous les conséquences d'une offensive terrestre israélienne au Liban ? Quel impact cela a-t-il sur la sécurité des communautés civiles libanaises bien sûr de tous nos compatriotes qui vivent y compris des minorités ? Et pour finir, puisque vous avez mentionné la question États-Unis Chine et que dans les scénarios d'escalade avec la Chine, nous voyons nous observons aujourd'hui de plus en plus des faits de multiples incidents en mer de Chine méridional du fait de la marine de Pékin et un discours de plus en plus offensif de Pékin vers Taïwan.

Ne pensez-vous pas que actuellement nous risquons un scénario d'engranage aussi à cet endroit ? Merci. Merci beaucoup monsieur le sénateur.

Euh alors moi j'avais envie de vous répondre parce qu'en fait là on reste assez comment dire focalisé sur le Moyen-Orient, le enfin le Levent, bon Taïwan bien sûr, mais de d'élargir beaucoup plus considérablement le le spectre de de l'escalade. L'escalade, elle est aussi avec la Russie. Elle peut être entre l'Inde, le Pakistan, l'Inde, le Pakistan, l'Afghanistan.

On le voit sur la carte projetée, vous voyez que entre l'Afghanistan et le Pakistan, il y a une grosse explosion. Donc ça aussi ça va avoir un impact majeur parce que la situation est extrêmement volatile, y compris avec l'Inde par Ricocher. Mais je reviens donc sur les et puis je vous parlerai ensuite des risques d'escalade à mon avis sur que peut faire la Russie pour profiter de ce scénario là. euh enfin en tout cas de cette tension de cette forte tension là notamment si par exemple les États-Unis sont durablement scotchés ou enlisés euh au Moyen-Orient.

Euh le Liban. Alors, il se trouve que j'ai échangé longuement très très récemment avec les responsable de du contingent français qui était basé dans la finule sur le dernier contingent et qui m'ont raconté un peu comment ça s'est passé. Et l'avis était à peu près unanime pour dire que les Libanais préfèrent largement une intervention terrestre ou une action militaire de vif force israélienne plutôt que de s' d'affronter directement le esbola et créer une nouvelle guerre civile au Liban.

Donc le ton était à peu près unanime pour dire euh il vaut mieux une guerre une nouvelle guerre entre Israël, le Liban, Israël, le Esbola plutôt qu'une nouvelle guerre civile interne aux communautés libanaises. Je crois que c'est une réponse à votre question. Euh si euh sur lebola peut jouer un rôle.

Oui, bien sûr. Le côté alors là pour le coup un élément d'optimisme, c'est que si euh encore une fois tout dépendra de qui est élu guide et en fonction pardon guide suprême en Iran et de sa survivabilité. C'est-à-dire que si un un guide extrêmement dur est élu mais qu'en fait il dure 3 mois parce que il est topé au bout de 3 mois, il faudra voir le suivant puis le suivant ainsi de suite.

Donc à partir du moment où il y aura un guide suprême, voire plus du tout de guide suprême, ce qui est aussi une option en Iran, c'est-à-dire qu'à partir du moment où le Esbola comprendra qu'il a perdu tout soutien soutien réel et fort de l'Iran, bien évidemment, il n'aura pas d'autre choix que de réintégrer le jeu politique, d'accepter à la fois euh un désarmement et euh et surtout une réintégration probablement partielle dans les forces armées libanaises. et en fait il deviendra un acteur du jeu politique local comme les autres, même s'il aura sans doute un petit peu une une position particulière sur Taiï. La mère de Chine méridionale.

Euh oui, bien sûr. Bah le risque d'une confrontation est réelle. Ceci dit, euh je voudrais attirer votre attention sur deux trois petits détails.

Euh Shijing Ping a procédé à des purges massives euh il y a un mois. La question c'est pourquoi ? Probablement bien évidemment pour asseoir encore plus son pouvoir.

Sauf que quand vous faites valcer les généraux, surtout si vous en mettez certains en prison, ça n'incite pas les autres à faire preuve d'un grand dynamisme et d'un grand sens de l'initiative. Donc c'est aussi peut-être un message vis-à-vis à la fois des généraux chinois et de l'appareil industriel militaire chinois de leur dire vous m'avez vendu entre guillemets enfin quand je dis vendu vous m'avez promis des matériels haute pointe high-tech capable de défier tout ce que mettent en œuvre les Américains. clairement au Venezuela, peut-être là en Iran, l'effet est quand même très modéré.

Donc donc peut-être que le dirigeant chinois s'est dit euh en fait nos matériels sont pas si performants que ça. Et donc Shijing Ping se dit il vaut peut-être mieux pas se lancer dans un grand un grand affrontement si je suis pas certain de la qualité de mes matériels. C'est peut-être aussi ce que ça veut dire.

C'est aussi une réponse à à ma question. Euh mais c'est sûr que les États-Unis ont l'œil rivé non seulement sur Taiïwan mais sur la Corée du Sud et sur le Japon et en général sur l'accès au Pacifique. Donc donc c'est un scénario réel de d'escalade possible.

Si à un moment donné Shiing Ping a une opportunité et qu'il est à peu près certain de se dire j'ai 90 % de 90 % de chance de réussite, j'y vais. Entre ça, j'en suis pas sûr. Donc il est plutôt prudent.

Il faudra pas perdre la face. Donc il sera prudent. et des scénarios d'escalade même limité avec la Russie, il y en a plein.

Euh nous-même à la FMES, donc notre institut basé à Toulon, on a on a sorti des infographies et des cartes notamment sur l'Arctique où on expliquait comment et pourquoi. testé en janvier, donc lorsque c'était au climax de la de la crise du Groenland, que si à ce moment-là Donald Trump avait saisi militairement la le Groenland, il est plus que probable que les Russes en aient profité pour s'emparer du svalbard de Norvégien et de et de d'un petit bout de territoire norvégien à l'extrême nord, ce qui leur permet d'ouvrir beaucoup plus facilement la sortie de leur leur base de Momans et de Polyarni pour leur flotte stratégique et mettant finalement des deux côtés un immense point d'interrogation sur la légitimité, la crédibilité de l'OTAN puisque si l'OTAN est attaqué à la fois par les Américains et par les Russes, on comprend bien qu'il va y avoir un malaise majeur. Et je parle pas du corridor de Souvalky entre Caliningrad et la Biélorussie de de l'extrême sud-russe.

Voilà. Donc en fait oui bien sûr et de et de la Moldavie à côté de la transnistrie. Donc oui bien sûr les scénarios d'escalade sont réels.

Merci beaucoup Jean-Luc Cruel. Merci président. Véritablement votre discours et la réponse à à nos questions est extrêmement précis et intéressant.

Alors moi je voulais revenir sur la déclaration de notre président hier soir hein. Donc il est revenu sur un certain nombre de choses. Donc la volonté de garantir la sécurité des Français qui sont à mon sens plus nombreux que ce qu'a évoqué mon collègue.

On parle de 400000 dont là-dedans une partie de personnes en transit. le renforcement de la défense. Donc on a vu le déroutement du porta-chrles de Gaulle et puis la diplomatie, la la réaffirmation de ce que la solution, les solutions devraient privilégier une approche diplomatique.

Alors à votre avis, quel type de diplomatie, quel rôle pour la France, quel rôle pour l'Europe ? Et puis finalement, est-ce que on pourrait imaginer que ce serait peut-être le moyen ou une opportunité pour qu'une initiative française en matière française ou européenne ou pardon française et britannique en matière de dissuasion nucléaire élargi l'échelle européenne bon puisse trouver sa place hein. Merci.

Merci monsieur le sénateur. Euh alors sur la dissuision, je vous répondrai pas parce que président de la commission le sait. Je suis abstreint à un devoir de réserve aussi de par mon statut.

Euh mais par contre je peux répondre sur le reste. Donc euh la la question en fait que vous posez indirectement c'est la question de la relation bilatérale entre la France et l'Iran. cette relation extrêmement complexe depuis le début depuis le début de la révolution iranienne.

Je vous passe sur tous les c'est plus que des irritants, c'est c'était à l'époque carrément des contentieux lourds que ce soit Eurodif, la Fer Gorgi, Chapour Bactiar, l'armement de Saddam Hussein, l'armement de l'Irak, euh ensuite il y a eu le dossier nucléaire, les otages, les attentats, enfin voilà. Donc j'imagine bien que pour l'exécutif français, c'est un sujet compliqué, extrêmement sensible et et délicat. mon apport historique si vous voulez euh sur le recul de ces 30 de ces même 40 dernières années ces 35 dernières années sur la relation franco iranienne, c'est que si vous voulez discuter avec les Iraniens, il faut être crédible, il faut être craint et respecté.

Ça ne veut surtout pas dire qu'il faut être agressif, mais ça veut dire que il ne faut jamais hésiter à montrer sa force et à montrer sa détermination et sa capacité à agir au cas où. Donc euh si j'ai bien écouté le président de la République, dire d'un côté euh nous ne souhaitons absolument pas agresser l'Iran, mais d'un autre côté, nous sommes absolument déterminés à défendre nos intérêts et nos alliés, me semble une ligne très cohérente. Et là, je parle avec le recul de l'histoire et le recul du temps.

Voilà. Alors ensuite, j'ai Huxori que nos collègues en vision. Ne s'inquiète pas, tout le monde est inscrit.

Merci monsieur le président, monsieur le le directeur, merci pour votre éclairage et en écoutant vos propos, j'ai deux questions. Vous venez de parler de de l'Europe et pendant vos proposinaires, vous avez parlé des Européens dans la dans la région, mais finalement peu de l'entité géographique européenne. Et je me suis demandé en vous écoutant lorsque vous avez parlé, vous avez dit que l'Iran était susceptible d'ouvrir de nouveaux fronts et vous allez noter les attentats et le terrorisme.

Est-ce que vous considériez que l'Iran pourrait avoir un intérêt à un moment ou un autre stratégiquement d'élargir le champ de bataille et de fommenter, armer faire en sorte qu'il y ait des opérations de déstabilisation sur les dans des pays dans des pays européens. C'est-à-dire aujourd'hui, je pense que euh l'Europe est affectée par Ricochet mais pourrait devenir éventuellement, je ne sais pas si la question que je vous pose une une cible délibérée. Et puis ma deuxième question concernait le les scénarios et le 4e scénario que vous considériez le plus probable, c'est l'antisement du conflit en faisant des comparaisons avec des des conflits antérieurs.

Est-ce que vous ne pensez pas que l'attente de l'électorat de Trump, son programme, la personnalité même du président fait que l'histoire enfin, il est pas garanti que l'histoire se renouvelle sur ce entre ce dans ce conflit entre les USA, Israël et et les Iraniens. Je vous remercie. Merci monsieur le sénateur.

Est-ce que l'Europe peut être une cible ? Oui, bien sûr, elle l'a déjà été euh pendant la guerre Iran en Irak. Là encore, je vous renvoie à mon livre. euh elle l'a été euh réellement et et lourdement.

Ceci étant posé, je ne pense pas qu'on soit une cible prioritaire. Donc il y a bien d'autres cibles si vous voulez pour élargir et embêter entre guillemets euh les États-Unis. Mais oui, le risque existe, c'est certain.

Euh l'enlisement du conflit. Le paradoxe, c'est que Donald Trump voulait éviter à tout prix au début fin de la crise quand il a quand il a commencé à s'intéresser de près au dossier. Deux écueils.

Le premier c'était l'Irak, c'est-à-dire se laisser entraîner dans un bourbier. Le deuxième c'était probablement les lignes rouges d'Obama par rapport à la Syrie, c'est-à-dire se faire humilier. Donc tout ce qu'il a fait encore une fois qu'on lui a tordu la la main ou qu'il l'it fait de de manière volontaire.

Euh en tout cas, il a fait avec je pense euh cette cet objectif qui était d'éviter ces deux ces deux écueils. Est-ce qu'il va pas tomber dedans ? Euh ben alors le côté ligne rouge, je ne pense pas puisque finalement il y est allé.

Le côté enlisement, ben c'est une option. Donc si il est logique avec lui-même, il peut avoir tendance à rétédaler à un moment donné pour dire "Bon, maintenant ça suffit, j'ai fait ma démonstration, maintenant débrouillez-vous." C'est possible.

Mais encore une fois, comme je vous le disais tout à l'heure, plus plus le conflit va s'alourdir, plus il y aura des au-delà des morts américains, c'est-à-dire des soldats américains tués, c'est le côté humiliation, c'est-à-dire si un destroyé est fortement touché, si des navires coulent, euh c'est la guerre. Mais mais quelque part, c'est aussi une humiliation à la technologie américaine, à la domination américaine. Donc là, Donald Trump, poussé sans doute par le Pentagone, va dire "Bon là maintenant, il faut leur donner vraiment une leçon et puis c'est l'escalade et ainsi de suite." C'est ma réponse.

Merci beaucoup. Hélène Conway Mouray en direct de sa visium. Oui, oui.

Bonjour. Bonjour. Merci président et et merci infiniment pour vos analyses qui sont incroyablement précises.

Euh moi je voudrais rebondir sur deux choses. Donc vous avez déjà abordé euh la recomposition euh aujourd'hui euh est-ce que on peut envisager l'impact sur le plan global de ce qui se passe dans leur relation UE puisqu'on voit que les Européens ne sont pas tous unis dans la réponse à apporter quant à la le fait que les les notamment les avions américains utilisent le sol européen l'Espagne qui aujourd'hui se retrouve un peu isolé par rapport à à l'engagement d'autres pays européens. Et donc est-ce que c'est une façon aussi pour les États-Unis quelque part et bien de s'attaquer à ce bloc européen qui est secre puisque pour lui le l'Europe unie en fait est un est un concurrent et que Donald Trump a bien compris que en s'occupant des pays individuellement personne ne peut lui résister mais malheureusement l'Europe unie le peut.

Donc l'impact sur cette relation et l'impact aussi sur euh ce qui se dessinait à savoir les États-Unis d'un côté avec l'Europe qui suit et ce que l'on a appelé le sud global, c'est-à-dire le reste du monde euh plutôt tenté par et bien la Chine qui euh euh utilise des moyens non il utilise en tout cas pas la brutalité euh ni politique diplomatique pour notamment en Afrique s'implanter et puis ce sud global où à la fois la Russie et la Chine appartenaient et aujourd'hui est-ce que cela peut avoir un impact global sur la façon dont dont dont un grand nombre de pays euh finalement se tournaient vers cela pour en réaction à la l'attitude américaine ? Ça c'est la première question. Il y a un pays dont on n pas parlé, c'est la Turquie.

Alors, vous dites très justement que beaucoup de pays voient d'un bon œil en effet un Iran qui soit affaibli parce que si celui-ci économiquement se relevait, ça pourrait être fulgurant et avoir un impact négatif sur ses voisins. Néanmoins, je crois que ces pays voient d'un mauvais œil le fait que les populations puissent également se se révolter et mettre à mal un régime autocratique puisque la plupart des voisins ne sont pas de grande démocratie. Donc euh comment situez-vous la Turquie finalement ?

Vous avez parlé de l'Arabie Saoudite. Euh donc la question est quel rôle pour la Turquie qui voulait dans un premier temps être euh celui qui pouvait servir finalement les négociations et qui se retrouve tiraillé entre deux sentiments opposés. Et puis le dernier point, c'est sur les accords de défense.

Alors, nous nous signons un un grand nombre d'accords de défense et il passent régulièrement au Sénat avec des pays. Euh ce sont quand même des accords qui nous engagent. Je pense pas que nous pensions en effet que la France se retrouve impliquée malgré elle à assurer la protection de d'autres pays.

Mais de fait par la signature de ceci qui nous permett peut-être de vendre quelques matériels militaire, c'est quand même ce qui nous engage ensuite sur le long terme. Et donc, comment voyez-vous la place de la France ou l'attente qui peut être faite de la d'un grand nombre de ces pays dans la région avec lesquels nous avons signé ces accords ? Je vous remercie.

Merci beaucoup madame la sénatrice et heureux de vous revoir même en viso. Euh alors le la recomposition l'impact sur la relation États-Unis Europe, au passage à ma connaissance les appareils américains ne sont basés ou en tout cas que sur le sol britannique ou sur des bases britanniques. à ma connaissance, ceux qui sont partis sur l'émission donc sur l'Iran n'ont pas décollé de base de pays de l'Union européenne.

De ce que je sais en cet état, euh je ne pense pas du tout que ce soit la priorité de la Maison Blanche. C'est-à-dire que pour le dire autrement, la Maison Blanche n'a pas fait la guerre à l'Iran pour pour affaiblir encore un peu plus le les Européens et les mettre dans une situation d'encore plus grande dépendance. Je pense qu'ils ont pas besoin de ça de toute façon pour y arriver.

Euh donc je pense que c'était pas c'était pas dans l'équation du tout sur le reste du monde. Oui. Alors c'est intéressant, c'est une très bonne question aussi.

Euh est-ce que pour le dire autrement, est-ce que les Chinois et les Russes voire les Indiens vont bénéficier de finalement ce qui se passe ? Et de ce côté à la fois Donald Trump et les États-Unis qui font peur à tout le monde et les Européens qui font plus peur à grand monde. Euh oui et non parce que les pays du sud sont quand même en attente de protection entre guillemets de bien sûr de de partenariat économique mais aussi de gens qui vont réellement les soutenir sur le plan diplomatique et sur le plan militaire.

Or là ce que l'on voit c'est que pour l'instant du moins, les grands absents de la crise, c'est la Chine et la Russie. Même si euh Pékin et Moscou peuvent, on sait pas, mais peuvent par exemple alimenter l'Iran en image satellite, en donné, en renseignement, en information, mais en tout cas rien de visible. Donc euh donc ce cette passivité n'est peut-être pas euh comment dire la plus non pas la plus souhaitable mais en tout cas c'est pas ce qui va convaincre les les pays de ce que vous appelez le sud global de se tourner en priorité vers il me semble vers Moscou et vers Pékin.

Euh les accords de défense. Oui. Bah bien sûr.

Bah c'est aussi la diplomatie du carnet de chèque. C'est-à-dire que quand on quand on se dit on va faire de bonnes affaires mais en fait on aura jamais à délivrer. Et ben c'est peut-être la question à se poser d'emblé quoi.

Euh je vous rappelle tous que le contrat mirifique de rafale aux Émirats arabes unis n'a pas encore commencé à être délivré. C'est qui veut dire que je me mets à la place de l'État français et euh de la société Marcel d'Asser le contrat qui est quand même 80 rafales, bah il faut nous montrer que que vous êtes présent. Donc bah oui, c'est dans un contrat, il faut lire toutes les clauses.

Et la Turquie, bien sûr que la Turquie a comment dire la Turquie avec l'Arabie Saoudite et l'Iran est l'autre poids lourd de la région euh au moment de de la chute de la Syrie, de la fragmentation de l'Irak, de la guerre des 12 jours entre Israël et l'Iran, on a eu tendance à dire en fait la Turquie et Israël sont les deux égémons qui émergent du Moyen-Orient. J'ai l'impression que la Turquie a compris son environnement et que elle a compris aussi qu'elle avait besoin de l'OTAN et donc des États-Unis, ce qui lui met probablement un petit peu de réalisme dans sa dans sa stratégie. Donc pour la Turquie, bien évidemment, la Turquie, il faut il faut se rappeler enfin la Turquie et auparavant l'Empire ottoman se sont affrontés avec la Perse et ou l'Empire Perse bien avant que ce soit l'Iran, globalement pendant 4 siècles jusque au 17e siècle et le traité de Casserchirine en 1679.

Depuis, ils ont résolu à peu près leurs différents. Les frontières sont stables, de toute façon, il y a de la grande montagne, de la haute montagne entre les deux et ils sont rivaux mais plus adversaires. Je pense que c'est cette logique là que et les uns et les autres veulent préserver.

Euh alors ensuite euh, y compris pour la Turquie, un Iran faible, bah ça présente des risques et des opportunités. C'est sûr qu'un Iran très affaibli, voire chaotique, pour tous les voisins de l'Iran, c'est un risque de déstabilisation majeur. C'est aussi le risque que peu de médias ou peu d'experts pointent, qui est le côté euh comment dire précédent et modèle.

C'est-à-dire que pour les populations du golf, je parle pas des expatriés mais des citoyens des monarchies du golf. voir qu'un régime aussi dur et impitoyable que le régime iranien peut tomber sous l'aspect de et sous les coûts de butoir certes un petit peu extérieur mais aussi de la population, ça peut donner des idées à certains et je pense que ça fait extrêmement peur au aux dirigeants euh golphiens. Voilà.

Merci beaucoup. Ludovic et. Merci monsieur le président.

Merci monsieur le le directeur pour vos propos extrêmement précis et et concis. Je vais essayer de l'être tout autant vous si je suis un des derniers intervenants. Donc je voulais avoir votre vous avez déjà abordé un certain nombre d'éléments de réponse par rapport aux questions précédentes de mes collègues.

Je voulais avoir votre analyse par rapport à la volonté quasi immédiate de l'Iran de demêler rapidement des pays voisins dès les premières heures du conflit. Euh est-ce que selon vous c'était une volonté aussi de vouloir diluer le conflit, de le de le complexifier peut-être aussi ? Euh donc, j'aurais bien aimé avoir votre votre sentiment sur ce sujet-là.

Et puis euh l'autre partie de ma question concerne la corruption. Quel est le rôle quel rôle peut jouer le niveau de corruption dans l'enlisement du conflit ? Ça m'avait abordé une partie de vous l'avez abordé dans dans votre présentation.

On sait que c'est un la corruption est un élément moteur pour toute une partie de la population qui est favorable au changement de régime, mais c'est aussi un frein pour toutes celles et ceux qui en ont bénéficié. Je parle évidemment de l'Iran, mais je pourrais dire la même chose avec le Esbola au Liban où enfin voilà, on est quand même dans un certain nombre de pays où la corruption est quand même là depuis des décennies et je voulais voir avec vous si il y avait une volonté, enfin s'il y avait une possibilité de contrer ça de manière militaire ou géopolitique ou tout simplement que ce serait très très compliqué et donc qu'on allait vers un un enlisement. Merci.

Merci beaucoup. Merci monsieur le sénateur. Euh alors pour l'Iran, pourquoi impliquer les pays voisins ?

Bien sûr, pour complexifier l'équation, c'est évident. Donc pour diluer et et rendre plus difficile à à résoudre le conflit, mais aussi pour faire pression bien sûr pour leur dire, regardez paradoxalement, même si c'est présenté par la presse, voire par les dirigeants comme des frappes massives et cetera, non, ce sont pas des frappes massives. Les frappes massives, c'est ce qui s'est passé en juin 2025 de par et d'autres aussi bien en Israël qu'en qu'en Iran.

Euh donc c'est un moyen aussi de de faire pression, c'est-à-dire en fait de convaincre les pays touchés, d'exercer eux-mêmes des pressions sur les États-Unis pour leur dire "Bon, arrêtez les frais là." Voilà, c'est ma réponse. Et l'impact de la corruption sur l'enlisement du conflit, euh bah s'il y a plus de revenu, il y a plus de enfin c'est pas qu'il y a plus de corruption, mais c'est que vous assez quand même indirectement la corruption. c'est que vous assez pardon la corruption enfin pardon vous disons les les réseaux et les prébandes.

Donc euh donc ceux qui ont bénéficié bien évidemment ont plutôt intérêt à ce que ça s'arrête. Ça c'est pour ceux qui ont bénéficié sans être mouillé jusqu'au coup. Par contre pour les autres c'est une question de survie de survie physique y compris.

Donc ceux-là iront jusqu'au bout. C'est ma réponse. Merci beaucoup monsieur le directeur.

Moi j'aurais les questions sont épuisées mais j'aurais une petite question. Vous avez dit tout à l'heure, vous avez évoqué la la possible le possible enlisement du conflit avec la la possibilité pour les Iraniens selon les scénarios envisagés soit de de stocker des armes pour pouvoir les utiliser ultérieurement pour pouvoir faire durer le conflit. On comprend bien que compte tenu de de l'arrivée des élections de terme aux États-Unis, certains n'ont pas nécessairement envie que ça dure.

Euh ou alors l'incapacité peut-être de de de les lan de les envoyer enfin de les mettre sur de les envoyer parce que le leur lanceur a été aurait été endommagé. Aujourd'hui, quel est qu'est-ce est-ce est-ce qu'on a une idée de l'état du stocks ? parce que on parle des stocks américains, des stocks israéliens, de la possible diminution de ces stocks de manière importante avec le risque évidemment de de voir les stocks prévisibles ou prévus pour le l'Indo- Pacifique être touché ou pas touché.

Mais euh les les Iraniens dont on sait qu'ils ont avaient des stocks assez importants de de missiles doivent aussi euh avoir des stocks limités et surtout leur lanceur ou leur capacité de lancement on été considérablement endommagée, semble-t-il, par les forces israéliennes et américaines. Quel est l'État aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on peut qu'est-ce qu'on peut en dire ?

Euh merci monsieur le président. Euh dans les études qu'on a faites après la guerre des 12 jours, donc en fait l'été dernier, euh on évaluait, c'était à peu près la la plupart des experts euh évaluer entre le fait que euh l'Iran devait encore détenir probablement entre 600 et 1000 missiles à longue portée capable d'atteindre Israël, c'est-à-dire d'une portée supérieure à 1600 km et devait avoir encore 1200 entre plus d'un millier 1000 1200 missiles balistiques à courte portée, c'està-dire 300 500 km, c'est-à-dire ceux qui sont tombés clairement sur les voisins. Euh les Je lisais donc la traduction de la presse iranienne ce matin qui communiquait alors là aussi il faut bien comprendre qu'on est en pleine garde de l'information à fond des deux côtés hein.

Côté israélien, enfin des trois côtés, côté israélien, côté américain, côté iranien. Disons que les Iraniens ont communiqué sur le fait que depuis samedi, ils auraient tiré environ 500 missiles balistique. Sur ces 500, ça veut dire probablement moitié moitié, c'està-dire moitié à longue portée sur Israël, moitié à courte portée sur les pays du golf.

Donc vous voyez s'il en resté des mettons 800 plus s'il aura en resté 2000 euh ils en ont tiré 500. Alors, il y en a bien sûr un certain nombre qui ont été détruits dans leur cach et dans les endroits. Donc, il en reste quand même.

Euh le vrai la vraie donnée, ce sont les lanceurs. Les lanceurs, ce sont les ce qu'on appelle les les véhicules, vous savez, à 12 roules érecteurs qui leur permettent de sortir des des cavernes, des montagnes là où les missiles sont cachés pour les les sortir sur les zones de tir, les mettre en position et les tirer. Et ça, les lanceurs, c'est paradoxalement euh pas si facile à trouver.

Et euh et là par contre le nombre de lanceurs a été considérablement limité, en tout cas réduit puisque les Israéliens disent enfin les Américains et les Israéliens disent qu'ils auraient détruit 200 lanceurs. Euh nous à dans l'étude qu'on a fait donc en juin, on pensait qu'il restait probablement autour de 250 euh autour de 250 lanceurs euh à l'Iran. Donc ben donc ça veut dire qu'il en reste peut-être une cinquantaine, probablement moins euh si euh si c'est en fonction des chiffres puisque là encore on est en pleine guerre de l'information de chaque côté.

Donc c'està dire qu'ils en ont encore qu'ils en ont encore mais que la capacité à durée est quand même limitée. D'autant plus que compte tenu de la de le de la du nettoyage du du ciel iranien et de la capacité des Israéliens et des Américains de survoler le ciel iranien sans trop de difficulté, on imagine bien que la capacité de de production de matériel nouveau doit être considérablement diminué et donc ils doivent vivre sur des stocks sans avoir la possibilité de le réconstituer. Aujourd'hui, quels sont ont-ils ?

C'est une question que je pose mais j'ai un peu la réponse mais comme on est diffusé, ont-ils des alliés susceptibles de leur fournir de nouveaux matériels ? Oui, la Russie, la Chine, la Corée du Nord. Euh sauf que sauf qu'on voit bien aujourd'hui enfin et ça c'est une question aussi intéressante peut-être euh on voit bien aujourd'hui que la Chine et la Corée du et que la Russie principalement n'ont pas levé le petit doigt pour aider leur alliés iraniens qui lui pourtant avait soutenu ou soutenu activement la Russie dans son dans son combat contre l'Ukraine.

Je pense qu'ils s'en souviendront. Euh quel quelles peuvent être les les conséquences de cette absence de soutien des alliés au à l'Iran ? Euh ça fait clairement partie de l'équation de ce qui est en train de la lutte de pouvoir aujourd'hui atterrant.

C'est-à-dire que vous avez ceux qui sont disons proches de la Chine, ceux qui ne jurent que par la Russie, pas du tout sur le plan politique parce que en Iran tout le monde déteste la Russie. Enfin, quand je dis la Russie, c'est pas la Russie, mais disons tous les Iraniens et tous les dirigeants iraniens se méfient au plus haut point et ne font aucune confiance au Russes depuis toujours. Et ça n'a pas changé.

Mais et mais il faut parfois s'allier euh pour des partenariats quand vous êtes en difficulté parce que vous avez des intérêts communs et c'était le cas avec la Russie. Euh donc oui, bien sûr que dans la lutte de pouvoir entre ceux qui disent en fait il faut négocier avec l'Oc enfin avec les États-Unis, ceux qui disent en fait il faut se réarmer avec les Russes et ceux qui disent non en fait il faut se tourner définitivement vers les Chinois, euh bah vous avez cette lutte de pouvoir et ces trois camps vous les avez au sein de j'allais dire de chaque faction. C'est-à-dire que dans chaque parce que c'est j'allais pas dire que c'est un sujet sociétal, c'est un sujet éminemment stratégique.

Mais comme c'est éminemment stratégique, quel que soit votre comment dire où qu'aille votre cœur quand vous êtes dans ces cas-là iraniens, vous allez vous dire en fait fondamentalement qui est le plus à même de m'aider ? Est-ce que ce sont sur le long terme les États-Unis, la Russie ou la Chine ? La réponse évidemment dans un monde idéal les trois mais comme ce sera probablement plus difficile ben à un moment donné il faut trancher.

Donc bien sûr que ça fait partie de l'équation de la lutte pour le pouvoir aujourd'hui àant FP qui vient de tomber comme selon laquelle Mojtaba Kamenai serait pressenti pour succéder à son père. Un de vos scénarios est en train de se peut-être se réaliser. C'est pas le meilleur.

Euh c'est pas le meilleur et c'est clairement celui qui va vers le 4e scénario. Merci beaucoup monsieur le directeur. C'était une audition absolument passionnante qui permet en tout cas de clarifier les enjeux de ce conflit en Iran et qui nous permet aussi d'en mesurer les implications régionales ou les conséquences régionales.

C'était particulièrement riche et intéressante. Votre expertise nous a permis évidemment de replacer ce conflit dans un contexte géopolitique beaucoup plus large, pas rassurant mais plus large. En tout cas, c'était très intéressant.

Je vous remercie. Ça a permis des d'éclairer chacune et chacun d'entre nous et j'espère aussi celles et ceux qui nous ont écouté. Merci d'avoir fait le déplacement et d'avoir répondu aussi rapidement à à l'invitation de la commission et puis nous ne manquerons pas évidemment de vous réauditionner si quand les choses auront un peu évolué ou quand elles se seront décantées.

Merci beaucoup en tout cas à celles et ceux qui ont participé à cette audition. Merci à vous.