Présidentielle 2027 : une primaire "ne permettra pas automatiquement à la gauche d'être présente au second tour", prévient Patrick Kanner
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France Info Bonjour Patrick Cannaire. Bonjour. On va parler du budget, de l'aide à mourir, de l'avenir du Parti Socialiste à l'approche de la prochaine présidentielle. Mais avant, on voulait votre avis ce matin sur une annonce d'hier soir. Emmanuel Macron qui engage une procédure accélérée pour interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans et ce, dès la rentrée prochaine. Il y avait urgence ?
Oui, et alors pour nos auditeurs, une procédure accélérée, ça veut dire qu'il n'y a qu'une seule lecture à l'Assemblée Nationale, une seule lecture au Sénat et une commission mixte paritaire pour essayer de trouver un accord. Oui, il y a urgence. C'est un sujet de société qui est majeur et on voit bien aujourd'hui les dérives, les dégâts sur l'esprit de beaucoup de nos jeunes. Simplement, et ce sera sûrement l'interrogation que nous porterons au Sénat quand le texte arrivera, c'est comment mettre en œuvre ? Comment mettre en œuvre ? Vous savez, moi j'ai un petit-fils de 10 ans qui a reçu son premier portable. Téléphone portable.
Donc si je fais le calcul, 10 à 15 ans, c'est près de 4 millions de jeunes qui sont concernés. Donc comment on les accompagne ? Comment on prévient les dérives ? Voilà, en tout cas, oui, il faut s'en saisir.
La recette miracle n'existe pas dans les pays qui ont tenté en tout cas de mettre en place cela. Du côté de la France insoumise, justement, on parle de paternalisme numérique. Est-ce que c'est à l'État de jouer ce rôle de régulateur ?
Écoutez, l'État doit avoir cette mission de régulation. Il a la main, entre guillemets, sur l'éducation nationale. Il doit aussi s'appuyer sur les collectivités territoriales qui font de la prévention, notamment les départements. Donc tout cela doit s'écrire dans la loi, en tout cas s'inscrire dans une démarche positive pour les jeunes. Puisque aujourd'hui, c'est vrai que passer des heures, plusieurs heures par jour... Quatre heures par jour pour les adolescents sur les réseaux sociaux. Sur les réseaux sociaux, c'est une porte ouverte à tous les risques, à tous les débordements. Donc il est important que le Parlement s'en saisisse.
Patrick Caner, j'imagine que vous avez entouré d'une croix rouge la date du 11 octobre prochain dans votre agenda. Puisque l'on l'a pris hier, c'est la date de la prochaine primaire de la gauche et des écologistes qui sera organisée. Marine Tondelier a notamment pris la parole hier pour défendre son principe. Madrine Tondelier, patronne des écologistes. C'est un très mauvais budget. Je vais prendre un exemple pour les fonctionnaires. 5 millions de fonctionnaires, leurs salaires vont encore baisser cette année. Le budget de l'audiovisuel public... Alors ce n'est évidemment pas le bon... J'avais bien compris. C'est Sophie Binet, qu'on vous fera sans doute écouter plus tard.
Ce qu'elle disait, Marine Tondelier, c'est que la seule façon d'y arriver, c'est d'y aller ensemble, de se départager, d'avoir une candidature unique à gauche, que tous ceux qui pensent l'inverse se trompent. Est-ce que vous vous réjouissez de cette primaire ?
Écoutez, je sais que l'union de la gauche, d'une partie de la gauche en l'occurrence, ça peut être un totem pour certains. J'ai l'âge et l'expérience qui montrent qu'en 81, 88, 2012, la gauche, socialiste, a gagné ses élections présidentielles dans une diversité. Vous connaissez l'adage, dans un scrutin majoritaire, à deux tours, on choisit au premier tour, on élimine au second tour. Donc oui, c'est bien d'avoir une dynamique. Mais la dernière fois où nous avons eu un candidat unique pour cette gauche, à savoir gauche du PC, qui n'y est pas là pour l'instant, les Verts, les radicaux de gauche, le MRC, c'était Benoît Hamon. En 2017, il a fait 6,35%.
Donc c'est une mauvaise idée ?
Je ne dis pas que ce soit une mauvaise idée. Je dis simplement que ce n'est pas automatiquement ce qui permettra à la gauche...
Mais le Parti Socialiste, il participera ou pas ? Parce qu'il y avait Olivier Faure au premier rang de cette conférence de presse. On a bien compris que la candidature l'intéressait. Comment vous regardez cette présence ? Elle n'a pas encore été validée par les instances du Parti Socialiste ?
Je suis très perplexe sur la présence d'Olivier Faure à cette conférence de presse. Qu'il soit présent à une réunion de travail sur la mise en œuvre d'un programme de gauche, je n'ai aucun problème. Mais sa présence, alors qu'il n'avait pas de mandat du Bureau National du Parti Socialiste, qui est notre instance décisionnaire, eh bien ça me gêne, oui je dis ça me gêne.
Il a commis une faute ?
Et surtout, il a communiqué hier en fin de soirée pour dire tout l'intérêt qu'il portait à la démarche. Ça, ça relève de la décision souveraine des militants socialistes.
Donc il s'est trop avancé, il a joué sa partition plutôt que la partition des socialistes ?
Il y croit, il a le droit d'y croire. Moi les primaires, vous savez, je suis perplexe. J'ai vu la primaire populaire avec Madame Taubira en 2012 et on sait ce que ça a donné au bout du bout. Donc je pense qu'il faut donner du temps au temps en la matière. Et pour moi le temps au temps, c'est d'abord l'échéance municipale. Nous regarderons d'abord quels sont les rapports de force au sein de cette gauche pour les municipales et nous pourrons ensuite mieux décider. Et c'est ce que nous avons nous-mêmes acté dans notre bureau national du mois de janvier dernier, du 13 janvier dernier, pour être très précis.
L'installation d'un comité de préparation des élections présidentielles qui sollicitera le vote des militants socialistes après les municipales.
Donc pour résumer, pour l'instant, Olivier Faure s'est avancé. Les socialistes ne sont pas tous engagés vers cette primaire.
Je respecte l'intérêt que porte Olivier Faure en tant que militant socialiste à cette démarche. Mais Olivier Faure est premier secrétaire. Et son rôle est de mettre en œuvre les décisions souveraines du Parti Socialiste.
Donc vous condamnez sa présence et ses propos...
Le mot de condamner est bien trop fort. Je vous exprime... N'était pas à sa place. ... une grande réserve sur cela. Je ne voudrais pas qu'il y ait de confusion par le fait qu'Olivier Faure soit présent à cette conférence de presse qui annonce les choses. D'ailleurs, ce que j'ai vu sur les images qu'on voit pour celles et ceux qui nous regardent à la télévision, qu'est-ce que je vois ? Je vois le groupe des Verts à l'Internet National.
Il n'y a pas Raphaël Luxman, il n'y a pas Jean-Luc Mélenchon, concrètement... Il n'y a pas Fabien Ruchel. C'est donc une partie du Parti Socialiste et les écologistes.
C'est Olivier Faure et le groupe des Verts à l'Assemblée Nationale, puisque deux bouts de M. Ruffin, l'après de Mme Clémentine Autain, génération S de M. Lucas, je leur fais de la pub, et les Verts, c'est le même groupe. Et d'ailleurs, des collègues, que je respecte, mais qui sont incapables par la petitesse de leur force politique, de composer un groupe à l'Assemblée Nationale.
Une trop petite primaire de la gauche, on l'aura compris. On voulait aussi vous entendre sur le budget.
Oui, sur le budget, effectivement, puisque l'examen du budget va commencer demain au Sénat. Patrick Cannaire, la droite sénatoriale, a accepté, après négociation, de ne pas l'examiner, mais de le renvoyer d'emblée à l'Assemblée. Ça fait dix jours de gagnés pour le gouvernement. C'est une bonne chose ou une occasion ratée ?
Alors, tout d'abord, nous n'avons pas encore eu ce débat au Sénat.
Ça paraît bien parti, parce que la droite a dit qu'elle était en faveur, et Gérard Larcher, ce matin.
Oui, donc, effectivement, nous aurons ce qu'on nous appelons, je pense, jeudi prochain, ce qu'on appelle une question préalable, qui renverra le budget à l'Assemblée Nationale, qui aura le dernier mot. Oui, il faut maintenant aller vite. Je veux dire, encore une fois, ce projet de loi de finances n'est pas parfait. Loin de là. Sinon, nous l'aurions voté, comme nous l'avons fait, d'ailleurs, pour le PLFSS, qui n'était pas parfait, mais qui avait des avancées. Donc, voilà, il faut en terminer. Vous savez, je participe à de très nombreuses cérémonies de vœux en ce moment. Je n'entends aucun maire me dire, mais continuez le débat, allez-y. Non, ils veulent un budget pour la France.
Mais justement, ce budget, il est bon ou pas ? Parce qu'on va vous entendre un dessus, mais on a posé la question à votre place, à Sophie Binet, justement, qu'on a entendu tout à l'heure, la secrétaire générale de la CGT. Et voici sa réponse sur la qualificative. C'est un très mauvais budget. Je vais prendre un exemple. Pour les fonctionnaires, 5 millions de fonctionnaires, leurs salaires vont encore baisser cette année. Le budget de l'audiovisuel public va baisser. Le budget de la culture continue à baisser avec une catastrophe dans tout le secteur culturel. Pourquoi ? Parce que le gouvernement refuse de taxer les riches.
Patrick Caner, si on suit son raisonnement, à Sophie Binet, vous avez participé à l'élaboration d'un très mauvais budget. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Écoutez, je respecte Mme Binet, mais elle n'est pas parlementaire. Elle a le droit de commenter le travail du Parlement, naturellement. Mais elle a mis le doigt sur des choses qui me posent effectivement problème. Mais en même temps... Lesquelles ? Sur l'audiovisuel public, par exemple. Je suis ici sur une chaîne. Je peux vous dire que nous allons nous battre. Et d'ailleurs, je vais émettre avec quelques autres collègues une tribune cette semaine pour dénoncer cette baisse des crédits à l'audiovisuel public que je défends, Mordicus, ainsi que vous le savez.
À partir de là, néanmoins, oublier l'année blanche, le 1 euro pour les repas pour les étudiants dans les restaurants universitaires, la remise en route de la prime rénov', tout cela montre que, oui, notre négociation a pu être utile. Moi, j'insiste vraiment beaucoup là-dessus. Nous n'avons pas tout obtenu, notamment en matière de justice fiscale. Mais néanmoins, nous pensons qu'aujourd'hui, il y a là un point d'équilibre qui est acceptable et qui justifie pleinement notre non-censure sur ce vote du budget la semaine prochaine.
Une des revendications des sénateurs, c'était que les communes, les départements soient épargnés des mesures d'économie. On rappelle que ce sont les maires qui votent pour les sénateurs. Alors qu'il y a des sénatoriales en fin d'année, est-ce que ce n'était pas un peu électoraliste comme objet de négociation ?
Mais les collectivités territoriales ont toujours été associées à l'effort de la nation, parfois durement. Et là, l'effort qui était prévu était de plus de 4 milliards d'euros. Il est ramené à 2 milliards d'euros. Voilà. Donc, oui, notre négociation a été utile pour les collectivités territoriales, même si, encore une fois, la maquette définitive est loin d'être parfaite. Mais à un moment donné, il faut choisir. Est-ce qu'il y a été bon pour le pays de devoir repasser par une case censure, par une case voire même dissolution ? Non, il faut avancer.
Et ce que je sais, c'est que la loi spéciale, qui est aujourd'hui en vigueur, que nous avons votée en décembre dernier, coûte cher au pays et ne permet pas de dépenses nouvelles. Dans la situation internationale qui est la nôtre, renforcer les moyens de la défense, c'est essentiel. Eh bien, ce budget va permettre de le faire.
Justement, au nom du bon pour le pays, est-ce que vous allez continuer à travailler main dans la main, en tout cas à négocier avec le gouvernement ? Sébastien Lecornu a promis un grand texte sur la décentralisation, par exemple, une loi d'urgence sur l'agriculture, un texte pour instaurer une allocation sociale unique, bon, ça, c'est plutôt pour la droite, un projet de loi pour réformer le statut de la Nouvelle-Calédonie, etc. Est-ce que sur ces dossiers, vous allez dire, ok, on continue, on va régulièrement à Matignon, on négocie avec le gouvernement ?
Nous n'avons jamais refusé d'aller ou à Matignon ou dans les ministères. Vous évoquiez la Nouvelle-Calédonie, moi je suis en lien permanent avec l'exécutif, la ministre, la Moutchou, mais aussi le Premier ministre, voire même le président de la République. Donc, oui, nous continuons à travailler. Nous sommes dans l'opposition, mais nous sommes une opposition utile. Et nous essayons d'aller chercher des victoires sujet après sujet. La Nouvelle-Calédonie, nous avons évité le pire à la Nouvelle-Calédonie par cette consultation qui avait été imaginée par l'exécutif visant à demander un accord des Calédoniens sur les accords de Bougival, excusez-moi d'être un peu technique.
Eh bien, nous avons fait notre œuvre. Être dans l'opposition, c'est ne pas être systématiquement contre. C'est de négocier, et moi je revendique ce rôle d'une gauche utile par rapport à celui d'une gauche infertile qui certes saute sur sa chaise en disant « c'est pas bien, c'est pas bien, c'est pas bien », mais notre intérêt, c'est celui d'abord des Français.
Là, vous pensez à la France insoumise ?
Je pense très clairement à la France insoumise qui nous jette en pâture en permanence et qui considère qu'elle a la vérité révélée. Mais moi, je préfère les petits matins productifs que les grands soirs infertiles.
Alors, en petits matins, justement, il est 8h46. Patrick Kianner, sénateur socialiste du Nord, vous restez avec nous. Dans quelques instants, on va parler de l'aide à mourir. Il va en être question au Sénat. Il en a été question, d'ailleurs. Ce sera après le fil info de 8h46 avec Diane Ferschit. Le record absolu battu par Thomas Coville. Le navigateur a franchi il y a une heure la ligne d'arrivée du trophée Jules Verne. Le tour du monde en équipage. Sans assistance et sans escale. 40 jours et 10 heures de traversée. Il bat de 12 heures le record. Détenu jusqu'à présent par Francis Joyon. Malgré des températures glaciales, nouvelle manifestation a miné à police.
Après la mort d'une seconde personne, un homme tué par la police de l'immigration. L'administration Trump assure qu'il s'apprêtait à mettre en danger les agents. Le maire démocrate en appelle à Donald Trump pour mettre fin aux opérations de la police de l'immigration dans sa ville. Donald Trump qui salue à présent le rôle des soldats britanniques en Afghanistan après avoir déclaré que les alliés de l'OTAN étaient restés un peu loin des lignes de front. Un rétro-pédalage du président américain alors que ses propos ont provoqué une très vive indignation du Royaume-Uni à l'Australie en passant par la France et l'Italie.
Le chargé de l'ambassade de France à Alger, convoqué par le ministère algérien des Affaires étrangères, en cause un numéro de complément d'enquête diffusé sur France 2 jeudi. Émission consacrée à la crise diplomatique entre les deux pays. Alger parle de tissu de contre-vérité, d'une véritable agression contre l'État algérien. Et nous sommes toujours avec Patrick Cannaire,
le président du groupe socialiste au Sénat. On voulait justement vous parler de ce qui s'est passé au Sénat cette semaine avec une majorité de sénateurs qui rejettent la possibilité pour une personne atteinte d'une maladie incurable d'accéder à un produit létal. C'est le fameux article 4 au centre de la proposition de loi pour créer une assistance médicale à mourir qui a été rejetée. Et vous dites, le Sénat s'est ridiculisé.
Pourquoi ? Ridiculisé, décrédibilisé, c'était un triste soir auquel j'ai participé lors de ce débat. Vous savez, cette aide à mourir dans la dignité, ce droit à mourir dans la dignité, c'est quelque chose qui n'est pas récent. C'est en 78 que la première proposition de loi de M. Kayévé a été évoquée en la matière. Puis après, il y a eu la loi sur les soins palliatifs, la loi Couchetier de 2002, etc. Le Sénat n'a pas été à la hauteur d'un enjeu de société qui est majeur et dont une immense majorité de Français veut qu'on sorte par le haut.
Pardonnez-moi, mais sans rentrer dans la tambouille parlementaire, vous avez aussi voté contre cet article 4 qui finalement a été supprimé grâce au concours des voix des proches de Bruno Retaille au 19.
Très clairement, qui a passé une journée à retourner une partie de son électorat interne au sein du Sénat. Nous, nous avons voté contre parce que l'article 4 n'est pas assez loin et diminuait fortement tous les acquis de l'Assemblée Nationale qui avait abouti à un compromis entre la droite et la gauche sur le sujet dans le cadre des clauses de conscience des uns et des autres. Donc, oui, nous savions, tout le monde savait que nous allions voter contre, mais nous voulions continuer quand même. Et patatras, ce qui s'est passé, c'est que M. Retailleau, lui, a mis fin au débat.
Clairement, il a dénué de tout sens cette loi sur l'aide à mourir avec une majorité que je qualifierais de réactionnaire puisque... Les lobbies religieux sont trop importants aujourd'hui. Excusez-moi, pour être très clair, le texte qui est sorti du Sénat est moins dix ans que le texte Léonetti-Claesse de 2016. C'est pour vous dire.
Ce serait même un retour en arrière si cette version-là ne sera pas...
C'est terrible que cette chambre qui a été parfois progressiste se retrouve aujourd'hui complètement décrédibilisée par rapport à ce que souhaitent...
À cause de quoi ? On parle beaucoup de la force des lobbies religieux.
Écoutez, ils ont dû agir. Ils ont dû agir. Moi, ce que j'ai vu, c'est que M. Retailleau, quand il est intervenu en séance, a dit que pour lui, très concrètement, la loi Léonetti-Claesse était le maximum qu'il pouvait supporter. En disant, soins palliatifs, soins palliatifs, soins palliatifs. Mais bien sûr, soins palliatifs. Il faut permettre à ceux qui veulent partir par la sédation profonde et continue de le faire. Mais il faut aussi permettre à celles et ceux qui ont décidé de nous quitter librement de pouvoir le faire plus rapidement avec un suicide assisté. Madame, moi, je vous le dis, vraiment, moi, j'ai vécu ça il n'y a pas si longtemps que cela dans ma propre famille.
Quelqu'un, toute personne, a le droit de disposer de sa vie. Et donc, toute personne a le droit de disposer de sa fin de vie. C'est ça, l'idée de ce texte sur l'aide à bourrer.
Emmanuel Macron évoque régulièrement l'hypothèse d'un référendum pour sortir de cette impasse si jamais au niveau parlementaire on n'y arrive pas ? Est-ce que c'est une bonne option ? Je ne crois pas
qu'on puisse répondre par oui ou par non sur un sujet aussi complexe. Et donc, je préfère que nous trouvions une solution par la voie parlementaire.
Gérard Larcher dit que ce serait une insulte au Parlement.
Enfin, seulement pour d'autres raisons. Mais moi, je préfère que le Parlement aille jusqu'au bout et qu'il puisse entendre tous les partenaires. Le Parlement n'est pas une bulle fermée sur lui-même. Mais vous croyez au compromis encore ? Je le souhaite. Je souhaite que, ce que j'ai dit d'ailleurs publiquement au Sénat, le texte va retourner à l'Assemblée nationale. Il va être remodifié. Une deuxième lecture aura lieu au Sénat. Et j'espère profondément que cette fois-ci, nous pourrons trouver un compromis au Sénat. qui fasse que la Haute Assemblée soit utile aux Français.
On voulait vous parler également d'une nouvelle commission d'enquête que votre groupe lance au Sénat. Colomb-Brossel a présenté une nouvelle commission sur les fondations privées et la vie politique. Clairement, elle vise un homme, le milliardaire Pierre-Édouard Sterrin et son projet Périclès dédié à influencer le débat public. Pourquoi c'était important selon vous ?
Il n'y a pas que Périclès et M. Sterrin. On peut appeler
commission Sterrin dans la presse.
Il y a aussi la mouvance MAGA des Etats-Unis, etc. L'idée, c'est de regarder comment, quand il y a moins de financements pour le secteur associatif, le secteur culturel, le secteur sportif, on regarde comment des fondations privées, des groupes privés sont amenés à être appelés pour obtenir des financements et leur influence sur la vie publique française. Donc, nous voulons dégager, il n'y a pas de... On n'est pas sur une culpabilité d'un tel ou d'un tel. Ce que nous voulons, c'est dégager une idée essentielle qui est de dire que les fondations doivent servir à l'intérêt général et non pas des intérêts particuliers.
Pierre-Edouard Sterrin avait déjà été convoqué par l'Assemblée Nationale dans une autre commission d'enquête. Il ne s'était pas rendu. Il avait refusé à deux reprises.
C'est illégal.
Vous allez le reconvoquer ?
Ah oui, oui. C'est illégal. Nous allons le reconvoquer naturellement et nous mettrons en œuvre toutes les procédures judiciaires pour qu'il puisse respecter la loi de la République.
Vous ne cherchez pas le coup politique ?
C'est ce que certains vont peut-être vous reprocher ? Nous cherchons la vérité et nous cherchons surtout à établir peut-être des dys... à repérer les dysfonctionnements qui fassent qu'une proposition de loi venant de cette commission d'enquête puisse faire évoluer les choses.
Merci beaucoup Patrick Cannaire, sénateur socialiste du Nord d'avoir été avec nous. Merci Camille. On vous retrouve dans les pages politiques du Nouvel Obs et cette interview est à retrouver en intégralité sur la page YouTube de France Info.
Patrick Kanner