Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 12 décembre 2024 23 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & familleRetraites

Vont-ils pactiser avec Macron ? Thomas Porcher sans pitié pour le PS et Glucksmann

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:40OuverteRéponse directe

    Alors avec toi aujourd'hui au programme, qui va devenir Premier ministre ?

  • 3:33OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a un NFP uni ou est-ce qu'Emmanuel Macron vous fait un peu tergiverser ?

  • 4:03OuverteRéponse directe

    Vous y croyez vraiment à la thèse d'Emmanuel Macron qui choisit un Premier ministre de gauche ?

  • 5:43OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça a du sens politiquement et programmatiquement de se tourner vers l'extrême droite puis vers les socialistes ?

  • 7:25OuverteRéponse directe

    En termes d'idées et de programmes, est-ce que c'est logique de se tourner une fois à l'extrême droite, une fois vers les socialistes ?

  • 11:32OuverteRéponse directe

    Pour l'instant, le PS n'a pas de ligne rouge claire en termes de programme. Qu'est-ce qu'il veut dire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:19InvitéFait
    « Soit ils ont signé et qu'ils n'ont pas compris, dans ce cas là ils sont idiots, il faut pas qu'ils aient ces fonctions là parce que ça peut être dangereux, soit ils l'ont fait par pur opportunisme. »
  • 0:22InvitéFait
    « J'entends plus le PS vouloir revenir sur les lois de travail, j'entends plus le PS vouloir revenir sur l'ISF, j'entends plus le PS vouloir vraiment augmenter le SMIC. »
  • 0:28InvitéFait
    « Il y a eu un grand gouvernement technique qui a été fait pendant le Covid. »
  • 0:31InvitéFait
    « La seule qui a refusé de le faire c'est Mélanie. Elle a gagné les élections après. »
  • 8:44InvitéFait
    « Le CICE, c'était ce que rêvait d'avoir le MEDEF depuis un certain nombre d'années. »
  • 10:00InvitéFait
    « Quand on fait des bénéfices dans le monde, on a le droit de licencier sur des territoires qui sont considérés comme des pertes. »
  • 10:20InvitéFait
    « L'économiste de gauche, ça ne veut absolument rien dire aujourd'hui. »
  • 10:34InvitéFait
    « Macron a fait partie d'un gouvernement PS et que s'il y a quelqu'un qui connaît bien les gens du PS, c'est lui. »
  • 13:13InvitéFait
    « Moi, ça me paraît difficile et ils devraient se méfier parce que c'est ce qui a été fait en Italie. »

Temps de parole

  • Invité60 %
  • Présentateur30 %
  • Présentateur 24 %
  • Invité 23 %
  • Présentateur 32 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche.

0:05
Invité

C'est les opposés en fait. T'as mis la gauche entre guillemets, c'est important de rappeler ça. Un certain nombre de députés se sont alliés et ont signé le programme du nouveau front populaire. Soit ils ont signé et qu'ils n'ont pas compris, dans ce cas là ils sont idiots, il faut pas qu'ils aient ces fonctions là parce que ça peut être dangereux, soit ils l'ont fait par pur opportunisme. D'ailleurs moi j'entends plus le PS vouloir revenir sur les lois de travail, j'entends plus le PS vouloir revenir sur l'ISF, j'entends plus le PS vouloir vraiment augmenter le SMIC.

Ils devraient se méfier parce que c'est ce qui a été fait en Italie, il y a eu un grand gouvernement technique qui a été fait pendant le Covid. La seule qui a refusé de le faire c'est Mélanie. Elle a gagné les élections après.

0:36
Présentateur

Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porché avec tous les discours qu'on entend autour de nous, notre meilleure arme est de les connaître et de les comprendre. Vous le savez, cela fait des mois qu'on mène la bataille auprès de l'ARCOM après le refus de nous donner un canal TNT, malgré notre dossier solide pour une télé des médias indés. Ce combat ne concerne pas seulement l'obtention d'une fréquence, il s'agit de dénoncer un processus de sélection opaque et un système verrouillé. Lors de notre recours au Conseil d'État contre l'ARCOM, nous avons fait face à une véritable armée d'avocats.

Des poids lourds comme le groupe TF1, détenteurs de cinq chaînes TNT, sont venus prêter main forte à l'ARCOM en exigeant le rejet de notre recours. Le groupe Ouest France, lui, réclame 5000 euros aux médias. Nous le savons, ces attaques dépassent notre simple structure. Elle vise à étouffer toute une galaxie de médias indés qui soutiennent notre démarche et surtout à faire passer un message inquiétant. Il n'y a pas d'alternative possible. Mais grâce à vous, à votre soutien, nous sommes déterminés à résister et à défendre un journalisme libre et indépendant. Chaque don, chaque soutien compte soutenir la première chaîne d'infos indépendante de France. Bonjour Thomas.

1:40
Invité

Salut Lisa.

1:40
Présentateur

Alors avec toi aujourd'hui au programme, qui va devenir Premier ministre ? C'est reparti en conjecture. On y va. Vous le savez, le gouvernement Barnier est tombé. Emmanuel Macron avait choisi un Premier ministre bien à droite pour rassurer son socle, mais aussi le RN. Officiellement, le Président de la République avait éjecté la piste NFP pour trouver des compromis, assurer la stabilité et éviter que le gouvernement tombe à la première motion de censure. C'est raté. Motion de censure votée la semaine dernière par toutes les oppositions du socle commun à l'Assemblée nationale et qui dit nouveau gouvernement, dit nouvelle tractation.

Le NFP repart au charbon pour tenter d'imposer un gouvernement issu de ses rangs, invoquant leur victoire aux élections législatives de très peu, rappelons-le. Certaines forces de l'Union veulent changer de méthode par rapport à cet été. Pendant ce temps, les macronistes font des appels de phare au PS pour qu'ils lâchent la coalition de gauche et rejoignent le socle commun. Ne banalisons pas le moment dans lequel nous nous trouvons.

Prenons conscience quand même de la légèreté avec laquelle les députés de la France insoumise et du RN ont fait le choix de renverser le gouvernement de Michel Barnier et créons les conditions, nous les députés républicains, démocrates, d'un gouvernement stable, d'une majorité stable, d'une coalition stable ici à l'Assemblée nationale qui pourrait aller de la droite républicaine aux sociodémocrates, voire aux écologistes. C'est le sens du vote des Français. Et donc la France doit aussi résister à cette tenaille populiste qu'il n'y a pas ou peu d'équivalent ailleurs en Europe.

Il y a des pays où l'extrême droite est forte, il y a des pays où l'extrême gauche est forte, des pays où l'extrême droite et l'extrême gauche sont fortes en même temps, il y en a peu. C'est pour ça que je pense que les partis républicains doivent être capables de se rassembler pour créer les conditions de la stabilité. Sur la base de quel projet, je n'ai pas réussi à avoir la réponse. Du côté du PS, la stratégie, c'est de négocier un accord de non-censure mais d'obtenir un Premier ministre de gauche. C'est quoi la suite ? Est-ce qu'il y a un NFP uni ou est-ce qu'Emmanuel Macron vous fait un peu tergiverser pour attendre que vous vous disputiez ?

Je ne sais pas si Emmanuel Macron vous fait tergiverser. Ce qu'il faut, c'est être uni mais dans la perspective de ne pas demain. C'est de nouveau le pouvoir à la droite et à l'extrême droite. Donc ça veut dire aussi être uni dans l'idée qu'il va falloir faire aussi quelques concessions demain. C'est-à-dire ? Si on veut être au gouvernement, il faut être en capacité d'être au gouvernement en discutant avec les autres. Sinon, c'est qu'on refuse de gouverner, donc de porter le projet. Moi, je préfère porter le projet que rester dans l'opposition. Vous y croyez vraiment à la thèse d'Emmanuel Macron qui choisit un Premier ministre de gauche ? En tout cas, c'est ce que nous devons porter.

Sinon, c'est qu'on n'a rien compris aux résultats des élections. Les écolos sont d'avis aussi pour négocier la non-censure avec les macronistes. Chez LFI, c'est NFP, rien que le NFP.

4:17
Invité

C'est NFP ou rien, on l'a toujours dit. C'est nous qui avons remporté les élections législatives. C'est ce que veulent les électeurs. Les électeurs ont envoyé un message clair à la fois le programme du Nouveau Front Populaire en tête et le barrage contre l'extrême droite. Là, nous étions gouvernés depuis plusieurs semaines par le seul gouvernement, les seules personnes qui n'ont pas appelé à faire barrage. Et ce qu'on demande, c'est pas uniquement la question de Matignon. On demande dorénavant une question, une présidentielle anticipée. C'est pour ça, tout à l'heure, que mon collègue Gabriel Amare a demandé si M.

Retailleau avait pris ses dispositions et est-ce qu'il avait commencé à organiser les conditions de cette présidentielle puisqu'on ne peut pas tenir comme ça pendant trois ans.

4:53
Présentateur

Les socialistes ont rencontré Emmanuel Macron ce vendredi 6 décembre. Les écologistes se déplacent à l'Elysée ce lundi 9. Pas de rencontre pour les insoumis. Jean-Luc Mélenchon a assuré que si les socialistes faisaient alliance avec le Bloc central, alors le nouveau Front Populaire continuera sans eux. Boris Vallaud a clarifié la position du PS. Les socialistes ne trahissent pas ce pourquoi ils ont été élus, mais préfèrent des avancées même modestes dans le sens de la gauche que de grands reculs dans le sens de l'extrême droite. Ce n'est pas la fin du nouveau Front Populaire. Je ne change pas d'alliance, affirme le député.

Les socialistes assurent que si le Premier ministre n'est pas de gauche, ils ne participeront pas au gouvernement. Sur les plateaux télé, on se perd en conjecture avec des noms qui n'ont ni participé aux élections, ni été avancés par les partis politiques eux-mêmes comme Bernard Cazeneuve, François Bayrou, Bruno Retailleau. On se perd, je le disais, en conjecture. Thomas, est-ce qu'Emmanuel Macron fait juste, comme d'habitude, joujou avec la gauche en attendant qu'elle se dispute ?

5:48
Invité

Bon, il faut revenir déjà sur le pari d'Emmanuel Macron quand il a fait cette dissolution. Le pari d'Emmanuel Macron, c'était justement que la gauche se brise, enfin que le PS se brise. Il avait regardé la campagne de Raphaël Glucksmann, qui était quand même une campagne contre Mélenchon, et il s'est dit je vais parier sur encore un élargissement du centre, parce que lui, il a quand même absorbé une grosse partie déjà du PS, une grosse partie des LR, et il dit je peux encore étendre, surtout à gauche, cette partie de mon centre en récupérant tous les gens du PS qui sont contre Mélenchon.

Et c'est un pari qu'il a raté, puisque très rapidement, un certain nombre de députés, pour des motivations probablement aussi personnelles de récupérer leur poste, se sont alliés et ont signé le programme du nouveau Front populaire, avec tout ce qu'il y a dedans. Alors, moi je pars du principe que ce sont des adultes, donc soit ils ont signé et qu'ils n'ont pas compris, dans ce cas-là ils sont idiots, il ne faut pas qu'ils aient ces fonctions-là, parce que ça peut être dangereux, soit ils l'ont fait par pur opportunisme. Mais en général, un programme que tout le monde arrive à comprendre, plus ou moins, vous savez pourquoi vous l'avez signé. Donc ils l'ont signé.

Et aujourd'hui, on voit bien finalement que Macron retente ce pari. Il a d'abord tenté de mettre M. Barnier, qui était vraiment le trait d'union entre la droite et l'extrême droite, manque de poste à rater, donc il repart sur le parti d'extension du centre à gauche en captant une partie du PS. Et il est aidé par un certain nombre de députés du PS, mais aussi par un certain nombre de voix, notamment de Raphaël Guzman ou d'Aurore Laluc, qui appellent à un espèce de gouvernement de compromis.

7:16
Présentateur

Et surtout que là, on voit que les macronistes se tournent vers la gauche, entre guillemets, tu le disais, une fois qu'ils sont bloqués, une fois qu'ils sont perdus. Vu qu'on fait de l'économie, nous, ce que je voulais te demander, c'est en termes d'idées, en termes de programmes, est-ce que c'est logique d'une fois se tourner à l'extrême droite, une fois essayer de se tourner vers les socialistes ? Est-ce que ça a du sens politiquement et programmatiquement ?

7:37
Invité

Alors, je vais rebondir sur une chose que tu as dit, Ami, la gauche, entre guillemets. C'est important de rappeler ça. Parce qu'en réalité, il y a eu de tout temps des gauches différentes. Il y a eu une gauche plutôt sociale-démocrate, centriste. Il y a eu une gauche plus radicale, même au PS, qui était tenue par, à l'époque, des gens comme Benoît Hamon ou même peut-être Arnaud Montebourg. Et puis, il y a eu les écolos. Et puis, il y a eu une gauche un peu plus radicale qui était celle du nouveau front de gauche, au départ, tenue par Jean-Luc Mélenchon et par le PC.

Quand François Hollande a été élu, il y a eu une première partie de son quinquennat qui était un gouvernement de gauche, mais sociale-démocrate, avec Cécile Duflo, avec Benoît Hamon, avec Najat Vallaud-Belkacem sur des questions sociétales qui étaient, on va dire, intéressants. Moi, je trouvais que, personnellement, d'un point de vue économique, c'était largement en dessous de ce que moi, j'espérais comme type de transformation dans l'économie. Mais on pouvait quand même le qualifier encore de gauche. Et puis, il y a eu ce tournant où vous avez ce président de gauche, François Hollande, qui a fait des réformes qu'aucun président de droite et gouvernement de droite n'avait osé faire.

Il a commencé par faire le CICE. C'est important de le rappeler. Le CICE, c'était ce que rêvait d'avoir le MEDEF depuis un certain nombre d'années. Et l'oreille qu'a trouvé finalement le MEDEF chez un politique, il l'a trouvé au Parti Socialiste, chez François Hollande. Donc, il y a eu cette baisse de charges massives qui avait pour but de relancer l'emploi, mais qui, en fait, a surtout alimenté les dividendes et n'a pas créé les emplois. Et c'est encore une fois des études de suivi des réformes fiscales mises en place par le gouvernement qui ont montré ça.

Et surtout, pour compenser ce CICE, il y a eu une baisse sur les dotations aux collectivités locales, ce qui a appauvri massivement les départements les plus pauvres de France. Et ça, ça a été mené par un homme qui se dit encore et qui a fait partie du NFP de gauche et qui a été voté par une partie des gens qui, aujourd'hui, sont au Parti Socialiste. Et puis, après, il y a eu cette loi travail. Cette loi travail, je veux dire, souvenons-nous de ce que M. De Villepin avait défendu, qui était le CPE, qui était une flexibilisation du travail sur les premiers contrats concernant les plus jeunes. Et vous vous en souvenez des manifestations qu'il y avait eues ?

Cette loi travail, ça a été une réforme d'une ampleur que ni Sarkozy, que ni Sarkozy, ni Chirac n'avaient osé faire. Et aujourd'hui, la plupart des licenciements qui sont en cours sont dus à cette loi travail. Parce que vous savez, il y a une époque où quand on faisait des bénéfices dans le monde, on n'avait pas le droit de licencier quelque part. Aujourd'hui, quand on fait des bénéfices dans le monde, on a le droit de licencier sur des territoires qui sont considérés comme des pertes. C'est pour ça qu'aujourd'hui, comme l'économie va un peu moins bien, l'activité va un peu moins bien en France, mais aussi dans la zone euro, que font les entreprises ?

Elles peuvent se séparer de salariés tout en faisant des bénéfices records qui se chiffrent parfois en plusieurs milliards. Et ça, ça a été permis par la gauche. Donc à partir de ce moment-là, on doit mettre des guillemets effectivement quand on parle de gauche. Et moi, souvent, quand on me dit tu es un économiste de gauche, moi je leur dis toujours l'économiste de gauche, ça ne veut absolument rien dire aujourd'hui. Parce qu'il y a des gens de gauche qui ont fait des politiques beaucoup plus libérales et beaucoup plus de droite que certains élus à droite. Ça, c'est la première chose et il faut le rappeler.

Et la deuxième chose, n'oublions jamais que Macron a fait partie d'un gouvernement PS et que s'il y a quelqu'un qui connaît bien les gens du PS, c'est lui. Et il sait très bien que les gens du PS font des arbitrages entre, nous l'avons bien vu, entre la possibilité d'avoir un poste, la possibilité de revenir en tant que parti qui a été complètement décimé et la volonté qui, je pense, à mon sens, pour moi, est leur dernière dérondication, la volonté de changer la vie. Parce que, je veux dire, s'il y a un parti de gauche qui a été, qui a eu les manettes pour changer la vie des gens et qui a très vite changé d'avis, c'est vraiment le parti socialiste.

Donc, il sait très bien que ces gens sont un peu plus fragiles et qu'ils seraient tentés. Mais des voix s'élèvent. Des tribunes ont été signées dans le monde. Raphaël Guzman, Aurore Laluc, avec M. Rousseau, qui était NFP mais qui avait juste quelques mois avant voté, travaillé sur la réforme des retraites, ont signé une tribune disant qu'il fallait un grand gouvernement de compromis. Donc, il y a des appels de voix dits de gens de gauche qui sont prêts à aller élargir le centre de Macron.

11:32
Présentateur

Pour l'instant, le PS, on va dire, en tout cas, comme tu disais, pour des motivations différentes, à part cet accord de non-censure. Mais pour l'instant, pareil, on n'a pas trop de qu'est-ce qu'il veut dire en termes de programme, en termes de promesses, en termes de lignes rouges. Je crois que la réforme des retraites fait partie de leur ligne rouge. Donc, déjà, comment trouver un compromis avec les macronistes si la réforme des retraites est une ligne rouge parce qu'ils ont l'air bien accrochés, les macronistes ? Tu le disais, il y a beaucoup de personnes qui ont appelé à un gouvernement de compromis allant du PS jusqu'à Rotaillot, limite, en fait.

Est-ce que ça a du sens en termes de projet ? Parce qu'on parle beaucoup de nom, de premier ministre, d'intel, intel, intel, mais on parle très peu de fonds. Est-ce que, sur le fond, ça a du sens d'allier le programme du NFP et le programme de Macron qui sont... Enfin, c'est les opposés, en fait.

12:19
Invité

Non, non. Déjà, on avait vu que la macronie avait réussi à allier des gens qui étaient opposés pendant de nombreuses années. C'est-à-dire qu'on a retrouvé dans des gouvernements des gens qui se sont opposés parfois pendant 20 ans, qui étaient au LR, au Parti Socialiste et qui étaient dans le même gouvernement qui se serraient la louche, qui étaient contents. On a même vu des gens qui ont signé sur l'honneur qu'ils s'engageaient après la primaire du Parti Socialiste de soutenir leurs candidats comme M. Derugui, qui se sont revendus à Macron très rapidement. Des gens comme Manuel Valls qui avaient signé ça sur l'honneur, qui se sont vendus à Macron, qui ont appelé à voter Macron.

Donc, bon, c'est des gens qui ont l'habitude de ne pas respecter en partie ce qu'ils disent. Mais c'est vrai que comment peut-on avoir signé finalement un programme où on dit qu'on revient à la retraite à 60 ans ou on dit qu'on va augmenter le SMIC pour ensuite discuter avec des gens qui étaient prêts à voter la retraite à points puis la retraite à 65 ans au départ ? Moi, ça me paraît difficile et ils devraient se méfier parce que c'est ce qui a été fait en Italie. Vous savez, en Italie, il y a eu un grand gouvernement technique qui a été fait pendant le Covid. À l'époque, l'extrême droite était tenue majoritairement par Salvini. Et Salvini avait une audience assez importante.

Et il a, avec le mouvement 5 étoiles, rejoint le gouvernement du centre en faisant cette espèce de grand gouvernement technique. La seule qui a refusé de le faire, c'est Mélanie. Elle a gagné les élections après parce que les gens ne sont pas dupes. Ils en ont marre de ça. Ils en ont marre de cette tambouille. Ils ont très bien compris que le compromis, c'est le consensus mou et le consensus mou, c'est la situation actuelle et que rien ne changera. Alors, bien sûr, on va peut-être mettre un moratoire retardé sur les retraites, mais le reste sur ce qui est passé, c'est passé. D'ailleurs, moi, je n'entends plus le PS vouloir revenir sur les lois de travail.

Je n'entends plus le PS vouloir revenir sur l'ISF. Je n'entends plus le PS vouloir vraiment augmenter le SMIC. Là, ils veulent trouver un symbole pour dire que ce ne sont pas des gens qui vont manger à la gamelle ou pour ne pas se trahir ce qu'ils ont signé avant. Ils veulent un symbole sur la réforme des retraites. Mais au final...

14:14
Présentateur

C'est intéressant ce que tu dis parce que sur la réforme des retraites, pendant la niche parlementaire de la France insoumise, la France insoumise a proposé dans sa niche parlementaire l'abrogation de la réforme Borne, donc l'âge de départ à 64 ans, mais aussi l'abrogation de la réforme Touraine qui repoussait les trimestres pour partir plutôt à la retraite. Et le PS a décidé de soutenir. Elle n'a fait que sur la réforme Borne et de ne pas toucher à la réforme Touraine.

14:35
Invité

Ils ne peuvent pas... En fait, le PS, ils ne peuvent pas se trahir parce que Touraine a fait effectivement une réforme des retraites. Elle a fait aussi des coupes dans l'hôpital assez importantes. M. Fort avait fait un droit d'inventaire quand il avait repris le PS sur les politiques qui avaient été menées par François Hollande. Mais visiblement, ils ont vite oublié. Ils essayent de dire... En fait, la stratégie, c'est vraiment d'essayer de revenir sur ce parti de gouvernement qui n'a pas fonctionné. Ils se sont détruits eux-mêmes. Personne n'a eu besoin de les détruire. Ils ont voté des lois de droite, plus à droite que ce qu'ont fait les autres. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?

Donc moi, je pense qu'il faudrait renier complètement cet héritage. Mais visiblement, ils ont du mal. Et même, je vois moi des nouvelles voix qui sont autour du PS encore comme par exemple Aurore Laluc qui est une économiste très forte et très respectable mais qui là est prêt à faire des compromis avec des gens qui ont voté tant de lois. Enfin moi, je pense qu'il faudrait que ces gens reviennent un peu sur terre. C'est-à-dire qu'ils voient des gens normaux et qu'ils comprennent un peu ce qui se passe et que pour un certain nombre d'individus, la retraite, c'était une trahison. La loi travail, c'était une trahison.

Les économies sur les collectivités locales et sur les scientifiques, ça a été une trahison. Alors, c'est très simple de dire je défends ça mais qu'au moment où on doit passer au combat politique, dire ah ben non, on va faire des compromis. Donc ça veut dire que toi, on accepte de t'avoir retaillot dans le gouvernement et de faire des lois sévères sur l'AME et puis après moi, mais en échange, tu augmentes, tu gèles la réforme des retraites. On augmente le SMIC. Non, tu ne veux pas. Donc s'il te plaît, ne supprime pas autant de lits à l'hôpital que tu voulais le faire cette année. Gelons ça. Ça va être ça.

Ça va être un consensus mou et un consensus mou, ça veut dire qu'il n'y aura pas de changement. Ce sera une inflexion sur la ligne libérale, un infléchissement de la ligne libérale de Macron très légère mais la ligne libérale continuera.

16:17
Présentateur

Politiquement, quand on défend une économie moins libérale ou plus libérale du tout, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut jouer le rapport de force ? Ça ne sert à rien de négocier ?

16:24
Invité

Moi, je pense qu'il faut tenir le rapport de force parce que la politique, à la base, c'est des idées qu'on défend et ces idées, il n'y a pas à les diluer avec des gens qui pensent complètement différemment de nous. Je veux dire, l'engagement politique, on le fait pour des idées et on veut que ces idées soient appliquées parce qu'on pense qu'elles vont changer la vie des Français. Donc, si on a ces idées-là, il faut tenir, moi, je pense. Et il faut convaincre. Le NFP est sorti en tête sur les idées en partie d'un programme de gauche, pas radical, mais de gauche, pour une fois. Donc, il faut tenir là-dessus. Si le PS va avec Macron, en même temps, ce sera une clarification.

Vous savez, moi, j'ai quand même très longtemps été pour l'Union parce que je pensais qu'il y avait une partie du PS qui s'appelait les frondeurs, qui, effectivement, étaient des gens de gauche parce qu'ils s'opposaient à la politique de Valls. Et donc, il fallait les considérer. Et donc, j'étais, moi, plutôt sur des alliances avec les frondeurs, les écolos et la France insoumise, enfin, à l'époque, le front de gauche. Et beaucoup de gens comme Maxime Combès, Mathilde Larrère, Caroline De Haas avaient signé des tribunes et moi-même pour qu'il y ait cette alliance-là pour qu'on puisse gagner. Tout le monde nous a rigolé au nez.

Finalement, cette alliance a fini par être faite avec le NFP parce que les intérêts étaient alignés. Je veux dire, moi, je regarde comme un commentateur. Je ne suis pas dans l'idolâtrie de qui que ce soit. Il y a beaucoup de gens qui sont dans l'idolâtrie de telle personne ou telle personne. Donc, on ne peut pas les critiquer. Moi, je regarde avec vraiment beaucoup de froideur. Je n'ai pas forcément d'affect particulier avec qui que ce soit. Je m'en fous même pour vous dire de leurs histoires internes. Ça ne me concerne pas. Je regarde juste ce qu'ils défendent et ce qu'ils ont fait ensuite.

Et quand on regarde, en fait, ce qui s'est passé après l'élection de 2022, c'était pour moi un alignement d'intérêts. C'est-à-dire, les intérêts individuels pouvaient faire l'intérêt de la gauche. Mélenchon voulait être Premier ministre. Les autres voulaient retrouver leur poste. Et donc, ça a fait un intérêt final qui a fait une union. D'accord ? Contre Le Pen, là, il y a eu une vraie union, on va dire, de circonstances en disant Le Pen peut gagner. Donc là, la gauche se retrouve. Mais attention, il y avait quand même aussi des intérêts individuels de poste.

Parce que là, par exemple, si le PS y va et que ça ne fonctionne pas comme ils veulent, parce que c'est possible, Barnier n'a pas fonctionné. Et qu'en juin, on se retrouve encore avec une autre dissolution et qu'on doit aller sur le terrain. Là, cette fois-ci, la LFI va envoyer des gens contre le PS et ils risquent de perdre leur poste. Donc, il faut faire très attention à un moment. Je veux dire, il ne faut pas prendre les électeurs pour des idiots. Et si on ne les prend pas pour des idiots, il faut se tenir sur un programme que l'on défend et il faut convaincre. C'est ça le plus important.

Bien sûr qu'il y a toujours des petits ajustements en fonction des contextes économiques ou géopolitiques, bien sûr. Mais la ligne de base doit rester la même. Or, là, le saut que ferait des gens du NFP avec Macron est énorme. Mais le saut que ferait le PS avec Macron n'est pas si énorme que ça, en réalité.

18:58
Présentateur

Pour me balader beaucoup à l'Assemblée nationale en ce moment, cible de discours que tu tiens, c'est-à-dire tenir ses idées, dire il ne faut pas négocier sur nos idées parce qu'elles sont trop différentes de celles d'en face, etc. Ce genre de position est souvent critiquée comme impossible de discuter, on ne peut pas faire de compromis avec vous, vous mettez en avant l'instabilité, le chaos, etc. Mais aujourd'hui, quand on regarde vraiment les idées, parce que tu le disais, c'est quelque chose qu'on regarde de moins en moins, on regardait les noms, les postes, les machins, quand on regarde les idées, le bilan d'Emmanuel Macron aujourd'hui, il est incompatible avec le programme du NFP.

Parce que je pense aussi aux députés du Modem qui viennent souvent nous parler, nous dire oui, moi j'aimerais bien avec une partie de la gauche qu'on se serre la main, qu'on trouve des compromis, mais je n'arrive pas à comprendre comment on peut trouver un compromis entre le programme du NFP qui veut plus de dépenses dans les services publics et le programme d'Emmanuel Macron qui est sur des coupes drastiques, historiques.

19:51
Invité

Oui, tout à fait.

19:52
Présentateur

Que ça pose y rêver. C'est pour ça,

19:54
Invité

moi ce qui me fait rire aussi, c'est quand les gens vous donnent l'exemple de l'Europe. Ah mais nous au Parlement européen, on a l'habitude de faire des compromis. D'accord ? Est-ce que vous avez vu le résultat ? Mercosur, là les normes environnementales, j'ai un très bon article de Isabelle Coupé dans Le Monde qui nous disait que les réglementations environnementales étaient en baisse et l'Europe, jusqu'à preuve du contraire, elle est plutôt libérale. Donc les compromis avec l'arrivée soi-disant de l'Europe sociale qu'on nous a promis et qui est un serpent de mer depuis je ne sais pas combien d'années, ils ne sont pas arrivés.

Donc le compromis, pour moi je le dis très clairement, c'est une forme de compromission, il faut arrêter. C'est-à-dire qu'il en restera, ce que j'appelle, je vous l'ai dit, les consensus mous, c'est-à-dire rien du tout. Alors bien sûr, on va te sortir un petit truc qu'on a fait, un petit machin, un petit gel là-dessus, on va aller moins fort là-dessus, mais l'orientation, elle serait très clairement libérale. Et puis là, depuis Macron, parce qu'on a fait le bilan du PS, il faut faire aussi le bilan de Macron. Macron, tout ce qu'il a fait, c'est énorme. C'est énorme. Il a permis à une petite partie de la population de s'enrichir massivement.

Comment peuvent-ils faire marche arrière par un compromis aujourd'hui ?

20:50
Présentateur

Est-ce qu'ils en font des compromis les macronistes ? Non, ils n'en font pas. Sur la réforme des faits, on a vu un gouvernement très obtus quand même.

20:57
Invité

Les macronistes ne font pas de compromis, mais surtout ceux qui ont été les grands gagnants du programme de Macron n'ont pas envie de faire de compromis. Je parle des très grandes fortunes, je parle des grandes entreprises. Et elles, elles y vont. Elles leur disent, alors là, c'est horrible, elles ne veulent plus investir en l'industrie à la gueule de bois, etc. Parce qu'ils ont tellement été gâtés ces dernières années. Je parle de la grande industrie, encore une fois. Je ne parle pas des petits qui, eux, sont toujours à la marge des décisions. Je parle des grands. Ils ont tellement été gâtés qu'ils n'ont aucun intérêt aujourd'hui finalement à lâcher quoi que ce soit.

Ils ont plutôt intérêt justement à ce qu'il y ait cette espèce de consensus mou pour dire, on va faire quelque chose sans rien faire. Mais je pense qu'il ne faut pas sous-estimer la colère qu'il y aura, je pense, d'une grande partie des électeurs de gauche. Alors, si les socialistes et une partie de ceux que j'entends de places publiques, etc., veulent faire ça, ça veut dire que clairement, ils vont choisir l'électorat plutôt centriste, enfin, je ne sais pas, centriste libéral. C'est-à-dire, voilà, l'électorat de Macron avec des nouveaux habits. Mais je pense que les militants de gauche se sont exprimés, on l'a vu sur les sondages, ils veulent qu'il y ait un changement.

Et je ne parle pas encore, et je ne parle pas de tous ceux qui ont été les grands perdants de ces dix années de réformes qui peuvent voter ou pas, qui s'occupent de moins en moins de la politique et qui méritent, eux, ils méritent un vrai changement pour retrouver un petit peu de respiration.

22:12
Présentateur

Et merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher. J'attrape une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite, historique de direct par jour du terrain du reportage mais aussi de l'enquête. Le Média, c'est 25 travailleuses et travailleurs qui produisent de l'information au quotidien. Vous le savez, cela fait des mois qu'on mène la bataille auprès de l'Arcom après le refus de nous donner un canal TNT malgré notre dossier solide pour une télé des médias indés. Ce combat ne concerne pas seulement l'obtention d'une fréquence, il s'agit aussi de dénoncer un processus de sélection opaque et un système verrouillé.

Des poids lourds comme le groupe TF1 sont venus prêter main forte à l'Arcom en exigeant le rejet de notre recours et le groupe Ouest France, lui, nous réclame 5000 euros. Grâce à vous, à votre soutien, nous sommes déterminés à résister et à défendre un journalisme libre et indépendant. Chaque don, chaque soutien compte. Soutenez la première chaîne d'info indépendante de France. Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine.

23:08
Locuteur

Ciao ! Ciao ! Ciao ! Ciao ! Ciao ! Ciao ! Ciao ! Ciao ! Ciao ! Ciao ! Ciao ! Ciao !