Marine Tondelier, secrétaire nationale Écologie Les Verts - 18/05
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous êtes bien sur BFM Politique, notre invitée ce matin, Marine Pondelier. Merci d'être avec nous, secrétaire nationale des écologistes à mes côtés pour vous interroger ce matin. Anthony Lebeau, bienvenue Anthony. Merci, je suis ravi d'être là. Et Bruno Jeudy, directeur délégué de la tribune du revanche. Bonjour Bruno. Alors on entendait à l'instant le nouveau pape Léon XIV lors de cette messe inaugurale s'exprimer. Vous n'avez jamais caché, vous, votre foi, que vous étiez croyante. Qu'est-ce que vous pensez ?
Je ne l'ai jamais mise en avant non plus.
Vous ne l'avez jamais mise en avant non plus, mais vous avez été interrogé dans certains papiers, vous ne le cachez pas. Qu'est-ce que vous pensez des premiers mots, des premiers jours de ce nouveau pape ? Il y a quelques instants, il a parlé de l'Ukraine, de la demande d'une paix juste et durable. Il dénonce aussi ce matin, je cite, une économie qui engloutit les ressources de la terre.
Eh bien, il est aligné avec le pape François sur sa conception de l'écologie, sur le fait qu'il a compris mieux que beaucoup de politiques, y compris français, quels étaient les défis environnementaux de ce siècle. Le fait qu'il ait choisi le nom Léon montre aussi qu'il s'inscrit dans la doctrine sociale de l'Église et donc dans cette vision qui me paraît importante dans le monde dans lequel nous vivons. Et puis, ce message de paix puissant, profond, assumé, constant, je pense va être très important parce que le pape, c'est le chef spirituel, on va dire, de 1,345,000,000 de catholiques dans le monde.
Et donc, en termes d'autorité morale, de poids pour mener la bataille culturelle, ce n'est pas rien. Et donc, que lui, en arrivant, mette les pieds dans le plat sur l'Ukraine, mais aussi sur Gaza, alors que beaucoup, y compris en France, y compris en Europe, semblent tétanisés sur le sujet, je trouve que c'est précieux. Et puis, c'est un pape américain. Je pense que ce n'est pas anodin d'avoir nommé un pape américain dans la séquence parce qu'en termes d'autorité morale, le président des États-Unis, ce n'est pas rien. Et celui-ci, on sait ce qu'on en pense.
Mais donc, d'avoir un pape qui est aussi américain, mais qui va pouvoir faire un contre-discours, ça me paraît important, il avait tweeté, avant d'être pape, que G.D. Vance avait tort. Il avait écrit, G.D. Vance a tort. Jésus ne nous demande pas de hiérarchiser notre amour pour les autres.
Et donc, je pense qu'un pape qui remet, pardonne-moi l'expression, l'Église au milieu du village en disant, vous avez le droit d'être catholique, vous avez le droit de dire ce que vous voulez en tant que politique, mais ne vous servez pas de la religion pour faire du message que vous êtes censé porter autre chose à des fins politiques, en essayant de séparer les gens, le problème de tolérance, de discrimination, de racisme, tout ça. Je trouve que c'était assez précieux comme message. Après, il a des défis immenses devant lui sur la question de l'égalité des droits. On sait que le message de l'Église sur la défense des personnes LGBTQIA+, notamment, ce n'est pas possible en fait, en 2025.
Et donc, ça doit avancer. La place des femmes aussi dans l'Église doit avancer. Et puis, la prise en compte forte...
Vous souhaitez des femmes prêtres, par exemple, vous ?
Je ne vais pas faire un débat sur les femmes prêtres ou pas sur ce plateau, mais on voit bien qu'aujourd'hui, l'Église envoie à toutes les petites filles le message qu'elles n'ont pas le même poids que les hommes dans l'Église et donc dans la société. Donc, ça, c'est un sujet. Et puis, évidemment, la question des violences sexistes et sexuelles parce que je pense qu'il y a sûrement beaucoup de gens qui nous regardent, qui en ont vécu, dont des proches en ont vécu. Et l'Église, on va se le dire, n'a pas été à la hauteur ni sur la reconnaissance des souffrances, ni sur leur réparation, ni sur les sanctions, ni sur la prévention et sur le fait de s'assurer que ça n'arrive plus.
Donc, c'est là un énorme chantier qui s'ouvre à lui, mais on lui souhaite bon courage.
Marine Tourdelier, il y a quelques semaines, le Nouvel Ops vous décrivait, je cite, comme une catholique pratiquante fervente.
Cette analyse les regarde et n'engage qu'eux. Et ça ne regarde que moi.
Est-ce que vos croyances guident vos décisions politiques ? Je ne pense pas. Pas du tout ?
Ça guide peut-être mes valeurs, c'est qui je suis. Et puis, vous savez, être catholique aujourd'hui en France, c'est une histoire personnelle. Ça demande la famille dans laquelle on est né, souvent, pas tout le temps, mais souvent. Et c'est la manière dont on a pu être éduqué. Et puis, je vais vous dire, il est manifeste que tout le monde ne lit pas les textes de la même manière et ne les interprète pas de la même manière. J'ai pu débattre avec François Bellamy, il n'y a pas longtemps, dans La Croix. C'était exprès un débat entre deux personnes qui n'étaient pas d'accord sur tout pour voir ce qu'il en sortirait.
Bon, moi, j'ai été la première à le dire, sur la manif pour tous, ce que vous avez fait, ça a blessé des générations entières, des jeunes qui étaient là à ne pas savoir comment annoncer les choses à leurs parents. Vous les avez mis en souffrance, et ça, ce n'est pas possible. Donc, être catholique, ça ne guide pas les actions politiques, en tout cas, pas forcément de la même manière.
Vous considérez que le pape Léon XIV est un guide spirituel pour vous, dans votre vie personnelle, vie politique aussi ?
Je suis assez mal à avoir ce débat sur un plateau télé. Je vous ai dit ce que je pensais du pape en tant que femme politique, et comme je suis ici en tant que secrétaire nationale des écologistes, je pense que je vais m'arrêter là. Mais je sens que M. Jeudy va essayer de me relancer une dernière fois. Elle est la dernière qui est aussi.
Est-ce que ça veut dire, vous entendre, vous ne voulez pas mettre en avant votre... Enfin, en tous les cas, vous n'en parlez pas.
Parce que je pense que ce n'est pas bien.
Oui, et puis bon, après... Ça me regarde. Et si des journalistes veulent en parler, ils le font, ou bon, il y a quelques années, je me souviens, les cathos de gauche, ça existait. Aujourd'hui, ça paraît un peu tabou.
Je ne pense pas que ce soit tabou. Je pense que certains partis politiques se sont emparés de la foi, de leur foi, pour essayer de dire, voilà, le vote de catholique, c'est par là, regardez-moi. François-Xavier Bellamy n'est pas le seuil d'ailleurs. Je sais aussi que certains politiques ont une vision de la laïcité qui me paraît vraiment problématique. C'est-à-dire que quand ils défendent la laïcité, ce n'est pas la loi de 1905 qui me paraît précieuse. La séparation de l'Église et de l'État. Le fait que l'État doit être neutre vis-à-vis des religions. Eux, quand ils parlent de la laïcité, c'est pour stigmatiser toujours la même religion l'islam et toujours le même genre les femmes.
Ça, ça me paraît très problématique aussi. Donc évidemment que la religion n'est jamais très loin parce que c'est un fait sociétal et que la politique, c'est aussi s'occuper de la société. Mais voilà, je vois trop de politiques qui font mauvais usage de la religion en politique pour, moi, me tenir bien à distance de ça. Mais c'est vrai que cet article du Nouvelle-Homme, c'est sorti, c'est pas moi qui ai choisi ni l'angle, ni le titre, ni le contenu. C'est la liberté de la presse. Et comme le Pâques-François est décédé quelques jours après, bon ben voilà, j'étais invitée en mode on a trouvé une catholique de gauche, on va l'inviter sur les plateaux pour témoigner.
Bon ben voilà, si au moins j'ai pu avoir cette utilité, tant mieux.
Alors, Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, annonce ce matin qu'il a donc décidé d'implanter en Guyane la troisième prison avec des quartiers de haute sécurité pour les narco-trafiquants. 60 places, dit-il, un régime carcéral très strict pour y enfermer les profils les plus dangereux, ce qu'il annonce dans le JDD. Il y aura 15 places également pour les détenus radicalisés. Il explique que ça permettra justement de les éloigner durablement des têtes de réseau. Est-ce que c'est une bonne initiative ? Est-ce que c'est pas la seule façon justement de mettre fin à ce narcotrafic ?
Il est fort quand même, Gérald Darmanin.
Pourquoi ?
Il est fort parce qu'il se prend une belle place de trois pages dans un journal d'extrême droite, disons-le, le journal du dimanche, et en faisant cette belle opération de communication parce qu'il y a la politique spectacle, mais lui, c'est la sécurité spectacle. Peut-être qu'il n'a plus que ça à faire parce que Gérald Darmanin, c'est pas l'homme de la situation, c'est l'homme de l'inaction, de l'échec. Ça fait huit ans qu'il est là, c'est de pire en pire. Donc du coup, il se rattrape un peu la communication pour son agenda personnel.
Et donc, trois pages dans un journal d'extrême droite égale, j'ai la question ce midi, et j'imagine que sur les autres émissions dominicales, en ce moment même, tous les politiques invités doivent réagir à ce qu'ils posent là sur la table. Moi, je trouve que la symbolique qui consiste à installer en Guyane une prison pour des non-Guyenais, et il explique clairement les plus dangereux, est extrêmement problématique. Pourquoi ? Parce qu'on voit bien la référence historique au bagne de Cayenne.
Pour vous, ce n'est pas une coïncidence ?
Évidemment que ce n'est pas une coïncidence. D'ailleurs, dans ce journal d'extrême droite, il y a toute une explication pour se rappeler comment c'était Cayenne, et limite comment c'était bien, comme si on devait avoir une nostalgie de ces pratiques. Et donc, on relègue les territoires dits d'outre-mer, finalement, à l'une de leurs assignations au moment de la colonisation, c'est-à-dire un emprisonnement, mais un emprisonnement qui se double d'une logique de mise au banc géographique. D'une logique de mise au banc géographique. Je trouve que ce n'est absolument pas respectueux, ni sain, de réactiver ce référentiel aujourd'hui. Et je trouve aussi qu'on voit bien les limites de ce projet.
Il n'y a même pas de route pour aller à cette prison. Je ne sais pas s'ils vont y aller en pirogue. Ils disent que le but, c'est que ce soit complètement inaccessible. Mais on voit bien que pour recruter et pour les conditions de travail là-bas, ça ne va pas être simple non plus, du coup. Et puis, on voit bien que pour les droits fondamentaux, parce que les prisonniers, oui, ont des droits fondamentaux, par exemple, le droit de visite, le but de les éloigner. Ça a été la même chose avec les Canaques qui avaient, eux, pour le coup, été mis en prison en Hexagone plutôt qu'en Kanaki. Le but aussi est un éloignement familial.
Et donc, moi, juste, ce que je vous dis, c'est que quand j'entends Gérald Darmanin dire ce matin, très précisément, il dit que l'État est de retour en Guyane. Parce que pour lui, faire ça, c'est que l'État est de retour en Guyane. Mais je rappelle quand même que, oui, les Guyanais ont besoin d'État, ont même droit à l'État, au même titre que celles et ceux qui vivent en Hexagone. Mais qu'aujourd'hui, il manque 700 places en cantine, il manque 140 enseignants dans le primaire et autant dans le secondaire. Le narcotrafic, c'est un problème ou pas ? Évidemment que c'est un problème.
Et juste, laissez-moi venir là-dessus, parce que la mortalité infantile qui est de 4,1 pour 1 000 dans la moyenne nationale est de 9,8 pour 1 000 en Guyane. Et ce n'est pas par hasard. C'est le défaut de services publics. Et donc, oui, il faut des services publics en Guyane, mais je ne pense pas que la priorité était ce projet de prison.
Alors, quelles sont vos propositions pour lutter contre le narcotrafic ? On se souvient, lors de l'examen et du vote solennel du texte à l'Assemblée nationale, la majorité des écologistes s'est abstenue. Quelles sont vos propositions ?
Légaliser le cannabis ? Les écologistes ont voté pour au Sénat, après beaucoup de débats internes, mais parce que nos maires nous disent oui, c'est un problème. Ce n'est pas un problème parce qu'ils gèrent mal leur mail, c'est un problème parce que l'État régalien en recule. Parce que Nicolas Sarkozy a supprimé 13 000 postes. 13 000 postes pour la police. Oui, mais ça, c'était il y a longtemps. C'était il y a 18 ans. Oui, mais excusez-moi, ce genre de décision a un impact de long terme. Et je pense que M. Darmanin s'inscrit dans son héritage. Quand vous supprimez 13 000 postes de police et de gendarmerie, oui, vous en prenez pour des années.
Ça a été rattrapé très largement pendant le premier mandat d'Emmanuel Macron.
Oui, mais vous voyez bien qu'Emmanuel Macron, il avait promis 15 000 places en prison aussi. À ma connaissance, on ne les a pas vus venir, sauf là, en urgence, en choix de mandat.
Mais sur vos propositions, vous proposez quoi, vous ?
Moi, je propose premièrement que l'État prenne ses responsabilités.
Ça veut dire quoi ?
Parce qu'aujourd'hui, moi, j'ai plusieurs maires écologistes qui me disent que les discussions avec l'État sont extrêmement compliquées parce que l'État ne prend plus ses responsabilités. Exemple, Alvigno à Besançon, dont le commissariat, elle estime, et les personnes qui travaillent également, que ce n'est pas possible de travailler dans ces conditions. Les locaux ne sont pas adaptés, la taille, etc. Donc, ce n'est pas bien pour celles et ceux qui travaillent et ce n'est pas bien non plus pour celles et ceux qui en ont besoin. Bon, elle demande un commissariat annexe. Pas de réponse. Ça fait trois ans. Les logiciels des policiers, vous voulez voir sur quels logiciels ils travaillent ?
C'est complètement obsolète et quand il y a une mise à jour, pendant plusieurs jours, ils sont bloqués, ils ne peuvent plus travailler. Il y a des problèmes de moyens, d'effectifs. Ça ne va pas, en fait. Et vous allez peut-être vous dire tiens, une écologiste qui prend une partie de la police, ce n'est pas commun. Peut-être que vous n'attendiez pas à ça. Mais moi, je le dis. Ils ne peuvent pas travailler comme ça. Quand ? Quelle partie de leur travail, chaque semaine, est dédiée à la chasse et à la boulette ?
Une fois que les policiers ont arrêté des délinquants et notamment des trafiquants de drogue, qu'est-ce que vous proposez pour pouvoir les neutraliser ?
Moi, ce que je vous dis, c'est qu'il y a un taux de récidive deux ans après la sortie de prison de 45% dans ce pays. Donc, il ne faut pas les mettre en prison ? Je ne dis pas qu'il ne faut pas les mettre en prison. Je vous dis que si vous misez tout sur le répressif, comme le fait avec beaucoup de moulinets avec les bras Gérald Darmanin, Emmanuel Macron, Bruno Retailleau et toutes celles et ceux qui les ont précédés, ça ne marche pas. Donc, les narcotrappicants, on sait qu'on leur fait un stage de citoyenneté ? Ce n'est pas mon opinion personnelle. C'est les faits. Donc, voilà, vous avez le droit de caricaturer en disant on fait un stage de citoyenneté.
Il y a une proposition qui a été mise sur la table. Je vous dis juste que
si vous ne faites que la répression et pas la prévention, ça ne marche pas. Vous savez, les chiffres sur le cannabis, c'est deux fois plus d'usage du cannabis en France aujourd'hui que depuis 1992. Sur la cocaïne, fois 10 en 30 ans, c'est des passages aux urgences pour le sujet de consommation de cocaïne qui ont augmenté par 3 en 12 ans. Alors, vous pouvez m'expliquer que tout va bien et qu'ils ont raison et qu'il faut qu'ils aillent encore plus vite dans cette direction. On voit que ça ne marche pas et qu'en plus ça embolise. C'est la position historique des écologistes mais pas que la position des écologistes.
C'est la position aussi de beaucoup d'experts de ces sujets-là parce que les pays qui l'ont légalisé ont de meilleurs résultats que nous, y compris en termes de baisse de la consommation et de prévention des risques. C'est bien ça qui nous intéresse à la fin. Que les gens ne soient pas malades, ne meurent pas et vous savez, dans les règlements de compte, dans les morts, on voit bien que c'est beaucoup lié au narcotrafic en France aujourd'hui et que c'est de plus en plus jeune. On ne protège pas notre jeune. Et quand M. Darmanin fait des grandes opérations éthiques celles, il a arrêté la fois dernière 700 personnes dans toutes ces opérations éthiques celles.
500 000 gendarmes et policiers, 700 personnes. Il a arrêté le prolétariat du trafic de drogue. Il a arrêté toutes celles et ceux qui sont très facilement remplacables.
Pour le prolétariat du trafic de drogue quand il commet des crimes, il faut quand même les mettre en prison. Il y a une proposition qui a été posée sur la table par Emmanuel Macron qui a lancé l'idée peut-être de louer des places de prison puisqu'on ne parvient pas à construire suffisamment de places de prison en France. 5 000 depuis son élection, 5 000 en projet, 5 000 qui sans doute ne seront pas... Oui, alors qu'il avait promis
15 000 et qu'il n'a pas respecté ses propres promesses. Le problème, c'est qu'on n'arrive pas à les construire
parce qu'il y a des maires qui ne veulent pas de prison, parce que les Français ne veulent pas de prison de chez eux, parce que parfois on manifeste contre la construction de prison. Louer des... Il met une solution sur la table, qu'est-ce que vous en pensez ?
Quel aveu d'échec ? Quel aveu d'échec ?
Parce que vous, vous seriez capable de construire 15 000 places de prison en 5 ans ?
Moi, si je savais que je n'en étais pas capable, je ne l'annoncerais pas de manière très solennelle comme si j'avais la solution au problème de tous les Français. Et moi, je ne miserais pas... Donc on ne construit pas de places de prison et on en loue pas. Et moi, je ne miserais pas surtout sur un sujet sur juste la répression. Parce que je vais vous dire, et je ne parle pas là des gros narcotradicants qui compliquaient d'ailleurs
les moulinets qu'on ne marchent pas. Louer des places de prison à l'étranger, oui ou non ?
C'est un énorme aveu d'échec. Et ça pose plein de questions. Les pays qui ont commencé à le faire montrent que ça n'est pas si évident que ça. Donc je leur fais de bon courage si c'est ça leur solution.
Il y a un autre point qui a été évoqué par le chef de l'État. Anthony, il y a une question précise à vous poser. Ça concerne notamment les maires. Regardez les maires qui sont confrontés justement au problème de devoir parfois marier des personnes à leurs yeux qui sont en situation irrégulière.
Oui Marine Tivolié, est-ce qu'il est normal qu'un maire soit obligé aujourd'hui de marier un étranger, même s'il est en situation irrégulière ? C'était notamment ce qui s'est produit dans le cas de Robert Ménard, maire de Béziers.
Le pauvre. Le pauvre.
Est-ce que c'est normal selon vous ?
Par ailleurs, je crois que M. Ménard, si j'ai le bon chiffre, a eu une augmentation de 67% du trafic de drogue dans sa ville pendant qu'il était maire. Vous voyez, que le fait que vous me posiez cette question ce matin procède d'une vraie chaîne d'anomalies. La première anomalie, c'est que le chef de l'État a eu trois heures prime time, mardi soir, pour répondre à des questions très précises et en ayant annoncé des choses très précises qu'il n'a pas annoncé du tout. Première anomalie.
Deuxième anomalie, la seule personne politique invitée à cette émission est Robert Ménard, maire de Béziers, mais surtout maire d'extrême droite, présentée comme divers droite parce qu'il a quitté Éric Zemmour mais qui est divers extrémité. Sur la troisième anomalie. Il y a eu son féminin juste avant. Elle n'est pas une femme politique. Oui, mais bon... La seule politique...
C'est sur la proposition, ça appartient à la chaîne.
C'était très bien. La plupart des Français, on trouvait que c'était un scandale. 40 minutes d'élécubration de Robert Ménard avec le président de la République comme un petit garçon qui se laisse convaincre, qui dit « Ah, je n'avais pas pensé. Ah oui, pourquoi pas ? »
Le président de la République
il dit que cette proposition de loi, il veut qu'elle soit examinée.
Et oui, donc Robert Ménard sur son truc, Emmanuel Macron, « Ah ben pourquoi pas ? » Donc moi, je suis extrêmement choquée par cette proposition qui est une proposition raciste. Pourquoi ? On mélange plein de choses. On mélange, un, le fait qu'aujourd'hui, un maire qui soupçonne un mariage blanc, par exemple, peut saisir le procureur. Et le procureur décide. Évidemment, ce n'est pas le maire qui est juge qui décide tout seul. S'il a une suspicion, il saisit le procureur. Deuxièmement, les gens qui se marient, s'il y a une suspicion de mariage blanc ou gris, il y a des entretiens...
Mais là, ce n'est pas la question... Là, ce n'est pas la question des mariages blancs, c'est la question d'une personne qui est en situation irrégulière. Est-ce que ça vous semble normal qu'un maire soit obligé
de le marier ? Le maire, il a l'autorité d'État civil qui lui est conférée par l'État. Est-ce qu'il faut changer la loi ? Donc, il faut qu'il respecte le droit. Donc, soit, c'est un mariage blanc ou gris, c'est ce qu'il suspecte, il y a des procédures et il les saisit. Soit, ça n'en est pas. Et quel est le problème ? On nous dit, ah, c'est pour bénéficier de droits. Bon, si deux personnes sans papier se marient, ça n'ouvre de droit à personne. Mais vous validez
par un acte républicain une situation irrégulière.
Et donc, ça ne valide rien du tout. Ça ne fait pas que la personne a l'air des papiers français. Comme ça, figurez-vous. Si vous le pensez ou si vous le laissez penser, c'est grave. Parce que qu'est-ce que c'est leur problème au fond ? C'est l'amour. C'est ça la société qu'ils nous proposent. C'est une société où, alors si vous êtes français et vous tombez amoureux d'un français, c'est bon. Attendez, c'est moins de droits pour les français à la fin. Donc, je pense que ça intéresse vos téléspectateurs.
Si vous êtes français aujourd'hui et que vous tombez amoureux de quelqu'un qui ne l'est pas, quelqu'un qui est en situation irrégulière, alors vous aurez moins de droits que les autres français. C'est une attaque faite à l'amour, faite aux sentiments, comme si le fait d'avoir l'un des deux membres du couple qui est en situation irrégulière, laissait planer un doute sur la sincérité des sentiments. C'est extrêmement grave de penser ça. On va aller jusqu'où, en fait, dans la dérive, dans ce pays ? Moi, je suis extrêmement choquée par ça. Et d'ailleurs, le rapport cœur Les Républicains au Sénat a lui-même donné un avis défavorable à ce texte. Pourquoi ?
Parce que c'est contraire à la Déclaration des droits de l'homme, c'est contraire aux droits internationaux, aux droits européens et que c'est contraire à notre Constitution. Alors, je veux bien qu'on passe encore dix minutes là-dessus ce matin, mais moi, je suis très choquée de cette proposition.
Marine Tondelier, dans un instant, on vous montrera peut-être cette image du Premier ministre François Bayrou, qui est au Vatican, qui est allé saluer le pape Léon XIV. On le découvrira peut-être parce que vous pensez qu'il en a, justement, on l'a entendu cette semaine devant une commission d'enquête, Bruno, un Premier ministre
qui était combatif. Oui, un Premier ministre combatif face à une commission d'enquête et un rapporteur très combatif. D'abord, un, est-ce que François Bayrou vous a convaincu sur les arguments qu'il a avancés sur cette affaire Bataram ?
Alors, je peux vous dire avec grande sincérité que François Bayrou ne m'a convaincu aucune seconde depuis qu'il est Premier ministre. Donc, comme ça, c'est réglé. Et surtout pas pendant cette commission d'enquête laborieuse.
Est-ce que vous n'avez pas été mal à l'aise par la façon dont il a été questionné ? Je m'explique, cette commission d'enquête parlementaire a pris des allures aussi de, presque, j'allais dire, d'inquisition. C'est-à-dire qu'on interrogeait François Bayrou lui reprochant, par exemple, d'avoir mis une claque à un enfant en 2002. Alors qu'on n'était plus sur Betarame, c'est-à-dire que c'était au fond l'homme qui était, presque, j'allais dire, harcelé de questions pendant 5h30.
J'ai bien noté qu'une des lignes de défense de M. Bayrou était de dire que, voilà, c'était tout contre lui, c'était un règlement de compte personnel. Mais premièrement, il a de la chance d'avoir été entendu parce que les enfants dont on parle ne l'ont pas été quand ils ont essayé de parler. Deuxièmement, une commission d'enquête ou une garde à vue, ce n'est pas des moments agréables. Ce n'est pas des moments agréables et c'est bien qu'ils se rendent compte parce que moi, j'ai déjà été convoqué à une commission d'enquête suite à Sainte-Soligne notamment. Ce n'était pas un moment agréable non plus. Mais je n'ai pas fait du cinéma en disant comment ça ?
On va me poser des questions et pourquoi j'y répondrais ? Et il ne l'a pas posé gentiment. Non, ce n'était pas posé gentiment. Et puis j'y répondais et puis c'est comme ça, c'est notre démocratie. Je trouve qu'il fait de ce truc comme si c'était lui la victime de tout ça. Ce n'est pas lui la victime de tout ça. Et c'est même indécent de le prétendre. Ensuite, il a parlé de méthode un peu rude pour Bétarame, excusez-moi à tous ceux qui nous regardent mais vous trouvez que ça rendait service
à la cause des victimes ? Parce que M. Esquerre, le président de l'Association des victimes, s'est plaint justement que finalement, on en faisait une affaire.
J'ai compris que lui il était dans une position compliquée. Oui, mais on en faisait
surtout une affaire politique, c'est-à-dire de faire démissionner François Béroux plutôt que s'intéresser aux victimes de Bétarame.
Il est vrai que Bétarame devient l'arbre qui cache la forêt de la protection de l'enfance et ça, je vais vous en parler tout de suite parce que c'est important d'en parler ce matin. Mais François Béroux, ça ne l'exonère de rien. Ce qu'il a fait est grave, dire que c'était un peu rude Bétarame, dire que... Enfin, à un moment, il a dit ouais, c'est... j'étais pas au courant de tout. Alors en fait, plus il essaye d'éclairer, plus en fait, il obscurcit, on comprend de moins en moins. Il a prétendu qu'une des lanceurs d'alerte avait des problèmes de... Ça relevait plus de la santé mentale.
Enfin, c'est extrêmement grave ce qu'il fait à minimiser parce que, en fait, Bétarame, c'est un miroir tendu à notre société et sur la manière dont notre société prend en compte ses enfants. Il faut être assez clair sur le fait que chaque semaine, chaque semaine dans ce pays, un enfant meurt sous le coup de ses parents. On n'en parle jamais. On en parle très peu sur les chaînes de télévisée. Il faut être clair sur le fait que toutes les trois secondes, c'est-à-dire plusieurs fois d'ici la fin de ma phrase, toutes les trois secondes, d'un enfant est victime de viol, d'inceste ou d'agression sexuelle dans le pays toutes les trois secondes. On n'en parle jamais.
Et sur la protection de l'enfance, la manière dont l'aide sociale à l'enfance, par exemple, est gérée, c'est une honte. Et donc, il faut le dire, ce n'est pas qu'un sujet Bétarame, la protection de l'enfance, ce n'est pas que l'audition de François Bayrou qui était nul et non avenu et il devrait démissionner pour ça. Il devrait démissionner ? Oui. Il devrait le faire de lui-même. J'aurais même pas à le dire. Mais juste, je vous le dis, les écologistes sont très mobilisés sur ces sujets. La métropole de Lyon, qui a, vous savez, la métropole de Lyon, c'est écologiste et ils ont des compétences d'un département, juste pour vous dire qu'ils ont augmenté depuis 2020 de 42% les moyens dépensés.
Ils devraient démissionner. 42%.
Anthony.
Non, mais attendez. Non, parce qu'après, vous allez passer à un autre truc et on ne parle jamais des enfants. 42% de moyens en plus.
Mais dans la commission, on n'a pas eu parfois l'impression que les rapporteurs s'intéressaient particulièrement aux enfants.
Alors, laissez-moi m'y intéresser une fois dans la semaine. Avec des mesures exemplaires mises en place, l'ouverture de plus de places, bien sûr, des dispositifs de transition entre 18 et 25 ans parce que les enfants de l'ASE et ceux qui nous regardent, je pense très fort à eux, toute l'année de leurs 17 ans, ils ont un compte à rebours dans leur tête parce que le jour de leurs 18 ans, ils sont dehors. Donc, des dispositifs passerelles, des recrutements de plus de personnel et aussi des cercles pour pouvoir recueillir la parole des enfants de l'ASE qui ne sont pas que des objets, mais aussi des êtres humains à part entière pour qu'on sache comment améliorer leur capacité d'accueil.
Je suis extrêmement fière présidente, je l'ai salue et maintenant, je vais répondre à vos questions sur François Bayer.
Marine Tourdelay, vous appelez le Premier ministre à démissionner, il ne veut pas démissionner sur cette affaire et pourtant, vous avez écrit, il n'est plus en capacité d'occuper la fonction de Premier ministre, vous avez écrit ça juste après cette audition. Est-ce que ça veut dire que vous, à gauche, à l'Assemblée nationale, vous prévoyez de déposer une motion de censure précisément pour le faire tomber sur cette affaire ?
Alors moi, je rappelle que dès la première minute, j'ai dit que la présence de Bruno Rétaillot au ministère de l'Intérieur de son gouvernement était une cause de censure déjà lui tout seul. Est-ce que vous y réfléchissez là dans les prochains jours ? Donc je n'avais pas besoin de nouveaux éléments toutes les semaines. Entendu, mais c'est un nouvel élément
selon la gauche. Je suis écologiste, pas socialiste. Est-ce que vous réfléchissez à cela ?
Écoutez, il nous a... Il y a deux possibilités en fait sur ce qui s'est passé à cette audition. Soit il a menti devant la représentation nationale, soit il a des dysfonctionnements cognitifs. Motion de censure, pas motion de censure. Les deux situations posent un sujet pour être Premier ministre, figurez-vous. Et donc, ce n'est pas moi qui décide l'émotion de censure. Je ne suis pas parlementaire et je fais entièrement confiance à mon groupe. Ils prennent la décision.
Mais vous avez des discussions avec eux, j'imagine.
Mais on pourra en déposer toutes les semaines, c'est ça la vérité. On pourra en déposer toutes les semaines.
Donc il y en a une qui sera déposée dans les prochains jours ?
Ce n'est pas à moi de vous l'annoncer. Ce ne sera pas sympa sur ce plateau. Ou alors inviter Cyril Châtelain. Marine Tourdelier,
hier, les députés ont voté la création d'un droit pour l'aide à mourir à l'Assemblée nationale. L'un des ministres les plus emblématiques du gouvernement, Bruno Retailleau,
juge que c'est un projet
d'abandon, c'est une rupture anthropologique. Est-ce que vous trouvez qu'il y a assez de garanties pour que ça ne dérive pas ce nouveau droit qui a été créé comme le disent les détracteurs ?
Moi, vous savez, j'ai beaucoup travaillé avec l'association pour le droit à mourir dans la dignité. Ça fait partie des premières associations que j'ai reçues quand je suis venue secrétaire nationale. Leurs présidents, leurs équipes, leurs bénévoles font un travail remarquable et il faut les entendre parce qu'eux, ils connaissent ça dans leur chair, dans leur famille, des gens qui, pour avoir le droit à une fin de vie digne, doivent aller en Belgique, en Suisse, et encore quand ils ont les moyens, et mourir loin de leur famille, loin de là où ils ont vécu, de là où ils souhaitaient mourir. Et ça, c'est un sujet. Le deuxième sujet, c'est que la loi doit avancer. Évidemment que ça fait peur.
Moi, j'ai rencontré des associations aussi défendant les droits des personnes en situation de handicap qui me disaient mais si ça se passe comme ça, et si on s'en sert pour ça. Et donc, c'est sain que dans une démocratie, ces craintes-là puissent s'exprimer. Mais une fois qu'elles s'expriment, on trouve des solutions. Et ce texte est rempli de garde-fous. Ce texte est rempli de garde-fous. Ce n'est même pas le texte de juin dernier avant la dissolution. Il a encore été retravaillé.
Le projet de loi qui est tombé avec la dissolution, c'est une proposition de loi maintenant. Vous avez raison. Ça fait 20 ans que cette question-là est sur la table. Il reste deux ans à peu près avant la fin du mandat du président de la République. au bout de son parcours parlementaire. Vote à l'Assemblée, vote au Sénat. Sans doute pas de vote au Sénat. Alors, ça reviendra ensuite en commission mixte parité rassemblée. Je vous épingle tout ça. Est-ce que le président de la République a raison de dire que s'il y a blocage à l'Assemblée, il faudra passer par un référendum sur cette question ?
Déjà, le président de la République a une responsabilité parce que c'est des sujets sur lesquels il ne faut pas se précipiter. Moi, je suis d'accord. Il fallait prendre le temps. Il y a une convention citoyenne. Je ne sais combien de rapports normales. Il y a une convention citoyenne. Il y a eu un texte. Ce qui m'a vraiment fâchée, c'est que ce texte qui devait être examiné l'été dernier n'a pas pu l'être parce qu'Emmanuel Macron a décidé d'une dissolution.
Il n'a pas dissous pour ça quand même.
Et puis déjà, avant, il y avait eu des mois et des mois sur les lois d'immigration. En fait, il y a des textes qui, pour des raisons lectoralistes, passent devant. Et celui-là, il n'a fait que reculer. Donc maintenant, ça suffit de reculer sur le sujet. Et je trouve que dans tout ce qu'il a pu ça pose un jalon et y compris, je pense qu'il tord un peu le bras sa majorité parlementaire en leur disant écoutez, maintenant, ça suffit. Si vous n'êtes pas capables d'avancer sur le sujet, moi, je poserai la question de français.
Cette question-là mérite un référendum.
Bah oui. Pourquoi pas ?
D'accord.
Marine Tourdelier, vous êtes toujours supporteur du RC Lens ? Évidemment. Vous aimez donc le foot ? 4-0 hier. 4-0.
J'étais dans le train d'ailleurs avec beaucoup de supporters qui avaient passé la nuit à fêter ce score. Même si la saison a été difficile, j'en conviens.
Ça ne vous a peut-être pas échappé qu'à l'occasion de cette dernière journée, il y a un joueur du FC Nantes qui a refusé de jouer parce que c'était aussi la journée de lutte contre l'homophobie et il y a un certain nombre de démarches de mobilisation qui sont organisées par la Ligue avec notamment un badge sur le maillot. C'est Mostafa Mohamed. Il explique que chacun porte en lui une histoire, une culture, une sensibilité. Pour ma part, dit-il, certaines valeurs profondément ancrées liées à mes origines et ma foi rendent ma participation à cette initiative impossible. Alors, il a été sanctionné, il va être sanctionné financièrement par son club, le FC Nantes.
Ce n'est visiblement pas très efficace parce que c'est la troisième année constitutive qu'il fait ça.
Il a peut-être plus d'argent que d'autres Français aussi.
Lui, il invoque le vivre ensemble. Est-ce qu'il faut lui laisser sa liberté ou est-ce qu'il faut que des sanctions aillent plus loin qu'une simple sanction financière ? Qu'est-ce que vous en pensez ? L'homophobie, c'est un délit,
déjà, on va le dire. Mais c'est intéressant parce que vous ne montrez pas le tweet incriminé de la personne, vous montrez la réaction de Jordan Bardet là. Comme si c'était ça le sujet. Bon, le sujet, dans les enquêtes, qui peuvent être considérées comme homophobes. C'est quand même un vrai sujet. Moi, je suis allée... J'ai beaucoup travaillé avec Rouge Direct, qui est une association qui se bat contre l'homophobie dans le foot parce que je suis une grande amatrice de stade, plutôt le stade Bollard, mais mon conjoint soutient l'OM. Et donc, un jour, je suis allée avec lui voir Marseille-Paris en disant, bon, là-dessus, on va être d'accord sur le résultat final qu'on souhaite.
Désolée pour les Parisiens, vous avez la Ligue des champions, c'est bon. Et donc, je suis à ce match. Bon, d'ailleurs, je suis surprise de voir qu'au bout de 1-2-3-0, les supporters s'en vont du stade. Je me dis, bon, à l'an, ça ne serait jamais arrivé. Et à la fin, j'ai Rouge Direct qui m'interprète en disant, Madame Tondéli, vous étiez dans le stade, vous avez entendu des propos homophobes et vous n'avez rien dit. Il se trouve que moi, ces chants, franchement, je n'étais pas dans les virages, je n'étais pas en loge non plus, mais je ne les ai pas entendus. J'étais meurtrue qu'ils aient pu penser ça et j'ai dit, on va se battre ensemble. On a fait une tribune.
Pourquoi la Ligue n'arrête pas les matchs ? Parce que l'arbitre, il les entend, on les chante, il les connaît. Au Lyonnais, bande de PD, il faut tuer CPD, il faut, quand on entend ce chant, ce n'est pas une personne qui crie, c'est tout un stade qui chante. Il faut arrêter le match, en fait. Il faut arrêter le match. Vous savez, Rouge Direct, ils se battent parce que, là, c'est des AZN en ce moment, ils mettent les matchs comme ça en replay, ils leur demandent d'enlever la séquence parce qu'on ne peut pas laisser se propager comme ça, des propos homophobes.
Mais bien sûr, ils doivent être sanctionnés. Seulement financièrement, qu'est-ce qu'il faut faire ?
Ce qu'on reproche et ce qui est derrière vous, je ne sais pas si on peut le voir à l'écran, c'est ce petit écusson sur le maillot de football. Il y a des gens qui ne voulaient pas jouer avec cet écusson. Il y en a qui auraient pu s'être choqués par McDonald's d'ailleurs que par cette emblème de la lutte contre la LGBT.
Quelle sanction ?
Il a été sanctionné. Financièrement. Il a été sanctionné financièrement. Ça fait trois ans qu'il fait ça. Et non, je pense qu'il faut un plan d'action beaucoup plus draconien là-dessus. Et quand on arrêtera un match parce qu'il y a eu un propos homophobe sur le terrain ou dans les tribunes. Et Jonathan Clos a été très courageux, je trouve. Avec Griezmann, je pense, le seul footballeur qui joue à l'Ogesson. Il est parti pour Marseille mais je ne lui ai pardonné hier grâce à cette déclaration. Il dit ce qu'il faudrait c'est qu'un jour un joueur puisse faire son coming out dans un vétière de foot et ça ne pose pas de problème. Il dit je pense que je ne le verrai pas dans ma carrière.
Ce que je dis aussi c'est qu'il n'y a aucun footballeur qui n'a jamais fait son coming out en France. Ça veut dire quelque chose quand même.
Il y a quelques instants Marine Tondelier on a vu effectivement le tweet du président du RN Jordan Bardella qui qualifie le joueur d'islamiste le président du RN juge qu'il aurait été plus clair que le joueur écrive je cite je suis homophobe car islamiste. Est-ce que vous auriez employé le même terme ?
Attendez, M. Bardella il rend hommage à Jean-Marie Le Pen qui a été condamné plusieurs fois pour homophobie et jusqu'à preuve du contraire qui balaye devant sa porte et donnera le son de morale sur l'homophobie après s'il me permet.
On voit que c'est un sujet qui est quand même toujours extrêmement clivant c'est une mobilisation
ça ne devrait pas naître. Ce qu'on parle c'est de reconnaître les gens tels qu'ils sont et tels qu'ils ont envie d'être point. Par exemple M. Bardella il est d'extrême droite et on va enfin voilà il a envie d'être d'extrême droite il est d'extrême droite et enfin en fait je trouve je n'arrive même pas à trouver les bons mots parce que je trouve que c'est dingue en fait tout ça.
Vous avez évoqué et ça en dit beaucoup
de notre société qui doit maintenant passer à l'action et pas que dans le sport.
Vous évoquez la question justement du rassemblement national Marine Le Pen a une déclaration qui a beaucoup fait réagir ces derniers jours à propos de la situation entre Israël justement et Gaza elle a dit je cite Israël fait ce qu'il peut dans une situation difficile. Emmanuel Macron lui en début de semaine a qualifié la stratégie de Netanyahou de honte et inacceptable. Est-ce que vous êtes satisfait de cette position du chef de l'État ou est-ce qu'il doit aller encore plus loin et qu'est-ce qu'il peut faire ?
Moi je suis assez choquée depuis le début parce que je trouve que sur l'Ukraine le Président de la République a su réagir très fortement dès le début que sur les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre la France aussi a su condamner de manière quasi instinctive ces attaques et c'était très bien de le faire. Mais alors qu'est-ce qui se passe à Gaza ? Pourquoi on n'y arrive pas ? C'est quelque part ce qui est en jeu à Gaza c'est l'image que l'humanité se fait d'elle-même.
C'est ça qui est en jeu parce qu'il y a déjà eu 50 000 morts il y en a eu 1400 de plus cesser le feu et on est en train d'affamer un territoire entier un peuple entier de l'affamer de le faire mourir par la famine par la privation de nourriture puisque les camions d'aide sont là et qu'Israël refuse de les laisser entrer et donc je suis extrêmement choquée meurtrie par cela beaucoup de personnes qui s'identifient à la Palestine ne comprennent pas quand on joue marière de l'Occident même les pays entiers ne comprennent pas ce que fait l'Occident et ce que fait la France et donc oui c'est un génocide oui c'est un génocide le président a eu du mal à prononcer ce mot mais je le comprends parce que si alors il reconnaît que c'est un génocide il s'auto-incrimine il s'auto-incrimine du coup sur le fait qu'il n'agisse pas et donc sur sa complicité potentielle
un risque génocidaire
quand il y a un risque génocidaire alors au moins qu'ils disent risque génocidaire il a dit ni l'un ni l'autre mais en Espagne par exemple ils ont dit qu'ils ne pouvaient plus commercer avec un étage génocidaire la maire d'Amsterdam arrive à parler de génocide
vous au pouvoir vous feriez la même chose ?
mais écoutez on ne peut pas laisser ça en fait moi je peux comprendre qu'on dise c'est la justice pénale internationale qui reconnaîtra à la fin mais à la fin ce sera fini et donc on va laisser se dérouler ça sous nos yeux sans rien faire
à quelle mesure vous prenez vous présidente de la république ?
les accords de coopération avec Israël qu'on laisse se dérouler les échanges commerciaux à un moment il faut passer aux échelons aux étapes supérieures vous suspendez tout ça il faut monter parce que vraiment là on a l'impression qu'on est impuissant et franchement ça donne une impression de double standard de deux points de mesure qui est assez écœurante je le dis donc je je suis à la fois meurtrie et dans une incompréhension totale je vois qu'en France le débat commence à bouger que des voix le rabbin Orvilleur notamment commence à prendre la parole pour dire en fait ça devient insupportable il faut s'arrêter et vous savez c'est comme ça depuis le début il y a eu de grandes manifestations dans le pays sur des causes où on se dit allez par-delà les partis politiques rassemblons-nous sur l'antisémitisme par exemple quand les juifs de France ont tiré la sonnette d'alarme on dit on a peur on enlève les méthodes de nos portes et on a peur en conduisant nos enfants à l'école d'un seul homme il fallait se lever et je suis allée à cette manifestation où j'ai pu être qualifiée de serpillère du Hamas de je ne sais quoi où il y avait l'extrême droite on était accusé de manifester avec eux peu importe l'antisémitisme c'est une cause plus élevée que tout le reste mais alors le soutien au peuple palestinien le fait de ne pas laisser faire même si vous parlez de risque génocidaire et moi de génocide enfin à la fin on ne va pas faire un débat sémantique il y a des enfants qui crèvent et qui vont mourir de faim semaine après semaine à Gaza et alors on fait quoi on a été incapable de faire comme à New York à Londres à Amsterdam des marches avec des dizaines de milliers de personnes dans ce pays pour soutenir on a un vrai problème dans ce pays oui sur ce conflit on n'arrive pas à l'adresser correctement et avec sérénité
Mariette-on de laisser conviction vous voulez les porter dans le débat pour la prochaine élection présidentielle vous publiez ce matin une tribune justement dans la tribune dimanche je vous dis qu'il faut un candidat unique de la gauche est-ce que ça veut dire par exemple Olivier Faure propose une primaire qui irait dit-il de Raphaël Glucksmann à François Ruffin est-ce que vous êtes d'accord pour y participer ?
Alors moi j'ai un désaccord avec Olivier Faure c'est je pense qu'il ne faut pas exclure la France insoumise par principe et s'ils ne veulent pas venir ils ne viennent pas on est d'accord sur plein de choses avec Olivier Faure et c'est normal quand même qu'on débatte si vous le permettez on est en démocratie je pense qu'il faut viser une candidature unique de la gauche et des écologistes il faut revendiquer cela parce que l'heure est trop grave et qu'on ne va pas dire ah bah désolé on a donné le pays à l'extrême droite parce qu'un tel et un tel ils ne voulaient pas être dans la même pièce y compris une salle Zoom
ça fait inaudible mais est-ce que ce n'est pas naïf Madame Tondelier de vouloir mettre autour de la table des gens qui maintenant se détestent et ne sont pas d'ailleurs
si vous êtes naïf non mais c'est pas une question de naïveté vous voulez réunir des gens
qui de toute façon demain ne pourraient pas gouverner ensemble ils ne sont d'accord sur rien
c'est une question que chacun doit prendre ses responsabilités il est minulement car on dit ah l'extrême droite est aux portes du pouvoir mais la réalité c'est qu'ils en ont déjà franchi le seuil et on a eu un sursaut cet été c'était pas juste nous à Paris politique le sursaut il y a eu un sursaut national, civique et ces gens-là la lettre ouverte que je leur adresse parce que moi je m'adresse à eux en disant merci pour cet été et maintenant continuez en fait continuez à mettre la pression vous êtes en droit de réclamer cette annuité vous êtes en droit de donner votre avis et vous êtes en droit de nous détester si on ne sait pas la pression glisse
sur Jean-Luc Mélenchon et sur la France Insoumise qui ne veut pas un candidat un candidat pour 2027 je veux qu'il le dise clairement
dans les yeux et qu'il assume s'il ne le vienne pas et puis attendez vous êtes sympa mais il n'y a pas que Jean-Luc Mélenchon qui ne veut pas venir à la table des discussions et aussi Raphaël Luxman aujourd'hui Clémentine Huffin Clémentine Huffin Clémentine Huffin Clémentine Huffin François Ruffin les écologistes les socialistes les communistes tout le monde a répondu à l'appel ainsi que des syndicalistes la société civile des personnalités et beaucoup de citoyens il en manque de la France Insoumise et place publique ils font quoi ?
alors on va se le dire clairement si Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Luxman décident de partir tous les deux en décidant chacun qu'ils sont l'homme providentiel et que leur candidature est plus importante que le risque qu'on fera courir alors de faire basculer le pays dans l'extrême droite s'ils pensent ça mais qu'ils l'assument jusqu'au bout je suis prête à en débattre avec chacun des deux parce que le 2 juillet il y a une réunion et les absents auront tort les absents auront tort et seront jugés durement par l'histoire
Marine Tordelier vous vous préparez à être candidate à cette élection présidentielle ?
nous on se prépare
aujourd'hui et c'est la seule réponse que je vous ferai
à ce que l'écologie c'est pas le sujet c'est l'incarnation je revendique le fait que la 5ème république nous rend malades de la présidentielle et que la question aujourd'hui n'est pas celle des ambitions personnelles la question est celle du projet et donc les écologistes s'apprêtent à jouer un rôle fort sur les idées qu'ils mettront sur la table on va pas mettre des lignes rouges une parue on va mettre des lignes vertes en disant s'il y a ça ça alors on considérera que c'est un programme écologiste et que l'on peut soutenir il y a une question de désignation et il y a une question ensuite d'incarnation mais c'est comme un entonnoir vous savez un entonnoir c'est très pratique si on l'utilise dans le bon sens et donc si vous commencez par les questions la plus dure c'est-à-dire qui à la fin alors on n'arrivera jamais aux autres questions ça marchera pas je veux qu'on rentre dans cet entonnoir ensemble
avec 2027 en perspective vous choisissez pas entre les deux j'allais dire
non non c'est bon je les laisse ce choix et puis je m'occupe plutôt de mon camp politique si vous le voulez bien
Marie-Pongelier il est 12h47 il y a un certain nombre de français qui sont déjà peut-être passés à table en nous regardant j'ai préparé quelque chose pour vous des frites ah non j'ai pas préparé les frites non ça c'était hier soir j'ai préparé un morceau de comté vous me voyez venir
vous voulez que j'en mange sur un plateau pour montrer à la France entière que je ne me dissous pas quand je mange du fromage
il y a eu une polémique ces derniers jours autour du comté parce qu'il y a un militant écologiste animaliste
vous poupez pas ce serait dommage si j'ose dire
tenez
vous savez faire deux choses en même temps
quand même qui a décidé qui a expliqué que le comté avec les déjections notamment des vaches dans le Jura ça créait des problématiques Anthony ça rendait les rivières totalement inexploitables ça tuait les poissons et que donc il fallait peut-être ne plus manger de comté c'est pas ce que vous avez dit vous mais ça a quand même placé le débat au coeur de l'actualité politique qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent avec les écolos on ne pourra plus rien faire
déjà on s'appelle les écologistes donc comme lui il n'est pas adhérent des écologistes mais il est écologue il y a eu une petite confusion par le Figaro je donne le nom des responsables qui ont dit les écologistes genre elle et tout son mouvement veulent interdire le comté pour Dominique Voinet qui est députée là-bas pour Anne Vigneault qui est maire de Besançon je peux vous dire que ça a été une semaine un peu étrange donc la vérité c'est que oui le comté mais comme beaucoup de production en France ça fait une pression sur le milieu et qu'aujourd'hui nos milieux ils sont fatigués l'eau, les sols on arrive à une limite de production possible et excusez-moi c'est quand même un problème parce que les gens qui habitent en Franche-Comté le jour ils ne pourront plus boire l'eau du robinet ce sera quand même un petit sujet donc évidemment qu'il faut s'intéresser à comment on rend cette filière plus durable et il y a un grand travail qui est mené par la filière et par les écologistes sur le sujet il faut que ça continue de là à dire on va interdire le comté personne n'a dit ça pas même Pierre Rigaud d'ailleurs et le fait que je dois me justifier regardez regardez hop je mangeais du comté tout va bien je suis végétarienne depuis 15 ans je suis végétarienne depuis 15 ans mais je mange du fromage je pense que par ailleurs
je vous ai pris du bon ce matin en plus
franchement je ne sais pas s'il est bio vous auriez dû commencer par là cher Ali mais je sais par ailleurs que les éleveurs laitiers font un métier extrêmement difficile je vous le dis moi je viens d'une famille d'agriculteurs moi c'était plutôt les céréales dans le nord mais ils font un métier extrêmement difficile et je sais que beaucoup ont été heurtés parce qu'ils avaient l'impression qu'on les mettait en cause eux qui font ce qu'ils peuvent et qui ne vivent pas bien de leur métier en plus en plus l'élevage je vais vous dire l'élevage laitier c'est le pire c'est le plus dur des métiers des agriculteurs parce que c'est la traite tous les jours partir en vacances ça devient même un sujet faire une pause de deux jours ça devient un sujet donc on ne peut pas leur donner l'impression que c'est eux le problème
et qu'on va boycotter leur produit Est-ce qu'il n'y a pas un problème d'image pour les écologistes en France qui apparaissent comme le parti qui veut tout interdire et au final finit par j'allais dire presque desservir sa cause c'est une image qui existe dans le pays et je sais que Monsieur Daré se resserre je précise Est-ce que ce n'est pas un problème pour les écologistes c'est une image d'un parti qui veut tout interdire c'est un petit peu ça l'image
Alors si ce que vous voulez dire c'est que l'écologie ce n'est pas un sujet confortable vous avez raison Si le problème ça devient le fait que nous soyons écologistes pendant que plein d'autres ne le font pas et font courir à notre planète un risque même qu'elles deviennent inhabitables pour l'humanité alors j'assume de porter des positions inconfortables parce que vous savez un jour on nous dira qu'on ne peut plus faire ça ce ne sera pas parce que les écologistes l'ont décidé ce sera parce qu'il n'y aura plus d'eau dans votre robinet ou qu'elle sera plus de bonne qualité moi j'habite un territoire où déjà on ne peut pas boire les femmes enceintes on ne peut plus boire l'eau du robinet en Picardie c'est pareil dans plein de territoires à cause des pesticides et donc l'écologie oui c'est être courageux et outre que c'est un exercice toujours un peu difficile mais je compte sur beaucoup des détorialistes pour expliquer que c'est de notre faute parce qu'on est nuls c'est un débat récurrent donc d'accord pensez qu'on est nuls si vous voulez nous on va continuer à le faire je pense que notre image a beaucoup évolué depuis trois ans et qu'on va continuer à le faire parce que nous sommes des gens sérieux préoccupés par les françaises et les français qu'on sera au rendez-vous de l'unité de la gauche parce qu'on tiendra la promesse de cet été et on sera peut-être les dernières fermes on continuera et les écologistes comptez sur eux
vous avez vu qu'on soigne nos invités donc vous pourrez revenir merci en tout cas d'avoir été avec nous
Marine Tondelier