Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Culture (sur YouTube)· 16 mai 2023 38 min

Rupture amoureuse : l'écriture comme thérapie

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] France Culture le Book Club Nicolas Herbault quand l'amour s'éteint que reste-t-il c'est la question que le Book Club se pose ce midi la rupture amoureuse est un thème majeur de la littérature dont se saisissent nos deux invités dans des récits personnels et intimes après l'incompréhension il faut couper les liens se défaire en quelque sorte de cette rencontre faire face à la tristesse parfois grâce à l'humour faire son deuil sans tomber et éviter la reprise sans pour autant oublier de reconstruire de ce reconstruire empruntant ensemble ce chemin du chagrin d'amour guidé par nos invités avec poésie philosophie et honnêteté guidé aussi comme tous les vendredis par Pierre Croce bonjour Pierre bonjour Nicolas bonjour à toutes et à tous de notre partenaire babelio.com et accompagner c'est le principe de cette émission par la communauté du book club ce roman n'est pas du tout un roman de la plainte mais un roman ouvert sur la recherche d'une nouvelle position géographique et même cosmique délivrer tout au long des pages par la voix d'une femme forte amoureuse puissante révoltée mais aussi sensible [Musique] we like a can does my side YouTube [Musique] [Musique] France Culture le Book Club Nicolas Herbault bonjour vous êtes romancier à vous avez publié votre premier roman en 2016 à l'âge de 21 ans intitulé l'éveil qui vous avez évalue d'ailleurs le prix de la vocation depuis vous avez écrit différents romans et récits qui paraissent aux éditions Stock et le dernier en date s'intitule après l'amour vous présenter ce livre comme une thérapie littéraire contre le chagrin d'amour une thérapie personnelle j'imagine et c'est ce que j'ai vu évidemment en lisant mais aussi une sorte de remède d'accompagnement que vous offrez au lecteurs et aux lectrices oui c'est vrai que c'est un livre qui se déroule en fait sur une année environ donc qui commence l'hiver avec l'image de la banquise et qui va jusqu'à voilà l'été avec l'image du désert du Far West et je l'ai vraiment conçu comme un peu une odyssée des jours après l'amour voilà donc de jour à jour à traverser de cet après l'amour donc de se vide en fait de cet avenir qui est à réinventer de se présente qui est à réinventer et donc c'est vrai que j'ai voulu publier ce livre parce que je me suis dit que durant ces moments-là de rupture que l'on a déjà tous vécu une ou plusieurs fois dans nos vies ça pouvait être bien d'avoir un petit livre qu'on pouvait amener sur soi dans lequel on pouvait voilà piocher des poèmes des fragments et qui pouvait nous accompagner pour justement aider à transformer ce chagrin ce manque cette solitude en quelque chose enfin je dis que j'ai fait de mon chagrin une création comme une sculpture voilà donc en faire quelque chose en fait une dissée qui dure un an dans votre vie ça veut dire que à un moment donné ça s'arrête c'est ça la Bonne Nouvelle peut-être le chagrin oui il va le chagrin se transforme et c'est vrai que je pense que enfin c'est un livre qui qui dit surtout que voilà comme Musset après avoir aimé il faut sans s'aimer et donc qu'est-ce qu'on fait de cet amour une fois qu'il s'arrête euh voilà on leur dit on le redistribue en fait on le redistribue et donc c'est un livre finalement qui part du chagrin mais qui va vers la joie et qui va vers la lumière et vers les choses auxquelles on se raccroche et c'est vrai que on a déjà tous vécu ça mais petit à petit effectivement le chagrin s'estompe et laisse place en fait on réinvestit le présent et finalement on se rend compte qu'on fabrique voilà un nouvel avenir même avant de s'en être rendu compte notre second habitait bonjour vous dites oui de la tête au mode de l'inpin parce que vous aussi vous avez écrit évidemment sur cette expérience du chagrin d'amour vous êtes journaliste traductrice écrivaine donc il vous publiez votre troisième roman que vous avez intitulé nos corps lumineux aux éditions Verticales au début donc de votre livre un peu comme comme pour l'inpapin il y a un événement autobiographique c'est la séparation avec votre votre mari à Lionel locova votre mari a cessé de vous aimer dites-vous dès la première phrase de votre de votre récit oui exactement c'est violent comme ouverture ça pose quelque chose mais en fait pour moi c'était important de poser comme une sorte de point de repère au début de la carte qu'on va dessiner et on sait pas du tout ce qui va arriver ensuite mais c'est aussi justement c'est un point de rupture mais c'est un point où cette rupture ou cette ouverture ou cette perte ça ça aiguise la perception il y a une sorte d'acuité lucidité qui qui apparaît à ce moment là et c'est pour ça pour moi c'était important de de commencer dans ce point là avec cette acuité et puis avancer vous avez dit le mot carte c'est intéressant évidemment et on va il y a plusieurs points sur cette carte dans votre dans votre récit puisque quand votre mari vous en a informé c'était à distance c'était au mois de juillet 2019 votre narratrice raconte qu'elle est dans un café à mix que vous êtes né tandis que lui est à Pau dans l'appartement et vous vous souvenez de ce détail à ce moment là le serveur s'approche de vous et vous demande de payer parce que le café ferme je l'ai pas envisagé ainsi mais justement en fait pour moi c'était important aussi de démontrer toute la banalité en fait le monde continue à tourner au dos on va dire quelque chose qui chez nous il y a une rupture et une désorientation totale et à la fois le monde qu'on continue à tourner des orientations puisque vous le vous le rappelez vous lui demandez tu es sûr tu es sûr de ce que tu viens de me dire c'est il y a une forme d'incompréhension quelque chose qui ne pouvait pas être possible qui s'abat sur vous à ce moment-là c'est impossible à comprendre mais à la fois justement en fait le moment de l'écriture ça m'a beaucoup amusé parce qu'il y a une sorte de fragilité hallucine mais à la fois c'est très drôle à ce moment là de poser la question à la personne qui vient de avouer des amours mais tu es sûr en sachant que la réponse sera peut-être pas du tout rassurante mais en même temps c'est aussi lui lui redonner la responsabilité de de cette rupture en quelque sorte et on comprend bien ce que vous vouliez dire alors c'est un point commun entre vos deux livres chez vous l'inpapin après l'amour on va aussi parler d'un récit intime notre lectrice Solène l'alu voici ses impressions de lecture et elle a aussi une question pour vous j'ai eu un véritable coup de coeur pour ce livre pour sa douceur sa révolte et les émotions qui en ressortent j'ai surtout aimé me fait qu'il y a une véritable diversité une liberté de ton délivrer tout au long des pages par ma voix d'une femme forte amoureuse puissante revente mais aussi sensible et ce qui fait vraiment sa particularité à mes yeux c'est que malgré ce côté autobiographique j'ai réussi assez facilement à me retrouver dans certains textes et je pense qu'il y a une vraie facette d'identification dans ce livre ce qui fait que chacun peut facilement s'identifier et c'est ce qui fait sa force en plus du fait que selon moi nin papa a vraiment atteint un paroxysme stylistique dans ce livre puisque sa plume vogue entre recherche stylistique mais aussi volonté de faire parler ses émotions et de faire parler son cœur et c'est vraiment ça qui m'a touché et qui fait que ça a été un véritable coup de coeur et j'ai d'ailleurs une question pour 1000 Papin qu'est ce que l'écriture autobiographique vous apporte-t-elle en tant qu'autrice mais aussi en tant qu'individu réponse de l'inpapin et bien je pense que enfin moi j'ai écrit des romans donc j'ai écrit trois romans et puis j'ai écrit aussi des des récits effectivement un peu plus autofactionnel et je pense que c'est le sujet qui impose ça et c'est vrai que voilà le là le sujet c'était vraiment la rupture et comme je pars d'une émotion forte qui est la mienne je trouvais que de passer par un roman et de mettre des masques une narration une histoire des rebondissements ça nous éloignait complètement en fait de la pureté et de la force des émotions et donc enfin c'est ce que j'avais fait aussi dans une vie possible comme c'était un thème aussi très précis sur voilà le droit des femmes le corps des femmes en fait je pense que le travail autobiographique enfin pour moi en tout cas dans mon travail se justifie par le thème et le fait que j'ai envie dans ces moments là d'être de travailler avec l'émotion comme matériaux pur sans passer par par de en fait des artifices c'est une autobiographie vous ne citez pas le nom de votre ex-mari pour quelle raison pour le laisser sur le bord du chemin justement enfin c'est pas une autobiographie exactement puisque c'est une c'est ça part évidemment de ce qui est réel mais en fait ce sont des fragments ce sont des poèmes surtout et donc dans la poésie ce qui m'intéresse c'est d'aller vers l'universel et donc comme c'est comme le texte est avec aussi avec des enfin il y a des fragments de prose et puis des sortes de cantiques délégi à l'être aimé mais l'être aimé peut être n'importe qui et c'est à ce moment là que le lecteur en fait entre dans le livre et l'investit donc c'est vrai que c'est pas tellement une autobiographie en tant que telle mais plutôt vraiment un livre sur la rupture en tant que tel pour le coup vous dites que la séparation avec votre mari vous a laissé un amour de veuve un amour sans accusé de réception sans numéro sans nom c'est la fin de la communication je voulais vraiment décrire en fait ce phénomène où quand on est ensemble et qu'on s'aime on forme une sorte de d'hydre à deux têtes et donc on est tout le temps les corps sont sont présents le dialogue est présent même en pensée et c'est vrai que la ce que je trouve violent dans une rupture c'est qu'on est effectivement face à une sorte de deuil puisqu'on est on fait le deuil de cette double de cette double créature quoi et on devient seul et du coup même les pensées enfin voilà on est je voulais décrire du coup cette solitude l'ami de votre narratrice qui arrive après ce coup de fil une demi-heure après et qui vous dit la géométrie des histoires amoureuses et désaccordé on coïncide mais pour de brèves instants et on ne sait plus comment se rencontrer et vous parler d'un terme qui est très qui est très beau qui qui fait aussi un peu peur parfois c'est c'est de défaire la rencontre de ce dessin control comme on dit en portugais avec mon incroyable accent c'est une idée de décalage de dés et ça ça m'a beaucoup intéressé oui justement en fait le mot désencontre ça signifie pas exactement de la dérancontre mais j'ai justement je me suis posé la question sur toutes les la stratégie possible ou toutes les actions à faire le rituel à réaliser pour défaire les relations parce que très souvent on a beaucoup de rituels beaucoup de façons d'accompagner l'Union amoureuse mais on n'a pas du tout ce genre de d'action de rituel pour accompagner la séparation et je me suis dit comment ça se passe en fait c'est éloignement et ce qui est progressive est-ce qu'on change peu à peu le prénom de celui qu'on a aimé dans nos téléphones comment voilà comment faire tout ça le téléphone quasiment c'est intéressant on parlait de communication il y a un instant c'est un des liens aussi très importants entre deux êtres dans une relation amoureuse bien sûr et c'est vrai que ça me parle les rituels et tout parce que moi j'ai voulu [Musique] écrit un message des embrasse-moi s'il te plaît est-ce qu'elle lui envoie elle l'envoie mais c'est vraiment une contrainte d'appel vient vers moi mais est-ce que tu peux refaire vraiment le même chemin le même chemin mais à l'envers alors il y a des métaphores évidemment des illustrations aussi vous l'avez dit Pierre Croce et ça ça n'a pas échappé dans le livre de l'inpin au lecteur de Babelio oui tout à fait vous avez un peu parlé des fragments je vais vous citer une critique un extrait d'une critique en écrivant ce livre ponctué de poésie de réflexion de sensations et d'émotions décuplées l'in papa os se dévoiler nous donne à voir le revers de l'amour le Verseau l'envers du décor l'autre côté les coulisses la vie d'après je reviens sur la première partie de cette critique pour vous poser peut-être une question pourquoi cette diversité justement de forme d'écriture pour rendre compte de la rupture est-ce qu'elle s'est imposée d'emblée elle s'est imposée d'emblée dans le sens où j'ai commencé à écrire dans un carnet un peu et donc c'était la forme fragmentaire était là dans mon carnet et en fait je pense que les fragments cette forme illustrée le fond du propos dans le sens où après une rupture le tout est fragmenté donc à la fois le cœur puisque on dira masser la petite cuillère c'est vrai que le cœur est fragmenté l'espace est fragmenté il y a séparation séparation des affaires des appartements de tout ça et puis l'avenir est fragmenté aussi parce que quand on est avec quelqu'un on a l'avenir et dessiner rêver et puis quand le couple s'arrête on se retrouve avec cette avenir qui est complètement fragmenté et donc je pense que sans vraiment l'avoir fait exprès cette forme c'est imposée à moi et puis j'ai voulu les poèmes sont arrivés aussi très vite comme des oui des sortes de chant du cygne en fait de chant d'en voir et voilà vous parlez dans votre livre Linda pain de de notre époque vous dites notre époque elle visage du désamour de feu que plus personne n'aime il y a aussi cette peut-être cette façon d'être pointé du doigt quand on quand on subit cette rupture c'est à dire que on se sent coupable en quelque sorte on se dit que c'est notre faute et quand même temps on n'a pas le droit de se plaindre parce qu'il se passe plein d'autres choses choses dans le monde peut-être beaucoup plus beaucoup plus grave aussi et ce sentiment là on est un peu désabusé face à ça oui et puis je pense qu'il y a aussi l'effet de en fait d'un coup d'être jeté au monde c'est à dire que quand on est en couple on est quand même dans une bulle on est quand même protégé quelque part et quand on se retrouve seul après une rupture d'un coup c'est comme si on revenait dans un dans un film qu'on avait quitté on se dit ok donc c'est ça mon époque on trouve une nouvelle identité et on voilà on essaye de d'être dans le monde avec cette nouvelle identité et donc c'est vrai que comme le livre se déroule sur un an il y a aussi des fragments sur notre époque pendant cette année et c'est vrai que notre époque aujourd'hui est compliquée donc donc j'ai voulu voilà écrire écrire un peu sur cette cette nouvelle identité dans dans la guerre du réchauffement climatique du prix de l'essence qui augmente du chômage de la vie comme on disait tout à l'heure de la vie qui continue autour de nous à Lionel locova vous avez vous aussi ce sentiment de culpabilité quelque part en tout cas cas cette cette première phase peut-être après après la rupture de se dire peut-être c'est ma faute qu'est-ce que j'ai fait comment est-ce que j'en suis arrivé là de culpabilité mais j'aime bien cette image d'être GT quand comme si on est jeté dans le lac mais justement j'ai étrangement d'une manière parloxale je me sentais beaucoup plus en plus dans le monde et beaucoup plus ouvertes pour que le monde me traverse que qu'avant du coup c'est le monde me concernait davantage et il y a dans votre livre d'ailleurs des références philosophiques on va écouter Aline pardon Aline qui a lu nos corps lumineux d'aliénaglocova et voici ce qu'elle en a retenu j'ai été très touchée par le roman le corps lumineux parce que c'est un roman qui parle de la fin d'une histoire d'amour de façon originale souvent les auteurs mettent l'accent sur le temps le temps de la douleur amoureuse le temps du deuil de l'amour le temps de la reconstruction or à Lionel lucova nous parle beaucoup d'espace elle parle de géographie il y a pas mal de vadrouille si je puis dire dans ce roman la narratrice se déplace beaucoup elle change d'appartements de ville mais aussi d'espace au sens d'univers d'espace célestes comme une recherche de sa nouvelle position celle de femmes désormais seule un nouvel état qu'elle doit s'approprier aussi ce roman n'est pas du tout un roman de la plainte mais un roman ouvert sur la recherche d'une nouvelle position géographique et même cosmique alors j'ai une petite question pour l'autrice est-ce que l'écriture est aussi une façon de se fixer quelque part de trouver des coordonnées spatiales dans la vie qui est parfois chaotique merci beaucoup Aline pour pour ce retour et cette question c'est une très bonne question oui justement j'ai l'impression que l'écriture acte d'écriture ça peut ça permet de s'en créer quelque part et dans mon cas ça s'est passé d'une manière vraiment très concrète un moment donné je commençais à me réveiller à 4h du matin parce que j'avais un état un peu à l'alerte un peu trop lucide trop ouverte et c'est à ce moment là que j'ai écrivais ce texte du coup tous les matins je me réveillais à 3h à 4h 5h je m'étais et je me mettais à écrire je m'imaginais une personne qui serait moi quelque part peut-être un peu moins [Musique] entamé et à partir de la position de cette personne elle écrivait tous les jours du coup cette pratique quotidienne malgré tous les déplacements ça me permettait de s'en créer votre narratrice à glucova elle parle même d'un d'une sorte de suspension du savoir et elle fait référence à quelque chose de très philosophique c'est la fée je vais pas réussir à le dire je vous préviens tout de suite donc je vais me concentrer un petit moment la fumée phénoménologie pardon nous y sommes qu'est-ce que ça vous pourquoi se référer à cette notion là déjà je me suis beaucoup amusée à me référer à pas mal de philosophes mais d'une façon pas du tout académique en fait c'est presque utilisé les citations de philosophe comme si c'était des plantes médicales qu'on met sur les plaies et après cette histoire de philologie c'est vraiment de regarder le monde tel qu'il est le regarder le phénomène tel qu'il est en mettant derrière les parenthèses tous les savoirs scientifiques duquel il y a une sorte de de rapport au monde vraiment peau à peau je sais pas si c'est possible mais c'est ça ce que j'ai cherché et c'est ça ce qui m'arrivait vu mon état assez physique aussi parce que il y a aussi évidemment des réactions physiques aussi la phénoménologie c'est aussi votre la mère de votre narratrice qui qui lui explique ce que ça permet d'observer notre conscience puisque sa caractéristique principale c'est c'est d'être toujours une conscience de quelque chose et elle dit toute conscience et et conscience de quelque chose c'est ce que disent d'ailleurs les philosophes que que vous citer usserle et Heidegger est-ce que c'est possible avec l'amour d'utiliser ces références là cette notion de conscience est-ce qu'on ce qu'on y arrive face à l'amour bonne question je sais pas comment comment vous répondre mais j'ai beaucoup aimé justement de d'essayer d'adopter ici de posture de chercheuse justement étant le sujet est très impactif par l'amour et il parle tout ce qui se passe autour mais essayez de chercher là dedans de se demander qu'est-ce que qu'est-ce que ça peut me donner expérimenter expliquer et c'est cette posture là de recherche qui qui m'intéressait beaucoup vous citez aussi Emmanuel Levinas l'auteur de totalité et infinie les villages qui dit aussi dans énigme et phénomène cette fois-ci que les grandes expériences de notre vie n'ont jamais été à proprement parler vécu et Linda pain il y a une phrase qui qui s'adresse que vous vous prononcez dans dans le livre c'est tu n'as pas vécu alors justement il y a aussi des choses un peu comment dire désincarner en quelque sorte dans dans dans votre récit vous dites que votre histoire était en vérité terminée depuis des mois même si vous entretenez une sorte de liaison post mortem oui enfin je pense que justement c'est tout le chemin du du deuil on parle des tables du deuil de passer par ces sentiments et ses émotions diverses voilà donc c'est vrai que le livre est navigue en quelque sorte entre des moments sur le manque sur l'obsession sur la colère sur la tristesse c'est un peu voilà toutes les émotions par lesquelles on passe mais moi je pense que le voilà que l'amour qu'on a vécu on l'a vécu justement et que même s'il s'en va on l'a vécu et donc ça devient notre force et on garde au moins ce ses souvenirs et c'est vrai que c'est pas une c'est pas un échec c'est un c'est déjà une chance de l'avoir vécu France Culture le Book Club Nicolas Herbault et nous poursuivons notre discussion dans le Book Club sur les chagrins d'amour les ruptures avec Aliona gokovaquie publie nos cœurs lumineux aux éditions Verticales avec Line Papin après l'amour chez Stock je me tourne vers vous pierre Croce puisque des livres de rupture évidemment il y en a eu avant il y en a des très populaires sur babelio.com il y a heureusement ou malheureusement beaucoup de livres qui ont pour thème la rupture j'aimerais revenir sur l'un d'entre eux qui a de nombreux lecteurs et de lectrices sur Babelio donc je pense à un livre très apprécié de Elena Ferrante publié avant son ami prodigieuse qu'il a rendu mondialement célèbre c'est les jours de mon ado de mon abandon on entre dans la tête d'Olga une italienne dont le mari vient de lui annoncer qu'il la quitte c'est le seul qui se dérobe presque littéralement sous ses pieds sous les pieds dans le gars qui a deux doigts de sombrer dans la folie alors je vais vous citer une critique de d'un lecteur d'une actrice Olga analyse son couple ses sentiments remontent le fil cherche à comprendre et finit par réaliser qu'il n'y a rien à comprendre que la vue suit son cours que les gens qui s'aiment peuvent ne plus s'aimer qu'elle reste entière et finalement beaucoup plus libre et beaucoup plus forte que son mari qui n'a pas eu à traverser selon des airs alors c'est une question que j'en ai un peu envie de vous poser à toutes les deux la position de l'être quitté elle peut à certains égards être plus enviable que celle de la personne qui quitte est-ce que c'est plus facile d'être quitter que d'être que de que de quitter Lind Papin les deux sont quittés et les deux se quittent surtout je pense c'est vrai que on peut toujours dire ah non c'est toi qui m'a mais en fait au final l'amour c'est enfin j'ai un fragment d'ailleurs dans le livre à ce sujet mais c'est comme un astre c'est comme quelque chose de biologique d'organique et il n'est avant qu'on ne le veuille ou malgré nous et il meurt aussi malgré nous en quelque sorte donc je pense pas que enfin en tout cas le vrai grand amour voilà je pense qu'on se quitte à deux et qu'on se je pense pas qu'il y en a un qui est plus quitter que l'autre je suis bien de quoi avec ce soit quand on est tous les deux côtés et on quitte tous les deux et puis que à la fois l'amour ne cesse pas parce qu'il est cette question de et l'avance quelque part mais en dehors de cette relation on parlait des livres de rupture il y a un instant à l'inverse Linka votre Nar envie de lire un très grand roman d'amour un des plus grands romans du 20e siècle la modification de Michel Butor et peu elle peut elle dit qu'elle veut pas subir cette rupture qu'elle veut la maîtriser et la vivre c'est le moment où on se relève en tout cas c'est on va dire traverser le chagrin les yeux grands ouverts c'est vrai que c'est l'idée de pas de pas subir la chose mais en fait le fait d'écrire déjà je pense ça nous donne une certaine conscience de toutes les micro sensations de toutes les petites choses qui se passent à ce moment-là c'est vrai que moi je me suis dit en fait cette étape de rupture est intéressante parce que déjà le mot rupture voilà les ruptures dans l'existence il y en a plein et de mille manières et donc là c'est une rupture d'amour mais c'est je me suis dit c'est intéressant donc écrivons pour voilà pour pour un peu analyser ça un peu comprendre ça il y avait un très beau livre d'ailleurs de Claire marin qui s'appelle rupture qui m'a beaucoup parlé et c'est vrai que en fait je me suis pourquoi en faire un temps mort pourquoi ne pas en faire un temps de vie au final la fin de quelque chose et le début de quelque chose d'autre du coup à Liona glucoba c'est la reprise par exemple le titre d'un célèbre livre de kirkin qui est aussi au programme de votre de votre livre quand votre mère explique à votre narratrice que que l'auteur a écrit la reprise après cette séparée de régime donc après l'amour là aussi oui j'aime bien justement cette histoire de de de la rupture qui n'est pas une parenthèse de la vie mais qui reste qui reste qui reste la vie parce qu'il y a une cette rupture il y a cette ouverture par laquelle la vie passe et oui c'est ce genre de ouais de de la reprise c'était une des rituels possible ce livre m'a permis un artiste des rituels possibles pour retrouver le sens dans répétition de certaines choses quotidiennes c'est pas la reprise de l'amour enfin en tout cas pas la reprise de la relation qui qui vient de s'interrompre de soi ou la reprise du sang sous la reprise de l'être parce que chez qui a fait guerre ce qui est très intéressant elle dit que le nouveau peut arriver dans la répétition du même et j'ai trouvé cette idée vraiment très intéressante et ça me fait tourner vers ligne Papin puisque le nouveau c'est la répétition du même votre narutrice sur votre retourne vers l'un de ses amants de ces de ses 18 ans justement qui refait surface à ce moment où il y a justement quelque chose de nouveau qui qui crée qui redémarre c'est ça oui ça c'est vrai que au final ce qui est assez extraordinaire je trouve dans la vie c'est que parfois on a l'impression que la vie est linéaire et qu'on avance comme ça alors qu'en fait il est possible qu'elle soit cyclique aussi et parfois ce qu'on pensait avoir laissé derrière revient et dans ce que j'ai voulu illustrer en inventant ce passage c'est que finalement enfin je reviens sur une rupture précédente donc est-ce que est-ce que voilà le le résidu d'une rupture n'est pas aussi de réapparaît pas dans une autre rupture c'est les ruptures en poupée russe en poupée russe et en cycle on a bien compris alors dans votre dans vos récits il y a aussi le confinement notamment chez vous à Lionel lockova période donc du premier confinement qui a fait beaucoup de dégâts d'ailleurs dans les couples c'est pour ça d'ailleurs que votre narratrice enregistre tout ce qu'elle pense sur son téléphone qui est devenu pendant le confinement et même peut-être plus généralement le compagnon de chacun oui c'est une sorte de journal sonore justement en fait comme je parlais de de ce point de cessation de l'amour qu'on ne le point de départ c'est ces petits notes fait avec la voix c'est son petit peu les notes de repère où je suis en fait c'est quoi le point et chaque fois c'est parfois c'est une situation parfois à une idée partagée par un ami parfois c'est une autre chose on prend tout ce qui on a sous la main un oiseau qui passe et on fait avec ça un point de repart il y a beaucoup de voyages dans votre récit aussi en passe de Minsk à Pau Bayonne Paris Saint-Denis la Savoie d'ailleurs au bout de narratrice est confiné et elle dit avoir besoin d'une ligne de démarcation ça veut dire quoi ça veut dire qu'il faut changer ses habitudes mettre des des barrières se créer des nouveaux repères c'est ça l'idée et c'était ça mais aussi a besoin de quelque chose parce qu'en fait quand il y a une rupture séparation il y a pas étrangement il y a pas de de le point de de la fin en fait ou tout se termine du coup c'est presque à l'intérieur de nous de chercher où est-ce que ça continue d'où je pars parfois dans la on a on a envie de démarqueurs comme on n'a pas des rituels justement qui qui aurait pu accompagner ça il faut inventer ces lignes de rupture ou ce point on se dit à partir de là il y a peut-être quelque chose une bifurcation en cycle pierre Croce nos corps lumineux a aussi été lu par les lecteurs de m'amélior oui j'aimerais partager une critique Aliona enchante le lecteur là maintenant à réfléchir sur la fragilité des identités une instabilité paradoxalement féconde avant de nous inviter à retrouver notre forêt et si nous n'étions les uns pour les autres que des corps lumineux de passage alors je reviens il y en a sur cette instabilité féconde vous trouvez vous en tant que que femme et autrice de l'inspiration de la créativité dans ces moments justement d'instabilité de sûr que chacun peut vivre oui je trouve que comme j'en ai parlé un petit peu au début ça suffit en état d'acuité vraiment assez particulier de lucidité assez particulière sur aussi le moment où on cherche davantage le sens partout et j'ai l'impression que c'est aussi on cherche les liens et de monde nous répondent davantage c'est pour ça que je trouve que ces états de d'ouverture de rupture peuvent être vraiment très riches étrangement pousser ses limites je veux sentir jusqu'où je pourrais aller il y a aussi quelque chose de très de très physique on a un peu dit tout à l'heure chez vous aussi Linda pomme parce que sans cesse se questionnement de la chute de chuter comment est-ce que on s'empêche de chuter de retrouver une forme d'équilibre oui c'est vrai qu'il y a cette dimension physique je pense d'ailleurs que on m'avait dit qu'il y avait un mot japonais pour décrire justement le fait de cette que la rupture faisait des cicatrices mais physiques en fait sur le cœur et c'est vrai qu'il y a toute cette dimension enfin d'ailleurs on peut voilà on se bloque le genou on se bloque le dos enfin il y a quand même toute une dimension qui est presque de l'ordre de la maladie quoi physique et donc j'ai voulu illustrer aussi dans le texte cette toute cette dimension là et c'est vrai que c'est un équilibre je parlais de d'Odyssée de bateaux de naufrage mais un peu ce truc de rester debout malgré malgré la tempête et puis parfois il y a des éclaircies aussi c'est vrai que c'est un chemin qui est qui est long et il y a des jours où le soleil se lève et on se dit ah ça y est je respire tout va bien et puis en fait on n'est pas à l'abri une semaine plus tard de de replonger dans une tristesse et donc c'est vraiment un chemin à traverser quoi il me semble et on imagine que ces deux livres ce que vous avez écrit chacune ne vous ont aidé à traverser évidemment ce moment et que peut-être il y a eu une forme de libération aussi au point final que vous avez noté dans ce livre l'innapin après l'amour qui paraît aux éditions Stock merci beaucoup d'être venu dans le look club et d'échanger avec Aliona glucova merci d'être venu nos corps lumineux publié aux éditions Verticales merci Pierre Croce de nous avoir accompagnés comme tous les vendredis merci à vous de notre partenaire babelio.com dans un instant on va retrouver les pilote du book club d'abord Mathias Sénart nous raconte link epit de 100 ans de solitude tout le monde conviendra facilement que Gabriel Garcia Marquez prix Nobel de littérature 1982 est l'un des auteurs les plus importants du 20e siècle et pas exclusivement pour la Colombie l'Amérique latine ou la langue espagnole il y a dans l'immense succès des livres de Gabriel Garcia Marquez un phénomène universel et absolument passionnant sont vraiment le plus célèbre et célébré s'entend de solitude débute ainsi par un des inkipit les plus fameux de tous les temps traduit pour les éditions du Seuil en 1968 par Claude et Carmen Durand bien des années plus tard face au peloton d'exécution le colonel Aurélien au Gwendy devait se rappeler c'est lointaine après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace le roman s'ouvre par un habile retour en arrière alors qu'auréliano bendya et sur le point d'être exécuté le lecteur ignore bien sûr encore qu'auréliano Buendia a participé à 30 de guerres civile et enfanter 17 petits aurélianos avec 17 femmes différentes des femmes qui viennent à lui pour perpétuer la race des guerriers le lecteur va comprendre petit à petit que ce si fameux inkipit ne ment pas et même qu'il donne les clés du roman comme quelqu'un vous tend le mode d'emploi d'une machine complexe pour que vous sachiez vous en servir il est question dans son temps de solitude de temps de guerre civile et de pin de glace le temps y est presque circulaire biblique prophétique les guerres reviennent comme les fruits dans les arbres cycliquement les prodiges et les prénoms aussi les prodiges ce sont les gitans qui les apportent la longue-vue et le miroir les pains de glace chaque année au printemps avec fifre et trompettes les gitans s'installent à la lisière du village de ma condo Macondo est une contrée magique sur laquelle l'histoire ne semble pas vraiment avoir de prise et qui reflète pourtant d'une façon bien particulière l'histoire de la Colombie c'est ce coup de génie qu'on a appelé réalisme magique dans 100 ans de solitude les éléments fantastiques ne plongent pas les personnages dans la perplexité bien au contraire ceci les acceptent tout naturellement comme si c'était nous les lecteurs qui étions d'incrédules créatures du futur qui avait perdu tous sens du merveilleux dès le début du roman dans les temps des origines des origines pourrait-on dire où le géant melchihadès prophète de ses pages n'étaient pas encore mort de fièvre dans les hauts-fonds de Singapour avant que la maladie de l'oubli ne fasse des ravages et n'oblige mais le Cadès lui-même à revenir pour ainsi dire de chez les morts afin d'en sauver le village à peine le récit de s'entendre solitude mise en route donc dans les familles Buendia dès le début du roman les produits s'accumule sous les yeux ébauvis des lecteurs et continue à le faire pendant 6 ou 7 générations d'habitants Mathias Sénart et ses inkipitares.fr et sur l'application Radio France un grand merci à toute l'équipe du book club émission préparée par Oriane de la Croix zoravinienne grappa Didier Pinault et Alexandre à laegovic merci à toute l'équipe donc Sam bacchiatre réalise cette émission ce midi et à la prise de son séjour cette émission avec les pilogues l'amour qu'on a vécu on l'a vécu justement ah mais tu as derrière les parenthèses tous les savoirs scientifiques il y a des fragments de prose et puis des sortes de cantiques délégi après une rupture tout est fragmenté traversé le chagrin les yeux grands ouverts le monde continue à tourner

Rupture amoureuse : l'écriture comme thérapie — Serge Papin · Pourquijevote