Possibilité d'une présidentielle anticipée, union de la gauche face à la crise politique... Le "8h30 franceinfo" de Fabien Roussel
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Bonjour Fabien Roussel.
Bonjour à vous deux.
On va revenir sur la démission de Sébastien Lecornu, sur le sur-cycle lui a accordé le Président, le Premier ministre qui a mis en cause les égaux et les intérêts partisans de la classe politique. La gauche a-t-elle été trop intransigeante ? Mais d'abord, à l'instant, Edouard Philippe sur RTL, ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron, appelle à organiser une élection présidentielle anticipée après l'adoption du budget. Est-ce que ça pourrait être ça, la solution, une présidentielle anticipée ?
Pour ma part, je n'aurais jamais peur que la solution soit de redonner la parole au peuple, si le principe c'est de respecter la parole du peuple. Et donc, qu'il y ait de nouvelles élections présidentielles plus tôt, pourquoi pas. J'attire l'attention quand même sur une chose, c'est qu'au mois de mars, il y a des élections municipales. Elles sont très importantes pour nos concitoyens, parce que vu la rupture qu'il y a avec la politique, il y a encore des élus en qui les Français ont un peu confiance, ça reste les maires.
Et vous êtes maire de certainement les élus locaux, et vous pourriez être à nouveau candidat aux élections présidentielles.
Et donc, il faut faire attention aussi à ne pas brusquer aussi cette élection. Et donc, voilà.
Mais ça veut dire que c'est Emmanuel Macron le problème ?
Aujourd'hui, parlons du sujet qui nous préoccupe, de l'état dans lequel est la France aujourd'hui. Emmanuel Macron porte une responsabilité totale, pleine et entière. Lui et les grandes fortunes qu'il a voulu protéger, qu'il a chéris, bénis pendant 7 ans. Et aujourd'hui, vous regardez dans quel état est le pays. Ils sont responsables. Lui, ses gouvernements, le monde de la finance, ils sont responsables de la finance, de l'état, de l'impasse dans lequel est le pays aujourd'hui. Mais là, vous parlez aussi et êtes-vous prêt cette fois-ci au compromis ? Vraiment. Vous, mais je ne sais plus comment vous le dire, on peut utiliser notre langue, mais on l'a dit régulièrement.
Quand nous sommes allés voir, quand je suis allé voir le Premier ministre, M. Lecornu, c'est bien pour lui dire que nous cherchons ensemble des chemins, des compromis, pour pouvoir répondre aux urgences et aux préoccupations des Français. Et donc, à chaque fois, nous avons demandé à ce qu'il enlève les mauvais coups contre le pouvoir d'achat de nos concitoyens. et qu'il apporte des réponses aux exigences de justice sociale et de justice fiscale. Voilà. Et avec des propositions que nous mettions sur la table, avec la volonté d'en débattre au Parlement.
Justement, on va y revenir, Fabien Roussel, mais d'abord, Emmanuel Macron, on en parlait, a confié, a donné un sursis à Sébastien Lecornu. Il lui donne 48 heures pour, je cite, définir une plateforme d'action et de stabilité pour le pays. Il lui donne une dernière chance. Est-ce qu'il a raison d'essayer ou est-ce que le Président est dans le déni ?
Le Président, il est coupé des Français, coupé de la réalité depuis un moment. Bon, ça, c'est une réalité. En revanche, il y a une sortie de crise possible dans les heures qui viennent. C'est qu'enfin, il nomme un Premier ministre de gauche, qu'il permette une cohabitation. Enfin, qu'il permette à des responsables de gauche qui sont prêts à gouverner, prêts à mettre en place des mesures qui répondent aux attentes des Français. Des mesures de pouvoir d'achat, des mesures pour aller taxer plus fortement les plus fortunés de notre pays, pour avoir plus de recettes, pour pouvoir améliorer les retraites.
Et vous allez nous dire ce que vous feriez si vous étiez au gouvernement aujourd'hui. Mais d'abord, est-ce que vous n'avez pas une responsabilité dans la situation actuelle, vous aussi ? Écoutons ces Français au micro de Jeanne de Butler d'ici Périgord. C'était à Tocane-Saint-Après. Écoutez ces Français comme ils sont désabusés, Fabien Roussel.
Je suis écœuré. Franchement, qu'est-ce qui se passe ? Moi, je ne suis pas un politicien, je suis quelqu'un de très modeste, je travaille pour rincer la gueule à ces gens-là. Et j'en peux plus, quoi. Eh bien, il y aura une discussion, on est rare voté. Qu'est-ce que je vous dis ? On est un rat des pâquerettes, quoi. Voilà, c'est tout.
Vous n'avez pas fait preuve d'intransigeance, vous aussi, dans les négociations avec le Premier ministre, si on en est là aujourd'hui ?
Mais à chaque fois que nous sommes allés le voir, ce n'est pas pour lui dire, voilà notre programme et voilà ce que l'on veut mettre en place. À chaque fois, nous sommes allés le voir pour essayer de trouver des solutions. Et surtout, pour porter la parole de ce que les Français disent très majoritairement dans le pays. Enfin, regardez les mobilisations qu'il y a eues ces dernières semaines, écoutez ce qui se dit dans le pays, regardez les sondages, ce que les Français attendent en priorité. Ils veulent pouvoir vivre de leur travail, avoir un salaire décent qui leur permette de payer des factures. Ils n'en peuvent plus d'avoir des salaires gelés alors que les factures augmentent.
Les retraités demandent à pouvoir vivre d'une retraite digne. Ils ont eu des pensions gelées ces dernières années.
Oui, mais vous avez été comme si vous aviez la majorité absolue à l'Assemblée à reprocher Sébastien Lecornu.
Vous l'entendez, ça ? Et donc, entre ce que nous avons dans notre programme pour pouvoir répondre à ces urgences sociales, fiscales, climatiques, et ce que nous avons proposé au Premier ministre, il y avait bien sûr un décalage. Nous avons voulu construire des compromis sur toutes ces questions-là. Nous proposons, par exemple, à ce que les salaires puissent augmenter de 80 à 100 euros par mois, tout simplement en baissant la CSG. On peut faire la même chose sur les pensions de retraite.
Là, je vous parle des négociations avec Sébastien Lecornu. Sébastien Lecornu qui dit que les oppositions se sont comportées comme si elles avaient encore la majorité absolue. Les formations politiques ont fait mine de ne pas voir la rupture profonde que constituait le fait de ne plus se servir de l'article 49. Est-ce que la gauche a fait preuve de mauvaise foi ?
Sébastien Lecornu, je veux bien que la gauche soit responsable de ce qui se passe dans le pays, mais enfin, ce n'est pas la gauche qui dirige depuis 8 ans, quand même. Ce n'est pas la gauche qui est responsable du déficit abyssal de la France. Ce n'est pas la gauche qui a protégé les plus riches et puis qui est allée chercher tous les ans 60 milliards d'euros dans les poches des Français. C'est quand même ça la situation.
Vous n'avez rien à vous reprocher en proposant l'attaque du Kman, l'abrogation de la réforme des retraites, en proposant des choses pour lesquelles vous n'aviez pas forcément la majorité ?
Quand j'ai été, avec Cécile Kukerman et Stéphane Peu, les présidents de groupe au Sénat et à l'Assemblée nationale, discuter avec le Premier ministre, nous n'avons pas dit c'est la taxe du Kman ou rien. Nous n'avons pas dit c'est plus de 100 euros pour le SMIC et les salaires ou rien. Nous avons dit il faut plus de justice fiscale, donc il faut aller taxer plus fortement les grandes multinationales et les riches. Nous avons dit il faut trouver un moyen pour augmenter le pouvoir d'achat de nos concitoyens et arrêter de leur prendre des sous. Ça veut dire que, par exemple, nous disions il ne faut pas doubler les franchises médicales.
Mais si le Premier ministre ne veut pas entendre tout ça, ces questions-là, il peut les soumettre à un référendum s'il veut bien. Et puis on peut gouverner le pays de cette manière-là. Et toujours est-il que nous, nous avons mis des propositions sur la table qui auraient pu être discutées au Parlement.
Est-ce que vous avez entendu, vous, le Premier ministre, quand il dit il faut préférer son pays à son parti ? Est-ce que vous vous sentez visé, vous, en secrétariat ?
Je me sens complètement en phase avec ce genre de propos, puisque notre principale préoccupation, ma principale préoccupation, c'est la France, c'est nos concitoyens, nos concitoyennes, les travailleurs, les retraités, les étudiants, ceux que je croise tous les jours. Ils sont en souffrance, vous entendez ce qui se passe quand même dans le pays. Non seulement, il y a de l'inquiétude pour l'avenir, mais il y a de la colère quand même. Mais ils vont au ras-le-bol aussi, parce que vous, à gauche, vous êtes incapables de vous unir.
Mais, non, alors, vous ne pouvez pas, encore une fois, nous accuser de tout ça, alors que nous disons, et nous le redirons dans les heures qui viennent, que nous sommes, nous, forces de gauche écologistes, prêts à travailler ensemble, prêts à travailler avec les députés qui gouvernent aujourd'hui, enfin, ceux qui sont dans la majorité aujourd'hui, pour trouver le moyen de répondre aux préoccupations des Français. Nous sommes prêts à travailler dans ce sens-là. Ce n'est pas tout ou rien, je ne sais pas comment vous le dire autrement, nous l'avons dit maintes et maintes fois.
Je regrette, par exemple, que le Premier ministre Sébastien Lecornu, sur un sujet qui est l'abrogation de la réforme des retraites, quand même, qui est un des détonateurs de la crise qu'on vit dans notre pays, qui a été imposé par 49-3, qui n'a jamais pu faire l'objet d'un vote à l'Assemblée nationale, qui est rejeté très majoritairement par les Français, il refuse de mettre cette question-là en débat à l'Assemblée nationale. Et vous savez pourquoi ? C'est-à-dire que rien que de remettre ce texte au vote des députés, pour laisser le Parlement reprendre la main. Et ce qui n'est pas la mesure qui coûte la plus chère, en plus. Eh bien, il refuse complètement.
Mais j'avais calculé combien ça coûterait, Fabien Roussel ? Oui, 3,6 milliards.
3,6 milliards d'abrogation de la réforme de retraite ? Ça, ce sont vos chiffres, parce que d'autres disent que ça coûterait des dizaines de milliards d'euros à partir de 2030.
Non, mais s'il vous plaît, Madame Lambret, il y a des présidentielles en 2027. Donc l'abrogation, c'est pour maintenant. Et en 2027, les Français se choisiront le président ou la présidente de la République, qui décidera de mettre la retraite à 67 ans, ou à 60 ans, selon ce que les Français décideront.
Donc vous voulez l'abroger pour créer une nouvelle réforme de retraite ?
Nous devons l'abroger aujourd'hui, parce qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale pour cette réforme de retraite. Il faut l'abroger, laisser une autre réforme de retraite se mettre en place à l'occasion des élections présidentielles, et permettre à des centaines de milliers d'ouvriers, d'ouvrières, de salariés, qui auraient dû partir en retraite, il y a plusieurs trimestres, de le faire maintenant, il faut les libérer d'un travail pénible et difficile.
Sébastien Lecornu dit que ce serait suicidaire, la seule réforme structurelle faite ces dernières années. Non, vous savez ce qu'il dit, Sébastien Lecornu ? L'abroger, quel message on envoie au marché, alors que la note de la France vient d'être dégradée ?
Eh ben voilà, vous répétez, vous êtes le perroquet de M. Lecornu, excusez-moi Mme Lambrette.
Pas du tout, je vous donne les arguments de ceux qui ne pensent pas comme vous.
Exactement, leur argument c'est dire, on ne peut pas, les agences de notation vont nous dégrader. Mais qui dirige la France aujourd'hui ? Les agences de notation ? Ce sont les agences de notation qui dictent les réformes économiques et sociales que notre pays doit avoir, mais c'est honteux. Moi, les triple A, je les réserve aux andouilles, mais pas la situation économique de la France. Mais la dette, elle existe dans notre pays. Le meilleur moyen de rembourser la dette, c'est de produire des richesses, de créer des emplois avec des salariés correctement payés, qui payent des impôts du coût et qui permettent justement de payer nos services publics, de rembourser une dette.
On ne crée pas de richesses et on ne rembourse pas une dette avec des entreprises qui délocalisent, avec des services publics affaiblis, avec des jeunes qui ne trouvent pas de travail malgré leur diplôme et notamment des bacs plus 5. On crée des richesses avec du travail et des travailleurs correctement rémunérés. Et c'est le combat que je mène en proposant justement de renouer avec une France des bâtisseurs qui ouvre des grands chantiers, qui investit, qui crée des emplois, qui produisent des richesses.
Fabien Roussel, j'aimerais qu'on écoute maintenant Gabriel Attal qui a été très critique hier soir sur TF1, qualifiant le chef de l'État d'avoir, je cite, de l'acharnement ce matin sur France Inter.
Il a continué. C'est critique. Tout dans les résultats de la dissolution de 2024 invite quand même à partager le pouvoir. Et j'ai dit que je ne comprenais pas ces décisions. Essayons une autre méthode. Moi je propose une vraie négociation avec un négociateur qui par ailleurs montre une forme de désintéressement partisan. Le chef des députés macronistes qui ne comprend plus les décisions d'Emmanuel Macron
et qui veut donc une nouvelle méthode nommer un négociateur. Est-ce que ça peut être la solution ? Alors il y a des noms qui reviennent un peu tout le temps. On parle de Jean-Louis Borlou, on parle de Laurent Berger, ancien patron de la CFDT. Est-ce que ça pourrait être une solution sachant que pour l'instant ils ont tous échoué avant ?
J'ai entendu Gabriel Attal désavouer le président de la République en tout cas. Je l'ai entendu dire qu'aujourd'hui le socle commun, les députés macronistes étaient prêts à travailler avec la gauche. Mais laissons justement le Parlement travailler ensemble. Et construisons des majorités sur des sujets que les Français nous demandent de mettre à l'ordre du jour. Et faire en sorte que la France avance. J'ai entendu sur votre antenne ce matin des chefs d'entreprise qui sont complètement désabusés.
Parce que autant les Français ont peur pour leur pouvoir d'achat, autant les chefs d'entreprise aujourd'hui voient qu'il n'y a pas de commandes, il y a des investissements à l'arrêt, il y a des questions sans réponse. Et donc il faut permettre à ce que la France avance. Nous, nous sommes dans cet état d'esprit. Nous voulons trouver des solutions. Alors, il y a le passage par des élections. On peut appeler à la démission du président de la République et demander à ce qu'il y ait de nouvelles élections présidentielles. Ça prendra, il faut plusieurs mois pour pouvoir faire ça. Ça peut être des élections législatives avec une dissolution.
Et à ce moment-là, on revote pour avoir un nouveau Parlement, une nouvelle Assemblée nationale. Mais on ne sait pas si demain ça donnera une majorité absolue pour un parti, pour une force politique permettant de gouverner. Mais aujourd'hui, il y a une solution qui n'a pas encore été mise en œuvre et qui peut être mise en œuvre tout de suite. C'est de permettre une cohabitation et permettre à la gauche de construire des majorités, d'inviter à travailler Gabriel Attal, de se mettre autour de la table et d'avancer.
Avec Fabien Roussel, secrétaire national du Parti Communiste, on parle Union des Gauches, Paul.
Nouvelle échec de l'initiative de Jean-Luc Mélenchon hier pour réunir les partis de gauche. On connaît vos relations avec le patron de la France Insoumise. Marine Tondelier, l'écologiste, a proposé une nouvelle rencontre dans quelques minutes à 9h. Ce matin, rencontre ouverte à tous, également dans un lieu neutre. Est-ce que vous irez après cette interview ? Est-ce que vous allez être en retard à cause de nous, d'ailleurs ?
Non, le Parti Communiste français n'ira pas. Nous n'irons pas. Pourquoi ? Parce qu'hier, nous avons fait une réunion avec Olivier Faure et Marine Tondelier, hier soir, tard, et avec nos équipes.
Une réunion avant la réunion ?
Oui, nous nous sommes vus à 3. En visio, c'est ça ? En visio, hier soir, tard, après 21h, pour pouvoir justement discuter de la gravité de la situation, comment on arrivait à sortir de cet impasse et quelle était la priorité pour nous, pour nous trois. La priorité pour nos trois forces politiques, c'est d'appeler le Président de la République à accepter une cohabitation et à nommer un Premier ministre de gauche issu de nos forces politiques. Et donc, nous avons décidé, nous avons d'abord décidé, de faire une réunion à 10h30 ce matin, et donc nous nous verrons à 10h30 ce matin, avec l'ensemble des forces politiques qui, elles aussi, partagent cette priorité, cette urgence.
Sans les insoumises ? Mais la France insoumise ne partage pas, justement, c'est pour ça que nous ne dirons pas ce matin à 9h, ne partage pas cette priorité. Pour la France insoumise, c'est la démission, la destitution, point barre. Ça ne veut pas dire que nous, on rejette cette proposition. En tout cas, beaucoup de Français appellent à la démission du Président de la République ou à la dissolution. Donc, si demain, il y a une dissolution, nous sommes prêts. Il n'y a pas de problème, on est prêts à aller aux élections.
Mais vous n'allez pas discuter avec la France insoumise ?
Aujourd'hui, la priorité que nous avons voulu exprimer, que nous exprimerons ce matin, lors d'une rencontre, que nous allons avoir avec l'ensemble des forces de gauche qui y sont prêtes, je pense mes collègues députés de l'après, mais aussi ceux de GRS, Emmanuel Morel, ceux de Génération, etc. Nous allons nous retrouver ce matin à 10h30, pour dire ensemble que la priorité, c'est de nommer un Premier ministre de gauche, c'est d'avoir une cohabitation, et ça peut se faire très rapidement. Et nous voulons dire, et nous voulons dire en même temps, ce que nous voulons mettre à l'ordre du jour de nos concitoyens.
Ce qui compte, c'est ce qui va changer pour les Français si demain, la gauche est nommée à matinée. Exactement, et vous allez nous dire précisément,
mais d'un mot, Fabien Roussel, pour vous, l'avenir de l'Union des Gauches, aujourd'hui, c'est les socialistes, les écologistes, les communistes, notamment, sans la France Insoumise. Vous le dites clairement. C'est ça, l'avenir de l'Union des Gauches ?
D'abord, c'est difficile de réconcilier des forces politiques qui se font insulter copieusement. Vous avez vu que la France Insoumise, ses dirigeants, nous ont copieusement insultés, Olivier Faure, moi-même, les dirigeants socialistes, communistes. Vous avez été très critiques aussi. Vous avez rendu l'écoute. Entre critiquer, débattre, exprimer nos désaccords, c'est une chose, se faire insulter, conspuer, huer, c'en est une autre. Difficile, après, tendre la main en disant on va travailler ensemble. Mais, franchement, ce n'est pas ma préoccupation. Ma préoccupation, ce n'est pas les chicaillats entre les uns et les autres. Ma préoccupation, c'est quelles solutions nous apportons à la France.
En tout cas, vous dites, c'est difficile de travailler avec des gens qui nous ont insultés, donc c'est fini avec les Insoumis.
On vous entend. Pour ma part, oui. Et je vous redis que ma préoccupation, ma préoccupation, c'est les solutions que nous trouvons pour la France et pour nos concitoyens. Et ce qui est important de dire aujourd'hui, c'est que si la gauche est nommée demain à Matignon, tout de suite, tout de suite, nous mettrons à l'ordre du jour...
Qu'est-ce que vous feriez en premier ?
Tout de suite, nous mettrons à l'ordre du jour d'un budget pour la France et pour les Français des mesures pour le pouvoir d'achat. La baisse de la CSG, je le redis, pour les salaires et sur les pensions, permettra tout de suite d'augmenter de 90 à 100 euros les salaires par mois de nos concitoyens des retraités sans que ça pèse sur le coût des entreprises. Première chose. Et comment vous compensez
cette baisse de la CSG, Fabien Rousset ?
Deuxième chose, je vais y venir, là, deuxième chose, quand il y a des dépenses pour le pouvoir d'achat de nos concitoyens, il faut des recettes. Il faut des recettes pour le budget de la France quand c'est la CSG, il faut des recettes pour le budget de la sécurité sociale quand il s'agit des retraites. Les recettes pour le budget de la France c'est des mesures de justice fiscale. Ceux qui ont été protégés pendant 8 ans par le président de la République, les plus riches, les grandes fortunes, devront contribuer. Ce n'est pas tout prendre, ce n'est pas les condamner, les punir, c'est une juste contribution. Donc vous remenez la taxe de Kman.
Comme c'est la taxe de Kman sera mise à l'ordre du jour des débats tout de suite. Mais pas que. Nous pouvons aussi débattre d'un ISF, d'un nouvel ISF. Nous pouvons débattre d'une plus juste contribution des grandes multinationales par rapport au PME. Ce n'est pas normal que des grandes multinationales payent moins d'impôts en pourcentage que des petites entreprises. Et donc tout ça nous pouvons le mettre à l'ordre du jour. Et ensuite... On comprend votre programme.
Vous avez parlé de cohabitation tout à l'heure. Oui. Une cohabitation avec qui ? Et question de ma question, est-ce que si vous faites un pacte, vous êtes d'accord sur tout le programme, vous pourriez vous ranger d'ailleurs un Olivier Faure, un Raphaël Glucksmann ou un candidat à Matignon ? Avec qui votre cohabitation ?
Mais bien sûr, je vais parler des forces de gauche qui vont se réunir ce matin. Olivier Faure l'a dit, je le redis, je le dis moi aussi, c'est que si demain le président de la République faisait le choix d'appeler un des responsables des forces de gauche pour qu'il dirige demain Matignon, il faut dire oui, il faut être prêt à y aller. C'est la réunion que nous avons ce matin à 10h30, mais surtout...
Mais que des ministres de gauche dans votre gouvernement, Fabien Roussel, où il y aurait des ministres modèles ?
Alors, quand on dit un gouvernement de cohabitation, c'est-à-dire un gouvernement qui ne sera pas, qui acceptera de rompre avec les politiques menées par le président de la République jusqu'à maintenant. Donc c'est ça d'abord. Donc il faudra que le président de la République accepte qu'un gouvernement, demain, mette en place des réformes, des mesures qu'il n'a pas défendues jusqu'à maintenant. C'est ça la cohabitation. Et vous, est-ce que vous acceptez
d'ouvrir jusqu'au Modem, par exemple, ou au Macronisme ? Est-ce que dans votre gouvernement, vous acceptez qu'il n'y ait pas qu'une gauche simitement pure ?
C'est la proposition du gouvernement qui compte. C'est la manière dont nous voulons travailler et les propositions que nous mettons sur la table. Je n'ai pas le temps de tout développer, mais vous avez vu que ce que nous voulons mettre sur la table...
Oui, mais c'est important de savoir avec qui et avec quelle majorité, Fabien Roussel ? Les communistes, les écologistes, les socialistes à l'Assemblée, ça fait 123 députés. Qu'est-ce que vous faites avec 123 députés ?
Il y a à l'Assemblée nationale...
Et vous n'avez pas la majorité au Sénat ?
Il y a à l'Assemblée nationale des députés d'horizons divers, de sensibilités diverses qui veulent que ça bouge. Et il y a parmi ces députés que vous avez cités, Horizon, Modem, Macroniste, des députés qui ont enfin entendu, c'est arrivé jusqu'à leur cerveau, qu'il fallait taxer un peu plus les riches, qu'il fallait arrêter de prendre aux Français. Et quand Sébastien Lecornu nous a reçus, il a commencé à émettre des pistes de travail, de taxation des plus riches, de mesures pour le pouvoir d'achat. Donc, il faut pousser, il faut qu'on aille jusqu'au bout. Gabriel Attal, il vous paraît quelqu'un
qui est capable, qui est ouvert à la discussion avec le gouvernement. Gabriel Attal,
il porte la responsabilité immense d'avoir été lui aussi un Premier ministre qui a tapé dur sur le pouvoir d'achat des Français et qui a imposé cette réforme des retraites. Maintenant, Gabriel Attal dit, bon, dont acte, nous ne sommes plus en odeur de sainteté. C'est le cas de le dire. Travaillons avec la gauche. Eh bien, nous, nous disons nous sommes prêts à travailler avec. Il faut le faire. C'est ça. C'est le sens des discussions que nous avons eues ensemble et que nous avons avec les députés du socle commun. Le socle commun, aujourd'hui, est explosé. Les LR ne sont plus avec eux. L'UDI a fait acte de sécession. Horizon appelle à la démission du président de la République. Excusez-moi.
Mais vous, vous avez des contacts avec eux ? Vous discutez avec des macronistes en coulisses ?
Les députés vivent ensemble dans un chaudron. Ils parlent toujours tous ensemble. Et nous avons vu, vous avez vu, vous aussi, vous avez entendu des députés Modem, Renaissance, qui disent oui, il va falloir taxer les plus riches. Oui, il va falloir faire en sorte que le travail paye plus et qu'on redonne du pouvoir d'achat aux Français. La porte est ouverte. Il faut mettre le pied dedans. Il faut pousser. Nous, nous sommes prêts à pousser en nous appuyant sur ce que disent les salariés, en nous appuyant sur ce que proposent aussi les organisations syndicales qui ont été bafouées jusqu'à maintenant. La démocratie sociale, elle existe dans notre pays.
Nous voulons, nous, la faire revivre et nous appuyer dessus pour redonner du sens au pays et essayer de retrouver un peu de cohésion, un peu de confiance. Et donc, essayons la gauche. Vous pourriez être le Premier ministre, Fabien Roussel ? Vous, vous Premier ministre. Mais moi, je ne veux pas rentrer dans les questions de personnes. Il faut arrêter avec le qui et il faut parler du quel projet, quelle mesure. Et justement, je préfère parler de ça. Mais oui, mais vous voyez, encore un point commun. Je préfère parler de ces mesures et de le faire devant les Français. Je préfère que nous soyons très concrets pour nos concitoyens.
Ce qui va changer pour eux, si la gauche arrive demain, ils vont gagner plus tout de suite par mois, ils vont avoir de meilleurs services publics et il y aura une plus grande taxation des plus riches de la justice fiscale. Monsieur Roussel, il va être 8h58 sur France Info. Je ne parle plus. Si, si, si, vous allez parler
et vous allez répondre, je l'espère, à ma question parce que c'est l'heure de la question que vous retrouvez évidemment sur Instagram et sur le TikTok de France Info. Aujourd'hui, la question qui gouverne. Imaginons que Sébastien Lecornu ou Emmanuel Macron vous appelle à la sortie du studio de France Info. Quelle est l'unique chose qui pourrait vous faire dire le seul engagement, la seule concession qui pourrait faire que vous acceptiez de rentrer dans un gouvernement ?
De rentrer dans un gouvernement ? Oui, c'est ma question. Mais un gouvernement de qui ? De vous, par exemple. Avec vous.
Quelle est la seule chose qui pourrait vous accepter d'entrer dans une grande coalition puisque les trois précédents premiers ministres ont échoué ? Donc, si le président ou le premier ministre tentent la gauche aujourd'hui, quelle est la seule chose qui pourrait vous donner envie
de rejoindre le pouvoir ? Alors, bon, c'est pas, personnellement, c'est pas moi qui ai envie de rentrer dans un gouvernement. C'est pas mon envie, d'ailleurs. Mais la seule chose que je demanderais, la priorité des priorités pour moi, ce sont des mesures fortes, immédiates de pouvoir d'achat pour nos concitoyens. Que ceux qui travaillent puissent vivre de leur travail et que ceux qui ont cotisé toute leur vie puissent avoir une pension leur permettre de vivre dignement. La question du pouvoir d'achat est essentielle.
C'est important. Quel est votre dernier contact direct avec Emmanuel Macron ou Sébastien Lecornu ? Direct. Sébastien Lecornu,
c'est quand nous nous sommes vus vendredi dernier.
Merci beaucoup, Fabien Roussel. Merci d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci, Paul. On se retrouve demain.
À demain, Gat. Sous-titrage Société Radio-Canada
Fabien Roussel