La contamination dans les établissements scolaires
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France Inter, Claire Servagent.
Au téléphone sonne ce soir, question sur les contaminations en milieu scolaire. Alors que la France fait face à une troisième vague de Covid particulièrement virulente, que les dernières mesures sanitaires décidées par l'exécutif semblent insuffisantes à bien des médecins, on va se demander ce qu'il en est des écoles, des collèges et des lycées. S'agit-il de lieux particulièrement propices à la propagation du virus ? Faudrait-il fermer les établissements scolaires dans les zones en tension, comme le demandent certains élus ? Le gouvernement lui répète qu'il ne fermera les écoles qu'en dernière nécessité.
Pour l'instant, le ministère de l'Éducation nationale fait état de 3200 classes fermées sur plus de 500 000 dans les établissements ouverts. C'est donc très peu, mais cela ne doit pas cacher que les cas de contamination sont en très forte hausse chez les moins de 18 ans. C'est ce que montrent les derniers chiffres publiés par Santé publique France. Or, les cas déclarés ne sont que la partie émergée de l'iceberg, les enfants étant le plus souvent asymptomatiques et les tests facultatifs. Reste que l'inquiétude grandit chez les enseignants. Alors, quelles solutions ? Les classes en demi-jauche sont-elles à privilégier ?
Faut-il prendre d'autres dispositions pour les classes, pour les cantines et quid de la vaccination du personnel ? Vous le voyez, les sujets ne manquent pas. D'ailleurs, tout à l'heure, le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a fait un nouveau point de la situation. Avec nous pour en parler, pour aborder tous ces sujets et répondre à vos questions, le docteur François Bourdillon, qui est en ligne. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes l'ancien directeur général de Santé publique France. Bonsoir à Sophie Vénétité, qui est dans ce studio. Bonsoir. Bonsoir. Secrétaire général adjointe du SNES-FSU, Rodrigo Arenas, le coprésident de la FCPE, est à distance lui aussi.
Bonsoir, Rodrigo Arenas. Bonsoir. Voilà, on a nos jauges, nous aussi. Merci pour vos appels à tous, pour vos questions et pour vos témoignages. Le téléphone seul, 01-45-24-7000. Nous partons au Bourget. Dolorès, directrice d'école, est en ligne. Bonsoir, Dolorès. Bonsoir. Vous souhaitiez intervenir, Dolorès ?
Oui, parce qu'on nous parle de protocole sanitaire, on ne nous parle que de ça. Alors, je voudrais juste dire à M. le ministre que pour appliquer le protocole sanitaire, encore faudrait-il qu'il nous fournisse des masques que nous n'avons pas. Nous n'avons pas de gel, nous n'avons pas de lingette. Il ne faut pas faire de brassage, dit-il, mais nous avons des enseignants absents, non remplacés. On ne doit pas dire aux parents de garder les enfants, ou en tout cas, on doit leur dire de façon orale, mais ne pas l'écrire. Il ne faut pas qu'il y ait de traces. Et pourtant, nous ne pouvons plus accueillir les enfants car il y a trop de brassage.
Il nous dit qu'il y a un protocole sanitaire à la cantine renforcée, mais M. le ministre, il est impossible à appliquer. Si nous sommes honnêtes avec les enfants, avec les familles, avec nous-mêmes, c'est impossible. On est maltraité parce qu'on ne peut pas faire notre travail, on ne peut pas accueillir les enfants correctement. Et qu'on ne nous dise pas que nous voulons absolument fermer les écoles. On travaille dans le 93, on travaille avec les enfants, on sait que l'école est importante, mais recevons-les avec dignité. Protégeons le personnel, faisons en sorte que les enfants puissent venir à l'école en sécurité, et les personnels aussi, et arrêtons de dire n'importe quoi.
On est fatigué, M. le ministre, d'appliquer des choses inapplicables. Voilà ce que je voulais vous dire, surtout ce soir.
Merci Dolorès. Je précise quand même que le ministre n'est pas là. Jean-Michel Blanquer, vous vous êtes adressé à lui. Alors peut-être qu'il écoute France Inter à l'heure qu'il est, mais il n'est pas dans ce studio, il n'est pas en ligne avec nous ce soir, Dolorès. Mais on va tout de même réagir à tout ce que vous nous dites. Je vais me tourner pour commencer vers Sophie Vénétité, qui est enseignante, vous êtes professeure. Est-ce que ce que dit Dolorès, qui est directrice d'école, c'est quelque chose que vous entendez, vous, du côté de vos confrères enseignants, tout simplement ?
Oui, ce que vient de dire Dolorès, on l'entend dans le premier degré, dans le second degré, dans les écoles, dans les collèges et les lycées. C'est extrêmement révélateur de ce qui se passe aujourd'hui dans l'éducation nationale. Il faut bien en prendre la mesure, en raison du déni de réalité du ministre de l'éducation nationale depuis des mois, on se retrouve à gérer les effets d'une épidémie historique. Pourquoi vous dites déni de réalité ? Parce que pendant des mois, le ministre a nié la réalité de la contamination en milieu scolaire.
Pendant des mois, on nous a dit que tout se passait très bien, et qu'il n'y avait pas besoin vraiment d'un protocole sanitaire renforcé, puisque jusqu'ici, les protocoles sanitaires étaient, ce que Jean-Michel Blanquer appelait lui-même, des protocoles sanitaires si possible, c'est-à-dire des mesures qui n'étaient pas obligatoires. Et pendant tout ce temps-là, l'épidémie a circulé, le virus a circulé, et aujourd'hui, c'est vrai qu'on est dans une situation critique pour les élèves, il ne faut jamais perdre ça de vue, mais aussi pour les adultes, et finalement pour toute l'éducation nationale. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, on a envie de dire, mais quel gâchis !
C'est-à-dire que si le ministre de l'Éducation nationale nous avait écoutés, parce que nous, on fait des propositions depuis le mois d'août, et même depuis le mois de juin dernier, s'il nous avait écoutés, on ne serait pas dans cette situation-là aujourd'hui.
Docteur François Bourdillon, sur la question, ce que disait Sophie Vénédité, du déni de réalité concernant la réalité des contaminations, qu'est-ce que vous dites, vous, en tant que spécialiste de santé publique ? Est-ce qu'il y a eu déni, d'après vous ? Oui, il y a eu une certaine forme de déni, parce que les enfants sont moins sensibles au Covid, on faisait assez peu de dépistages à l'époque, et les enfants ne font pas de cas graves. Et donc, finalement, ce n'était pas si important.
Or, lorsqu'on regarde les chiffres, et qu'on regarde les chiffres en particulier de Santé publique France, on s'aperçoit qu'il y a un certain nombre d'enfants qui sont contaminés, et de manière assez importante, puisque lorsqu'on regarde les chiffres aujourd'hui, la semaine dernière, c'était 38 000 enfants de moins de 18 ans qui étaient contaminés. Et donc, il y a un vrai déni qui était peut-être mis en place pour renforcer le discours sur l'ouverture des écoles et pour ne pas les fermer.
Toujours est-il qu'il y a une contamination au sein des écoles, entre enfants, enfants vers professeurs, enfants vers famille, et l'inverse est vrai d'ailleurs aussi, et que si on veut lutter contre l'épidémie de Covid, il faut s'organiser pour essayer de casser les chaînes de transmission. Rodrigo Arenas, coprésident de l'AFCPE, j'aimerais que vous réagissiez à la fois aux chiffres dont vient de parler François Bourdillon, et puis à ce que disait Dolorès, cette directrice d'école qu'on sentait totalement désemparée tout à l'heure. Vous, en tant que parent d'élève, comment vous réagissez quand vous entendez ce témoignage ?
Écoutez, moi je sors du bureau d'un maire de Saint-de-Saint-Denis précisément, puisque Dolorès a dit qu'elle était en Saint-de-Saint-Denis, qui est prêt à faire l'effort national, comme les parents, comme les enseignants, comme tout le monde fait l'effort national. Simplement aujourd'hui, les décisions viennent toujours après les informations. J'entends votre invité qui explique les courbes épidémiologiques qui sont très augmentées, mais ces courbes-là, on les avait déjà dans d'autres pays.
C'est-à-dire que la France se comporte toujours en mode cocorico, en mode village d'astérix, comme si tout ce qui se passait à l'extérieur de ce pays n'allait pas avoir d'incidence et n'allait pas arriver dans nos frontières. Cette situation n'est pas acceptable, elle n'est pas possible. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, tout le monde est prêt à faire cet effort-là. Mais on ne sait ni comment ni quoi, parce que, par exemple, les maires ont recensé les salles qui sont disponibles pour permettre aux enseignants de faire baisser les effectifs dans les écoles. Simplement, les recteurs ou les préfets ne prennent pas la décision et ne donnent pas l'ordre de les mettre en application.
Donc le résultat, c'est qu'on crée trop d'enfants positifs ou même asymptomatiques, car c'est ça le problème qu'on a aussi, comme les enseignants qui sont asymptomatiques et qui vont bosser, c'est qu'on crée des mini clusters qui, en fait, contaminent le reste de la population. Car nous, on le dit depuis des mois, les écoles sont au cœur des quartiers, sont au cœur des villages, sont au cœur de la société. Donc quand vous avez des gamins qui sont porteurs du Covid, peut-être eux n'ont pas eu par le passé des cas graves, mais ils ont contaminé leur famille. Et c'était d'ailleurs l'étude qui avait été faite à Creil par l'Institut Pasteur.
C'est que les enfants n'étaient pas forcément porteurs de cas graves, mais ils avaient contaminé leur famille et leur entourage. Donc c'est cela aujourd'hui qu'on ne peut plus continuer à faire l'autruche. Et j'ai envie de vous dire, on ne croit plus non plus la parole publique. Et ça, c'est terrible. Rodrigo Arrhenaz,
juste une chose. Le gouvernement a pris le pari de garder les écoles ouvertes. Il veut garder les écoles ouvertes. C'est vrai, contrairement à d'autres pays, mais c'est vrai qu'un certain nombre de pédiatres, des pédopsychiatres, disent que c'est très important que les enfants puissent aller à l'école. Vous, en tant que représentant d'une organisation de parents d'élèves, vous partagez au moins cet objectif, que les enfants aillent à l'école ?
Évidemment, nous nous souhaitons que nos enfants aient une scolarité, comme les enseignants ont envie que les enfants aient une scolarité, comme tout le monde veut envie que les enfants aient une scolarité, mais pas à n'importe quel prix. Aujourd'hui, qui est en train de prier le prix du coût qui coûte ? Ce sont les enseignants, ce sont les enfants, ce sont les personnels qui font le ménage, ce sont les ADSEM qui aujourd'hui ne peuvent plus exercer parce qu'elles sont aussi Covid positives, et ce sont nos concitoyens. C'est eux qui sont en train de payer le prix de ce coût, de ce quoi qu'il en coûte.
Donc la question qui se pose aujourd'hui, elle est simple, ce n'est pas de voir un arbitrage binaire en mode reptilien et se confirme, on ouvre les écoles, c'est combien de milliards on met sur la table pour permettre que les écoles soient ouvertes ou alors que la scolarité puisse continuer. Parce qu'il y a des effets d'annonce qui sont faits à grand renfort de conférences de presse, mais on ne parle jamais de moyens financiers.
Si, moi je peux vous en parler, Jean-Michel Blanquer a rendu 200 millions d'euros du budget d'éducation nationale à son collègue du budget, 200 millions d'euros qui auraient été extrêmement utiles, ne serait-ce que pour fournir des masques gratuits, des masques chirurgicaux aux enseignants et aux élèves.
Alors ça, je ne vais pas pouvoir vous répondre sur ce point-là, Rodrigo Arenas, on y reviendra peut-être un petit peu plus tard. On va prendre Myriam qui est enseignante. Bonsoir Myriam. Oui, bonsoir.
Dans un lycée du Rhône, c'est ça ? Oui, tout à fait. Donc à Lyon, nous avons été confinés hier et moi je voulais simplement, alors que je souscris totalement à tout ce qui a été dit jusqu'à présent, mais justement, je voulais rajouter une chose sur la contradiction qui existe entre les discours donc de M. Véran, M. Castex sur les demi-jauges donc en lycée et je peux vous dire qu'en fait, il y a une telle latitude qui est laissée aux chefs d'établissement que moi, dans mon lycée, il n'y a pas de demi-groupe dans les classes.
Il y a simplement donc des élèves par niveau qui viennent un jour sur deux et les premières, il a été décidé qu'ils seraient là 100% en présentiel et j'ajoute une chose, c'est qu'on a affaire aussi à des adolescents pour qu'ils portent du masque n'est pas une évidence et qu'ils retirent des possibles et qu'on passe notre temps en classe à leur demander de mettre le masque. Moi, ce que je demande, c'est ce qu'il aurait fallu faire au mois de septembre, c'est embaucher massivement comme l'a fait l'Italie pour nous permettre de fonctionner en demi-groupe. unanimement, nous ne souhaitons pas la fermeture des écoles mais pas effectivement comme l'a dit M. Arena, c'est à n'importe quel prix.
Là, nous avons eu des fermetures de classes la semaine dernière, des collègues qui sont malades dans des proportions qu'on n'avait pas vues jusqu'à présent. Donc, voilà, nous souhaitons aussi préserver à la fois la santé des personnels, des enfants et de leur famille. Voilà ce que je voulais dire.
Merci Myriam pour ce témoignage. Une réaction, Sophie Vénédité du SNES-FSU ?
Oui, ce qui se passe dans les lycées est très révélateur de la façon dont est gérée cette politique sanitaire puisqu'on a entendu cette expression 50% présentiel ou demi-jauge. Alors, quand on n'est pas dans l'éducation nationale, on se dit c'est formidable, ça veut dire que les élèves, finalement, on va diminuer le nombre d'élèves dans les classes. En fait, il y a une très grande disparité de situations. Concrètement, aujourd'hui, dans des lycées, vous avez effectivement des classes qui sont en demi-groupe et ça veut dire 15, 16, 17 élèves et effectivement, vous réduisez le nombre d'élèves dans la classe. Mais vous avez aussi d'autres situations.
Vous avez toujours la classe en entier qui vient un peu moins mais qui est quand même là tout le temps. Donc, ça veut dire qu'il y a du brassage. Et c'est finalement parce qu'il n'y a pas eu de consigne claire au niveau national qui s'appliquerait dans les 19 maintenant départements dits confinés que chacun organise ce fameux 50% ou cette demi-jauge comme il souhaite. Et encore une fois, à force de ne pas dire clairement comment protéger les uns et les autres, on en arrive dans des situations telles qu'elles étaient décrites ici où finalement on n'est pas complètement en train de sécuriser les lycées. Sur le point presse de Jean-Michel Blanquer tout à l'heure.
Oui, alors c'était un point presse qui est encore une fois assez surréaliste parce qu'hier soir on a Olivier Véran qui nous annonce un protocole sanitaire renforcé. Cet après-midi, on a Jean-Michel Blanquer qui nous annonce une mesure renforcée. Fermeture de classe à partir du premier cas. Fermeture de classe à partir d'un cas. Dans les départements concernés. Voilà, mais par exemple il n'a rien dit des collèges, il n'a rien dit des cantines, il n'a rien dit de la politique de test dans les collèges et les lycées. Aujourd'hui dans les collèges et les lycées on ne teste pas. On a Olivier Véran qui nous dit la stratégie nationale c'est tester, alerter, protéger.
Si dans les collèges et les lycées vous ne testez pas, vous ne pouvez pas isoler ensuite comme il faut et casser les chaînes de contamination. Donc encore une fois on a les discours et les actes et du côté des actes il n'y a rien de suffisant.
du protocole officiel tel qu'il est annoncé par le ministre et qui visiblement ne satisfait pas les enseignants et les parents d'élèves ou est-ce qu'au niveau des établissements il y a des choses à faire au niveau de l'implication des uns et des autres et des enfants ? Alors, la première chose c'est qu'en santé publique on a besoin de concis on a besoin d'instructions mais ça ne suffit pas. Et il faut mobiliser les acteurs. Mais mobiliser les acteurs c'est une forme de politique publique aussi.
Donc ça c'est très important parce qu'on a besoin de s'appuyer sur les enseignants on a besoin de s'appuyer sur les élèves et les valoriser dans leur comportement on a besoin de s'appuyer sur les directeurs d'établissements je ne sais pas pour acheter des capteurs de CO2 et puis il faut mettre la politique en oeuvre. Et j'ai l'impression qu'en France on sait bien prendre un certain nombre de décisions très haut niveau mais qu'on ne les accompagne pas.
Et si je prends l'exemple qui a été soulevé par la personne de la FCPE sur les moyens financiers qui peuvent être donnés il est très important de pouvoir financer des capsules vidéo des moyens de promotion de la santé des affiches d'acheter des capteurs de CO2 de mettre en place une politique de dépistage pour avoir une logique de réduction des risques et de faire ensemble que le jeu des acteurs se mette en mouvement de manière à ce qu'on ait une politique de prévention promotion de la santé digne de ce nom pour protéger la transmission entre élèves entre élèves et adultes et en particulier les professeurs et les parents.
Vous voyez Rodrigo Arenas François Bourdillon rejoint ce que vous disiez tout à l'heure.
Parce qu'en fait on est sur le terrain vous savez les parents aujourd'hui il faut qu'ils rassurent les mômes qui passent le bac parce qu'ils ne savent pas comment ça va se passer et que comme le disait Sophie Vignaté il y a une très grande inégalité de traitement donc des inégalités scolaires aujourd'hui qui s'organisent au niveau des établissements ce qui fait que le baccalauréat si on le fait comme avant ce qui avant n'existe pas et bien on va voir des bacs qui seront différents et appréciés différemment parce que ce sont les mentions qui vont compter et non pas l'obtention du baccalauréat.
Mais vous avez ça aussi dans les autres classes quand vous avez les gamins qui vont à l'école ils ne savent pas s'ils vont être dans la classe parce que leur enseignant peut être malade et qu'ils sont renvoyés dans la classe d'à côté où les effectifs montent mécaniquement c'est ça la réalité que vivent les parents et que vivent les enfants qu'on passe notre temps à rassurer les enfants parce qu'ils ont peur aussi comme les parents et qu'on n'a pas de réponse à leur apporter et aujourd'hui le ministre avec sa conférence de presse qu'est-ce qu'il a dit ?
Il a dit qu'avec un cas positif on ferme l'école ben excusez-moi il est en train de dire qu'on va fermer les écoles parce que des cas positifs il y en a de plus en plus partout donc la question qui se pose si on ferme une école si on ferme une classe ben qu'est-ce qu'on fait des enfants qui sont à la maison parce que normalement si on suit les consignes du protocole du ministère de la Santé c'est 17 jours d'éviction qu'on soit adulte ou qu'on soit enfant et quand vous êtes dans une famille vous pouvez multiplier par toute la famille parce que vous ne devenez qu'à contact donc vous voyez toutes ces préconisations qui sont faites au plus haut sommet de l'État ne sont pas réalisables dans la réalité car nous ne sommes pas prêts nous ne sommes pas prêts parce que les moyens n'ont pas été mis sur la table et encore une fois nous avons vu un plan de relance de la France qui s'est établi à 100 à 110 milliards d'euros à l'Assemblée nationale rien pour l'école ça veut dire qu'aujourd'hui l'école n'est pas une priorité et il faut se le dire tranquillement parce que ça veut dire qu'on sait ce qu'on doit exiger pour toutes celles et ceux qui défendent l'école de la République je rappelle que l'école c'est la seule chose que nous avons en commun en France nous allons tous à l'école donc à partir de là aujourd'hui il faut que les parents les enseignants les élèves les oncles les tantes les grands-pères toutes celles et ceux qui ont un enfant qui va à l'école se mobilisent pour exiger ces moyens-là parce que sinon nous savons que nous ne l'aurons pas nous n'aurons que des mensonges d'une certaine façon dans des conférences de presse donc nous invitons les parents tous les mercredis et toutes celles et ceux qui soutiennent les enfants tous les mercredis à 18h de faire des casserellades parce qu'il n'y a que ce moyen pour se faire entrer d'aujourd'hui les casserellades oui sortir c'est-à-dire que nous avons prendre les casseroles et sortir applaudir voilà nous avons su applaudir les soignants et à juste titre parce qu'ils nous sauvaient la vie nous invitons toutes celles et ceux qui sont les défenseurs de l'école de la République de taper dans les casseroles tous les mercredis à 18h pour demander que l'État prenne la mesure financière des besoins qu'il y a dans l'école pour que les enseignants fassent leur métier pour que les enfants n'aient pas la boule au ventre et que l'école reprenne du sens qu'elle soit le plan de relance de la France c'est l'école
merci Rodrigo Arenas on va repartir au standard Thierry bonsoir bonsoir dites nous où vous êtes Thierry je ne sais pas dans le lot dans le lot dites nous tout
oui
vous êtes enseignant Thierry
je suis une fille allo oui j'ai une fille qui est en quatrième et depuis le début de l'épidémie il y a eu un test dans le collège qui a été organisé sauf qu'il était facultatif il fallait que les parents téléphonent pour s'inscrire conclusion il y avait à peu près deux élèves par classe qui ont fait je crois je n'ai pas les chiffres précisément donc je considère que c'est parfaitement inutile ça ne sert à rien d'autant plus que si les informations que j'ai entendues sur différents médias sont exactes il y a des pays en Europe où c'est obligatoire et deux fois par semaine alors je suis voilà je suis étonné
et surpris merci beaucoup Thierry pour cette intervention docteur François Bournillon sur les tests qui sont organisés facultatif pas obligatoire la question d'obligation est une question difficile mais votre auditeur a raison en disant qu'il y a beaucoup de pays y compris notamment l'Angleterre qui ont pris des décisions importantes la première est de faire un échantillon représentatif régulier de la population des élèves pour connaître leur niveau de contamination alors on peut faire des échantillons aléatoires on peut faire des cohortes et régulières et ça permet d'avoir un juge de paix pour savoir quel est le niveau de contamination à l'école et ça c'est extrêmement important parce que ça permet de rompre le déni dans ce domaine là parce que vous nous dites que pour l'instant tel que c'est fait en fait on n'a pas une photo exacte de l'état de la situation on n'a pas une photo exacte on a des résultats de thèses de dépistage qui sont faits dans les écoles qui sont d'ailleurs assez inquiétants parce que quand vous regardez les thèses qui ont été réalisés on est à 400 pour 100 000 dans les lycées c'est-à-dire supérieur à la moyenne de l'ensemble de la population de la métropole donc il y a une vraie circulation du virus dans les écoles et après la question du dépistage il faut pouvoir l'organiser lorsqu'il y a des enfants asymptomatiques quand il y a des cas contacts mais il faut arrêter de penser qu'on va demander l'autorisation de pouvoir les réaliser et beaucoup de pays prennent des stratégies qu'on appelle en anglais opt-out c'est-à-dire qu'on propose de thèses à tout le monde et on ne demande pas l'autorisation sauf les parents peuvent s'opposer donc c'est un peu comme pour le don d'organes finalement peu de parents s'opposent et on arrive à voir lorsqu'il y a un enfant qui est contaminé dans une classe la quasi-totalité des enfants qui se font dépister et du coup ça a du sens voilà et donc moi je plaide pour qu'on ait plus de tests encore dans l'école on en a fait 200 000 la semaine dernière il faut encore en faire plus de les faire de manière raisonnée et surtout de les faire de manière à ce qu'il n'y ait pas trop d'opposition de manière à ce qu'on puisse donner du sens à ces tests et que derrière la formation des parents des professeurs et des chefs d'établissement soient transparentes Sophie Vénédité comment ça se passe les tests salivaires depuis le début ?
Alors les tests salivaires se déroulent essentiellement dans le premier degré donc dans les écoles primaires, maternelles ça a été extrêmement compliqué à se déployer ça s'est déployé très tard ça demande une grosse charge de travail aux directeurs d'école qui doivent prendre en charge un certain nombre de choses dans le second degré il n'y a pas de tests salivaires on en reste à ces fameux tests qu'on dit nasopharyngés qui sont très mal acceptés et finalement on se retrouve six mois après le début de l'année scolaire sans véritable stratégie de test dans l'école c'est quand même là aussi assez surréaliste de voir qu'on a Olivier Véran qui nous dit qu'on fait quatre tests par seconde en France et qu'on est les champions d'Europe sur les tests et que dans l'école on a été incapable de mettre en oeuvre toutes les énergies possibles pour tester comme il faut et donc encore une fois est-ce que l'école est vraiment la priorité quand on n'est pas capable quand notre pays n'est pas capable de mettre toutes les énergies nécessaires pour tester pourquoi est-ce que quand je sors en bas de chez moi il y a des barnum pour tester en bas d'une pharmacie ou autre et pourquoi dans mon lycée on a eu une ou deux enfin deux opérations de test parce qu'on est un gros lycée et qu'ils font très attention à nous mais que dans d'autres lycées il n'y a strictement rien eu donc la vraie question elle est là est-ce qu'on s'est donné les moyens de dépister et de gérer l'épidémie dans les collèges et les lycées la réponse est non sur les tests comme sur bien d'autres choses le compte n'y est pas Rodrigo Arenas
sur l'opposition éventuelle de certains parents et sur le fait que les tests puissent être obligatoires quand dit la FCPE ?
écoutez nous on dit que les parents doivent faire tester les enfants comme ils doivent se tester eux-mêmes dès lors qu'ils ont un doute parce que la liberté de chacun ne doit pas entamer celle des autres et on n'a pas le droit aujourd'hui il me semble en tout cas en République de prendre un risque pour soi qui peut être un risque pour l'autre donc on a toujours été très transparent là-dessus d'ailleurs sur les tests on a y compris soutenu les enseignants dès la première heure quand on a appris qu'ils devaient mettre un euro de leur poche pour leur propre test salivaire qui pour nous est de l'ordre de la responsabilité de l'employeur donc voilà moi oui je rejoins Sophie Vignatet et votre invitée c'est qu'à un moment donné quand on veut lutter contre une pandémie on a besoin de tout le monde d'ailleurs nous avons proposé nous de mettre à disposition les parents de la FCPE pour aider sur ces tests-là parce qu'il y en a vous savez ils ont un brevet de secourisme ils peuvent faire des massages cardiaques donc je pense qu'ils peuvent aider en tout cas c'est ce qu'ils nous disent à faire un test salivaire aux enfants vous savez on est tous bénévoles à la FCPE c'est 300 000 à par an dans ces 300 000 par an il y en a qui peuvent prêter mais encore faut-il que les moyens soient sur la table et une direction qui soit lisible et crédible pour faire en sorte que l'effort national se mobilise or aujourd'hui qu'est-ce qu'on est en train de faire on est en train d'organiser la débrouille on est en train d'organiser une sorte de république féodale où chacun avec sa volonté et ses moyens du bord essaye d'apporter une réponse qui doit être d'ordre national comme les masques les masques que nous avons exigés et nous avons demandé dès l'été qu'ils soient mis à disposition des élèves et des enseignants parce que ça fait partie d'une politique publique de santé une politique de santé publique ça ne peut pas être laissé à libre cours de chacun de faire comme il le veut en mettant en danger l'autre et à ce titre-là ça doit être pris en charge par l'État c'est pas aux régions aux départements et aux communes d'assumer une responsabilité nationale c'est pour ça que nous avons un État en France on n'est pas dans une régionalisation des politiques de santé surtout quand on est en pandémie donc voilà la situation dans laquelle nous sommes il est temps de remettre de l'intérêt général dans tout ça et arrêter de faire la somme des intérêts individuels parce que ça ne fait pas de l'intérêt général donc nous on est très clair oui les parents doivent faire en sorte que les enfants soient testés parce qu'ils ne peuvent pas être soupçonnés d'être un danger pour l'autre on va s'en sortir ensemble et pas chacun dans son coin sauf que les politiques aujourd'hui c'est un peu la débrouille la débrouille vous savez c'est chacun pour soi c'est SOS et chacun pour sa gueule et bien ça c'est pas une politique d'État on exige que l'État
joue son rôle Merci Rodrigo Arenas on va aller à Amboise et c'est Mathis 13 ans qui est en ligne bonsoir Mathis
bonsoir
un témoignage
oui je voudrais parler des conditions qu'on fait pour passer à la cantine alors racontez nous donc quand on est à la cantine on passe par classe et le problème c'est que on n'a pas nos masques donc pour manger c'est logique sauf qu'on est à moins d'un mètre et on est donc à une classe donc 25 à peu près donc sur une grande tablée et vu qu'on a moins d'un mètre on parle on mange on rit c'est aussi un manque qui est propice à la propagation du virus voilà
et il y a eu des cas dans votre établissement ?
oui il y a eu des cas des cas contacts et des cas dans l'établissement
et ça veut dire qu'il y a des classes qui ont été fermées ?
non parce qu'il y a eu des cas contacts mais il n'y a pas eu les cas contacts qui ont été positifs
ok Mathis merci beaucoup pour ce témoignage sur la question de la cantine professeur François Bourdieu on dit que nous effectivement ça fait partie des lieux à risque de contamination oui les restaurants les cafétariats d'entreprise à l'école les cantines sont des lieux de transmission c'est très connu donc la distanciation sociale elle est fondamentale puisque par définition on enlève le masque lorsque l'on mange et il faut savoir la respecter et donc il faut être assez drastique dans ce domaine-là donc je vois bien qu'il y a beaucoup de mesures positives ont été faites pour essayer d'étaler les heures de repas mais lorsqu'on n'a pas suffisamment d'espace je pense qu'il faut prendre certaines solutions qui ont été évoquées qui ont été réalisées dans certains pays notamment celle de mettre des barnum des barnum de les cours de récréation de manière à exiger et imposer la distanciation entre les élèves pour essayer de réduire les niveaux de contamination et ceci est urgent notamment dans les régions les plus touchées où la transmission à l'école est maintenant bien réelle Sophie Vénétité du SNES-FSU qu'est-ce qui vous remonte du terrain concernant la cantine ça reste un gros problème
le gros point noir la cantine est un gros point noir on le sait depuis un moment puisque c'est le moment où effectivement les élèves enlèvent les masques nous on avait alerté Jean-Michel Blanquer sur la question de la cantine dès le 24 août en lui disant attention là il y a un point il y a un point faible il va falloir prendre des mesures très rapides là aussi on avait fait des propositions par exemple en disant plutôt que de mettre tous les élèves en même temps dans la cantine peut-être avoir une deuxième salle ou effectivement un barnum et en répartissant mieux les élèves quitte peut-être à ce qu'ils aient un repas froid mais il vaut mieux qu'ils aient un repas froid que pas de repas du tout si on ferme la cantine peut-être travailler aussi avec les collectivités territoriales en matière de portage de repas si les élèves ne déjeunent pas un jour enfin le jour où ils ne sont pas dans l'établissement scolaire donc il y avait plein de solutions sur la table on en a parlé on n'a jamais eu de réponse et là aussi le symbole c'est ce qui s'est passé la semaine dernière enfin il y a dix jours Jean Castex dans son allocution il parle de la restauration d'entreprise il ne parle pas de la restauration scolaire et qu'est-ce qui a été fait pour la restauration scolaire ?
Rien alors qu'encore une fois on avait des propositions on a des mesures à prendre pour la cantine et il y a vraiment une urgence parce qu'on sait que c'est le point faible du protocole et c'est vrai que encore une fois tout à l'heure lors de sa conférence de presse Jean-Michel Blanquer n'a pas abordé la question des cantines donc c'est encore une fois révélateur de la façon dont est gérée l'école ça fait six mois qu'on dit que c'est un problème six mois qu'on propose des choses six mois que Jean-Michel Blanquer n'évoque jamais ces sujets-là
Nous partons dans le Jura retrouver Henri bonsoir Henri Oui bonsoir Merci d'avoir patienté Henri
Merci de prendre ma remarque voilà j'adhère complètement à ce que disent vos invités sur le déni parce que moi mon épouse est enseignante dans un lycée du Jura et je ne vous cache pas que lundi elle a surveillé l'épreuve de BTS 60 gamins dans une salle sans distanciation sociale sans rien du tout l'établissement enfin l'administration de l'établissement fait comme s'il ne se passe rien dans cet établissement depuis la rentrée et bien ce soir on vient d'apprendre que mon épouse est cas positif au coronavirus vous voyez donc on sent bien moi je ne travaille pas dans l'éducation nationale je travaille dans une grosse entreprise privée les entreprises ont pris des mesures chez nous c'est très drastique mais je veux dire par contre là dans le lycée où est mon épouse j'ai une fille qui est encore au lycée et bien non je suis désolé il n'y a rien on fait comme si je veux dire il n'y a pas de gel hydroalcoolique il n'y a pas de masque et puis de toute façon comme on ne peut pas vu les locaux vu les salles de classe vu les bâtiments faire de la distanciation sociale alors on fait comme si tout allait bien voilà
mais écoutez Henri on espère que ça va bien se passer pour votre épouse et que ça va que ça va rester on va dire asymptomatique et qu'elle va se remettre rapidement en tout cas il va falloir qu'elle s'isole ça c'est certain on lui souhaite le meilleur et à vous aussi Sophie Vénétité on a beaucoup de messages d'enseignants c'est son époux qui nous appelle qui font état effectivement de cette inquiétude d'une forme d'exaspération aussi dans la profession une peur chez certains
oui il y a de l'exaspération il y a de la colère il y a de la peur aussi parce que ça fait 6 mois qu'on dit attention la situation est particulière l'année va être particulière ça ne va pas être une année normale on a eu la deuxième vague au mois de novembre on est en plein dans la troisième vague et face à toutes nos inquiétudes face à toutes nos remarques la seule réponse qu'on a eu de la part du ministre c'est mais si vous voulez alors en fait vous voulez fermer les écoles alors qu'en fait non on ne veut pas fermer les établissements scolaires on veut se donner les moyens de ne pas les fermer et quand on dit attention il faudrait un peu plus de protection le ministre nous dit oulala mais c'est très mal de fermer les écoles il est dans cette espèce de débat extrêmement binaire alors que ça nécessiterait beaucoup plus de nuances et que ça nécessiterait des mesures concrètes à prendre et puis quand on dit aussi attention il faut bien faire les choses il y a des mesures à prendre la deuxième réponse du ministre de l'éducation nationale c'est de nous dire mais regardez on est les meilleurs en Europe on a battu l'Italie on a battu les Etats-Unis ce ne sont pas les réponses qu'on attend sur le terrain sur le terrain on voit les cas positifs se développer on voit ce qu'il ne se passe pas à la cantine donc la principale réponse qu'on attend c'est pas de savoir qu'on est meilleur que l'Italie la principale réponse qu'on attend c'est comment est-ce qu'on fait pour tester comment est-ce qu'on fait pour isoler comment est-ce qu'on fait pour avoir des capteurs de CO2 bref comment est-ce qu'on fait pour avoir une vraie politique sanitaire dans l'école qu'on n'a pas eu jusqu'ici parce que le ministre a refusé de voir la réalité en face
François Bourdillon vous qui êtes médecin j'aimerais avoir votre réaction à ce que nous disait Henri concernant son épouse et puis vous posez plus globalement la question de ce risque de transmission des jeunes aux adultes alors on n'a pas forcément des chiffres très précis concernant la contamination des jeunes aux enseignants mais on sait grâce à l'étude Comcor qui est menée par l'Institut Pasteur qu'avoir un enfant scolarisé ça représente un sur-risque d'infection pour les adultes qu'est-ce qu'on peut dire de ces infections ?
Ce qu'il faut comprendre c'est que les enfants sont moins sensibles c'est clair et la bascule elle se fait entre 12 et 14 ans et après c'est quasiment comme les adultes mais pour autant les enfants se contaminent et lorsque les études sont faites chez les enfants contaminés on s'aperçoit que la charge virale dans le pharynx est à peu près identique à celle des adultes donc très clairement un enfant qui est positif peut contaminer un camarade ou peut contaminer un adulte ça c'est quelque chose de prouvé et votre exemple de l'auditeur du Jura sur la surveillance de ce groupe une surveillance avec 60 enfants sans distanciation sociale est un milieu clos typique de ce qui est possible en termes de transmission et dans ce type de choses il faudrait faire la distanciation sociale il aurait fallu mettre des capteurs de CO2 pour pouvoir avoir l'alerte pour pouvoir aérer régulièrement la salle de classe et donc ça c'est des choses qui sont maintenant très très bien identifiées dans la littérature internationale et qu'il faut vraiment mettre en oeuvre si on veut réduire les contaminations au sein de l'école nous allons prendre Thomas qui est dans l'Ain bonsoir Thomas bonsoir directeur d'un centre d'un accueil de loisirs c'est ça ?
voilà tout à fait donc on accueille les enfants après l'école et donc c'est très compliqué parce qu'en fait on a des enfants qui arrivent de classes différentes et si on suit le protocole qui nous est donné on doit séparer les groupes mais nous le problème c'est que les groupes n'étant pas définis ni dans la taille ni dans un niveau donc on a essayé maintenant de séparer par classe et ce qui veut dire que des fois on va avoir six enfants dans une classe et puis un dans une autre donc c'est très compliqué de les séparer et donc on fait tant bien que mal avec les animateurs qu'on a puisqu'on a un animateur pour huit enfants mais pour huit enfants on aura peut-être quatre classes différentes
voilà le problème existe pour les enseignants il existe aussi pour le périscolaire merci Thomas je vous presse un peu parce qu'il est déjà 53 et je voudrais qu'on prenne encore un certain nombre d'auditeurs et puis qu'on vous réponde Rodrigo Arenas sur le cas du périscolaire ce que nous dit Thomas vous confirmez que c'est compliqué pour le périscolaire aussi
c'est extrêmement compliqué vous savez moi j'ai des parents qui m'écrivent ou qui nous appellent en disant qu'ils ont leurs gamins par exemple qui sont en maternelle qui mangent à une heure de l'après-midi parce qu'ils font plusieurs services et donc les gamins ils ont faim c'est ça la réalité au moins j'ai des gamins aujourd'hui qui m'expliquent et qui pleurent parce qu'ils ne savent pas dans quelles conditions va avoir l'école après eux qui n'ont pas de nouvelles forcément de leurs enseignants alors qu'ils savent qu'ils sont Covid positifs donc ils vivent avec cette morbidité au quotidien parce que les enseignants ils aiment les élèves mais les élèves aiment aussi leurs enseignants c'est dans les deux sens hier j'étais en réunion en visio avec des élèves de BTS ils étaient une quinzaine autour de la visioconférence il y en a deux qui se sont mis à pleurer ils se sont mis à pleurer parce qu'ils ne savent pas comment ça va se passer on leur demande de répondre à des conditions scolaires qui sont impossibles à tenir donc c'est cette souffrance aujourd'hui à laquelle il faut répondre et il ne faut pas y répondre en disant vous inquiétez pas aujourd'hui il pleut mais demain il y aura du beau temps serrez les dents courber des chines parce que demain il fera beau non il faut leur dire voilà aujourd'hui l'Etat se mobilise met des millions sur la table pour faire en sorte qu'une scolarité sous Covid puisse se faire du mieux qu'elle peut il va falloir retoucher les programmes il va falloir parler des examens parce qu'on a besoin d'apporter des réponses à nos enfants et qu'aujourd'hui les enfants sont dans le vague comme Sophie Vinat est dans le vague comme moi en tant que représentant de la première fédération parenté dans le vague et comme aussi on n'écoute pas les épidémiologistes on n'écoute pas les virologues qui disent depuis longtemps ce que nous sommes en train de vivre donc à un moment donné en tant que parent on ne peut pas continuer à dire Blanquer ment le gouvernement fait rien parce que en fait nous on doit aussi avoir ce rôle civique de dire à nos enfants que celles et ceux qui nous gouvernent prennent soin d'eux et que l'école ne peut plus être au lieu des souffrances ni pour eux
ni pour personne merci Rodrigo Arenas on va prendre un dernier appel on va aller à Limoges Frédéric est en ligne bonsoir Frédéric vous êtes enseignant ?
oui non non non je ne suis pas enseignant
ah bon mais ce n'est pas grave vous êtes auditeur de France Inter c'est l'essentiel
dites-nous tout je vais vous appeler pour poser la question suivante je voulais savoir si le corps enseignant était plutôt favorable à la vaccination et si ce ne serait pas justement une solution de vacciner les enseignants plutôt que de passer par une question d'âge et j'avais également une remarque à vous soumettre par rapport allez-y vite Frédéric de la pandémie puisque mardi je crois ou quelque chose comme ça un de vos journalistes annonçait qu'il y avait 500 cas pour 100 000 habitants dans la Seine-Saint-Denis et que c'était très grave et deux jours après on nous annonce que justement ce n'est plus du tout grave dans l'enseignement puisqu'il y avait 0,5% alors là
écoutez Frédéric je vais vous avouer que je ne sais pas très bien de quoi il s'agit très précisément donc on ne va peut-être pas pouvoir s'arrêter là-dessus mais je vous remercie beaucoup d'avoir appelé et je voudrais qu'on finisse quand même sur cette question essentielle de la vaccination Sophie Vénétité le ministre Jean-Michel Blanquer a dit cet après-midi il a répété que la vaccination des enseignants allait commencer il a dit fin avril je crois
oui cet après-midi il a dit fin avril au mois de janvier il avait dit le mois de mars donc on a un peu de mal à s'y retrouver mais c'est vrai que le président de la République a annoncé la date de la mi-avril c'est une bonne chose parce que nous on demande depuis un moment que les enseignants mais pas que les enseignants tous les personnels de l'éducation nationale soient prioritaires pour la vaccination que ça commence rapidement maintenant on a une date qui est posée il faut aller vite il faut l'organiser il faut se demander quelle va être la cadence de la vaccination comment ça va s'organiser concrètement où je vais me faire vacciner le Royaume-Uni est capable de vacciner 800 000 personnes en une journée c'est le nombre d'enseignants
vous avez l'impression que vos collègues sont favorables en tout cas ils sont volontaires
ils y sont favorables et la question aussi c'est maintenant qu'est-ce qu'on fait d'ici la vaccination comment est-ce qu'on protège les gens les collègues d'ici la vaccination Docteur François Bourdillon
sur la question de la vaccination c'est logique les enseignants auraient peut-être même dû être prioritaires dès le départ pour vous il y a beaucoup de beaucoup de priorités les soignants devaient être prioritaires et les professeurs sont exposés et je pense que c'est logique qu'on leur propose la vaccination et je pense même si on va un tout petit peu plus loin que dans quelques semaines dans quelques mois on pensera à la vaccination des enfants parce qu'on a besoin de revenir à une scolarité normale on a besoin de contribuer à l'immunité collective et puis on a besoin d'éviter les variants donc cette question de l'ouverture de la vaccination aux enfants en tout cas au-dessus de 12 ans elle sera posée et vous verrez très vite et on espère qu'il y aura surtout des vaccins Rodrigo Arenas c'est vous qui allez avoir le mot de la fin mais vous me promettez de faire court parce qu'on n'a plus beaucoup de temps allez vous avez vous avez 20 secondes sur la vaccination vacciner les enfants vacciner les parents
vacciner les profs nous avons il faut vacciner la CPE est pro-vaccin on est très clair on a toujours été écrits là-dessus c'est incompréhensible que les enseignants ne soient pas en première ligne parce qu'ils le sont et aujourd'hui pour pouvoir le réaliser il faut des moyens c'est pour ça qu'encore une fois nous appelons toutes celles et ceux qui soutiennent l'école qui soutiennent les enseignants et les enfants à sortir mercredi à 18h taper sur les casserole pour que ces moyens soient sur la table parce que les paroles s'envolent
mais l'argent
il reste
le message est passé merci beaucoup Rodrigo Arenas et j'ajoute et on va finir sur cette note là sur ce message d'Adeline une maman citoyenne qui nous a écrit qui tient à remercier les enseignants qui vont au front ce sont ces termes il faut les protéger dit-elle voilà Adeline c'est elle qui a eu le mot de la fin c'est ce qui a été