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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 23 novembre 2021 25 min

Marine Le Pen : "La violence d’Éric Zemmour à mon égard est incompréhensible"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la députée du Pas-de-Calais, candidate du Rassemblement National à l'élection présidentielle. Questions et réactions, amis auditeurs, 01-45-24-7000, passées autrement par les réseaux sociaux ou l'application de France Inter. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter, commençons par la situation en Guadeloupe. Hier, dans la journée, le Président de la République a évoqué une crise très explosive sur l'île. Dans la soirée, le Premier ministre Jean Castex réunissait à Matignon les élus de l'île, condamnation avec la plus extrême fermeté des violences et création d'une instance de dialogue sur l'obligation vaccinale.

Gérald Darmanin avait, lui, envoyé sur place ce week-end des unités du GIGN et du RAID. Le ministre de l'Intérieur a-t-il eu raison d'envoyer sur place ces unités ?

0:53
Marine Le Pen

Est-ce qu'on peut revenir un petit peu au début de cette crise quand même ? Parce que moi, ce que je reproche au gouvernement, c'est qu'il a toujours la même méthode qui est une méthode, à mon avis, délétère, qui consiste à laisser pourrir une situation, comme il l'a fait d'ailleurs pour les Gilets jaunes, comme il l'a fait pour la réforme des retraites, et attendre que la violence que ça génère, délégitime, en fait, discrédite les revendications ou le mouvement social. Donc, moi, je pense que la Guadeloupe est confrontée, ainsi que la Martinique d'ailleurs, à des problématiques auxquelles ils n'ont eu absolument aucune réponse depuis des mois, voire des années. Les sargasses.

L'État s'est complètement défaussé sur les collectivités, alors même que la Convention de Montégobé de 82 l'oblige à apporter une réponse. Le chlordécone. 90% de la population est touchée à du chlordécone dans le sang, et il y a un taux de cancer qui est un record du monde. Pas d'eau courante pour un tiers de la population. Et aucune réponse du gouvernement. Donc, si je puis me permettre, avec le coût de la vie, l'arrivée du Covid et les mesures qui ont été prises par le gouvernement ont été un peu la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

2:00
Invité

C'est peut-être la goutte d'eau qui fait déborder le vase. En tout cas, les protestations, les violences n'ont commencé que contre le pass sanitaire et l'obligation de vaccination des soignants. C'est ça le mot d'ordre il y a une semaine. C'est pas le chlordécone, etc.

2:16
Marine Le Pen

Ça n'est pas vrai. Je vous le dis, vous vous trompez. C'est un peu comme pour les gilets jaunes, si vous voulez, il y a un déclencheur. Pour les gilets jaunes, il y a eu un déclencheur qui a été le prix du carburant, mais la réalité, c'est que c'était l'ensemble de l'augmentation des dépenses contraintes et la baisse du pouvoir d'achat qui en est la conséquence qui est à l'origine.

2:32
Invité

Mais vous êtes contre l'obligation vaccinale des soignants ?

2:35
Marine Le Pen

Je suis contre l'obligation vaccinale des soignants. Je suis contre l'obligation vaccinale de quiconque. La réalité, c'est que je pense qu'il faut la liberté vaccinale. D'autant plus qu'en réalité, on s'aperçoit que dans cette crise sanitaire, le vaccin n'empêche pas ni d'attraper le Covid ni de contaminer les autres. Je pense que pour le coup, l'exemple vient d'en haut par l'intermédiaire du Premier ministre. J'en casse texte, mais ça veut dire quoi ? Quand vous dites ça, ça veut dire quoi ? Qu'on ne doit pas se faire vacciner ? On va y revenir. Pas du tout, mais on va y revenir. Permettez-moi quand même de dire, pour la Guadeloupe, que évidemment, les exactions ne sont pas admissibles.

Que ce sont les commerçants, ce sont les habitants, les classes populaires, les classes moines qui sont les premières victimes des violences. Bien sûr, les forces de l'ordre qui sont victimes des violences et l'ensemble des habitants qui sont victimes des blocages, qui sont les blocages de l'économie. La violence n'est pas une solution, mais je voudrais dire aussi au gouvernement que la réponse ne peut pas être uniquement policière à une crise telle que celle-là. La réponse, elle doit être politique. Et c'est toujours pareil.

On attend que ce soit le chaos général, et ça c'est la technique d'Emmanuel Macron, qui aura définitivement été le président du chaos, pour pouvoir mettre en place les circonstances du dialogue.

3:52
Invité

Mais vous auriez fait quoi quand on voit que 40% seulement de la population en Guadeloupe a reçu une première dose, contrairement aux 75% de la métropole ? Vous faites quoi si vous êtes au pouvoir ? Oui, qu'on a d'ailleurs... Vous faites quoi pour les convaincre de se vacciner ?

4:05
Marine Le Pen

C'est d'ailleurs une population qu'on a très largement humiliée sur les médias métropolitains, en expliquant que c'était à cause du vaudou, du rhum, enfin je ne sais quelle autre...

4:15
Invité

Mais vous faites quoi pour les convaincre de se faire vacciner Marine Le Pen si vous êtes au pouvoir ?

4:20
Marine Le Pen

Vous comprenez, ou est-ce que vous comprenez, que la vaccination qui est sollicitée de la population, elle doit arriver sur un phénomène de confiance entre la population et l'exécutif. Ce que je suis en train de vous expliquer depuis tout à l'heure, c'est qu'il y a une rupture de confiance totale entre la population antillaise et le gouvernement, à cause de tous les éléments dont je vous ai parlé, les sargasses, le chlordécone, l'eau courante, la vie chère, il n'y a eu aucune réponse...

4:48
Invité

C'est pour ça qu'ils ne se vaccinent pas à votre avis ?

4:50
Marine Le Pen

Mais je pense qu'ils n'ont pas confiance dans le gouvernement. Je pense que c'est ça la problématique essentielle. C'est si vrai d'ailleurs que dans d'autres îles, le taux de vaccination est d'ailleurs bien meilleur. Mais est-ce que ça, véritablement, ça change quelque chose ? Moi, je suis vacciné. Je pense que le vaccin est utile pour empêcher les formes graves du Covid. Ça, c'est une certitude. Mais la vraie question, c'est est-ce que le vaccin peut empêcher la circulation du virus ? Je pense qu'aujourd'hui, la réponse est non. Donc, à quoi sert le pass sanitaire ? À part à laisser la population sous une forme de contrainte qui est en même temps inutile et disproportionnée.

C'est ça la question que je pose au gouvernement et je n'ai pas de réponse à cette question-là. La troisième dose généralisée à tout le monde, vous êtes pour ou contre ? Mais je n'ai pas pour ou contre. Je pense que chacun doit être libre de le faire ou non. Puisqu'en réalité, c'est sa propre vie qu'on met en jeu. Et c'est à chaque personne de déterminer le bénéfice-risque pour elle d'être vaccinée.

5:51
Invité

Vous avez vu, Marine Le Pen, que quand le gouvernement a dit « c'est la liberté », il n'y a pas eu un mouvement massif vers la vaccination et que ça plafonnait. Qu'au moment où Emmanuel Macron, le 12 juillet, a dit « il faudra désormais un pass sanitaire », tout le monde s'est rué vers le vaccin. Est-ce qu'à un moment, il ne faut pas une contrainte aussi ? Pour la santé publique, pas pour le bonheur d'obliger les gens. Pour la santé publique, parce qu'on voit que c'est partout, ça flambe de partout.

6:17
Marine Le Pen

Pour les hôpitaux, pour que ça tienne. Non, je ne le crois pas. Je crois qu'il y a eu encore une fois une crise de confiance entre les Français et leur gouvernement. Et c'est normal, ils n'ont cessé de mentir tout au long de cette crise sanitaire. Donc quand ils ont dit aux gens le vaccin, et d'ailleurs ils ont sorti des énormités sur ce vaccin. J'entendais encore M. Castex ce matin, en replay, nous expliquer que le vaccin allait empêcher d'attraper le Covid et empêcher de contaminer les autres. C'était un mensonge. Pourquoi mentir à la population ? Pourquoi mentir ? Il n'y a jamais aucune justification à mentir.

6:49
Invité

Pour ne pas parler du gouvernement, les médecins disaient eux-mêmes, quand on a reçu le vaccin, on n'a pas assez de recul.

6:56
Marine Le Pen

Oui, mais M. Castex, lui, qui dirige le gouvernement, ne disait pas ça. Il a, de manière péremptoire, proféré des mensonges. Et après, on se demande pourquoi la population, encore une fois, ne croit plus un mot de ce que dit le gouvernement. C'est très grave, cette situation. Et c'est la responsabilité du gouvernement, cette crise de défiance.

7:14
Présentateur

Marine Le Pen, face à la cinquième vague, l'Allemagne a rendu à nouveau les tests gratuits. Faut-il qu'on y revienne aussi en France, des tests à nouveau gratuits, pour tous, sans condition ?

7:23
Marine Le Pen

Évidemment. Enfin, écoutez, franchement, rendre, payant les tests, ce qui est déjà une discrimination entre ceux qui ont les moyens d'en payer un, deux, trois par semaine et les autres, c'est déjà moralement éminemment condamnable. Mais c'est surtout totalement stupide. On ne lutte pas contre une pandémie en empêchant, en réalité, une partie de la population de pouvoir se tester, faute de moyens. D'autant plus, encore une fois, que, et pardonnez-moi de le dire très simplement, mais un double vacciné qui a le Covid, comme M.

Castex, et qui sert des mains, et qui va au restaurant, et j'en passe, et des meilleurs, est beaucoup plus, pardon, mais dangereux qu'un non-vacciné qui n'a pas le Covid, me semble-t-il.

8:12
Invité

Ce soir, ce matin, c'est la cible Castex, chez Marine Le Pen.

8:16
Marine Le Pen

Encore un mot, tout de même.

8:17
Invité

Ben, il y a le Covid, ça peut arriver, ça peut vous arriver là, demain, tout à l'heure.

8:20
Marine Le Pen

Mais je ne dis pas que ça ne peut pas arriver, bien sûr que ça peut arriver à tout le monde, je dis justement l'inverse. Je vous dis justement que ça peut arriver à tout le monde, et qu'en réalité, le vaccin protège des formes graves, mais il ne protège pas de la contamination. Oui, c'est vrai, on le dit. Pourquoi avoir dit l'inverse ? Juste, pourquoi avoir dit l'inverse ? Et pourquoi imposer le pass sanitaire ? Ce que vous êtes en train de me dire, Mme Salamé, mais vous avez raison, en réalité. Ce que vous sous-entendez, c'est que le gouvernement a imposé le pass sanitaire pour obliger les gens à se vacciner. Sauf que ça, c'est interdit.

8:47
Invité

Pour les encourager à se vacciner, Marine Le Pen. Non, pour les obliger à se vacciner. Il y a toujours des Français qui ne sont pas vaccinés, donc ce n'est pas obligatoire, la vaccination.

8:55
Marine Le Pen

Je suis désolée, mais nos instances suprêmes ont dit très clairement que le pass sanitaire ne pouvait pas servir à créer, de fait, une obligation vaccinale.

9:03
Invité

Mais elle ne l'est pas, elle n'existe pas, l'obligation vaccinale.

9:06
Marine Le Pen

Elle n'existe pas. Non, c'est vrai. Les gens peuvent rester chez eux, après tout. Ils peuvent ne pas travailler. Et il n'y a pas de vague hospitalière, nous disait... Ils peuvent ne pas avoir de vie sociale, ils peuvent ne pas prendre des transports. Je suis désolé.

9:14
Présentateur

À ce stade, il n'y a pas de vague hospitalière, disait Martin Hirsch et hier. Preuve de l'efficacité du vaccin sur les formes graves.

9:21
Marine Le Pen

On va apprendre à vivre avec ce virus, mais levons toutes ces contraintes qui commencent à devenir terriblement pesantes pour les Français.

9:32
Présentateur

Encore un mot, dès lors que l'épidémie entre dans sa cinquième vague, faut-il avoir, selon vous, davantage recours au télétravail ? Souhaitez-vous que le gouvernement impose, comme ça a pu être le cas par le passé, un certain nombre de jours de télétravail obligatoire ?

9:45
Marine Le Pen

Mais qu'est-ce qu'on cherche à faire ? Moi, il y a quand même quelque chose que je n'arrive pas à comprendre dans la stratégie du gouvernement. Qu'est-ce que le gouvernement cherche à faire ? Il cherche à empêcher la circulation du virus ? Rien, manifestement, ne peut empêcher la circulation du virus. Voilà. Donc, toutes ces obligations n'ont pas de sens. Alors, on ne fait rien ? Mais si...

10:07
Invité

Vous écoutez, on fait quoi ? Vous seriez au pouvoir là, avec une épidémie qui revient de manière fulgurante ? Vous faites quoi ?

10:12
Marine Le Pen

Eh bien, d'abord, je suspends la suspension des soignants et de tous ceux qui travaillent, puisque ça ne sert strictement à rien. Et on a besoin de soignants, car le problème essentiel, c'est le problème de notre hôpital. Et ça, c'est la responsabilité des politiques. Ils ont fermé des lits. Ils ont laissé l'hôpital devenir le premier désert médical de France, avec 30% des postes non pourvus. Le problème, c'est l'hôpital. Pour le reste, eh bien, on se lave les mains, très bien, parfait, pas de problème. On met un masque dans les endroits où il y a du monde, pas à l'extérieur, dans les endroits où il y a du monde, pas de problème.

Pour le reste, on lève toutes ces contraintes qui, en réalité, encore une fois, manifestement, ne servent à rien.

10:54
Invité

8h30, on va passer à vos propositions, à votre programme. Une proposition étonnante que vous avez sortie il y a quelques jours sur le pouvoir d'achat des jeunes. Marine Le Pen, vous voulez les exonérer totalement d'impôts sur le revenu jusqu'à 30 ans. Tout jeune d'en dessous de 30 ans sera exonéré d'impôts sur le revenu. Elle concerne tout le monde, cette proposition, même les jeunes riches, un footballeur très riche, par exemple, qui aurait 21 ans, comme Kylian Mbappé, un influenceur qui gagnerait des centaines de milliers d'euros, un rappeur qui cartonnerait à 25 ans et qui serait millionnaire, eux aussi seraient exemptés d'impôts ?

11:26
Marine Le Pen

C'est marrant, vous m'amusez, parce qu'en réalité, vous prenez toujours le 0,0001% d'exemples. Moi, ce qui m'intéresse, c'est les 99,999% de jeunes, dont 80% aujourd'hui partiraient à l'étranger si on leur proposait un emploi mieux payé. 80% de nos jeunes, je ne veux pas que nos jeunes partent à l'étranger, je veux qu'ils restent en France. Je veux qu'ils construisent des entreprises, je veux qu'ils s'installent avec leur famille, je veux qu'ils envisagent leur avenir en France. Et je pense que beaucoup sont vraiment dans des difficultés. Je veux augmenter le taux d'activité des jeunes.

Et donc, oui, j'ai fait cette proposition qui m'apparaît pouvoir correspondre à un véritable besoin pour répondre précisément à la jeune.

12:16
Invité

Donc, tous, même les 0,01% très riches. Oui, tous, même les... Kylian Mbappé sera exonéré d'impôts sous Marine Le Pen. Eh bien, voilà, jusqu'à ses 30 ans.

12:23
Présentateur

Sur le nucléaire, si vous êtes élu, vous voulez lancer 6 EPR et rouvrir la centrale de Fessenheim. Le redémarrage de cette centrale est impossible au dire à la fois d'EDF, de l'Autorité de Sûreté Nucléaire et des représentants de la CGT qui sont pourtant favorables au nucléaire. Je cite EDF, les travaux de pré-démantèlement sont déjà largement engagés et ne sont pas réversibles. Fin de citation. Est-ce que vous maintenez cette proposition de rouvrir Fessenheim ?

12:53
Marine Le Pen

Écoutez, moi, il me semblait, d'après les informations qui m'ont été données par des spécialistes, que le point de non-retour du démantèlement de Fessenheim arrivait en mars 2022. C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, j'avais demandé au président de la République de faire un moratoire sur le démantèlement. Parce que mars 2022, c'est le moment à partir duquel, précisément, on ne peut plus faire marche arrière. Donc, si on ne peut plus faire marche arrière, eh bien, c'est tant pis pour cette centrale, pour les salariés. Tant pis aussi pour les Français qui risquent de voir des coupures de courant cet hiver, comme l'a annoncé Mme Pompili, du fait de décisions qui sont absolument absurdes.

Ça ne remet pas en cause, de toute façon, le choix du nucléaire que je fais, que je fais depuis longtemps, que j'ai défendu depuis longtemps, parce que c'est une énergie sûre, constante, abondante, décarbonée, contrairement à ce que pense une partie des jeunes Français. D'ailleurs, même une majorité des jeunes pensent que le nucléaire est une énergie qui produit du CO2 autant que, par exemple, le pétrole. C'est faux. C'est totalement faux. Évidemment, c'est une énergie décarbonée et c'est surtout une énergie à bas coût, ce qui permet à nos entreprises d'être compétitives et aux habitants, normalement, d'avoir une électricité peu chère.

14:11
Présentateur

Vous vous dites, par ailleurs, favorable, c'était chez nos confrères de France Info le 15 novembre dernier, au démantèlement des éoliennes. Le rapport de RTE dit que si nous voulons atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, ce qui est le but, c'est impossible sans les renouvelables. Alors, comment on fait ?

14:30
Marine Le Pen

Je suis en désaccord avec RTE. C'est-à-dire que ce qu'ils expliquent, c'est qu'il est impossible. Si on ne crée pas, si on ne mise pas à fond sur le nucléaire, moi, je veux miser à fond sur le nucléaire, donc je n'ai pas de souci avec ça. Je pense qu'il faut fabriquer des centrales nucléaires précisément pour obtenir une énergie décarbonée. Mais, en l'occurrence, les éoliennes, c'est 7% de l'électricité. Ce n'est pas non plus un apport considérable.

14:54
Invité

Aujourd'hui, le nucléaire, c'est 70% de la fabrication d'électricité. Vous voulez rester à 70%, vous voulez augmenter à 80%.

15:03
Marine Le Pen

Pendant 30 ans, on a fait 70%, on a fonctionné avec 70% de nucléaire et 30% d'hydroélectrique. Et ça marchait très bien. Donc, je pense que les éoliennes, c'est coûteux. Ça dénature totalement les paysages. Ce sont des composants qui sont importés. C'est en réalité une pollution, pas seulement visuelle d'ailleurs, parce que la question du démantèlement des éoliennes va être, c'est vrai, un sujet. Je vous rappelle qu'elles n'ont une durée de vie que de 15 à 25 ans. Il faut quand même se souvenir de ça. C'est surtout des fortunes qui sont dépensées en subvention.

Et 100 milliards qui seraient nécessaires pour mettre le réseau en adéquation avec ces nouveaux systèmes de fabrication d'électricité.

15:43
Présentateur

Avant de donner la parole aux auditeurs de France Inter, ouvrons le chapitre politique, Marine Le Pen. Éric Zemmour vous pilonne. Hier encore, chez nos confrères de France Info, il n'a pas mâché ses mots. Je le cite. Mme Le Pen n'a jamais rien géré. Elle a mené son parti à la quasi-faillite. Il affirme que vous n'avez aucune chance jamais de gagner la présidentielle, estimant que vos électeurs avaient été humiliés lors de votre débat de 2017 face à Emmanuel Macron, où vous vous êtes, dernière citation, scratché en direct. C'est tout. Comprenez-vous, je l'ai dit, dernière citation, comprenez-vous sa violence à votre égard ?

16:18
Marine Le Pen

Non, elle est par ailleurs incompréhensible au regard des objectifs qu'il fait mine de poursuivre. Quand il nous dit que la France est dans une situation dramatique, elle va mourir. Si la France va mourir, alors aller taper sur la seule candidate nationale qui n'a eu de cesse de défendre les Français, de s'attaquer à l'immigration, à l'insécurité, n'a absolument aucun sens. Et d'ailleurs, vous noterez que ça finit par être suspect tout de même, cette volonté de n'attaquer que moi. Non, car en réalité, il n'attaque jamais Emmanuel Macron. Si. Dont on peut... Non, jamais. Si, il attaque Emmanuel Macron. Non. Dans ses décisions, encore hier sur la Guadeloupe, il l'a attaquée.

Oui, enfin, très rarement. Et toujours avec des mots qui sont extrêmement pesés. Rien à voir avec la violence dont il fait preuve à mon égard. Pourquoi, votre avis ? J'en sais rien. Je considère ça étrange. Et en tout cas, ce qui est sûr, c'est que de fait, sa candidature qui, pour le coup, sondage après sondage, n'a, pour le coup, elle, absolument aucune chance de battre Emmanuel Macron. Et peut-être même, ce que je crois d'ailleurs, aucune chance d'arriver au second tour, est une candidature qui affaiblit en réalité le camp national. On peut se poser la question de savoir si ce n'est pas le but pour finir.

17:39
Invité

Mais après tout ce que vous vous dites, tout ce que vous vous échangez par médias interposés, vous pourriez encore... Moi, je ne me change rien, madame. Quand vous dites, par exemple, que ces propositions sont immatures, ce n'est pas non plus un compliment.

17:49
Marine Le Pen

Non, mais nous sommes... Excusez-moi, mais moi, je n'ai jamais attaqué Éric Zemmour à titre personnel. Jamais. J'ai des désaccords avec lui politiques. J'exprime des désaccords politiques à l'égard d'un concurrent politique. J'essaye de le faire toujours, encore une fois, avec en même temps loyauté et sans faire preuve du mépris qu'il utilise à mon égard de manière systématique. Mais vous pourriez encore travailler avec lui ? Je pense qu'effectivement, ces suggestions, notamment en matière économique, sont totalement immatures. Elles ne sont pas préparées, elles ne sont pas travaillées, elles ne sont pas mûries.

18:18
Invité

Marine Le Pen, vous avez dit il y a encore quelques jours, j'aimerais un gouvernement qui aille de Zemmour à Montebourg. Vu ce qu'il dit aujourd'hui sur vous, est-ce que vous pourriez encore travailler avec lui ?

18:27
Marine Le Pen

Mais le principe du rassemblement et de l'union nationale que je veux mettre en œuvre, c'est qu'elle se fait au bénéfice des Français. Je ne suis pas là pour choisir dans mon gouvernement des gens qui sont gentils avec moi. Si vous voulez, on n'est pas dans la cour d'école. Je pourrais même travailler avec des gens qui ne m'apprécient pas. L'important, c'est est-ce qu'ils ont des compétences qui apportent quelque chose de positif à la France et aux Français ? Parce que c'est ma seule boussole, moi. Ce n'est pas mon confort personnel, ma boussole. C'est l'intérêt de la France et des Français.

18:56
Présentateur

Il pointe également, Éric Zemmour, un élément de sociologie électorale. Vous seriez, selon lui, la candidate de ce qu'il appelle le bloc populaire. Ce qui vous conduit, toujours selon lui, à une défaite assurée. La victoire n'est possible, dit-il, que si une partie de ce qu'il appelle le bloc élitaire, la bourgeoisie patriote, tend la main aux classes populaires. A-t-il raison ?

19:17
Marine Le Pen

Vous voyez, tout ça, ça démontre une chose, c'est qu'en fait, il n'est pas un homme politique. Il est encore un journaliste et un commentateur. Il est assez à l'aise dans ce type de déclaration, plus à l'aise que quand il s'agit de parler d'économie, de mesures sociales, ou de régler le problème de l'effondrement du pouvoir d'achat des Français. Donc je ne rentrerai pas dans ces analyses. Moi, ce que je viens de dire, c'est que mon objectif, c'est de rassembler, non pas la droite, comme lui, ou la gauche, comme les candidats de gauche. Moi, je veux rassembler toute la France. Et toute la France, toute catégorie sociale confondue. Et je crois être capable de le faire.

Parce que moi, mon objectif, c'est l'unité de la France. Je pense que que l'on soit, pardon, mais que l'on soit des classes populaires, ou que l'on soit bourgeois, même si je trouve que ce terme est un peu épouvantable, ou que l'on soit des classes aisées, on est confronté à l'insécurité. On est confronté à une immigration massive. On est confronté à l'effondrement de notre système de protection sociale. On est confronté à une école dont le moins qu'on puisse dire, c'est que son niveau ne cesse de baisser. Voilà, c'est ce à quoi on est confronté.

Alors, les classes populaires, ils sont plus confrontés que les catégories aisées, parce que les catégories aisées, elles ont les moyens de contourner parfois ces difficultés. Mais l'identité, la France, notre patrimoine commun, comme son nom l'indique, c'est un patrimoine commun. Qu'il faut que nous défendions en commun.

20:48
Invité

D'un dernier mot sur cette question-là. Récemment, dans une enquête du Monde sur Vincent Bolloré, on apprend que vous vous êtes plainte auprès du directeur de CNews, du traitement réservé par sa chaîne à Éric Zemmour. Vous lui aurez reproché de défendre outrancièrement la candidature d'Éric Zemmour. Vous dites aussi dans l'article que le patron de CNews, Serge Netjar, vous aurait prise de haut et tourné les talons. Vous trouvez que CNews fait la campagne d'Éric Zemmour ?

21:10
Marine Le Pen

Ça a été vrai pendant un mois et demi. Peut-être que ça va changer, mais objectivement, ça n'a échappé à personne que, effectivement, c'était outrancié. Et qu'en l'occurrence, les concurrents d'Éric Zemmour ont été outrancièrement maltraités pendant un mois et demi. Bon, M. Bolloré, il doit comprendre que ça n'est pas au patron de presse de décider, encore une fois, qu'il doit être président de la République. C'est aux Français. Et pour ça, il faut qu'il y ait une campagne, que ce soit une campagne loyale.

Et moi, je ne demande rien d'autre aux médias, qu'ils soient du service public ou qu'ils soient du privé, que de permettre la mise en œuvre d'une campagne loyale entre les candidats pour que les Français puissent se faire une opinion.

21:47
Présentateur

Allez, on rejoint le standard d'Inter. Bonjour, Kaum. Bonjour. On vous écoute.

21:54
Auditeur

Oui, je vous appelle, en fait, pour rebondir par rapport à la question de l'exonération des moins de 30 ans. Alors, moi, pour ma part, j'ai 27 ans et je paye des impôts, aussi maigres soient-ils. Je suis assez fier de les payer et je m'interroge, en fait, sur les projets de Marine Le Pen pour financer l'hôpital public, pour financer l'école, si elle exonère des salaires qui concernent les moins de 30 ans.

22:25
Présentateur

Merci, Kaum, pour cette question. Marine Le Pen vous répond.

22:28
Marine Le Pen

Bon, je vous réponds très clairement. L'intégralité du projet que je présente est évidemment chiffrée et tous ces chiffres seront rendus publics. Mais quand je fais le choix d'exonérer les moins de 30 ans, c'est qu'encore une fois, je poursuis un objectif qui est un objectif qui consiste à aider à entrer dans la vie nos jeunes. Je vous rappelle quand même que le premier emploi stable aujourd'hui est à 27 ans. Il était à 20 ans dans les années 70. Vous voyez que je suis parfaitement dans mon cœur de cible. Il y a beaucoup d'économies à faire. Là-dessus, il n'y a aucune difficulté. Il y a des économies à faire sur l'immigration qui nous coûtent très cher.

Il y a des économies à faire sur la fraude. Il y a des économies à faire sur la contribution nette à l'Union Européenne qui a été multipliée par 4 en 4 ans. Rien que ça. Des économies à faire, par exemple, sur les éoliennes. Vous voyez, sur le subventionnement des éoliennes. Et moi, je veux rendre du pouvoir d'achat aux Français et particulièrement, c'est vrai, aux jeunes, qui va être une cible privilégiée de la politique que je vais mener. Notamment, d'ailleurs, en accordant la gratuité dans les trains aux 18-25 ans, aux heures creuses. Voilà quelque chose qui est susceptible d'apporter, encore une fois, une aide, je crois, importante aux jeunes.

23:37
Présentateur

Pour finir cet entretien, on voulait vous faire écouter, réécouter ce que Jordan Bardella nous répondait à ce micro à propos du professeur Raoult. C'était en mai 2020. Didier Raoult, c'est le sanitairement incorrect. Il est peut-être à la médecine ce que nous, nous sommes à la politique. Voilà, il est peut-être à la médecine ce que nous sommes à la politique. Ça vous fait rire. Ça vous fait rire. Est-ce que vous le rediriez aujourd'hui alors qu'une enquête de Mediapart révèle que Raoult pourrait avoir falsifié des résultats scientifiques afin de démontrer l'efficacité de l'hydroxychloroquine ?

24:11
Marine Le Pen

Non, mais il n'y a que vous pour considérer que les enquêtes de Mediapart sont somme toute un jugement définitif. Vous voyez, moi, je n'ai absolument aucune confiance dans les enquêtes de Mediapart. Et pour cause, je sais comment elles sont faites. Ce que je vois, c'est qu'il a été effectivement victime d'une sorte de cabale absolument incroyable, alors qu'il réclamait juste la liberté de prescription pour les médecins. Il se trouve que moi aussi, je défends la liberté de prescription.

Je pense qu'interdire aux médecins de prescrire et s'apercevoir que deux ans après le début de l'épidémie, on en est encore à soigner le Covid avec du doliprane, c'est qu'il y a quand même légèrement un problème dans ce qui s'est passé là encore.

24:47
Invité

Eric Raoult est à la médecine, ce que vous êtes à la politique ?

24:50
Marine Le Pen

Je n'en sais rien, mais enfin, ce qui est sûr, c'est que le système s'est mis à lui taper dessus à tour de bras, alors qu'on a vu des centaines de médecins coloniser l'intégralité des plateaux en racontant des énormités grosses comme eux, d'accord ? Et être contredit par les faits, bien souvent, quelques semaines ou quelques mois plus tard. Donc voilà, je pense que tous ces gens-là devraient faire preuve de modestie.

25:10
Invité

Et c'est Didier Raoult et pas Eric Raoult. Pardon. Non, c'est moi qui ai voté, c'est à vous.

25:15
Présentateur

Merci Marine Le Pen d'avoir été au micro d'Inter ce matin, députée du Pas-de-Calais, candidate Rassemblement National à l'élection présidentielle. Merci.