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interviewPublic Sénat· 8 juillet 2026 22 min

Jérôme Guedj : "Je n'ai pas envie que la campagne soit le feuilleton judiciaire de Marine Le Pen" - Vidéo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Cette campagne présidentielle s'annonce très incertaine, notamment pour Marine Le Pen, après sa condamnation judiciaire et son pourvoi en cassation, qui sera tranchée par la justice. Peut-être à quelques semaines de ce scrutin présidentiel, incertitude de la campagne aussi à gauche. Les socialistes ont beaucoup de candidats, mais ne savent pas encore comment les départager. Ils sont d'une certaine manière dans l'embarras du choix. Bonjour Jérôme Gage. Bonjour. Vous êtes député socialiste de l'Essonne et vous êtes justement candidat déclaré à l'élection présidentielle.

Vous êtes avec nous pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale, qui est représentée par Julien Lécuyer pour la Voix du Nord. Bonjour Julien. Bonjour Alexandre. Bonjour M. Gage. On commence en parlant de cette campagne présidentielle, notamment pour Marine Le Pen, après sa condamnation judiciaire. Mais finalement, elle peut se présenter, elle peut faire campagne librement, après son pourvoi en cassation. Est-ce que cela permet au final une campagne présidentielle équitable où tous les Français sont représentés ?

1:07
Jérôme Guedj

Incontestablement, il était nécessaire d'avoir un candidat du Rassemblement national. Mais avant de parler d'équité, je vais parler de vertu républicaine, de morale, d'éthique, de comportement. Est-ce qu'on peut se rendre compte raisonnablement qu'aujourd'hui, une candidate condamnée par deux fois pour détournement de fonds publics nous dit tranquillement, je vais aller devant les électeurs ? Je m'en fiche de savoir si juridiquement, elle peut le faire ou pas. Elle est toujours présumée innocent. Je m'en fiche. Vraiment, je ne place pas sur ce terrain-là. Je me place sur le terrain à la fois de la dignité du pays, pour la qualité de la campagne.

La campagne, du coup, elle va être polluée en permanence par le fait de savoir, « Oui, mais vous avez été condamné. Non, je ne suis pas condamné. Vous avez un bracelet. Pas de bracelet. » Et puis surtout, peut-on se projeter, dans l'hypothèse, que évidemment je vais combattre, d'une victoire de Marine Le Pen, d'avoir comme président de la République, une présidente qui aura été condamnée quelques semaines auparavant pour détournement de fonds publics, c'est-à-dire pour le mépris de ce qui fait nation, à savoir le respect des finances publiques, une éthique de comportement, je le redis.

2:13
Présentateur

Donc ça veut dire qu'un candidat qui a une affaire judiciaire ne peut pas se présenter à la présidentielle, moralement, selon vous ?

2:19
Jérôme Guedj

Je pense que c'est une question morale qui se pose pour celui qui souhaite incarner, je le redis, cette vertu républicaine. Et puis, je veux dire, cette extrême proximité. Je ne veux pas dire qu'il y a affaire judiciaire et affaire judiciaire. Mais moi, en effet, je suis attaché à une forme d'exemplarité. Je serais presque tenté de dire, une fois qu'on a totalement purgé sa peine, les choses peuvent se considérer. Alors, vous pourriez me dire, elle aura à ce moment-là peut-être totalement purgé sa peine. Mais là, on parle de la présidence de la République. Donc, le Rassemblement National est dans une contradiction majeure.

Toute leur vie, ils nous ont expliqué, nous sommes les chevaliers blancs de la politique, nous sommes différents des autres formations politiques, vous, c'est le tous pourri. Et là, sans aucun état d'âme, ils disent le contraire de ce qu'ils ont dit les dernières semaines.

3:05
Invité

– Vous comprenez ça, parce qu'en effet, vous avez raison de le rappeler, ils demandent et ils font part de leur défiance vis-à-vis des politiques, considérant la vertu comme première. Et pourtant, on a vu encore un sondage sortir hier, IFOP dans le Figaro, 36% d'intention de vote au premier tour.

3:24
Jérôme Guedj

– Écoutez, ça fait partie des éléments qui devront être débattus dans la campagne. Moi, je la souhaite, cette campagne face au RN. Je le fais en permanence, la confrontation avec le projet. Mais je vais m'adresser aussi aux électeurs du Rassemblement National, comme je m'adresse d'ailleurs à tous les Français à chaque fois que je suis candidat à une élection. Et cette question-là de la probité, de l'intégrité et d'exemplarité, elle se posera immanquablement…

3:49
Invité

– Cette campagne, elle doit se mener sur le terrain de la dénonciation ? – Mais il nous y oblige, d'une certaine manière.

3:56
Jérôme Guedj

– Il nous y oblige, parce que ne rien dire, ce serait consentir. Ce serait admettre que ce n'est pas grave. Oui, écoutez, c'est un épisode du feuilleton du Rassemblement National et on s'y résigne et on accepte. Et vous citiez le soutien qui demeure important de Marine Le Pen dans les sondages. Moi, je veux prendre à témoin ces électeurs-là pour montrer que c'est aussi une des contradictions. En fait, le RN, c'est le parti des contradictions. C'est le parti qui est capable de vous dire une chose un jour et le contraire le lendemain.

C'est vrai sur les questions de probité, on le voit, mais c'est vrai en réalité sur la question du pouvoir d'achat, des services publics, de la justice sociale, de la manière d'appréhender l'écologie. C'est un parti attrape-tout qui joue de l'ambiguïté. Alors on a en plus ce bidôme Bardella-Le Pen qui sont capables de dire des choses très complémentaires. Je crois que c'est Édouard Philippe qui a eu cette formule qui, je trouve, résume bien. C'est un spécialiste en la matière. Il dit que c'est le en même temps. C'est une sorte de en même temps. Et là, en même temps, ça ne marche pas. On l'a vu avec le macronisme. En même temps, le péniste, ça ne marchera pas non plus.

4:57
Présentateur

Donc pour vous, il faut faire campagne sur cette question de la probité du Rassemblement national ? C'est ce que je veux dire.

5:02
Jérôme Guedj

Aussi, mais ça n'a pas phagocité, ça n'a pas écrasé tout le reste du débat.

5:05
Présentateur

Mais est-ce que ça veut dire que les militants de gauche doivent sortir les casseroles à chaque déplacement de Marine Le Pen, comme ça a été le cas hier dans la Sarthe ?

5:11
Jérôme Guedj

Écoutez, des manifestations pacifiques indiquant une réprobation d'une attitude jugée amorale ou immorale, ça fait partie du champ du débat. Je me rappelle qu'en 2017, François Fillon n'a pas échappé à ces manifestations dès l'instant où elles restent dans le cadre républicain.

5:31
Invité

Est-ce que ça peut servir d'ailleurs d'argument, de campagne, d'aller comme ça manifester sans cesse durant les déplacements de Marine Le Pen ? Vous allez inciter à ça ?

5:46
Jérôme Guedj

Je vais inciter à ce que les Français s'intéressent à cette élection dans ses différentes dimensions et celle-là en fait partie. Je le redis, je n'ai pas envie que la campagne ne soit que le feuilleton judiciaire de Marine Le Pen parce que si on fait ça, alors on perd du temps, si j'ose dire, aussi pour démonter. C'est quoi le programme des retraites du Rassemblement national ? C'est quoi la justice fiscale ?

Est-ce qu'ils veulent mieux mettre à contribution, par exemple, les très hauts patrimoines pour financer les services publics dans les territoires de relégation, dans les villes sous préfectures, dans les zones rurales, où eux-mêmes d'ailleurs prospèrent sur la désespérance d'une partie de nos concitoyens ? Donc moi, je veux un véritable projet contre projet avec le RN, ils sont aux portes du pouvoir, il faut avoir la lucidité de le dire, il ne faut pas que cette campagne électorale reste sur l'écume des choses et notamment sur ce feuilleton judiciaire.

6:39
Présentateur

Mais quand on regarde ce premier déplacement de campagne de Marine Le Pen, est-ce qu'il y a un risque de… et qu'elle a été vraiment chahutée par des militants insoumis, est-ce qu'il y a un risque de monter des tensions, de déropage dans cette campagne électorale ?

6:49
Jérôme Guedj

– Je vous le dis, c'est aussi la conséquence, et moi je ne peux que le condamner, de la tension elle-même qui est introduite par ce bras d'honneur démocratique qui est fait, enfin je ne sais pas s'il est démocratique, en tout cas il est moral.

Encore une fois, vraiment, vous vous rendez compte, dans ce pays, on regarde parfois dans les pays étrangers des mœurs politiques étonnantes, mais là, on a une sorte d'acceptation à l'idée qu'une chef de parti, pour avoir organisé, enfin les attendus du jugement sont extrêmement clairs, en première instance ou en deuxième, un détournement méthodique, organisé de fonds publics au préjudice du conflit français et européen, et on se dit que ce n'est pas grave.

7:25
Invité

– C'est toute la dualité du jugement de la Cour d'appel, c'est qu'à la fois, c'est vrai, ils ont confirmé la culpabilité sur le détournement et la complicité de détournement de fonds publics, en revanche, ils ont réduit la peine d'inégibilité, actant le fait que pour les électeurs, il était normal d'avoir un choix non restreint. Et ça, est-ce que vous le comprenez, ou est-ce que vous dites, comme Marine Tondelier, que la Cour d'appel a fait preuve de beaucoup de mensuétudes vis-à-vis de Marine Le Pen ?

7:49
Jérôme Guedj

– Écoutez, la décision de justice, j'aime trop la justice pour dire, un jour ils sont trop sévères, un jour ils sont moins sévères.

7:58
Invité

– Moi, il était normal qu'elle autorise, Marine Le Pen, à candidater, puisque c'est ça, c'est…

8:04
Jérôme Guedj

– Non, mais encore une fois, on ne va pas refaire le match, dont acte. Moi, ce qui me dérange dans les expressions, c'est notamment Marine Le Pen, ou ses lieutenants, qui disent, à la fin, les Français auront le dernier mot. – Les Français jugeront. – Les Français jugeront. Enfin, ça dit aussi quelque chose du rapport qu'il y a avec une décision de justice. Sous-entendu, je peux la balayer du revers de la main, y compris sur les dimensions morales qu'on évoquait tout à l'heure.

8:36
Présentateur

– Et il y a une décision de justice qui va peser dans cette campagne présidentielle, la décision de la Cour de cassation qui va valider ou non la condamnation de Marine Le Pen, la Cour de cassation qui a indiqué hier qu'elle pourrait rendre sa décision au plus tard, au mois d'avril. Le premier tour de la présidentielle, c'est le 18 avril. Si jamais cette décision de la Cour de cassation arrive quelques semaines avant, est-ce que ça peut quand même perturber le scrutin et le vote des Français ?

8:59
Jérôme Guedj

– Vous voyez, je suis très content d'être avec vous ce matin, mais regardez ce qu'on fait depuis quelques minutes. on est à faire des plans sur la comète, des supputations, des conséquences du calendrier judiciaire. Demain, donc, on aura des questionnements sur le juge d'application des peines, etc. Enfin, je veux dire, le débat démocratique français, il mérite mieux. Je ne dis pas que je m'en fiche de savoir à quelle date elle sera condamnée définitivement ou pas définitivement.

Il y a un problème de principe à ce qu'elle est elle-même envisagée d'être candidate à l'élection présidentielle, alors même qu'ils avaient un candidat de remplacement, si j'ose dire, qui était préparé pour cette emplagne.

9:33
Présentateur

– Jérôme Guetsch, c'est l'accord de cassation en sa décision après l'élection présidentielle avec Marine Le Pen et élue présidente de la République et bénéficie de son immunité présidentielle, c'est un impact. Donc, cette décision n'est pas anodine, ce calendrier n'est pas anodine.

9:44
Jérôme Guedj

– Mais c'est la raison pour laquelle elle prend une responsabilité majeure à s'exposer à cette situation. Enfin, si on est candidat à l'élection présidentielle, d'abord et avant tout, c'est qu'on aime ce pays. Et si on aime ce pays, on ne l'expose pas à la fragilité que vous venez de décrire, qui est un scénario où elle pourrait être présidente de la République et avoir une décision de justice qui dit en réalité, vous êtes définitivement condamnée comme délinquante, mais la peine ne s'applique pas parce que vous bénéficiez de l'immunité. Est-ce que là, ce n'est pas l'image de la France qui est abîmée, ravagée sur la scène internationale et même dans les affaires intérieures ?

10:15
Présentateur

– Si jamais il y avait un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, quel serait votre vote ?

10:21
Jérôme Guedj

– Mais moi, je fais tout, et c'est le sens de ma candidature, pour éviter cette configuration. – On va en parler dans la candidature,

10:26
Présentateur

mais ce scénario, c'est quand même une possibilité.

10:28
Jérôme Guedj

– Non, écoutez, je fais tout pour que ce scénario n'existe pas. Non, mais attendez, est-ce que vous posez la question sur toutes les hypothèses de candidature de deuxième tour ? Ce scénario, pour moi, c'est un scénario qui déroule le tapis rouge au Rassemblement national. Voilà, parce que Jean-Luc Mélenchon, qu'il le reconnaisse ou qu'il ne le reconnaisse pas, est devenu une des personnalités politiques les plus clivantes, les plus rejetées et les plus problématiques. Voilà, mon adversaire irréductible, c'est le Rassemblement national.

Mais Jean-Luc Mélenchon, aujourd'hui, par sa brutalisation, sa conflictualisation permanente dans le débat public, n'est en aucun cas en capacité de pouvoir reconstituer ce qui sera indispensable, quoi qu'il advienne, c'est une forme de front républicain face à un Rassemblement national présent au deuxième tour. Voilà, donc moi… – Mais il est en tête dans les sondages à gauche.

11:15
Présentateur

Si jamais il allait au second tour, quel serait votre vote ?

11:17
Jérôme Guedj

– Oui, c'est tout pour que cette situation n'arrive pas. Donc, elle n'arrivera pas. – Il n'y aura pas de réponse. – Non mais attendez, vous… On peut faire des plans sur toutes les configurations de deuxième tour possibles. Ça veut donc dire que le premier tour ne sert à rien. Je ne veux pas vous répondre sur une configuration de deuxième tour. Mais si, vous me demandez de répondre à une question sur un deuxième tour, alors que là où vous avez raison, par contre, en creux dans votre question, c'est que c'est le premier tour qui va être déterminant.

Et moi, je pense que la gauche républicaine que je veux incarner avec d'autres, elle a une responsabilité qui consiste justement de ne pas être dans la course à l'échalote avec LFI, ce qu'on a trop fait ces dernières années, une sorte de soumission à un candidaton mélanchoniste qui surplombe la totalité des positions de la gauche républicaine. Il faut être soi-même. Il faut assumer les différences que nous avons et avoir une offre politique qui permet de parler à l'ensemble des Français.

12:05
Présentateur

– Alors, en tout cas, avant ce premier tour, alors il y a encore du temps, mais pour l'instant, la gauche non-mélenchoniste n'est pas encore prête à ce premier tour. Il y a beaucoup de candidatures, notamment la vôtre. Et aujourd'hui, le Parti Socialiste organise une consultation de ses militants sur le mode de désignation d'un seul candidat social-démocrate avec deux options. Une grande primaire ouverte à tous les sympathisants de la social-démocratie, donc moyennant une participation de 2 euros. Et la seconde option, c'est une primaire fermée qui serait réservée uniquement aux adhérents du Parti Socialiste et de Place Publique.

Place Publique, c'est le parti de Raphaël Glucksmann, donc moyennant…

12:39
Jérôme Guedj

– Et de tous les Français qui voudraient participer aussi à cette primaire, dans cette deuxième hypothèse.

12:44
Présentateur

– Moyennant, du coup, une adhésion à ces partis à hauteur de 15 euros.

12:48
Jérôme Guedj

– Ou au processus de la primaire, il n'y a pas de montant qui a été fixé pour l'instant.

12:51
Présentateur

– Alors, quelle option vous préférez, selon vous ?

12:53
Jérôme Guedj

– D'abord, les Français qui arrivent qui ne sont pas adhérents de ces partis ou dans cette démarche-là doivent se dire que tout ça est un petit peu compliqué, je le comprends. Moi, je défends l'idée, qui est l'option de la primaire qui part, ou plutôt d'être départage, qui part des sympathisants du Parti Socialiste, de Place Publique, mais plus largement, et qui n'est pas dans l'optique que défend Olivier Faure, parce que vous avez oublié de préciser une chose, c'est que dans le premier scénario, le candidat désigné s'engage à participer à une primaire dite ouverte. – Un gauche or aléfi. – Voilà, mais donc avec Marine Tondelier, François Ruffin, Clémentine Autain. – Donc ça, c'est certain,

13:39
Présentateur

il y a encore ce système de double primaire ?

13:41
Jérôme Guedj

– Ah oui, c'est dans la question qui est posée, le candidat désigné dans le cadre de cette primaire très large s'engage à participer, en gros, ça devient le premier tour de cette primaire. Et moi, je pense que ce n'est pas un bon scénario, que cette primaire de cette gauche-là ne donne pas une force propulsive et une différence suffisamment grande avec ce que représente Jean-Luc Mélenchon. Mais je vais vous dire, parce qu'à la fin du fin, tout ça intéresse ceux des militants socialistes qui vont aller voter ce soir pour départager, c'est un 9 juillet, tout ça… – Oui, j'allais dire,

14:17
Invité

le peu qui va se dépenser.

14:18
Jérôme Guedj

– Tout ça est extrêmement tardif. Enfin, l'état d'impréparation dans lequel nous sommes est problématique. Vous savez, dans un monde normal, un premier secrétaire du Parti socialiste depuis 8 ans, il devrait être, il aurait dû être le candidat naturel du Parti socialiste à l'élection présidentielle. – Il a sauvé le PS.

14:34
Invité

– Il l'a dit encore hier à la télévision. – Pardon de le dire, mais c'est une forme d'autosatisfaction

14:39
Jérôme Guedj

qui écarte l'essentiel, une impréparation quand même assez gigantesque du parti pour cette élection présidentielle. – Une impréparation ou une incapacité à s'accorder. – Un projet qui a été adopté la semaine dernière, c'est assez tardif, et un processus bricolé dans des instances paralysées du Parti socialiste. Moi, vous savez quoi ? De plus en plus, je regarde ça avec beaucoup de distance en considérant que… – Vous ne pouvez pas vous regarder avec une certaine distance. – Ma priorité, c'est de m'adresser à l'ensemble des Français aujourd'hui pour parler, parce que regardez, encore une fois, toutes vos questions sont légitimes et je les prends comme elles viennent.

Mais entre les affaires judiciaires du Rassemblement national et les difficultés organisationnelles du Parti socialiste, pendant qu'on parle de tout ça, on n'a pas abordé un des sujets de préoccupation de nos concitoyens en période de canicule, de désertion des services publics. – Une question importante,

15:29
Invité

c'est quand même de savoir si vous, si encore une fois, c'est l'option d'Olivier Faure qui est retenue d'une primaire ouverte, est-ce que vous y allez quand même, vous vous inscrivez dans cette démarche ou vous dites

15:40
Jérôme Guedj

que ce sera sans moi ? – Non, il est peu probable que je participe à cette démarche. Quand j'ai annoncé ma candidature il y a plusieurs semaines, j'ai dit que je le faisais précisément pour ne pas que nous soyons dans la roue, justement, de cette primaire organisée. – Ça veut dire

15:54
Invité

que la machine à division, elle va s'emballer, elle va continuer à être alimentée durant tout l'automne.

15:59
Jérôme Guedj

C'est ça que vous dites. – C'est la raison pour laquelle je préférerais que ce soir, ce ne soit pas cette option qui l'emporte et que, par ailleurs, de toute façon, vous parliez de la pluralité des candidatures. À la fin, il n'en restera qu'un. Voilà, je vous donne la fin de la série ou la fin du film. À la fin, il n'y aura qu'un seul candidat de cette gauche républicaine. – En 2022, ce n'était pas le cas. – En 2022… – Il y avait une multitude, il y avait Anne Hidalgo,

16:23
Présentateur

Yannick Zadot…

16:25
Jérôme Guedj

– Oui, mais je pense que cette fois-ci, il n'y aura qu'un seul candidat de cet espace de la gauche républicaine qui ira proposer aux forces que vous venez de mentionner, aux écologistes et aux communistes, ce qui pour moi est déterminant, c'est l'élection législative qui suit. Vous savez, on n'élit pas un Premier ministre, on élit un Président de la République qui nommera un Premier ministre qui lui devra s'appuyer sur un fonctionnement parlementaire. Et je vais vous dire une chose, je ne pense pas que le prochain Président de la République, dans la suite des élections présidentielles, aura une majorité à l'Assemblée nationale.

La tripartition, voire la quadripartition de la vie politique va continuer et il faut donc, et moi c'est une des singularités de la campagne que je mène, c'est assumer, ne pas vendre du rêve à nos concitoyens et assumer qu'on doit être de plus en plus dans une logique de coalition sur la base d'un rapport de force mais de co-construction dans l'intérêt du pays. Écoutez, moi j'ai été de ceux qui ont négocié le budget, ça ne veut pas dire que je soutiens le gouvernement de Sébastien Lecornu. Mais à un moment donné, nous avons décidé de ne pas censurer et même de voter le budget de la Sécurité sociale. Je l'avais âprement et longuement négocié.

Je pense que cette mécanique de concertation, négociation et d'équilibre qui est trouvé, ça devra être la suite du fonctionnement de la vie parlementaire. Dire que je suis candidat à l'élection présidentielle et au soir du premier tour, si je suis au deuxième, c'est mon programme qui va continuer à s'appliquer alors que probablement si je gagne dans l'élection présidentielle, c'est face au RN dans un rassemblement qui sera une forme de front républicain. je pense que les Français l'ont mal vécu en 2022. C'est ce qu'avait dit Emmanuel Macron. Il avait dit votre vote m'oblige et j'en tiendrai compte. Il a fait le contraire.

Il est passé en force à coups de 49,3 sur les budgets ou sur la réforme des retraites. Donc il faut admettre, vous savez, moi je suis un nostalgique du clivage gauche-droite. Je pense que ça se porte bien quand il y a une gauche républicaine et une droite républicaine. Ce clivage, il a été grand remplacé par un clivage entre l'extrême droite et la gauche radicale. Et ça peut paraître contre-intuitif mais je suis convaincu qu'il va falloir passer par un temps d'union nationale et d'union républicaine sur des sujets essentiels pour pouvoir revenir à la situation intérieure. Est-ce qui a motivé

18:40
Invité

le fait que vous ne votiez pas à la motion de censure qui avait été signée par les écologistes et la France insoumise ? Contrairement à Olivier Faure, votre premier secrétaire qui lui avait milité C'était une situation baroque

18:51
Jérôme Guedj

d'avoir un premier secrétaire du parti. Cette situation baroque,

18:52
Invité

elle commence à être quand même à dire quelque chose de la situation du PS et si, encore une fois, la consultation des militants ne privilégie pas la solution de la direction du PS, est-ce que vous dites Olivier Faure doit démissionner ?

19:08
Jérôme Guedj

Écoutez, là aussi, c'est une question d'éthique personnelle. Olivier Faure, aujourd'hui, est minoritaire à l'intérieur du Parti socialiste, dans les instances du Parti socialiste telles qu'elles sont issues du dernier congrès. Il est minoritaire dans le groupe politique auquel il appartient et, fort de ça, il fait un acte de rupture en disant « je ne respecte pas la position de mes collègues députés qui a été débattu et voté à l'intérieur ». Donc, c'est devenu une boutique, une somme d'auto-entrepreneurs.

Donc, à un moment donné, tout ça n'a plus de rationalité et c'est la raison pour laquelle je vous dis, moi, je regarde ça en disant que ce n'est pas ça qui va créer de l'enthousiasme et de la dynamique auprès de nos concitoyens et je pense qu'à un moment donné, il faut plutôt qu'on se mette autour de la table les uns les autres.

19:58
Présentateur

Jérôme Gatch, dernière question sur la laïcité. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, vous a confié une mission sur la laïcité. Quel est le but de cette mission et comment vous allez travailler ? Alors, comme on est

20:06
Jérôme Guedj

à Public Sénat, je dois évidemment ajouter aussi que c'est une mission avec ma collègue sénatrice Nathalie Delattre. Alors, je vais avoir 30 secondes pour parler d'un sujet de fond. Cette question-là de la laïcité, elle devrait être un lieu de rassemblement dans le pacte républicain et elle divise les Français ou en tous les cas, il y a des confrontations parfois fortes, des propositions de loi très clivantes qui sont déposées à l'Assemblée nationale ou au Sénat. Donc moi, depuis plusieurs années, je travaille sur ces questions. Pour moi, c'est une des raisons de mon engagement politique.

C'est un élément de concorde de rassemblement national qu'on a oublié et donc la commande qui nous est faite, c'est comment construire une politique publique de la laïcité, comment est-ce qu'on organise l'appareil administratif, la formation des enseignants, des personnes à l'hôpital, comment on donne des clés pour pouvoir répondre aux situations conflictuelles, comment l'appareil judiciaire est capable de sanctionner les atteintes à la laïcité, c'est-à-dire les formes de pression. Il y a tout un volet dans la loi de 1905 qui prévoit les pressions à la police des cultes qui n'est plus du tout appliquée et ça, il faut le réhabiliter.

Comment le travail parlementaire intègre précisément ces enjeux-là ? Moi, voilà, ça doit être un des éléments sur étagère pour le prochain président de la République qui permettra d'en faire un sujet de rassemblement plutôt qu'un sujet de division. Il y a des instrumentalisations et des stigmatisations à partir de la laïcité de part et d'autre de l'échiquier politique qui nous posent extrêmement problèmes et moi, je veux en faire avec la question de la dignité et des vulnérabilités, la question du pacte républicain et de la laïcité. Merci beaucoup. Une des ossatures de ma campagne présidentielle.

21:39
Présentateur

Merci beaucoup, Jérôme Guetsch, d'avoir été notre invité. Merci, Julien, pour vos questions. On va regarder la une du journal La Voix du Nord qui est consacrée aujourd'hui au procureur de la République de Lille qui a choisi de réunir les 25 victimes du prêtre prédateur sexuel Jacques Delfaux, s'agit de 88 ans pour donner la parole à ces victimes en présence de votre journal. Voilà pour cette une de La Voix du Nord.

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