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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 11 mars 2022 19 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalDéfenseÉconomie & entreprisesSécurité

Déclaration du Président Emmanuel Macron à l’ouverture du Sommet européen de Versailles.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Emmanuel MacronFait
    « Est-ce qu'il faut mettre en place un embargo européen sur le pétrole et le gaz russe ? »
  • 0:45Emmanuel MacronChiffre
    « L'Europe dépend du gaz, dépend d'un gaz qu'elle importe et à 40 % d'un gaz russe. »
  • 3:00Emmanuel MacronFait
    « Est-ce qu'on peut aujourd'hui ouvrir une procédure d'adhésion avec un pays en guerre ? Je ne le crois pas. »
  • 4:30Emmanuel MacronFait
    « La France condamne avec la plus grande fermeté ce qui est un acte de guerre indigne et amoral, parce que ce n'est pas un acte de guerre destiné justement à neutraliser des bases armées, des capacités militaires. »
  • 5:30Emmanuel MacronFait
    « La Russie a décidé de lancer une guerre, la Russie bombarde l'Ukraine, la Russie bombarde des civils. »
  • 8:30Emmanuel MacronChiffre
    « Nous avons commencé à enclencher ça avec le plan de relance de l'été 2020. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Ce soir, dans ce sommet, il y a notamment l'indépendance énergétique de l'Union européenne. Est-ce qu'il faut mettre en place un embargo européen sur le pétrole et le gaz russe ? Est-ce qu'on peut se le permettre ou est-ce qu'il y a une autre solution à l'indépendance énergétique ?

Alors, vous savez que l'agenda pour l'indépendance de l'Europe, sur beaucoup de sujets, est un agenda que nous portons depuis plusieurs années, on a voulu encore le renforcer. Nous en avons vu l'importance pendant l'épidémie de covid-19 puisque nous avons parfois manqué à cause de nos dépendances, et cette crise nous le montre plus encore. Et donc la discussion que nous allons avoir aujourd'hui, les décisions que nous allons acter, les mandats que nous allons donner aussi à la Commission pour pouvoir poursuivre et prendre d'autres décisions dans les prochaines semaines ont trait aux sujets de défense, d'énergie, d'alimentation et d'agriculture, de matières premières, évidemment, toujours de santé parce qu'il faut continuer à tirer les enseignements de l'épidémie, de semiconducteurs, de technologies, etc.

Les éléments critiques sont en matière de défense et d'énergie, vous le savez ô combien, et c'est lié aujourd'hui à la guerre en Ukraine. Et donc, notre volonté, c'est d'abord de pleinement pouvoir, à court terme, protéger. Protéger nos concitoyens, protéger nos entreprises face à la montée des prix, c'est la première chose.

Nous sommes plusieurs à avoir pris des décisions en la matière, la France l'a fait avec un blocage des prix pour le gaz. Si ça dure, il faut qu'on ait des mécanismes plus pérennes en européens. Et donc là dessus, il y a plusieurs propositions très techniques.

Et donc, ce que nous allons faire, c'est donner un mandat à la Commission pour, d'ici à la fin du mois, nous préparer tous les textes qui sont nécessaires, qui, pour certains d'ailleurs, il faut bien le dire, été bloqués par des désaccords depuis de très nombreuses années, mais face à de telles circonstances, notre objectif, c'est, pour le sommet de fin mars, de pouvoir finaliser ces décisions sur la base du mandat que nous allons donner aujourd'hui à la Commission. Ensuite, il y a la question de savoir si la Russie va, à un moment donné, faire pression et utiliser l'arme du gaz. Le président Poutine s'est exprimé tout à l'heure pour dire que la Russie continuerait à fournir.

Jusque quand ? En fonction de quoi ? Nul ne sait.

C'est ça, une dépendance, une vulnérabilité. Et donc, nous devons nous préparer à tous les scénarios, à tous les scénarios. Aujourd'hui, la France, comme vous le savez, dépend moins que d'autres du gaz en raison de notre base installée nucléaire et de notre structure énergétique.

Néanmoins, l'Europe dépend du gaz, dépend d'un gaz qu'elle importe et à 40 % d'un gaz russe. Et donc, la stratégie que nous devons bâtir, c'est la discussion que nous allons avoir ce soir, c'est pourquoi ce sommet est très important, c'est de savoir à quel rythme nous pouvons diminuer, réduire puis supprimer cette vulnérabilité. Quelles sont les voies et moyens de trouver d'autres fournisseurs à court terme et comment nous réorganiser.

Allez-vous évoquer la question de l'adhésion de l'Ukraine ? Ce sera immanquablement évoqué ce soir puisqu'il y a une demande. Vous savez que trois pays ont fait la demande formelle, l'Ukraine, la Moldavie, la Géorgie.

Et nous aurons une discussion ce soir, elle est importante parce que d'abord, je pense qu'il faut envoyer un signal fort dans cette période à l'Ukraine et aux Ukrainiens. Dans le même temps, il faut que nous soyons vigilants. Est-ce qu'on peut aujourd'hui ouvrir une procédure d'adhésion avec un pays en guerre ?

Je ne le crois pas. Est-ce qu'on doit fermer la porte et dire jamais ? Ce serait injuste.

Est-ce qu'on peut oublier les équilibres de la région ? Il faut faire attention. La Moldavie est très fragile.

Elle est aujourd'hui dépendante, du point de vue de son gaz, de la Russie. Il y a la Transnistrie avec des combattants qui sont là. Elle est aujourd'hui avec des dizaines de milliers de réfugiés qui arrivent sur son sol et donc on ne peut pas abandonner la Moldavie dans ce chemin.

On doit faire attention aussi aux Balkans occidentaux, et donc je pense qu'il nous faut ce soir envoyer un signal, mais il nous faut réfléchir dans le cadre un peu de cette refonte européenne que nous préparons, en lien avec la Convention pour l'avenir de l'Europe, savoir comment l'Europe se repense géographiquement. La guerre en Ukraine est un traumatisme immense et je l'ai dit, c'est le retour du tragique. C'est un drame, un drame humain, politique, humanitaire, mais c'est aussi, à coup sûr, un élément qui va conduire à complètement redéfinir l'architecture de notre Europe.

Et donc, dans le temps, nous allons en tirer toutes les conséquences. [INAUDIBLE] Alors, il nous faut d'abord, et c'est un peu, pour moi, l'un des objectifs d'aujourd'hui, vous savez, on ne règle pas tout en un jour. Ce sommet est très important parce qu'il arrive à un moment critique et il arrive en pleine guerre, alors même que nous sommes tous bouleversés par ce qu'il se passe et que nous devons prendre des décisions fortes.

Ces décisions, nous devons les prendre dans les jours, les semaines qui viennent. Aujourd'hui, c'est une décision stratégique. Elle doit ensuite être suivie d'effets.

Nous allons donner un mandat à la commission pour la fin du mois de mars et le conseil qui s'y tiendra, où des décisions devront être prises en matière d'énergie, à coup sûr, peut-être d'agriculture aussi. Il nous faut aussi préparer les décisions que nous aurons à prendre en matière de défense, comme je l'évoquais, et d'autres, et là, nous donnons un mandat pour le mois de mai. Il faudra vraisemblablement avoir un conseil exceptionnel à cet horizon.

Il faudra, à coup sûr, prévoir de nouveaux investissements et dans la discussion que nous aurons entre aujourd'hui et demain matin, il nous faut déterminer, par rapport à ces investissements que nous identifions, si ce sont des investissements du secteur privé. Dans tous ces domaines, il doit y en avoir, c'était l'objectif de la taxonomie en matière d'énergie, il y en a aussi en industrie de défense. Est-ce que ce sont des dépenses publiques nationales ?

Et à ce moment-là, comment sont elles compatibles avec nos propres critères et nos contraintes ? Et est-ce qu'il nous faut faire plus de dépenses communes en européens ? Comme nous l'avons par exemple décidé au moment de la crise covid.

Je pense que vraisemblablement, il y aura les trois catégories. Donc, en effet, il nous faut maintenant aujourd'hui avoir la discussion stratégique aujourd'hui et demain, mais dans les semaines qui viennent, réussir à définir ce qu'est notre dessein pour les prochaines années sur ces grands sujets de défense, d'énergie, d'alimentation, d'industrie et comment définir nos dépenses communes. Monsieur le président, vous avez vu ces images d'une maternité bombardée à Marioupol.

Qu'est-ce que vous avez ressenti quand vous avez vu ces images ? Et est-ce que vous diriez que la Russie se rend coupable de crimes de guerre ? Écoutez, j'ai été, comme nous l'avons tous et tout été, bouleversé par ces images.

En plein centre-ville, une maternité a été bombardée, en plein centre-ville. Des femmes, des enfants à nouveau, ont été tués. Je dis « à nouveau » parce que je l'avais déjà dit à nos compatriotes la semaine dernière, c'est, depuis le début de cette guerre, à plusieurs reprises que des drames humanitaires de ce type ont été faits.

Et des armes profondément létales, sans discernement, sont utilisées en plein centre-ville. La France condamne avec la plus grande fermeté ce qui est un acte de guerre indigne et amoral, parce que ce n'est pas un acte de guerre destiné justement à neutraliser des bases armées, des capacités militaires, alors même que nous considérons que cette guerre est évidemment déjà illégale et injuste, mais c'est un acte de guerre dont l'objectif manifeste est de tuer des civils, des femmes et des enfants en particulier. Donc, nous l'avons condamné, évidemment.

Vous savez, la France s'est toujours battue contre l'impunité et donc dans le cadre de l'ensemble des Nations unies, avec les juridictions compétentes, toutes les procédures devront être conduites pour que la clarté soit faite sur, aujourd'hui, ces actes et ce que nous avons tous vu et condamné, mais les conséquences doivent aussi être tirées. Le président Zelensky a dit qu'en fait, c'est la faute de l'Europe et des États-Unis. Je pense qu'il n'y a rien qui justifie, vous savez, je vous le dis avec d'autant plus de détermination, de fermeté que je n'ai cessé, pour ma part, d'engager la discussion avec le président Poutine.

Je n'ai cessé de le faire, ici même, ici même, quelques jours après mon élection, j'ai reçu le président Poutine. En 2019, je l'ai invité à Brégançon, nous avons réengagé des groupes de travail. J'ai parfois été critiqué pour cela.

Je l'ai fait avec conviction, engagement, sans naïveté aucune, mais on l'a fait jusque quelques heures avant sa décision de lancer la guerre. Je parlais avec lui d'une rencontre d'un sommet avec le président Biden. Cette décision est une décision unilatérale de la Russie et rien ne justifie le choix de faire une guerre, rien ne justifie contre un peuple frère, et rien ne justifie ce qu'on a vécu, par exemple, à Marioupol.

Je veux ici dire toute ma solidarité à l'égard du maire de Marioupol comme de l'ensemble de ses habitants, et donc je crois qu'il n'y a aucun discours de justification qui est audible. Maintenant, nous restons engagés, ce matin avec le chancelier Scholz, nous avons reparlé avec le président Poutine, nous nous reparlerons encore dans 48 heures. Je ne vais pas ménager les efforts pour essayer d'obtenir ce cessez-le-feu qui est si important et la possibilité d'essayer d'avoir une sortie du conflit qui puisse être politique.

Mais je l'ai dit aux Françaises et aux Français, je vous le dis avec la même honnêteté, je suis inquiet, pessimiste, et c'est aussi pour ça que je crois que notre Europe doit être au rendez-vous. Et l'Europe est là, qui doit chercher à être puissance médiatrice et de stabilité, c'est ce que nous faisons en particulier avec le chancelier Scholz mais avec tous les collègues, l'Europe est unie face à cette guerre, unie. Et pour moi, c'est très important, et l'objectif de ces deux jours, c'est aussi d'afficher, mais au-delà d'afficher, de continuer à construire, à renforcer cette unité européenne.

Et l'Europe, elle doit se préparer à tous les scénarios. Et vous m'avez souvent entendu parler d'Europe puissance, d'Europe indépendante, elle doit se préparer à être indépendante du gaz russe, à être indépendante pour assurer sa propre défense, à être indépendante en termes, justement, d'approvisionnement de ses marchés parce que nous redécouvrons que notre démocratie est menacée, que nos valeurs sont menacées et qu'il nous faut donc accepter parfois d'en payer le prix, celui qui va avec les sanctions et les contre-sanctions, et être prêts aussi à défendre ses valeurs quand elles sont attaquées. Monsieur le président Macron, vous dites que l'Europe est unie, mais est-ce que c'est vraiment le cas lorsqu'on a des opinions très, très différentes en ce qui concerne la livraison de l'énergie russe, par exemple, de l'Allemagne ?

Mais bien sûr, nous avons tous des situations différentes, c'est ça, l'Europe, mais la clé de l'Europe, c'est de réussir à bâtir un intérêt commun au-delà des situations particulières. Et donc, notre force est là, c'est ça ce que nous découvrons. Avancer tout seul, un parmi 27, n'a pas grand sens dans cette situation et donc, oui, nous avons des situations différentes.

C'est pour ça que je crois, je disais à la Sorbonne : « unie, démocratique et souveraine ». Si on veut de la souveraineté, il faut de l'unité, et cette unité suppose de dire on a des différences, mais on décide de mutualiser, de faire des efforts les uns pour les autres. Eh bien oui, il y a des pays d'Europe qui sont plus dépendants du gaz russe que d'autres.

On doit aider ces pays à sortir plus vite, ce sont des investissements plus importants. Je vous le dis d'autant plus aisément que la France n'est pas dans ce cas-là, mais la France a aussi bénéficié d'une Europe solidaire sur les vaccins, par exemple. Donc, à des moments différents, la solidarité européenne nous bénéficie parce que nous cherchons à bâtir un intérêt commun européen, mais à chaque instant, cet intérêt commun nous rend plus forts, c'est ça, l'Europe.

Et donc, vous avez parfaitement raison, les sensibilités ne sont pas les mêmes. Plusieurs d'entre nous ont des frontières avec la Russie, la Biélorussie, des enclaves russes ou parfois même l'Ukraine. Et donc, ils vivent la question des réfugiés, la peur de la guerre, des déploiements d'armements très différemment d'un pays comme la France qui paraît être loin, ce n'est pas si vrai parce que des missiles Iskander sont déployés aujourd'hui en Biélorussie qui nous menacent aussi.

Mais la sensibilité n'est pas la même, nos histoires ne sont pas les mêmes, mais nous devons être solidaires pour bâtir une réponse commune. Vous avez parlé ce matin avec Vladimir Poutine, vous avez vu la possibilité et la possibilité d'espoir, c'est possible de répondre en anglais, s'il vous plaît. Si vous voulez.

Vous savez, je suis de nature optimiste, mais j'essaie également d'être réaliste. Je dois dire que nous nous sommes constamment engagés dans des discussions avec le président Poutine jusqu'à la dernière minute où il a lancé cette guerre et après avoir décidé de lancer cette guerre, pour essayer de rouvrir les négociations et d'obtenir un cessez-le-feu. Cependant, je dois vous avouer que, aujourd'hui, les conditions qu'il met sur la table ne sont acceptables pour personne, pour être honnête.

Donc, la question est : Monsieur Poutine est-il prêt à se réengager honnêtement et proposer quelque chose ? Nous travaillerons sincèrement, collectivement. J'espère que ce scénario est faisable, mais lorsque que je regarde les faits, aujourd'hui, soyons lucides, les faits sont les suivants : la Russie a décidé de lancer une guerre, la Russie bombarde l'Ukraine, la Russie bombarde des civils, et en parallèle, vous avez des négociations, mais ces négociations ne sont pas prêtes d'être conclues.

Dons nous restons très engagés. Nous parlerons, à nouveau, dans les heures à venir avec le président Poutine. Nous restons unis avec nos alliés, nous avons eu une discussion, il y a quelques jours, avec le président Biden, le Premier ministre Johnson, également, à la fois le chancelier et moi.

Donc cette unité des Européens, cette unité des alliés sont importantes pour nous. En même temps, je suis engagé et je resterai engagé à discuter avec le président Poutine pour essayer d'obtenir ce qui semble être irréaliste, mais je pense que cette option reste, pour moi, la meilleure, un cessez-le-feu et des négociations. Je ne considère pas que le cessez-le-feu soit réaliste dans les heures à venir, pour être honnête avec vous.

Est-ce que [INAUDIBLE] un second plan de relance ? Je pense qu'il faut toujours tout tenter pour essayer de l'obtenir. Et donc nous avons tout fait, tout fait, tout fait jusqu'à la dernière seconde pour essayer d'obtenir une solution diplomatique qui aurait empêché la guerre.

Je pense que c'était la responsabilité de la France et de l'Europe et je pense que c'est ce qui a rendu encore plus évident que c'était la responsabilité de la Russie de décider la guerre. Je pense qu'il nous faut rester engagés alors même que nous soutenons l'Ukraine, alors même que nous sanctionnons la Russie fortement, que nous restons unis, que nous menons des initiatives, des démarches diplomatiques au Conseil des Nations unies pour isoler la Russie. Il faut rester engagé dans un dialogue pour essayer d'obtenir cette solution.

Cette solution diplomatique, d'abord, elle ne peut advenir qu'entre la Russie et l'Ukraine, mais nous pouvons peut-être aider, c'est ce que nous tentons de faire. À court terme, l'honnêteté me conduit à vous dire que je ne vois pas une solution diplomatique dans les prochaines heures ou les tout prochains jours, mais nous allons reparler avec le président Poutine dans les prochains jours et essayer de voir si les choses bougent de part et d'autre. Et donc, nous allons continuer à rester engagés avec beaucoup de force, je l'espère.

Je vais me battre pour, mais ce que nous pouvons faire, c'est influencer la partie russe pour aller vers des compromis, c'est aider, mais nous ne pouvons pas le décider à la place des parties prenantes. Voilà. Vous allez l'inviter ici ?

D'abord, nous allons nous parler. Vous savez, il faut d'abord préparer. Il faut d'abord obtenir le cessez-le-feu, la fin de la guerre pour protéger les Ukrainiennes et les Ukrainiens et protéger notre Europe.

C'est ça l'objectif. Il faut un second plan de relance ou pas, monsieur le président ? Pour l'endettement commun, vous êtes favorable ?

Alors je pense qu'il ne faut jamais partir dans la discussion sur les instruments avant d'avoir clarifié la discussion sur les objectifs. Je me suis toujours attelé à cette méthode et c'est celle qui permet de lever les tabous et les blocages. D'abord, il faut un plan de résilience dans nos économies.

C'est ce que le Premier ministre, à ma demande, est en train de finaliser, et les prochains jours permettront d'accompagner de manière très spécifique les secteurs et les différents points particuliers qui sont impactés par la guerre et ses conséquences directes et indirectes. Cette stratégie de résilience, elle se poursuivra sans doute dans le temps, elle devra être adaptée parce que nous avons, aujourd'hui, un impact sur les prix dans plusieurs domaines, mais nous ne mesurons pas toutes les conséquences. Il faudra continuer à pouvoir réévaluer dans le temps.

Ensuite, on a besoin d'une stratégie européenne, là aussi pour résister à court terme, mais face à tous les défis que nous allons discuter aujourd'hui, il va nous falloir, en effet, définir ensuite une stratégie d'investissement européenne qui correspond à ces objectifs. C'est ce que je disais à votre collègue. Pour partie, il faudra une stratégie d'investissements privés, on a commencé à le faire, mais il faudra encore l'adapter et la renforcer, ce qui veut dire aussi une Europe des capitaux privés qui est beaucoup plus intégrée.

Il faudra une stratégie d'investissement nationaux coordonnée et il faudra une stratégie d'investissements communs européens. Nous avons commencé à enclencher ça avec le plan de relance de l'été 2020. Pour partie, il est encore d'ailleurs utilisable, mais en fonction des objectifs que nous nous définirons, il faudra voir s'il convient de le transformer, de prendre de nouvelles décisions.

Je ne veux pas les préempter. L'objectif de ce sommet à Versailles, c'est d'abord l'unité de l'Europe, la force de l'Europe face à la guerre en Ukraine et construire une indépendance plus forte de notre Europe pour pouvoir résister aujourd'hui et demain et prendre souverainement nos décisions. Ce sont des discussions stratégiques et historiques et elles conduiront aujourd'hui, dans les semaines qui viennent et les mois qui viennent, à des décisions historiques pour notre Europe.

L'Europe doit changer, elle a changé sous le coup de la pandémie, elle va changer encore plus vite et plus fort sous le coup de la guerre, parce que la guerre en Ukraine est un bouleversement profond de nos équilibres, des croyances qui avaient gagné notre continent et donc elle doit nous conduire à être lucide, ambitieux et prendre les décisions qui sont à la hauteur. Voilà, merci à vous. Merci beaucoup.

Merci beaucoup.