La France attire les dollars, un effet Macron ? #cdanslair 01.03.2018
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 42 %Défensif 23 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 66 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:05OuverteRéponse directe
Le PDG de Disney reçu à l'Élysée en grande pompe, est-ce un effet Macron ?
- 4:10RelanceRéponse partielle
Disney ne paye pas d'impôts sur les sociétés en France, est-ce acceptable ?
- 4:59OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y aurait une sorte de diplomatie économique avec Macron ?
- 7:07OuverteRéponse directe
Cette croissance à 2% est-elle due aux investissements étrangers ?
- 8:53FerméeRéponse directe
Philippe de Sertines, est-ce qu'il y a un effet Macron dans ces investissements ?
- 14:36OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que l'investissement de Disney va nous apporter concrètement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25PrésentateurFait
« Cette opération a été menée directement par Emmanuel Macron. »
- 0:54PrésentateurFait
« La France est quand même une grande puissance, donc la France, elle doit être ouverte au monde, quoi qu'il arrive. »
- 3:24PrésentateurFait
« Il a fait une réforme fiscale en faveur des entreprises, une réforme du marché du travail qui plaît plutôt au patronat. »
- 7:20PrésentateurChiffre
« On a quand même appris ce matin que la croissance, au final, en 2017, c'est 2%. »
- 7:41InvitéChiffre
« On a ouvert 125 usines en France l'an dernier, alors qu'on en a fermé une centaine. »
- 11:23InvitéChiffre
« En visite à l'Elysée cette semaine, le patron de Walt Disney a annoncé un investissement record de 2 milliards d'euros et la création de trois nouvelles zones thématiques. »
- 12:05InvitéChiffre
« 16 000 emplois directs et peut-être plus grâce à l'agrandissement. »
- 14:02PrésentateurChiffre
« Pour 90% des répondants, il y a clairement un effet Macron. »
- 33:22PrésentateurFait
« Un accord qui prendra fin en mai prochain. »
- 33:34PrésentateurFait
« Ministre d'une économie française qui a retrouvé par ailleurs le chemin de la croissance. »
- 33:42InvitéChiffre
« Là, on parle de 2% de croissance et tout. »
- 33:54PrésentateurFait
« 900 familles Ford à la rue. »
- 33:58PrésentateurFait
« Bercy a jusqu'à fin 2019 pour trouver une solution. »
- 34:06PrésentateurFait
« Jusqu'à 4000 salariés se garaient autrefois sur ce parking devant ce qui est toujours la plus grosse usine d'Aquitaine. »
- 36:38PrésentateurFait
« Quand vous comparez à l'Allemagne, le fait qu'on est beaucoup plus propriétaires. »
- 37:25PrésentateurFait
« La France crée des emplois. »
- 37:28PrésentateurFait
« On voit le chômage qui baisse pour de vrai. »
- 40:27PrésentateurChiffre
« Le contexte qu'on a offert aux entreprises ces dernières années, on leur a offert 40 milliards de baisse de charges via le CICE, le Pacte de compétitivité. »
- 40:53PrésentateurChiffre
« Et quand on voit ces entreprises et le syndicaliste le rappelle bien dans le reportage, c'est 40 millions qu'a touché l'entreprise et puis finalement elle part. »
- 41:34PrésentateurFait
« Que fait Emmanuel Macron pour les classes moyennes ? »
- 41:45PrésentateurFait
« Les États-Unis l'ont fait dans les années 90, le Royaume-Uni l'a fait et les inégalités ont très fortement augmenté. »
- 41:49PrésentateurFait
« Les inégalités françaises ont augmenté ces 30 dernières années. »
- 41:53PrésentateurChiffre
« Les 1% les plus riches ont vu leur revenu augmenter de 100%. »
Temps de parole
- Présentateur71 %
- Invité18 %
- Invité 23 %
- Invité 33 %
≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Le PDG de Disney reçu à déjeuner comme un chef d'État étranger, c'était mardi, à l'Élysée, avec au dessert l'annonce d'un gros chèque, un investissement de 2 milliards à Paris. Cette opération a été menée directement par Emmanuel Macron. Le président envoie ainsi un message à tous les grands groupes internationaux. Venez en France, investissez chez nous. Un appel sous la forme d'un slogan, France is back. La France est de retour, un thème que le chef de l'État avait déjà martelé à Versailles en janvier devant 140 patrons étrangers, mais aussi au forum économique de Davos. Et c'est un fait.
L'attractivité de notre pays est en hausse, les entreprises reviennent. Même le journal britannique The Economist, la Bible du monde libéral, a fait de nous le pays de l'année 2017. Voilà pour les lauriers. La réalité, elle est un peu moins spectaculaire. Le chômage a beaucoup de mal à baisser. Il y a toujours des délocalisations. Et il faudra du temps pour faire de la France un jour un eldorado. On en parle avec nos invités. Philippe de Sertine, vous êtes économiste, professeur à l'Institut d'administration des entreprises de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directeur de l'Institut de haute finance. Votre livre « Le talent et les assassins » vient de paraître chez Anne Carrière.
Thomas Porcher, vous êtes économiste, professeur d'économie à la Paris School of Business, membre des économistes atterrés. Dans quelques jours, en mars, chez Fayard, votre traité d'économie hérétique. Françoise Fressoz, vous êtes journaliste, éditorialiste au Monde. À la une de votre journal daté de demain, Brexit, l'Union Européenne met la pression sur mai. Sophie Fais, vous êtes journaliste, chef du service économie à l'Obs. Je cite dans l'Obs de cette semaine votre article sur la diaspora française de l'intelligence artificielle. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à cette émission en direct. Nous nous attendons bien sûr vos questions par SMS et Internet.
Alors je le disais, le PDG de Disney reçu à l'Élysée quand même en grande pompe, Bob Heger, il n'a pas dû regretter son voyage à Paris. Emmanuel Macron a mis les formes pour l'accueillir. C'est important d'ailleurs. C'est un signal aussi au-delà du patron de cette firme, Disney. C'est un signal au monde entier, au monde de la finance. Oui, c'est un signal adressé au monde entier et aux États-Unis. Emmanuel Macron est très populaire à Wall Street, il faut le savoir quand même. C'est vraiment une star aujourd'hui du point de vue américain.
C'est un signal aussi évidemment envoyé au groupe Disney en disant ça nous intéresse que vous investissiez chez nous, même si on est d'accord que Disney de toute façon a son grand pôle touristique européen autour de Paris. Enfin, on n'y vienne pas tout d'un coup parce qu'il y a Emmanuel Macron. Il y a cette idée de dynamiser encore cet attrait touristique extraordinaire que peut être un parc Disney avec sans arrêt des investissements nouveaux. Mais incontestablement, on va dire la mise en scène avait du poids. Et la mise en scène a eu du poids du côté français, mais aussi du côté du monde du business et en particulier aux États-Unis.
Emmanuel Macron avait déjà réuni, je l'ai dit, 140 patrons à Versailles le 22 janvier. Alors, il fait le job, comme on dit, il fait la promotion de notre pays. On a l'habitude de voir les présidents le faire, mais on a le sentiment qu'il le fait avec encore plus d'énergie et d'enthousiasme. Oui, oui, c'est vrai. Enfin, c'est un président qui est pro-business, il ne l'a jamais caché. Il a fait une réforme fiscale en faveur des entreprises, une réforme du marché du travail qui plaît plutôt au patronat. Donc là-dessus, on n'a pas vraiment de surprise. Après, là, il y a le président de Disney qui vient, c'est une bonne chose.
Ils ont parlé de tout un tas de choses, ils ont même parlé du climat, puisque le président de Disney faisait partie d'une commission avec Trump et qu'il a quitté suite au fait que Trump retire les États-Unis de l'accord de Paris. Mais ils n'ont pas parlé d'une chose, c'est que Disney, par exemple, ne paye pas d'impôts sur les sociétés en France parce que sa marge est réduite très fortement par des royalties qu'ils envoient directement en Californie. Quand vous achetez un billet à Disney, à Euro Disney, vous avez 10% qui partent directement en Californie. Puis après, vous avez toutes les dérogations fiscales qui existent en France, ce qui fait qu'au final, Disney ne paye pas d'impôts.
Et là, c'est quelque chose qu'on aurait aimé aborder. Parce qu'on peut faire un cadre fiscal, on peut faire un marché du travail plus déréglementé, mais après, il faut que les entreprises qui viennent investir aient également, elles ont des nouveaux droits, il faut qu'elles aient également des nouveaux devoirs. Vous croyez que ça fait partie du deal, en quelque sorte ? Mais on va en parler dans l'émission. Vous savez, quand il y a un investissement direct étranger, il y a investissement et investissement. Quand il y a une fusion acquisition, quand Siemens rachète Alstom, c'est considéré comme un gros investissement direct étranger. Et pourtant, là, nous perdons un fleuron de notre industrie.
Donc, on peut être très attractif à avoir des investissements étrangers qui décollent. Mais si 80% de ces investissements étrangers, c'est du rachat d'entreprises de fleurons de l'industrie française, je ne suis pas sûr qu'en termes de politique industrielle, ce soit quelque chose de vraiment avantageux pour la France. On va expliquer dans cette émission pourquoi, en effet, des grands groupes internationaux ont envie d'investir en France. Et on va essayer de comprendre si c'est un effet Macron. Et pour être plus précis dans ma question, Françoise Fressos, est-ce qu'il y aurait une sorte de diplomatie économique ?
Alors, ce que je trouve intéressant, c'est l'exemple de Disney. Parce que quand vous reprenez l'histoire de Disneyland en France, c'est né, en fait, sous un gouvernement socialiste. C'est né par les efforts d'Edith Cresson, qui était alors ministre du Commerce extérieur de François Mitterrand. Et souvenez-vous de l'ambiance, c'était 1984, c'était le tournant de la rigueur. C'est-à-dire que les socialistes avaient beaucoup tapé sur les entreprises, puis tout d'un coup, ils avaient découvert qu'au fond, il fallait quand même leur ouvrir la porte. Et c'était vraiment un combat personnel d'Edith Cresson, qui était assez ouverte aux États-Unis. Moi, je me souviens de la polémique de l'époque.
La gauche tordait le nez en disant « Oh là là, c'est des Américains, on va se faire américaniser, c'est pas bon ». Elle avait bataillé, elle a été aidée par la région, c'était Michel Giraud à l'époque, elle a été aidée par les départements. Il y a eu un tas de prêts bonifiés, il y a eu le RER qui est arrivé à Marne-la-Vallée. Ça a été le combat socialiste. Donc c'est pour vous dire que l'attractivité, c'est quand même une préoccupation française, quels que soient les gouvernements. Pourquoi ? Parce que je pense que ça participe aussi du rang de la façon dont nous, on se vit. La France est quand même une grande puissance, donc la France, elle doit être ouverte au monde, quoi qu'il arrive.
Ce qui est nouveau chez Macron, c'est qu'il assume, s'il voulait, beaucoup plus que les précédents présidents, l'idée qu'on est dans une mondialisation et qu'il faut finalement jouer le jeu de la mondialisation. Et tout le début de son mandat a été tourné vers les investisseurs étrangers. Il a réduit l'ISF, il a réduit la fiscalité de l'épargne, et ça, ça a été assumé sur le thème si on veut de la croissance en France, il faut que les investisseurs étrangers reviennent. Ça lui vaut l'étiquette de président des riches, parce que je pense qu'en France, ça a été beaucoup plus mal vécu qu'à l'étranger. Mais à l'étranger, incontestablement, les investisseurs ont senti quelque chose changer.
Donc il y a effectivement un effet Macron, mais qu'on ne peut pas mesurer aujourd'hui, parce qu'on n'a pas le bilan de ce qu'il a fait. Mais pour vous dire quand même qu'il y a toujours eu en France, quels que soient les gouvernements, l'idée qu'il fallait quand même attirer des capitaux et des investisseurs étrangers.
– Sophie Fête, difficile pour l'instant de mesurer l'impact réel et le poids du président Macron dans ces investissements. Enfin, on a quand même appris ce matin que la croissance, au final, en 2017, c'est 2%. Est-ce que d'ailleurs cette croissance qui a atteint, je crois, depuis 2011, à un tel niveau, c'est dû aussi aux investissements étrangers ou ça n'a rien à voir ? – Ça peut participer des investissements étrangers, par exemple. Quand on regarde ce qui s'est passé pour la première fois l'an dernier, il y a une étude d'un organisme qui s'appelle Trendéo,
qui va être rendu public un peu plus tard dans la soirée, je crois, et qui montre qu'on a ouvert 125 usines en France l'an dernier, alors qu'on en a fermé une centaine. Donc pour la première fois, on a un nombre d'ouvertures d'usines qui est positif, et dans ces usines qui ouvrent en France, il y a aussi des sites étrangers. Donc bien sûr, tout participe de la croissance. Et Emmanuel Macron, cette histoire-là, c'est une histoire ancienne pour lui d'attirer les entreprises étrangers, parce qu'il faisait déjà, quand il était secrétaire général de l'Elysée, il avait même un petit numéro avec François Hollande. En fait, il recevait des chefs d'entreprises étrangers de passage à Paris,
et François Hollande, qui jouait ce jeu aussi, on l'a vu avec le CICE, le pacte de responsabilité, passait une tête dans le bureau de son secrétaire général et disait bonjour.
Et donc il y a toute une habitude, y compris avec les patrons de la Silicon Valley, pour leur montrer que la France est accueillante et qu'ils sont bienvenus, et qu'on veut les voir s'installer, mettre leur siège à Paris, plutôt qu'à Londres, ou plutôt qu'en Allemagne. Donc il y a un phénomène Macron, un petit jeu bien rodé. Et puis, à un moment où la France sait qu'elle peut prendre une position,
compte tenu de la personnalité du président américain, ou compte tenu de ce qui se passe en Grande-Droitagne avec le Brexit, ou en Allemagne, où le gouvernement a mis un peu de temps à se former. Alors Philippe de Sertines, on a compris, c'est assumé par Emmanuel Macron. Vous, vous arrivez à... C'est difficile à dévaluer encore une fois cet effet Macron. Il y en a un, quoi qu'il arrive ? Oui, il y en a un. Alors, peut-être quand même, ce qu'il faut dire, c'est qu'on n'est pas les seuls à faire ça.
Vous savez, tous les pays du monde, c'est-à-dire que là, on est en train de dire, oui, là, il y a le président qui reçoit, mais vous savez, quand un grand groupe américain arrive en Allemagne, il va voir Angela Merkel direct. C'est-à-dire que tout le monde est quand même dans une logique de compétition, en disant les grandes entreprises qui sont créatrices d'investissements. Quand vous disiez l'année dernière l'investissement, pas tant que ça sur la croissance, mais surtout cette année qui vient, on va avoir une énorme croissance de l'investissement. Donc ça, ça va jouer sur le dynamisme de l'économie. Mais oui, c'est assumé, bien sûr.
Quand on dit l'année dernière, par exemple, est-ce que la croissance provient de Macron ? Non, on est d'accord, l'élection est beaucoup trop récente. On a une embellie économique partout dans le monde. Donc ça, c'est quelque chose, effectivement, qui participe partout de l'amélioration des chiffres. Quels seront les effets, ensuite, maintenant, de cette attractivité ? Vraiment, quand vous parliez de Versailles l'autre jour, Ça, tous les grands patrons internationaux qu'on a pu rencontrer, ils sont tous quand même bluffés. Ça a marqué les esprits. En plus, Versailles, quand même. Vous voyez, Versailles, c'est connu partout. Ils sont reçus à Versailles.
Ils ont Emmanuel Macron qui arrive, fait un discours en anglais, très clair, très, justement, business. Honnêtement, il aime ça, ça c'est clair. Il aime ça, il est bon. Je vous dis, un président qui parle bien anglais, sincèrement, ça ne s'était jamais vu. Vous croyez que ça joue, vraiment ? Mais bien sûr, ça joue. C'est-à-dire, tout d'un coup, quand même, vous avez l'impression que la France arrive dans le XXIe siècle. C'est-à-dire qu'avant, il y avait cette espèce de « oui, il faut qu'on soit sympa comme tout le monde », mais il y avait un petit décalage, qu'on avait l'impression qu'on ne parlait pas la même langue. Lui, il est quand même ce type de banquier d'affaires.
Alors qu'il n'est pas resté très longtemps chez Rothschild, mais il a quand même compris comment ça marchait. Et là, vraiment, on a ce sentiment-là. Et les grands patrons, et toujours pareil, une grande entreprise, il faut se souvenir, le patron, c'est important. Ils le sentent, et quand ils reviennent chez eux, ils disent « ouais, France is back ». Disney, donc, mais aussi d'autres grands groupes comme Amazon, Fujitsu, encore la banque HSBC ont choisi l'Hexagone récemment pour se développer. Faut-il y voir le signe d'une confiance retrouvée de la part des investisseurs étrangers ?
En décembre, le très libéral journal anglais et économiste, habituellement plutôt adepte du French bashing, du dénigrement de la France, classait notre pays, pays de l'année. Marie-Charlotte Duluc, Myriam Zéard et Arnaud Fora.
Il a de quoi sourire. À Paris, le royaume de Mickey devrait bientôt s'agrandir. En visite à l'Elysée cette semaine, le patron de Walt Disney a annoncé un investissement record de 2 milliards d'euros et la création de trois nouvelles zones thématiques. Un vote de confiance pour l'Hexagone. 350 millions de visiteurs depuis son ouverture, le parc est la première destination touristique en Europe. Le premier employeur aussi pour les communes alentours. 16 000 emplois directs et peut-être plus grâce à l'agrandissement. C'est en tout cas ce qu'espère Jean-Paul Balcoux. Alors, les extensions vont se situer au sud, ici, du Rock'n Roller Coaster, de la Tour de la Terreur.
C'est trois nouvelles attractions qui vont prendre place sur le deuxième parc à thème à Disney. L'an dernier, les communes ont récolté près de 9 millions d'euros de taxes de séjour. Et l'élu a déjà des projets pour les futures recettes. Parallèlement au développement de Disney, nous avons, nous aussi, à construire une ville qui est actuellement de 35 000 habitants, qui sera aux alentours de 65 000 habitants en 2030. Donc, il nous faut des transports, il nous faut des écoles, il nous faut des crèches, il nous faut des équipements publics. Et c'est en cela que ça nous aide à poursuivre l'urbanisation de ce secteur, décrété d'ailleurs par l'État.
Disney, mais aussi Amazon, qui annonce l'ouverture d'un nouvel entrepôt et 1000 emplois à la fin de l'année. Les millions d'investissements promis par deux groupes japonais, Kubota et Fujitsu, autant d'exemples d'une attractivité retrouvée. Le magazine Anglaisie Economiste a même désigné la France pays de l'année 2017. Une attractivité portée par une conjoncture économique favorable, une croissance à 2%. Et aussi par la volonté du président, toujours prêt à séduire les chefs d'entreprises étrangers, reçus en janvier dernier avec les honneurs, au château de Versailles. Une image réformatrice pro-entrepreneuriale qui attire de plus en plus les investisseurs américains.
Dans un récent sondage, le directeur de la Chambre de commerce américaine observe déjà les effets positifs de la présidence Macron.
Pour 90% des répondants, il y a clairement un effet Macron. L'élection du président de la République a changé l'image de la France à l'étranger. Je pense qu'il y a une flexibilité accrue sur le marché du travail qui a été permise par la réforme du marché du travail. Ça, c'est un point auquel les investisseurs américains sont très sensibles. Et puis le deuxième point, c'est qu'il y a le sentiment qu'il y aura plus de stabilité. Stabilité fiscale, stabilité réglementaire.
La France, qui profite également des incertitudes politiques de ses voisins européens. L'Italie, la Grande-Bretagne, l'Espagne et l'Allemagne.
Je crois qu'on peut revenir quand même sur le chèque de Disney. Alors on nous annonce trois nouveaux parcs, l'Arène des Neiges, Marvel et Star Wars. Qu'est-ce que ça signifie concrètement ? On a une question SMS en termes d'emploi. Que va nous apporter le colossal investissement de Disney ? Thomas Porcher ? Il faut voir quelles ont été les garanties de Disney. Mais normalement, ça devrait créer quelques dizaines, peut-être centaines d'emplois. Mais là, après, quand il y a un investissement direct étranger, normalement, il y a des garanties de création d'emplois. Il faut voir sur combien d'emplois se sont engagés Disney. Ça peut être quand même important.
Quelques centaines, quelques milliers d'emplois. On voit bien, le parc va s'agrandir, les touristes vont venir, ils vont employer normalement localement. Donc ça devrait être quelque chose de positif pour la collectivité territoriale. La ville, ça peut être quelque chose de positif. Après, encore une fois, il y a d'autres points qu'il faudrait éclaircir sur Disney. Vraiment, je l'ai dit, sur chaque ticket, sur chaque produit au repas ou sur chaque peluche que vous achetez, vous avez un pourcentage de 5 à 10% qui revient à la Californie et qui écrase la marge de Disney qui fait qu'au final, elle ne paye pas l'impôt sur les sociétés. Ce qui est quand même, quelque part, scandaleux.
Puisqu'on a un IES qui a diminué, qui est passé de 33 à 25%. Notamment, on l'a diminué pour dire que les investisseurs allaient revenir et que vous allez payer leurs impôts. S'ils ne les payent pas, il y a une vraie question là-dessous. Même s'il y a des emplois qui sont créés.
Juste pour nuancer, j'ai l'impression que le groupe Disney sur cet investissement-là n'a pas été tellement gagnant. Ils ont énormément perdu parce qu'il y a quand même un seuil de rentabilité qui est très haut. Je crois qu'il faut avoir 12 millions de visiteurs pour que ce soit rentable. Donc, ils ont été obligés de restructurer. Donc, finalement, au bout du compte, je pense que c'est quand même avantageux pour la France parce que ça vous permet de développer la région Ile-de-France. Ça vous donne de l'emploi de l'hôtellerie. Ça vous fait venir un tas de clientèles à Paris aussi qui vont visiter la ville. Et ça peut favoriser également des implantations touristiques autour.
Donc, on est plutôt gagnant. Et il faut se souvenir qu'au début, on était en très forte rivalité avec l'Espagne et qu'à l'époque, on a beaucoup donné aux Américains pour être implantés là. Il y a eu des prêts bonifiés. Il y a eu un tas d'avantages parce qu'on voulait absolument cet investissement.
Sophie Faye. Oui, sur le tourisme, on a à la fois beaucoup de passages et de visites en France. Mais on a aussi des touristes qui restent moins longtemps en France que dans les autres pays, en particulier qu'en Espagne. Et donc là, c'est vrai que si on a de nouvelles attractions chez Disney, ça peut les inciter à rester un peu plus. Et ce n'est pas un endroit, cette région de l'Ile-de-France, où ils iraient spontanément s'il n'y avait pas ça. Donc, c'est des emplois importants. Puis, c'est des emplois très variés et qui ne sont pas... Il y a beaucoup de formations. Ils peuvent être accessibles à tout type de personnes parce qu'il y a des emplois de services peu qualifiés.
Il y a des emplois plus qualifiés
avec les langues et l'animation. Donc, il y a vraiment... C'est un emploi intéressant.
La question des impôts, Philippe de Sartre, parce que si on peut considérer qu'au final, on s'y retrouve... Moralement, c'est un problème. Non, alors il y a deux choses. Déjà, le maire dans le reportage disait bien, nous, on a les taxes, les taxes locales. Ils sont payés, ça. Ça, c'est important quand même. C'est-à-dire que là, pour les communes, c'est vraiment quelque chose d'intéressant. Après, la question que pose Thomas de Porcher, alors vraiment, c'est quelque chose, évidemment, qui est examiné par les services fiscaux.
C'est-à-dire, quand vous avez un grand groupe international et qui va payer une redevance à la maison mère, ce que les entreprises françaises pratiquent aussi quand elles ont des implantations à l'étranger, les services fiscaux disent est-ce que c'est justifié ou pas ? C'est-à-dire, logiquement, vous n'avez pas le droit d'avoir une taxe qui serait réalisée par la maison mère en disant, hop, on fait payer, comme ça, beaucoup, ils vont dire, bon, ben, on administre un certain nombre de choses, etc. Et ça fait partie d'une négociation entre l'administration fiscale locale et le groupe. Alors, ensuite, bien sûr, dans la négociation, tout rentre en compte.
Il est évident que là, la concurrence entre les différents investisseurs, entre les différentes possibilités, va faire qu'on est plus ou moins compréhensifs. Il est probable qu'avec Disney, avec toutes les retombées secondaires qu'on peut évoquer pour le tourisme français, l'administration fiscale de Bercy est plus compréhensible. Ça, c'est clair. Oui, c'est vrai. C'est une réalité. Alors, ce qui est assez marrant, je fais une petite anecdote, c'est qu'il y a eu ce choix, en fait, entre l'Espagne et la France. Mais Disney explique ses mauvais résultats, notamment ces dernières années, par le mauvais temps. Alors, peut-être qu'ils auraient dû choisir l'Espagne, non ? Ah, c'est vrai.
Ça, je l'ai entendu. Le mauvais temps ressort souvent. C'est assez marrant. Pas assez de visiteurs à cause de la pluie. Voilà. Mais sur les investissements directs étrangers. Là, dans le cadre de Disney, il est clair que ça va créer des emplois et que ça fait survivre l'économie locale, c'est sûr. Mais prenons d'autres exemples. Emmanuel Macron, avant de recevoir les patrons à Versailles, il a visité une usine Toyota. Bon, c'est très bien. Il visite une usine Toyota. On déroule le tapis rouge pour Toyota. On voulait même créer des usines pour Tesla, le champion de la voiture électrique aux États-Unis. C'est très bien. Mais en même temps, nous avons deux constructeurs automobiles français.
Peugeot, Renault. L'État est actionnaire dans les deux. Donc là, il y a vraiment cette question de politique industrielle. Nous déroulons le tapis rouge à des concurrents sur la voiture électrique. Toyota est sur l'hybride depuis longtemps. Tesla sur la voiture électrique. Et nos deux champions veulent se lancer dans la voiture électrique. Donc, est-ce que c'est une bonne chose ? C'est une question qu'il faut se poser. Google ouvre un centre de recherche en France. C'est très bien. Ça va créer des emplois. Pour le coup, il ouvre un centre de recherche, ça va créer des emplois. Mais après, se pose quand même la question de la position dominante que Google a aujourd'hui.
Et nous ouvrons encore nos portes et nous mettons à disposition nos chercheurs ce qui va accroître cette position dominante que Google a. Donc, vous voyez, c'est très bien d'être attractif. C'est une très bonne chose. Mais après, il faut insérer tout ça dans une politique industrielle globale. Et une politique industrielle, ce n'est pas que créer les conditions pour attirer des capitaux. C'est aussi avoir une vision un peu stratégique de nos champions pour faire en sorte qu'ils soient dans le futur des conquérants. Un effet pervers. Oui, mais quand même à nuancer. Parce que sur la fiscalité, il y a quand même un impôt magique en France que tout le monde paye.
C'est la TVA qui est quand même à 20%. Donc ça, même si vraiment on fait un gros achat, on peut le détaxer à l'aéroport quand on repart dans son pays.
Je ne suis pas sûre que les gens le fassent pour les ballons Disney ou pour les petites choses
qu'ils achètent chez Disney qui coûtent quand même déjà très cher. Et puis la deuxième chose, c'est que l'usine Toyota, si elle était de l'autre côté de la frontière en Belgique, qu'est-ce que ça changerait pour Renault et pour Peugeot ? Et en même temps, si jamais, par exemple, les constructeurs automobiles
doivent réfléchir à un standard pour la voiture autonome, par exemple. Le fait que Toyota soit en France, peut-être que la France aura plus d'influence sur ce standard que si Toyota n'était pas du tout en France et ce serait un autre pays qui l'aurait. Donc tout ça, c'est très compliqué en fait de faire la part des choses et je pense quand même que le fait qu'il soit en France, c'est bien.
En fait, avant d'aller plus loin, pourquoi la France est-elle redevenue attractive ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Quelles sont les mesures qui ont été prises qui disent subitement que ce n'est pas juste Versailles ? Oui, non, c'est quand même juste Macron, c'est important ça honnêtement. C'est quelque chose dans l'économie, on doit comprendre que la psychologie c'est vraiment très très important. Donc on a évoqué, il y a effectivement des mesures fiscales, il y a les mesures de droit du travail, mais moi pour même avoir été avec des chefs d'entreprise aux Etats-Unis français à qui des investisseurs disaient mais qu'est-ce qui se passe en France ? On disait la confiance revient.
Puis après, ils disaient mais concrètement ça change quoi dans votre quotidien ? Ils se regardaient en disant bon, pour le moment pas énormément, mais ça suffit, c'est-à-dire que vous avez, alors ce qu'on évoquait qui serait vraiment très important parce que ça c'est un des problèmes majeurs français, c'est la stabilité des textes. À la limite, vous voyez, on a un taux de fiscalité, on a un taux de prélèvement obligatoire qui est très élevé, mais au moins qui ne change plus, c'est-à-dire qu'au moins les choses soient claires, la règle est claire et ça c'est le sentiment qu'on peut avoir, c'est-à-dire que tout d'un coup on entend ce besoin-là.
Il faut quand même rappeler que par rapport à ce qu'on disait, la France, vous avez dit, super, on révise la croissance, elle est à 2%, l'Europe est à 2,4% nous compris, c'est-à-dire qu'on est sous la moyenne, on est avec un taux de chômage en Europe qui va passer largement sous les 9, nous on est au-dessus, on a un taux évidemment de déficit qui est le plus élevé d'Europe, donc on a besoin de cette croissance, on a vraiment besoin de l'investissement, peut-être effectivement comme vous dites, plus que les autres, la France va mieux, mais toute l'Europe va mieux, c'est pas que nous, et l'Europe à côté donc on a besoin de continuer à pédaler pour se remettre dans le peloton de tête et c'est pas encore terminé, c'est pas encore gagné.
Françoise Ressos.
Si vous analysez toutes les décisions du début du quinquennat, toutes vont appuyer l'idée que la France change et qu'on est parti dans une politique pro-business, vous avez la fiscalité, vous avez le marché du travail qui ont été menés ensemble et je pense que le dossier SNCF est aussi très symbolique pour les investisseurs étrangers, c'est un peu l'idée de tiens, s'ils arrivent à réformer la SNCF, ça veut dire qu'ils vont arriver à bouger le reste. Et donc je pense que Macron l'a en tête très fortement. Alors au début, c'était aussi pour impressionner les Allemands, en disant, regardez, la France ça bouge et on peut faire un pacte franco-allemand.
Mais il y a aussi ce message adressé aux étrangers en disant, on est favorable à ce que vous veniez et on est capable de se réformer. Et je pense que, donc moi je suis moins sur la stabilité que sur la possibilité de la France de bouger et surtout d'être finalement dans le train de la mondialisation. Parce que François Hollande était, il s'est résolu à faire la mondialisation, mais il était un peu résistant. Jacques Chirac, c'était pareil. Nicolas Sarkozy, il était beaucoup plus. Mais lui, on avait l'impression qu'il était copain, qu'il était copain avec les patrons. Macron, il n'est pas copain avec les patrons.
Mais il leur dit, voilà, venez faire du business, je vous fais un environnement qui soit favorable.
Pourquoi est-on subitement devenu attractif, votre point de vue ? Thomas Borcher ? On a toujours été quand même assez attractif. Dans le stock d'IDE français, on a toujours été dans les 10 meilleurs et dans même les flux d'IDE entrant. Il y a eu des années un peu plus mauvaises, mais qui étaient mauvaises pour l'ensemble des pays de la zone euro parce qu'il n'y avait pas de croissance. Vous regardez les critères, les critères c'est très simple. Les critères d'attractivité globaux qui sont mis en avant par Business France même, c'est un, la performance économique, donc croissance, compétitivité, productivité.
La deuxième c'est l'efficacité des entreprises, troisième efficacité du service public, quatrième infrastructure. C'est ça les critères. Les critères importants qui font que la France a été choisie et qui fait qu'on était dans les 20 premiers constamment ces dernières années, c'était les infrastructures en premier lieu, télécommunications, Alors infrastructures, transport, télécommunications, électricité, la plus compétitive, etc. Qualité de la main d'oeuvre, on est en termes de productivité horaire, on est dans les septièmes à peu près au niveau mondial, donc on a une main d'oeuvre très bien.
Et il y avait les investissements dans la recherche et développement, notamment avec le crédit d'impôt recherche qui était quand même attractif pour les entreprises. Ça c'était les critères principaux qui faisaient que la France était attractive.
Et là-dessus, Emmanuel Macron a fait les dernières réformes et puis a fait comme l'a dit Philippe Dessertine, c'est-à-dire qu'il a joué vachement sur la confiance, sur le fait qu'il avait une politique pro-business, sur le fait qu'il connaissait très bien les patrons depuis la commission à Thalie, après quand il était secrétaire, vous l'avez bien dit, et puis ministre de l'économie, il a quand même entamé quelques réformes, il a pris des positions fortes et donc tout ça redonne de la confiance. Dans un contexte mondial dégradé, vous avez Trump qui tantôt fait des cadeaux, tantôt sort le fouet pour dire aux entreprises de revenir, sinon ils vont être taxés.
Angela Merkel qui est en difficulté et le Brexit, on ne connaît pas l'avenir aujourd'hui de ce Brexit. Donc ça crée un contexte où toutes les caméras se tournent vers Emmanuel Macron. On verra tout à l'heure les effets du Brexit. On attire qui ? On a Disney là, d'accord, mais des Américains, des Chinois, des Européens, Philippe de Sertines ? Oui, alors, pratiquement tous, vous venez d'évoquer, mais les Américains, enfin aucun doute, les Chinois, vraiment ça c'est intéressant parce que les Asiatiques en général peuvent être intéressés.
On va dire, vous savez aujourd'hui, évidemment, quand vous êtes en train d'essayer de donner une nationalité aux investisseurs, c'est un peu compliqué parce que souvent aujourd'hui ce sont des grands fonds. Ce sont des fonds alors dont, on va dire, l'implantation permet de dire c'est plutôt des fonds américains, c'est plutôt des fonds asiatiques. Disney, on n'a pas de doute. Non, Disney, on n'a pas de doute. Et encore, enfin, vous voyez, il y a plein de fonds qui sont propriétaires de l'actionnariat Disney.
Ce n'est pas Monsieur Disney qui paie à ses cendres et a disparu, mais vous voyez, c'est quelque chose, toujours, c'est quelque chose qui est un peu plus nébuleux que ce qu'on veut dire un peu en simplifiant. Aujourd'hui, on va dire que les grands fonds occidentaux, ça c'est important, regardent, continuent de regarder, en particulier les Américains, extra-européens. Les Européens aussi, il faut toujours rappeler, notre premier partenaire, mais de très très loin, et même on est un des plus déséquilibrés d'Europe, tellement le premier est important, c'est l'Allemagne.
Mais vraiment de très loin, nos premiers exportations, notre premier marché d'exportation, 19% de nos exportations, c'est l'Allemagne. Le numéro 2, c'est l'Espagne, 7%. C'est ça, donc vous voyez, donc là, par exemple, que les Allemands soient intéressés, qui commencent à regarder, bon, vous voyez, sur Airbus, on est peut-être un tout petit peu mesuré la manière dont les Allemands gèrent avec nous Airbus, on a le sentiment parfois que peut-être effectivement l'investissement peut partir aussi un petit peu en Allemagne. Donc là, il y a un certain nombre d'éléments qui sont favorables.
C'est vrai que par rapport à tout ce qu'on disait aussi, quand vous dites Macron, c'est aussi le contraste par rapport à la peur qu'on a eue, il ne faut pas oublier, le premier tour des élections présidentielles, les électeurs français, ils n'étaient pas vraiment pro-business dans leur majorité, pas vraiment pro-économie. On a eu quand même, là, ça semble loin, c'était il y a un an, mais il y a un an, quand le monde du business s'y regardait l'électorat français, il n'avait pas le sentiment nécessairement que tout le monde était pour la mondialisation et pour l'entreprise. Puis là, vous avez eu cette espèce d'incroyable retournement de situation.
Donc le candidat arrivé à 24% qui devient majoritaire et qui ensuite engage le pays sur les réformes et le pays accepte et le pays fonce. Donc ça, effectivement, c'est quelque chose qui joue. Qui a envie de venir chez nous ? Sophie Fait. On voit, même si vous regardez l'actionnariat du CAC 40, par exemple, les deux premiers actionnaires en volume, ce sont deux grands fonds américains qui gèrent surtout l'épargne des retraités américains BlackRock et Vanguard. Et puis vous avez le fonds norvégien, par exemple, le fonds souverain norvégien
qui est constitué des revenus du pétrole norvégien pour préparer l'avenir quand il faudra faire l'après-pétrole. C'est un très gros investisseur du CAC 40. Et puis quand on regarde ce qu'a fait Emmanuel Macron aussi, il a envoyé dans la réforme du marché du travail,
il a envoyé des signaux vraiment directs aux employeurs étrangers parce qu'il y a un paradoxe dans ces investissements étrangers dont Thomas parlait tout à l'heure, c'est qu'ils viennent en France,
ils créent des emplois mais parfois pas toujours autant qu'ils pourraient en créer puisqu'il y avait toujours cette crainte qu'en France, on ne peut pas faire de plan social. Si on commence à développer une activité et qu'elle ne marche pas, on ne peut pas faire marche arrière,
c'est toujours difficile. Et il y avait notamment cette règle que vous ne pouviez pas faire de licenciement si l'ensemble du groupe gagnait de l'argent. Et là, dans la réforme, si une entité française ne gagne pas d'argent,
vous pouvez faire un plan social. Ce qui change tout, plus il y a cette rupture conventionnelle collective qui permet de restructurer à l'intérieur d'une entreprise même s'il n'y a pas de perte. Donc ça, Emmanuel Macron fait le pari que les entreprises étrangères ne s'en serviront pas pour réduire l'emploi mais qu'au contraire, ça leur donnera confiance et qu'elles recréeront de l'emploi. Mais pour l'instant, c'est un pari et il faudra regarder à terme ce que ça donne avant de voir si sa stratégie a fonctionné ou pas. Mais c'est un signal très direct.
Malgré le retour des investissements étrangers, la France continue de subir des délocalisations sur son territoire. Deux exemples ne serait-ce que cette semaine. À Lille, chez Castorama et à Bordeaux avec le constructeur automobile Ford. Au total, près de 1500 emplois condamnés et à chaque fois des entreprises qui avaient bénéficié d'avantages fiscaux et d'aides publiques pour doper leur attractivité. Walid Beressoul, Julien Donnet et Oualan Guyen. C'est le même trajet tous les matins. Une heure de route pour rejoindre son poste chez Castorama. Depuis hier, Élodie le sait, son emploi est en sursis.
On ne va plus travailler comme avant. Là, on y va parce qu'il faut y aller. On a quand même une conscience professionnelle. Donc là, l'état d'esprit, ce n'est plus du tout le même.
La résignation après le choc de l'annonce. 446 postes seront supprimés à la comptabilité de l'enseigne de bricolage. La jeune femme y travaille depuis bientôt 10 ans.
Là, c'est les questions qui se posent. C'est qui va rester et qui va partir. Redouter de perdre mon emploi, non, parce que j'ai compris que j'allais le perdre.
Son emploi sera bientôt délocalisé à Cracovie, en Pologne, victime d'une logique implacable. Elodie touche aujourd'hui 1250 euros par mois, à peine plus que le SMIC, quand son successeur polonais, lui, sera payé 500 euros mensuels. Mais une autre annonce a choqué Elodie et ses collègues. Avant de partir, ils seront priés de former eux-mêmes leur futur remplaçant.
Tu dis que t'as touché le fond, mais non, il y a plus profond encore. Il y a un peu de colère et beaucoup de déception sur la façon de faire, sur comment on nous annonce les choses, ce qu'on nous demande. On nous dit rester professionnel. C'est facile à dire quand on n'est pas concerné.
La Pologne, finalement jugée plus attractive que la France par l'actuel propriétaire, le britannique Kingfisher, qui s'affichait pourtant comme l'un des investisseurs étrangers les plus enthousiastes dans l'Hexagone. Reçu ce jour-là en grande pompe à l'Elysée avec une trentaine d'autres patrons pour demander à François Hollande une fiscalité allégée et des réformes profondes du marché du travail en l'échange d'investissements généreux et de la promesse surtout de milliers d'emplois.
Il y a peut-être encore 50 magasins de plus dans les 5 ans qui viennent et nous sommes très confiants dans le long terme en France. C'est-à-dire
combien de salariés, combien d'investissements vous pourriez ?
C'est entre 3 et 400 millions d'euros d'investissement et peut-être encore 3 ou 4 000 d'emplois. Quatre ans plus tard, le constat est amer pour ce syndicaliste.
Castorama a touché 40 millions entre les exonérations de charges pour les bas salaires et le CICE d'aides publiques. Et donc ces aides publiques aujourd'hui servent aux actionnaires et ne servent pas aux salariés et à l'emploi. Même scénario, cette fois-ci à l'autre bout de la France.
Ce qu'il faut retenir de ce réunion est fort que ce désengage du site. Ça ressemble vraiment à une annonce pour eux de se barrer.
Après des mois d'espoir de maintien, le constructeur américain décide finalement d'arrêter la production de ces boîtes de vitesse. 910 emplois menacés et une déconvenue cinglante pour le maire de Bordeaux.
On nous a fait attendre semaine après semaine, mois après mois, nous expliquant que la décision pourrait être favorable. Aujourd'hui, elle est hélas négative et je le regrette profondément puisque cette décision met en cause l'avenir du site. Il s'agit maintenant de trouver des solutions qui garantissent, je le répète,
l'emploi. Des solutions, l'État en avait déjà trouvé ou plutôt un deal, le maintien d'un millier d'emplois contre une subvention publique de 12,5 millions d'euros sans compter environ 4 millions d'euros de crédit d'impôt. Un accord qui prendra fin en mai prochain. En attendant, ces délégués syndicaux seront reçus demain par Bruno Le Maire, ministre d'une économie française qui a retrouvé par ailleurs le chemin de la croissance. C'est vrai qu'on va s'appuyer sur cette euphorie économique.
Là, on parle de 2% de croissance et tout, mais aujourd'hui, une multinationale comme Ford qui est bénéficiaire par milliards se permet de pouvoir se désengager et pouvoir mettre
900 familles Ford à la rue et on ne parle pas des emplois induits. Bercy a jusqu'à fin 2019 pour trouver une solution, maintenir l'emploi et tenté d'enrayer un déclin qui se voit à l'œil nu. Jusqu'à 4000 salariés se garaient autrefois sur ce parking devant ce qui est toujours la plus grosse usine d'Aquitaine. – Voilà, bon, j'allais dire un peu familièrement, ça calme un peu, Thomas Porcher, parce qu'on voit en effet l'investissement la même semaine de Disney et ses entreprises qui vont fermer. C'est terrible. – Oui, c'est terrible.
et puis il faut voir, on n'est même pas sûr qu'il y ait des investissements qui remplacent parce que parfois c'est dans des territoires qui ne sont pas trop attractifs. Pour le coup, il y a parfois des usines qui ferment même qui sont dans des zones franches où il n'y a pas de fiscalité, vous voyez, et elles ferment quand même et on a du mal à trouver après d'autres entreprises qui viennent investir et on n'est pas sûr que les compétences soient bonnes. Donc là, il y a une vraie question à se poser là-dessus et surtout que la réforme sur l'assurance chômage n'a pas encore été faite.
Elle se fait avec une contrainte de 10 milliards d'économies mais qu'est-ce que l'on offre comme support à ces gens pour qu'ils puissent rebondir ? Si derrière, l'État se désengage sur l'assurance chômage ou sur d'autres choses, là, clairement, vous êtes sur un territoire où il y a peu de croissance, où des investisseurs étrangers ne veulent pas venir, où vous avez des coupes sur les dotations des collectivités territoriales et où vous avez une assurance chômage, on attend la réforme, mais a priori, qui serait peut-être beaucoup plus sévère que la précédente. Donc là, il y a une vraie question d'égalité des territoires.
C'est intéressant, et effectivement, il y a une question territoriale ou géographique ou est-ce que c'est aussi une histoire de secteur ? Il y a les deux. Il y a les deux, incontestablement. Là, pourtant, effectivement, sur l'Aquitaine, par exemple, c'est un territoire qui crée de l'emploi aujourd'hui. Mais cela étant, je crois vraiment, vous voyez, par rapport à ça, on a toujours, et ça, c'est important à évoquer ça quand on parle de statistiques d'économie, vous avez les vrais gens. Et là, quand vous avez les vrais gens qui perdent leur boulot, qui ont des enfants, qui disent comment, comment je vais évoluer, etc.
Donc ça, c'est quelque chose, évidemment, qui est aussi la réalité économique. Après, on doit bien avoir, quand vous dites ça glace, non, ça glace pas. L'économie n'est pas, n'est plus, ne sera plus jamais quelque chose, si tant est qu'elle n'ait jamais été d'ailleurs, quelque chose qui est figé. C'est-à-dire, vous créez des emplois d'un côté, vous en détruisez de l'autre, bien sûr, ça fait partie de la vraie vie économique, la vraie question qui se pose pour toutes les personnes qu'on a vues à l'écran. C'est-à-dire, est-ce qu'elles vont retrouver du boulot ?
Alors, deuxième question par rapport à ce que disait Thomas Porcher, justement, en disant, est-ce qu'elles vont en retrouver dans la même région ? Qui a souvent été un problème français, ça, quand on évoquait la question française, c'est-à-dire que les gens, effectivement, veulent rester dans leur région. Il y a plein d'éléments, par exemple, quand vous comparez à l'Allemagne, le fait qu'on est beaucoup plus propriétaires. Donc, quand vous allez perdre votre emploi, s'il faut vendre la maison, partir ailleurs, changer les enfants d'école, etc., tout ça, c'est compliqué.
Donc, c'est vrai que ça, ce sont des grandes questions qui se posent parce que l'économie, on doit s'y faire dans les années qui viennent, est en train de muter de manière très profonde au niveau mondial. C'est ce que, vous voyez, en économie, on dit, un truc choumpéterien, destruction, création. C'est-à-dire, on va avoir, là, on est en révolution industrielle. Et oui, le secteur automobile, c'est un secteur qui n'est pas forcément en avance, quand on parle de la grande distribution, là, vous avez Castorama, on peut évoquer Carrefour qui aujourd'hui tombe en bourse. Carrefour, c'est une manière de distribution qui est frappée plein fouet par Amazon aujourd'hui.
Donc ça, ce sont des évolutions très fortes qui veulent dire qu'il y a des endroits, oui, où il y a des destructions d'emplois. Aujourd'hui, ce qu'il faut dire quand même, c'est que la France crée des emplois. Là, aujourd'hui, on voit le chômage qui baisse pour de vrai. Où ça ? Quel secteur ? Donc, on évoquait tout l'aspect technologique, mais pas uniquement, y compris dans l'industrie, y compris dans un certain nombre de services dans lesquels vous avez de l'expansion forte en termes d'emplois.
Bon, mais cela étant, vous avez aussi la destruction et vous allez avoir tout le temps quand on veut l'industrie immédiatiquement la perte d'emplois massifs et ça, c'est très quelque chose qu'on voit et vous avez plein, plein de créations petites à côté. Françoise Pessoz.
L'histoire de Ford, c'est très intéressant parce qu'en fait, c'est l'inverse de Disneyland. C'est une entreprise étrangère qui connaît un peu des difficultés. Il faisait des boîtes automatiques, qui décident d'arrêter cette production-là. Il remplace par d'autres boîtes automatiques et il se pose le problème. Est-ce qu'on le fait encore à Bordeaux ou est-ce qu'on le fait aux États-Unis et ils choisissent les États-Unis ? Et on voit bien qu'il va y avoir une union sacrée, à mon avis, de Bruno Le Maire, d'Alain Juppé et de tous les élus de la région pour dire, écoutez, on vous a encouragé à venir, on vous a aidé, maintenant vous vous rendez la pièce de la monnaie.
Et donc, je pense qu'il va y avoir des très fortes pressions sur Ford pour essayer en tout cas de faire un plan social et d'aider les salariés à continuer l'activité ou en tout cas à trouver de l'activité proche. Et ça, c'est une pression très forte qui va s'instiller et il y aura une union sacrée. Parce que le français peut dire, écoutez, on a tout fait pour vous attirer, vous n'avez pas le droit de partir comme ça. Donc, il va y avoir une intervention politique. Ça veut dire que vous pouvez être pro-business et faire plein de risettes aux investisseurs étrangers quand il y a un risque de départ.
Il y a à ce moment-là vraiment le milieu politique qui se mobilise en disant vous n'avez pas le droit de faire ça. Et donc, on aura une forte mobilisation autour de cette usine, c'est sûr.
Sophie, qu'est-ce qu'on peut faire contre ces délocalisations ?
Là, en l'occurrence, c'est difficile parce que Donald Trump fait une réforme fiscale pour rencourager les relocalisations.
Ça ne nous aide pas, ça.
Tous les biens produits aux États-Unis vont bénéficier d'une sorte de franchise fiscale par rapport aux biens importés. Donc, on est parti
dans une compétition assez difficile, surtout avec l'automobile puisque vous savez qu'une partie de l'explication de l'élection de Trump,
c'est justement
ces électeurs américains de toutes les zones, toute la Roswell, toutes les zones où il y avait les grandes usines d'automobiles qui ont subi les délocalisations et c'est eux qui veulent, c'est ces métiers-là qui veulent faire revenir. Donc là,
face à Ford, ça va être quand même assez difficile mais ça montre bien que si on part tous
dans des égoïsmes nationaux et dans la défense de son précaré, à la fin, on sera tous perdants puisque chacun rapatrira chez lui et qu'est-ce qui, au final, on va beaucoup déséquilibrer certaines régions pour refaire ces chaînes de valeur mondiales en les relocalisant. Pour revenir à l'attractivité au fait que des entreprises, des investisseurs reviennent en France, regardez cette question SMS. France is back pour les investisseurs et les riches mais pour la classe moyenne et les plus pauvres, c'est pour quand ? Thomas Porcher. C'est une vraie question.
Regardez, par exemple, le contexte qu'on a offert aux entreprises ces dernières années, on leur a offert 40 milliards de baisse de charges via le CICE, le Pacte de compétitivité. Alors c'est très bien, c'est 40 milliards en moins dans les caisses de l'État qu'on doit rattraper après en coupant sur la dépense publique et donc en offrant en partie moins de services publics à la classe moyenne et aux gens les plus pauvres puisque le modèle social est important beaucoup plus pour les gens les plus pauvres puisqu'ils n'ont pas le choix entre le privé et le public contrairement aux gens très riches qui peuvent faire un arbitrage entre les deux. Donc il y a une vraie question.
Et quand on voit ces entreprises et le syndicaliste le rappelle bien dans le reportage, c'est 40 millions qu'a touché l'entreprise et puis finalement elle part, elle ne doit même pas rembourser. Vous voyez, vous vous paxez demain avec votre ami, vous vous paxez si le paxe dure moins de deux ans, vous devez rembourser l'avantage fiscal que vous avez eu. Vous voyez, même pour des personnes, il y a des règles. Là, pour l'entreprise, on aurait pu le dire, je ne sais pas, vous touchez le CICE, vous touchez tant de milliards, tant de centaines de millions par an, donc vous vous engagez à ne pas, sur tant d'années, licencier, etc. On aurait pu fixer des conditions.
On n'a fixé aucune condition et on a offert, on a assisté même en grande partie les entreprises avec des cadeaux et des exonérations fiscales. Ça, c'est la première chose. Après, que fait Emmanuel Macron pour les classes moyennes ? Ça, c'est une vraie question parce qu'il prend une voie que d'autres pays ont prise de baisser les fiscalités, de flexibiliser le marché du travail, de faire en sorte qu'il y ait moins de dépenses publiques. Les États-Unis l'ont fait dans les années 90, le Royaume-Uni l'a fait et les inégalités ont très fortement augmenté. Les inégalités françaises ont augmenté ces 30 dernières années. Les 1% les plus riches ont vu leur revenu augmenter de 100%.
Les autres, beaucoup moins. Ces inégalités ont augmenté bien plus aux États-Unis et au Royaume-Uni. Donc moi, j'ai bien peur que là, Emmanuel Macron, via ces réformes, nous amène à des inégalités qui augmenteraient très fortement et une croissance qui profite plus aux 1,10% plutôt qu'au reste de la population. Donc c'est des vraies questions qu'il faut justement surveiller sur les années à venir. François Spressoz ?
Mais quand il a baissé l'ISF, c'est-à-dire quand il a enlevé toute la partie mobilière, ils ont dit c'est un pari, c'est un vrai pari, c'est-à-dire qu'on parie que ça va faire venir les investisseurs internationaux, qu'on va remettre en état l'appareil de production et qu'on va réussir à recréer de l'emploi, ce qui est assez bridé en ce moment. Il n'est pas sûr d'y arriver, il n'est pas sûr d'y arriver autant que les inégalités se creuseront par ailleurs. Donc c'est un véritable pari, mais c'est sa stratégie, c'est travailler plus, c'est-à-dire il faut encourager le travail et ensuite faire en sorte que le travail ne paye plus.
Ça, c'est vraiment le pari du quinquennat et on ne saura qu'à la fin s'il réussit ou pas.
Philippe, de certaines... C'est intéressant cette question de téléspectateurs. Ce qu'on voit effectivement, Disney par exemple, encore une fois, qui vient, qui annonce un investissement, mais qu'est-ce que ça change pour l'économie réelle, pour le pouvoir d'achat, pour l'emploi ? D'accord, mais... Non, non, mais Bruce Toussaint, je crois qu'il faut vraiment être très clair, sans arrêt, sans arrêt, de dire les gens, les vrais gens dont nous faisons partie, quand on parle des classes moyennes, c'est nous, à quel moment vous avez du pouvoir d'achat en plus quand l'économie va mieux ? C'est-à-dire, c'est la prospérité.
Si vous n'allez pas bien, quand on a été en crise, eh bien, ça ne va pas bien pour tout le monde. Alors, on va dire, oui, Allemande, quand l'investissement d'aujourd'hui, ce sont les emplois de demain. C'est-à-dire, vraiment, vous avez cette idée. Et bien sûr, la richesse, aujourd'hui en Allemagne. Alors, voyez, ça veut dire quoi ? Quand Thomas Porcher évoque la question des inégalités, qui est une vraie question qui se pose à toute l'économie contemporaine aujourd'hui, à tous les pays, c'est, par exemple, ce qu'on voit en Allemagne. C'est-à-dire, tout d'un coup, là, lorsque ça va bien, il faut qu'il y ait redistribution. C'est-à-dire, il faut qu'il y ait augmentation des salaires.
On a, certes, celui qui investit qui doit être rémunéré. Il n'y a pas de raison qu'il ne le soit pas. Mais aussi, celui qui travaille, celui qui crée la richesse, qui est une rémunération. C'est des grands débats, importants. Mais il faut qu'il y ait quelque chose à partager. Et là, il faut bien avoir conscience que la France a tenté une solution depuis longtemps et dont elle voit la limite aujourd'hui. C'est-à-dire, ça, éventuellement, l'État prélève, et on a parlé d'impôts et Thomas l'évoquait tout à l'heure, on parle d'impôts, mais l'État prélève énormément en France comme aucun autre pays. Et donc, la redistribution par l'État, ça a des limites.
Donc, il faut, à un moment donné, effectivement, qu'il y ait une redistribution par le système économique. Mais pour qu'il y ait redistribution, il faut qu'on gagne de l'argent. Et donc, il faut d'abord qu'il y ait prospérité. Et là, bien sûr, quand on dit que c'est un pari, le premier des paris, c'est d'abord qu'il y ait de la croissance. S'il n'y a pas de croissance, effectivement, ce sera raté. Il n'y a aucun doute. Autre facteur qui profite actuellement à la France, l'incertitude autour du Brexit. Banque, assurance, mais aussi start-up quittent la capitale britannique.
Alors, Paris met en avant ses atouts, accès au marché unique, perspective de croissance, réforme structurelle, et compte bien tirer son épingle du jeu. Georges Lédric et Pierre de Horn. Hey ! Salut David !
Comment est-ce que ça va ?
Ça roule. Comment ça va à Londres ?
Bah écoute, ça va. Il neige pas, pas possible. Il fait tout blanc. Ah, tu vois.
Des équipes informatiques à Londres, joignables facilement par Skype. Le marketing à Paris, 10 personnes rapatriées en France. Pour cette start-up, la dynamique est déjà enclenchée. Quitter un Royaume-Uni paralysé par le Brexit, la décision a été prise en septembre dernier. La raison principale, c'était que ça devenait difficile de recruter à Londres. Notamment des profils hyper-qualifiés, des profils internationaux.
Et nous, on a conclu que c'était parce qu'il y avait des incertitudes sur le Brexit. A l'époque, l'entreprise cherche un directeur marketing francophone.
Mais la plupart des candidats qualifiés refusent de s'expatrier à Londres. Trop risqué, trop compliqué, comme l'explique Alexandra, retenue pour le poste, finalement basé à Paris.
La dynamique économique de l'Angleterre, très clairement, on n'a aucune idée de ce qui allait se passer. L'impact sur la livre sterling et la dynamique anglaise sur l'accueil des étrangers. Engluée dans sa procédure de divorce avec l'Union européenne,
l'économie britannique n'inspire plus confiance, en particulier dans la finance, où les banques de la City risquent de perdre le droit de faire des affaires librement sur le continent. Pour conserver ce passeport financier européen, beaucoup ont déjà annoncé des déménagements vers Paris. 1 000 postes pour HSBC, 300 pour Bank of America, J.P. Morgan ou Morgan Stanley, des banques, mais aussi des fonds d'investissement, des assureurs ou des institutions européennes qui représentent des milliers de salariés. À Paris, certains établissements scolaires sont déjà sollicités. C'est le cas notamment de cette école britannique située en banlieue parisienne.
Dans cette école privée,
800 élèves britanniques ou internationaux suivent le programme scolaire anglais pour 20 000 euros l'année. Et les demandes d'inscription commencent à affluer.
My family will transfer to Paris in 2019 due to Brexit. Là, c'est clair, ce n'est pas toujours le cas. Quelquefois, on ne sait pas si c'est à cause de Brexit ou non. Mais là, c'est clair, cette famille, c'est clair, ils se préparent pour venir habiter en France. 20 familles supplémentaires à la rentrée pour ce seul établissement,
mais probablement le double ou le triple en 2019, date butoir des négociations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.
On a été contactés par une dizaine d'entreprises, surtout dans le secteur financier. Et ils attendent, ils essaient de préparer, je pense, pour un éventuel déplacement de leurs employés. Mais ils ne savent pas trop non plus ce qui va se passer.
Des entreprises qui hésitent encore ou envisagent d'autres destinations comme Francfort. Alors, pour les convaincre, le gouvernement multiplie les appels du pied. Une opération séduction pilotée depuis la Bourse de Paris.
Les premiers signaux donnent environ 4 000 à 5 000 emplois d'ores et déjà pour Paris. C'est la moitié de l'objectif que nous nous étions fixés. Donc, le chemin, nous sommes bien sur le chemin. C'est un chiffre un tout petit peu inférieur à Francfort, mais qui est bien remonté. La place de Paris est maintenant, la dynamique est en faveur de la place de Paris.
marché du travail, fiscalité, le gouvernement compte sur ces réformes pour séduire. Mais pour certains patrons français auditionnés au Sénat, la France a encore des progrès à faire.
Donc, regardons Francfort, regardons Paris et voyons les sujets à traiter. Et donc, dans la précision, ce qui nous handicap, c'est les charges sociales. Voilà. Et ça, c'est colossal. Et j'entends les charges sociales patronales, parce que les charges sociales qui pèsent sur le salarié,
au fond, pour revenir à mon propos initial, ça ne va pas faire frémir les gens à Wall Street. Baisser les charges des entreprises, une mesure sensible finalement écartée par le gouvernement qui mise davantage sur le rayonnement économique et culturel de la capitale à travers le monde. Sophie Faye, tant pis pour les Britanniques. Le Brexit, c'est bon pour nous, c'est bon pour la France. C'est bon pour la France. Et puis, c'est d'autant meilleur que la banque HSBC a fait une étude. Vous savez, c'est une banque internationale qui traite beaucoup les comptes bancaires des expatriés.
Et donc, ils ont fait une étude auprès des expatriés pour savoir quelles étaient les villes où ils préféraient vivre.
Et Paris est beaucoup remonté pour la qualité de vie, pour l'équilibre vie privée, vie professionnelle.
Et donc, voilà, on est prêt à accueillir cette bonne gare, j'allais dire, parce que Cameron avait sorti le tapis rouge pour attirer les entreprises françaises quand François Hollande avait annoncé la taxe à 75%. Bon, ben là, on lui rend un peu la monnaie de sa pièce. Thomas Porcher. C'est vrai, mais cette qualité de vie, elle est due à tout un tas de choses, et notamment les infrastructures publiques, le fait qu'on puisse aller se faire soigner gratuitement, sans sortir sa carte bleue en France, ce qu'on appelle grosso modo le modèle social. Et là, on va le réformer complètement, et on se dirige vraiment vers des réformes.
C'est ça, moi, qui me fait peur, c'est que j'ai l'impression qu'on n'a pas tiré les leçons de ce Brexit. Dans les années 90-début 2000, le Royaume-Uni, tout le monde le regardait avec des yeux remplis d'étoiles, parce que c'était le modèle qui fonctionnait bien. Mais on a eu le résultat de ça. Le résultat de ça, c'est des inégalités des territoires et le Brexit, comme aux États-Unis. Les inégalités entre des villes extrêmement compétitives et des territoires qui perdaient leurs industries, et Trump. Et nous, on se dirige vers là.
Donc moi, j'ai très peur qu'au final, ce que vous dites, là, cet équilibre professionnel entre des vacances, ce modèle social plutôt protecteur, qu'on avait en France, qu'on est en train de casser dans tous les sens, on finisse par avoir le sort du Royaume-Uni et des États-Unis. C'est-à-dire, finalement, des extrêmes, et peut-être l'extrême droite, même si elle a faibli, au pouvoir. Et ça me fait très peur, ça. Françoise Ressos ?
En fait, l'interrogation que vous avez, c'est quelle est la nature des réformes entreprises par Emmanuel Macron ? Il n'a pas touché aux 35 heures, par exemple. Il aurait pu le faire, il ne l'a pas fait. Moi, ce qui me frappe dans son discours, c'est qu'il n'est jamais en attaque. Ce n'est pas Thatcher. Ce n'est pas « je fais du libéralisme ». Il est plutôt dans la rénovation du modèle social. Moi, je ne lui fais pas de procès a priori. J'attends de voir, au bout de cinq ans, si on a creusé énormément les inégalités, s'il y a eu de la richesse ou pas. Mais je constate, en tout cas, que l'intention affichée n'est pas du tout de mettre à bas le modèle social français.
C'est plutôt de le rendre plus efficace. Et il n'y a pas de réforme radicale où on se dit « ça y est, il est parti sur les voies de Thatcher ». Pas pour le moment, en tout cas.
Si je reviens sur la question britannique, quand même, parce que là, je trouve qu'on est un tout petit peu optimiste. Ce n'est pas le football où vous avez Manchester City et United qui feraient faillite et on récupère tous leurs joueurs. Le vrai problème pour l'Europe, c'est que l'Angleterre, la Grande-Bretagne, va aller pas bien, moins bien encore qu'on croyait, qu'il va y avoir de l'inflation, qu'on a déjà, qu'il y a une panne d'investissement et que ça, ce n'est pas bon pour toute l'Europe. C'est un gros partenaire, la Grande-Bretagne. On va récupérer quoi ? 3 000 emplois financiers.
Et d'ailleurs, effectivement, quand tout à l'heure, dans le reportage, on disait « oui, on a un peu plus à Francfort et à Luxembourg, si je peux me permettre ». Donc, ce n'est pas nous qui sommes les principaux gagnants. Mais surtout, attendez, la Grande-Bretagne qui ne va pas bien, il ne faut pas qu'on le regarde en disant « bien fait pour eux » et « allez, on vous appuie sur la tête ». C'est très embêtant pour l'Europe. Et d'ailleurs, la Grande-Bretagne s'en rend tellement compte que le débat revient. Là, on est quand même avec une opposition en disant « mais au fond, est-ce qu'on n'a pas fait une énorme bêtise ? ».
Il peut y avoir un effet positif à court terme avec la réimplantation en France. Regardez cette question SMS. Quel type d'entreprise britannique vont venir s'installer en France à cause du Brexit ? Pas tant que ça, vous dites. Bien sûr. Et puis là, vous êtes en train d'évoquer des banques, des structures financières. Répétons-le. Donc, on peut faire les cocorico qu'on veut sur la place de Paris. Ce n'est pas la grande place financière mondiale. New York, à la limite, va en récupérer plus avec la logique fiscale. Après, vous avez des questions sur l'industrie, sur l'automobile, etc.
Mais je répète, je crois que d'abord, on doit avoir conscience que ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'Europe. Et ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'Allemagne, d'ailleurs, dont la Grande-Bretagne est un des très très gros partenaires, son second, vous voyez, dans les classements. Mais ce n'est pas une bonne nouvelle pour la France parce que nous sommes les cousins germains des Britanniques. Et en économie aussi. Et donc là, il faut arrêter de regarder ça en disant « waouh, super, on va récupérer plein d'argent ». Parce que ce n'est pas vrai. Non, on se dit parfois « bien fait pour eux ». Oui, mais ça, vous voyez, ça, c'est facile et rapide. Mais non, ce n'est pas vrai.
Voici maintenant vos questions SMS et Internet. La France attire les dollars. Ça, c'est le titre de notre émission. Mais dans quelle poche vont-ils ces dollars ? L'investissement, on a dit d'abord l'investissement. L'investissement, ça veut dire les entreprises qui fournissent à ceux qui investissent. Ça veut dire effectivement le système économique. C'est-à-dire que ce ne sont pas des dollars qui se baladent et des espèces de sacs qui vont aller chez quelques personnes qui s'entraînent. Mais enfin, vous voyez, c'est un peu l'image en disant qu'il y a des dollars qui arrivent. Je suppose qu'il y a des gens qui doivent s'en mettre plein les poches.
C'est d'abord l'économie qui se dynamise par ce biais-là. On a quand même des grands groupes. Un CAC 40 qui va avoir des résultats records cette année en peut-être plus de 100 milliards d'euros de bénéfices. Et donc, à un moment donné, il va quand même se poser la question de la redistribution. Ça ne va pas être simple du tout ni pour ces grands groupes ni pour Emmanuel Macron parce que c'est une partie de l'économie
très particulière. Ce n'est pas toute l'économie et donc à qui on en distribue. Mais en tout cas, ces dollars, ils arrivent quand même au moins dans le CAC 40.
Si la France a de nouveau la cote, à quand les retombées sur l'emploi et sur la vie de tous les jours des Français ? Là, on a une bonne croissance économique. Donc à 2%, on crée de l'emploi. Au-delà d'un 5%, on crée de l'emploi. Donc l'emploi devrait repartir. Mais après, encore une fois, cette croissance est inégalement répartie. L'île de France en profite énormément. D'autres territoires n'ont toujours pas retrouvé leur niveau de PIB d'avant crise. C'est le cas des Hauts-de-France et du Grand Est. Et donc là, si cette croissance n'atteint pas ces territoires, on aura une France à deux vitesses qui existe déjà mais qui risque de s'accroître.
D'autant qu'on est en pleine mutation aussi. On voit bien par exemple dans la distribution où les emplois de demain ne sont pas du tout ceux d'aujourd'hui. D'où l'enjeu de la formation très fort. Alors, le gouvernement met l'accent. Maintenant, est-ce que son plan va être efficace ? Mais c'est un des grands enjeux du quinquennat. C'est est-ce qu'on arrive à former rapidement des salariés sur les emplois qui vont être disponibles ?
Croissance, investissement étranger, baisse du chômage et le pouvoir d'achat. Quand va-t-il augmenter ? Le pouvoir d'achat, il augmente toujours en France. Là, honnêtement, l'année dernière, par exemple, la croissance a été assez peu. Enfin, moins qu'on attendait sur la consommation. Là, on a revu les chiffres encore il y a quelques heures, même quelques jours. Donc, un peu moins sur la consommation. Là, la période qui vient, c'est à nouveau, enfin, peut-être quand même, dire attention, la croissance là va être belle en 2018. Logiquement, toutes les prévisions disent pour le monde. Donc, pour nous, ça va être un peu moins bien en 2019. C'est-à-dire qu'on est à un pic là.
Et donc, là, effectivement, la consommation est correcte, mais c'est plutôt moins bien qu'on attendait. Les investissements étrangers et le retour d'entrepreneurs français ne sont-ils pas de bons signaux pour la croissance ? On a entendu à l'instant le point de vue de Philippe de Certine. Thomas Porcher ? Ça dépend. Que sont ces investissements étrangers ? Enfin, on a eu une année où il y a eu 40 milliards de flux entrants d'investissements étrangers. Ces 40 milliards à 80%. C'était la fusion acquisition de General Electric avec la branche énergie d'Alstom. Donc, on perdait la branche énergie d'Alstom. Et c'était la fusion de Lafarge avec Olsim. Donc, vraiment, ça dépend.
On peut avoir des forts investissements directs étrangers et un chiffre magique qu'on présentera comme ça comme quelque chose de bien. Mais si on ne rachète que des florons, vous savez, d'ailleurs, le chiffre qui est donné, c'est 30 000 emplois créés ou maintenus. Maintenus par an avec les investissements directs étrangers. Donc, vous voyez, maintenus, ça veut dire qu'on rachète un floron, on s'engage à maintenir les emplois quelques années. Parfois, on les maintient plus longtemps. Parfois, c'est fini après. Il y a la politique de François Hollande,
mais qui avait été conduite et inspirée par Emmanuel Macron. Donc, je vous ferai une réponse globale. Je pense que l'effet CICE est quand même très important. C'est-à-dire que vous avez eu deux périodes sur Hollande. Ça a été la taxe à 75% et je tape sur les entreprises. Et à partir de 2014, je fais le CICE et on envoie les bénéfices. Et l'attractivité a recommencé à être intéressante en 2016.
Sophie Fé, vous pensez qu'il y a aussi un effet Hollande ? Oui, il y a un double effet. On voit bien, c'est dans la continuité Emmanuel Macron a fait plus clairement en l'assumant plus ce que François Hollande avait commencé à engager à la fin du quinquennat. Un jeune président pro-business, les conséquences du Brexit, les incertitudes en Allemagne, est-ce un bon alignement des planètes ? Pour la France, oui, ça c'est sûr. Et c'est vraiment quelque chose d'incroyable. Je le répète, quand on pense à il y a un an, c'est ça qui est étonnant.
C'est-à-dire que ça a changé tellement vite que là, oui, l'année dernière, à la même époque, on aurait dit l'homme fort de l'Europe, enfin, ou la femme forte de l'Europe, c'est l'Allemagne, quoi. C'est Angela Merkel. Et nous, on va vers une inconnue politique incroyable. C'est vrai que c'est incroyable. Mais je crois quand même, quand même, il faut quand même le dire sans cesse, c'est la croissance globale qui repart partout. On peut dire, le politique, il fait stif. Le pauvre Hollande, il n'a pas eu de croissance pendant, il a été quasiment en récession pendant ces deux, trois premières années. Il disait tout le temps que ça allait revenir, mais ça ne revenait pas.
Et là, Macron, il est élu et immédiatement, vous avez la croissance qui repart. 2% en 2017. En 2018, c'est quoi la prévision ? On est sur 2, à peu près. Pareil. Pareil. 2, 2, 1. Non, c'est... Mais 2019, un peu moins. L'inflexion, voilà. L'inflexion commence, et après, logiquement, sur les cinq années et partout, pas qu'en France. On est en haute cycle. C'est ce qu'on appelle un haute cycle économique et on commence à avoir une légère décélération.
Sur l'alignement des planètes, c'est vrai que ça donne l'opportunité à Macron, qui est vraiment volontariste, d'afficher une ambition. Après, moi, l'interrogation que j'ai, c'est est-ce qu'on va arriver à la mettre en place ? Parce qu'on ne peut pas passer non plus de la France c'est catastrophique à la France c'est génial. Il y a quand même des difficultés structurelles qui ne se résolvent pas en cinq ans. Donc, la difficulté, à mon avis, pour Emmanuel Macron, c'est est-ce qu'il ne va pas trop en promettre à force de vouloir changer l'Europe, changer le monde, changer la France ?
Qu'est-ce qui peut bien attirer les multinationales en France ? L'un des pays les plus taxés au monde. Mais il n'y a pas que la fiscalité. Franchement, il n'y a pas que la fiscalité. Vous regardez, il n'y a pas de lien établi, hyper robuste entre une fiscalité et les investisseurs étrangers. Vous regardez, par exemple, en Afrique, dans des pays pauvres, la fiscalité avait fortement baissé, les investisseurs ne venaient pas. Dans d'autres pays, les investisseurs venaient. C'est la croissance.
Et chez nous, les trois critères qui ont été mis en avant, je les ai dit, c'est vraiment en premier lieu les infrastructures, le capital humain qui est de très bonne qualité et en troisième lieu la recherche et développement. Donc la fiscalité, c'est un élément parmi d'autres éléments qui attirent les investisseurs. On a des bons chercheurs. Ils sont moins chers qu'aux États-Unis, notamment en informatique et notamment en intelligence artificielle. Le rapport va de 1 à 4 pour les développeurs dans ce domaine-là. Et puis, on est un paradis fiscal pour la recherche.
On a ce crédit pour recherche qui est quand même très très intéressant pour les entreprises et un marché de 65 millions de consommateurs quand même. Emmanuel Macron maniant avec aisance la langue de Shakespeare lors des big events internationaux, les grands événements. Est-ce que c'est un atout indispensable pour séduire ? Alors, Philippe de Sertine avait déjà dit oui. Françoise Presseau, vous pensez aussi ?
Oui, bien sûr, parce que ça veut dire qu'ils parlent leur langue aussi. Vous voyez ce que je veux dire. Et donc, c'est quand même très important parce que ça ne fait pas préparer. il est à l'aise là-dedans. Il est à l'aise dans la mondialisation en fait. Ses ministres aussi ? Parce que maintenant, c'est tout le gouvernement qui parle.
J'y crois, bien sûr, mais je suis un peu vieux jeu. Il y a la francophonie. Non, mais c'est vrai. Non, mais il n'y a pas français aussi. Oui, mais très bien. Mais malgré tout, il y a la francophonie. Je crois qu'on est obligé de parler tout le temps anglais. Bientôt, ça va être quoi ? Et on se dirige déjà là-dessus. À partir de master, dans toutes les universités, on va devoir tous parler anglais. Je ne suis pas sûr, encore une fois, que ce soit... Je sais que c'est très tendance et je suis sûr que ça plaît aux patrons, mais de manière globale pour l'ensemble des Français, je ne suis pas sûr que ce soit quelque chose d'extrêmement positif. Ce n'est pas que pour les patrons.
Quand vous êtes en Europe, vous parlez anglais. Enfin, je veux dire, il faut qu'on ait une langue commune. Oui, mais la France est une langue européenne. On parle européen, on peut parler français. Mais ça, ça n'a rien à voir. On peut parler les deux. Le président Macron n'est-il pas tout simplement un bon VRP ? Françoise Fressose.
Si, mais il y en a eu avant lui. C'est pour ça qu'il faut quand même aussi resituer dans le temps. Moi, je me souviens aussi des efforts de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, de reprendre à son compte l'idée qu'il y avait une bataille économique à mener et qu'il a quand même sensibilisé les ambassades aussi à l'enjeu touristique. Donc, c'est une continuité parce que je pense que c'est lié à l'idée que la France se fait d'elle-même. C'est-à-dire que c'est quand même une grande puissance.
Ne faut-il pas accepter de voir disparaître des secteurs d'activité et en créer de nouveaux ? Alors oui, oui, c'est ce qu'on disait tout à l'heure sur la disparition et la création. Mais quand même, il ne faut pas non plus condamner des secteurs dans lesquels on peut être puissant, dans lesquels on peut être fort et dans lesquels il faut investir. Je dirais, on n'est pas uniquement en train d'inventer le nouveau monde, il faut garder aussi une évolution. Là, les deux éléments, c'est un équilibre à trouver. Ce mouvement va-t-il déboucher sur une réindustrialisation de la France ?
On commence à avoir, je vous disais tout à l'heure, ce chiffre-là, plus d'usines ouvertes que d'usines fermées cette année, plus de robots, plus de... Alors, il y aura un petit mouvement de réindustrialisation, plus de surmesure grâce à cette robotisation qui permet de faire des choses en France et de les vendre avec un peu plus de valeur ajoutée. Mais la difficulté, c'est que dans ces usines, il y a peut-être moins d'emplois que dans les usines qu'on ferme. Un pays attractif pour les investisseurs étrangers, n'est-il pas forcément un pays où l'on sacrifie les pauvres ? Non, pas forcément.
Mais en tous les cas, là, on l'a bien vu, Emmanuel Macron, il a sacrifié une grosse partie de la fiscalité et une grosse partie des droits des travailleurs par sa réforme du marché du travail. Et on est quand même dans un jeu européen et même mondial maintenant avec les États-Unis de baisse de la fiscalité. Et ça, c'est un véritable problème parce que cette concurrence fiscale, elle va aller jusqu'où ? On va tous devenir des paradis fiscaux parce que c'est un petit peu dans ce sens que ça va. Et pour prolonger un peu la question, les salaires, ils ne risquent pas d'être très bas, justement, avec ces investisseurs étrangers ?
Avec la négociation d'entreprise que prévoit la réforme travail, vous pourrez aujourd'hui avoir un impact en partie sur les salaires. Donc, on voit bien que la mise en concurrence, le reportage, je le montre très bien avec l'Europe de l'Est, montre qu'il y a plutôt une concurrence salariale vers le bas que vers le haut. Le salaire monte, le haut de cycle, c'est ça que ça veut dire. Ça veut dire que on est à plein emploi presque partout. Et donc, on commence à avoir les salaires qui montent. C'est d'ailleurs ça qui risque de faire monter les taux et poser un vrai problème pour avoir, on n'a pas évoqué la dette française, la dette publique, là, je parle. Merci beaucoup à tous les quatre.
Merci de participer à cette émission. Merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C dans l'air. Dans un instant, en Elisabeth Lemoyne, pour cet avou. Ce soir, la Rodif est à 22h25. Très bonne soirée sur France 5. Merci.
Merci. Merci. Merci.