Lecornu : 2ème manif… et toujours pas de gouvernement ! - C dans l’air - 01.10.2025
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Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Cette fois, l'inquiétude commence à s'installer sur la méthode Lecornu, toujours sans gouvernement depuis sa nomination le 9 septembre dernier. Les semaines défilent et les voies de passage semblent toujours aussi étroites. Le PS exige une copie du budget d'ici vendredi et attend toujours la rupture promise par Sébastien Lecornu. Les LR, de leur côté, ont posé leurs conditions pour rester au gouvernement dans un contrat dévoilé cet après-midi.
Demain, le Premier ministre devra une nouvelle fois faire face à la colère dans la rue avec une journée de grèves et de manifestations partout en France avec des mots d'ordre multiples comme la dernière fois, l'abandon de la réforme des retraites, la justice fiscale ou encore le doublement des franchises médicales. Alors que penser de la méthode Lecornu ? Quelles sont ses chances de passer un budget et d'éviter la censure ? Que peut changer la mobilisation de demain ? Lecornu, deuxième manif et toujours pas de gouvernement, c'est le titre de cette émission. Avec nous, pour en parler ce soir, Jérôme Jaffray, vous êtes politologue, chercheur associé au CEVIPOF.
Mathilde Osirot, vous êtes rédactrice en chef au service politique du Point. Vous avez signé la semaine dernière, patience et longueur de temps, la méthode Lecornu à l'épreuve de Matignon. Nous allons en parler ce soir. Fanny Guinochet est avec nous. Vous êtes éditorialiste économique à France Info. Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département Opinion de l'Institut de sondage IFOP. Selon votre dernier sondage sur la présidentielle 2027, Jordan Bardella et Marine Le Pen sont largement en tête face à un bloc central qui s'effondre. Et puis naturellement, je rappelle, Métamorphose française, votre livre édition du Seuil. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir.
Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Je vais commencer avec vous, Jérôme Fourquet, sur ce sondage qui a été très commenté. On va le voir en détail. C'est une projection de la prochaine présidentielle. 33% pour Marine Le Pen, 16% d'intention de vote pour Edouard Philippe, 15% Raphaël Glucksmann, 12% Jean-Luc Mélenchon et 9% Bruno Retailleau. Qu'est-ce qu'il raconte, ce sondage ?
Il raconte plusieurs choses. La première, que le Rassemblement national, qu'il s'agisse de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella, se situe toujours à des niveaux très élevés. Ceux des européennes et des législatives. Deuxième enseignement du sondage, la recomposition politique s'est remise en marche, si on peut utiliser l'expression. Et on voit que le bloc central post-Emmanuel Macron n'est plus du tout au niveau où était ce dernier, 27% en 2022 et 24% en 2017. Et que le paysage, du coup, de nouveau est éclaté, avec une remontée des deux grands partis historiques, l'ELR et l'EPS. l'a testé dans le cas d'une hypothèse de Glucksmann, sans pour autant qu'il soit assuré d'être au second tour.
Donc, il y a une grande bataille. On voit que cette décomposition-recomposition est encore à l'œuvre, que l'après-Macron a commencé. Vous vous souvenez de Mme Prima, porte-parole du gouvernement venant des LR, qui avait indiqué officiellement, enfin, dans sa parole officielle, que l'après-Macron avait commencé. C'était il y a quelques mois, donc elle s'était fait taper sur les doigts. Mais manifestement, c'est ça qui est en train de se passer, sans que les choses soient totalement clarifiées. Et on voit qu'on a également Jean-Luc Mélenchon, qui est à un niveau non négligeable, mais qui est concurrencé par les autres candidats de gauche.
– Pardon de le dire comme ça, ça a du sens de faire un sondage d'intention de vote pour la présidentielle dans un tel climat, à plus de 18 mois d'un scrutin ? On le fait régulièrement, mais pourquoi maintenant ?
– Alors, déjà parce qu'on le fait régulièrement à 18 mois d'un scrutin, et puis parce qu'on est dans cette impasse politique, et quand on interroge les Français, 6 Français sur 10 nous disent qu'ils souhaitent une dissolution, et la même proportion qu'ils souhaitent même un départ. d'Emmanuel Macron, parce que tout le monde a acté l'ampleur de cette crise politique. Et puis on voit les acteurs politiques eux-mêmes, M. Glucksmann pour la galaxie sociale-démocrate, on a vu aussi M. Attal, M. Philippe, tous prendre leur distance et commencer à faire acte de rupture vis-à-vis d'Emmanuel Macron. On suit aussi les trajectoires des candidats putatifs du RN, de M. Rotaillot, de M.
Mélenchon, donc tout le monde se prépare.
– Et parce qu'en réalité, dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui, on va beaucoup en parler ce soir, tous ont quand même le regard vers la présidentielle et vers 2027. Ce qui se joue aussi, ce serait peut-être plus simple de trouver des compromis s'il n'y avait pas à ce sujet-là.
– Tout à fait, tout à fait. Si vous voulez, évidemment, à 18 mois d'une présidentielle, aucun sondage d'intention de vote ne nous indiquera les résultats de la présidentielle dans 18 mois. Mais je dirais que le sondage dépasse les sondeurs d'une certaine façon. C'est un acte politique à certains égards, et indépendamment bien sûr de toute volonté de leur part. Un acte politique parce qu'il installe d'abord l'idée de la présidentielle encore plus dans les têtes. – Vous dites, on parlait dissolution, la logique peut-être davantage était de faire des intentions de vote législatives.
– On l'a fait aussi, enfin…
– On l'a fait aussi, mais là, c'est sur la présidentielle que ça percute. C'est-à-dire que tout le commentaire maintenant a basculé vers ça. C'est un acte politique aussi parce que les États-majors calculent leur stratégie et leur position par rapport aux indications de ce sondage. Et là, ça change énormément de choses. – Ah bon ? Qu'est-ce que ça change ? – Ça change énormément de choses parce qu'on s'aperçoit de quelque chose de très simple. Il n'y a aujourd'hui aucun candidat et aucune force en position d'arrêter Mme Le Pen ou M. Bardella vers une présidentielle.
C'est-à-dire l'effondrement, l'effondrement dont Jérôme Fourquet vient de parler, du bloc central, et je dirais plus largement du socle commun. Car moi, j'englobe à ce moment-là le bloc central macroniste ou hérité du macronisme ELR. Et figurez-vous que j'arrive à la situation où c'était 37% d'intention de vote pour ce socle commun au mois fin mai. C'est 25% aujourd'hui. C'est-à-dire un grand coup de torchon. En ce sens qu'effectivement, Édouard Philippe, qui en principe tenait le lead pour sa candidature face à Marine Le Pen, s'écroule. Comment gérer sa relation à Macron ? Plus il prend ses distances et plus il baisse.
Et s'il ne les prenait pas, il ne pourrait pas non plus installer sa candidature. Terrible dilemme pour lui. Quant à Bruno Retailleau, c'est l'échec total de sa stratégie au gouvernement. En d'autres termes, au gouvernement, il a acquis une dimension, une personnalité, une popularité, il est reconnu, pour 9% d'intention de vote. Il était à 11% dans l'enquête du mois de mars du même institut, l'IFOP. À 16% juste après son élection, comme président de LR. Et le voilà à 9%. Donc on est dans une situation où ce socle commun ne produit plus. C'est-à-dire qu'en fait, les Français, aujourd'hui, souhaitent s'en débarrasser. Quant à la gauche, dernier mot.
Quant à la gauche, elle est divisée en deux candidats pratiquement de force égale, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. Et comme ils sont de force égale, ça ne leur donne aucune chance de pouvoir accéder dans un second tour, ou en tout cas avec des chances de gagner. Donc c'est destructif.
Et du coup, si on interprète ce sondage à la lumière de toutes les explications que vous nous avez données tous les deux, quelles leçons peuvent-ils en tirer dans leur stratégie, là, qui va se jouer à l'Assemblée nationale, censure ou pas censure, pousser à des élections législatives anticipées ou pas ? Quand ils regardent ce sondage à gauche, à droite, au RN, Mathilde Sirot, qu'est-ce qu'ils se disent ? Effectivement, ce sondage, il intervient dans un calendrier très particulier. Parce que la différence par rapport à il y a quelques mois, c'est que cette fois-ci, la dissolution est de nouveau possible. Et donc des élections législatives.
Donc cette étude de l'IFOP, elle permet de se rendre compte des équilibres et des rapports de force entre les forces politiques. Évidemment que, par exemple, Marine Le Pen, elle regarde ce sondage, elle constate sa solidité, et ils se disent que, forcément, il pourrait avoir intérêt à précipiter les échéances et à précipiter des législatives. Si on est du côté du socle commun, on se dit, en revanche, que c'est catastrophique. Et qu'ils prennent le risque, probablement, s'il devait y avoir des législatives, de revenir divisé par deux au Parlement. Donc évidemment qu'un Emmanuel Macron aussi regarde.
Et on sait que dans la palette de ces possibilités, si Sébastien Lecornu venait à échouer, ce n'est pas du tout évident qu'il activerait une dissolution. La raison pour laquelle, c'est parce que ce serait destructeur pour lui. Est-ce qu'il aurait le choix ? Il a toujours le choix. Il a toujours le choix. Les institutions lui donnent le choix. Effectivement, donc ça le protège. Fanny Guinochet, le regard que vous portez sur cette enquête d'opinion ? Ça fragilise la plupart, effectivement, à part le RN, ça fragilise la plupart des postulants à la présidentielle ou pas, d'ailleurs.
Et ça les fragilise d'autant plus qu'il y a un texte absolument essentiel qui se joue aujourd'hui, c'est celui du budget, texte auquel les Français sont quand même attachés. Alors certes, ils ont envie d'un changement radical du côté du personnel politique. On voit bien qu'il y a une envie de renouveau et que les vieilles recettes, ils en ont marre.
Mais quand on regarde précisément, la plupart des Français ont conscience aussi que ne pas avoir de budget, c'est compliqué, que ça met la France dans une situation de déclassement, que ça veut dire très concrètement des investissements, des recrutements qui ne se font pas, et un porte-monnaie, un pouvoir d'achat qui reste, je me tourne vers vous, mais quand même la première priorité des Français, un pouvoir d'achat qui s'amenuise. Donc c'est d'autant plus difficile. Aujourd'hui, il y a le calendrier, effectivement, électif, avec cette possibilité aujourd'hui d'actionnaire. Mais il y a aussi ce calendrier législatif avec, il y a un texte qu'il faut pour fonctionner, c'est le budget.
Vous avez raison de le souligner, je parle sous votre contrôle, mais peut-être avec vous, Jérôme Fourquet. C'est vrai que dans l'arbitrage qu'il y a, il y a les équilibres politiques, la chance de chacun de pousser son avantage, et il y a l'instabilité. Les Français sont prêts à l'instabilité avec ce que vient dire Fanny Guinochet. C'était intéressant. Il y a aussi une inquiétude sur la situation budgétaire française.
Oui, il y a une très grande inquiétude. On le mesure avec le taux d'épargne, qui est à 19%. On voit aussi les chefs d'entreprise qui ont le pied sur le frein pour ce qui est des investissements. Vous voyez que la consommation n'est pas repartie depuis le Covid. Elle est toujours en deçà de ce qu'elle était avant Covid. Mais autant les Français souhaitent qu'il y ait un budget pour que la vie reparte et que les recrutements soient effectués dans la fonction publique et que le pays tourne. Et que le pays fonctionne. Mais autant il y a un énorme débat sur comment on équilibre un temps soit peu ce budget et à qui on demande des efforts.
Bien sûr. Mais c'est compatible, pardon, c'est juste pour être bien sûr d'avoir compris, c'est compatible quand on est les Français, dans les sondages en tout cas, de dire on veut un budget et une forme de stabilité financière, mais en même temps dégagisme, dissolution, ce que vous voulez, mais pas avec eux. C'est ça qui est un petit peu paradoxal.
On ne veut pas avec eux. En tout cas, on voudrait qu'il y ait une clarification du paysage politique et tout le monde a bien conscience. Et puis le temps qui passe nous montre bien l'impasse dans laquelle on se trouve en disant qu'il faut trancher le noeud gordien et on ne fait pas d'omelette sans casser les oeufs. Et donc s'il faut passer par la dissolution, même sans pour autant que ces Français qui souhaitent la dissolution anticipent qu'il y aurait une majorité claire qui en sortirait. Mais on en est à un moment où il faut trancher encore une fois le noeud.
En tout cas, il a promis la rupture. Sébastien Lecornu est désormais attendu au tournant par les socialistes au centre du jeu qui posent leurs conditions et seront reçus pour une réunion, on va dire de la dernière chance selon la formule, vendredi, sous pression également DLR qui envoie un contrat de gouvernement naturellement aux antipodes des attentes de la gauche. Bref, le nouveau Premier ministre est désormais contraint de dévoiler enfin sa copie. Juliette Vallon et Nicolas Baudry-Dasson. 22 jours que Sébastien Lecornu est arrivé et une question, qui est vraiment l'hôte de Matignon ?
Fidèle à son ancien poste, l'ex-patron des armées se la joue grande muette jusqu'à en amuser son entourage.
Sébastien est un gros malin, il ne bouge pas l'ombre d'une oreille.
Sébastien Lecornu, ou la communication à minima. Pas de 20 heures, mais une interview fleuve au journal Le Parisien le week-end dernier. Dans cet entretien, le nouveau Premier ministre semble se replier sur sa droite. Pas question de ressusciter l'ISF, ni de dire oui à l'attaque Zuckmann.
Les impacts en termes d'emploi, d'investissement et de compétitivité ne sont pas suffisamment pris en compte dans ce débat. Nous avons besoin de capitaux français pour défendre notre souveraineté économique.
De quoi doucher les espoirs du Parti Socialiste, avec lequel ils discutent pourtant. Ce matin, Raphaël Glucksmann appelait Sébastien Lecornu à enfin donner des gages à la gauche.
Jusqu'ici, on a eu des entretiens ou un entretien de M. Lecornu dans Le Parisien qui disait « je tends la main à la gauche ». D'accord ? Mais la main pour l'instant, elle est complètement vide. Nous, ce qu'on veut, ce n'est pas une main, c'est un papier, c'est un papier avec des propositions.
Un engagement écrit, Sébastien Lecornu en a promis un, à la droite. Les Républicains attendent de sa part un accord de gouvernement et ont fixé leurs conditions pour y rester, avec au moins un totem.
Le bon équilibre, c'est d'abord réduire les dépenses publiques, réduire le périmètre de l'État qui a connu des inflations, des agences, des opérateurs qui se sont multipliés, des dispositifs financiers que personne n'a contrôlé ni évalué.
Sébastien Lecornu a un Premier ministre qui cultive sa différence. Ce serait-il un peu avancé lors de sa passation de pouvoir avec François Bayrou ?
Il va falloir des ruptures, et pas que sur la forme, et pas que dans la méthode, des ruptures aussi sur le fond.
Car la fameuse rupture se fait attendre, lui rappelle le Rassemblement National qui réclame notamment un changement en profondeur de l'aide médicale d'État accordée aux étrangers.
Selon l'Observatoire de l'immigration, c'est 60 milliards d'euros par an. Ça nous coûte un pognon de dingue, et nous nous proposons une mesure très simple, c'est de réserver les prestations sociales non contributives aux étrangers qui ont travaillé au moins 5 ans. C'est une économie de 18 milliards d'euros sur le budget de l'immigration.
L'ERN, qui espère aussi s'imposer à l'Assemblée. Les élus votent cet après-midi pour départager les postes du fameux bureau, la plus haute autorité du Palais Bourbon. Victime du Front Républicain l'an dernier, les députés de Marine Le Pen étaient restés sur le carreau. Yael Brown-Pivet souhaite rééquilibrer les forces. Ça a toujours été ma conviction, depuis que je fais de la politique. Je considère que chacun qui a été élu avec le suffrage des Français doit occuper sa juste place. On ne parle pas de politique en termes de convictions politiques, on parle de places institutionnelles.
Ce mercredi soir, toujours pas de gouvernement, et un grand inconnu à Matignon, qui continue de cultiver même malgré lui le mystère, jusqu'à son CV. Selon le site d'information Mediapart, Sébastien Lecornu aurait prétendu être diplômé d'un master de droit public, master qui n'aurait jamais été validé. Avec une plainte, je crois, sur ce sujet-là, sur le sujet de ses diplômes. Oui, oui, je n'ai pas eu le détail. Alors, cette question qu'il nous est posée, pourquoi notre nouveau Premier ministre est-il si silencieux ? Alors, je pense que c'est pour plusieurs raisons. D'abord, c'est une question de tempérament du Premier ministre.
C'est quelqu'un qui n'a jamais aimé s'exposer, qui ne s'est jamais exposé. Il était d'ailleurs au ministère des Armées, et c'est quelque part la meilleure place pour être plutôt en réserve. Donc, c'est quelque part sa personnalité à lui. Et je pense qu'il y a aussi une part, malgré tout, de stratégie politique. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, s'il sort du bois, s'il dit des choses, il faut être extrêmement, on va dire, précis et prudent, parce que tout peut être utilisé contre vous. Et on l'a vu dans son interview aux Parisiens, par exemple, Matignon a voulu en faire une base de négociation. Et ce qui a été retenu, c'était à sa décharge.
C'était un triple nom, le nom à l'attaque Zuckmann, le nom à la suspension de la réforme des retraites et le nom du retour à l'ISF. Donc, voilà, c'est une situation qui est extrêmement dégradée, qui est comme avant en pire, c'est-à-dire pire que sous Michel Barnier, pire que sous François Bayrou. Donc, les difficultés s'accumulent. Il a un tempérament qui est le sien et qu'il va malgré tout essayer d'en faire une force dans la mesure où c'est un style différent et peut-être qu'un peu de sobriété, de communication différente. Personne ne lui reproche, au fond, à part les journalistes, de ne pas prendre la parole. Les Français n'attendent pas forcément des prises de parole du matin au soir.
Ça lui est plutôt crédité au début.
C'était Bayrou, ça c'était Bayrou pour parler du matin au soir.
Donc, ça lui a plutôt cette distance, ce silence qu'il s'impose est plutôt favorablement jugé dans les journaux.
Il ne faut pas en abuser non plus. Il y a un moment donné où il faut effectivement trouver le contact avec les Français. Je pense, je ferai l'hypothèse positive pour Sébastien Lecornu à la question de notre téléspectateur. Pourquoi est-il aussi longtemps silencieux ? C'est peut-être pour créer une attente pour le jour où il parlera. Qu'en parlera-t-il ?
La logique, mais je m'avance imprudemment sans doute et serais-je démenti, c'est après la rencontre avec le Parti Socialiste de vendredi, il serait logique que très rapidement, le samedi ou le dimanche, Sébastien Lecornu vienne s'expliquer dans un grand journal télévisé, par exemple, pour donner un certain nombre d'éléments à la fois sur sa ligne et sur le type d'accords et d'ententes qu'il recherche avec les Républicains qui, comme vous l'avez dit, ont déposé toute une liste de demandes qui ne lui facilitent pas la tâche pour certaines d'entre elles, mais il s'agit d'exister pour LR, et d'autre part les socialistes qui pourraient s'accommoder d'un certain nombre de pas en avant de Sébastien Lecornu sans rentrer trop dans le détail, parce que rentrer dans le détail, ça mettrait du coup en péril et Lecornu et les socialistes.
Les socialistes ne peuvent justifier leur position de dire « nous attendons un certain nombre d'avancées » que si Lecornu, vendredi, indique des directions claires dans un certain nombre de domaines, pouvoir d'achat, effectivement, taxation des plus riches sur quel domaine et les inégalités face à la retraite.
Il peut, sur un certain nombre de choses, dire, et à ce moment-là, venir l'expliquer aux Français dans la foulée aurait sa logique et si les socialistes disent « un certain nombre d'orientations peuvent nous convenir à condition de les développer pendant le débat budgétaire », car l'événement capital de l'interview du Parisien qui est passé inaperçu, il faut dire que le titre du Parisien ne l'a pas arrangé, « non à la taxe Zuckman » en énorme titre, alors que ce qu'il disait, c'est « nous sommes en démocratie parlementaire » et c'est le Parlement qui va vraiment décider du budget. Il dit « des compromis seront à trouver dans l'hémicycle ». Voilà.
Ce à quoi les socialistes ont répondu, c'est trop facile de nous dire « on va d'abord toper et se mettre d'accord et ensuite on négociera dans l'hémicycle ». Ça n'a pas été très bien reçu, cette proposition.
Ni très bien vendu.
Ni très bien vendu. En même temps, il a raison. C'est effectivement dans l'hémicycle et pour le coup, il fait preuve d'humilité, on ne peut pas lui en vouloir. Même, il dit « je suis le premier ministre le plus faible de la Ve République ». Donc, c'est dire le peu de marge de manœuvre qu'il a. Effectivement, il renvoie aux députés la nécessité de trouver des compromis ou pas, finalement. Et c'est vrai qu'il lui est difficile aujourd'hui de parler s'il n'a pas un cap, s'il n'a pas des orientations et puis aussi peut-être la composition de son gouvernement qu'on attend toujours.
Alors certes, on a une équipe des missionnaires qui suit les affaires courantes, mais là aussi, qui va incarner, qui va représenter, qui va porter un certain nombre de textes, c'est important. Alors, pas non plus capital pour les Français, mais regardez, du côté du ministre des Armées, c'est quand même important vu la situation géopolitique. Là, Emmanuel Macron est au Danemark, il se passe quand même deux, trois petites choses qui ne sont pas très encourageantes. Vous avez quand même le budget qui va le porter Éric Lombard, dont on dit qu'il pourrait rester parce qu'il est très ami avec Olivier Faure, mais en même temps, il représente la vieille équipe.
Vous avez, est-ce que Bruno Retailleau va rester ? Lui qui postule, vous en avez parlé tout à l'heure, à l'intérieur, est-ce qu'il va rester ou alors est-ce qu'il va prendre son envol en vue de 2027 ?
À condition que ce soit un envol.
Voilà, un envol, oui c'est vrai. Ce sont autant de questions qui sont en suspens et là aujourd'hui, s'il n'a pas les réponses, c'est difficile pour lui d'aller dans un média. Alors il a pris la presse écrite d'ailleurs parce que vous pouvez relire dans la presse écrite en France. Les réponses sont... C'est moins facile à la télé en direct. C'est moins facile à la télé en direct quand vous êtes pris de court. Cette question d'Alain en Seine-Saint-Denis, vous parliez du gouvernement. Je sais que les records sont faits pour être battus, mais est-ce démocratiquement sans qu'un pays reste longtemps sans gouvernement ? On s'est habitués, non ?
Oui, oui, on s'habitue par la force des choses. Donc là, il y a quand même un gouvernement démissionnaire. On a déjà eu l'année dernière une année blanche. C'est-à-dire que sans grand vote, le pays a continué de tourner. Mais pour essayer de faire la synthèse entre cette question et la précédente, M. Lecornu, il est aussi selon l'adage du cardinal de Rey en disant qu'on sort de l'ambiguïté qu'à ses propres dépens. Mais ça ne peut pas durer éternellement. Et donc là, je pense que... Voilà, je suis d'un naturel taiseux, je suis normand, etc. Donc, OK, encore un jour, deux jours. Vendredi, on voit les socialistes. Peut-être...
Alors, on ne va pas annoncer le gouvernement le week-end, mais à un moment, il faut sortir du bois. Et donc là, les Français l'attendent. Et il adopte un peu la même stratégie que son président, Emmanuel Macron, qui essaie de renvoyer la balle au parti politique en disant « Les Français vous regardent et c'est à vous de vous mettre d'accord et c'est à vous de faire des efforts. » Sauf que les enquêtes montrent que pour une grande majorité de Français, le responsable de la situation actuelle, c'est Emmanuel Macron. Pour l'instant, Sébastien Lecornu est exonéré de cette responsabilité.
Dans nos enquêtes, les gens nous disent « Parmi ceux qui ont une bonne opinion de Sébastien Lecornu, on est sur le thème « On a envie d'y croire, il faut lui laisser sa chance, mais ça ne va pas durer indéfiniment. » Et donc, il y a aussi le choc de la désillusion, en disant « Tout ça pour ça. » Alors, là où il a marqué quelques points, c'était sur des mesures symboliques, mais les symboles comptent en politique. La fin de certains privilèges pour les anciens premiers ministres, l'annonce d'une diminution du budget de communication des opérateurs de l'État.
Les deux jours fériés.
Voilà, le fait qu'on ne reprenne pas les deux jours fériés qui était un peu le chiffon rouge.
Chaque, c'est vrai que tous les deux, trois jours, il annonce quelque chose. Ça fait partie de sa stratégie.
Mais vous voyez, on annonce ce qui est, entre guillemets, pas trop compliqué. C'est-à-dire que là, on mange le pain blanc et maintenant, il va falloir rentrer dans le dur sur quels équilibres avec l'ELR, avec le Parti Socialiste. On revient sur le sondage. Chacune de ces forces politiques se dit « Sinon, on donne le sentiment de trop lâcher au gouvernement. On va être attiré vers le fond avec ce gouvernement qui ne va pas passer longtemps aux responsabilités. » Donc, c'est très, très compliqué pour lui.
Mathilde Sirop, est-ce qu'il y a une forme d'impatience au sein du gouvernement de la part des ministres en charge de dossiers évidemment très importants de se dire « Il faut qu'on avance. » Est-ce qu'il y a un début d'impatience ou est-ce que tout le monde dans la situation extrêmement compliquée à laquelle est confronté Sébastien Lecornu comprend que ça prenne du temps ? Je dirais qu'il y a une forme d'impatience qui risque de se transformer en irritation, notamment de la part de ce qui constitue son socle de soutien qui est extrêmement fragile, cette coalition qui est formée de LR et du Centre, qui en fait a été reçue plusieurs fois à Matignon.
Donc, c'est une démarche quand même plus politique par rapport à ses prédécesseurs parce qu'il veut vraiment essayer de consolider cette assise, aussi maigre soit-elle. Mais en revanche, ils ont l'impression, si vous voulez, que plus ils sont consultés, reçus, moins ils y voient clair finalement sur où ils veulent les emmener et quelles seront ces orientations à la fois politiques et budgétaires. Donc, oui, une impatience forcément politique et pour plein de raisons. Les ministres veulent savoir s'ils seront reconduits ou pas. Beaucoup aussi souhaitent en être, souhaitent rentrer, comme à chaque fois.
Et donc, et aussi de la part de ces soutiens qui se disent, on ne sait pas où on va, est-ce qu'on va être vraiment totalement en accord avec ce qui va sortir ? Ils ne le savent pas. Et donc, c'est là où je dirais qu'il y a peut-être un début d'alerte politique pour lui. Alerte politique, y compris avec ce contrat de gouvernement qui est aujourd'hui présenté par les LR. Jusqu'à présent, on disait, la balle est dans le camp des socialistes, il va falloir trouver un arrangement sur la justice fiscale notamment. Là, on a des LR qui disent, attention, nous aussi, on va fixer le contenu de ce pacte pour que nous restions au gouvernement. C'est-à-dire que ça se complique un peu sur sa droite.
Oui, parce que si vous voulez, les Républicains sont à bord de cette coalition gouvernementale et ils ont eu l'impression que jusqu'à maintenant, pendant ces trois semaines, le débat était surtout monopolisé par la gauche, qui a eu énormément de discussions sur les demandes du Parti socialiste, par cette taxe Zuckman, etc. et que finalement, ils se retrouvaient presque pris au piège dans un tête-à-tête entre le Premier ministre et cette force potentiellement pivot que sont donc Olivier Faure et ses députés. Donc aujourd'hui, on voit peut-être aussi un raidissement des positions et même de la part de Bruno Retailleau et des députés du parti.
D'autant que la difficulté pour LR, c'est qu'on voit qu'ils sont divisés. Mais finalement, ils ne sont pas tous sur la même ligne sur est-ce qu'il faut, est-ce qu'on a intérêt à rester au gouvernement ? Certains souhaiteraient partir. Alors, ceux qui sont au sein du gouvernement et qui sont ministres sortants, a priori, veulent plutôt poursuivre. Mais au sein du parti, au sein du groupe de parlementaires, il y a un débat sur est-il opportun ou non pour la suite et notamment pour les échéances électorales de participer à ce gouvernement ? Oui.
Oui, pour compléter ce que vient de dire Mathilde Ciro, je crois que le problème de LR en partie, c'est de choisir le moment où ces grands leaders quittent le gouvernement. Et que donc, ne pas rester dans le gouvernement nommé, ce n'est pas l'idéal puisqu'on est dans une période où les Français disent « Essayez de trouver quand même un accord, essayez de trouver un arrangement, à voter le budget, faites quelque chose ». Donc, ce n'est pas forcément le moment.
Alors, l'intérêt de leurs lettres que vous nous avez fait lire pour dire les conditions pour rester au gouvernement, alors évidemment, ils en rajoutent, il y a des choses sur l'immigration, par exemple, pour les socialistes, totalement inacceptables, mais il ne s'agit pas de dire « À le corps nu, vous appliquerez tout ça », c'est ce que nous voulons, nous. Ce qui fait qu'à n'importe quel moment, je pense que cette demande, cette liste pour rester au gouvernement, permet d'installer le billet de sortie du gouvernement au moment où les Républicains le choisiront.
Car il suffira à ce moment-là de reprendre la liste et de dire « Mais nous sommes déçus, mécontents, mécontents » dans ces conditions, Bruno Retailleau, par exemple, peut dire « Les conditions ne sont plus remplies », mais il choisit le moment de son départ. Et donc, on n'est pas dans la situation où il ne serait pas repris au gouvernement, ce qui serait incompréhensible pour les Français. Je partage aussi l'avis de Mathilde Sireau. Il y a plusieurs courants au sein des Républicains. Et un sondage comme celui de l'IFOP que Jérôme Fourquin nous a présenté pèse lourd.
C'est-à-dire qu'une partie des Républicains s'interroge sur la stratégie à terme de savoir si oui ou non, si Marine Le Pen ou Jordan Bardella arrive au pouvoir, quelle sera l'attitude des Républicains ou commence à voir un partage au sein du parti sur ce terrain.
Et on va dire un mot du Rassemblement national dans un instant, mais il y a cette question de Dominique dans le Haut-Rhin. Sébastien Lecornu propose des baisses d'impôts en faveur du travail. Donc, ce sont les retraités qui vont les compenser ? La question qui nous est posée. Pour l'instant, il ne donne pas de précision. D'ailleurs, dans l'interview du Parisien, il dit qu'il y aura des baisses et des hausses d'impôts. Mais la question reste ouverte. Sur le sujet du travail et le sentiment du travail qui ne paie plus, il a raison d'aller dans ce credo. Alors, comment il va le résoudre ? C'est un autre sujet.
Mais c'est vrai que c'est un vrai problème aujourd'hui qui apparaît, je pense, dans un certain nombre d'enquêtes du côté des salariés, mais aussi du côté des patrons qui disent aujourd'hui, on est tellement étouffés par les cotisations sociales pour payer, je fais ça très simplement, mais pour payer le modèle social que finalement, on n'arrive plus à augmenter nos salariés. Et de l'autre côté, les salariés disent moi, je travaille, mais finalement, il y a tellement qui part mon salaire net quand je regarde ma fiche de paye. Eh bien, il est réduit à portion congrue. Donc, il y a un vrai sujet. C'est aussi un sujet sur lequel les syndicats et le patronat ont envie de travailler.
Maintenant, c'est un sujet qui est extrêmement compliqué parce que ça touche au fondement de notre modèle social. Si on enlève un peu de poids sur les actifs, effectivement, où est-ce qu'on va aller trouver ? Est-ce que c'est du côté des retraités ? Est-ce que c'est du côté d'une TVA, on dit social, mais augmenter un peu encore des prélèvements sur la consommation ? Il n'y a pas 10 000 options non plus. Il faudra trouver l'argent ailleurs. Donc, c'est tout le débat. Pour l'instant, dans la série des lettres qui sont envoyées, Sébastien Lecornu a quand même adressé une lettre au syndicat dans laquelle figure l'envie d'ouvrir ce chapitre sur comment faire en sorte que le travail paie mieux.
Et on va y revenir dans un instant au syndicat avec cette nouvelle mobilisation. Demain, en termes de calendrier, il prend son temps. Certains disent qu'il est la tortue. Il prend son temps, il choisit son agenda. Est-ce qu'il peut gagner du temps comme ça pendant combien de jours, combien de semaines ? Le projet de budget 2026 sera transmis jeudi au Conseil des finances publiques. Instance rattachée à la Cour des comptes. À partir de là, il se passe quoi ? Est-ce qu'il y a des échéances qui sont inscrites dans le calendrier ? Puisque normalement, le gouvernement est censé présenter un projet de loi de finances au mieux le 7 octobre, au plus tard le 13-15 octobre.
Après, il faut qu'il y ait un débat parlementaire pendant 70 jours sans quoi on a une loi spéciale où on peut faire par ordonnance. Mais ça revient un peu à ce qu'on a vécu l'année dernière. Et est-ce que les Français s'en satisferont ? Ce n'est pas sûr. Et par ailleurs, plus globalement, plus on traîne sur ces discussions budgétaires, moins on donne de gages aux marchés, aux investisseurs. Et il y a quand même un sujet sur lequel François Bayrou a réussi peut-être à sensibiliser l'opinion. C'est notre niveau d'endettement qui fait qu'aujourd'hui, la France endette à des taux pour fonctionner, à des taux plus élevés que la Grèce ou même, voire l'Italie certains jours.
Et que ça, ça n'est pas réjouissant parce que ça complexifie encore l'équation budgétaire. Vous voulez ajouter quelque chose ?
Peut-être un élément qui peut aussi expliquer le temps pris par M. Lecornu, c'est qu'aujourd'hui, on l'a vu dans votre précédent reportage, les députés votent pour le renouvellement des postes au bureau de l'Assemblée nationale. Ce n'est pas comme le dit Mme la Présidente de l'Assemblée uniquement protocolaire ou administratif. Il y a des vrais enjeux politiques derrière tout cela. Et il se dit aussi que c'était une demande du Bloc central de ne pas nommer le gouvernement trop vite au cas où on ferait rentrer des députés pour qu'aucune voix ne manque lors des votes stratégiques qui vont intervenir aujourd'hui.
Et le RN a fait son retour dans les instances de l'Assemblée nationale avec deux vice-présidences.
Oui, ça c'est un événement assez considérable dans la mesure où c'était la gauche qui détenait la majorité dans le bureau précédent de l'Assemblée nationale et ça a créé beaucoup de problèmes. Un mot sur la mobilisation si vous permettez d'un...
On va en parler dans un instant.
Alors, je me tais.
Mais non, je vais vous interroger sur le RN. Dans tout ce qu'on a évoqué en termes de stratégie, Mathilde Sirot disait tout à l'heure au fond, ils ont plutôt intérêt à accélérer le calendrier pour aller vers des législatives anticipées. Sur la question des négociations budgétaires, le RN fait semblant de participer à cette discussion. On a entendu Jean-Philippe Tanguy qui dit s'il y a des baisses d'impôts sur les classes moyennes et populaires et une baisse des dépenses, ce sera miraculeux.
mais ils mettent toujours la barre extrêmement haut dans leurs demandes et en particulier avancent un certain nombre de leurs thèmes, immigration, contribution à l'Union européenne, etc., qui font que c'est une autre politique. Il s'agit de leur donner des victoires idéologiques si on va dans ce sens-là. Ça n'est pas l'objectif du gouvernement. En revanche, ils ont fait un pas considérable dans les interventions récentes de Marine Le Pen sur la question fiscale. C'est-à-dire que Marine Le Pen s'est prononcée, par exemple, contre la taxe Zuckman.
C'est une information extrêmement importante parce que ça signifie que dans cette Assemblée nationale actuelle, il n'y a plus de majorité pour voter la taxe Zuckman puisque le centre, la droite et le RN à ce moment-là ne la votent pas et que seule la gauche la vote. Donc, la taxe Zuckman dans cette législature-là ne pourra pas être votée en tout cas telle que M. Zuckman l'a proposée. Et sur l'impôt sur la fortune, également, Marine Le Pen a proposé une sorte d'impôt, mais d'impôt light, c'est-à-dire léger, avec plein d'exemple.
Impôt sur la fortune financière.
Et en particulier, on sort la résidence qu'on choisit, en principe, la résidence principale, mais si on a un château, on peut sortir le château. Donc, c'est de nature à calmer les inquiétudes, par exemple, d'une partie du patronat. Et donc, il y a une forme de jonction sur un certain nombre de sujets entre le rassemblement national et la droite qui change là aussi le paysage politique et sur le budget, du coup, fait qu'à certains moments, c'est ça qui est le jeu, le cornu. C'est un jeu très compliqué, du coup, effectivement, est assez difficile qu'il vienne m'expliquer aux Français dans un 20h ou dans votre grande émission.
C'est de dire, par exemple, sur certains sujets, je m'appuierai sur le rassemblement national pour faire repousser des propositions budgétaires et dans d'autres cas, c'est avec la gauche que je m'imposerai au rassemblement national pour refuser d'autres propositions. C'est ça, le jeu de basket.
Est-ce que l'hypothèse qu'il n'y arrive pas est en train de gagner du terrain ? On peut tout imaginer, mais je dirais que là, on devrait avoir un gouvernement sous quelques jours, donc c'est à peu près imminent. Ça ne bousculera pas forcément l'équation politique parce qu'on voit bien que les équilibres actuels seront à priori reconduits avec beaucoup de ministères, notamment dans les régaliens, qui seront reconduits dans la future équipe. On l'a évoqué, il y a les échéances concernant le budget en termes de présentation, en termes de procédures parlementaires.
Il peut tout à fait avoir intérêt aussi à jouer la montre en quelque sorte, c'est-à-dire sa première haie va être sa déclaration de politique générale qui est annoncée pour la semaine prochaine et qui déclenchera à priori une ou plusieurs motions de censure qui seront déposées par les oppositions. Est-ce qu'il franchit cette première étape ou pas ? A priori, oui, parce qu'on voit bien que dans les déclarations de Marine Le Pen, elle a plutôt l'intention d'être dans une démarche de bonne foi, de dire on attend d'avoir des gages mais on ne censure pas a priori, etc.
Et tout ça, ça peut l'amener finalement à naviguer, en tout cas avec le Parlement, dans les semaines à venir et de laisser finalement le débat parlementaire et budgétaire vivre en voyant ce qui trouve des majorités et ce qui n'en trouve pas. Cet après-midi, en tout cas, le Premier ministre a pris la peine, vous le disiez rapidement tout à l'heure, d'écrire au syndicat pour annoncer des avancées, notamment en matière de retraite et concernant les retraites des femmes. Trop tard pour désamorcer naturellement une journée de grève. Demain, à l'appel de tous les syndicats, y compris la CFDT. C'est assez inhabituel.
Le premier syndicat de salariés réformistes a durci ces dernières semaines sa position. Marie-Lise Léon, la secrétaire générale, attend un message fort. Elle est aujourd'hui clairement au centre du jeu. Juliette Vallon, Julie Rico et Constance Meyer. Dans un contexte explosif, les regards se tournent vers une ancienne chimiste. Marie-Lise Léon, la patronne de la CFDT, aujourd'hui courtisée par l'exécutif. Demain, elle sera aux côtés de la CGT comme lors de la manifestation du 18 septembre.
Il y a une colère qui gronde, il y a une colère mais qui a été quand même beaucoup attisée par les annonces faites le 15 juillet parce qu'elles étaient profondément injustes et il y a une colère qui est toujours là. Aujourd'hui, on a besoin d'avoir des messages forts de la part du gouvernement que les travailleurs ne seront pas les seuls à payer la facture. Une intersyndicale réunie pour pousser le gouvernement à revoir la copie de son prochain budget. Message reçu par Sébastien Lecornu qui tend la main aux organisations aujourd'hui.
Certaines mesures issues du conclave sur les retraites, notamment celles relatives à l'amélioration de la retraite des femmes, feront l'objet d'une inscription au PLFSS pour 2026.
Sébastien Lecornu tente de renouer avec des syndicats particulièrement déçus après leur première rencontre début septembre. Il a redit qu'il y aurait un certain nombre de ruptures à la fois sur le fond et sur la forme mais aujourd'hui je pense que ce qu'attendent les travailleurs et les travailleuses c'est qu'il y ait des preuves de cette rupture et qu'on puisse avoir une démonstration qui a véritablement un changement de méthode. Et changement de ton du côté de la CFDT qui jusque-là privilégiait la concertation comme lors du conclave des retraites lancé par François Bayrou. Mais après quatre mois de réunion avec le patronat le bilan est amer.
Nous on a mouillé la chemise on a fait des propositions et aujourd'hui on peut aboutir à un équilibre qui ne sera pas celui qu'on voulait au départ avec je le réaffirme aussi de façon extrêmement claire nous sommes toujours opposés aux 64 ans. Marie-Lise Léon héritière de la bataille de la réforme des retraites initiée par son prédécesseur Laurent Berger. Tout avait pourtant si bien commencé entre la CFDT et le gouvernement. le syndicat était favorable au projet de réforme de la retraite par points voulu par Emmanuel Macron.
La CFDT elle disait depuis longtemps que le système actuel des retraites il n'était pas juste il n'était pas lisible il ne permettait pas le libre choix. Donc nous nous avons poussé
pour une réforme systémique de longue date. Le système de retraite par points est plus juste à vos yeux ? En tout cas il est plus lisible et il est plus universel.
Mais au fil du temps le projet évolue. La retraite par points est abandonnée pour un report de l'âge de départ à 64 ans. Le défenseur devient attaquant.
Avec quelle méthode avec quelle méthode le président de la république ou le gouvernement veut mener des discussions avec les organisations syndicales ? Est-ce que c'est comme trop souvent en nous présentant une feuille en nous demandant de l'amender à la marge avec des points et des virgules ou est-ce que c'est pour écouter nos propositions ?
Face à un premier ministre silencieux Marie-Lise Léon et les syndicats comptent sur une mobilisation bruyante demain avec pas moins de 240 mouvements prévus partout en France. Fanny Guinochet un mot sur cette mobilisation demain est-ce qu'on peut déjà à cette heure-ci avoir une idée de l'ampleur de la mobilisation ? Est-ce que c'est un mouvement qui est en train de prendre de la force ? Il y aura moins de monde probablement que le 18 septembre que la précédente. Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
Parce qu'il y a une histoire de pouvoir d'achat pour pouvoir faire grève là c'est vraiment dans la manifestation dans les mobilisations du 18 il y avait beaucoup d'actifs il faut poser un jour de grève alors certains s'en accommodent avec des RTT etc mais quand même ça reste ça reste coûteux de se mobiliser en plus là se mobiliser alors qu'on est entre deux on l'a dit tout au début de cette émission on n'a pas vraiment de gouvernement pas encore de donc ça freine un certain nombre de travailleurs qui peuvent se dire bon bah j'ai manifesté le 18 tu gardes mes forces pour un peu plus tard il n'empêche que le 18 a surpris tout le monde il y a quand même eu beaucoup de monde dans la rue les syndicats eux-mêmes étaient contents de cette mobilisation parce qu'il y avait eu le 10 septembre auparavant et qu'ils avaient peur de se faire dépasser comme au moment des Gilets jaunes et aujourd'hui c'est ce que disait très bien votre reportage certes il y a la rue mais aujourd'hui Marie-Élise Léon et la CFDT est en position de force c'est un pilier aujourd'hui essentiel et la lettre qui a été envoyée tout à l'heure par Sébastien Lecorn c'est elle qui a été envoyée aux organisations syndicales on voit bien que tout le long de la lettre c'est Marie-Élise viens on va discuter vraiment c'est vraiment c'est une opération séduction quoi parce que la CFDT alors sur des points très précis la retraite des femmes c'est une demande de la CFDT depuis le début elle est rentrée dans le conclave Marie-Élise Léon en expliquant que c'était parmi ses points celui d'en haut c'était d'améliorer la réforme de la retraite de 2023 qui a beaucoup pénalisé les femmes sur la pénibilité c'est une demande depuis 20 ans de la CFDT et d'ailleurs quelque part il essaye de diviser le premier ministre le front syndical puisque en disant ça sera repris dans le projet de loi de finances de la sécurité sociale certaines mesures il ne les détaille pas mais certaines mesures du conclave il dit regardez vous avez eu raison CFDT CFTC etc socle réformiste d'aller discuter puisqu'aujourd'hui je l'ai pris et la CGT elle qui a claqué la porte dès le début et bien finalement c'est une façon de lui donner tort donc il essaye là de jouer de jouer la séparation du côté des syndicats dernier mot la CFDT est d'autant plus en force qu'en face on aura peut-être l'occasion d'en parler mais on est face à un patronat extrêmement divisé qui se mobilise ce qui est assez rare oui le 13 octobre qui prépare un meeting un grand meeting le 13 octobre mais au final il n'y aura visiblement que le MEDEF on va en dire un mot CPM et U2P les autres organisations elles disent on n'ira pas on va revenir sur la colère qui s'exprime désormais publiquement de certains patrons il y a cette question qui nous est posée ce soir le Premier ministre a-t-il tenu compte de la mobilisation du 18 septembre ?
oui sans doute avec cette lettre qui a été adressée mais là aussi on attend de voir quelle sera l'ampleur de la marée syndicale demain pour rectifier le tir donc on est toujours dans cette ambiguïté ce brouillard pour essayer d'ajuster au mieux avec on l'a dit des marges de manœuvre budgétaire qui sont quasiment inexistantes donc dès que vous allez faire un geste sur telle ou telle catégorie de la population il faudra refinancer ailleurs si on avance pour envoyer des signaux à la CFDT sur la pénibilité c'est un des sujets sur lesquels il y a eu achoppement dans le conclave des retraites ça veut dire que si on choisit de faire un geste en direction de la CFDT on se met du point de vue du gouvernement le patronat à dos alors peut-être là aussi ensuite il y a une négociation en leur disant vous n'avez pas la taxe Zucman donc estimez-vous heureux et en échange vous allez nous faire un petit effort sur la pénibilité mais on en est là avec encore une fois un Premier ministre qui se revendique comme étant le plus faible de la Ve République alors ça peut avoir une forme d'habileté en la jouant très modeste on nous a essayé au judo
et puis il leur dit ne vous retournez pas vers moi pour faire les arbitrages je ne peux pas je ne suis pas en situation au Parlement de vous donner ce que vous me demandez
si on se place du point de vue de la CFDT la CFDT c'est dans un pays qui n'a plus de stabilisateur où le président de la République n'est plus reconnu comme tel la CFDT est un des très rares stabilisateurs du pays c'est à dire que si la CFDT dit qu'un certain nombre de mesures qui sont prises vont dans le bon sens c'est un poids décisif d'abord auprès de qui ?
le Parti Socialiste pour commencer c'est à dire que pour le Parti Socialiste il a besoin d'appui pour pouvoir ne pas voter la censure sur le corps nu si tout le monde et tous les syndicats et tout le reste de la gauche tape voilà c'est très difficile si la CFDT bouge ça n'est pas la même chose et deuxième chose c'est que la CFDT a une idée développe un discours différent des autres syndicats je vais là dans le sens de Fanny Guinochet c'est à dire que son propos c'est pour Marie Zéon c'est les efforts sont nécessaires pour le pays il faut en faire mais il faut qu'ils soient justement répartis dans le pays et qu'on commence par les plus aisés pour les faire elle n'est pas du tout sur le discours du reste de l'intersyndical donc à terme l'intersyndical évidemment va se modifier et puis autre dernière chose pour la CFDT éviter l'arrivée au pouvoir du rassemblement national est un thème absolument majeur également pour la CFDT et de ce point de vue le sondage de l'IFOP c'est un élément qui fait que il faut essayer pour tous ceux qui sont dans l'idée qu'il faut absolument éviter cette arrivée au pouvoir de développer un accord minimum et là de ce point de vue monsieur Lecornu s'il joue bien a un peu plus de carte en main qu'il n'en avait il y a quelques
elle peut être une alliée Marie-Lise Lyon elle peut être une alliée parce que la CFDT dans son ADN c'est le compromis d'ailleurs ça lui a coûté cher dans le passé donc elle le sait c'est son ADN par rapport à un syndicat d'opposition comme est devenu comme elle à CGT et encore plus ces derniers temps elle a la carte du compromis et d'ailleurs on l'a vu sur le conclave elle est rentrée dans le conclave elle était prête la CFDT à dire ok les 64 ans j'avale la pilule en revanche en contrepartie il faut des avancées sur la pénibilité il faut des avancées sur les retraites des femmes etc le patronat le patronat n'a pas voulu mais elle est rentrée dans le jeu et elle a l'image aujourd'hui de celle qui peut porter les compromis après à titre plus personnel ça fait deux ans que Marie-Lise Léon est à son poste elle est aujourd'hui beaucoup plus stable beaucoup plus elle a pris la mesure du poste derrière un Laurent Berger qu'on avait beaucoup vu pendant la réforme de retraite et effectivement elle est aujourd'hui en mesure de négocier deux trois informations à la veille de ce mouvement social alors il y a 240 actions qui sont prévues dans toute la France à peu près équivalent à ce qu'il y avait la dernière fois
260 la dernière fois
voilà pour les TGV quelques perturbations à prévoir dans le transport aérien il y aura des retards qui sont à prévoir avec un impact limité et 10% de grévistes dans les établissements scolaires on le disait tout à l'heure ils sont contraints de se déclarer grévistes avant le mouvement et on voit qu'il y a un reflux
c'est le premier degré c'était 17% le 18
et juste on parlait de Sophie Binet tout à l'heure elle elle dit nous on ne veut pas la chute de ce gouvernement c'est pour ça qu'on fait tout ça maintenant pour les forcer à revoir leur copie oui mais elle dit aussi à la réception de la lettre c'est complètement hors sujet et c'est pas du tout il n'y a même pas matière à discuter et on avait cette remarque de Patrick en charotte maritime qui dit j'ai pas bien perçu la rupture de monsieur Lecornu c'est ça qu'on attend en fait c'est ça qu'il doit présenter vendredi notamment aux socialistes le risque en arrivant à Matignon et en posant vraiment cette promesse de rupture c'est que forcément ce ne soit jamais assez pour des opposants qui veulent en finir avec la politique macroniste avec toute cette voilà même la politique pro-business qui est en place depuis 2017 en revanche il n'aura pas le choix Sébastien Lecornu qui effectivement en plus d'une rupture peut-être sur la forme qu'on peut commenter une communication différente beaucoup plus sobre etc il n'aura pas le choix que de poser des actes de rupture sur le fond par exemple sur quoi sur la fiscalité c'est sûr qu'on y va tout droit et je pense qu'il en a conscience reste à savoir si celui qui est à l'Elysée en a conscience également et est prêt à le faire et il y a Gabriel Zuckman qui est très présent dans ce débat sur la question de la taxation qui met en garde contre les méthodes alternatives pour taxer les riches c'est une façon de dire c'est toute la taxe Zuckman rien que la taxe Zuckman
c'est son message la rupture Sébastien Lecornu va avoir un léger problème s'il reprend pratiquement tous les ministres du précédent gouvernement parce que là les français ils vont regarder ils vont dire mais alors encore plus où est cette rupture alors que je suis tout à fait d'accord avec ce que vous dites c'est à savoir qu'à partir du moment où le premier ministre renvoie au débat parlementaire le budget et accepte de profondes modifications au budget éventuellement dans le débat parlementaire c'est là où est la rupture en fait mais c'est assez compliqué à suivre
Les patrons on en parlait tout à l'heure eux aussi ils veulent se faire entendre avec un grand meeting c'est assez inhabituel le 13 octobre si le premier ministre semble avoir écarté justement on en parlait la taxe Zuckman la crainte de voir les impôts grimper demeure dans les milieux économiques la crainte aussi de voir stigmatiser les riches dans le débat public nos équipes ont rencontré Eric Larchevêque il est le patron de Ledger c'est une société de portefeuille de crypto-monnaie il fait partie des 500 plus grandes fortunes de France Théo Manval Marion de Vauchel et Benoît Thébault
Il fait partie des 500 plus grandes fortunes françaises patrimoine estimé 375 millions d'euros Eric Larchevêque a cofondé Ledger start-up à succès des crypto-monnaies et serait aujourd'hui l'une des cibles d'une éventuelle taxe Zuckman incluant le patrimoine professionnel dans les actions un principe contre lequel il s'élève depuis des semaines ma fortune est constituée d'actions de l'entreprise Ledger qui ne correspondent en aucun cas à du cash à des euros qui seraient sur mon compte en banque l'entreprise n'est pas encore rentable elle ne verse pas de dividendes donc il n'est impossible pour moi de vivre avec ces actions on n'est pas coté en bourse donc je ne peux pas les vendre très difficilement avec une des cotes énormes on me demanderait 7 millions d'euros par an et peut-être ça fait bizarre à entendre mais 7 millions d'euros par an à payer en impôts je ne les ai pas et donc je suis en fait dans l'impossibilité de pouvoir verser cette taxe qui conduirait inexorablement à devoir malheureusement quitter le pays déjà expatrié pendant 10 ans au début des années 2000 Eric Larchevêque l'assure dans son entourage aussi la question se pose désormais on envoie un signal catastrophique pour l'investissement en France qui va venir investir en France sachant que les entrepreneurs qui vont créer de la valeur immanquablement seront taxés sur quelque chose de très difficile et les entrepreneurs en devenir ne vont pas entreprendre en France c'est un enjeu en termes d'emploi d'attractivité de puissance économique pour la France enjeu au coeur d'un climat social brûlant où les ultra riches sont devenus selon lui les boucs émissaires d'une France en ébullition où les inégalités se sont creusées et où les demandes de justice fiscale animent les récentes manifestations à l'heure de ces manifestations j'ai même vu des guillotines j'ai bien compris à qui elles étaient destinées je ne peux que déplorer qu'un retour un petit peu à cette vision marxiste de la société où la personne riche l'entrepreneur n'a pu réussir que parce qu'il a exploité ou spolié le travail ou spolié en fait la valeur du travailleur je comprends que les personnes les moins fortunées quand ils voient des personnes riches oui ils sont frustrés et se disent rend l'argent c'est vraiment la base pour autant je pense qu'il est important aussi de sortir d'un logiciel binaire cette opposition est un mal français qui revient et qui ne peut aller que dans une situation de plus en plus difficile ses propositions à lui pour équilibrer le budget commencer par réduire les dépenses de l'état couper un certain nombre de dépenses publiques qui ne sont pas de l'ordre du régalien ou des missions essentielles de l'état pour pouvoir se concentrer sur la santé sur l'éducation et peut-être dépenser moins d'argent sur des sujets qui ne sont pas prioritaires coupons les aides aux entreprises je prends cet exemple là en premier je pense que c'est important pour certains les artisans certains sujets peut-être d'avoir des aides mais là il faut les massivement les réduire dans l'attente de la prochaine copie de Sébastien Lecornu Eric Larchevêque se dit tout de même prêt à faire un effort si la taxe Zuckman est bien écartée si on augmente les impôts j'aurai pas le choix je vais pas partir parce qu'on va augmenter la flat tax de 30 à 33 par exemple mais dans tous les cas ça ne résoudra rien on aura juste mis un pansement sur une baignoire qui fuit et qui fuira encore plus et donc on va continuer de se précipiter dans une situation terrible et donc oui je suis assez pessimiste et je pense que la tension sociale ne fera que monter et j'ai donc une vidéo plutôt sombre des mois et années à venir
je vois pas votre réaction à ce témoignage c'est rare d'avoir un entrepreneur comme ça qui s'exprime aussi sincèrement aussi vertement aussi sincèrement et c'est vrai que ça pose la question d'un certain nombre de chefs d'entreprise disent ça alors ils disent pas tous finalement on va rendre les aides attention c'est pas du tout le discours du Medef mais en tout cas c'est vrai qu'il y a un débat sur là aussi on revient à la CFDT mais sur que font les entreprises de ces aides publiques sur la conditionnalité des aides qui va certainement monter du côté des entreprises il y a une grogne il y a cette inquiétude de payer beaucoup d'impôts certes la taxe Zuckman est écartée a priori mais du coup est-ce que ça va être le retour d'un ISS un ISF un ISF un peu différent est-ce que les entreprises vont avoir encore la droite a dit non la droite dit non au retour de l'ISF est-ce qu'il y aura la contribution exceptionnelle qu'il y a eu sur les grandes entreprises cette année qui a rapporté quand même 8 milliards d'euros qui devait être temporaire est-ce qu'elle va durer les chefs d'entreprise sont dans et à tel point qu'ils manifestent enfin en tout cas ils font un meeting le 13 octobre prochain il y avait cette remarque d'Etienne dans la Loire j'ai du mal à comprendre l'objectif du Medef c'est de défendre les entreprises ou de défendre et c'est exactement ce que dit Michel Picon qui représente les petites entreprises c'est pour ça qu'il ne va pas au meeting parce qu'il dit moi je ne me sens pas du tout concerné le Medef fait une manifestation pour défendre les milliardaires
oui parce qu'on fait souvent l'amalgame entre les entreprises et les propriétaires ou les actionnaires de ces entreprises l'ISF ce n'est pas l'entreprise qui le paye c'est le propriétaire de l'entreprise s'il a une fortune importante là on voit bien que si jamais des choses avancent dans ce sens c'est tout le discours d'Emmanuel Macron sur la Startup Nation là c'est le patron de Ledger on a vu des dirigeants de l'entreprise d'intelligence artificielle Mistral AI qui aussi sont sur cette ligne alors c'est un peu compliqué mais voilà ce qu'il expliquait on n'a pas d'argent sur le compte en banque c'est la valorisation de nos titres et donc c'était toute cette législation fiscale que Emmanuel Macron avait promue pour justement faire émerger toute une série d'entreprises dans ce secteur là et donc ça c'est tout cet édifice là qui est mis à mal on revient aussi sur des grandes heures d'affrontement très français en 82 c'était le grand manif un grand meeting du CNPF à l'époque l'ancêtre du MEDEF contre la gauche au pouvoir de François Mitterrand et donc ce qu'on a voulu recréer aujourd'hui au MEDEF c'est ce type de climat là avec on le voit aussi un monde patronal qui est fracturé entre les grands et les petits ceux qui sont des héritiers ceux qui ne le sont pas ceux qui sont dans des entreprises patrimoniales et autres et on voit que tout ça est très compliqué à mener
vous parliez de Michel Picon donc le président de l'union des entreprises de proximité il dit c'est quoi le message touche pas à mon nord où je m'en vais ça fait des années que les petites entreprises souffrent parfois par le fait des grands groupes donc il n'y a pas d'unité du monde économique derrière le MEDEF
et sur la question de la taxe Zuckman on avait aussi beaucoup de petits patrons qui ont observé ou qui ont pris conscience qu'ils payaient en proportion plus d'impôts que les propriétaires des très grands groupes parce qu'eux ne pratiquent pas l'optimisation fiscale donc il y a aussi un ressentiment au sein du monde patronal entre les grands et les plus petits Jean-Bruns Jaffray ce qui est détestable dans le discours de certains patrons c'est dire si les impôts augmentent si il y a la taxe Zuckman je m'en vais je quitte la France
c'est pas ce qu'il dit
non mais on a entendu un peu ce genre de propos ça c'est détestable menacer de quitter la France dire je suis prêt à quitter la France en revanche l'inquiétude des patrons et là ça dépasse les 1800 familles qui pouvaient être touchées par la taxe Zuckman 100 millions d'euros et je vous prends 2% par an c'est l'inquiétude majeure que les biens professionnels quel que soit leur montant intègrent un futur impôt sur la richesse parce qu'à ce moment là c'est toute la mécanique de se lancer dans la création d'une entreprise des emplois des investissements qui seraient altérés qui seraient mises et du coup Michel Picon me semble-t-il ne voit pas bien ce problème c'est que même beaucoup de petits patrons une entreprise de 10 millions parce que vous commencez à 100 millions d'euros avec la taxe Zuckman mais il y a beaucoup de patrons qui pensent qu'on commence à 100 on continue à 50 on continue à 20 on continue à 10 ça ruisselle après c'est le ruissellement de la fisserie et si on a 10 millions de chiffre d'affaires on paye à l'arrivée 200 000 euros par an de taxes Zuckman remodelées c'est-à-dire que c'est invivable pour les chefs d'entreprise et du coup le débat en France porte un peu là-dessus est-ce que les biens professionnels rentrent ou ne rentrent pas je rappelle que François Mitterrand a écarté les biens professionnels dans l'impôt sur les grandes fortunes en 1982
Jérôme Jaffray il est temps de passer aux questions des téléspectateurs je suis désolée de vous presser mais il y a beaucoup de questions ce soir Serge dans l'Hérault le fait de ne pas adresser la parole au français peut-il être interprété comme du mépris c'est la méthode Lecornu qui est interrogée alors je pense que cette question elle se pose pour le Premier ministre mais aussi pour le chef de l'État parce qu'en fait on sait que le président est très actif sur la scène internationale mais chacun a bien intégré cette crise politique qui est quand même assez anxiogène d'ailleurs y compris pour les acteurs économiques dont on vient de parler et finalement vous avez un président qui ne veut pas enfin qui ne s'exprime pas sur la situation et le contexte national et un Premier ministre qui reste très en retrait et qui fait uniquement de la communication on l'a dit il y a la presse écrite donc on ne le voit pas on ne l'entend pas or il est assez peu connu des français encore pas très bien identifié et il y a quand même là il ne faut pas oublier qu'il y a aussi l'opinion qui joue énormément dans le comportement politique des uns et des autres dans la suite des choses le président qui s'est exprimé aujourd'hui sur la situation politique et qui a appelé une nouvelle fois à trouver des compromis Eric en Haute-Garonne gouvernement Lecornu on prend les mêmes et on recommence ?
il faudra voir on l'entend mais c'est une des vraies questions et ça donnera l'orientation les orientations politiques vous nous disiez tout à l'heure c'est difficile d'incarner la rupture si ce sont les mêmes au sein du gouvernement Philippe en Charente-Maritime j'ai 70 ans je suis désabusée par la politique je suis tellement en colère que je suis prêt à partir vivre à l'étranger
alors il faut voir le niveau d'imposition de Philippe parce qu'il y a des motivations fiscales à tout ça mais plus sérieusement on voit aussi dans nos enquêtes comment le spectacle qui est donné l'as et coeur y compris toute une partie de nos concitoyens qui habituellement notamment dans les générations relativement âgées suivaient attentivement la politique en disant ça n'avance plus ça ne rime à rien la question précédente on prend les mêmes on recommence ou on les fait changer de poste nous dans nos enquêtes beaucoup de français sont incapables de vous citer les ministres qui sont au poste clé et donc c'est quand même problématique à quelques mois d'échéance électorale si le coeur le plus civique du pays les seniors se détournent du spectacle qui est donné
Alain dans le Val de Marne à quoi a servi la mobilisation du 18 septembre elle a mis un coup de pression celle de demain même si elle sera certainement moins importante elle montre aussi que les syndicats jusqu'à présent sont unis ce qui est d'ailleurs quelque chose qu'attendent les français donc ça fait front commun ça met les sujets sur la table la fiscalité la retraite le pouvoir d'achat c'est les sujets qui intéressent majoritairement les français Le budget de Sébastien Lecornu sera-t-il moins dur que celui de François Bayrou ?
Alors si par moins dur on entend moins ambitieux et donc moins d'économie oui la réponse est oui parce que François Bayrou était parti d'une copie on s'en souvient à 44 milliards d'euros d'économie là on entend parler pour ce qui est du futur projet de loi de finances de Sébastien Lecornu plutôt d'un étiage entre 35-38 milliards d'euros d'économie Il a quand même fait de la réduction de la dépense publique une de ses priorités Sébastien Lecornu Oui et d'ailleurs il a déjà commencé à adresser quelques signaux sur ce qu'on appelle le train de vie de l'État ce qui peut paraître symbolique parce que c'est vrai que c'est pas avec les mesures de gel de dépense de communication ou de revenir sur les chauffeurs des anciens premiers ministres ou leur sécurité qu'on permettra de résorber notre dette mais encore une fois je pense que c'est une question certainement d'exemplarité et de message de départ pour essayer de pouvoir ouvrir des perspectives favorables avec l'opinion et notamment dans la notion d'effort à réaliser a-t-on déjà connu un épisode de la 5ème république où un gouvernement a été censuré sans avoir eu le temps de gouverner
non il y a eu deux censures en tout et pour tout sous la 5ème gouvernement Pompidou en 62 il était en place déjà depuis plusieurs mois gouvernement Barnier en décembre de l'année dernière il gouvernait si je puis dire depuis 3 mois et puis il y a eu la question de confiance refusée à Bayrou mais notre téléspectateur est un peu sévère en pensant qu'il n'aura même pas le temps d'installer son gouvernement peut-être y arrivera-t-il
il y avait cette question combien de temps Sébastien Lecornu peut-il espérer rester premier ministre on verra bien 3 mois ou 18 mois 3 mois ou 18 mois bon merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne bonsoir Anne-Elisabeth bonsoir Caroline au programme ce soir Evelyne Delia marraine d'Octobre-Rousse pour mieux prévenir le cancer du sein la recrudescence de la Covid-19 avec le variant Frankenstein enfin Robert Baninter au Panthéon jeudi prochain à 19h on en parle avec le journaliste Darius Rochebin qui publie un recueil d'entretiens inédits avec l'ancien ministre de la justice très bonne émission à vous nous on se retrouve demain en direct dès 17h30 bonne soirée
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Sébastien Lecornu