L'édito de Thomas Bonnet : «Sur l'identité, la Corse doit servir d'exemple»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Absolument parce que la formulation n'est pas encore définitive et on se dirige vers cette phrase qui pourrait bientôt être inscrite dans la Constitution et qui dit en substance ceci : "La Corse est dotée d'un statut d'autonomie au sein de la République qui tient compte de ses intérêts propres liés à ses caractéristiques d'île méditerranéenne, au relief montagneux, à sa communauté insulaire, historique, linguistique, culturelle ayant développé un lien singulier à la Terre Corse." C'est une description, j'allais dire lyrique mais fidèle au lien unique qui lit les Corses à leur île. En Corse, on ne défend pas seulement l'autonomie vis-à-vis du continent, on défend son identité, l'héritage de ses ancêtres dont les patronymes sont autant de signatures et de témoignages de l'histoire de cette île.
On rappelle que la question du statut de la Corse a été rouverte après les violences qu'avaient suivi le meurtre d'Ivan Colona. Gérald Darmanin s'était rendu sur place et c'est à ce moment-là qu'il avait parlé d'autonomie. Certains estiment que le gouvernement est sur le point d'ouvrir de créer un précédent en réalité.
Combien de régions voudront demain un statut similaire ? Breton, Basque et bientôt Catalan pourquoi pas seront tentés de demander le même statut. C'est ce risque que dénoncent les opposants à toute évolution du statut Corse.
Idée qu'on retrouve traditionnellement chez la droite jacobine, défenseur d'une République une et indivisible. Mais on trouve d'autres voix discordantes à gauche, cette fois dans une tribune. De nombreux élus rejoints d'ailleurs par quelques voies de droite alertent sur une autre dérive possible à leurs yeux.
Voilà ce qu'ils écrivent. au nom d'une culture et d'une communauté, on aurait des droits supérieurs ou inférieurs à quelqu'un qui ne pourrait pas s'en revendiquer. C'est là la définition de la discrimination, disent-il, qui appliqué à un critère culturel ou historique ouvre la voie au racisme.
Si ce principe est accepté encore, s'il n'y a aucune raison de principe de refuser qu'il s'applique ailleurs, pourquoi demain ne réserverait-on pas des droits particuliers à des individus se réclamant de la communauté historique et culturelle française ? En bref, aux français de souche, voilà ce qu'ils écrivent dans cette tribune. H ils ont raison de s'inquiéter.
En théorie, ils ont raison. La porte pourrait en effet être ouverte à d'autres requêtes identitaires. Alors, je note d'abord que la notion de français de souche, terme souvent très contesté à gauche, fait une apparition inattendue dans cette tribune.
Une distinction pourrait donc exister entre communautés historiques et d'autres citoyens. Ce qui relève de l'évidence n'est toujours pas n'est pourtant pas toujours admis. Alors là où les signataires se trompent, à mon avis, c'est d'imaginer que cette distinction puisse octroyer des droits différents entre les individus sur la base de ce clivage-là.
En revanche, il faudrait penser à cultiver cette idée de culture française et historique. Sinon, sur quel modèle devra se forger l'assimilation ? C'est parce que cette ancestralité culturelle a été niée, parce qu'elle a été remplacée par le fameux "Venez comme vous êtes". que nous connaissons les difficultés actuelles, c'est parce que nous avons abdiqué devant la nécessaire acculturation des populations étrangères que les vagues d'immigration récentes ont fait surgir le communautarisme.
Ces élus de gauche, plutôt que de fabriquer un un roman d'épouvante avec les méchants français de souche, il devraient plutôt entretenir le roman national capable de célébrer les identités des peuples partout dans le monde. Ils en viennent parfois à oublier ce qui devrait être le creuset national dans notre pays. Il ne s'agit pas ni en Corse ni ailleurs de trier les individus selon leur couleur de peau.
Simplement de reconnaître ce qui fait nation et siment notre pays pour que chaque français, quelle que soit son histoire, puisse s'intégrer dans un tout qui le dépasse. Alors, si la Corse, on le dit assez régulièrement, est épargnée par certains de nos problèmes ici sur le continent, c'est précisément parce qu'elle a su entretenir son ancrage culturel et spirituel. Alors, plutôt que d'en faire un épouvantail, on ferait bien d'en faire une source d'inspiration.