Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC· 15 novembre 2021 20 min

🔴 EN DIRECT - Valérie Pécresse invitée de Bourdin Direct

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur non identifié

— Franche. — Franche. Franche. Les autres l'étaient aussi, Franche, non ? — Ah mais moi, je me compare pas. Je parle que de moi, vous savez. — Si je suis battu, Emmanuel Macron sera réélu. C'est Xavier Bertrand qui dit cela. C'est pas un peu prétentieux, ça ?

0:16
Valérie Pécresse

— Bon, c'est sûrement pas vrai. Je pense que pour gagner contre Emmanuel Macron... — C'est-à-dire que c'est pas vrai ? — Je pense que pour gagner contre Emmanuel Macron, il faut un projet de franche rupture et il faut un projet de droite assumée. Et dans mon projet, il y a les réformes que la droite a voulu faire et qu'elle n'a pas pu faire. La réforme des retraites pour garantir le pouvoir d'achat des retraités. La réforme de l'assurance chômage pour aider à remettre la France au travail. La réforme de la débureaucratisation. Vous savez ce que les Allemands ont fait ? Ils viennent d'avoir une élection.

Le futur chancelier d'Allemagne, Olaf Scholz, il s'engage à diviser par deux le temps des procédures administratives. Vous vous rendez compte ? Tous les pays aujourd'hui se modernisent.

0:58
Locuteur non identifié

— Il est de droite ou de gauche, M. Olaf ?

1:00
Valérie Pécresse

— M. Scholz, il est de gauche. Mais je peux vous assurer que si vous lisez son programme, vous avez l'impression qu'il est plus moderne et plus réformateur que la droite française et qu'Emmanuel Macron.

1:10
Locuteur non identifié

— Que la droite française qu'on a vue hier soir. — Sauf moi. — Sauf vous, oui. Que la droite française qu'on a vue hier soir. Qui est un peu monomaniaque sur la question d'immigration, non ? Je vais y revenir.

1:18
Présentateur

— Ah ben non. Excusez-moi. Ceux qui sont monomaniaques, c'est BFMTV. Pardon de dénoncer. — Non, non, non. C'est pas BFMTV. — Pardon de dénoncer, M. Bourdin. Je balance, mais vous avez fait 45 minutes sur l'immigration. — LCI, c'était pareil. Vous l'avez accepté.

1:31
Valérie Pécresse

— Oui, oui, oui. Vous avez raison. LCI, c'était pareil.

1:34
Locuteur non identifié

— On vous implique. On vous... C'est-à-dire que ce n'est pas vous qui choisissez les sujets, quoi, CGB. — On choisit. Non, non. Attendez. Pardon. — Non, mais vous êtes extraordinaire. — M. Bourdin, pardon. Je peux vous répondre. Vous faites les questions, je fais les réponses. — Allez-y, allez-y. Allez-y. Allez-y. — Non, je vais défendre BFMTV.

1:47
Valérie Pécresse

— On nous donne 4 thèmes. On nous dit 30 minutes par thème. Et on commence par le premier avec 45 minutes. Vous comprenez que c'est pas nous qui sommes monomaniaques. Nous, on ne fait que préciser nos projets.

1:57
Locuteur non identifié

— Oui. Enfin, vous êtes très long sur l'immigration. Je vais y revenir. Et je voudrais qu'on parle de l'immigration travail. Parce que vous n'avez pas abordé cela hier soir, ce que je regrette. Et on va en parler dans un instant. Mais vous avez parlé hier soir. Vous avez commencé, puisqu'on parle d'immigration, à juste raison. Et c'était le bon angle hier soir, me semble-t-il, avec la Biélorussie et la Pologne. Et là, j'ai tout entendu. Alors les sanctions seront prises. Des sanctions seront prises à Bruxelles aujourd'hui par l'Union européenne à l'encontre de la Biélorussie.

Je sais pas si vous avez vu, mais il y a déjà Bagdad qui a décidé de rapatrier une partie de ses citoyens qui ont été transportés là-bas à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Mais que faire de ces migrants, de ces migrants qui sont à la frontière ? Que faire ?

2:44
Valérie Pécresse

— D'abord, on ne peut pas céder au chantage migratoire de M. Loukachenko. Quand un dictateur décide de vous mettre à genoux, de mettre l'Europe à genoux, l'Europe, c'est son existence qui est en jeu. Elle doit résister. Donc la frontière polonaise, c'est la frontière française. C'est notre frontière. Donc il faut la protéger. M. Loukachenko est parti à la Convention de Genève sur les droits des réfugiés. La Biélorussie est partie à la Convention de Genève. Donc il y a un haut commissariat aux réfugiés qui doit prendre en charge ces migrants. Mais là, vous avez raison, M. Bourdin.

C'est que les pays d'origine de ces migrants se rendent compte, ou les pays qui les ont traversés et qui les ont envoyés en Biélorussie, sont en train de se rendre compte qu'ils se sont fait complètement flouer que ce qu'on leur avait vendu comme un passage immédiat vers l'Europe, ça va se transformer en camp d'attente dans un froid glacial aux frontières de l'Europe. Donc effectivement, il faut organiser le rapatriement de ces migrants.

3:38
Locuteur non identifié

On accueille aucun de ces migrants ?

3:40
Valérie Pécresse

Alors moi, ce que je propose, c'est un droit d'asile à la frontière. C'est-à-dire que si on est persécuté, on demande l'asile à la frontière. La demande est examinée dans les 15 jours. Et si on est débouté, malheureusement, il faut rentrer chez soi. Parce que ça veut dire qu'on n'est pas persécuté chez soi. Ça veut dire qu'on veut rentrer en dehors de toutes les lois, en dehors de toutes les règles.

4:02
Locuteur non identifié

Encore faut-il que la Pologne l'accepte. Parce que la Pologne a refusé notamment l'intervention de Frontex. Dans Frontex, il y a des gardes frontières français qui auraient pu se retrouver sur cette frontière-là. Pour l'instant, la Pologne refuse, donc refuse l'aide européenne, en quelque sorte. Membre de l'Union européenne qui refuse l'aide européenne.

4:22
Valérie Pécresse

Oui, c'est d'autant plus étonnant qu'aujourd'hui, c'est l'Europe qui peut aider la Pologne. Mais peut-être que la Pologne n'a juste pas confiance et qu'elle avait peur.

4:29
Locuteur non identifié

Bon, j'ai entendu hier soir des solutions de la part de certains de vos concurrents. Un mur, un Guantanamo, c'est ce que j'entends. On en est là ? Vous en êtes là, à LR ? Construire un mur alors qu'il y a 40 ans, on a réussi à se défaire du mur de Berlin ? On en est là ?

4:49
Valérie Pécresse

Ce n'est pas nous qui le construisons, c'est la Pologne qui le construit. Pour se protéger. Mais vous savez, malheureusement, aujourd'hui, quand il y a des dictateurs...

4:55
Locuteur non identifié

Vous êtes favorable à un mur, à la construction de la mur ?

4:57
Valérie Pécresse

Moi, je ne suis favorable à aucun mur, je veux faire des ponts. Mais, aujourd'hui, si vous avez un dictateur qui opprime son peuple, qui est sanctionné par l'Europe et qui décide de mettre l'Europe à genoux, il n'y a pas d'autre réponse que la fermeté, M. Bourdin. Pas d'autre. L'intransigeance. Parce que nous ne fierons pas face aux dictateurs. Et des dictateurs qui ont parfois le soutien complice de grandes puissances. Et on pense à la Russie aujourd'hui.

5:20
Locuteur non identifié

Et vous pensez à la Russie aujourd'hui. Oui, il faut dialoguer avec la Russie, disait Xavier Bertrand.

5:25
Valérie Pécresse

Oui, il faut dialoguer, bien sûr, mais avec une immense fermeté et sans compromission. Parce qu'on connaît les Russes. Et vous, vous les connaissez aussi très bien, je crois, familialement.

5:34
Locuteur non identifié

Oui, oui. Valérie Pécresse, parlons de poire d'achat. Xavier Bertrand propose une prime au travail. Est-ce que vous avez compris ce que c'était que cette prime au travail ? Moi, je n'ai toujours pas compris. C'est quoi ?

5:47
Valérie Pécresse

C'est la réintroduction de la prime d'activité qui est aujourd'hui passée par l'État sur la feuille de paye. Moi, ma proposition est beaucoup plus puissante. Moi, ce que je souhaite, c'est augmenter de 10% tous les salaires jusqu'à 2,2 SMIC. C'est-à-dire pour la très grande majorité des Français.

6:02
Locuteur non identifié

On commence par le SMIC, donc ?

6:04
Valérie Pécresse

Non, non, non, on ne commence pas par le SMIC. Non, non. On prend la partie des charges salariales retraite. Vous avez sur votre feuille de paye, vous avez le net et le brut. Entre le net et le brut, vous avez 8,3% de votre salaire net qui sont des cotisations retraite que vous payez tous les mois. Moi, ce que je souhaite, c'est que progressivement, ces cotisations retraite, elles soient prises en charge par l'État et non plus par vous. C'est-à-dire rapprocher le net du brut d'à peu près 10%. Quel est l'intérêt ? Quel est l'intérêt ? C'est de différencier le revenu d'assistance, du salaire et puis surtout, alors comment je le finance ?

6:41
Locuteur non identifié

Alors plus 10%, oui, attendez, je vais vous poser la question, ne vous inquiétez pas. Mais plus 10% pour les salaires à partir de ? Du SMIC jusqu'à 2,2 SMIC. Du SMIC, c'est-à-dire qu'on augmente le SMIC de 10%.

6:53
Valérie Pécresse

Ça veut dire qu'on augmente les salaires jusqu'à 2,2 SMIC, jusqu'à 2,2 SMIC. Oui, mais vous commencez à... Ça veut dire que quelqu'un qui gagne le SMIC, il aura 10% de plus à la fin de l'année. Et quelqu'un qui gagne 2 SMIC aussi.

7:06
Locuteur non identifié

Alors le financement, vous l'avez dit, il s'agit d'exonérer de cotisations vieillesse, mais pour la sécurité sociale, c'est catastrophique, non ?

7:17
Valérie Pécresse

Alors, comment je fais ? Je le fais grâce aux réformes que je propose. Je le finance avec mes économies. C'est pour ça que je dis à mes camarades de droite, on ne peut pas être le parti de la démagogie. Si nous annonçons effectivement une hausse des salaires en enlevant des charges sociales, ça veut dire que ces charges sociales, elles sont financées par autre chose, des économies. Par nous, quoi ? Par les impôts ? Non, des économies. Non, non, non, des économies. C'est pour ça que je propose notamment la suppression de 200 000 postes dans la fonction publique. Ça rapportera 11 milliards. Ma mesure coûte 25. Ça en finance déjà une bonne partie.

Ensuite, je propose la réforme de l'assurance chômage. Je propose aussi de débureaucratiser et de faire la réforme des retraites. Avec toutes ces économies, au total 75 milliards d'économies, je finance cette mesure. Je finance aussi mes priorités, protéger, éduquer, soigner. Et à la fin, j'ai un programme qui ne creuse pas la dette. Vous savez qu'Emmanuel Macron a cramé la caisse. Il a creusé la dette de la France. On est à 2 800 milliards de dettes. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on ne peut plus faire des chèques qui sont de la dette. On doit faire une politique responsable d'économie qui permet ensuite de financer des mesures.

8:30
Locuteur non identifié

Valérie Pécresse, puisqu'on parle de santé, sécurité sociale, santé, parlons du Covid. Si l'épidémie progresse, vous n'êtes pas contre un confinement des personnes non vaccinées ? Alors, il ne faut pas renverser les choses.

8:44
Valérie Pécresse

Si la pandémie devait devenir à nouveau incontrôlable, ce que je ne souhaite pas, ce que je n'espère pas, si la pandémie devait devenir incontrôlable et que notre immunité collective ne soit pas suffisante, moi, ce que j'ai dit, c'est qu'il n'est pas question pour moi de reconfiner les personnes vaccinées. Les personnes qui ont été vaccinées, elles ont le droit aujourd'hui de vivre. C'est le principe même du vaccin.

9:06
Locuteur non identifié

Donc, ne seraient reconfinées que les personnes non vaccinées ?

9:08
Valérie Pécresse

À risque, les personnes qui risquent la mort aujourd'hui. Qui risquent la mort aujourd'hui parce qu'aujourd'hui, elles n'ont pas été vaccinées. Donc, on reconfine comme en Autriche les personnes non vaccinées. Parce qu'on ne veut pas reconfiner toute la population. Parce qu'il n'y a aucune raison de traiter de la même façon des personnes qui ont fait cet effort de se vacciner, de se protéger. Et celles qui ont décidé librement, je respecte leur liberté, de ne pas se vacciner.

9:31
Locuteur non identifié

Bien. Xavier Bertrand a été ministre de la Santé, me semble-t-il, entre 2005 et 2007. Combien de lits d'hôpitaux fermés ? C'est vous qui savez. 60 000. Lits d'hôpitaux fermés. Vous l'avez remarqué, cela, ou pas ?

9:46
Valérie Pécresse

Alors, oui, mais moi, je n'aime pas ces calculs. Moi, je n'aime pas...

9:48
Locuteur non identifié

Non, mais je vous pose quelque chose que vous l'avez remarqué.

9:51
Valérie Pécresse

Je n'aime pas ce type de calcul. Lorsque nous étions au pouvoir, il n'y avait pas la pénurie atroce de soignants que nous connaissons aujourd'hui. Vous savez que nous sommes passés sous la barre de 100 000 généralistes. Et vous savez aussi que nos soignants sont très...

10:04
Locuteur non identifié

Pourquoi ? Parce que le numerus clausus a été maintenu pendant des années et des années sous la droite et la gauche.

10:09
Valérie Pécresse

Oui, mais enfin, vous savez, on était au pouvoir il y a 15 ans. Alors maintenant, il faudrait peut-être qu'on se dise, dans les dix dernières années, on aurait pu anticiper. Anticiper quoi ? Anticiper que la féminisation plus les 35 heures allait donner aux médecins l'envie de vivre autrement. Aujourd'hui, des jeunes médecins qui s'installent ne veulent plus la même vie professionnelle que les médecins de campagne qui faisaient 50 heures, qui se déplaçaient, qui travaillaient le week-end, qui travaillaient la nuit. Donc il faut entendre cette aspiration à une meilleure qualité de vie de nos soignants. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que... Alors je reviens à vos fermetures de lits.

Oui. Oui, il y a eu peut-être des fermetures de lits à un certain moment. Oui, il y en a eu. Oui, mais parce qu'il faut aussi imaginer une modernisation de l'hôpital. On peut faire de l'ambulatoire aujourd'hui. C'est-à-dire qu'on peut venir se faire opérer dans la journée, rentrer chez soi. On peut avoir aussi des lits. Donc on a bien fait de les fermer ces lits. Non, je ne dis pas qu'on a bien fait de les fermer. Je dis que ces chiffres, on ne peut pas les examiner comme ça globalement. Il faut vérifier de quoi on parle. En revanche, ce dont je suis sûre, c'est qu'aujourd'hui, les fermetures de lits qui ont lieu à l'hôpital sont dramatiques. Pourquoi ?

Parce que ce sont des fermetures de lits qui ne sont pas dues à une stratégie hospitalière, qui sont dues à la pénurie de soignants. Et ça, ça va être une grande cause du quinquennat prochain. C'est comment faire face à cette désertification médicale. Et vous l'avez dit, il faut supprimer les numerus clausus. Il faut permettre aux infirmières qui ont un vrai professionnalisme de prendre beaucoup plus de responsabilités avec les rémunérations qui vont avec. Pareil pour les sages-femmes qui demandent aujourd'hui à pouvoir faire bien davantage en termes de soins pour les femmes. Donc il faut qu'on soit une société de la mobilité sociale, y compris en matière de soignants.

11:47
Locuteur non identifié

Valérie Pécresse, parlons d'immigration, mais je voudrais en parler sous l'angle travail. Parce que lorsque vous parlez d'immigration, vous ne parlez qu'identité. Non, c'est faux. C'est faux. Hier soir, vous avez parlé de l'immigration travail ?

11:59
Valérie Pécresse

Absolument. Mais quand je dis quota, je dis quota pour tous les types d'immigration étudiants. Il y a trois types d'immigration étudiants. C'est le rayonnement de la France, dès lors que ce ne sont pas des faux étudiants qui ne parlent pas le français étudiants.

12:12
Locuteur non identifié

Vous ne stoppez pas cette immigration-là ?

12:14
Valérie Pécresse

Je mets une barrière, deux barrières. Un examen de français réussi, comme dans tous les autres pays, et un test de niveau. Parce que vous savez malheureusement que l'université française n'a pas forcément de sélection à l'entrée. Et que moi, je souhaite que les étudiants étrangers qui s'inscrivent à l'université aient le niveau du bac, le même niveau que les étudiants français. Ça, c'est pour les étudiants. Il y a le regroupement familial, et puis il y a l'immigration de travail. Et sur l'immigration de travail, ma position, elle est simple. Quota, quota par métier, quota...

12:43
Locuteur non identifié

Immigration à point ? Vous iriez jusque-là ou pas ? Quota par métier. Comme au Canada, ou comme au Royaume-Uni, ou comme en Australie, tiens.

12:49
Valérie Pécresse

Quota par métier. Ce qui est intéressant dans le système à point, c'est d'avoir un système transparent pour la sélection. C'est-à-dire de pouvoir dire, on a besoin de tel talent, et donc si vous avez ce talent-là, vous pouvez rentrer.

13:02
Locuteur non identifié

Est-ce que l'immigration de travail est une chance pour la France ?

13:07
Valérie Pécresse

De toute façon, on ne peut pas faire sans l'immigration de travail. Non, mais on ne peut pas.

13:10
Locuteur non identifié

Qui nettoie le conseil régional le matin, à 5h du matin ? Qui nettoie BFM TV, LCI ou CNews à 5h du matin ?

13:20
Valérie Pécresse

Mais je vous le dis, on ne peut pas faire sans l'immigration de travail. D'ailleurs, Boris Johnson, qui fait le fier à bras en expliquant que grâce au Brexit, il n'y a plus d'immigration en Grande-Bretagne, il n'arrive plus à faire rouler ses camions.

13:32
Locuteur non identifié

Ça veut dire que l'immigration zéro, ce n'est qu'un slogan ? Ce n'est qu'un slogan.

13:35
Valérie Pécresse

C'est ce que j'ai dit à Michel Barnier, d'ailleurs il l'a reconnu lui-même. Son moratoire est un slogan, l'immigration zéro n'est pas possible. En revanche, ce qui est possible, c'est de choisir les personnes qu'on accueille en fonction de leur capacité à s'intégrer et en fonction aussi du respect des règles du jeu par leur pays d'origine. Quand on voit que l'Algérie refuse de donner des laissés-passés consulaires pour le retour de ses clandestins, ça n'est pas digne, ça n'est pas digne. Mais quand on accueille des migrants, aujourd'hui c'est donnant-donnant. Visa, autre retour des clandestins.

14:05
Locuteur non identifié

Oui, mais alors Valérie Pécresse, les migrants qui travaillent dans nos entreprises, vous les croisez, vous les connaissez pas que dans les entreprises, dans les restaurants ou ailleurs, sur des chantiers par exemple, et on en croise beaucoup.

14:18
Valérie Pécresse

Mais ils sont indispensables pour l'économie française.

14:22
Locuteur non identifié

Mais je vous ai entendu hier, pas vous particulièrement, mais j'ai entendu les candidats aller dire quoi ? Dire, ah ben bon, il va falloir qu'ils donnent l'exemple. Il va falloir qu'ils restent en France en payant des impôts et en ne pouvant pas toucher toutes les prestations sociales qu'ils pourraient toucher. C'est ce que j'ai entendu hier, non ? Ah ben pardon, mais vous voulez pas qu'ils payent des impôts ? Vous voulez qu'ils soient travaillés noirs ? Ah mais je pense qu'ils ont le devoir de payer des impôts. Mais est-ce qu'on doit leur couper les aides sociales ?

14:51
Valérie Pécresse

Ce qui est important, c'est d'arrêter l'appel d'air. Pourquoi est-ce qu'on vient en France ? C'est parce qu'il y a des prestations sociales. On vient souvent parce qu'on vient chercher du travail. On vient souvent généreuses. Ceux-là, ils seront accueillis, ils travailleront, ils auront un salaire. Ils paieront leurs impôts. Ils auront un salaire.

15:05
Locuteur non identifié

Et ils auront droit aux mêmes aides sociales.

15:07
Valérie Pécresse

Au bout de 5 ans.

15:08
Locuteur non identifié

Au bout de 5 ans. C'est-à-dire pendant 5 ans, ils vont travailler, ils vont payer des impôts, ils vont payer des cotisations sociales, et ils n'auront pas droit aux aides sociales.

15:17
Valérie Pécresse

Oui, oui. Oui, oui. Absolument. C'est logique ? C'est logique parce que je pense que... C'est l'égalité ? Ce n'est pas l'égalité, non. Mais ils ne sont pas dans la même situation. Le sujet aujourd'hui, c'est qu'il y a trop de personnes qui viennent pour toucher des prestations sociales. Il ne suffit pas d'avoir travaillé 6 mois pour pouvoir avoir droit à tout. Parce que si c'est ça, à ce moment-là...

15:37
Locuteur non identifié

Mais pourquoi jeter l'anathème systématiquement pour celles et ceux qui viennent en France travailler ?

15:41
Valérie Pécresse

Ils auront droit aux prestations contributives. C'est-à-dire, toutes celles pour lesquelles ils payent des charges sociales, ils les auront. Par exemple, accident du travail, par exemple, assurance maladie, par exemple, assurance chômage. Toutes celles-là, évidemment, ils les auront, puisque c'est des prestations contributives. Vous travaillez, vous avez des cotisations chômage, des cotisations maladie, des cotisations retraite. Tous ceux, accident du travail... Ah oui, ça, je paie les cotisations, oui. Oui, oui. Mais à partir du moment où vous...

16:05
Locuteur non identifié

Je travaille, je paie des cotisations.

16:06
Valérie Pécresse

Oui, mais à partir du moment...

16:07
Locuteur non identifié

Je n'ai pas droit aux APL, par exemple.

16:08
Valérie Pécresse

Monsieur Bourdin, à partir du moment où vous travaillez, vous avez droit aux allocations contributives de votre travail, et celle-là, et donc vous serez protégé par la Sécurité sociale française.

16:19
Locuteur non identifié

Mais pas droit aux APL, par exemple.

16:21
Valérie Pécresse

Pas droit aux APL, pas avant 5 ans.

16:22
Locuteur non identifié

Pas droit aux APL avant 5 ans, même si je travaille ici, je cotise.

16:25
Valérie Pécresse

Pas avant 5 ans.

16:26
Locuteur non identifié

Valérie Pécresse, un mot sur la justice. Non, on ne vient pas en France pour toucher des allocations. Non, on vient en France pour travailler. Mais si on travaille en France, on doit avoir les mêmes droits, les mêmes droits qu'on soit étranger ou français, me semble-t-il.

16:37
Valérie Pécresse

Ce n'est pas ma loi constitutionnelle.

16:39
Locuteur non identifié

Bon, d'accord. Valérie Pécresse, la justice, 2 000 magistrats et greffiers. Sur le quinquennat, Emmanuel Macron proposait 5 000.

16:49
Valérie Pécresse

Supplémentaires.

16:50
Locuteur non identifié

Supplémentaires, oui.

16:51
Valérie Pécresse

Et 3 000 greffiers.

16:52
Locuteur non identifié

Et 3 000 greffiers. 5 000 magistrats et 3 000 greffiers.

16:55
Valérie Pécresse

Oui, 2 000 procureurs, 3 000 juges.

16:57
Locuteur non identifié

Bien. Vous dites qu'il faut un enfermement effectif pour les porteurs de bracelets électroniques. J'ai vu ça dans votre... Non, non, je vous réexplique. Oui, j'ai vu ça dans votre...

17:11
Valérie Pécresse

Aujourd'hui, le bracelet électronique, c'est souvent la légion d'honneur des caïds des cités. Pourquoi ? Ils sont condamnés à faire de la prison ferme. Mettons un an de prison ferme. Vous imaginez ce qu'il faut avoir commis comme crime, comme délit, pour être condamné à un an de prison ferme. Il faut déjà être un sacré multirécidiviste. Et comme depuis Christiane Taubira, on a décidé qu'il ne fallait absolument pas incarcérer, donc on vous met un bracelet électronique, on vous renvoie chez vous. Et une fois que vous êtes chez vous, vous avez le droit de sortir, faire vos courses. Vous imaginez, en fait, ils continuent leur pratique sous bracelet électronique. Donc qu'est-ce que je propose ?

Je propose d'utiliser ce bracelet électronique. Je vous montre mon poignet, il est à la chille en fait. Je propose d'utiliser ce bracelet électronique pour pouvoir mettre dans des centres fermés pour majeurs des personnes qui sont condamnées à de la prison ferme qu'on ne peut pas aujourd'hui envoyer en prison parce que nos prisons sont surpeuplées et qu'elles sont indignes. Mais vous comprenez bien, tous les candidats nous disent qu'on va ouvrir 20 000 places de prison. Mais elles ne sortiront pas de terre demain. Moi, c'est mon métier. Je construis des lycées, je construis des logements.

Donc c'est au moins deux ou trois ans en partenariat public-privé si on a les autorisations et les permis. Donc ce ne sera pas tout de suite, tout de suite. Donc qu'est-ce qu'on peut faire ? On peut faire justement ces centres fermés dans des bâtiments existants. Grâce au bracelet électronique qui permet de contrôler les allées et venues.

18:30
Locuteur non identifié

Mais les mauvaises gens vont dire, j'en connais, je connais même un politique, ancien président de la République qui a été condamné à une prison ferme et qui pourrait se retrouver avec un bracelet électronique. Vous voyez à qui je fais allusion.

18:41
Valérie Pécresse

Oui, mais lui, il n'instaure pas la violence dans son quartier.

18:44
Locuteur non identifié

Bon.

18:44
Valérie Pécresse

Moi, ce que je veux, c'est lutter contre la violence et contre les trafics et contre les caïds. Voilà.

18:49
Locuteur non identifié

Bien. Croyez-vous que supprimer le RSA, j'ai vu ça aussi dans votre programme, un voyou qui gagne...

18:54
Valérie Pécresse

C'est intéressant votre question parce que je pense aussi qu'il faut briser un tabou. Aujourd'hui, nous avons des prisons indifférenciées. Ça veut dire qu'une personne, un chauffard de la route qui était sous, qui a tué quelqu'un, c'est un drame épouvantable. Il a tué, il va en prison. Mais cette personne-là ne présente pas du tout pour la société la même dangerosité qu'un djihadiste terroriste ou qu'un caïd de la mafia. Or, on va mettre des primo-détenus, c'est-à-dire des jeunes condamnés, en prison avec ces personnes radicalisées, avec ces caïds de la mafia.

Moi, je demande qu'on ait des prisons de haute sécurité pour les délinquants qui sont les plus dangereux, pour que la prison ne soit plus l'école du crime. Et je veux en revanche que ces primo-délinquants, enfin primo-délinquants, primo-détenus, qui pour la première fois arrivent en prison, c'est eux dont il faut qu'on s'occupe. Parce que c'est à ce moment-là qu'on peut les récupérer. On peut les récupérer parce que c'est le moment où leur mère pleure, leur copine menace de les larguer. Donc c'est le moment où ils se posent la question, est-ce que je rentre dans la grande délinquance ou est-ce que je m'en sors ? Et c'est à ce moment-là qu'il faut faire de la réinsertion.

Mais il ne faut pas les mettre, évidemment, avec les caïds, sinon ils seront recrutés par les caïds.

20:03
Locuteur non identifié

Merci Valérie Pécresse d'être venue nous voir ce matin sur AMC BFM TV, 8h54.