Mélanchon chez "Baba", Zone Interdite, flics ripoux... : Le grand déballage de Noam Anouar
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 8 %Attaque 63 %Défensif 28 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:39OuverteRéponse directe
Alors, tu n'as pas beaucoup dormi cette nuit parce que tu as regardé l'interminable émission Face à Baba avec Jean-Luc Mélenchon.
- 1:31OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que t'en as pensé là où Mélenchon fait une allusion à des ciseaux ?
- 3:10OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que, disons, on peut retenir de la parole de Mélenchon qui était très claire, qui a dit que s'il devenait président, il prendrait à bras le corps la question de l'impunité policière ?
- 3:33RelanceRéponse partielle
Alors déjà, moi, je n'ai pas l'habitude, justement, d'aller directement dans la direction dans laquelle on m'amène.
- 4:08OuverteRéponse directe
Mais en fait, premièrement, ce que vous voulez savoir, c'est justement le fond même du débat, de la discussion entre les deux. Qu'est-ce qu'il faut en retenir ?
- 7:10OuverteRéponse directe
Et finalement, qu'est-ce qu'on en retient ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:05Locuteur non identifiéChiffre
« Ce que nous vous demandons d'abord de régler, c'est le trafic des êtres humains qui s'est développé et multiplié par quatre dans ce pays. »
- 1:12Locuteur non identifiéFait
« C'est le trafic de drogue qui s'est multiplié dans ce pays. »
- 1:15Locuteur non identifiéChiffre
« C'est la circulation de 6 millions d'armes. »
- 2:49InvitéPromesse
« Et a priori, la promesse de Jean-Luc Mélenchon hier, ça a été justement de rouvrir le dossier, dans le cas où il serait élu, pour essayer de comprendre ce qui s'était passé. »
- 7:20InvitéPromesse
« Jean-Luc Mélenchon l'a annoncé hier, c'est-à-dire que pour lui, déjà, ce serait la dissolution de la BAC. »
- 8:17InvitéPromesse
« Jean-Luc Mélenchon a également promis de procéder à un grand nettoyage, à la fois dans les effectifs du bas de la pyramide, mais également dans le commandement de la police nationale. »
- 15:11InvitéFait
« Je ne pense pas que l'islam salafiste ait été assimilé au terrorisme dans ce reportage. Je pense qu'il a été assimilé au séparatisme. »
- 17:15InvitéChiffre
« On a à peu près 40 000 euros de recettes. Et il y a zéro euro de charges, je dirais, qui sont cotisés, qui sont envoyés dans les caisses de l'URSSAF. »
- 23:35InvitéFait
« Le 17 janvier, je découvre par voie de presse qu'on a une nouvelle affaire de Trappes, c'est-à-dire... Après la première affaire. »
- 24:37InvitéChiffre
« Six mois de prison ferme, ce n'est pas rien quand même. »
- 28:50InvitéFait
« Il se trouve que dans le feu de l'action, il y a un policier qui fait usage du LBD. Donc, on a une passante, une petite fillette âgée de 5 ans qui se trouve là et qui se fait fracasser le crâne par, en fait, le tir en question, par un tir de LBD qui n'est absolument pas un tir de légitime défense. »
- 33:16InvitéChiffre
« Le parquet requiert contre lui de 32 mois de prison avec sursis. »
- 34:45InvitéChiffre
« Il est condamné à 8 ans de prison à la fin. »
- 34:45InvitéChiffre
« il est condamné à 8 ans de prison à la fin. »
- 35:26InvitéChiffre
« une amourette et puis 32 mois de prison avec sursis. »
- 36:55InvitéFait
« des supporters angéens comme des gens ayant la violence dans leur ADN. »
- 37:19InvitéFait
« des faits d'incitation à la haine raciale. »
Temps de parole
- Invité78 %
- Présentateur21 %
≈ 2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Édition du regard d'Hanoir, le regard d'Hanoir, la chronique de Noam Hanoir, aujourd'hui moins régulière que par le passé, comme nos visiteurs réguliers s'en sont rendus compte, mais qui n'a pas disparu. Noam Hanoir, ancien policier, lanceur d'alerte et désormais chroniqueur au Média TV. Aujourd'hui, nous évoquerons plusieurs thèmes, dont le fil rouge et l'instrumentalisation de l'institution policière et de la thématique sécuritaire à quelques mois de l'élection présidentielle. Bonjour Noam. Bonjour Théophile. Alors, tu n'as pas beaucoup dormi cette nuit parce que tu as regardé l'interminable émission Face à Baba avec Jean-Luc Mélenchon.
Alors, on ne va pas parler de la controverse politique ou alors de toutes les considérations sur la com, qui a gagné, qui a perdu, est-ce que tel ou tel s'est emporté ou a été en maîtrise, mais on va se concentrer sur un échange, donc Jean-Luc Mélenchon avec Yannick Landurin, chef d'équipe à la BAC et syndicaliste policier. On regarde un tout petit extrait.
Ce que nous vous demandons d'abord de régler, c'est le trafic des êtres humains qui s'est développé et multiplié par quatre dans ce pays. C'est le trafic de drogue qui s'est multiplié dans ce pays. C'est la circulation de 6 millions d'armes. Voilà de quoi vous êtes d'abord responsable. Et ce que vous ferez si je suis élu. Car vous obéirez. Ce soir, on la raconte. Avec plaisir. Comment vous avez blessé un jeune de 16 ans avec un ciseau ? Vous pouvez m'expliquer comment c'est possible ? Si vous me laissez parler, je vous le dirai.
Alors, qu'est-ce que t'en as pensé là où Mélenchon fait une allusion à des ciseaux ? Là c'est quoi ?
Oui, alors en fait Yannick Landurin était connu par la presse, la seule fois où il a fait l'actualité en fait. Ce n'était pas nécessairement pour porter la parole justement des policiers du 93, mais parce qu'il avait, comment dire, été l'un des protagonistes dans une affaire qui avait mal tourné, c'est-à-dire l'interpellation d'un mineur au cours de laquelle il était amené à blesser justement ce mineur à l'aide d'une paire de ciseaux. Donc c'est-à-dire que l'article parle d'un ciseau qui aurait été planté dans la gorge du mineur.
Donc je ne sais pas exactement quels sont les tenants et les aboutissants de cette affaire, puisque lui, alors hier, se justifiait en disant que la police, son équipage en tout cas, avait été requis justement pour intervenir sur un conflit entre deux mineurs porteurs tous deux de ciseaux. Donc bon, voilà, il y a une certaine confusion, sachant qu'à l'époque on n'était pas dans le contexte actuel de violences policières, d'affaires de violences policières redondantes. Et à l'époque, la police a interpellé justement ce mineur, malgré le fait qu'il ait été blessé et son père. Donc pour le coup, on n'a pas le fin mot de l'histoire.
Mais ceci dit, effectivement, Yannick s'est retrouvé en accusation d'avoir planté une paire de ciseaux dans la gorge du mineur. Et a priori, la promesse de Jean-Luc Mélenchon hier, ça a été justement de rouvrir le dossier, dans le cas où il serait élu, pour essayer de comprendre ce qui s'était passé. Parce qu'il ne suffit pas de s'en cantonner, comme on le faisait à cette époque, à la seule version des policiers qui, naturellement, avait accusé le mineur d'avoir été violent, de s'être rebellé au moment de l'interpellation, etc.
– Mais plus généralement, au-delà de la personnalité de Yannick Landurin, qu'est-ce que, disons, on peut retenir de la parole de Mélenchon qui était très claire, qui a dit que s'il devenait président, il prendrait à bras le corps la question de l'impunité policière ? Est-ce qu'on peut parler du ton dans lequel il l'a dit ? Et surtout, je suppose que ça ne va pas améliorer les relations entre lui et un grand nombre de policiers ?
– Alors déjà, moi, je n'ai pas l'habitude, justement, d'aller directement dans la direction dans laquelle on m'amène. J'essaie toujours de définir un petit peu les contours. Donc déjà, je constate que la rédaction de l'émission de Cyril Hanouna a fait appel à un fonctionnaire de police représentant du syndicat Unité SGP. Donc ça aurait pu être Alliance. Pourquoi est-ce que ça n'a pas été Alliance ? – Justement parce qu'on est dans un contexte très particulier où, dans la journée d'hier, Alliance Police Nationale a fait état de l'organisation d'un débat.
– On va en parler de ça en deuxième partie. Mais en fait, premièrement, ce que vous voulez savoir, c'est justement le fond même du débat, de la discussion entre les deux. Qu'est-ce qu'il faut en retenir ?
– Alors déjà, avant, justement, l'intervention de ce syndicaliste policier, on a eu l'intervention de Sophia Chouvia, qui est la fille de Cédric. Donc du coup, déjà, ça conditionne un petit peu la tonalité du débat, si je puis dire. Et effectivement, c'était difficile pour le policier de nier l'existence de violences policières. Après, le discours qu'il a tenu, c'était un discours corporatiste.
Donc moi, alors, sur le choix, justement, de ce policier-là, et de ce syndicat, déjà, ce que je souligne, c'est qu'habituellement, ce n'est pas un intervenant habituel des plateaux télé, c'est-à-dire qu'il est peut-être déjà intervenu dans la presse, mais habituellement, pour ce syndicat-là, on avait soit Linda Kebab, soit Rocco Contanto, soit Grégory Joron. – Quel syndicat, Grégory Joron ? – Pareil, unité SGP. Donc alors, ce que je constate, c'est la subtilité. C'est-à-dire qu'on a envoyé ce policier, pourquoi ? Parce que déjà, c'est un des rares syndicalistes qui est justement toujours actif sur le terrain.
Donc je pense que face à Mélenchon, si on avait envoyé un syndicaliste de bureau, comme ils le sont en grande majorité, il se serait fait découper. Très clairement, ce ne sont pas des gens aujourd'hui qui sont face à un interlocuteur neutre, je dirais, de bonne foi, pour aller expliquer la condition des policiers sur le terrain, objectivement. – Ensuite, Grégory Joron, il est CRS, donc il était au cœur, justement, des dispositifs de maintien de l'ordre, etc. Donc la profession de CRS, pour aborder les questions de violences policières, ce n'était pas forcément le choix le plus judicieux de la part du syndicat. Donc ils n'ont pas voulu envoyer Grégory Joron.
Linda Kebab, elle n'est plus sur le terrain depuis un certain nombre d'années, donc elle peut porter une parole. Mais je pense qu'en termes de ressources, du point de vue des arguments, etc., elle aurait été forcément un petit peu limitée, d'autant qu'elle a été, je crois, mise en relief sur les réseaux sociaux, parce qu'elle a des goûts de luxe, c'est-à-dire qu'elle fait des voyages, je crois qu'il y a eu l'île Maurice, Dubaï, elle envoie des photos, des cartes postales, des photos de vacances sur les réseaux sociaux. Donc forcément, en termes de crédibilité, ce n'était pas ce qu'il y avait de mieux. Et Rocco Contanto a été récemment mis en cause dans une affaire de harcèlement sexuel.
Donc il aurait envoyé des messages à une fonctionnaire de police du 93, justement, donc de là où est originaire Yannick Landurin, pour lui proposer, moyennant faveur sexuelle, un appui sur une demande de mutation. Donc du coup, ils étaient un petit peu au pied du mur, et donc ils ont envoyé ce policier pour aller au débat, au feu.
– Il avait quand même quelques casseroles, ce policier, et là-bas, ce n'est pas non plus une institution qui est sans problème. C'était quand même risqué.
– Disons qu'en fait, de toute façon, ils ont bien compris, je pense, dans les syndicats de police majoritaires, que Mélenchon n'était pas leur candidat. Donc on ne revient pas sur ce dont on a parlé tout à l'heure, mais de toute façon, la tonalité du débat s'annonçait déjà assez houleuse.
– Et finalement, qu'est-ce qu'on en retient ? Donc qu'est-ce qu'on en retient ? C'est-à-dire, ça ne va pas améliorer non plus ?
– Non, mais disons qu'on est dans une position très claire, où de toute façon, Jean-Luc Mélenchon l'a annoncé hier, c'est-à-dire que pour lui, déjà, ce serait la dissolution de la BAC. Parce que la BAC, qu'est-ce que c'est finalement par rapport à la police secours ? C'est un équipage de police discret, c'est-à-dire dont la destination, c'est-à-dire l'usage d'un véhicule banalisé, de ce qu'on appelle des tenues bourgeoises, c'est-à-dire qu'ils sont habillés en survêtements, en jeans, etc. est destiné, finalement, à tromper la vigilance des délinquants, des usagers, et de faire en sorte qu'ils puissent se fondre, justement, dans la population.
Donc la politique de Jean-Luc Mélenchon, c'est une politique de transparence, qui viserait à dire, moi, je reprends l'usage majoritaire des véhicules stérigraphiés, des tenues de police, de façon à ce que la population ne soit pas trompée, justement, par ses policiers, mais qu'elle soit au service des policiers, c'est-à-dire qu'elle soit visible, de façon à ce que chacun puisse constater, d'une part, sa présence et se sentir en sécurité, mais aussi puisse requérir, justement, l'usage de la police, dès lors qu'elle sera visibilisée dans l'espace public.
Donc voilà, c'est une politique comme une autre, qu'on peut défendre ou ne pas défendre, ça se passera dans les urnes, mais en tout cas, Jean-Luc Mélenchon a également promis de procéder à un grand nettoyage, à la fois dans les effectifs du bas de la pyramide, mais également dans le commandement de la police nationale, puisqu'il en a lui-même été victime. C'est-à-dire qu'à un moment, je crois, quand on a eu une vague de manifestations consécutives, justement, à l'affaire Floyd aux États-Unis, les relations entre Jean-Luc Mélenchon et le préfet Lallemand ne sont pas très bonnes.
Et on garde en mémoire aussi cette affaire de perquisition au siège de la France insoumise, au domicile de Jean-Luc Mélenchon. Ce n'était pas forcément obligatoire de le faire comme ça. Il y avait une volonté d'humilier, justement, le représentant de la nation qu'est le député Mélenchon. Et je crois qu'il a à cœur, justement, de mettre un grand coup de balai dans l'institution.
En tout cas, donc, les choses sont claires. Ce n'est pas le candidat, en tout cas de la police, tel qu'on la connaît aujourd'hui. Il y a aussi une autre actualité. Le syndicat Alliance organise ce mercredi un grand débat avec les candidats à l'élection présidentielle. Et finalement, il n'y aura que les candidats de droite, parce que des candidats de gauche comme Yannick Jadot et Fabien Roussel et même Anne Hidalgo ont refusé de venir. Alliance n'a pas voulu inviter, de toute façon, Jean-Luc Mélenchon.
Voilà, donc, pour des raisons qui vont être détaillées le jour même, le syndicat Alliance organise effectivement un débat préalable au premier tour de l'élection présidentielle entre les candidats, prétendument en tout cas entre tous les candidats, à l'exclusivité de Jean-Luc Mélenchon, qui n'est pas convié, donc pour des raisons qu'on ignore aujourd'hui. Donc ça fausse un petit peu déjà le débat, puisque à la base, le responsable secrétaire général du syndicat va expliquer les raisons pour lesquelles il n'a pas invité Jean-Luc Mélenchon. Mais bon, déjà, je trouve que rien que le principe de parler de quelqu'un en son absence, c'est déjà un manque de loyauté, à mon sens, très honnêtement.
Après, je veux dire, bon, les candidats de gauche ont refusé, ont décliné l'invitation, donc ça va se jouer entre Marine Le Pen, Éric Zemmour, Valérie Pécresse, et, à leur information capitale, l'actuel ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui va effectivement représenter les intérêts du camp d'Emmanuel Macron. Donc on ne sait pas si les candidats…
– C'est épique parce qu'ils reçoivent leur ministre de tutelle comme représentant des candidats, ça aurait pu être quelqu'un d'autre.
– Ça a été un choix, apparemment, du parti de La République En Marche. Bon, je pense qu'il va présenter son bilan, en quelque sorte. Après, bon, alors les modalités de ce débat, c'est qu'il va y avoir une projection du film Back North, que tout le monde, en tout cas, a déjà vu dans le corps politique, puisque la sortie de ce film avait occasionné un déplacement présidentiel d'Emmanuel Macron. Donc Back North, moi, le film, je ne l'ai pas vu, donc je ne vais pas…
Pour moi, Back North, ce que ça m'évoque, je veux dire, dans mon inconscient, et peut-être dans l'inconscient collectif, c'est le nom d'une brigade qui a été dissoute à l'époque par Manuel Valls par rapport à un trafic d'influence, à un racket, je dirais, assez régulier, justement, et presque méthodique des trafiquants de stupéfiants. Donc pour moi, c'est ça, Back North, aujourd'hui, c'est ce que…
– Mais enfin, le film romantise un peu tout ça et finalement met en… – Voilà, c'est du cinéma, moi, je suis dans la réalité.
Pour moi, la Back North, c'est plutôt un mauvais souvenir.
– Le film prétend raconter la réalité de manière romancée, mais finalement, romantise cette histoire et réhabilite, en gros, ces policiers. Ça a été une surprise pour une grande partie de notre public qui t'a vu dans la fameuse émission de Zone Interdite, qui a fait le buzz, et notamment, elle a fait le buzz sur la ville de Roubaix, décrite quasiment ville islamiste, et en commentaire dans le média, on a dit, mais qu'est-ce qu'il est allé faire dans cette galère à Noir ?
– Non, ce n'est pas une galère, parce que moi, je ne vais pas dire que je maîtrise l'exercice de communication, ce n'est pas mon métier au départ, mon métier, c'est ma formation sur mon CV, c'est une formation de policier, je ne suis pas un communicant professionnel, mais j'ai été sollicité par l'équipe de production, et justement, si j'ai accepté d'en discuter avec toi, ce n'est pas pour me justifier, certainement pas, moi, j'assume tout ce que je dis, et je ne pense pas que mon propos dans cette émission n'était particulièrement polémique, j'ai été invité au titre de l'expertise technique, et de mon expérience de la Seine-Saint-Denis, et j'ai fourni des éléments très factuels sur ce que j'y ai relevé en tant qu'agent du renseignement.
Ensuite, alors sur le reportage en lui-même, qui fait beaucoup parler jusqu'à aujourd'hui. Comment dire ? Alors moi, je note plusieurs choses, c'est que déjà, en off, je dirais derrière les caméras, je sais que l'équipe qui a travaillé sur ce reportage est la deuxième équipe, c'est-à-dire qu'on a eu une première équipe qui a amorcé déjà l'idée de ce reportage, et ensuite, on a eu une deuxième équipe, toujours de Tony Community Production, qui a finalisé justement l'œuvre du reportage.
Donc moi, je ne juge pas ce reportage négativement, je pense que les précautions sont prises pour expliquer que la majorité des musulmans de France ne sont pas concernés par la problématique du radicalisme, que ce sont des gens parfaitement républicains, parfaitement insérés au sein de la nation française, mais qu'effectivement, on a des phénomènes sur lesquels, effectivement, on a fait écran au cours de ce reportage. Quand je dis « on », je ne m'inclus pas dedans, naturellement.
Et donc, qui méritent de susciter le débat pour amener les candidats à l'élection présidentielle à se positionner de façon claire sur justement le phénomène qu'est le salafisme, pour ne pas le nommer, en quelque sorte.
– Mais est-ce que justement, quelque part, le tort, en fait, le péché de cette émission était d'assimiler finalement le salafisme au terrorisme, ce qui sont deux choses complètement différentes, parce qu'en réalité, dès lors que vous avez une pratique religieuse qui n'offense personne, les différentes nuances du christianisme, du judaïsme ou de l'islam ne concernent que les pratiquants. Je veux dire, il y a l'équivalent du salafisme chez les chrétiens et chez les juifs, and so what ? C'est-à-dire que la question, justement, de l'amalgame du salafisme et du djihadisme, qui n'est pas prouvé en réalité, c'est ça le problème.
– Ce serait très facile pour moi de conspuer, justement, l'équipe du reportage, sachant que j'y ai participé. Donc moi, ce n'est pas mon style. Je suis quelqu'un… J'ai beaucoup de défauts. J'ai sans doute mes qualités, mais je suis quelqu'un de loyal. Donc moi, je m'entends assez bien avec eux. Je ne suis pas non plus leur VRP, leur représentant commercial. Mais est-ce que je peux dire… Bon, je suis rarement d'accord avec Gérald Darmanin, mais en fin d'émission, il a pointé un problème important de l'actualité en France. C'est-à-dire de dire, bon, effectivement, on a le cadre légal qui permet de réprimer, je dirais, les mouvements subversifs en général.
Mais entre le religieux, qui est tout à fait autorisé en France, c'est-à-dire la liberté d'opinion, la liberté religieuse et le terrorisme, il n'y a rien entre les deux. Alors moi, je ne pense pas que l'islam salafiste ait été assimilé au terrorisme dans ce reportage. Je pense qu'il a été assimilé au séparatisme. Et ça, je pense que c'est assumé de la part de l'équipe éditoriale. Donc effectivement, au début, on voit le responsable d'un site musulman dans une vidéo qui dit, il faudra à terme qu'on ait nos propres banques, nos propres écoles, nos établissements, etc. Donc je ne vais pas reprendre son propos. Ça, ça s'appelle du séparatisme. C'est un discours séparatiste.
– Aujourd'hui, on appelle ça du séparatisme, mais il y a des banques, aujourd'hui, catholiques, il y a des écoles catholiques, il y a tout un système catholique et juif aussi. Je veux dire, aujourd'hui, on appelle le séparatisme parce qu'il s'agit des musulmans et parce que ce gouvernement a décidé qu'il fallait faire une focale là-dessus, d'un contexte où il y a aussi du terrorisme, ce qui équivaut à un amalgame.
– Je suis navré, Théo, de ne pas être d'accord avec toi sur ce point, mais on est là pour débattre, on n'est pas là pour être d'accord. C'est qu'effectivement, il y a des écoles catholiques, je ne sais pas s'il y a des banques catholiques, ça doit peut-être exister. Moi, j'ai un enfant que je scolarise justement dans un établissement privé confessionnel catholique et ma fille est musulmane. Donc, on ne lui impose pas la pratique du catholicisme et justement, son islamité n'est pas un frein à sa scolarisation dans cette école. Moi, ce que j'ai vu dans le reportage, c'est une école marseillaise dans laquelle le directeur disait qu'à partir du CP, la prière musulmane était obligatoire.
Donc, à partir de là, ça élimine de fait la possibilité pour un enfant athée, pour un enfant d'éducation juive ou catholique de pouvoir adhérer à cette école. Et le point que je souligne, même si on imagine bien que ce qui a été vendu dans le reportage, c'est l'action de la CLIR, qui est une commission justement de répression de l'islamisme radical. Alors, on voit qu'il procède d'un contrôle du personnel au sein de l'école et les profs disent de façon supposément mensongère, et j'assume mon propos, qu'ils sont tous bénévoles. Alors qu'on sait très bien que ce n'est pas le cas, c'est du travail dissimulé.
Donc, alors, l'agent de l'URSSAF dit que les enfants sont scolarisés à hauteur de 200 euros mensuels. Donc, pour scolariser son enfant, on paye 200 euros par mois. Donc, il y a, je crois, 140 enfants. On a à peu près 40 000 euros de recettes. Et il y a zéro euro de charges, je dirais, qui sont cotisés, qui sont envoyés dans les caisses de l'URSSAF. Donc, moi, je veux dire, à titre, en tant qu'observateur neutre...
– C'est un véritable problème, mais c'est un problème... – Voilà, voilà. – Moi, je pense que c'est profs fournis. – De fraude... – Oui, c'est ça.
– De fraude... – Voilà, et de mensonges, parce qu'on est quand même dans la religion. Je veux dire, c'est un établissement confessionnel où les profs, au moment où ils sont contrôlés, mentent sciemment. Donc, il y a une caméra cachée, etc., qui démontre qu'il y a un discours face caméra et qu'il y a un discours en dehors des caméras.
– Oui, oui, c'est tout à fait vrai.
– Et est-ce que les profs qui travaillent dans cette école et qui fournissent un travail à raison de plusieurs dizaines d'heures par semaine n'ont pas le droit à un statut social ? C'est-à-dire, est-ce qu'un prof, quand il va à l'hôpital, alors qu'il est enseignant, il doit faire prendre en charge, justement, ses soins par la CMU, alors qu'il travaille 40 heures par semaine ? Je veux dire, il y a un moment...
– Mais ça, justement, c'est un problème qui n'a rien à voir avec le séparatisme, par exemple. En fait, dès lors que tu vas dans n'importe quelle société, dans n'importe quelle entreprise, tu ne peux pas dire, oui, en fait, ce restaurateur, il se trouve qu'il est protestant, par exemple, et qu'il fait de la fraude et que ça pose un problème de séparatisme.
– Alors, moi, ce qui me pose problème, c'est quand ça devient un système. C'est-à-dire que moi, si demain...
– C'est un système qui n'a rien à voir avec le séparatisme.
– Si demain, je donne 20 euros à mon voisin pour pouvoir tondre ma pelouse, parce qu'il est adolescent, et puis que ça lui permet de payer ses sorties, etc., ce n'est pas gênant, parce que ce n'est pas un système. Là, on a quand même quelque chose qui est institué, où on a plusieurs dizaines d'enseignants qui donnent des cours dans une école et qui, de façon systématique, fraude aux allocations à l'URSSAF, etc., alors que les familles, elles, de bonne foi, payent cette prestation. C'est-à-dire que là, on est à Marseille, on est en province, la scolarisation coûte 200 euros. On voit que les locaux sont relativement vétustes.
Moi, alors, mon ordre de repère, je ne suis pas du tout expert en la matière, je paye 300 euros pour scolariser ma fille dans un bâtiment flambant neuf. – C'est une école conventionnée, c'est-à-dire qu'ils ont des subventions de l'État.
– Oui, mais on ne peut pas, à un moment… – Non, mais non, de toute façon, la fraude, quelle qu'elle soit, elle est à condamner, mais justement, quand on prend un sujet, qu'on met un autre sujet sur ce sujet, un autre sujet sur ce sujet, ça revient à une stigmatisation.
– À ton ordre de fond, ce que je dirais, c'est que, alors, pour avoir vécu les différentes étapes de ce reportage, de la façon dont il a été fait, alors, j'ai deux choses, deux points que je soulignerai. Après, bon, nos auditeurs se feront leur opinion. La première, c'est que si la rédaction a été obligée à la réalisation d'aller chercher une vidéo, par exemple, ou plusieurs vidéos de prédicateurs musulmans, c'est parce qu'ils ont été contactés, pour la plupart, et ils ont refusé de s'exprimer face caméra. Donc, ce n'est pas moi qui les ai contactés, contrairement à ce que certains pourraient penser.
Moi, j'en connais deux ou trois que j'ai contactés, à qui j'ai proposé, justement, une mise en relation avec l'équipe. Ils ont refusé. Ils en ont contacté, de leur côté, de façon autonome, d'autres qui ont tous refusé. Donc, s'ils ont, à un moment, été peut-être espionnés, certains disent trahis, moi, je dirais peut-être espionnés, enfin, confondus, plutôt, c'est parce qu'ils ont refusé de s'exprimer face caméra. Donc, après, il ne faut pas se plaindre que leur parole, qu'on leur prête des propos, que leur parole soit détournée ou quoi que ce soit. Je veux dire, à partir du moment où eux font un procès d'intention à la rédaction et refusent de s'exprimer face caméra...
Alors, ils ont interdit, c'est quand même une émission qui est connue pour ne pas être très subtile.
Alors, moi, je ne m'engage pas là-dessus. Moi, je ne m'engage pas là-dessus. Je ne leur prête pas de procès d'intention. Moi, je comprends ceux qui ne sont pas très en confiance. Voilà. Et la deuxième chose, c'est que je pense, alors, ce qui n'était pas prévu au moment où, moi, j'ai été en relation avec eux, parce que ce n'était pas une relation permanente, c'était une relation ponctuelle, qui a eu, à un moment, un contact avec les services de l'État. Et je ne pense pas que les services de l'État aient découvert le reportage au moment de sa diffusion. Puisqu'à un moment, on a eu des journalistes embarqués dans la CLIR, auprès du renseignement territorial, etc.
Ça, ça se fait dans le cadre d'un processus de partenariat avec les services de l'État. Et je pense qu'à un moment, le point de bascule de ce reportage, c'est qu'il y a eu un deal avec les services de l'État, où Darmanin a dû leur dire, « Bon, écoutez, vous avez du mal à entrer en relation avec eux, etc. Donc nous, on va vous mettre en relation, on va vous laisser embarquer avec les services de l'État. Donc vous faites notre publicité. Nous, on vous donne la matière qui vous permet justement de constituer le reportage. Et puis à la fin, vous m'invitez. Quand je dis « vous m'invitez », c'est Gérald Darmanin qui parle.
Et puis je vante justement les effets de ma politique puisqu'on est en fin de mandat. Et puis voilà, vous m'offrez une tribune. Moi, je pense que ça s'est fait comme ça. Mais que, alors, chance a été donnée justement aux responsables communautaires musulmans de pouvoir s'exprimer face caméra. Et ils ont décliné. Donc moi, à partir de ce moment-là, je ne les excuse pas.
– Par exemple, si on doit te demander un conseil, vu que tu connais bien le monde des médias et le monde du renseignement. Et puis finalement, le monde religieux. En fait, j'ai déjà vu de nombreux reportages qui stigmatisent des gens qui me ressemblent. Ces gens-là m'appellent. Je sais qu'il y aura des cuts. Je fais quoi ? Je fais quoi ? J'enregistre moi-même ? On ne peut pas supposer la bonne foi de personnes qui ont déjà fait des reportages caricaturaux.
– Non, mais moi, je pense qu'il y a un vrai défaut de représentativité chez les musulmans, très clairement. Il y a des gens qui se prêtent parfois à des exercices de communication alors qu'ils ne sont pas faits pour ça, qui racontent des conneries face caméra et qui engagent derrière eux toute une communauté. Donc moi, je pense qu'il faut effectivement peut-être réfléchir à la façon dont les responsables musulmans peuvent déjà se structurer pour essayer de faire le point déjà sur les éléments convergents justement en termes d'idéologie qui leur permettraient justement de se présenter au reste de la France.
Mais claquer la porte comme ça des médias et ensuite aller leur reprocher justement de parler d'eux, ben non, c'est un sujet qui préoccupe les Français. Les Français veulent savoir et il faut des gens qui puissent être désignés parmi les musulmans pour aller leur parler.
– Mais il y a des personnes qui ont accepté de jouer le jeu et qui à la fin du reportage sont estimés trahis.
– Là, je ne sais pas. Moi, je n'ai pas… Alors là-dessus, je ne m'engage pas. Moi, je sais que j'ai été contacté et je ne me plains pas de ce qui a été diffusé justement de mon propos. Pour ma part, en tout cas, j'estime que ce que j'ai dit correspond à peu près à… Bon, il y a eu effectivement des cuts, etc. parce que j'ai passé une demi-journée avec eux. Mais pour ma part, j'estime que, en tout cas, ce qui a été répercuté de mon propos a été fidèle à ce que, personnellement, j'ai émis auprès des caméras.
– En tout cas, la campagne électorale a commencé et en fait, elle se déroule encore une fois sur la thématique de l'identité, de la religion, etc. Alors, tu voulais aussi parler de la nouvelle affaire, de ce qu'on pourrait appeler la nouvelle affaire de Trappes. C'est quoi cette nouvelle affaire de Trappes ?
– Alors, en fait, effectivement, le 17 janvier, je découvre par voie de presse qu'on a une nouvelle affaire de Trappes, c'est-à-dire… – Après la première affaire. – Voilà, c'est ça. Alors là, on a l'exemple d'un média… – L'affaire du professeur… Il y avait déjà un professeur. – Le maire, oui, Didier Le Maire, effectivement, un professeur de philosophie au lycée de Trappes, qui se plaignait justement d'un séparatisme, d'une islamisation, je dirais, galopante, pour ce qui était de la ville de Trappes.
Donc là, le 17 janvier, je vois effectivement qu'on a une affaire d'une professeure qui aurait été exfiltrée de son collège de Trappes, en urgence, parce qu'elle aurait fait l'objet d'une fatwa numérique. Donc, je regarde ça d'assez loin. Et puis, je vois chez nos confrères, justement, toujours chez Cyril Hanouna, l'interview d'un parent d'élève qui, ayant été accusé justement d'avoir diffusé un cours de SVT en ligne et d'avoir appelé justement les parents à s'indigner, aurait été condamné à six mois de prison ferme. Donc, je vois que ça ne rigole pas. C'est-à-dire que six mois de prison ferme, ce n'est pas rien quand même. Donc, on a tous en mémoire l'affaire Samuel Paty.
On est quand même dans le même département. On est dans les Yvelines. Donc, la justice a été extrêmement sévère avec ce parent d'élève.
Ce parent d'élève, en fait, qui a fait une vidéo où il s'est exprimé sur les réseaux sociaux parce qu'il y avait eu un cours de SVT où on parlait de l'évolution et où, en fait, finalement, il y avait une illustration qui portait le chanteur soprano
qui, en gros, était, je crois, présenté comme étant une évolution de l'homo sapiens et de l'australopithèque. Bon, globalement, c'est un petit peu ça.
L'homme contemporain, en gros.
– Voilà, donc, ça a été assez mal vécu parce qu'on a la photo d'un homo sapiens, d'un singe, on a soprano juste derrière. C'est vrai que ce n'est pas très adroit. Bon, le professeur a suivi quand même la procédure administrative réglementaire. C'est-à-dire qu'il est allé se plaindre auprès du chef d'établissement.
– Le professeur, le parent.
– Le parent, pardon, oui. Le parent est allé se plaindre alors auprès du chef d'établissement. Il a été reçu. L'enseignante a présenté ses excuses. Donc, les choses sont à peu près rentrées dans l'ordre. Sauf que la diffusion sur les réseaux sociaux a été repérée par le renseignement territorial, portée à la connaissance de la justice. Et le parent d'élève a été condamné.
– Et cette affaire surgit, finalement, médiatiquement, plusieurs mois après qu'elle ait été bouclée d'un point de vue judiciaire.
– Alors, justement, comme pour l'affaire Didier Lemaire, qui date d'un an, quasiment, jour pour jour, là, moi, ce qui m'interroge, c'est qu'effectivement, la condamnation date du 15 novembre. Donc, là, on est plus d'un mois et demi après. Et puis, ça arrive comme ça dans la presse et tout le monde en parle. Donc, je me dis, tiens, qu'est-ce qui se passe autour de Trappes pour que ça puisse à chaque fois se passer de cette façon-là ? Alors, ça sort le 17 janvier, sauf que le 16 janvier, on a le meeting immersif de Jean-Luc Mélenchon à Nantes, qu'on a pu suivre sur les chaînes d'information continue.
Et ce qu'on apprend, donc, le 16 janvier, c'est qu'Ali Rabet, le maire de Trappes, donc, pour le coup, réélu, rejoint et renforce les rangs de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Donc, alors, est-ce que cette affaire de professeur « exfiltré », entre guillemets, en fait, qui est mutée, tout simplement, ce n'est pas une exfiltration, une exfiltration, ça se fait dans le feu de l'action, là, elle est mutée. Donc, est-ce que ce n'est pas, justement, la punition pour les habitants de Trappes, justement, d'avoir réélu Ali Rabet et la punition, justement, d'Ali Rabet d'avoir rejoint les rangs de Jean-Luc Mélenchon ?
Donc, naturellement, la machine médiatique se met en place et puis on va chercher une affaire, bon, voilà, d'islamisme, d'exfiltration, de fatwa numérique, etc., qui, encore une fois, stigmatise les habitants de Trappes et sert finalement, bon, les intérêts de je ne sais qui, voilà, tout simplement. Donc, alors moi, ce que, bon, je nie pas l'existence du phénomène, à la différence de beaucoup d'observateurs, on a quand même eu 65 départs en Syrie à Trappes, donc, du coup, tout ça, on ne peut pas le passer à la Trappes et faire comme si ça n'existait pas. Ça existe. – C'est le cas de le dire. – Oui, c'est le cas de le dire. Donc, voilà, ça existe.
Ça ne veut pas dire que tous les habitants de Trappes, mais il y a quand même 65 personnes qui se sont retrouvées en Syrie. Donc, on ne peut pas non plus dire maintenant « islam, bisounours » ou quoi que ce soit. Ça existe. Après, il y a un contexte politique où, à la moindre occasion, effectivement, on se rend bien compte que dès que, voilà, Ali Rabbe rejoint l'équipe de la France insoumise, hop, allez, ça y est, exfiltration, fatwa numérique, etc. Donc, moi, j'appelle justement les Français à avoir un petit peu de recul sur la situation et de dire que l'islam est un épouvantail, aussi parfois un peu facile.
– Alors, une petite revue de presse, pour terminer, un article du Parisien sur une fillette touchée par un tir de LBD. – Oui, tout à fait.
– À Chanteloup-Lévy. – Voilà, alors, c'est des faits qui datent de quelques mois maintenant. Donc, effectivement, on a à Chanteloup-Lévy, une ville qui est connue pour des scènes de violences urbaines récurrentes, une séquence où les policiers sont amenés à intervenir et à faire usage de gaz lacrymogène, de lanceurs de balles de défense face à un groupe de jeunes. Donc, bon, dans un contexte qu'on ne va pas rappeler dans les détails parce que ça a assez peu d'intérêt, mais il se trouve que dans le feu de l'action, il y a un policier qui fait usage du LBD.
Donc, on a une passante, une petite fillette âgée de 5 ans qui se trouve là et qui se fait fracasser le crâne par, en fait, le tir en question, par un tir de LBD qui n'est absolument pas un tir de légitime défense. Donc, les policiers sont auditionnés puisque la fillette est transportée par le SAMU, etc. Et alors, tous les policiers présents, etc. mettent en place, encore une fois, une version mensongère des faits.
Sauf que plusieurs mois après, on a une vidéo amateur, en fait, qui ressurgit, qui est justement remise à l'IGPN et force est de constater, en fait, que la version qui avait été donnée par les policiers était une version mensongère puisqu'on faisait état, voilà, en fait, de l'obligation de tirer dans un champ déterminé où on avait un assaillant avec un pavé, etc. Bon, la version habituelle, le truc. Et en fin de compte, on s'aperçoit que c'est absolument pas vrai. C'était un tir fortuit qui était donné dans une direction complètement opposée à celle des assaillants, si en tout cas, on peut les appeler comme ça. Donc, bon, voilà, de façon complètement illégitime.
Donc, on a eu, encore une fois, un canevas qui a été brodé de A à Z par les équipages de police pour, justement, mettre, légitimer, en fin de compte, une action violente qui a eu lieu contre...
Qui a eu des conséquences quand même graves.
Voilà, puisque la petite fille va être, a priori, handicapée à vie
par le tir de LBD. Mais ça, je permets de parler d'une question du parjure. C'est-à-dire, en fait, tous ces mensonges des policiers lors des enquêtes, on n'a jamais entendu parler de policiers qui font de la prison ou de policiers qui sont radiés avec des conséquences quand même graves. Alors que le parjure quasiment systématique, le mensonge, dès lors qu'on n'a pas de preuve de la vérité, c'est banalisé. On dirait que c'est une pratique qui relève du réflexe policier. Du réflexe policier.
Alors moi, je ne veux pas faire de ce qu'on appellerait de police bashing parce qu'on m'associe beaucoup à ça. Je ne veux pas le faire pour rien comme ça, gratuitement. Mais ce que je veux dire par là, c'est que bon, tu es policier, tu te retrouves sur un terrain d'action, tu peux être surmené, etc. Mais il y a un moment où tu fais une bêtise, tu fais une connerie, tu tires dans la tête d'une gamine qui va être handicapée à vie. Donc à un moment, tu peux... Alors là, on arrive sur ce que je dirais, sur un carrefour où d'un côté, on peut faire la reconnaissance d'une erreur, ce qui est humaine, je veux dire, avec des conséquences dramatiques.
Et on peut éviter justement de sombrer dans la faute. Et là, on est justement dans la faute. Parce que pour garder un taf, c'est-à-dire pour éviter une sanction, il aurait peut-être eu un blâme, une suspension, quelque chose, je dirais, consécutivement à ce qui a été fait. Mais pour s'éviter justement une sanction administrative, il accepte de mentir sur les circonstances qui ont mené à ce que cette fille soit handicapée. Il construit un bon sens
avec ses collègues.
Voilà. Et ça, c'est extrêmement grave. Voilà. Moi, je pense que, bon, l'erreur est humaine. On peut faire une erreur, on peut manier une arme, etc. Tout peut arriver. L'armement, c'est quelque chose d'assez sensible. Mais l'idée, justement, de façon récurrente à chaque fois de construire des mensonges pour s'éviter justement une sanction administrative et accepter l'idée qu'on ait pu d'essayer de donner une légitimité à ce qui s'est passé, c'est proprement inadmissible. Et en ce sens, je reviens justement sur ce qui a été dit par Jean-Luc Mélenchon hier, il faut à un moment faire un ménage. C'est-à-dire qu'il faut être extrêmement ferme sur cette question-là.
On ne peut pas, aujourd'hui, prétendre aux fonctions de policier quand on agit de la sorte. On ne peut pas mentir sur des choses aussi graves. Je veux dire, à un moment, tu as tiré dans la tête d'une gamine. Tu ne peux pas construire un mensonge pour dire que finalement, ce qui est arrivé, ça peut s'expliquer, ça ne s'explique pas. Voilà, tout simplement.
Toujours dans Le Parisien, deux articles sur des policiers ripoux dans le 18e, des articles qui sont distants de plusieurs années. Et en fait, tu voulais les mettre en relation.
Oui, tout à fait. Alors voilà, moi, je lis maintenant, je n'ai plus de relation avec l'institution policière. Donc je lis la presse, les rubriques police-justice. Et puis bon, je découvre via Le Parisien, effectivement, qu'il fait un article pour mettre à jour les activités d'un certain Michel qui serait âgé aujourd'hui de 63 ans, qui aurait sillonné le 18e arrondissement de Paris pour racketter un certain nombre de commerçants puisqu'il était chargé justement du contrôle des commerces et des débits de boissons, donc des contrôles réglementaires, qui peuvent souvent ou parfois déboucher sur des amendes assez fortes ou par des fermetures administratives.
Donc globalement, il a mis en place une forme de chantage auprès des commerçants où il se fait payer des honoraires pour pouvoir justement fermer les yeux sur certaines infractions existantes ou pas, d'ailleurs, ou pour éviter justement de désinventer. Donc il invente comme ça des leviers de pression sur les commerçants au point qu'il finit même par obtenir les faveurs sexuelles je veux dire d'une femme qui tient un débit de boisson. Donc à un moment, c'est elle qui finira par le dénoncer et il est mis en examen pour corruption. Le parquet requiert contre lui de 32 mois de prison avec sursis.
Bon, ben voilà, on pensera ce qu'on veut justement des réquisitions du parquet sachant que le parquet n'a pas tenu compte justement de cet aspect des choses, c'est-à-dire les faveurs sexuelles obtenues. En tout cas, le parquet considéra que, le parisien d'ailleurs le titre dans son deuxième article, qu'il s'agit d'une amourette. Moi, je ne suis pas sûr que cette femme était spécialement amoureuse de ce monsieur et qu'elle n'est pas justement consentie à avoir des relations sexuelles sous la contrainte. Voilà, mais bon, ça, l'enquête...
Il a eu 32 mois de prison
avec sursis. Voilà, et puis on a un article...
Et une autre affaire...
Voilà, alors l'article parle du calvaire de Michel, le pauvre, il a des problèmes d'alcoolisme, la descente aux enfers. Voilà, on cherche à justifier en quelque sorte, contextualiser tout ce qui s'est passé autour de son activité. Sauf que dans le même commissariat, il y a environ, il y a un peu plus de deux ans, comment dire, on a une affaire qui concernait trois policiers sur le commissariat de la Goutte d'Or. C'est le 18e arrondissement aussi. Puis un système de corruption qui touchait justement et de raquettes qui touchaient également les commerçants mais aussi les trafiquants de stupéfiants. Donc là, alors, toute la presse, police, justice s'affole autour de cette affaire.
C'est dégueulasse, etc. Et on met en avant l'existence d'un policier qu'on appellera dans la presse par son surnom. Donc on montre les images. Bilka. Donc on nous fait savoir que ce policier... Bilka, c'est Camille à l'envers. C'est Camille à l'envers. Voilà, c'est ça. Alors on nous fait savoir qu'il est d'origine maghrébine, que c'est une pourriture finie, ce qui est sans doute vrai puisqu'il a été reconnu coupable des faits. Et donc il est condamné à 8 ans de prison à la fin. Donc voilà, ils iront de toute façon, eux, en détention provisoire puisqu'il s'agit de trois policiers. Donc un policier, donc Bilka et ses deux complices. Ils sont incarcérés dans la foulée.
Toute la presse s'affole autour. On appelle quasiment un lynchage public. Et pourquoi pas, puisque justement, ils sont reconnus coupables des faits. On a des images accablantes, des vidéos, des témoignages, etc. Rien ne va dans leur sens. Tout va dans le sens justement de la démonstration de leur culpabilité. Mais je m'étonne justement du traitement qu'on a eu pour des faits extrêmement similaires, déjà par la justice et par la presse. C'est-à-dire que... Alors Michel, c'est la descente aux enfers, l'alcoolisme, le pauvre, une amourette et puis 32 mois de prison avec sursis. Alors Bilka et ses complices, c'est des ordures finies.
C'est un traitement médiatique de plusieurs mois et c'est 8 ans de prison ferme. Donc voilà.
Il y a aussi la même romantisation d'une descente aux enfers dans le fameux film Back North. Ah oui, les pauvres. On a pas envie de les perdre. Noam, tu voulais aussi nous parler d'un policier, d'un commissaire qui s'est fait remarquer négativement sur Twitter. Il s'appelle Mathieu Vallée.
Voilà, alors c'est un peu une star de CNews. Mathieu Vallée, il est régulièrement invité sur les médias mainstream, donc BFM, CNews, LCI, etc. On le voit beaucoup s'exprimer, justement, porter la voix des policiers. Donc c'est syndicat des commissaires. Donc il faut savoir que c'est quand même le corps de conception et de direction, donc le corps le plus hiérarchisé. Le CICP. Voilà, c'est le SICP, syndicat indépendant des commissaires de police, effectivement. Donc, alors voilà, c'est la hiérarchie de la police nationale, donc c'est en théorie le corps qui, plus que les autres, doit se montrer exemplaire.
Alors sur Twitter, effectivement, on voit qu'à la suite de la victoire de l'équipe d'Algérie sur la Coupe Arabe, on a des scènes de liesse sur les Champs-Élysées qui, au regard de ce que nous transmet la presse, ne donneront pas lieu à des blessés ni même à des dégâts matériels, simplement à des provocations, on va les appeler comme ça, sans incidence particulière. Donc alors, on a ce commissaire qui réagit sur Twitter et qui parle des supporters angéens comme des gens ayant la violence dans leur ADN.
Alors, c'est un propos qui va interpeller deux avocats parisiens, dont Daouda Chour, qui est un avocat régulier, un consultant régulier de notre antenne, si je puis dire, qui va faire via l'article 40, ce qu'on appelle une saisine du parquet, c'est-à-dire transmettre les faits à la justice comme étant des faits d'incitation à la haine raciale, en fait, tout simplement.
– De toute façon, quand on parle de l'ADN des personnes pour dire qu'en fait ils sont naturellement violents, ben oui, c'est...
– Voilà, voilà.
Donc alors, là, si effectivement les faits étaient avérés et reconnus par la justice, ce serait extrêmement grave parce qu'on est quand même sur l'institution policière, donc sur le corps des commissaires et alors moi, ce que je voulais transmettre puisqu'on essaie toujours d'apporter une plus-value au niveau de l'information, en termes d'information, c'est que, comment dire, je suis allé dans un commissariat du 93 puisque je travaille dans ce département, je vais dans la salle d'attente et puis je prélève de la documentation et puis donc je trouve un tract, en fait, qui appelle les jeunes à s'engager dans la voie de la police nationale et qui illustre justement les carrières par des photographies et puis des propos recueillis de fonctionnaires de police et puis qui je vois, donc on le voit à l'écran, Mathieu Vallée, voilà, tout simplement, qui est présenté comme, je dirais, un exemple à suivre pour s'engager justement dans la police nationale, notamment pour ce qui est du concours de commissaire et moi, je pose la question justement aux ministres de l'Intérieur et au DGPN, c'est-à-dire à savoir si aujourd'hui, dans le 93 mais ailleurs, un jeune d'origine algérienne par exemple, qui voudrait s'engager dans la police nationale et puis qui voit justement le visage de Mathieu Vallée sur un tract promotionnel, aurait toujours envie de s'engager.
Donc moi, j'invite la police, les institutions, les instances administratives et judiciaires à faire la lumière assez rapidement sur cette histoire pour voir si M. Vallée est réellement un exemple pour tous les jeunes aspirants au concours de commissaire de la police nationale. Merci beaucoup Noam
de nous avoir, disons, apporté ton point de vue et tes informations sur ces sujets, ce qui nous prouve aussi qu'en fait, on peut avoir un regard pluraliste aux médias sur certaines thématiques tout en s'interdisant de sombrer justement dans les amalgames et la stigmatisation. Merci à vous de nous avoir regardés. Le Média est un média indépendant qui ne vit que des dons de ceux qu'il aime et des cotisations de ses sociétaires parce que c'est une société coopérative d'intérêt collectif.
Donc regardez cette vidéo si vous l'avez aimée, partagez, mettez des petits pouces bleus et si vous le pouvez, bien entendu, devenez abonné, sociétaire du Média ou alors faites-nous un don sur la plateforme OkPAL. Merci.