Grève à la SNCF, réforme des retraites, RATP... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Clément Beaune
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 24:49OuverteRéponse directe
est-ce qu'il faut s'attendre à des mouvements sociaux dans les transports et si oui, qu'est-ce que vous prévoyez pour faciliter la circulation des Français ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 23:57Invité politiquePromesse
« former plus, recruter plus, il faut aussi un peu d'argent, c'est pour ça que les 200 millions de l'état étaient indispensables pour attirer ce sont des métiers parfois difficiles il y a moins de chômage donc il y a plus d'exigences aussi c'est normal et donc il faut repenser ces métiers et attirer rémunérer »
- 24:16Invité politiquePromesse
« des infrastructures supplémentaires il y en a qui sont en cours la ligne 14 pour ceux qui nous écoutent c'est certain en Ile-de-France c'est une ligne très importante de métro automatique elle traversera l'Ile-de-France du nord au sud de Saint-Denis à l'aéroport d'Orly ça ça sera concret ça sera du service public amélioré dès le début de l'année 2024 »
- 25:17Invité politiquePromesse
« il y aura sans doute des contestations et peut-être des mouvements mais essayons déjà de faire passer les meilleurs retours possibles de vacances aux Français c'est mon engagement à 100% aujourd'hui et début d'envier on pourra s'en reparler il faut faire cette réforme des retraites il faut l'accompagner et j'espère qu'on trouvera cette voie »
Temps de parole
- Clément Beaune66 %
- Locuteur 512 %
- Présentateur11 %
- Locuteur 29 %
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Bienvenue si vous nous rejoignez sur France Info, la radio, sur France Info, canal 27. Bonjour Jean-François Aquilly. Bonjour Céline Asselot. Et bonjour à vous Clément Beaune. Bonjour. Merci d'être à nos côtés ce matin, ministre délégué chargé des transports. 2 TGV supprimés sur 5, ce sont les prévisions de la SNCF pour samedi et pour dimanche, en raison de la grève des contrôleurs qui doit commencer dès demain. Est-ce que vous avez encore l'espoir qu'un accord sera trouvé d'ici le week-end de Noël ?
Cette grève aura un impact important ce week-end, il faut dire les choses clairement. et nous avons maintenant, depuis hier soir, des prévisions qui sont stabilisées. Et donc malheureusement, les chiffres que vous donnez sont ceux-là, ceux qui auront lieu vendredi, samedi, dimanche. Donc vendredi, qui est le jour, le plus grand départ pour les congés de Noël en particulier, c'est 2-3 sur 3 qui circulent, 2 TGV sur 3. Le reste du réseau est heureusement très peu affecté. Et puis ce week-end, c'est 3-3 sur 5 qui circulent, samedi et dimanche, et le trafic reprend normalement lundi.
C'est une fatalité alors ? Il n'y a pas d'espoir que ça change ?
Écoutez, c'est une réalité. S'il y avait une amélioration, ce serait évidemment une bonne chose, mais je préfère dire les choses honnêtement. Cette grève, elle est maintenant annoncée, elle aura lieu ce week-end. En revanche, il y a un combat qui doit être mené heure par heure, dans lequel je suis évidemment engagé avec la direction de la SNCF, c'est d'éviter qu'on ait des difficultés, des grosses perturbations. Le week-end suivant, qui est un week-end évidemment très chargé aussi, souvent le retour de vacances, qui est le week-end du nouvel an.
Oui, il y a un préavis de grève également.
Il y a un préavis qui demeure, et nous travaillons, j'entends encore hier soir avec le président de la SNCF, M. Farandou, à ce que ce préavis puisse être levé, pour qu'il n'y ait pas de grève ce week-end-là, qu'il n'y ait pas de perturbations, et que les Français puissent rentrer de vacances. Mais concentrons-nous sur ce week-end, pour organiser les choses au mieux, mais les perturbations, il faut le dire, il faut informer, sont celles-ci.
Vous parlez du week-end suivant, en clair, s'il y a négociation, il y aura négociation par rapport à celui de la Saint-Sylvestre, il y aura forcément d'autres perturbations. Le week-end du nouvel an, a déclaré Didier Matisse, secrétaire général de l'UNSA Ferroviaire, qui n'appelle pas à la grève. C'est ce qu'il a dit sur France Info ce matin, ce sera perturbé également le week-end prochain.
Le suivant. Non, ça pour le coup, je ne veux pas qu'il y ait de fatalité ou de résignation. Vous êtes sûr ? Mais je suis sûr de rien, il y a un risque. Et donc, il y a un combat à mener, pour renouer un dialogue social, pour éviter les préavis, pour éviter la grève. Moi, ce que j'ai dit pour refaire l'histoire, c'est que nous avons tout fait avec, par le dialogue social, la direction de la SNCF et les syndicats, pour éviter le premier week-end de vacances, qui était le week-end dernier, qu'il y ait des perturbations. Et ça a été très largement évité, parce qu'il y a eu un dialogue social et des accords pour faire court avec les syndicats.
Ce qui pose problème, c'est Noël, vous le savez.
Bien sûr. Le week-end dernier, on ne parle évidemment pas des trains qui arrivent à l'heure, c'est normal, a été très chargé. Donc, ça aurait été évidemment un gros problème aussi. Bon, ce week-end, c'est perturbé, très perturbé. Nous avons dit des chiffres. Les gens qui avaient un train, je suis moi-même l'exemple, ont reçu un SMS pour dire qu'il y avait parfois une annulation. Donc, maintenant, on voit que les Français se réorganisent. Et il y a le week-end prochain. Et sauver le week-end prochain, c'est évidemment le combat qu'on doit mener. Et il faut, et on doit éviter, évidemment, le maximum de galères le week-end prochain.
Clément Beaune, une question, vous en poursuivrez, sur ce qui s'est passé à SNCF. Mais qu'est-ce que vous dites, vous, en tant que ministre des Transports, de cette grève ? Est-ce que vous la condamnez ? Olivia Grégoire, votre collègue au PME qui était assise ici, même hier, s'est dit profondément choquée. Elle trouve irresponsable de choisir ce moment-là, Noël. Et vous ?
Oui, c'est une grève dont le moment est incompréhensible et injustifiable. Et puis surtout, moi, je pense aux Français, aux familles qui sont parfois déchirés par cette grève. Vous la condamnez ? Si on est condamnés, on n'est pas au tribunal. Mais oui, je pense que cette grève n'est pas justifiée et cette grève ne peut pas être comprise par les Français.
Il aurait fallu une trêve de Noël ? Une trêve des fêtes de fin d'année ?
Oui, il aurait fallu, de manière générale, il faut éviter les grèves. À Noël en particulier, parce qu'on le sait, les Français sont fatigués. Il y a eu deux ans de Covid. Il y a eu des mouvements sociaux, d'ailleurs, parfois ces dernières années, y compris pendant les fêtes. Cette accumulation est très douloureuse. Et on voit bien que l'impact, la colère même, pour beaucoup de familles, est très fort. Et je le comprends.
Et en même temps, il y a eu des mots très durs de la part d'une partie du gouvernement à l'égard de cette grève. Est-ce que ça ne peut pas être vécu comme une forme de remise en cause du droit de grève ?
Non, certainement pas. Mais il faut une responsabilité. Donc moi, je suis ministre des Transports. Je suis engagé pour que, heure par heure, on limite les galères et on les évite le week-end prochain. C'est ça mon boulot. Je regrette infiniment cette grève ce week-end. Elle est une catastrophe pour beaucoup de familles, il faut le dire. Et ceux qui ont la responsabilité, c'est ceux qui font la grève. Il faut quand même que chacun assume ses responsabilités. Et je dis d'ailleurs que le dialogue social à la SNCF, il a en plus porté ses fruits. C'est ça qui est incompréhensible. Il y a eu une négociation début décembre avec les organisations syndicales. Il y a eu des élections professionnelles.
Des dizaines de milliers de cheminots ont participé aux élections professionnelles. Ils ont des syndicats qui les représentent. Il y a eu une négociation début décembre avec l'entreprise. Elle a permis des augmentations de plus de 6%, 12% en cumul sur 2022-2023. C'était légitime et c'était important. Et d'ailleurs, les syndicats eux-mêmes le reconnaissent puisqu'ils n'appellent pas à la grève. Et donc, vous avez un collectif d'un certain nombre de cheminots qui, je crois, font du mal à l'entreprise ferroviaire et aux cheminots eux-mêmes.
Clément Bonne, pour bien comprendre, vous dites responsabilité. Soyons clairs. Qui est responsable dans cette histoire ? Les syndicats n'appellent pas à la grève. Nous sommes d'accord avec ça. Il y a un président de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. Est-ce que vous sentez qu'il tient cette société ? Elle est société anonyme depuis la réforme. Mais l'État, c'est vous et le seul actionnaire. Est-ce que c'est vous qui êtes responsable ? Pardon de vous poser la question un peu cash. Est-ce que vous êtes resté en retrait par rapport à ce qui se passait ? On sentait monter cette colère de certaines catégories. Donc, les contrôleurs, ça allait dans le mur.
Qui n'a pas tenu son rôle à un certain moment dans la négociation ?
On est encore dans l'action. Moi, je ne suis pas en train de distribuer mon bon et mauvais point. Mais pardon, dans notre société... Vous dites responsabilité. Oui. Je dis d'abord galère. C'est ça qui m'importe le plus pour les Français qui souffrent ce week-end et qui stressent parce qu'ils cherchent encore une solution parfois. Responsabilité, pardon, il faut quand même être dans une société où chacun prend ses responsabilités. Sinon, c'est un peu facile. C'est ceux qui font la grève et qui bloquent qui ont une responsabilité.
Mais il y a des partenaires sociaux. Il y a une direction.
Mais je vais vous expliquer en deux mots. L'idée, ce n'est pas de refaire le film parce que ça n'apporte pas un train supplémentaire. Mais il y a justement, je le dis, des organisations syndicales qui ont été responsables au bon sens du terme. qui ont engagé un dialogue avec la direction de la SNCF. Il y a une direction de la SNCF qui a accepté de conduire ce dialogue social. Et le 7 décembre, pour être très précis, il y a des discussions encore qui ont lieu. Encore une fois, 6% d'augmentation pour 2023. Des mesures supplémentaires pour les contrôleurs dont on parle aujourd'hui.
Je crois que c'était un effort nécessaire parce que c'est des gens qui sont beaucoup mobilisés pendant le Covid cet été. Donc c'était un effort légitime. Mais visiblement, ça ne suffit pas. Ça ne suffit pas.
Et les syndicats sont désavoués par ce collectif qui se mène sur les réseaux sociaux sur Facebook.
reprennent une discussion avec les syndicats, que les syndicats exercent aussi toutes leurs responsabilités vis-à-vis des agents de la SNCF. Il y a heureusement des dizaines de milliers de cheminots qui n'ont pas envie de bloquer, qui voient bien que c'est un problème pour l'image de la SNCF, qui voient bien que c'est mauvais pour l'entreprise. Ça va coûter sans doute une centaine de millions d'euros à l'entreprise. On n'a pas besoin de ça en ce moment. Et donc il faut que chacun reprenne cette discussion. J'ai encore discuté avec le président Farandou de la SNCF hier soir. Vous lui dites quoi,
Jean-Pierre Farandou ?
Vous reprenez la discussion ? Bien sûr, cette discussion, elle ne s'est d'ailleurs jamais interrompue avec les syndicats. Mais on en voit qu'il y a un problème qui malheureusement a pu arriver dans d'autres entreprises, dans d'autres secteurs. C'est que hors syndicats, hors cadre, hors dialogue social organisé, il y a des phénomènes qui peuvent être extrêmement bloquants, extrêmement pénalisants. Ça, c'est inquiétant. Et il faut essayer de comprendre ce malaise. Pas non plus de donner une prime à la surenchère. Parce que le dialogue social, ce n'est pas le désordre général. Le dialogue social,
il a produit ses fruits. Ce n'est pas un poulet sans tête, Clément Beaune. Il y a bien quelqu'un à un moment donné qui doit discuter avec quelqu'un. Pour les 200 000 voyageurs qui sont sur le carreau, certes, il n'y aura pas de train additionnel si on répond à cette question-là ce matin. Mais les gens ont besoin de comprendre. C'est comme quand les trains sont en panne sur les rails
et qu'il n'y a pas de message. C'est pareil. Ne mélangeons pas tout. Mais bien sûr qu'il doit encore y avoir de l'action. Ce n'est pas encore une fois refaire l'épisode précédent qui est important ou intéressant. Il n'y a pas de fatalité, des galères, des grèves, des fortes perturbations. Pour le faire, je le dis aussi aux grévistes qui sont dans ce collectif, le seul moyen de défendre les intérêts légitimes d'un travailleur, d'un agent de la SNCF, le seul moyen de ne pas pénaliser les Français, le seul moyen d'avoir un service public ferroviaire dont je suis fier et qui doit marcher, c'est le dialogue social.
Ça n'est bon pour personne d'avoir des mouvements radicaux en dehors du dialogue social.
Les contrôleurs au sein de ce collectif. Ce sera juste après le rappel de l'actualité 8h41, retenir de ce jeudi matin. C'est le fil en faux de Maureen Suignard.
40% de trains annulés samedi et dimanche. Les contrôleurs et la direction ne trouvent pas de terrain d'entente sur la question des salaires à la SNCF et la grève entraîne de fortes perturbations dès demain. Nous travaillons à ce que le préavis pour le week-end prochain, celui du Nouvel An, soit levé, affirme Clément Beaune sur France Info, le ministre chargé des Transports. Le président ukrainien offre un drapeau de son pays signé par des soldats lors de son déplacement historique aux Etats-Unis après quasiment 10 mois de guerre contre la Russie. Les Américains prêts à mettre encore 45 milliards d'euros d'aides sur la table.
Ce n'est pas de la charité mais un investissement dans la sécurité mondiale et la démocratie, répond Volodymyr Zelensky. C'est le moment choisi par Emmanuel Macron pour s'exprimer dans le journal Le Monde. La priorité aujourd'hui c'est de défendre l'Ukraine, dit-il, mais le chef de l'Etat français estime que l'entrée du pays dans l'OTAN est peu vraisemblable et serait perçue par la Russie comme quelque chose de confrontationnel. Et puis, du rugby ce soir, rendez-vous à 21h pour la 13e journée du Top 14, Toulon et face à Lyon.
France Info
Le 8.30 France Info Jean-François Aquili Céline Asselot
Clément Boune, je voudrais vous faire écouter le porte-parole de ce collectif de contrôleurs qui a donc appelé à la grève en ce week-end de Noël. Il s'appelle Olivier, il ne souhaite pas donner son nom de famille et hier soir sur France Info, il vous lançait un appel.
Nous aimerions que le gouvernement dise en notre direction « Faites un geste envers les contrôleurs ». Nous voulons avoir un déroulement de carrière qui soit décent et malheureusement, c'est le point d'achoppement le plus important avec notre entreprise.
Clément Boune, est-ce que vous avez la possibilité de faire pression finalement ? C'est quoi la marge de manœuvre de l'exécutif dans ce conflit ?
Bien sûr, c'est de favoriser à chaque étape le dialogue social. Moi, je vais parvoi compter tous les contacts mais j'ai eu ce week-end encore en début de semaine des contacts avec la direction de la SNCF et avec les organisations syndicales. C'est d'ailleurs ça qui a permis d'éviter que les syndicats se joignent à grève et que le week-end dernier on ait un mouvement syndical.
Le groupe des contrôleurs, ce collectif, je peux comprendre les questions sur les métiers et j'encourage la direction de la SNCF à répondre à un certain nombre de points sur les déroulements de carrière, sur la reconnaissance de ce métier qui au sein de l'entreprise peut-être effectivement historiquement n'a pas été assez valorisé. Parce qu'on va le dire, les contrôleurs estiment
qu'ils ont un métier qui évolue ces dernières années qui sont en première ligne face à des voyageurs qui parfois sont mécontents. Vous donnez l'occasion
de le dire parce qu'il faut mais je le sais et je mesure qu'il y a eu des difficultés. D'ailleurs, on parle de contrôleurs. Pour être d'ailleurs très précis, ce n'est pas seulement les personnes qui contrôlent les billets, ce sont ceux qui assurent la sécurité à bord du train. Les chefs de bord. Les chefs de bord et c'est un métier qui est plus vaste que ça qui est d'ailleurs le mot de contrôleur en témoigne parfois n'a pas été assez bien reconnu. Et donc il faut effectivement et ça a commencé. Il y a eu des mesures salariales mais aussi des mesures déjà sur le déroulement de carrière qui est une discussion.
En revanche, on ne peut pas être dans la surenchère et on ne peut pas être dans le blocage. Et donc il faut aussi quand on parle d'une société de responsabilité que ceux qui bloquent aujourd'hui assument leur responsabilité et que les organisations syndicales
C'est un petit côté gilet jaune, incontrôlable ?
J'espère pas incontrôlable et en tout cas sinon ça voudrait dire qu'on se résigne et qu'on ne travaille plus. Donc il faut qu'il y ait une discussion entre la direction et les organisations syndicales et une réponse spécifique sur la question des chefs de bord et des contrôleurs mais il faut qu'on respecte un dialogue social qui pour des milliers de cheminots et des millions de français a porté ses fruits à la SNCF et on ne peut pas comprendre qu'il y ait une surenchère systématique.
Clément Bourgne, Christian Estrosi, le maire de Nice vous demande dans un communiqué de procéder à la réquisition des personnels de la SNCF pour que les français puissent circuler normalement. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Non, il ne faut pas vendre des illusions. La réquisition dans notre pays elle est encadrée juridiquement et même constitutionnellement parce que le droit de grève est constitutionnel. Ça ne veut pas dire qu'on accepte et qu'on pense que toute grève est pertinente. Celle-ci ne l'est à l'évidence pas. C'est très strict. C'est un dernier recours. C'est encadré juridiquement. Il faut qu'il y ait un trouble grave à l'ordre public. On a bien vu dans la question des raffineries que c'était un dernier recours pour quelques personnes quand il y avait une atteinte très grave au fonctionnement vital du pays. On n'est heureusement pas même si c'est la grosse galère dans cette situation.
Et donc vous imaginez Jean-François Aquili vous me le reprocheriez à juste titre ou vous le reprocheriez au gouvernement si on faisait une réquisition qui dès demain était annulée par le juge parce que ne respectant pas la loi ce ne serait pas sérieux.
D'un point de vue presque philosophique la constitution elle est de quel côté Clément Bonne ? Elle est entre le droit de grève et le droit de circuler normalement librement et de retrouver sa famille ?
Mais ce n'est pas le procès de la constitution qu'on fait dans cette grève. Il y a une responsabilité de ceux qui ont décidé pendant les fêtes de Noël de faire la grève. Je pense que c'est très grave. Néanmoins nous avons des règles nous avons des juges nous avons une constitution et des principes et on ne va pas les jeter par-dessus bord aujourd'hui. Je pense que ça ne serait pas sérieux. Et encore une fois la constitution aujourd'hui protège le droit de grève je pense que d'ailleurs c'est une bonne chose sur le fond et la réquisition ne serait pas aujourd'hui possible légalement.
Mais ça pourrait donner l'impression de deux poids deux mesures. Il y a eu ces réquisitions pour soulager les automobilistes qui étaient en difficulté. Là ce n'est pas la même chose pour les usagers des transports.
Non ce n'est pas la même situation et vous avez d'ailleurs remarqué à l'époque il y a quelques semaines que la première ministre avait procédé de manière très ciblée dans quelques cas en ultime recours à des réquisitions que d'ailleurs dans cette crise comme dans toutes les autres moi j'en suis absolument convaincu ce ne sont pas des slogans c'est la seule voie possible c'est le dialogue social dans la crise des carburants comme dans la crise que nous vivons aujourd'hui qui permettent de protéger les travailleurs et surtout de protéger les français. C'est la seule voie de sortie possible.
Sauf que Clément Beaune pour la crise des carburants il s'agit de groupes pétroliers privés là et en l'occurrence la SNCF certes est une société anonyme mais vous êtes quand je dis vous c'est l'état l'unique actionnaire à quoi aura servi la réforme si d'aventure dès qu'il y a une grève vous êtes impuissant face à ces mouvements là.
C'était public avant la réforme ça allait rester après la réforme donc de ce point de vue là ce n'est pas un changement le fait que ce soit un établissement public ou une entreprise Donc il n'y a pas eu
réellement de réforme en réalité
vous êtes le seul actionnaire Pardon je ne veux pas qu'on ne joue pas qu'un arbre aussi gros soit-il celui de la grève et de la douleur qu'on vit tous pour ces fêtes de Noël cache la forêt il y a eu une amélioration des choses à la SNCF il y a je le redis ça a été le cas cet été on a réussi à lever les grèves un dialogue social qui a porté ses fruits pour protéger les cheminots et pour protéger les français et donc oui cette grève dans ce contexte là où le dialogue social peut marcher elle est d'autant plus incompréhensible et donc il ne faut pas jeter la réforme par-dessus bord cette réforme elle a permis quoi elle a permis aussi de sauver financièrement un service public ferroviaire qui serait sans doute incapable de fonctionner sinon donc l'état actionnaire unique Oui en sanctuarisant une partie de la dette et je rappelle d'ailleurs que l'état a fait un effort à l'époque de 35 milliards d'euros donc tous les contribuables français ça doit être aussi pris en compte par ceux qui bloquent à aider la SNCF à sauver la SNCF moi je suis fier encore une fois de ce service public ferroviaire je respecte infiniment les cheminotes et les cheminots mais il faut qu'une minorité ne donne pas cette mauvaise image d'un service public qui est en train de changer qui est en train de se réformer qui est en train d'investir
Que pensez-vous de la réponse apportée par la SNCF aux clients le dédommagement assez important qui a été annoncé hier d'ailleurs par Christophe Fannichet le PDG des SNCF Voyageurs sur notre antenne c'est-à-dire le remboursement intégral plus un bon d'achat de 200% ce qui va évidemment coûter très cher à l'entreprise puisqu'il y a 200 000 voyageurs concernés est-ce qu'il fallait un geste fort ou est-ce qu'on va là aussi peut-être grover encore un peu plus la situation financière ?
Non je crois que justement quand on a des usagers et des clients c'est la moindre des choses le moindre des respects vis-à-vis des français ça ne leur rend pas leur train malheureusement mais ça peut leur permettre d'abord d'être considérés parce qu'ils ont l'impression qu'on ne les respecte pas dans cette grève aussi qu'on ne respecte pas ça permet parfois de pouvoir acheter plus facilement quand on a un problème de pouvoir d'achat et c'est le cas de beaucoup de français en cette période de pouvoir acheter un billet même si ça met un peu de temps donc c'est un geste exceptionnel que j'ai demandé à la SNCF ça n'en avait jamais été fait c'est le minimum nécessaire ça ne rend pas encore une fois les transports du week-end pour ceux qui galèrent mais c'était un geste indispensable exceptionnel mais indispensable et je pense que c'est la preuve qu'une entreprise publique doit respecter ses clients
Vous parlez de services publics des transports Clément Beaune est-ce qu'il va y avoir dans les mois qui viennent les années qui viennent de l'ensemble du réseau SNCF parce qu'il y a au fond beaucoup de problèmes en réalité
Oui vous avez raison il y a aussi je ne veux pas qu'on l'oublie quand même au milieu de cette période de crise des choses qui fonctionnent un service public ferroviaire qui sur la grande vitesse sur des nouvelles lignes sur lesquelles on investit
Il y a beaucoup de remontées de mécontentement
sur les trains de la vie quotidienne C'est vrai et c'est pour ça qu'on a fait une priorité parce que historiquement on avait beaucoup investi dans le TGV et pas beaucoup investi dans les trains du quotidien les TER ou ce qu'on appelle les intercités Paris-Limoges Paris-Clairmont etc Il y a un effort d'investissement qui est énorme sur Paris-Clairmont sur Paris-Limoges par exemple qui sont des lignes entretenues par l'Etat qui avaient été négligées pendant 40 ans ça mettra encore 4 ou 5 ans pour que les trains les rames de trains et le réseau qui permet le meilleur fonctionnement moins de retard s'améliore significativement et puis moi j'ai demandé à la SNCF ça fait aussi partie de cela le geste commercial que vous évoquez qu'on prenne en considération davantage le client il y a encore énormément de progrès à faire je l'ai dit à la direction de la SNCF sur l'information voyageur sur les mesures commerciales sur les abonnements sur la qualité de service même s'il y a un effort qui a été fait ces dernières années donc on doit en faire une belle une vraie entreprise de service public et les efforts qui ont été faits ces dernières années par les cheminots sont malheureusement gâchés par l'image que donne cette grève aujourd'hui mais on continuera à se battre parce que les gens ont besoin de transport écologique ont besoin de transport ferroviaire ont envie de prendre le train il faut qu'il y en ait qu'il soit confortable sûr et plus régulier c'est notre combat
Clément Beaune ministre délégué en charge des transports on poursuit cet entretien dans un instant d'abord le fil info à 9h moins 10 c'est avec Maureen Suignard
L'Ukraine est vivante et combative dit Volodymyr Zelensky au congrès américain des élus debout pour saluer la visite du président ukrainien première fois que le chef d'état quitte son pays en 10 mois de guerre contre la Russie vous ne serez jamais seul promet de son côté le président américain Joe Biden une indemnisation à 200% pour tous les voyageurs la direction de la SNCF tente de consoler ses clients dont le train a été supprimé et précise que ce geste commercial concerne même ceux qui ont pu changer leur billet un train sur trois est annulé demain deux sur cinq samedi et dimanche le gouvernement dit tenter de sauver le week-end du nouvel an où un préavis de grève court aussi une amende de 60 millions d'euros contre Microsoft en France la sanction de la CNIL contre le géant américain de l'informatique l'institution qui veille au respect de la vie privée des français estime que l'entreprise n'a pas suffisamment protégé ses utilisateurs et ne leur a pas permis de refuser facilement les cookies qui permettent notamment les publicités ciblées c'est l'un des 20 meilleurs démarrages du siècle et le meilleur de l'année en France succès pour Avatar 2 dans les salles obscures le film a réuni plus de 2 700 000 spectateurs en France pour cette première semaine de sortie France Info
le 830 France Info Jean-François Aquili Céline Asselot
Clément Beaune on évoque évidemment ce conflit social à la SNCF en cette veille de Noël qui vient s'ajouter à un autre mécontentement c'est celui des usagers de la RATP est-ce qu'il y a un problème global de qualité de service pour reprendre le terme que vous utilisiez tout à l'heure ?
Non il y a des problèmes graves et spécifiques et vous savez une fois qu'on a défini et regardé en face les problèmes il faut apporter des solutions qui sont spécifiques à chaque fois il y a une grève j'espère qu'on en sort le plus vite possible et qu'on l'évite le week-end prochain ça c'est une chose il y a les transports du quotidien on en parlait notamment en Ile-de-France j'oublie pas parce qu'on parle parfois plus de l'Ile-de-France que du reste qu'il y a notamment une autre région de France où il y a des galères en ce moment particulièrement depuis septembre c'est la région des Hauts-de-France où il y a un manque de TER pourquoi ?
dans ces deux cas c'est le même problème fondamental c'est une pénurie de conducteurs de chauffeurs de bus ou de métro et il y a eu un effet Covid effectivement moins de transports publics moins de recrutements peut-être c'est le cas dans la région Ile-de-France pas assez d'anticipation par la région de la remontée de la fréquentation des transports publics et donc on se retrouve aujourd'hui avec des manques c'est pour ça que vous voyez
vous voulez baller dans le camp de la présidente non c'est pas le sujet
moi je suis pas dans ce jeu parce que je pense qu'il faut pas se refiler
vous dites que c'est la région
qui pardon mais il faut là aussi expliquer à chaque fois qui est en charge de quoi parce qu'on est dans un pays où on aime bien dire que c'est toujours l'Etat moi j'assume parfaitement je viens chez vous pour expliquer ce qui se passe pour prendre ma part de responsabilité sur chaque sujet et pour les transports franciliens je l'ai défendu mordicus je crois qu'il était légitime d'avoir une aide exceptionnelle de l'Etat face à une situation très difficile pour la région 200 millions d'euros aucune région n'est autant aidée c'était nécessaire pour les franciliens cet hiver mais concrètement comment vous expliquez
cette pénurie et qu'est-ce qu'on peut faire justement pour attirer pour vous donner un ordre de grandeur
la RATP est en train aujourd'hui de former à peu près deux fois et demi plus de personnes qu'une année normale avant Covid mais un conducteur de bus un conducteur de métro c'est entre 3 et 6 mois de formation jusqu'à 12 mois pour les conducteurs de certains trains et donc il y a un retard à rattraper
donc ça veut dire que ça va durer encore plusieurs mois
et donc ça va durer encore au moins ça va se rétablir progressivement ça va s'améliorer progressivement mais je l'ai dit pour la RATP les transports en Ile-de-France en particulier c'est sans doute jusqu'au printemps donc la région est responsable la RATP est celui l'entreprise qui organise les choses et l'Etat doit soutenir ça je l'assume parfaitement et on a proposé d'ailleurs qu'au-delà de l'aide exceptionnelle de 200 millions d'euros pour recruter plus pour faire court recruter plus et recruter plus vite on se retrouve avec Valérie Pécresse avec la maire de Paris si elle en est d'accord avec tous les services de l'État les fédérations d'usagers pour l'Ile-de-France et pour toutes les autres régions d'ailleurs en début d'année pour dire quels sont les besoins financiers comment on peut aider plus comment on peut financer mieux et rétablir nos transports publics
Mais est-ce qu'on n'aurait pas pu temporiser la hausse de l'abonnement mensuel Navigo qui va augmenter au 1er janvier de 12% puisque les perturbations vous le disiez vont durer encore plusieurs mois
Je pense qu'on aurait pu faire effectivement moins cher pour le pass Navigo moindre augmentation mais si je me suis battu pour que l'État donne une compétence qui n'est pas la sienne mais aide la région Île-de-France Madame Pécresse à hauteur de 200 millions d'euros c'est pour éviter une hausse qui aurait pu être faramineuse et encore plus importante la région a mis 84 euros le prix du Navigo je trouve ça très élevé mais c'est sa responsabilité son choix mais on a aidé et je continuerai à discuter avec Valérie Pécresse pour qu'on n'ait pas des augmentations qui se poursuivent je dis aussi parce que chacun le sait c'est la vie quotidienne quand on a un abonnement de transport public en Île-de-France ou ailleurs l'employeur en prend en charge 50% lorsqu'on a un employeur c'est le cas pour beaucoup de salariés qui vont au boulot le matin c'est déjà des millions de personnes et je le dis on a défiscalisé les choses pour qu'un employeur puisse prendre en charge sans cotisation jusqu'à 75% les abonnements c'est important parce que je fais un appel aussi à ce que les employeurs prennent leur part et financent mieux les passes Navigo et autres transports publics
Clément Beaune vous dites qu'il faut des années pour remettre à niveau l'ensemble des réseaux que ce soit le réseau SNC ça dépend des sujets
sur la RATP les conducteurs attention ne faisons pas peur excessivement on peut recruter vite et améliorer les choses pas dans des années dans quelques semaines
ça c'est pour les recrutements mais pour l'état du réseau il y a ce matin en conseil des ministres un projet de loi sur les Jeux Olympiques c'est 2024 à Paris vu les retards les rambandés les conditions de circulation des franciliens à la RATP les usagers du RERB pour ne citer que cette ligne là vous serez au rendez-vous pour 2024 ?
oui mais je vais vous dire il faut qu'on soit au rendez-vous avant 2024 je le dis c'est très important les gens qui attendent 12 minutes un métro le dimanche ils ne veulent pas qu'on dise qu'en juillet 2024 ce sera mieux ils veulent qu'on leur dise le plus vite possible dans les semaines qui viennent ce sera mieux et donc c'est ça le recrutement que Jean Castex notamment à la RATP est en train de mettre en oeuvre former plus recruter plus il faut aussi un peu d'argent c'est pour ça que les 200 millions de l'état étaient indispensables pour attirer ce sont des métiers parfois difficiles il y a moins de chômage donc il y a plus d'exigences aussi c'est normal et donc il faut repenser ces métiers et attirer, rémunérer donc ça c'est l'urgence et puis pour les Jeux Olympiques on développe et ce sera une bonne nouvelle au-delà des JO des infrastructures supplémentaires il y en a qui sont en cours la ligne 14 pour ceux qui nous écoutent c'est certain en Ile-de-France c'est une ligne très importante de métro automatique elle traversera l'Ile-de-France du nord au sud de Saint-Denis à l'aéroport d'Orly ça, ça sera concret ça sera du service public amélioré dès le début de l'année 2024 mais moi ma concentration et je serai prêt à soutenir évidemment Valérie Pécresse pour le faire c'est d'avoir une amélioration des transports publics franciliens en début d'année 2023
Elisabeth Borne va présenter le 10 janvier la réforme des retraites qui est très contestée par les syndicats est-ce qu'il faut s'attendre à des mouvements sociaux dans les transports et si oui qu'est-ce que vous prévoyez pour faciliter la circulation des Français ?
Écoutez chaque chose en son temps il y aura encore des décisions à prendre des arbitrages à faire sur la réforme des retraites elle sera présentée par la première ministre il y aura des discussions sans doute sur les grandes entreprises publiques de transport SNCF, RATP et j'espère qu'on trouvera là aussi un dialogue social mais je ne suis pas dupe je sais que cette réforme beaucoup de syndicats la critiquent et donc qu'il y aura sans doute des contestations et peut-être des mouvements mais essayons déjà de faire passer les meilleurs retours possibles de vacances aux Français c'est mon engagement à 100% aujourd'hui et début d'envier on pourra s'en reparler il faut faire cette réforme des retraites il faut l'accompagner et j'espère qu'on trouvera cette voie
Merci Clément Beaune ministre délégué chargé des transports d'avoir été dans notre studio ce matin restez avec nous sur France Info Merci Clément Beaune
Merci Clément Beaune
Clément Beaune