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interviewBFMTV· 20 novembre 2025 27 min

Lutte anti-drogue: la prise de parole de Laurent Nuñez et Gérald Darmanin à Marseille

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Voilà, donc bonjour à toutes et à tous. Donc avec le garde des Sceaux, nous venons d'animer une réunion de travail ici à Marseille.

Dans le cadre de notre déplacement commun à Marseille, nous venons d'animer une réunion de travail avec les principaux responsables des forces de sécurité intérieure et des magistrats qui sont compétents sur la ville, donc les présidents des tribunaux, les membres des différents parquets, parquet général, parquet de Marseille et des représentants également d'administration centrale, à la fois pour le ministère de l'Intérieur, puisqu'il y avait le directeur général de la Gendarmerie nationale, le directeur général de la Police nationale et des membres des directions du ministère de la Justice. Voilà, on a tenu cette réunion de travail. Ce déplacement va évidemment se poursuivre.

Pour ce qui me concerne, je vais me rendre cet après-midi à l'évêché. Puis dans quelques minutes, nous allons rencontrer la famille d'Amine avec le garde des Sceaux. Donc cette réunion était une réunion évidemment très intéressante, puisque c'était d'abord de faire un point sur tout ce qui est fait en matière de lutte contre les trafics de stupéfiants, le narcotrafic ici à Marseille, avec les magistrats et les policiers et les gendarmes qui en sont évidemment les principaux acteurs, et de bien mesurer ce travail de complémentarité qui est fait, ce continuum extrêmement efficace qui est mis en œuvre entre la Justice et le ministère de l'Intérieur.

Donc je dis que c'est une réunion opérationnelle. C'est-à-dire qu'évidemment, ce n'était pas des paroles, mais bien des actes que nous avons pu constater. Et d'ailleurs, on a pu féliciter évidemment et les magistrats, et les policiers, et les gendarmes pour les résultats qui ont été obtenus tout au long de ces deux dernières années. Tout au long de ces deux dernières années, et notamment la baisse des homicides liés au trafic de stupéfiants, donc ce qu'on appelle les règlements de comptes, qui sont passés, je le rappelle, de 49 à Marseille en 2023 à 24 en 2024.

Et puis ils sont encore en baisse de 30% pour ce début de l'année 2025 sur le démantèlement des réseaux, qui augmente également de manière évidemment très efficace. Et puis également, également, le nombre de personnes qui, sous l'autorité des magistrats, et notamment des mafias marseillaises, et notamment des mafias marseillaises qui ont été interpellées, qui sont mis en examen, qui sont en détention provisoire. Ça nous a également permis de constater que cette action des services de police, de gendarmerie, sous l'autorité des magistrats, elle se déploie également en dehors de Marseille.

Vous savez qu'un certain nombre de mafias marseillaises déploient leurs tentacules sur d'autres départements, notamment le Grand Sud, mais d'autres départements français. Et nous avons pu également faire un bilan de l'action qui a été menée depuis 2024, et au terme de laquelle, on a quand même plus de 700 personnes, un peu moins, pardon, de 700 personnes qui ont été interpellées à ce titre dans la France entière. Et le procureur de la République de Marseille rappelait encore récemment qu'actuellement, il y avait 2000 personnes liées aux mafias marseillaises qui étaient mises en examen, et 900 qui étaient en détention provisoire. Donc voilà.

Donc c'était un moment aussi, avec le garde des Sceaux, important dans le contexte pour remercier les forces de l'ordre, les magistrats, pour leur implication dans la lutte contre le trafic de stupéfiants et le narcotrafic. Et puis évidemment, on a bien conscience qu'il faut faire beaucoup plus, M. le ministre, avec l'ensemble des magistrats, des policiers, des gendarmes. Et c'était aussi le moment de faire un point sur l'application de la loi qui a été votée avant l'été. Cette loi donc qui vise à mieux lutter contre le trafic de stupéfiants, contre le narcotrafic.

Ça a été un moment évidemment pour faire un point sur la mise en place de l'état-major qui a été mis en place au niveau central, sous l'autorité de la Direction nationale de la police judiciaire, où des services de renseignement, des services de police judiciaire, échangent de l'information en permanence. Donc ça a été un moment évidemment extrêmement important d'échange et d'amélioration des process entre policiers, magistrats, et entre magistrats et policiers. Donc on a fait un bilan de cette loi.

Vous dire d'abord que le niveau du narcotrafic, ce qui s'est passé à Marseille, nous conduit désormais à considérer que, et notamment le meurtre du frère Damine, est un crime qui vise à faire peur. Il y a un crime qui vise à faire peur et qui vise aussi à atteindre quelque part la République et l'État. C'est quelque chose qui nous interroge, nous interpelle. Et le dispositif que nous mettons en place, c'est un dispositif qui est tout à fait similaire à ce qu'on a fait en matière de lutte antiterroriste.

Je veux le redire, c'est le même dispositif, le même échange d'informations, avec à partir du 1er janvier la création d'un PNACO qui va avoir le jour, l'état-major qui est déjà en place et qui fonctionne, et puis des dispositifs juridiques qui ont été mis à disposition des services, et qui renforcent la lutte contre le narcotrafic. Et c'était ce matin, la réunion de ce matin était l'occasion de faire un point sur ce dispositif. Vous savez qu'on aura la possibilité de geler des avoirs, administrativement de geler des avoirs, donc des narcotrafiquants. Il y a des nouvelles techniques de renseignement qui sont mises en place et qui sont utilisées.

Et puis on a beaucoup discuté avec le garde des Sceaux de la possibilité d'avoir un meilleur échange d'informations qui sont tirées des procédures judiciaires et qui peuvent être utilisées en administratif par les services de renseignement et qui permettent de mieux détecter des réseaux criminels. Voilà, je vais laisser la parole au garde des Sceaux.

C'était une réunion de travail, une réunion qui s'est voulue très opérationnelle pour montrer qu'au-delà de la façon dont on peut en rendre compte, ce qui compte aussi, c'est surtout les actions que nous menons pour frapper durement le trafic de stupes, comme c'est fait, mais surtout pour pouvoir mieux le frapper et être encore plus performant, évidemment, dans ce que nous mettons en place. Juste un mot avant de passer la parole à M. le garde des Sceaux. Je veux rappeler, évidemment, que nous luttons contre les trafics, mais j'en appelle aussi à la responsabilité des consommateurs.

On le dit à chaque fois, mais c'est extrêmement important, et notamment ces consommateurs récréatifs, qui sont aussi, quelque part, responsables de ce qui se passe, sont aussi responsables du développement du trafic, et évidemment des règlements de comptes qui y sont liés. Voilà ce que je voulais vous dire en quelques mots. On répondra ensuite à vos questions pour des points plus précis. M. le garde des Sceaux.

6:06
Laurent Nuñez

Merci, M. le ministre de l'Intérieur. Peut-être très rapidement pour répondre à vos questions. Arrivant tôt ce matin, je me suis rendu au Beaumet pour rencontrer les agents pénitentiaires. Au moment où cette nuit, à 1h du matin, est parti, vous le savez peut-être, le deuxième convoi de personnes qui d'ailleurs sont détenues dans le sud de la France, au Beaumet, à Aix et dans les prisons alentours, et qui ont été envoyés dans la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe.

C'était une façon, d'abord, de remercier les agents pénitentiaires et de préparer la venue du président de la République qui viendra inaugurer le bâtiment des Beaumet, qui désormais entre en fonction et qui permettra de passer de 200% de sa population carcérale Beaumet à 100%, puisqu'on passera à peu près de 1 200 lits à 2 000 lits grâce à ce bâtiment qu'a voulu le président de la République. Ensuite, j'ai fait une première réunion de travail avec les magistrats. J'ai rejoint M. le ministre de l'Intérieur pour cette réunion qu'il a évoquée.

Et on est prêt, évidemment, à répondre à toutes vos questions sur une situation à Marseille, qui est une situation que nous connaissons aussi sur le reste du territoire national. D'abord parce que ce qui se passe au niveau de la dizaine mafia, comme l'a dit M. le ministre de l'Intérieur, touche au moins une dizaine d'autres départements, et notamment du sud de la France.

Mais aussi parce que nous avons d'autres réseaux criminels que nous combattons avec la plus grande force et qui, je l'espère, grâce aux moyens de la loi narcotrafic que nous venons de faire voter, très largement à l'Assemblée et au Sénat, va permettre de répondre à une menace qui le tue énormément et qui est au moins équivalente à celle, comme l'a dit M. le ministre de l'Intérieur, du terrorisme sur le territoire national. Il faut donc changer de branquet. C'est ce que nous avons souhaité avec cette loi narcotrafic et c'est ce que nous devons appliquer aujourd'hui avec les magistrats et les services enquêteurs.

7:47
Gérald Darmanin

Est-ce que vous avez prévu des mesures spécifiquement marseillaises ? Parce que là, vous évoquez plutôt la problématique du narcotrafic en France. On pense notamment à la demande du maire de Marseille, qui a dû vous la faire remonter, de refaire de cette préfecture de police, si on se trouve aujourd'hui, une préfecture de plein exercice. Est-ce que c'est une piste qui est envisagée ou est-ce que vous envisagez d'autres mesures pour faire face aux spécificités locales de ce phénomène ?

8:09
Présentateur

J'ai rencontré d'abord M. le maire de Marseille ce matin. Je rencontrerai d'autres élus dans l'après-midi. Il y a déjà une spécificité marseillaise très forte avec l'existence d'une préfecture de police. Il y a une préfecture de police à Marseille. Ce qui a changé, c'est que cette préfecture de police est maintenant rattachée au préfet de département, de région et de préfet de zone. Mais il y a bien une préfecture de police déléguée. Il y a une préfète déléguée qui est en charge et qui ne fait que ça. Et c'est totalement inédit sur le territoire national. Il y a le préfet de police à Paris, dont j'ai été, comme chacun sait. Et puis il y a la structure marseillaise qui ne fait que ça.

Le fait qu'elle agisse par délégation du préfet de département, du préfet de région, ne change rien. Vous avez bien un haut fonctionnaire dans ce département qui ne fait que s'occuper des questions de sécurité. C'est totalement inédit. Ailleurs, sur le reste du territoire national, les préfets délégués à la sécurité ont d'autres missions, notamment des missions de gestion, des missions de gestion de crise de sécurité civile, qu'il n'y a pas à Marseille. Donc cette spécificité, elle existe.

Et donc vous avez bien un préfet, en l'occurrence une préfète de police, qui ne s'occupe que des questions de sécurité et qui anime l'ensemble des forces de sécurité intérieure, avec évidemment les magistrats, et notamment le parquet, pour lutter contre le trafic de stupéfiants.

9:22
Gérald Darmanin

Est-ce que vous venez du coup avec des moyens supplémentaires, des annonces de policiers supplémentaires, de magistrats supplémentaires ?

9:28
Présentateur

Alors, on va en reparler. Je laisserai M. le garde des sources exprimer. Vous savez, à Marseille, on a fait énormément d'efforts en termes de renforts d'effectifs. On a veillé à maintenir le niveau des policiers de voie publique au même niveau. Nous avons renforcé certaines unités judiciaires. Donc c'est plus 120 fonctionnaires de police judiciaire qui ont été affectés à Marseille ces deux dernières années. On est passé sur certaines unités. En total, c'est 120 fonctionnaires de police judiciaire supplémentaires. On a les effectifs de voie publique supplémentaires qui sont affectés en permanence.

Vous savez qu'il y a trois forces mobiles qui sont affectées en permanence à Marseille et qui viennent renforcer nos équipages de voie publique. Il existe également, et c'était d'ailleurs M. le garde des Sceaux à l'époque où il était ministre de l'Intérieur qui les avait créées, ces unités de projection rapide, ces CRS d'un nouveau genre qui permettent d'intervenir rapidement sur les situations de crise et faire des opérations de sécurisation. Et à Marseille, ce sont 200 effectifs qui sont déployés. Donc on a déjà des moyens à Marseille qui sont extrêmement conséquents, qui produisent des résultats. Évidemment, il faut faire beaucoup plus.

Mais ce faire beaucoup plus se traduit aussi par un renforcement de la coordination des outils juridiques dont disposent les services et que leur offre la loi Narco. Et c'était précisément l'objet de cette réunion aujourd'hui, la loi visant à lutter contre le narcotrafic, pardon. La réunion, justement, aujourd'hui, c'était de mieux renforcer cette coordination, cette coopération qui fera que nous serons évidemment beaucoup plus efficaces.

10:50
Invité

– M. Lunez, il y a 10 ans, vous étiez nommé déjà préfet des Bouches-du-Rhône. Vous parliez déjà de narcotrafic. Vous, M. Darmanin, vous avez été 35 fois à Marseille quand vous étiez ministre de l'Intérieur. Et là, vous êtes encore tous les deux en train de parler de narcotrafic. La situation a beaucoup empiré. C'est l'échec de qui ? Est-ce que c'est votre échec ? Est-ce que c'est un échec collectif ?

11:09
Laurent Nuñez

– Alors, je pense que M. le ministre de l'Intérieur vous a dit qu'il y a 3 ans, il y avait 50 meurtres à Marseille du fait du narcotrafic. Cette année, c'est une quinzaine. C'est toujours trop. Tant qu'il y aura un mort du narcotrafic, c'est toujours trop. Mais vous constaterez qu'entre 50 et 15, le chiffre a très largement diminué. Deuxièmement, je pense que M. le ministre de l'Intérieur vous a dit qu'il y a 2 000 personnes mises en examen dans la ville de Marseille pour narcotrafic et plus de 800 personnes en détention provisoire. Ce n'était pas le cas il y a 3 ans et il y a 4 ans.

La trentaine de personnes qui dirigent la DZ Mafia sont, pour la quasi-intégralité d'entre eux, 27 en l'occurrence, dans les prisons françaises. 21 sont à la prison de sécurité de Vendin-le-Vieille et quelques autres vont connaître des quartiers de haute sécurité. Ça n'existait pas précédemment. Je constate, d'ailleurs, quand je suis venu ministre de l'Intérieur, qu'il y avait une guerre très importante entre deux grands réseaux. Je pense évidemment à un réseau qui a été dirigé en partie par M. Bangui, qui depuis a été arrêté, extradé et désormais en détention provisoire et que beaucoup de responsables de la DZ Mafia ont depuis été 3 ans interpellés.

Le maire de Marseille lui-même, ce matin, dans la presse, évoque ces réussites de la police, de la gendarmerie et des magistrats devant, en effet, une criminalité organisée qui a déstabilisé des pays qui nous entourent, la Belgique et les Pays-Bas, et pour lequel il y a eu des réactions beaucoup plus fortes que les nôtres les années précédentes. Je pense à l'Italie, et notamment avec des moyens législatifs très importants. Je constate d'ailleurs que la loi de narcotrafic a été très largement combattue. Les présidents de notre sécurité ont été très largement combattus. Il y a eu plus de 66 recours pénaux contre nos décisions quand tous étaient gagnés, d'ailleurs, par l'État.

J'ai moi-même subi des menaces et des plaintes, notamment une plainte à la Cour de justice de la République pour faire mon travail de ministre de la Justice. Il y a des magistrats, des enquêteurs qui sont physiquement menacés parce que nous gagnons difficilement une bataille très très dure contre une organisation criminelle qui sans doute fait entre 5 et 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires d'argent liquide et dont les intérêts sont immenses.

Donc la réussite que nous mettons en place grâce aux moyens décidés par le président de la République, elle doit s'accélérer parce que nous savons qu'aujourd'hui le danger, c'est aussi un danger qui vient pas simplement du cannabis et pas simplement de la cocaïne mais aussi des drogues de synthèse. Et je regarde les grands pays qui nous entourent, les Etats-Unis d'Amérique qui mettent des moyens considérables. La première cause de mortalité aux Etats-Unis d'Amérique, c'est le fentanyl.

C'est la première cause de mortalité et si nous n'avons pas ces drogues de synthèse aussi importantes en consommation en France, c'est parce qu'on a une police, parce qu'on a une gendarmerie, parce qu'on a des douanes, parce qu'on a des magistrats qu'on fait ou qu'ils font leur travail. Alors faut-il accélérer en magistrats et en policiers ? Je pense que M. Misata vous a répondu sur les forces de l'ordre. Malheureusement, parce que vous savez que structurellement, la justice française possède moins de magistrats que la plupart des pays qui nous entourent.

On a entre 4 et 5 fois moins de magistrats, par exemple, que l'Allemagne et 3 fois moins que l'Italie qui avaient à peu près les mêmes difficultés que nous. Et donc en effet, je vais revoir les magistrats dans quelques instants pour pouvoir annoncer, notamment chez vos confrères de la Provence, un renforcement des magistrats dans le parquet comme du siège ici à Marseille. Il y a eu 50 magistrats de plus depuis 5 ans à Marseille. C'est très important. Il faut continuer. et continuer de façon très très très forte. Cette augmentation de magistrats et de nombre de greffiers.

Il faut savoir aussi lutter contre la corruption qui touche les services enquêteurs, qui touche possiblement les tribunaux. Il y a d'ailleurs une dizaine d'enquêtes ouvertes pour des agents qui auraient été corrompus et qui donnent des informations aux organisations criminelles et violant ainsi le serment de servir la République. Et nous allons prendre des dispositions très particulières à Marseille de lutte contre la corruption. Et puis surtout le 5 janvier prochain, ce qui va profondément changer la lutte contre le narcotrafic, mais la loi vient d'être adoptée.

Nous créons ce parquet national anti-criminalité organisée qui va se saisir d'affaires marseillaises de très grande ampleur qui ne peuvent pas toujours être documentées ici, soit pour des raisons de menace, et il faut dépayser les affaires à Paris, soit pour des raisons de grande complexité internationale. Je terminerai par dire que les narcotrafiquants, ils sont rarement, en tout cas les dirigeants qui dirigent les points de deal et qui font commanditer ces assassinats, sont rarement dans les rues de Marseille, de Saint-Tropez, de Paris, tranquillement en train de boire un café. Ils sont dans deux endroits. Ils sont soit dans les prisons françaises, soit à l'étranger.

Dans les prisons françaises, on a pris des dispositions qu'aucun pays au monde n'a pris avec ces prisons de haute sécurité. On verra ce que donnera les comptes rendus de l'enquête et le seul la Ginalco qui s'est saisie à Paris de cette affaire absolument horrible de cette semaine. Voir s'il y a un lien ou non avec quelqu'un qui serait déjà en détention et qui ne serait pas dans une prison de haute sécurité, ce qui justifierait très largement les dispositions extrêmement fermes que j'ai pu prendre et qui m'ont valu beaucoup d'attaques. Donc il faut d'abord nettoyer les prisons françaises.

Nous avons, à ma demande, par exemple encore fait il y a deux jours, au Bomet, des perquisitions administratives, des fouilles chez les personnes qui sont au Bomet. On a trouvé par exemple 13 téléphones portables dans 11 cellules, ce qui montre le changement très important qu'on doit faire dans l'administration pénitentiaire et arrêter avec la naïveté pour exclure les téléphones portables de l'ensemble de France. Ça c'est un premier point parce que si quelqu'un est en prison pour pouvoir commanditer un assassinat, commanditer un point de deal, corrompre un agent, évidemment le travail des services de police ne sert à rien. Donc c'est ce que nous faisons.

Nous sommes en train de nettoyer les prisons françaises et ça prend du temps mais je pense qu'on voit qu'à Vendin et à Condé ça marche. Et puis le deuxième sujet c'est l'étranger. Je reviens des Émirats arabes unis. Nous avons obtenu 17 extraditions depuis janvier dernier. Ça faisait 4 ans qu'on n'avait pas obtenu une extradition de Dubaï et des Émirats arabes unis. dont des responsables de la DZ mafia et des narcotrafiquants marseillais. Il nous en reste encore une trentaine à récupérer si je veux dire de nos amis émiratis que je remercie pour leur collaboration. Mais plus que ça ce qui compte c'est les saisies et les confiscations.

J'ai un cas particulier notamment dans le sud de la France où de sa prison une personne gère une trentaine d'appartements à Dubaï récupérant ainsi son argent et permettant de continuer à tenir en haleine son réseau. J'ai obtenu des Émirats arabes unis la saisie pour la première fois sur le territoire d'Ubayot des appartements des maisons des villas qui permettent de jouir de l'argent du trafic.

Parce que la difficulté que nous avons c'est que les personnes peuvent faire parfois 4 ans 5 ans 10 ans 20 ans de prison mais si l'argent le blanchiment qui sert à justifier le trafic de drogue continue à exister et n'est jamais saisi par la justice du fait notamment des lois différentes entre les pays cela ne sert pas à grand chose et nous faisons beaucoup de saisie de drogue grâce au travail des services de police et des douanes nous faisons peu de saisie d'argent et c'est ce que fait c'est le changement qu'évoque le business intérieur c'est pas seulement une question d'effectifs c'est une question aussi de travail sur quoi on travaille on doit travailler autant sur l'argent le blanchiment de l'argent que sur les saisies et terminer par dire que la situation marseillaise est la société différente par la corruption par le crime qui a sans doute eu lieu cette semaine mais aussi par malheureusement et c'est à ça qu'on reconnaît une mafia la rentrée dans l'économie classique il y a à Marseille c'est pour ça qu'il y a un point de bascule possible une possibilité de lien avec le modèle économique classique des commerces de l'immobilier comme on l'a connu parfois en Corse et c'est ça la grande différence entre Marseille et le reste du territoire national empêcher que l'argent sale ne vienne rentre dans le monde économique classique et il y a et c'est un point qu'il faut dire à la société marseillaise aussi des personnes qui ont pignon sur rue des responsables on va dire qu'on pourrait qualifier de notabilité locale qui peuvent avoir fermé les yeux sur l'arrivée de la mafia dans la vie économique et dans la vie sociale il appartiendra au magistrat de le dire des enquêtes sont aujourd'hui instruites c'est pas à moi de le dire mais en tout cas il faut que chacun se réveille les consommateurs le ministre intérieur l'a dit l'état et évidemment l'état doit prendre son rôle mais toute la société marseillaise également est-ce qu'il y a un lien

19:15
Invité

entre la désaide et la mort d'Amin qui a dit que sa famille n'avait pas été assez protégée est-ce que l'état a failli ?

19:24
Présentateur

non je comprends je comprends évidemment la douleur d'Amin mais donc lui-même a bénéficié d'une protection dès que nous avons su qu'il y avait des menaces qui pesaient sur lui et pour sa famille elle est malheureusement maintenant protégée mais nous n'avions pas d'alerte qui nous aurait permis d'engager cette protection ce que je veux dire c'est que nous le faisons systématiquement d'ailleurs c'était aussi l'objet de la réunion de ce matin de parler de la question des protections des personnalités qui peuvent être menacées nous avons mis d'ailleurs en place un process de protection notamment des magistrats notamment à l'occasion de procès où des narco-trafiquants viendraient à comparaître et ça d'ailleurs pour l'ensemble du territoire national pas seulement pour Marseille voilà il y a des procédures qui existent elles n'avaient pas été déclenchées au cas d'espèce je peux vous le confirmer

20:14
Invité

est-ce qu'on a parlé de la mobilisation de la marche blanche de ce week-end et du dispositif qui est mis en place

20:21
Présentateur

il y a une marche blanche donc d'ailleurs j'en profite évidemment pour dire que cette marche blanche ça doit être aussi un peu un sursaut aussi de la société civile pour dire non au trafic je crois que l'appel à cette marche blanche c'est aussi un petit peu ça donc on espère évidemment qu'il y aura beaucoup de monde je n'ai pas d'idée de la mobilisation mais il y aura les représentants de l'état locaux qui seront présents mais voilà je n'ai pas d'idée d'idée de la mobilisation mais en tout cas la préfecture de police travaille évidemment à bien encadrer cette marche blanche qui se passera dans des conditions de sécurité d'autant qu'il y a un certain nombre de personnalités politiques qui participeront

20:55
Gérald Darmanin

est-ce qu'il y a un lien entre la DZ mafia et la mort de Médic FACI comme l'écrit certains conférences

20:58
Présentateur

il y a une enquête en cours c'est pas le ministre de l'Intérieur encore moins le garde des Sceaux qui va s'exprimer sur des enquêtes sur une enquête

21:07
Invité

vous avez justement transféré le chef opérationnel présumé de la DZ mafia Amine il y a quelques jours comment se fait-il que cet individu dont on connaît le pays de gré extrêmement dangereux pour notre pays se trouvait dans une prison dite classique et qu'il a fallu attendre plusieurs mois avant de le transférer dans les prisons que vous avez vous-même voulu et créé au mois de juillet dernier

21:28
Laurent Nuñez

donc si je résume il y a 6 mois personne voulait de prison de sécurité maintenant on me demande pourquoi tout le monde n'est pas dedans je trouve qu'en 6 mois on a gagné dans le débat public et a considéré que ce que faisait le garde des Sceaux c'était pas de renier les droits de la défense c'était pas de prendre la protection ou la défense de ceux qui disaient qu'ils avaient des conditions indignes de détention c'était pas de soutenir des plaintes qui ont été déposées au pénal contre moi ou des menaces que j'ai reçues parce que j'ai voulu mettre en place ces prisons de haute sécurité en quelques mois c'était bien de considérer qu'il y a des personnes en effet monsieur extrêmement dangereuses et il y a 700 personnes en France sur les 86 000 détenus que nous connaissons qui ont été qualifiées comme très dangereuses et je parle pas de gens qui sont issus du terrorisme c'est aussi également à peu près 700 personnes entre les condamnés pour terrorisme ou les personnes radicalisées je parle de gens qui sont dans la criminalité organisée donc le narcotrafic mais un peu au-delà le trafic d'êtres humains le proxénétisme aggravé ou tout trafic qui récupère énormément énormément d'argent il y a 700 personnes dont les services de renseignement pénitentiaires évoquent la très grande dangereuseté la très grande capacité d'évasion comme on l'a vu avec monsieur Hamra et des évasions extrêmement violentes et la très grande capacité de corruption donc il nous faut à peu près entre 500 et 600 places de criminalité organisée prison de notre sécurité on ne les crée pas comme cela mais on les a créées très vite prison de Vendin-le-Vieille 100 personnes 21 responsables de la DZ Mafia y sont ils étaient qualifiés par les magistrats instructeurs ce n'est pas moi qui décide qui y va dans ces prisons comme étant les personnes les plus dangereuses puis Condé-sur-Sarthe de nouveau 100 nouveaux détenus que nous amenons dans des conditions de sécurité avec le puits du RAID du GIGN et de grands secrets qui montrent l'efficacité je rappelle à Carville les moyens d'intervention possibles contre ces convois dans les prisons de notre sécurité en effet depuis un certain nombre de jours la personne que vous évoquez était prévue pour aller à la prison de Condé-sur-Sarthe et puis il y a d'autres prisons qui vont être créées au premier semestre de l'année prochaine c'est-à-dire dans quelques semaines à Réau en Ile-de-France puis ici à Aix-en-Provence et à Valence puis à Saint-Laurent-du-Maroni pour ce qui concerne le territoire guyanais donc nous allons avoir le montant de places de quartiers de lutte contre la criminalité organisée qui correspond à la menace que nous subissons aurait-on dû faire ces prisons plus tôt et ce régime carcéral plus tôt ?

Oui je le pense et je le pensais quand j'étais ministre de l'Intérieur aurions dû aurions dû est-ce qu'on aurait dû pardon excusez-moi je suis un petit peu fatigué est-ce qu'on aurait dû comme l'Italie qui s'est réveillée il y a plus de 15 ans puisque je vous rappelle qu'il y a eu des dizaines et des dizaines de morts en Italie des magistrats des services enquêteurs des préfets qui sont morts sous les coups de la mafia italienne prendre un certain nombre de dispositions ce qu'on appelle en Italie la loi antimachiaire l'article 43 bis oui je pense qu'on aurait dû sans doute le faire mais nous le faisons nous sommes désormais nous portons des coups très durs au narcotrafic nous inspirons d'ailleurs beaucoup de pays autour de nous dans ce modèle et pour répondre à votre question ce genre de drame qui attaque des agents pénitentiaires qui attaque des lanceurs d'alerte comme c'était comme c'est le cas de cette famille très courageuse ici à Marseille des journalistes je rappelle qu'il y a de vos confrères qui font des enquêtes qui sont menacés il y a des confrères à vous qui ont été assassinés dans les rues de Belgique ou d'Amsterdam il n'y a pas si longtemps que ça des avocats qui ont été agressés ou assassinés et puis bien sûr des magistrats ou des services enquêteurs qui le sont et bien oui il faut mettre ces 5 à 600 personnes dans des prisons de haute sécurité qui garantissent qu'il n'y a aucun lien avec l'extérieur avant d'un le vieil nous avons réussi à mettre cette prison sans qu'il n'y ait aucun drone aucun téléphone portable pas de drogue pas d'information qui passe dans des conditions qui respectent la dignité des personnes et pour lesquelles la justice a donné l'intégralité du soutien à l'administration une loi qui a été votée par l'Assemblée nationale dans sa grande majorité du parti socialiste jusque au Rassemblement national avec une abstention des verts et des communistes et un vote contre de l'EFI je voudrais ici le rappeler un Sénat qui intégralement a voté ce texte validé par le Conseil d'Etat validé par le Conseil constitutionnel comme quoi on peut respecter l'état de droit et faire preuve de fermeté est-ce qu'on aurait dû le faire auparavant pour éviter ce genre de drame l'enquête le dira mais ce qui est sûr c'est qu'il y a beaucoup de gens dangereux qui méritent encore d'être dans les quartiers que nous avons créés

25:41
Invité

Vous avez dit la homicide que nous allons mettre en place mais est-ce qu'on va parler de maintenant ? Est-ce qu'on peut dire que c'est un échec collectif ?

25:51
Laurent Nuñez

Je pense que ce serait une insulte aux magistrats et aux policiers qui font toujours un travail et qui sont menacés

25:56
Invité

Vous, M. Gouiné vous pouvez dire

25:57
Laurent Nuñez

que c'est un échec collectif ?

25:58
Présentateur

Non, c'est pas du tout un échec collectif c'est une guerre que nous menons nous gagnons des batailles et nous allons continuer à gagner des batailles voilà, on en a les moyens on a vu ce matin la détermination de nos forces de sécurité intérieure de nos magistrats on va poursuivre on a un cadre juridique on a des moyens de faire encore mieux et on fera encore mieux mais voilà on a obtenu des résultats positifs ces dernières années en matière de lutte contre le trafic le garde des Sceaux le disait et je veux aussi citer une mesure qui est extrêmement importante qui est appliquée ici le garde des Sceaux disait il y a un certain nombre de commerces qui peuvent être impliqués par le blanchiment vous savez que les préfets maintenant depuis la loi visant à lutter contre le narcotrafic peuvent les fermer purement et simplement ici à Marseille comme partout sur le territoire national c'est ce qui est fait donc évidemment on va poursuivre cette action résolue mais vous parlez

26:43
Invité

de narcotrafic depuis tellement longtemps et aujourd'hui ça a empiré

26:46
Présentateur

comment ça se fait ?

on vous a donné le garde des Sceaux j'ai donné des chiffres qui montrent que les règlements de comptes liés au trafic ont diminué nous ne cessons de démanteler des réseaux ici à Marseille il y avait encore en 2021 160 points de deal il n'y en a plus que 80 on va continuer c'est un combat permanent c'est une bataille et nous sommes déterminés à la mener en tout cas pour ce qui me concerne comme ministre de l'Intérieur c'est une priorité pour les forces de l'ordre ici à Marseille que les choses soient claires c'est une priorité la lutte contre le trafic de stup et je viendrai de toute façon ici moi tous les mois m'assurer de la correcte mise en oeuvre des dispositifs tous les mois pour venir à Marseille absolument merci beaucoup merci